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  • Anne

Le Fayard (suite)


Vous pouvez lire le début de cet article, posté le 12 janvier 2016.




Symbolisme :


Sylvie Verbois, auteure de Les arbres guérisseurs : Leurs symboles, leurs propriétés et leurs bienfaits (Éditions Eyrolles, 2018) transcrit le message que lui inspirent les arbres :

Mot-clé : Relativiser.

Élément : Air ; Espace.

Émotion : Tristesse ; Joie.


Je viens ouvrir la porte des rêves que vous avez enfouis, effacer la rigidité de votre esprit, remédier aux effets des chocs qui sont venus briser votre élan vital. Effacez ce regard sombre et cynique porté sur l'homme et l'existence. Je vous apporte mon dynamisme pour surmonter vos peines et vos déplaisirs. Libérez vos sentiments, retirez ces murs dressés entre vous et la vie, oubliez les traces de vos blessures, laissez-moi réchauffer votre cœur et y déposer la joie. Réapprenez à entrer dans le cercle joyeux de la vie. Venez vous endormir à l'ombre de mon feuillage, et je vous conterai l'histoire d'un autre monde, plus secret - savez-vous que c'est sous mes racines que se trouve la mandragore ? -, celui des temps anciens où les fées venaient danser à mes pieds. J'en garde encore le souvenir, regardez cet espace dégarni et rond autour de mon tronc, c'est la trace de leurs pas ailés.

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Symbolisme celte :


Selon Myriam Philibert dans L'Alphabet des Arbres, 2006,


le bouleau qui représente le début de l'alphabet oghamique pourrait être concurrencé par le hêtre. En effet, "d'autres arbres ou d'autres plantes, oubliés malgré le B qui leur donne vie, clament leur désaccord. Ils revendiquent, eux aussi, mais sans succès, la baguette ou le bâton de commandement de la lettre B. Bagos, le hêtre, grand et courageux, se sent bien oublié, vieilli par les ans, repoussé et meurtri, telle une feuille ou une lettre vaine, dont on a définitivement perdu la signification et l'usage. Ne se nomme-t-il pas "le Feuillu", comme s'il était le seul arbre à feuilles ? Pourtant, dans la strate pré-celtique de la langue, l'arbre de la lettre B n'est pas le bouleau, mais le hêtre, ou Bagos. Ce nom, ensuite, est tombé en désuétude et les Celtes et leurs descendants lui ont préféré, un jour, un phonème issu du latin : Fagus. S'agit-il d'un même mot dont seule la lettre initiale aurait changé ? Toujours est-il que le hêtre (fayard ou fou) est absent de l'alphabet des arbres, écarté, méconnu, relégué dans les abysses d'un passé sans âge. Il se montre pourtant, mais dans une autre veine légendaire comme l'alter ego de l'aubépine et il prétend ainsi à la domination de la lettre H. L'arbre au tronc gris, lisse et au feuillage magnifique développe son ombrage royal. Il a servi, pendant des siècles, à confectionner le balai des sorcières ! D'aucuns prétendent que l'assimilation de Bagos au hêtre n'est pas assurée. Il s'agit peut-être d'une espèce méditerranéenne (le chêne à gland comestible ?). La toponymie, cependant, en a préservé la substance.

Cette mort - le mot n'étant plus attesté dans les langues celtiques actuelles et il signe la fin de l'hiver - est-elle la naissance du bouleau ? La raison mollit pour le bouleau, plutôt que pour le hêtre ou pour le chêne et l'on préférera celui-ci. Pourtant, le hêtre généreux sait offrir à l'homme ses feuilles et ses fruits. Les premières se consomment en salade, et les faines crues ou grillées. Ainsi règne-t-il sur les espèces comestibles." (p. 30-3)

Mais le hêtre était déjà apparu bien plus tôt dans son essai : ainsi p. 55, Myriam Philibert se demande-t-elle si "l'aulne est le seul combattant de la lettre F" et remarque que "le hêtre, à l'initiale incertaine, erre de lettre en lettre. Corrompu par Rome la dépravée, il devient Frau et s'encanaille dans un combat qui n'est plus bardique mais une débauche de soudards, oublieux de la rime. Plus elfe encore que l'aulne, il papillonne, délaissant sa mission prophétique.

Et Merlin le renie."

Le portrait continue p. 66 : "Pour on ne sait trop quelle raison, aubépine, hêtre et mai s'associent, oublieux de la lunaison et malgré la lune rousse, qui sévit en cette saison, aussi totalement maléfique que bénéfique selon son humeur - elle roussit en gelant ou en brûlant. [...]

Fort opportunément, le hêtre s'entoure d'une cohorte de fantômes et d'âmes égarées. Cet arbre et ses faines comestibles - jadis protégé pour cette raison - entretiennent l'image de quelque alchimie végétale, où l'Oeuvre au blanc donne l'espoir de l'Oeuvre au rouge. N'y a t-il pas une variété aux feuilles pourpres qui fait rutiler la forêt ? Cependant, il ne faut pas en abuser car, avec traîtrise, elles amènent à l'ivresse. Mais l'essence se nomme Bagos ou Fagus et le chercheur ne sait plus vers quelle direction se diriger, négligeant du dicton qui proclame mai comme "le mois des fous (fayards)". [...]

Il faut alors se souvenir que toutes les voyelles sans exception peuvent se dissimuler derrière le voile pudique de la lettre H. Cela ouvre bien des opportunités. rendons cependant au hêtre, familier de la langue des brindilles , et à l'aubépine charmante, la royauté de mai et de H.." (p. 70)

Elle établit une relation intéressante entre le hêtre et Taliesin qui "naît de lui-même au cours de la lunaison du Saule ou plutôt de l'Aubépin. Il tisse des liens magiques avec le hêtre, qui lui confère le don de poésie. C'est grâce à ce providentiel talent qu'il réussit à libérer son maître, lez roi Elffin, mis aux fers pour sa vantardise" (p. 83)

p. 90 : "Voici le texte des Neuf énigmes des bardes et les gloses (sauvages) que nous proposons pour l'éclairer : Quel est le premier homme qui fit l'Alpha ? L'arbre du monde, Bagos, le hêtre."

p. 140 : "Pourquoi ne pas dire A comme Arbre et tous les arbres, tells des feuilles ou des lettres, se pressent ici ? Tout arbre renvoie à une lunaison de l'année ou à une lettre de l'alphabet. Mais, au prix d'un involontaire mauvais jeu de mot (en français), le terme "lettre" ou feuille correspond au hêtre (Bagos), et une nouvelle variété se lance à l'assaut."

Dans le même ouvrage, l'auteur s'essaie à une analyse du Combat des Arbres ou Câd Goddeu dans lequel le hêtre apparaît deux fois :

En 18 ième position apparaît le hêtre dont il est dit : "Prospère soit le hêtre. Surgit fort à propos un géant de la forêt, qui dépasse de sa haute stature les espèces qui l'entourent. Son tronc est gris et lisse et il tend à devenir l'espèce dominante, quand il concurrence le chêne ou le pin. Ici, l'empreinte latine est forte et le nom de l'arbre que l'on retient aujourd'hui s'inspire de l'étymologie. Le latin Fagus donne fayard ou fou, en langue dialectale. Mais la folie n'est pas dans sa nature. Quant à lui donner le titre de "bûche" en se référant à la langue originelle, cela revient à lui manquer de respect. (p. 212).

Les frondaisons du hêtre se garnissent de nouvelles feuilles ;

Flétries elles reprennent forme, toutes rajeunies.

A nouveau, le hêtre fait parler de lui, tout comme le chêne. Doit-on déceler ici quelque allusion au chaudron d'éternité, dans lequel Bran plongeait les guerriers morts, pour les ressusciter, au moins le temps d'un combat ? Ses faines entretiennent la vie. en Irlande, jadis, il était un arbre sacré." (p. 215)

Enfin, elle associe le hêtre dans sa reconstitution du calendrier grec des arbres à la lettre O (Oxua) et la place entre le N et le P, 8ème et 9ème lettres de ce calendrier.

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Le Zodiaque des arbres :

Dans Les énergies bénéfiques des arbres, Erwann Theobald s'intéresse à un calendrier prétendu celtique très controversé. Nous avons décidé d'en faire part afin que chacun puisse se faire son opinion :

"Cupulifère Fagus appartenant à la famille des cupuliféracées, le hêtre peut atteindre parfois une hauteur de 50 mètres et vivre 200 ans.

Si votre date de naissance se situe du 11 mars au 20 mars, du 15 juillet au 25 juillet ou du 22 novembre au 1er décembre, le hêtre est votre arbre tutélaire dans l'astrologie druidique. Vous êtes quelqu'un de persévérant, tendu vers l'avant, ce qui ne vous empêche pas de regarder le passé et d'en tirer profit par une critique impitoyable. Contempler le hêtre peut vous amener à plus de compassion pour les Anciens qui malgré leurs erreurs ont fait de notre société ce qu'elle est. Sachez modérer votre impatience et l'élan vital qui vous anime dans toutes vos entreprises. Vous êtes un constructeur, devenez aussi un sage, et pour ce faire, suivez le conseil du hêtre tutélaire. Car le hêtre symbolise la patience et la douceur, une forte vitalité empreinte cependant de raffinement, de joie et de féminité. Les Celtes en firent un des symboles de l'attente paisible et de la patience. Pour les druides d'Irlande, il représentait aussi la connaissance écrite, ou symbolisée par des signes. Le mot anglais book émane d'un mot gothique signifiant lettre, se rattachant au mot beech, hêtre, dont on se servait pour faire les tablettes à écriture. Hêtre était ainsi un synonyme de littérature.

Voilà de bonnes raisons de séjourner sous les magnifiques branches de cet arbre qui saura apporter à son visiteur le calme nécessaire pour aborder le tourbillon de la vie, et la force de résister aux trop nombreuses sollicitations de d'une vie agitée et stérile. Il apportera la sérénité et la patience, deux vertus essentielles pour une bonne conduite de son existence.

Dans le langage floral, les fleurs du hêtre désignent la prospérité et le succès en société.

En médecine des plantes, le hêtre est connu pour ses vertus contre les affections pulmonaires, les fièvres, les rhumatismes, le paludisme et les parasites intestinaux, et pour soutenir les traitements contre les dermatoses et la tuberculose."

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De la même manière, Didier Colin dans Le Zodiaque des arbres, et malgré une introduction plutôt réussie du point de vue historique, n'explique absolument pas comment il reconstitue ce zodiaque celtique, qui ne recouvre par ailleurs pas le précédent et est de fait sujet à caution. Néanmoins, afin que chacun ait les informations contradictoires à sa disposition, nous reproduisons ici cette construction intellectuelle :


"Si vous fêtez votre anniversaire le 2 décembre, vous êtes native ou natif du Hêtre.


Fiche d'identité du hêtre :

Son nom dérive de l'ancien francique haistr, qui a donné haisi, le buisson, puis haise, la clôture de branches, et enfin la haie. Mais simultanément, le hêtre était également nomme fou, du latin fagus, qui a donné faine, le nom de son fruit, et aussi le fouet. Il s'agit d'un bel arbre aux branches et aux feuillages majestueux, à l'ombre duquel il fait bon se reposer. Il abonde dans toutes les forêts d'Europe. Pouvant atteindre une hauteur de trente-cinq mètres, il vit jusqu'à quatre ou cinq siècles. Son bois solide a toujours beaucoup été utilisé en menuiserie pour fabriquer des meubles. Par ailleurs, au Moyen Âge, on ramassait ses feuilles que l'on entassait dans une toile pour confectionner des matelas.


Portrait du hêtre au féminin :

L'une de vos caractéristiques tout à fait singulières se révèle en cela que vous n'êtes pas exactement la même personne durant votre jeunesse et à l'âge adulte. Parfois même, il vous arrive d'avoir deux vies bien distinctes, un changement radical pouvant se produire à un moment de votre existence, presque sans transition, vous poussant à vous transformer du tout au tout, voire à devenir quelqu'un d'autre. Pleine de charme, de finesse, de saveur, avec un petit quelque chose de précieux qui vous fait passer pour une personne vulnérable et dépendante, toujours à la recherche d'une protection, d'une épaule sur laquelle vous appuyer, vous jouez le rôle d'une jeune fille ou d'une femme au caractère très malléable. Pourtant, au fond de vous, et ce, dès votre plus jeune âge, vous vous sentez forte et solide, un peu comme si une dame pourvue d'une grande expérience, lucide, sérieuse, grave même, sommeillait en vous, surveillant vos moindres faits et gestes. Avec le temps, cette dame transparaît de plus en plus à travers vous. Elle prend votre visage. Ainsi, tôt ou tard, vous vous donnez les moyens de démontrer que vous avez de profondes racines. Vous mûrissez bien, en préservant toutefois jusqu'à un âge avancé une espèce de beauté un peu juvénile, assez déconcertante, mais qui vous confère beaucoup de charme et que vous exploitez, bien sûr, pour obtenir d'autrui ce que vous voulez. Il apparaît alors très difficile de vous résister, de vous refuser quelque chose, de rester insensible à ce subtil mélange de tendresse et de fermeté dont vous savez faire preuve.


Portrait du hêtre au masculin :

Pétillant d'intelligence, pourvu d'une grande finesse d'esprit, malicieux, ingénieux, très habile à satisfaire vos désirs ou à réaliser vos souhaits les plus chers, aussi ambitieux et inaccessibles puissent-ils paraître, au fil des années de votre vie, vous vous révélez de plus en plus sérieux, réfléchi, raisonnable, très méthodique, un peu trop systématique peut-être, mais intègre et bien organisé. Vous appréciez les contrastes et n'hésitez pas à jouer, à vivre même parfois, sur plusieurs registres à la fois. Sans en avoir l'air parce que vus ne manquez ni de subtilité ni d'un sens aigu des nuances, que vous vous montrez toujours d'une rare élégance, prévenant, poli, obséquieux, vous pouvez finalement vous révéler arriviste jusqu'au bout des ongles, d'une ambition tenace et implacable, prêt à tout pour parvenir à vos fins ou conquérir votre place au soleil. Patient, persévérant, vous donnez l'impression d'avoir besoin des autres, de leur aide ou participation, quand vous ne comptez que sur vous-même et ne faites confiance à personne. Si, durant votre folle jeunesse, vous faites preuve d'une assez grande insouciance et, apparemment du moins, de légèreté, à l'âge mûr, vous adoptez le visage et le comportement d'un homme posé, solide, les deux pieds sur terre. Il ne s'agit pas là d'un produit de l'expérience, ni d'un signe de grande sagesse. Les années passant, vous montrez enfin votre vrai visage et votre vraie personnalité, voilà tout.


Le Hêtre et l'art d'aimer :

Votre cœur a plus d'un tour dans son sac. Votre corps a plus d'un attrait et vaut souvent le détour. Tout cela, vous le savez, n'est-ce pas ? Mais vous n'aimez pas qu'on vous serre de trop près, trop longtemps, qu'on vous presse et vous contraigne. Vous n'aimez pas non plus être choisi. C'est vous, native ou natif du Hêtre, qui élisez la personne qui, selon vous, héritera du privilège d'être aimé de vous, jamais l'inverse. Si l'on jette son dévolu sur vous, même si vous ne restez pas indifférent à ces avances, par jeu ou par esprit de contradiction pur, vous ferez tout pour décourager votre soupirant. Pourtant, au fond, sans le dire, vous souhaitez qu'il ne se décourage pas. A lui de le deviner et de se montrer à la hauteur de la tâche ardue de vous séduire, ce qui demande infiniment de patience, d'imagination, de savoir faire... Bien sûr, vous pouvez aussi choisir votre partenaire en lui donnant l'impression ou en le laissant croire qu'il vous choisit, car lorsque vous convoitez quelque chose ou que vous souhaitez atteindre un but bien précis, vous pouvez vous montrer infiniment astucieux et rusé. Pourtant, en amour, vous faites preuve d'une parfaite loyauté, même si votre cœur a parfois l'esprit large, surtout en ce qui vous concerne. Il vous arrive ainsi d'étaler vos branches ou vos racines à l'infini, tant l'amour vous semble multiple dans ses formes.


Le Hêtre et le signe du Capricorne :

Vous ne faites sûrement pas partie de ces personnes qu'il faut toujours prendre par la main, encourager, conforter, guider ou rassurer. Vous savez très bien ce que vous devez faire et, d'emblée, vous ne comptez sur personne, ne vous fiant qu'à votre expérience. Ambitieux, énergique, sérieux, intègre, vous possédez un sens inné des responsabilités et des affaires. La confiance que vous nourrissez à l'égard de vous-même repose sur une claire conscience de votre savoir-faire, de vos compétences, de vos qualités d'organisateur et de précurseur, car vous pouvez aussi prendre l'initiative avant tout le monde. Non que vous déteniez des qualités de novateur ou de pionnier, mais votre persévérance vous permet souvent d'aboutir, sinon le premier, du moins mieux que d'autres avant vous. L'ennuyeux, c'est que l'on ressent parfois chez vous une espèce d'assurance ou d'autosuffisance qui peut laisser croire que vous n'avez besoin de rien ni de personne. Evidemment, il ne s'agit que d'une apparence. En réalité, il vous arrive fréquemment de vous sentir déchiré entre, d'une part, votre aspiration au bonheur et au laisser-aller et, d'autre part, votre forte volonté de vous dominer, contenir, rester maître de vous-même en toutes circonstances."

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Oracle :

Dans La Magie des arbres, Gillian Kemp propose de classer le hêtre dans les "Arbres du ciel". Voici ce que nous pouvons lire :


"Cet arbre, dont les bourgeons émergent en plein hiver, annonce une période de grande activité ou de création. Tout comme les feuilles jaune d'or ne tombent que lorsque apparaissent de nouvelles pousses, vous ne prenez pas de risques et assurez vos arrières avant de partir à l'aventure. De même que les feuilles du hêtre se tournent vers la lumière pour profiter du soleil, vous choisissez avec soin l'endroit où vous allez vivre et la place que vous occuperez. Savez-vous qu'autrefois on appelait le hêtre "l'arbre aux fées", parce qu'il présente à son pied un espace dégarni où, disait-on, dansaient les fées ? Voyez-y un gage de vitalité."



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L'Oracle des Arbres de Jane Struthers :
















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Mythes et légendes :


D'après Angelo de Gubernatis, auteur de La Mythologie des plantes ou les légendes du règne végétal, tome 2 (C. Reinwald Libraire-Éditeur, Paris, 1882),


HÊTRE (Quercus fagus ; cf. Chêne). — D’après une tradition toujours vivante aux Pyrénées, un homme, au moment même où le bon Dieu passait près de lui, murmurait et blasphémait ; Dieu le changea immédiatement en ours. D’après une autre tradition (cf. Rolland, Faune populaire de la France), un homme, en battant le fer chaud sur l’enclume, en fit jaillir les étincelles jusqu’aux yeux du bon Dieu lui-même, qui ne manqua point de le maudire, le condamnant à devenir ours, avec la condition qu’il pourrait monter à son gré sur tous les arbres, à l’exception du hêtre. Devenu ours, l’homme songea alors à déraciner cet arbre :