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  • Anne

La Jusquiame




Étymologie :


  • JUSQUIAME, subst. fém.

Étymol. et Hist. xiiie s. (Simples medicines, ms. Ste-Geneviève, f°36b ds Gdf. Compl.). Empr. au b. lat. jusquiamos, jusquiamus, du lat. hyoscyamos, hyoscyamum, gr. υ ̔ ο σ κ υ ́ α μ ο ς de même sens, littéralement « fève de porc », v. aussi André Bot.


Lire aussi la définition du nom pour amorcer la réflexion symbolique sur cette plante.




Botanique :


Lire la fiche Tela Botanica.






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Propriétés médicinales :


D'après Marc Questin, auteur de La Médecine druidique (1990, nouvelle édition identique à la première 1997),


"La jusquiame noire (Hyoscyamus niger) est de la famille des solanacées. C'était la hannebane gauloise, mais la plante a encore bien d'autres noms populaires.

Les propriétés de la jusquiame furent connues il y a bien longtemps. en Assyrie-Babylonie, on l'employait comme hallucinatoire, tandis que les Hindous s'en servaient comme anesthésiant, ainsi que le précise le livre de Susruta. Les druides l'utilisaient pour troubler la raison des patients et pour plonger les sorciers qui recouraient aux incantations dans une espèce d'état second. C’était pour eux une plante maudite, mais aussi l'accessoire indispensable aux rites magiques : en période de sécheresse, par exemple, il suffisait qu'une vierge entre dans l'eau et se fasse asperger d'une décoction de jusquiame par ses compagnes pour que tombe la pluie...

De nos jours, on utilise les feuilles, les racines et les semences de la plante sous forme de poudre de feuilles, d'extrait et de teinture. On l'associe à la valériane dans les pilules de Meglin et elle entre dans la composition du baume tranquille et de l'onguent populeum. C'est un narcotique analogue à a belladone et d'une toxicité semblable. On l'utilise plus particulièrement comme antispasmodique et comme hypnotique dans les affections nerveuses.

En usage externe, les feuilles cuites et broyées enveloppées dans une feuille de chou sont parfois utilisées en cataplasmes dans les douleurs aiguës de la goutte ou des rhumatismes.

Belenountiam serait le nom gaulois de cette plante que les latins appelaient Apollinaris. Comme le note le Scouëzec, ce n'est sans doute pas une coïncidence si la plante porte en latin le nom du dieu solaire Apollon et en gaulois celui de Belenos, son équivalent.

La jusquiame est un parasympatholytique d'action notamment bronchique qui agit par ses trois alcaloïdes : l'atropine, l'hyosciamine et la scopolamine. Cette plante, hallucinogène et hypnotique, qui faisait partie au Moyen Âge de l'arsenal des sorciers, n'était pas ignorée des Bretons, qui la tenaient pour l'herbe du sommeil, louzaouenn ar c'housked. dans l'Antiquité celtique, c'était la plante du soleil.

Un autre nom de la jusquiame est louzaouenn santez Apollina, l'herbe de sainte Apolline.

Au Moyen Âge, cette plante entrait souvent dans la composition des potions des sorcières et d'autres préparations toxiques provoquant des hallucinations visuelles et la sensation de voler. Elle a depuis longtemps une importance médicale comme sédatif et somnifère.

L'alcaloïde principal de la jusquiame est l'hyoscyamine, mais on y trouve aussi, en assez grande quantité, la scopolamine dont les propriétés hallucinogènes sont plus intenses.


Les druidesses de l'île de Sena (Sein), renommées pour leur science considérable (elles guérissaient les maux incurables, pouvaient apaiser ou soulever les tempêtes, savaient prendre l'apparence des animaux et deviner l'avenir) se livraient à la recherche de la belinuncia (jusquiame) afin d'obtenir la pluie. L'une de ces vierges s'en allait, nue, chercher la plante, l’arrachait avec le petit doigt de la main droite et l'attachait à ses chevilles par un cordon. Rejointe par ses compagnes, elle était alors conduite à la rivière d'où l'on devait l'asperger copieusement à l'aide de rameaux : on la ramenait ensuite au village "à reculons"."

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Symbolisme celte :


Selon Philip et Stephanie Carr Gomm dans L'Oracle druidique des plantes (1994, traduction française 2006), la jusquiame est associée à l'aconit et à la ciguë. Les mots clefs correspondant à ces plantes cataloguées dans les "poisons" sont :


en "position droite : Pouvoir - Aide inattendue - Soulagement

en position inversée : Malveillance - Difficulté - Trahison.


Il s'agit de plantes mortelles qui, si elles sont utilisées avec sagesse, offrent par ailleurs des bénéfices. Originaire de Grande-Bretagne, l'aconit (appelé aussi capuchon-de-moine) et la ciguë (à ne pas confondre avec le sapin-ciguë) pousse sur es terres humides et ombragées, tandis que la jusquiame aime le sol plus sec, sablonneux. La ciguë et la jusquiame ont une odeur fétide.


La carte montre l'aconit poussant sous l’éclat de la pleine lune. A droite, on voit la ciguë, à gauche, la jusquiame. Des flèches brisées sont jetées sur le sol.


Sens en position droite. La vie semble parfois presque insupportable. Si vous avez choisi cette carte, vous êtes soumis aux pressions et aux difficultés. Mais la vie est en essence mystérieuse, et quelque chose peut survenir tout d'un coup, qui agira comme catalyseur du changement. Nous sommes si habitués aux "histoires" des films et de la télévision que nous oublions l'immense pouvoir des choses infimes. La remarque d'un ami ou d'un étranger, une ligne dans un livre, une simple idée qui surgit peut induire une nouvelle direction dans votre vie ou un virage décisif dans vos affaires. Un tel don peut arriver d'une direction totalement inattendue, vous soulageant à un point que vous n'aurez jamais imaginé. Le consumérisme nous a habitués à chercher le plus grand, alors qu'on devrait chercher le meilleur.


Sens en position inversée. Chacun des poisons peut avoir un effet mortel. Si vous avez choisi cette carte inversée, vous devez être conscient des conséquences nuisibles de vos paroles ou de vos actions. Il se peut que vous ayez trahi quelqu'un ou une valeur qui vous tenait à cœur. Au lieu d'affronter ouvertement la personne ou le problème, vous avez œuvré dans l'obscurité des motifs inexplorés - en compagnie des sentiments de blessure et d'un désir de revanche que vous n'avez jamais osé s'exprimer. Au lieu d'éprouver maintenant du désespoir, il est important de réaliser que vos actions ont crée une difficulté susceptible de devenir un défi pour vous : montrer la force de caractère nécessaire pour régler un problème, réparer des torts ou avancer dans la vie avec sagesse et compassion. L'âme crée des expériences dont nous devons tirer les leçons.

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Baume vert et pointes de flèche en silex


En Grande-Bretagne, les plantes toxiques étaient appelées "banes", mot germanique et vieux norrois signifiant destruction et mort. toute personne désirant travailler avec les plantes ou simplement se rapprocher de la nature doit connaître les plantes toxiques qui, malgré le danger qu'elles présentent, sont souvent précieuses. Par exemple, la pulicaire était brûlée pour débarrasser les maisons des puces - on sait maintenant que la plante contient un insecticide, le pyrèthre. L'aconit, qui content de l'acotinine, poison mortel, est très utilisé en homéopathie, la jusquiame et la ciguë ont été utilisées en dose infime pendant des siècles pour la guérison.

Les herboristes classiques connaissaient bien les propriétés toxiques de ces plantes et exploitaient leurs pouvoirs curatifs, tout comme l'ont fait par la suite leurs homologues saxons et les médecins de Myddfai.

La jusquiame, apparentée à la mandragore et à la belladone, est l'une des plus anciennes plantes toxiques à réputation magique connues. Les Égyptiens anciens l'utilisaient, tout comme la médecine populaire d'Europe, pour ses propriétés apaisant la douleur et induisant le sommeil. Au XVIIè siècle, au Sussex, les bébés se faisaient les dents sur un collier de jusquiame, de grand orpin et de racines de verveine macérées dans du vin rouge. Les graines de jusquiame étaient fumées pour alléger les symptômes de la névralgie, des maux de dent et du rhumatisme. Au XXè siècle, elle a servi de sérum de vérité lors des interrogatoires. La phytothérapie moderne s'en sert comme sédatif.

L'aconit est si toxique qu'il s'était acquis une réputation terrible. On raconte que les chasseurs celtes plongeaient la pointe de leurs flèches dans son jus. A l'époque médiévale il était associé au meurtre et à la sorcellerie. On pensait que les sorcières plongeaient des silex das de l'aconit et les lançaient contre leurs victimes. Ces "têtes de flèche" en silex administraient les poisons simplement en égratignant la peau.

Les médecins grecs et arabes utilisaient la ciguë contre les tumeurs, tout comme les Écossais du XIIè siècle. L'un de ses noms populaires écossais est "mort de mère", car on disait aux enfants que leur mère allait trépasser s'ils osaient ramasser cette plante.

La ciguë, l'aconit et la jusquiame font tous partie des ingrédients des recettes de "baumes d'envol" hallucinogènes ou de "baumes verts" utilisés par les sorcières. Certains experts pensent que ces recettes, notées pour la première fois au XVè siècle, témoignent d'une tradition magique ou chamanique des plantes en Grande-Bretagne et en Europe occidentale remontant à l’époque des druides anciens. D'autres experts s'interrogent sur la validité des informations données par la chasse aux sorcières des XVIè et XVIIè siècles, et soulignent que la sensibilité d'un individu à la toxicité et aux taux de substances chimiques significatives d'une plante varie tellement que cette pratique semble peu probable."

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Dans les Leçons d'elficologie, Géographie, Histoire, Leçons de choses (2006) de Pierre Dubois, Claudine et Roland Sabatier, on peut lire la notice suivante :


"La jusquiame noire (Hyoscyamus niger) ou herbe au somme : son magnifique bouquet de clochettes de teinte isabelle, veinées de brun pourpré, suggère un vénéneux mystère. La jusquiame est la fleur des sorcières. Ses vapeurs et émanations font sortir de son corps et dévoilent au regard la vision d'autres mondes ; son onguent passé sur le manche d'un balai entraîne à travers ciel qui l'enfourche et, frotté sur le corps, il invite à toutes les débauches, à toutes les orgies."

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