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  • Anne

Le Saule marsault



Étymologie :

  • SAULE, subst. masc.

Étymol. et Hist. Ca 1225 (Péan Gatineau, S. Martin, éd. W. Söderhjelm, 4445). De l'a. b. frq. *salha fém. « saule », cf. l'a h. all. salaha, all. Salweide. Le genre masc., qui est aussi celui de nombreux autres n. d'arbres, a remplacé le fém., att. en m. fr. et dans qq. pat. Saule a éliminé en fr. l'anc. forme sauz, issue du lat. salix, -icem « saule », att. dep. la 1re moit. du xiie s. ds Psautier Oxford, 136, 2 ds T.-L. et qui s'est maintenue dans les pat. ; cf. aussi saussaie. FEW t. 17, pp. 10-11 ; ibid. t. 11, pp. 100-103.


Lire aussi la définition du nom pour amorcer la réflexion symbolique.

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Botanique :




Vous pouvez lire la fiche suivante qui explicite le lien privilégié qui existe entre le saule marsault (salix caprea) et les abeilles.

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Symbolisme :


Diana Cooper, auteure du Guide des archanges dans le monde animal (édition originale 2007 ; traduction française : Éditions Contre-dires, 2018) nous délivre un :


Message des arbres :

Nous venons du cœur de Dieu. Nous n'avons rien

à apprendre et beaucoup à offrir. Nous avons été ensemencés

sur la Terre pour le bien du règne humain et animal, incluant

les oiseaux et les insectes, et pour nourrir la planète elle-même,

physiquement, émotionnellement et spirituellement. Nous

diffusons l'amour et la guérison pour vous.


Le saule : C'est un arbre féminin qui aime l'eau et qui dégage une énergie de flexibilité. C'est aussi un arbre qui ouvre le cœur et apporte la romance.

C'est un très bon arbre auquel s'accorder et faire un souhait venant de votre cœur.

Notez que vous pouvez également le faire à n'importe quel moment ou endroit, chaque fois que vous voyez un arbre. Attirez ces énergies avec une pensée quand vous vous promenez à l'extérieur !


VISUALISATION POUR AIDER LES ARBRES

  1. Aménagez un espace où vous pourrez vous détendre sans être dérangé.

  2. Faites appel à l'archange Purlimiek, l'ange de la nature, et sentez sa belle énergie vert-bleu.

  3. Permettez à n'importe quel arbre d'apparaître dans votre esprit.

  4. Bénissez-le et remerciez-le d'être venu vers vous.

  5. Demandez au rayon doré du Christ de se déverser dans l'arbre et de se répandre à travers ses racines.

  6. Demandez au feu lilas de la Source de se déverser dans l'arbre et de se répandre à travers ses racines.

  7. Demandez à l'énergie protectrice bleu foncé de l'archange Michaël de se déverser dans l'arbre et de se répandre à travers ses racines.

  8. Demandez à la lumière aigue-marine de la sagesse féminine divine de l'ange Marie de se déverser dans l'arbre et de se répandre à travers ses racines.

  9. Demandez à la lumière argentée de l'archange Sandalphon de l'équilibre et de l'harmonie de se déverser dans l'arbre et de se répandre à travers ses racines.

  10. Prenez un moment pour invoquer toutes les énergies qui vous attirent et voyez-les se déverser dans l'arbre.

  11. Imaginez les couleurs qui s'écoulent d'une racine à l'autre en connectant le réseau d'arbres et en dynamisant les lignes ley.

  12. Ouvrez les yeux ensachant que vous avez aidé les arbres.

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Eliot Cowan, auteur de Soigner avec l'Esprit des Plantes, Une voie de guérison spirituelle (Édition originale ; traduction française Éditions Guy Trédaniel, 2019) raconte plusieurs histoires de guérison dont il a fait l'expérience et explicite les vertus des plantes en fonction de l'Esprit qui les habite :


Partout dans le monde, le saule discolore est le messager du printemps, annonçant la renaissance de la nature. Le saule (salix ssp.) est un remède pour l'élément Bois. De fait, ces arbres donnent un formidable exemple des qualités d'un élément Bois équilibré. Tous ceux qui ont travaillé le saule savent qu'il ploie quand les autres arbres casent. D'autre part, l'intensité de la force de croissance du saule est inégalée. Une baguette sèche plantée dans un sol humide produira à tout coup des racines et des feuilles.

Pour ceux dont l'élément Bois est devenu rigide et qui sont frustrés, crispés, ou maladroits, le saule leur apportera grâce et flexibilité. pour les bons à rien, les désespérés, les recroquevillés, dont le Bois est devenu faible, l'esprit du saule leur apportera un sursaut d'énergie, une vision de l'avenir, et une nouvelle croissance personnelle.

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Symbolisme celte :


Dans Vivre la Tradition celtique au fil des saisons (édition originale 2001, trad. 2014), Mara Freeman écrit :


Le noble saule...

un arbre sacré pour les poèmes

Irlandais médiéval


Le saule est un arbre du début du printemps, à l'époque où la pluie gonfle les rivières. En Écosse, il était l'un des neuf bois sacrés utilisés pour allumer les feux de Beltaine. Arbre aquatique, féminin, le "saule des rivières" est gouverné par la lune et est ainsi naturellement associé avec les cérémonies féminines d'Imbolc.

Pour Philippe Walter, auteur de Ma Mère l'Oie, Mythologie et folklore dans les contes de fées (Éditions Imago,2017),


"Sur le pilier des Nautes, les trois grues indiquent le lieu sacré où réside la grande déesse, à la fois triple et unique. Il s'agit évidemment de l'autre monde, l'île fortunée où croit l'Arbre de Vie, qui paraît être ici un saule."

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Mythes et légendes :


D'après Angelo de Gubernatis, auteur de La Mythologie des plantes ou les légendes du règne végétal, tome 2 (C. Reinwald Libraire-Éditeur, Paris, 1882),


SAULE. — Arbre solaire et funéraire. Il joue un grand rôle dans les rites funéraires des Chinois : « L’époque de l’été, écrit Schlegel dans son Uranographie chinoise, était celle des cérémonies et des pompes funèbres, et, conséquemment, nous trouvons cette partie du ciel, qui l’annonçait primitivement, couverte de symboles relatifs à la mort, tant du soleil estival, que des humains. Le premier de ces symboles est la feuille de saule, composée des étoiles ... de l’Hydre, qui se levaient alors les soirs du mois de mai ou de la première lune de l’été, époque de ces repas funèbres. Nous allons voir maintenant quel rapport cette feuille de saule a avec le repas et sacrifice commun de l’été, par l’analyse du caractère même de Lieou. Ce caractère, dans ses formes antiques, nous dit le Dictionnaire impérial de Khang-hi, représentait, soit un arbre à côté de deux portes, ou bien un arbre à côté d’une porte battante. Le caractère indique donc une espèce d’arbre qu’on plantait ou plaçait près des portes des maisons : ce qui avait lieu en effet. Nous lisons dans les Mémoires sur les saisons du King-thsou, que la population rurale, quand elle se tournait vers le soleil pour lui offrir le sacrifice à la porte des maisons, fichait premièrement une branche de saule à côté de la porte ; dans la direction vers laquelle cette branche s’inclinait, on apprêtait le repas, consistant en vin et en viandes séchées, tandis qu’on plantait les bâtonnets à manger dans du gruau de pois, comme offrande de sacrifice. On prenait une branche de saule, parce que cet arbre, extrêmement vigoureux, supportant toutes les péripéties qui font mourir les autres arbres, était, en Chine, dès la plus haute antiquité, l’emblème de l’immortalité et de l’éternité. Le saule Lieou, dit le Pi-ya, est un arbre flexible et fin, qui croit facilement. Il appartient à la même famille que le saule Yang. Qu’on le plante de travers, à l’envers, ou retourné le haut en bas, il croît également bien. En sacrifiant donc un saule au soleil, à l’époque de son règne, on symbolisait, par l’offrande de cet arbre indestructible, la force de cet astre. C’est ce qui explique aussi les noms donnés au saule en Chine, dont le premier est Lieou ou l’arbre des portes, et le second Yang, caractère composé de la clef des arbres et de yang, ancienne forme du caractère Yang, « Lumière ou Soleil ». Les deux caractères yang-lieou signifient donc : « arbre consacré au Soleil, qu’on plante à côté des portes, quand on lui offre un sacrifice », ou, plus brièvement, « arbre solaire des portes. » On le consacra au soleil, non seulement parce qu’il reste vert pendant l’hiver, comme le tsetc eng (Wisteria chinensis), et qu’il ne perd pas même ses feuilles pendant cette époque de l’année, mais parce qu’il donne des fleurs pourprées qui couvrent la terre entière, vers la fin du printemps et le commencement de l’été, c’est-à-dire, pendant le règne du soleil. Encore aujourd’hui, en Chine, on décore, au solstice d’été, les portes des maisons avec des feuilles de saule. Dans les provinces où le saule ne se trouve point, on le remplace par des branches de sapin, arbre qui est également un emblème de longévité et d’immortalité. En Emoui, dans la province de Fou-kien, on nomme ces branches grappes de sapin. De la Chine (ajoute M. Schlegel, mais en se trompant), cette coutume s’est introduite en Europe, et, il y a un siècle, l’usage existait à Londres d’allumer pendant la nuit de Saint-Jean des feux de joie, et de décorer les portes des maisons de branches vertes de bouleau, de grand fenouil, de fleurs de millepertuis, de pourpier sauvage, de lis blanc, etc. Le saule étant le symbole de l’immortalité, on s’en servait dans les cérémonies funèbres, et on couvrait le cercueil de branches de saule, déjà à l’époque des Tchéou, onze siècles avant notre ère ; non, comme le pense Tsin-tchô, afin de cacher le cercueil aux yeux, mais à cause du symbolisme de l’éternité et de l’immortalité exprimé par ces feuilles de saule, et comme une consolation pour les survivants sur la destinée ultérieure du défunt. Cette coutume ne s’est pas encore perdue aujourd’hui, car on porte toujours derrière le cercueil chinois une branche de saule ou de bambou, à laquelle sont attachées des banderoles, et qu’on nomme Lieou-tsing, bannière de saule, ou Tchou-tsing, bannière de bambou. De là aussi, le nom de saule donné au corbillard entier. La signification de cet astérisme est donc maintenant parfaitement claire. On lui donna le nom de saule, parce que, à l’occasion du grand repas en commun de l’été, on plantait des saules près des portes du temple des ancêtres. Aussi préside-t-il, non seulement aux arbres et plantes, mais aussi aux repas, etc. Nous lisons, dans les Notices littéraires de King-loung, que c’était la coutume (des empereurs de la dynastie) de Tang, de se purifier par un bain, au jour Changki (premier jour du troisième mois qui porte le nom de Ki), et d’offrir à leurs courtisans des branches de saule liées ensemble, avec ces mots : « Portez-les afin d’éviter les miasmes empoisonnés et les pestilences » ; car on attribuait au saule des propriétés merveilleuses ; entre autres, celle que le jus de feuilles de saule bouillies dans de l’eau, mêlé avec du sel, serait un remède excellent pour guérir toute espèce d’ulcère malin.

Cette longue notice de M. Schlegel nous édifie tout à fait sur le caractère à la fois solaire et funéraire du saule, ainsi que du plus grand nombre des plantes toujours vertes. Dans le nord spécialement, le saule, à cause de la ressemblance des feuilles, a remplacé l’olivier de l’Europe méridionale, ainsi que celui-ci, dans la tradition, a remplacé le palmier arabe et égyptien, et surtout la palma dactylifera, dont la feuille est longue. Le héros solaire Jason, dans son voyage vers le nord et vers l’orient, à la conquête de la toison d’or, passe par la prairie de Circe plantée de saules funéraires, aux sommets desquels on voyait des cadavres suspendus ; car, en Colchide, dit-on, on ne brûlait point les morts, mais on les enfermait dans des peaux de bœuf et on les suspendait aux arbres, sans doute dans l’espoir que, par la vertu de l’arbre, ils repousseraient dans une vie nouvelle. La toison d’or, que cherchait Jason, était aussi suspendue à un arbre. Dans une énigme russe, le soleil avec ses rayons est représenté comme un coq perché sur un saule, dont les plumes tombent jusqu’à terre. Dans un chant mythologique des Lettes, le fils de Dieu regarde la fille du Soleil, qui se lave, cachée derrière une haie de saules dorés. (Cf. Mannhardt, Lettische Sonnenmythen.) Pausanias (X) parle d’un bois consacré à Proserpine, planté de peupliers au sombre feuillage (populus nigra) et de saules. Le Thrace Orphée, le mystérieux voyageur dans la région funéraire, dans la région infernale, était, d’après le même Pausanias, représenté une branche de saule à la main.

Pour les Grecs et les Latins, qui connaissaient l’olivier, le saule n’avait pas un grand prix ; on l’appelait coronamentum rusticorum (cf. Paschalius, p. 41). Mais il est probable qu’avant l’introduction de l’olivier, il fut lui-même l’objet d’un culte. On peut le supposer si l’on songe que le dieu Saturne, qui représente les temps les plus reculés, avait adopté le saule comme son arbre. Dans les Thesmophories, cependant, les femmes allaient s’asseoir sur toute sorte d’herbes capables d’éteindre les désirs amoureux, et on prétend que le saule (cf. Agnuscastus) était l’une des plantes spécialement recherchées ; on en faisait donc un symbole de la chasteté, et par là, de la stérilité qui en était la conséquence. Mais cet usage tout particulier était en contradiction avec la notion du saule conçu comme arbre de Saturne ; peut-être on voyait aussi, essentiellement, dans le saule, l’arbre qui lie, l’arbre qui empêche. Le saule pleureur (salix babylonica), consacré à la déesse Juno, et spécialement à la Juno Fluonia, est, d’après la Botanologia medica de Zorn, le meilleur moyen pour arrêter toute hémorragie, et pour empêcher une fausse couche226. Dans le Malleus Maleficarum de Sprenger, je trouve un détail qui confirme cette ancienne croyance populaire : « Et etiam ibi in partibus Sueviæ plurimum practicatur, quod prima die Maii, ante ortum Solis, mulieres villanae exeunt et ex sylvis vel arboribus deferunt ramos de salicibus aut alias frondes et, ad modum circuli plectentes, in introitu stabuli suspendunt, asserentes quod per integrum annum jumenta cuncta illaesa a Maleflcis remanent et praeservantur. » Sprenger, qui se montre toujours très difficile au sujet des usages superstitieux, excuse celui-ci et des semblables, parce qu’on les accompagne de prières chrétiennes. A Brie (Ile-de-France), la veille de la Saint-Jean, on brûle un mannequin d’osier. A Luchon, le même jour, on jette des serpents sur un énorme saule orné, préparé avec des branches de différents saules, et on le brûle, en chantant et en dansant autour de l’arbre. En Russie et en Allemagne, le dimanche des Rameaux, l’olivier du sud est presque partout remplacé par le saule. Pour les croyances populaires germaniques qui se rapportent au saule, cf. Mannhardt, Baumkultus der Germanen, où ce sujet me semble avoir été épuisé.

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Littérature :

Ce saule-là

à Louise Héger

Ce saule-là, je l’aime comme un homme

Est-il tordu, troué, souffrant et vieux ! Sont-ils crevés et bossués les yeux Que font les nœuds dans son écorce ! Est-il frappé dans sa vigueur et dans sa force ! Est-il misère, est-il ruine, Avec tous les couteaux du vent dans sa poitrine, Et, néanmoins, planté au bord De son fossé d’eau verte et de fleurs d’or ; A travers l’ombre et à travers la mort, Au fond du soir, mord-il la vie, encor !

Un soir de foudre et de fracas, Son tronc craqua Soudainement, de haut en bas.

Depuis, l’un de ses flancs Est sec, stérile et blanc ; Mais l’autre est demeuré gonflé de sève. Des fleurs, parmi ses crevasses, se lèvent, Les lichens nains le festonnent d’argent ; L’arbre est tenace et dur : son feuillage bougeant Luit au toucher furtif des brises tatillonnes. L’automne et ses mousses le vermillonnent ; Son front velu, comme un front de taureau, Bute, contre les chocs de la tempête ; Et dans les trous profonds de son vieux corps d’athlète, Se cache un nid de passereaux.

Matin et soir, même la nuit,

À toute heure je suis allé vers lui ;

Il domine les champs qui l’environnent,

Les sablons gris et les pâles marais ;

Mon rêve, avec un tas de rameaux frais

Et jaillissants, l’exalte et le couronne

;Je l’ai vu maigre et nu, pendant l’hiver,

Poteau de froid, planté sur des routes de neige ;

Je l’ai vu clair et vif, au seuil du printemps vert,

Quand la jeunesse immortelle l’assiège,

Quand des bouquets d’oiseaux fusent vers le soleil ;

Je l’ai vu lourd et harassé, dans la lumière,

Les jours d’été, à l’heure où les grands blés vermeils,

Autour des jardins secs et des closes chaumières,

S’enflent, de loin en loin, comme des torses d’or ;

J’ai admiré sa vie en lutte avec sa mort,

Et je l’entends, ce soir de pluie et de ténèbres,

Crisper ses pieds au sol et bander ses vertèbres

Et défier l’orage — et résister encor.


Si vous voulez savoir où son sort se décide,

C’est tout au loin, là-bas, entre Furne et Coxyde,

Dans un petit chemin de sable clair,

Près des dunes, d’où l’on peut voir dans l’air,

Les batailles perpétuées

Des vents et des nuées

Bondir de l’horion et saccager la mer.


Emile Verhaeren, "Ce saule-là" in La Guirlande des dunes, 1907.

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