Blog

  • Anne

Le Saule marsault





Étymologie :

  • SAULE, subst. masc.

Étymol. et Hist. Ca 1225 (Péan Gatineau, S. Martin, éd. W. Söderhjelm, 4445). De l'a. b. frq. *salha fém. « saule », cf. l'a h. all. salaha, all. Salweide. Le genre masc., qui est aussi celui de nombreux autres n. d'arbres, a remplacé le fém., att. en m. fr. et dans qq. pat. Saule a éliminé en fr. l'anc. forme sauz, issue du lat. salix, -icem « saule », att. dep. la 1re moit. du xiie s. ds Psautier Oxford, 136, 2 ds T.-L. et qui s'est maintenue dans les pat. ; cf. aussi saussaie. FEW t. 17, pp. 10-11 ; ibid. t. 11, pp. 100-103.


Lire aussi la définition du nom pour amorcer la réflexion symbolique.




Botanique :




Vous pouvez lire la fiche suivante qui explicite le lien privilégié qui existe entre le saule marsault (salix caprea) et les abeilles.

*




Symbolisme :


Eliot Cowan, auteur de Soigner avec l'Esprit des Plantes, Une voie de guérison spirituelle (Édition originale ; traduction française Éditions Guy Trédaniel, 2019) raconte plusieurs histoires de guérison dont il a fait l'expérience et explicite les vertus des plantes en fonction de l'Esprit qui les habite :


Partout dans le monde, le saule discolore est le messager du printemps, annonçant la renaissance de la nature. Le saule (salix ssp.) est un remède pour l'élément Bois. De fait, ces arbres donnent un formidable exemple des qualités d'un élément Bois équilibré. Tous ceux qui ont travaillé le saule savent qu'il ploie quand les autres arbres casent. D'autre part, l'intensité de la force de croissance du saule est inégalée. Une baguette sèche plantée dans un sol humide produira à tout coup des racines et des feuilles.

Pour ceux dont l'élément Bois est devenu rigide et qui sont frustrés, crispés, ou maladroits, le saule leur apportera grâce et flexibilité. pour les bons à rien, les désespérés, les recroquevillés, dont le Bois est devenu faible, l'esprit du saule leur apportera un sursaut d'énergie, une vision de l'avenir, et une nouvelle croissance personnelle.

*

*




Symbolisme celte :


Dans Vivre la Tradition celtique au fil des saisons (édition originale 2001, trad. 2014), Mara Freeman écrit :


Le noble saule...

un arbre sacré pour les poèmes

Irlandais médiéval


Le saule est un arbre du début du printemps, à l'époque où la pluie gonfle les rivières. En Écosse, il était l'un des neuf bois sacrés utilisés pour allumer les feux de Beltaine. Arbre aquatique, féminin, le "saule des rivières" est gouverné par la lune et est ainsi naturellement associé avec les cérémonies féminines d'Imbolc.

Pour Philippe Walter, auteur de Ma Mère l'Oie, Mythologie et folklore dans les contes de fées (Éditions Imago,2017),


"Sur le pilier des Nautes, les trois grues indiquent le lieu sacré où réside la grande déesse, à la fois triple et unique. Il s'agit évidemment de l'autre monde, l'île fortunée où croit l'Arbre de Vie, qui paraît être ici un saule."

*

*




Ogham :


Rendez-vous sur la fiche correspondante, celle de l'Ogham Saille.

*




Littérature :

Ce saule-là

à Louise Héger


Ce saule-là, je l’aime comme un homme

Est-il tordu, troué, souffrant et vieux ! Sont-ils crevés et bossués les yeux Que font les nœuds dans son écorce ! Est-il frappé dans sa vigueur et dans sa force ! Est-il misère, est-il ruine, Avec tous les couteaux du vent dans sa poitrine, Et, néanmoins, planté au bord De son fossé d’eau verte et de fleurs d’or ; A travers l’ombre et à travers la mort, Au fond du soir, mord-il la vie, encor !

Un soir de foudre et de fracas, Son tronc craqua Soudainement, de haut en bas.

Depuis, l’un de ses flancs Est sec, stérile et blanc ; Mais l’autre est demeuré gonflé de sève. Des fleurs, parmi ses crevasses, se lèvent, Les lichens nains le festonnent d’argent ; L’arbre est tenace et dur : son feuillage bougeant Luit au toucher furtif des brises tatillonnes. L’automne et ses mousses le vermillonnent ; Son front velu, comme un front de taureau, Bute, contre les chocs de la tempête ; Et dans les trous profonds de son vieux corps d’athlète, Se cache un nid de passereaux.

Matin et soir, même la nuit,

À toute heure je suis allé vers lui ;

Il domine les champs qui l’environnent,


Les sablons gris et les pâles marais ;

Mon rêve, avec un tas de rameaux frais

Et jaillissants, l’exalte et le couronne

;Je l’ai vu maigre et nu, pendant l’hiver,

Poteau de froid, planté sur des routes de neige ;

Je l’ai vu clair et vif, au seuil du printemps vert,

Quand la jeunesse immortelle l’assiège,

Quand des bouquets d’oiseaux fusent vers le soleil ;

Je l’ai vu lourd et harassé, dans la lumière,

Les jours d’été, à l’heure où les grands blés vermeils,

Autour des jardins secs et des closes chaumières,

S’enflent, de loin en loin, comme des torses d’or ;

J’ai admiré sa vie en lutte avec sa mort,

Et je l’entends, ce soir de pluie et de ténèbres,

Crisper ses pieds au sol et bander ses vertèbres

Et défier l’orage — et résister encor.


Si vous voulez savoir où son sort se décide,

C’est tout au loin, là-bas, entre Furne et Coxyde,

Dans un petit chemin de sable clair,

Près des dunes, d’où l’on peut voir dans l’air,

Les batailles perpétuées

Des vents et des nuées

Bondir de l’horion et saccager la mer.


Emile Verhaeren, "Ce saule-là" in La Guirlande des dunes, 1907.

*

*

Le saule

Tremble, Tombe légère… Un souffle t’aime, Saule,

Qui fait sur toi frémir le songe d’une épaule… Brise ?… ou mon seul soupir si simple et si soudain

Que j’exhale d’amour pour ce flottant jardin. Sur ses fleurs, mon regard trompe le mal d’attendre

Le pas, la voix, la main, et puis, tout l’être tendre, Cette Toi tout à moi que je sens devenir, A qui l’heure qui meurt peut tout à coup m’unir Et qui vient !… Je le sens… Ma bouche enfin t’accueille ! L’approche met dans l’âme un tremblement de [feuille Et mes yeux, quoique pleins de feuillage et de jour, Te voient derrière moi, toute rose d’amour… Tremble, Tombe légère ! Un souffle t’aime, Saule… Mais je n’ai plus besoin de songer d’une épaule, Et ce souffle n’est plus le souffle d’un seul cœur… Le temps vaincu succombe, et le baiser vainqueur

De l’absence sans nom dont un nom me délivre, Boit dans l’ombre à longs traits le feu qui nous fait [vivre !

Paul Valéry, "Le Saule" in Corona et Coronilla, 1938-1945.

Extrait :


« Le saule est mort. Il avait deviné, lui. Il n’a pas voulu voir ce qui se verra dans la fenêtre… Pauvre saule, pauvre frisson de tendresse et de poésie que nous partagions avec toi, le soir tombait » 


Paul Valéry in "L'Adieu aux vers"


*


Vous pouvez également consulter les fiches du Saule blanc et du Saule pleureur.


131 vues