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Luis

  • Photo du rédacteur: Anne
    Anne
  • 31 déc. 2018
  • 22 min de lecture

Dernière mise à jour : 13 avr.





Symbolisme :


Selon Robert Graves, auteur de Les Mythes celtes, La Déesse blanche (Éditions Faber and Faber, 1948 ; traduction française : Éditions du Rocher 1979 et 2007) :


C'est dans l'Ogygie de Roderick O'Flaherty que j'ai trouvé mention, pour la première fois, de Beth-Luis-Nion, comme une authentique relique du Druidisme transmise oralementjusqu'à nous à travers les siècles On s'en serait servi jusqu'à une époque récente, uniquement pour des usages divinatoires. Il consiste en cinq voyelles et treize consonnes. Chaque lettre tire sn nom de l'arbre ou de l'arbuste dont elle est l'initiale.

Dans l'alphabet irlandais moderne les noms des lettres sont également des noms d'arbres et la plupart d'entre eux correspondent à la liste d'O' Flaherty excepté le T qui est devenu l'Ajonc, l'O le genêt et l'A l'orme.

[...]

L pour LUIS


Le second arbre est le sorbier sauvage (« l'arbre de vie »). On le désigne encore sous le nom de « donneur de vie », de sorbier des oiseaux ou de frêne sauvage. Ses petits rameaux, éparpillés sur une peau de taureau fraîchement écorchée, étaient utilisés par les druides, en dernière extrémité, pour contraindre les démons à répondre à des questions difficiles, d'où l'expression irlandaise « marcher sur les rameaux de connaissance » pour dire que l'on fait l'impossible afin d'obtenir une information. Le sorbier sauvage est aussi l'arbre très largement utilisé dans les Îles Britanniques en guise de talisman contre les éclairs et les sortilèges de toutes sortes : par exemple, les chevaux ensorcelés peuvent être contrôlés uniquement grâce à un fouet de sorbier. Dans l'ancienne Irlande, les druides des armées opposées allumaient des feux de bois de sorbier et lançaient des incantations par-dessus, sommant les esprits de prendre part au combat. Dans le conte irlandais de Fraoth, les baies du sorbier magique gardé par un dragon avaient un pouvoir sustentateur équivalent à celui de neuf repas ; elles rendaient la santé aux blessés et chacune ajoutait une année à la vie d'un homme. Dans le conte de Diarmuid et Grainne, le fruit du sorbier est désigné comme la nourriture des dieux, en compagnie de la pomme et de la noix rouge. Cela conduit à supposer qu'il existait un tabou sur le fait de manger quoi que ce soit de rouge et que ce tabou était une extension du tabou plus commun sur le fait de consommer des amanites rouges. Selon un proverbe cité par Néron, les amanites passaient en effet pour « la nourriture des dieux ». D'ailleurs, dans l'ancienne Grèce, tous les aliments rouges, tels que homards, jambons, mulets de mer rouges, écrevisses et baies ou fruits rouges étaient tabous excepté lors des fêtes en l'honneur de la mort ; le rouge était la couleur du deuil en Grèce et en Bretagne à l'âge du bronze. On a trouvé de l'ocre rouge dans des tombes mégalithiques aussi bien dans les monts Prescelly que dans la plaine de Salisbury. Le sorbier sauvage est l'arbre de la rapidité. Ses noms botaniques Fraxinus, ou Pyrus, Aucupana, laissent supposer ses emplois divinatoires. Un autre de ses noms est « le sorcier », or la main de sorcière, utilisée dans les temps anciens pour découvrir les métaux, était taillée dans du sorbier. Etant l'arbre de la rapidité et de la vie, il pouvait être utilisé également dans le but contraire. Dans l'Irlande danéenne, un pal de sorbier fixé au travers d'un cadavre immobilisait son fantôme et, dans la saga de Cuchulain, pour obtenir sa mort, trois sorcières embrochent un chien, un animal sacré sur des piquets de sorbier.

L'usage oraculaire du sorbier explique la présence insolite de grands bosquets de cet arbuste à Rügen et dans les autres îles à ambre de la Baltique utilisées autrefois comme lieux de divination, et la fréquente présence de sorbiers, signalée par John Lightfoot dans sa Flora Scotia (1777), au voisinage des anciens cercles de pierres.

Le second mois s'étend du 21 janvier au 15 février. L'importante fête celtique de la Chandeleur tombe en son milieu (2 février). Elle fut instituée pour souligner la croissance de l'année et était la première des quatre journées, « les jours de croix-quartier », auxquelles les sorcières britanniques célébraient leurs sabbats, les autres étant la veille de mai, les Lammas (2 août) et la veille de la Toussaint au moment où l'année se meurt. Ces jours correspondent aux quatre grandes fêtes du feu irlandaises mentionnées par Cormac, l'archevêque de Cashel au Xe siècle. En Irlande et dans les Highlands, le 2 février se trouve être très précisément le jour de la Sainte Brigitte, la Déesse Blanche des temps anciens, la triple muse de la croissance. Le rapprochement du sorbier avec la fête du feu de la Chandeleur est souligné par Morann Mar Main' Ogham dans le Livre de Ballynote : il donne au sorbier le nom poétique de « délice des yeux », textuellement Luisiu « flamme ».

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Laura Tuan, autrice d'un livret d'accompagnement intitulé Les Tarots celtiques (Éditions De Vecchi S.A., 1998) propose un article sur l'ogam Luis :


"Sorbier - Luis


Période : 22 janvier - 18 février.


Divinité : Brigit.


L'arbre magique du commandement, avec lequel les druides fabriquaient leurs baguettes divinatoires, confère une pincée de mystère et de magie aux natifs de son signe également. Magnétiques, inventifs, mais toujours un peu secrets, ces derniers oeuvrent dans l'ombre avec une imagination enviable, puis surprennent en sortant de leur chapeau de véritables merveilles. Sympathiques, originaux et perpétuellement joyeux, ils possèdent une remarquable force psychique qui leur permet d'affronter les situations les plus embrouillées, pour eux et pour les autres, en trouvant à chaque fois le bon mot qui rassure et console quiconque est en difficulté.

Ils aiment la culture et toutes les nouveautés capables de stimuler leur esprit insatiable, attiré par l'art, l'occultisme et la médiumnité.

En amour, même quand ils nourrissent des sentiments profonds, ils ont tendance à les dissimuler, peut-être par pudeur, mais on peut compter sur leur sincérité. Aux passions incendiaires et tyranniques ils préfèrent les valeurs plus paisibles de l'amitié et font preuve à cet égard d'une disponibilité sans bornes. Et quand ils décident enfin de s'attacher, ils témoignent d'une tendresse et d'une fidélité infaillibles envers leur partenaire.

[...]

Du "magique" bois de sorbier, plante de la vie et de la renaissance, les druides tiraient leurs baguettes divinatoires : ces petits morceaux de bois gravés qu'ils jetaient en l'air pour prédire l'avenir ou qu'ils utilisaient, enveloppés dans de la peau de taureau, pour obliger les esprits à répondre à des questions difficiles (d'où l'expression irlandaise "aller sur les branches de la connaissance", à savoir tout faire pour découvrir quelque chose).

Le sorbier remplaçait parfois le noisetier dans la confection de la baguette de rhabdomancie, la fameuse "main de sorcière" avec laquelle on cherchait les métaux et les sources cachées dans le sein de la terre. Planté sur le seuil de la maison ou de l'étable, et si possible attaché avec du fil rouge en forme de croix, il empêchait les énergies négatives de nuire. Un petit bout glissé dans sa poche ou son bagage assurait au voyageur un trajet serein à l'abri de tout danger.

Le sorbier servait aussi à fabriquer des amulettes contre la foudre et la noyade, ainsi que de solides cravaches, aptes à dompter les chevaux les plus rétifs. Sans parler de ses baies rouges, nourriture des dieux et portées en guise de collier pour se prémunir contre des remèdes inadaptés. Dans un texte irlandais, la Razzia des troupeaux de Fraoch, les baies enchantées, gardées par un dragon, équivalent à neuf repas, guérissent les blessures et prolongent d'un an la vie de celui qui les mange.

Le sorbier symbolise le retour graduel de la lumière après le cap du solstice d'hiver. C'est la raison pour laquelle, avant de lancer le combat, les druides le brûlaient dans les feux rituels pour invoquer la participation des dieux et absorber, à travers le rite, toute la force du Soleil indispensable pour remporter la victoire.

Consacré à la déesse Brigit, et donc à la lumière et au renouveau printanier, le sorbier était toutefois aussi lié à la mort. On raconte en effet qu'un pieu de sorbier enfoncé dans un cadavre pouvait immobiliser son fantôme, si bien que dans la légende de Cuchulainn, trois mégères transperçaient un chien avec des baguettes de sorbier rouge pour provoquer la mort du héros.


Divinités : Brigit.


Les cartes : Dans la version printanière, un rameau de Sorbier (symbole du Soleil) se change en cravache pour dompter le cheval emballé sous l'effet des forces instinctuelles de la nature en plein réveil. Dans la version estivale, la salamandre déguste voluptueusement les baies rouges du sorbier dont elle s'est préalablement fait un collier et dont les oiseaux s'avèrent particulièrement friands.

Le gnome de l'automne noue un ruban rouge autour d'un piquet de sorbier planté dans le sol pour éloigner les forces du mal. Mais l'emploi le plus magique du sorbier figure sur la carte de l'hiver où, dans les mains des ondines prophétiques, il se prête à un jeu de divination, ancêtre du jeu des runes.


Mots-clés : Sagesse - Originalité - Sympathie - Magie - Magnétisme - Disponibilité - Grandeur.


Printemps : A l'endroit : Étude - Application - Travail intellectuel - Usage savant de la parole - Originalité - Idées géniales - Désir d'œuvrer à la réussite commune - Travail d'équipe ou à caractère social.


A l'envers : Manque de fiabilité professionnelle - Paresse - Intolérance des règles - Désintérêt pour la carrière - Faible rendement- Inattention - Erreurs répétées - Risque d'exclusion - Recalage ou licenciement.


Été : A l'endroit : Sympathie - Attirance - Amitié amoureuse - Vie sociale intense et divertissante - Originalité - Allergie aux liens trop contraignants.


A l'envers : Manque de fiabilité - Légèreté - Froideur - Doutes - Insatisfactions au sein du couple - Liens trop étroit - Trahisons d'amis - Ostentation préjudiciable aux relations sociales.


Automne : A l'endroit : Bons investissements - Gestion avisée des affaires - Capacités commerciales - Voyages - Gains au jeu - Coup de chance en récompense d'une gentillesse faite - Dédommagement - Dettes éteintes.


A l'envers : Dettes - Prêts refusés - Amendes - Taxes excessives - Pénalités à payer - Pertes au jeu - Dépenses inutiles par frivolité - Incapacité de gérer et d'organiser.


Hiver : A l'endroit : Minceur - -Agilité - Bonne énergie nerveuse - Capacité d'affronter n'importe quel problème avec intelligence et imagination.


A l'envers : Dérèglement - Nervosité - Troubles mentaux - Carences vitaminiques - Mauvaise circulation - Chutes - Accidents - Paralysie - Fractures - Affection des organes des sens.


Le temps : 22 janvier - 18 février.


Le conseil : la pensée est une réserve de force magique incomparable : pensez toujours positif et vous aurez en main la clef permettant de réaliser sans effort tous vos désirs."

Selon Gwyddhyon, auteur de Ogham, Le Yi-King celtique des arbres (Éditions Charriot d'Or, 1999), le Sorbier est associé à diverses caractéristiques :


"Nom : Luis

Lettre : L

Monde végétal : Sorbier (Sorbus aucuparia)

Signification : La force vitale - l'amour - la

protection

Symbole : Le feu sacré

Couleurs : Verte ; grise et rouge

Direction cardinale : Nord.


Triades celtiques : Les trois essences de la bonté : amour - pouvoir - connaissance.


Monde de l'épreuve de l'Abred : La force vitale est bien présente, elle protège des forces négatives, tout comme le sorbier protège les Celtes des sortilèges. Les cercles de pierres se mêlaient à la plus haute magie du sorbier. Prendre délicatement une simple feuille de sorbier et la garder sur soi peut apporter cette force bienfaisante du monde végétal.


Monde des âmes de Kenmill : La faculté de discrimination est elle aussi aiguisée et permet de distinguer le bien du mal dans ce monde. Ainsi, on pourra difficilement être induit en erreur, ou trompé. Pour appeler les guides spirituels, les druides gaéliques faisaient brûler de l'encens de sorbier. Cette fumée chassait les influences négatives et permettait de prendre les bonnes directions.


Monde ultime de Keugant : La force mentale permet de subjuguer n'importe quelle situation. En Irlande, le Dragon gardait le Sorbier magique de puissance. La confiance en cette force intérieure permet d'agir avec quiétude et détermination.

"Là où poussent les sorbiers, les druides ne sont pas loin", dit le proverbe gallois.


Images : Un délice pour les yeux.

"Le sorbier est bien prudent."

Je m'étends comme l'eau dans une plaine inondée."

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Dans Le Tarot Celte des arbres (Édition originale, 1998 ; Traduction française Le Courrier du Livre, 2001) Liz et Colin Murray associent Luis à :


Couleurs : gris et rouge

Chiffre : 2 qui symbolise la dualité et la polarité - en haut comme en bas.


Le Sorbier jouit depuis longtemps d'une réputation d'être une protection contre les enchantements. Son nom [rowan] est lié au nordique runa, un charme. Les bâtons sur lesquels les runes étaient inscrites, étaient en sorbier. On utilisait aussi ce bois pour trouver des métaux, comme on utilise le coudrier pour trouver de l'eau. Avec certains autres arbres, le sorbier jouait un rôle central dans les cérémonies druidiques. Même à une époque récente, ces croyances ont donné lieu à des pratiques dans différentes régions de la Grande-Bretagne. Au Nord, par exemple, des rameaux de sorbier étaient fixés aux étables pour protéger les animaux, et à Strathspey, les fermiers conduisaient leurs chèvres à travers des cercles faits de branches de sorbier. Des brins de sorbier étaient placés au-dessus de la porte principale de la maison, et aussi portés par la personne, pour protéger des mauvais sorts - le "mauvais œil". Dans le Pays de Galles, ou Cymru, on plantait des sorbiers dans les cimetières pour veiller sur l'esprit des morts, comme ailleurs on mettait des ifs.

Examinez une baie rouge de Sorbier, et vous découvrirez que, à la différence de beaucoup d'autres fruits qui ont un creux à l'autre bout de la tige, elle porte là une minuscule étoile à cinq branches, un pentagramme - le symbole magique de la protection. Indubitablement, si vous êtes menacé par des mauvais sorts, si des pouvoirs nuisibles vous visent, vous avez besoin de toute votre vigilance. Si vous choisissez cette carte, elle vous aidera à garder le contrôle de vos sens, pour que vous puissiez distinguer le bien du mal, la nuisance de l'aide, utilisant votre force spirituelle pour détourner tout ce qui perturbe votre sérénité et votre dessein.

Vous devez réaliser, cependant, que si la carte se présente à l'envers, vous n'avez plus besoin d'être affecté par toute influence qui vient sur votre chemin. Vous devez vous servir de votre raison et votre intuition, pour distinguer l'un de l'autre, et ainsi, être protégé.


Mots-clefs : Protection contre les sorts - Contrôle de tous les sens.

Deuxième mois : décembre.

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Selon Alain Gesbert, auteur de B. A. - BA Oghams divinatoires (Éditions Pardès, 2002), l'ogham Luis est associé à :


Arbre : Sorbier.

Mot clé : Perspicacité.

Association complémentaire : Les aspects créatifs de l'inconscient.

Lettre : L.

Couleurs : Rouge et Vert.

Période : 21 janvier - 17 février.


Luis représente symboliquement la protection, avec la possibilité de distinguer le bien du mal. I procure la connaissance anticipée des événements, surtout s'ils vous sont préjudiciables. C'est le signe avant-coureur que vous avez suffisamment d'énergie, d'endurance et de vigueur pour gérer le quotidien et même aller au-delà des difficultés potentielles. Il y a des précautions à prendre pour être fin prêt.

Le défi de Luis est de vaincre ses propres doutes.

Visualisez ou imaginez les fruits d'un Sorbier (la "nourriture des dieux", pour les Celtes) et une boule de lumière blanche (puis, rouge et, enfin, verte) symbolisant la perspicacité prémonitoire concernant les événements extérieurs.

Ellen Eert Hopman, autrice de A Druid’s herbal of sacred tree medicine (Destiny Books, 2008 ; traduction par Deepl) propose sa vision de l'ogham Luis :


"Rowan - Luis - [Lush]

La deuxième lettre de l’alphabet oghamique de l’arbre est luis (sorbier, également connu sous le nom de sorbier des montagnes). Le Word Ogham o Morainn mic Moín désigne le sorbier comme li sula, « joie des yeux ». Le Word Ogham o Mic ind Oic le caractérise comme cara ceathra, « ami du bétail ». On trouve également lúth cethrae, « subsistance du bétail », dans le Briatharogam Con Culainn.

Le mot luis signifie « flamme ou rayonnement », ce qui est une description tout à fait appropriée pour cet arbre. Lorsque le sorbier est couvert de baies, il brille comme une tour rouge ou orange (selon l’espèce). Selon la légende, le premier sorbier fut rapporté du Pays des Fées par les Tuatha de Danann, la tribu ou le peuple de la déesse Danu, qui précédèrent les Celtes en Irlande. Une baie tomba sur le sol en Irlande et c’est ainsi que le premier sorbier prit racine. Ceux qui mangeaient ces baies restaient jeunes et joyeux pour toujours.

Les femmes des Highlands écossais portaient des guirlandes de baies de sorbier comme protection magique, et en attachaient autour des cornes des vaches et du cou des cochons pour les garder en bonne santé et en sécurité.

En Écosse, on fabriquait de minuscules croix en bois de sorbier. Dotées de branches de longueur égale, symbolisant le soleil, elles étaient nouées avec du fil rouge et secrètement cousues dans les vêtements pour protéger de la sorcellerie. On plaçait des branches de sorbier dans le berceau, on les posait sur le linteau de la maison et on les suspendait dans la grange pour protéger le bétail. Les manches de barattes étaient en bois de sorbier afin de préserver le beurre des mauvais sorts. Les berceaux, les goupilles de charrue, les chevilles et les fouets étaient fabriqués en bois de sorbier pour protéger le bébé, le cheval et la terre.

On dit que le sorbier, placé à l'intérieur de la maison, la protège contre le feu. Planté à l'extérieur, il protège la maison contre les sorcières. Une couronne de sorbier placée sous le seau à lait empêche les fées ou les sorcières de voler le lait. Attachée au collier d'un chien de chasse, elle le fera courir plus vite. On attache des baies de sorbier à un cheval sauvage ou indiscipliné pour le calmer. En Écosse, le bois de sorbier était autrefois utilisé pour les traverses de la cheminée, afin de protéger la maison. Le rouet, le moulin à eau, les fléaux et d’autres outils ménagers et agricoles étaient fabriqués en bois de sorbier protecteur.

Les cimetières et les parvis d'églises gallois sont souvent plantés de sorbiers. Le sorbier empêche les morts de se relever et protège contre les mauvais esprits, c'est pourquoi les cercueils et les catafalques écossais étaient autrefois fabriqués en bois de sorbier.

  Le sorbier est considéré comme une puissante protection contre le risque d’être enlevé par les fées. On utilise à cette fin un bâton en bois de sorbier. Un bâton de sorbier vert permet à l’explorateur d’entrer et de sortir en toute sécurité d’un fort des fées (un ancien cairn ou cercle de pierres). Il offre également une protection lorsqu’on traverse une colline des fées (un cairn recouvert d’herbe). Portez du sorbier sur un chapeau pour éviter d’être « emmené par les fées », expression qui signifie se perdre inexplicablement lorsqu’on parcourt un territoire familier, généralement sur une route de campagne ou un sentier. (La manière correcte de briser le charme des fées consiste à retirer ses vêtements et à les remettre à l’envers — ainsi, on n’est plus reconnaissable aux yeux des fées.)

Les copeaux d’écorce de sorbier étaient autrefois utilisés comme fourrage pour le bétail en Scandinavie, ce qui explique le nom oghamique du sorbier : « subsistance du bétail ». La beauté d’un sorbier au printemps, lorsqu’il est couvert de fleurs blanches, et sa beauté à l’automne, lorsqu’il regorge de baies, expliquent le nom « délice des yeux ». Les oiseaux apprécient beaucoup les baies de sorbier, ce qui ajoute à cette image ravissante.

  Le sorbier était un bois important pour la fête de Beltaine, qui marque le début officiel de l'été et de la moitié lumineuse de l'année (pour plus de détails sur la manière de célébrer cette fête, voir le chapitre « Célébrer les fêtes celtiques du feu »).

Un feu de sorbier dans l’âtre apportait la chance le matin du 1er mai. Des brins de sorbier étaient mélangés au fourrage du bétail et les vaches étaient fessées avec du sorbier pour les protéger des esprits qui pourraient rôder. On attachait du sorbier à la queue des vaches, on en plaçait aux fenêtres, sur les portes et dans les champs. En Écosse, on faisait passer les agneaux et les moutons à travers un cerceau de sorbier. Sur l’île de Man, de minuscules croix de sorbier étaient attachées à la queue des vaches à Beltaine. Les croix devaient être fabriquées sans utiliser de couteau en métal, car les fées détestent le fer et les esprits bienveillants risquaient d’être repoussés par l’utilisation d’outils en fer.

  En Écosse, on brûlait des rameaux de sorbier à l’entrée des granges le premier jour de chaque trimestre.

Le sorbier est appelé id na nDruad, « l’arbre des druides ». La déesse Brigid, la grande déesse triple de la forge, de la guérison et de la poésie, et patronne des druides et des bardes, possède trois flèches enflammées faites de bois de sorbier. Les sorts de magie de combat druidiques étaient parfois lancés en allumant d’énormes feux de sorbier et en prononçant des incantations pour contrecarrer l’armée adverse. Les druides lisaient l’issue de la bataille dans les flammes et la fumée.


UTILISATIONS PHYTOTERAPEUTIQUES : Les baies de sorbier sont très pigmentées et riches en bioflavonoïdes et en vitamines A et C, ce qui en fait de précieux stimulants du système immunitaire. Elles étaient traditionnellement utilisées comme antiscorbutique (pour prévenir le scorbut). Le Sorbus americana (sorbier des montagnes américain) produit des baies orange, tandis que le Sorbus aucuparia (sorbier des montagnes européen) produit des baies rouges. Les propriétés médicinales des deux espèces sont identiques, et les baies ne doivent être cueillies qu'après le premier gel, lorsqu'elles ont pris une couleur vive et intense.

Le jus des baies fraîches est laxatif et peut être utilisé en gargarisme pour les maux de gorge et les aphtes. Prendre une cuillère à café de jus frais dans un peu d'eau selon les besoins. Le sirop de baies de sorbier est préparé avec des pommes et permet de contrôler la diarrhée. (Si vous ne disposez pas de baies fraîches, faites tremper une cuillère à café de baies séchées dans une tasse d'eau pendant dix heures.)


ATTENTION : Les enfants ne doivent pas consommer ces baies crues, mais peuvent en manger de petites quantités, soit environ une cuillère à soupe trois fois par jour, pour soulager la diarrhée.


Pour préparer une infusion ou un gargarisme, faites mijoter une cuillère à café de baies par tasse d’eau pendant vingt minutes dans une casserole (qui ne soit pas en aluminium) munie d’un couvercle hermétique. Les adultes peuvent en consommer jusqu’à une tasse par jour, par portions d’un quart de tasse.

Les Gallois ajoutaient autrefois ces baies à leurs recettes de bière (le procédé a été perdu) et, dans les Highlands écossais, on faisait mijoter des baies de sorbier et des pommes dans du miel pour obtenir un sirop contre la toux, la fièvre et les maux de gorge.

Les guérisseurs et les sorciers amérindiens utilisaient le sorbier comme remède. Les Cree grattaient l'écorce interne des jeunes branches pour préparer une tisane contre la pleurésie et les maladies inflammatoires. Les Montagnais appelaient cet arbre « baie d'ours » car les ours aiment en manger les baies. Ils préparaient une tisane à partir de l'écorce interne grattée pour stimuler l'appétit et purifier le sang. Ils préparaient également une infusion à partir de la racine pour traiter les coliques.


ATTENTION : Ne prélevez jamais l'écorce du tronc d'un arbre : vous risqueriez de le tuer ! Utilisez uniquement l'écorce interne des rameaux.


Les Ojibwa utilisaient ce bois pour fabriquer des objets qui devaient être courbés et souples, tels que les membrures de canoë, les raquettes à neige et les crosses de lacrosse. Les Potawatomi faisaient infuser les feuilles pour en faire un remède contre le rhume. Apparemment, la tisane de feuilles a un effet émétique et permet ainsi d'expulser les mucosités. Les Potawatomi utilisaient également les feuilles de sorbier pour traiter la pneumonie, la diphtérie et le croup.


ATTENTION : Ne cueillez les feuilles que jusqu'au solstice d'été. Passé cette date, elles contiendront trop d'alcaloïdes pour être consommées par l'homme.


Les Tête-de-Boule préparaient une décoction à partir des bourgeons et de l'écorce interne pour traiter la faiblesse et la dépression, et pour confectionner un cataplasme qu'ils appliquaient sur les reins des femmes en travail.


ASPECTS SPIRITUELS : Les preuves du pouvoir spirituel du sorbier remontent à l’âge du bronze. À Magleho, en Zélande du Nord (Danemark), un tumulus a été fouillé en 1888, révélant la sépulture d’une guérisseuse. À l’intérieur du tumulus se trouvait un cercueil en pierre recouvert d’une grande dalle surmontée de pierres plus petites destinées à protéger la tombe de la terre. À l'intérieur du cercueil se trouvaient des os incinérés enveloppés dans des vêtements de laine fermés par une attache à double tête, un couteau, et une fibule placée au-dessus du paquet de cendres.

Tout près se trouvait une boîte en bronze ornée de motifs en forme d’étoiles. La boîte était remplie d’objets magiques : des dents de cheval, des os de belette, la griffe d’un chat (peut-être un lynx), des os d’un jeune agneau ou d’un chevreuil, un minuscule fragment de trachée d’oiseau, quelques vertèbres de serpent, deux fragments d’os brûlés, un peu de tremble carbonisé, deux galets de quartz, un morceau d’argile, deux pyrites, une feuille de bronze, un bout de fil de bronze plié en forme de crochet — et une brindille de sorbier, dont la présence suggère fortement sa protection magique et sa valeur médicinale pour la sorcière.

Il y a quelques années, lors d’un voyage en Irlande, on m’a offert un petit couteau sculpté en bois de sorbier à utiliser dans le cercle rituel. Les fées méprisent le fer, il est donc logique d’utiliser un couteau en sorbier. Une lame en fer ne ferait que repousser les fées. L’utilisation d’une lame en sorbier lors d’une cérémonie témoigne de notre sensibilité aux besoins et aux désirs des esprits et renforce nos liens avec le monde des esprits.

Tout comme le sorbier protège la maison et la grange, il est également un protecteur de l’esprit intérieur de chacun. Le sorbier aide à renforcer vos boucliers intérieurs en fortifiant votre force, votre patience et votre paix intérieure. Laissez le sorbier créer un cercle de protection autour de vous, repoussant le mal et le danger et ne laissant entrer que les forces bonnes et édifiantes. Le sorbier est l’ancienne enchanteresse qui tient toute la création dans son cercle de lumière."

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D'après Julie Conton auteure d'un essai sur L'Ogham celtique ou le Symbolisme des arbres, l'oracle des druides (Éditions Mémoires du Monde, 2014),




















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Dans La Voix des Arbres (Édition originale, 2019 ; Tana Éditions, 2023 pour la traduction française) Diana Beresford-Kroeger transmet à son tour sa vision de l'ogham des Celtes :


"Luis - Le Sorbier


Les Celtes ne sont pas le seul peuple à avoir regardé le sorbier avec crainte. Dans bien des régions de la forêt mondiale, nombre de superstitions et de légendes entourent cet arbre, même de nos jours. Le sorbier était utilisé en exorcisme pour libérer les esprits. On portait des amulettes de ce bois, et parfois l’extrémité d’une branche, pour se protéger de tout démon égaré qu’on croiserait en chemin.

Les Celtes, toutefois, ne s’en tenaient pas là. Ils considéraient le sorbier comme un arbre enchanté. Ils croyaient que les fées appréciaient énormément la beauté de ses fleurs immaculées, en mai, suivies de baies rouge vif, en automne. Elles étaient d’ailleurs réputées s’enivrer du jus de ces baies. Pendant la nuit, quand le sommeil jetait son sort sur les humains, les fées éméchées leur jouaient des tours, pas tous très agréables. Les Celtes, quant à eux, souhaitaient à leurs ennemis « Caor thine ort ! », ce qui signifie « Que le feu des baies de sorbier te brûle ! », un vœu qui ne naissait pas d’une intention charitable.

Les fermiers du monde celte se servaient du sorbier dans leurs haies comme d’un genre de journal solaire. Ils notaient soigneusement la date à laquelle il fleurissait et en tiraient la date probable de la moisson dans leurs champs. La qualité des baies (et leur quantité) passait pour un indicateur de la taille du grain des céréales. Si le fruit mûr avait une belle couleur, tout allait bien dans leur monde.

La capacité du sorbier à enchanter était utilisée par les druides-médecins pour renforcer l’effet apaisant, ou sámhnas, qu’ils cherchaient à obtenir par la récitation de vers ou la lecture de livres sacrés. Être dans un état de sámhnas impliquait de baisser sa vigilance, comme un petit à qui l’on chante une berceuse, ou un animal. Beaucoup de chants servaient autrefois à détendre les vaches laitières afin d’augmenter leur production de lait. Aux yeux des druides-médecins, son action reposait l’esprit et permettait d’accéder plus vite à un état de sérénité.

Comme avec la méditation, la notion du temps change quand on est en sámhnas, et une minute peut en sembler dix, ou l’inverse. Un tel repos de l’esprit est bénéfique pour la détente du corps tout entier, et nous savons désormais que c’est particulièrement vrai concernant le cortex surrénal. Les druides-médecins estimaient qu’être pleinement conscient était bon pour la santé. Le sorbier était un remède en ce sens.

Le sorbier celte, Sorbus aucuparia, contient également des stimulants, comme les quatre-vingt-cinq autres espèces environ qui sont présentes dans le monde. Leurs effets se font sentir à une échelle similaire à celle du café ou du thé. Ses fruits mûrs crus sont toxiques pour l’être humain, et on doit donc, comme les baies de sureau, les cuire pour les manger. Une tisane de sorbier était considérée comme un fortifiant. Les ingrédients exacts de cette tisane, de même que le nom de l’espèce et le degré de maturité du sorbier utilisé ont été perdus. La boisson de ce type la plus proche encore consommée aujourd’hui est préparée par les peuples des Premières Nations d’Amérique du Nord, mais leur sorbier, Sorbus americana, contient des actifs beaucoup plus puissants. Leur fortifiant consiste en une infusion de cambium (ou seconde écorce) de sorbier, récolté au milieu du printemps, et d’acore odorant, Acorus calamus.

Les derniers à accorder une place majeure au sorbier dans leur pharmacopée traditionnelle sont les Slavey, les Cris et les Tchipe yans. Ils ont recours à trois espèces indigènes de la forêt boréale : S. americana, S. decora et S. scopulina. Les sorbiers de cette région septentrionale se limitent à de grands buissons, et la pression de journées courtes s’ajoute à des températures très fraîches pour rendre leurs actifs plus puissants.

Ces trois nations appellent le sorbier le « bâton médicinal ». Une fois adultes, ses feuilles supérieures, vertes et pennées, servent à préparer une décoction contre le rhume, la toux et les maux de tête. Une décoction racinaire est conseillée pour atténuer les douleurs lombaires. Enfin, en combinaison (très complexe) avec d’autres herbes et plantes indigènes, le sorbier sert aussi au traitement du diabète et du cancer.

Les druides-médecins ont sans doute élevé le sorbier celte au rang d’arbre sacré pour sa valeur médicinale dans leur société. Ils l’appelaient luis, et lui ont assigné la lettre L de l’alphabet oghamique, représentée par une ligne verticale d’où partent vers la droite deux lignes horizontales."

Pandora Hearts, autrice, et Lydie Bossuet, illustratrice proposent un Oracle des arbres & des oghams (Éditions Secret d'étoiles, 2022) que je trouve particulièrement beau :


"Paroles de Luis : Je suis Luis, l'arbre de l'Ancienne Magie des druides. Mes racines puisent leur force dans l'héritage de vos ancêtres, et tout mon être vibre des secrets de l'ancienne tradition. J'apporte la clarté d'esprit et la vision de ce qui paraît caché et dissimulé. Mes fruits rouges, marqués de l'étoile sacrée, portent en eux le pouvoir divin de la perception de ce qui est et de ce qui sera. Mes branches protègent les cœurs purs autant qu'elles jugent les êtres. Je suis Luis, l'arbre de la Magie et de la Vision.


Signification de la carte : Dans un tirage, Luis symbolise la lucidité, la clairvoyance, la clarté d'esprit, la perception intelligente, les actions magiques, la divination. Il vous suggère de prendre du recul pour avoir une vision d'ensemble de votre situation afin d'aller de l'avant de manière efficace. Luis exprime votre lucidité vis-à-vis de vos relations, de vos engagements ou encore de vos projets. Le succès de vos entreprises dépendra de la justesse de votre appréciation.

De même, Luis incarne la magie, la divination et les pouvoirs de clairvoyance. Il peut indiquer que vos pouvoirs personnels et votre intuition se développent. Il prévient parfois que c'est le bon moment pour perfectionner vos pratiques ésotériques et spirituelles. Mais il peut également vous renseigner sur une protection divine ou occulte.

Luis suggère parfois que vous êtes estimé à votre juste valeur : vos qualités sont reconnues et appréciées. Il peut indiquer que vus êtes dans une énergie de tolérance et d'équité qui apporte un apaisement de votre situation. Votre sens de la justice est intense et favorise les compromis.


Carte renversée : Lorsque la carte apparaît à l'envers, Luis suggère une personne qui se voile la face dans une énergie de déni, ou encore un jugement faussé par des erreurs ou des mensonges. Il exprime parfois des difficultés face à la discrimination. De même, il peut signifier que vous êtes seul face à vos doutes et à vos incertitudes. Il conseille ainsi de ne pas vous fier aux apparences et de vous prémunir de ce qui paraît suspect.

Enfin, Luis peut mettre en garde contre des sortilèges et autres enchantements qui peuvent être lancés à votre encontre. Il vous suggère également de bien avoir conscience des conséquences de vos actions magiques qui pourraient vous être nuisibles. Parfois, il vous avertit de faire attention aux erreurs d'interprétation lors de l'usage de la divination.


Mots clés : Magie - Divination - Clairvoyance - Discernement - Lucidité - Jugement - Perception."

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