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  • Anne

La Ciguë





Étymologie :

  • CIGUË, subst. fém.

Étymol. et Hist. Vers 1210 [ms. A 1re moitié xiiie s.] ceguë [: cornue] (Guillaume Le Clerc, Bestiaire, 1662) ; ca 1265 siguë (Brunet Latin, Trésor, 224 ds T.-L.) ; 1611 ciguë (Cotgr.). Réfection semi-savante d'apr. le lat., de l'a. fr. cëue (1180-90, Alexandre de Paris, Alexandre, Elliott Monographs, II, 97), issu du lat. class. cicuta « id. ».


Lire aussi la définition du nom pour amorcer la réflexion symbolique.




Symbolisme :


Dans Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont S.A.S., 1995, 2019) proposé par Éloïse Mozzani, on apprend que :


Cette plante toxique qui empoisonnait d'une manière très officielle les condamnés à mort d'Athènes (dont Socrate), d'Espagne et même du Marseille antique, n'a pas bonne réputation puisqu'on attribue sa création au diable (en Bretagne surtout). Au Moyen Âge, les sorcières délaissaient parfois leur balai pour enfourcher une tige de ciguë et s'envoler ainsi dans les airs. La plante entrait également dans la composition de l'onguent qu'elles se passaient sur le corps avant de se rendre au sabbat. Dans la tradition anglo-saxonne, elle est aussi utilisée par les sorcières pour évoquer les esprits et opérer leurs méfaits. Les Anglais la surnomment "farine d'avoine du diable" et menacent les enfants qui y toucheraient de se faire emporter par le démon.

Les mages de la Mésopotamie se servaient de la ciguë pour "obtenir la protection des astres", les Cimmériens pour se délivrer d'une envoûtement sexuel. Selon une tradition iranienne, on purifie et renforce le pouvoir magique des couteaux rituels en les frottant du suc de ciguë.

Les Anciens du monde gréco-latin, qui ne semblent pas l'avoir appréciée, lui reconnaissaient toutefois des propriétés médicinales : anticancéreuse, elle agissait aussi dans les désordres du système nerveux et soignait de nombreuses maladies (tétanos, épilepsie, phtisie, fièvres). En outre, selon Pline, elle maintient la fermeté des seins. Outre-manche, on croit que mélangée à un blanc d'œuf et à du sel marin, elle soigne les maux d'yeux, à condition de l'appliquer sur l'œil gauche avec le bras droit et vive versa.

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Symbolisme celte :


Selon Philip et Stephanie Carr Gomm dans L'Oracle druidique des plantes, Comment travailler avec la flore magique de la tradition celte (édition originale, 1994 ; traduction française 2006), la ciguë est associée à l'aconit et à la jusquiame. Les mots clefs correspondant à ces plantes cataloguées dans les "poisons" sont :


en "position droite : Pouvoir - Aide inattendue - Soulagement

en position inversée : Malveillance - Difficulté - Trahison.

Il s'agit de plantes mortelles qui, si elles sont utilisées avec sagesse, offrent par ailleurs des bénéfices. Originaire de Grande-Bretagne, l'aconit (appelé aussi capuchon-de-moine) et la ciguë (à ne pas confondre avec le sapin-ciguë) pousse sur es terres humides et ombragées, tandis que la jusquiame aime le sol plus sec, sablonneux. La ciguë et la jusquiame ont une odeur fétide.

La carte montre l'aconit poussant sous l’éclat de la pleine lune. A droite, on voit la ciguë, à gauche, la jusquiame. Des flèches brisées sont jetées sur le sol.


Sens en position droite. La vie semble parfois presque insupportable. Si vous avez choisi cette carte, vous êtes soumis aux pressions et aux difficultés. Mais la vie est en essence mystérieuse, et quelque chose peut survenir tout d'un coup, qui agira comme catalyseur du changement. Nous sommes si habitués aux "histoires" des films et de la télévision que nous oublions l'immense pouvoir des choses infimes. La remarque d'un ami ou d'un étranger, une ligne dans un livre, une simple idée qui surgit peut induire une nouvelle direction dans votre vie ou un virage décisif dans vos affaires. Un tel don peut arriver d'une direction totalement inattendue, vous soulageant à un point que vous n'aurez jamais imaginé. Le consumérisme nous a habitués à chercher le plus grand, alors qu'on devrait chercher le meilleur.


Sens en position inversée. Chacun des poisons peut avoir un effet mortel. Si vous avez choisi cette carte inversée, vous devez être conscient des conséquences nuisibles de vos paroles ou de vos actions. Il se peut que vous ayez trahi quelqu'un ou une valeur qui vous tenait à cœur. Au lieu d'affronter ouvertement la personne ou le problème, vous avez œuvré dans l'obscurité des motifs inexplorés - en compagnie des sentiments de blessure et d'un désir de revanche que vous n'avez jamais osé s'exprimer. Au lieu d'éprouver maintenant du désespoir, il est important de réaliser que vos actions ont crée une difficulté susceptible de devenir un défi pour vous : montrer la force de caractère nécessaire pour régler un problème, réparer des torts ou avancer dans la vie avec sagesse et compassion. L'âme crée des expériences dont nous devons tirer les leçons.

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Baume vert et pointes de flèche en silex

En Grande-Bretagne, les plantes toxiques étaient appelées "banes", mot germanique et vieux norrois signifiant destruction et mort. toute personne désirant travailler avec les plantes ou simplement se rapprocher de la nature doit connaître les plantes toxiques qui, malgré le danger qu'elles présentent, sont souvent précieuses. Par exemple, la pulicaire était brûlée pour débarrasser les maisons des puces - on sait maintenant que la plante contient un insecticide, le pyrèthre. L'aconit, qui content de l'acotinine, poison mortel, est très utilisé en homéopathie, la jusquiame et la ciguë ont été utilisées en dose infime pendant des siècles pour la guérison.

Les herboristes classiques connaissaient bien les propriétés toxiques de ces plantes et exploitaient leurs pouvoirs curatifs, tout comme l'ont fait par la suite leurs homologues saxons et les médecins de Myddfai.

La jusquiame, apparentée à la mandragore et à la belladone, est l'une des plus anciennes plantes toxiques à réputation magique connues. Les Égyptiens anciens l'utilisaient, tout comme la médecine populaire d'Europe, pour ses propriétés apaisant la douleur et induisant le sommeil. Au XVIIè siècle, au Sussex, les bébés se faisaient les dents sur un collier de jusquiame, de grand orpin et de racines de verveine macérées dans du vin rouge. Les graines de jusquiame étaient fumées pour alléger les symptômes de la névralgie, des maux de dent et du rhumatisme. Au XXè siècle, elle a servi de sérum de vérité lors des interrogatoires. La phytothérapie moderne s'en sert comme sédatif.

L'aconit est si toxique qu'il s'était acquis une réputation terrible. On raconte que les chasseurs celtes plongeaient la pointe de leurs flèches dans son jus. A l'époque médiévale il était associé au meurtre et à la sorcellerie. On pensait que les sorcières plongeaient des silex das de l'aconit et les lançaient contre leurs victimes. Ces "têtes de flèche" en silex administraient les poisons simplement en égratignant la peau.

Les médecins grecs et arabes utilisaient la ciguë contre les tumeurs, tout comme les Écossais du XIIè siècle. L'un de ses noms populaires écossais est "mort de mère", car on disait aux enfants que leur mère allait trépasser s'ils osaient ramasser cette plante.

La ciguë, l'aconit et la jusquiame font tous partie des ingrédients des recettes de "baumes d'envol" hallucinogènes ou de "baumes verts" utilisés par les sorcières. Certains experts pensent que ces recettes, notées pour la première fois au XVè siècle, témoignent d'une tradition magique ou chamanique des plantes en Grande-Bretagne et en Europe occidentale remontant à l’époque des druides anciens. D'autres experts s'interrogent sur la validité des informations données par la chasse aux sorcières des XVIè et XVIIè siècles, et soulignent que la sensibilité d'un individu à la toxicité et aux taux de substances chimiques significatives d'une plante varie tellement que cette pratique semble peu probable."

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Dans les Leçons d'elficologie, Géographie, Histoire, Leçons de choses (2006) de Pierre Dubois, Claudine et Roland Sabatier, on peut lire la notice suivante :


"La ciguë tachée ou grande ciguë (Conium maculatum) : elle orne les talus, les fossés et les rives de Féerie de ses larges ombelles blanches et fait croire aux beaux jours, mais son léger feuillage vert sombre finement dentelé est éclaboussé par le sang de ses crimes. c'est la liqueur perfide préférée des grandes magiciennes aux ténébreux desseins."

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