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  • Anne

Le Sorbier



Étymologie :

  • CORME, subst. fém.

Étymol. et Hist. 1225-30 (G. de Lorris, Rose, éd. F. Lecoy, 1350). Prob. d'un gaulois *corma auquel on peut rattacher le b. lat. curmi indéclinable « sorte de cervoise » attesté au ves. par M. Empiricus ; cf. m. irl. coirm, cymrique curw « bière », v. Holder t. 1 1896, col. 1202.

  • CORMIER, subst. masc.

Étymol. et Hist. Ca 1160 (Énéas, 1478 ds T.-L.). Dér. de corme*; suff. -ier*.

  • SORBIER, subst. masc.

Étymol. et Hist. Ca 1256 çorbier (Aldebrandin de Sienne, Régime du corps, 54, 19 ds T.-L.), attest. isolée ; 1544 sorbier (J. Martin, tr. Sannazar, Arcadie, 104 r ods Hug.). Empr. à l'a. occit. sorbier (xiiie s. ds Levy Prov.), dér. de l'a. occit. sorba (v. sorbe) ; cf. le lat. médiév. sorberius (1264 ds Du Cange t. 7, p. 529).


Lire également les définition des noms corbier et sorbier pour amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Sorbus acuparia ; Ablié ; Arbre à grives ; Cochêne ; Cofrêne ; Cormier-cochêne ; Cormier sauvage ; Frêne de montagne ; Harlasaier ; Orgnier ; Preneur de grives ; Pudin ; Pian ; Sorbier des chasseurs ; Sorbier des oiseleurs ; Sorbier des oiseaux ; Tourié (arbre à la toure, c'est-à-dire à la grosse grive) ;

Sorbus domestica ; Cormier ; Sorbier domestique ;

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Botanique :


Dans La Magie des Plantes, Douze mois avec la Sagesse des Plantes (Édition originale, 2017 ; Éditions Danaé, 2017), Sarah Kynes fait la différence entre le Sorbier d'Amérique et le Sorbier des oiseleurs :


Natif d'Amérique du Nord, le Sorbier d'Amérique est un petit arbre buissonnant qui peut atteindre 4,5 à 7,5 mètres de haut. Il a des feuilles dentelées et lancéolées, de couleur vert sombre, avec une face intérieure gris vert, et deviennent jaunes en automne. Le Sorbier des oiseleurs pousse jusqu'à six à douze mètres de haut. Il a des feuilles dentelées et lancéolées, d'un vert moyen, qui deviennent jaunes à rouge-pourpre en automne. Les deux arbres produisent des amas denses et aplatis de fleurs blanches qui fleurissent en mai. Après les fleurs, des baies rouge-orangé se développent et mûrissent à la fin de l'été.














Symbolisme :


Louise Cortambert et Louis-Aimé. Martin, auteurs de Le langage des fleurs. (Société belge de librairie, 1842) nous livrent leur vision de cette espèce particulière de sorbier :


Hiver - Décembre.

CORMIER - PRUDENCE.

Chaque arbre, chaque plante a une physionomie qui lui est propre, et qui semble lui donner un caractère. L'amandier étourdi se presse de donner ses fleurs au printemps, aux risques de n'avoir point de fruits pour l'automne, tandis que le cormier, qui s'élève lentement, ne porte ses fruits que quand il a acquis toute sa force ; mais alors sa récolte est assurée. Voilà pourquoi on en fait l'emblème de la prudence. Cet arbre, si beau, si durable, garde tout l'hiver ses fruits d'un rouge éclatant ; on le voit briller au milieu des neiges ; c'est une moisson qui ne se récolte qu'en hiver, et que la Providence a réservée aux petits oiseaux.

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Dans Les Fleurs naturelles : traité sur l'art de composer les couronnes, les parures, les bouquets, etc., de tous genres pour bals et soirées suivi du langage des fleurs (Auto-édition, Paris, 1847) Jules Lachaume établit les correspondances entre les fleurs et les sentiments humains :


Cormier à fruit - Prudence.

Parce que cet arbre, qui fleurit avant d’avoir des feuilles, sait n’entrer en floraison qu’après les gelées, qui pourraient lui nuire. Plus sage en cela que l’amandier, qui se presse presque toujours.

 

Emma Faucon, dans Le Langage des fleurs (Théodore Lefèvre Éditeur, 1860) s'inspire de ses prédécesseurs pour proposer le symbolisme des plantes qu'elle étudie :


Sorbier ou Cormier — Soyez patient - Attendez.

On sait que le fruit de cet arbre, nommé corme ou sorbe est fort élégant et d'un aspect agréable, mais il est tellement acerbe et âpre qu'on ne peut le manger. Mais, cueilli et muri sur la paille il devient, après un long temps, doux au goût et parfumé.

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Pour Scott Cunningham, auteur de L'Encyclopédie des herbes magiques (1ère édition, 1985 ; adaptation de l'américain par Michel Echelberger, Éditions Sand, 1987), le Sorbier des oiseleurs (Sorbus acuparia) a les caractéristiques suivantes :


Genre : Masculin

Planète : Soleil

Élément : Feu

Divinité : Thor

Pouvoirs : Protection ; Guérison, pouvoirs psychiques.

« Sorbier cueilli le soir, dans ma main gauche pris, Celui que je verrai, je le veux pour mari. »


Utilisation magique : Brûlée sur des réchauds en terre, l'écorce du Sorbier des oiseleurs stimule l'intuition, favorise l'état médiumnique.

Les branches servent à fabriquer des baguettes de sourciers, de devins.

Les feuilles et les baies rouge orangé (septembre) sont de bons aromates de méditation. On en fait des onguents ou des vinaigres avec lesquels on se masse les tempes, le front, la nuque et le haut du thorax. On peut aussi consommer ces baies, cuites en marmelades; malheureusement, la cuisson leur ôte une grande partie de leurs propriétés. La technique la plus courante consiste à les brûler en fumigation. Dans ce cas, il faut les mêler au romarin ou à l'origan.

Ces mêmes baies, fraîches, entrent dans les sachets de guérison.

Les vertus protectrices attribuées au Sorbier sont communes à toutes les régions où cet arbre croît. Les paysans de Cornouailles portaient sur eux, autrefois, une petite croix faite de deux fleurs de Sorbier liées ensemble par un fil rouge ; c'était, dans leur esprit, une amulette efficace contre le vieillissement prématuré.

En Écosse, les ménagères mettaient des baies dans leurs armoires, entre les piles de linge et de vêtements ; une ancienne tradition des Highlands attribue des pouvoirs magiques à une robe de lin exposée trois fois à la lune, puis enfermée pendant tout un hiver avec dans sel plis beaucoup de baies du Sorbier des oiseleurs. On sortait cette robe le 30 avril pour les cérémonies rituelles de célébration du printemps.

Une canne de marche taillée dans ce bois protège le voyageur contre les agressions de la nature ou des hommes (nord de l'Angleterre et beaucoup de régions des États-Unis).

Un Sorbier planté près de la maison éloigne la foudre ; planté à côté d'une tombe, Il empêche le mort d'en sortir pour venir rôder autour des lieux où il a vécu de son vivant (Connecticut).

Un Sorbier des oiseleurs qui croît à proximité de mégalithes, alignements, cromlechs, etc. est, naturellement, beaucoup plus efficace qu'un Sorbier ordinaire..

 

Selon Didier Colin, auteur du Dictionnaire des symboles, des mythes et des légendes (Larousse Livre, 2000) :


Voici un arbre pourvu d'étranges pouvoirs sur les esprits, les fantômes, les âmes errantes, si l'on en croit nos ancêtres. Ainsi, selon d'anciennes croyances que l'on attribue aux Celtes, si l'on enfonçait un pieu en bois de sorbier dans la poitrine d'un cadavre, on pouvait l'aider à retrouver son âme et à fixer son esprit, afin qu'il ne vienne plus hanter les lieux où il avait vécu. C'est en s'inspirant de ce pouvoir attribué au bois de sorbier, que ceux qui croyaient en l'existence des vampires en vinrent à faire courir la légende selon laquelle on en venait à bout en leur enfonçant un pieu dans le cœur. Il est vrai que cet arbre a toujours été entouré de mystères, qu'on invoquait et faisait parler les démons sous ses branches, tandis qu'on pensait qu'il protégeait des maladies mortelles et des animaux féroces.

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Ana M. Cabo-González, autrice de« Quand les propriétés des plantes défiaient l’entendement », (Annales islamologiques, 51 | 2017, pp. 39-51) s'intéresse notamment aux propriétés merveilleuses du sorbier :


Une autre plante à laquelle sont attribuées des propriétés merveilleuses est le sorbier (ġubayrāʾ, Sorbus domestica L.). C’est un arbre de taille moyenne, avec des fleurs de couleur blanc crème, dotée de cinq pétales et donnant des fruits charnus. Ibn al-Bayṭār en donne la description suivante (Ibn al-Bayṭār, Leclerc (trad.), Traité des simples, no 1627.) :

La fleur de cet arbre a la propriété bien prononcée d’exciter les femmes à la luxure. J’ai entendu raconter, par une personne bien renseignée sur ces faits, que dans un certain pays d’Orient, alors que les fleurs s’épanouissent, il arrive aux femmes, quand elles respirent les émanations de ces fleurs, de se livrer, comme des chattes, à des transports amoureux, au point de perdre toute retenue. Dans ces moments, leurs maris les observent et les confinent dans leurs appartements ; ils leur interdisent les visites et les sorties, et les séquestrent tant que dure l’époque des fleurs et jusqu’à ce que ces transports se soient calmés. Si quelqu’un prend des feuilles de cet arbre, en fait une guirlande autour d’une branche pourvue de ses feuilles et s’en couronne la tête découverte, il manifeste une joie vive et bruyante et éprouve un grand bien-être.


De la même manière, mais de façon plus concise, al-Qazwīnī relate ce qui suit : « Lorsque les femmes sentent le parfum des fleurs du sorbier, le désir sexuel s’intensifie chez elles à tel point que certaines en viennent à rejeter la chasteté. » (Al-Qazwīnī, El Libro de las plantas, p. 92.) Dans cette affaire, c’est le parfum qui exerce son influence sur les femmes, de sorte que c’est ici par l’odorat que se produisent les effets merveilleux des plantes sur les êtres humains.

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Symbolisme celte :


Roland Portères, auteur d'un article intitulé "Le caractère magique originel des haies vives et de leurs constituants (Europe et Afrique occidentale)." (In : Journal d'agriculture tropicale et de botanique appliquée, vol. 12, n°4-5, Avril-mai 1965. pp. 133-152) rappelle le caractère magique du sorbier des oiseleurs :


En Ecosse, Cornouailles et Yorkshire, le « Sorbier des oiseaux (Sorbus aucuparia L.) qui sont très friands de ses fruits, connu encore, pour son bois dur, comme franc. Cormier, a la réputation de préserver des actions magiques. Ce Mountain-Ash ou Rowan des Anglais a été rapproché par Kelly du Palaça védique de l'Inde (Butea frondosa Roxb., le pilier cosmique, l'arbre des Brahmanes, l'arbre pur qui protège), auquel il ressemble par son feuillage clair et ses fruits rouges.

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Dans La Magie des Plantes, Douze mois avec la Sagesse des Plantes (Édition originale, 2017 ; Éditions Danaé, 2017), Sarah Kynes évoque le Sorbier à l'occasion du mois de janvier :

21 janvier : début du mois celtique du Sorbier

Le Sorbier s'appelle « frêne des montagnes » (mountain ash) aux États-Unis ; mais bien que ses feuilles ressemblent à celles du frêne, les vrais frênes appartiennent au genre Fraxinus.


Sorbier d'Amérique (Sorbus americanus) ; Sorbier (Sorbus aucuparia) ; aussi appelé Sorbier des oiseleurs et Sorcier des oiseaux. [...]

En Angleterre, au quinzième et au seizième siècle, le Sorbier avait mauvaise réputation, parce qu'il était associé à la sorcellerie. La raison la plus probable était que la baie porte un dessin de pentagramme à sa base. Les herboristes évitaient de s'en servir, de crainte d'être accusés de sorcellerie. Parce que le Sorbier était associé à Thor, dieu de la tempête, on le plantait près des maisons et des étables dans le nord de l'Europe pour protéger ces bâtiments contre la foudre. De plus, les Celtes se servaient de Sorbier en récitant des incantations magiques.

Écrivez le nom « Sorbier », ou tracez son ogham, sur une bougie pour la protection durant les rituels ou le voyage astral. Le Sorbier est un allié puissant pour la divination et pour contacter les élémentaux. Faites brûler un petit morceau d'écorce ou une brindille pour renforcer vos aptitudes psychiques. Découpez cinq branches de même longueur et disposez-les en forme de pentagramme sur votre autel pour attirer la réussite. Tenez en main une branche de Sorbier pour vous connecter à vos esprits guides quand vous recherchez leurs conseils. Le Sorbier fait un bon bâton de marche aux propriétés magiques de protection. Vous pouvez augmenter son pouvoir en y gravant son ogham.

Le Sorbier est associé aux éléments de la Terre et du Feu. Son influence astrologique vient de la Lune, de Saturne, du Soleil et d'Uranus. Le Sorbier est associé aux divinités suivantes : Aphrodite, Brigantia, Brigid, Cerridwen, le Dagda, Hécate, Luna, Pan, Séléné, Thor et Vulcain.

Le Sorbier est associé à l'ogham Luis.

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Mythes et légendes :


D'après Angelo de Gubernatis, auteur de La Mythologie des plantes ou les légendes du règne végétal, tome 2 (C. Reinwald Libraire-Éditeur, Paris, 1882),


SORBIER (Sorbus terminalis). — D’après les anciennes croyances scandinaves, le sorbier était consacré au dieu Thor. Dans la Scandinavie et en Écosse, on l’emploie pour chasser les sorcières. En Allemagne, on le suspend aux maisons et dans les étables, pour empêcher l’entrée du dragon qui vole. Le bâton avec lequel on tourne le beurre, en Allemagne, pour que l’opération réussisse, doit être en bois de sorbier. Adalbert Kuhn (Herabkunft des Feuers, p. 202, 203), rappelle ici le bâton védique d’açvattha, producteur du feu, et générateur. Le Ier mai, en Westphalie, on coupe la première branche de sorbier sur laquelle est tombé un rayon de soleil, et avec cette branhe on frappe la vache « welche gequient werden soll ». (Cf. Mannhardt, Germanische Mythen.) En Suède, on frappe le jeune bétail, lorsqu’on lui donne un nom ; cet usage est aussi passé en Esthonie. Le bâton des pâtres esthoniens est fait en bois de sorbier, et on lui attribue de grandes propriétés magiques. Chez les Finnois, le sorbier est l’arbre par excellence. Le Kalevala parle d’une nymphe du sorbier (Pihlajatar), protectrice du bétail. Le pâtre plante au milieu du champ son bâton de sorbier et murmure des prières pour le salut du troupeau. La branche de sorbier est le symbole de la foudre, la quelle, d’après la légende védique, aurait apporté le feu sur la terre, en le communiquant à certains arbres privilégiés sur lesquels elle tomba, non pas pour les détruire, mais pour s’y cacher. Le sorbier magique, arbre générateur et fécondateur, est aussi devenu, dans les superstitions scandinaves et germaniques, un arbre funéraire, comme le cornouillier. Le docteur Mannhardt (cf. Baumkultus der Germanen, p. 40) cite une légende islandaise, d’après laquelle, à Mödruffel, à Eyjafiörde, on montrerait un sorbier né sur le corps de deux jeunes gens qui, bien qu’innocents, avaient été condamnés à mort.

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Selon Véronique Barrau et Richard Ely, auteurs de Les Plantes des fées (Éditions Plume de carotte, 2014), le sorbier des oiseleurs est "le meilleur défenseur".


Méthodes infaillibles : Les croyances populaires de plusieurs contrées ont élu le sorbier au premier rang des arbres protecteurs. Un objet façonné avec son bois, une croix réalisée avec ses branches ou une grappe de ses baies est réputé être infaillible contre les mauvais esprits, les sorciers et les fées mal intentionnées. De nombreux fermiers d'Europe, tels que les Anglais ou Allemands, choisissaient ce végétal pour confectionner leur baratte avec laquelle ils transformaient la crème de lait en beurre. Grâce à cet outil auquel on attribuait des vertus magiques, les fées et sorcières ne pouvaient corrompre la substance grasse.

Un autre objet fréquemment employé est la croix de sorbier liée par un fil rouge. Les Écossais et les Scandinaves la fixaient au-dessus des ouvertures de leur maison pou repousser les mauvais esprits. Quant aux paysans de Cornouailles, ils la plaçaient dans leur poche en guise d'amulette alors que les Highlanders en cousaient dans la doublure de leurs vêtements. Il est des périodes où deux précautions valent mieux qu'une : la nuit de Beltaine précédant le 1er mai en est un bon exemple. Car en ces heures nocturnes, les sorcières organisent un grand sabbat et réalisent des rituels magiques à base de lait volé dans les étables. Pour contrer ce larcin, les fermiers accrochaient de petites croix à la queue de leur vache puis disposaient des objets similaires au-dessus de la porte des abris animaliers. Cela étant, le sorbier est assez puissant pour repousser les mauvais esprits sans être façonné.

Ainsi, les Irlandais accrochaient un simple rameau à leur lit ou à leur porte en toute confiance. De même, la plantation de cet arbre près des maisons passe dans les Highlands pour protéger les habitants. Les Pyrénéens faisaient pareillement pour s'attirer la sympathie des esprits de la nature.


Même pas peur ! Dans le Danemark d'autrefois, trois trolls vivant sur les terres d'un paysan avaient l'habitude de semer la zizanie lors de la nuit du 30 avril au 1er mai. Si le propriétaire avait oublié par mégarde de rentrer son matériel agricole et de tracer une croix sur ce dernier, les créatures s'amusaient à mettre les herses des charrues à la verticale, voire à brûler le tout !

La seule manière de sauvegarder ses outils de travail consistait à sortir en toute hâte pour apposer un signe chrétien sur chaque objet, quitte à affronter les trolls et leurs gifles... Mais un jeune garçon trouva un soir la parade. Il dessina une croix sur sa joue, enveloppa un rameau de sorbier dans un mouchoir qu'il fixa à son cou puis sortit. Alors qu'il s'apprêtait à réaliser son premier signe, un troll vint lui donner une claque. Mais la croix sur la joue lui brûla la main et l'enfant put terminer sa tâche. Face à la deuxième herse, une autre créature saisit violemment le garçon par le cou et vit sa main se dessécher. Ragaillardi par son succès, le petit se dirigea vers le dernier troll pour lui montrer son talisman végétal et lui expliquer qu'il s'agissait d'un fragment de la croix de Jésus. L'être fit aussitôt demi-tour et, grâce à sa branche de sorbier, l'enfant ne craignit jamais plus les trolls.


Bâton magique : Les finnois considéraient le sorbier comme un arbre sacré, gardé et protégé par une nymphe du nom de Pihlajatar. Selon la mythologie, cette créature était une des suivantes du dieu des forêts. Les bergers avaient coutume de tailler leur bâton dans ce bois. Ils le plantaient au milieu des prés où paissaient leurs troupeaux avant de prier l'être féerique de protéger leurs bêtes."

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Croyances populaires :


D'après Véronique Barrau, auteure de Plantes porte-bonheur (Éditions Plume de carotte, 2012), "lorsque le folklore mentionne des superstitions se rapportant au sorbier, il est fort rare que l'espèce du sorbier en question (sorbier domestique ou sorbier des oiseleurs) soit précisée. Ce dernier se différencie de son "cousin" par ses feuilles dentées sur toute leur longueur et par ses petits fruits ronds et rouges restant pus pou moins longtemps sur l'arbre, après la chute du feuillage.


Sorbier anti-âge : Pour ne pas vieillir prématurément, les habitants de Cornouailles portaient sur eux une croix de fleurs de sorbier, liées par un fil rouge.


Du balai : Le sorbier fut hautement réputé pour ses vertus préservatrices contre différents types de dangers. dans le Connecticut, les proches, redoutant que leurs défunts reviennent hanter les lieux de leur existence passée, pensaient éviter ce phénomène lugubre en plantant un sorbier près des tombes. L'arbre fut plus unanimement reconnu comme un excellent moyen de se protéger des maléfices. En Écosse, les pâtres se servaient d'un balai confectionné avec des branches de sorbier pour mener leurs troupeaux à travers champs. Ils pensaient, de la sorte, pouvoir contrer toute tentative d'enchantements sur leurs bêtes. Dans le même but et à l'instar des Estoniens, ils faisaient franchir à leur bétail un cercle en bois de sorbier chaque 1er mai. L'efficacité de l'arbre s'étendrait aux humains. Un brin de sorbier accroché autour du cou avec du fil rouge ou suspendu au-dessus du seuil des habitations passait en Écosse et en Scandinavie pour écarter les mauvais sorts. Doté de pouvoirs de protection spécifiques, le sorbier serait également capable d'assurer notre défense d'une manière plus globale. Ainsi, les promeneurs des États-Unis et de l'Angleterre du nord cheminaient fréquemment avec un bâton de marche en bois de sorbier pour se garantir de tout péril, qu'il soit d'ordre naturel ou humain. sachez enfin que la présence de sorbiers près de votre maison ou de vos champs serait de bon augure si l'on en croit les Pyrénéens d'autrefois. L'arbre serait en effet capable d'écarter les maladies épidémiques et la foudre mais aussi de refouler les attaques des animaux nuisant aux récoltes.

Le bois du sorbier a la réputation de ne pas travailler. C'est aussi pourquoi une mauvaise plaisanterie locale qualifie de "sorbiers" les travailleurs de l'arsenal de Toulon.


Mauvaises influences : Selon une croyance du XVIe siècle, tout individu ayant été mordu par un chien enragé par le passé devait s'attendre à voir refluer le mal en lui s'il demeurait ne serait-ce qu'un court instant sous un sorbier. Cette superstition, encore répandue dans le Bresse du XVIIIe siècle, fut à l'origine de l'abattage systématique et préventif de ces arbres à cette époque. La corporation maritime islandaise jugeait néfaste l'utilisation du sorbier dans la construction des navires. reconnaissant néanmoins à son bois la particularité d'être particulièrement dense et dur, elle recourait à son utilisation mais l'associant à du bois de saule et de genévrier pour contrer es effets négatifs."

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