Blog

  • Anne

Le Lapin



Étymologie :

  • LAPIN, -INE, subst.

Étymol. et Hist. A. 1. Ca 1450 « petit mammifère rongeur très prolifique » (Myst. Vieil Testament, éd. J. de Rothschild, 12202) ; spéc. loc. a) 1611 mémoire de lapin (Cotgr.) ; b) 1809 courir comme un lapin (P. Leclair, Médit. hussard, p. 125) ; c) 1850 le coup du lapin « coup derrière la nuque » (Dumas père, Chasse au chastre, II, 4, p. 216) ; 2. 1649 lapine (Scarron, Virgile travesti, III, 128b ds Richardson : Nos femelles vagabondes Autant que lapines fécondes). B. P. métaph. 1. 1718 brave comme un lapin (d'un homme bien habillé) (Le Roux, p. 292) ; 2. 1790 « homme gaillard » (Restif de La Bretonne, Le Palais-Royal d'apr. R. Dagneaud, Les él. pop. ds le lexique de la Comédie humaine d'H. de Balzac, p. 95) ; spéc. arg. milit. 1809 (P. Leclair, op. cit., VIII : Moi dans un hôpital ! [...] Ils sont bons là, les lapins [les camarades hussards] Je ne suis pas malade) ; 3. a) 1858 (L. Larchey, Les excentricités du lang. fr. ds Revue anecdotique, t. 7, p. 566 : Dans l'argot du collège, on appelle aussi lapins des libertins en herbe) ; b) 1928 chaud lapin (M. Stéphane, Ceux du trimard, p. 204). C. 1. 1783 « voyageur pris en surnombre dans les voitures publiques » (d'apr. Esn.) ; 1876 « voyageur non sonné au compteur et dont le conducteur empoche les six sous » (ibid.) ; d'où prob. 2. 1878-79 faire cadeau d'un lapin (à une fille) « ne pas payer ses faveurs » (Gill, La Petite lune, n°13, p. 3) ; 1881 poser un lapin « id. » (Rigaud, Dict. arg. mod., p. 308) ; 1888 id. (A. Daudet, Immortel, p. 46 : lui [d'Athis] n'attend que le décret de l'Officiel pour filer à l'anglaise et, après quinze ans d'un bonheur sans mélange, poser à la duchesse un de ces lapins !). Issu de lapereau* par changement de suff. ; a remplacé connin*, qui se prêtait, dès le xiie s, à des jeux de mots obscènes (Bl.-W.1-5). La création de l'expr. chaud lapin (B 3 b) a été favorisée par chaud de la pince, attesté dans le même sens dep. 1866, Delvau : v. G. Roques ds Mél. Baldinger, p. 588.


Lire aussi les définitions des noms lapin et lièvre afin d'amorcer la réflexion symbolique.

*

*




Expressions populaires :


Claude Duneton, dans son best-seller La Puce à l'oreille (Éditions Balland, 2001) nous éclaire sur le sens d'expressions populaires bien connues :


Poser un lapin, c'est ne pas venir à un rendez-vous et laisser attendre l'autre au lieu fixé. Le cheminement du « lapin » tout au long du XIXe siècle vaut sans doute le détour… Peut-être plus qu'aux qualités de l'animal lui-même, le succès des locutions est dû à l'alacrité du mot lapin qui sonne joliment à l'oreille. Il y a quelque chose de coquet dans le lapin ; au XVIIIe son disait d'un homme qui avait mis un nouvel habit, qu'il était paré comme un lapin.

Peu avant la Révolution, les cochers des voitures publiques en service entre Paris et Versailles - surnommées « pots de chambre » - appelaient lapin un voyageur pris en surnombre (1783, dans Esnault). Pourquoi ce sobriquet ? Impossible de le dire - peut-être certains paysans empruntant es voitures transportaient-ils quelques lapins dans un panier, d'où une plaisanterie facile sur la notion du surnuméraire ? Est-ce que les gens montaient et descendaient en marche avec agilité ? Ils sautaient comme des lapins ?... Peut-être les premiers étaient-ils des habitants de la Garenne-Colombes, que l'on appelait des « lapins » à cause de la « Garenne » ? D'une autre garenne sur le chemin ?... Comment savoir, dans le lointain des temps, ce qui faisait rire les conducteurs de pot de chambre !

Ce qui est plus que probable en revanche, c'est qu'il y ait un lien direct entre ce lapin en surnombre, et le passager des pataches et des diligences qui montait sur le siège de devant, à côté du cocher ; une manière de voyager que l'on appelait dès l'époque de la Restauration en lapin (1819 dans Esnault). Le cocher lui tendait parfois la lanière de cuir de son fouet pour l'aider à grimper près de lui. Que ce voyageur payât moins cher, ou pas du tout - ou seulement un coup à boire au conducteur à l'étape - l'idée de resquille était présente chez le passager en lapin. La locution fut en usage jusqu'à la fin du XIXe ; Jules Vallès l'utilise en 1882, au sujet de ces « frais débarqués » à Paris, dont l'affolement les incite à retourner d'où ils viennent : « Ils sauteraient sur le marchepied, et iraient se poser là-haut, en lapin, quittes à se fourrer sous la bâche quand on reverrait le pays lâché l'avant-veille. » (Le Tableau de Paris, 1882).

Cette idée que le lapin était un voyageur « en plus », non régulier, passa aux omnibus où il était en 1876, « un voyageur non sonné au compteur et dont le conducteur empoche les six sous » ce qui se disait étouffer un lapin (Esnault). Un cocher de voiture de maître qui transportait un « client » en douce pendant un moment de liberté disait faire un lapin. Le sens de la resquille passa naturellement aux chemins de fer où un lapin était une personne voyageant sans billet (1885).

Et c'est ici que les Athéniens s'atteignirent, car le lapin « resquilleur » passa aussi chez les filles publiques pour désigner, que le second Empire, un client qui filait sans payer après avoir été servi… (D'où l'habitude qu'elles eurent ensuite de faire payer avant le voyage à Cythère !). L'expression coller un lapin ou poser un lapin signifiait dans le monde des bordels en 1880 « ne pas rétribuer les faveurs d'une fille » (Esnault). L'idée de « manquement » fit adopter l'expression poser un lapin - d'abord par les étudiants semble-t-il, grands utilisateurs d'amour vénal et peut-être grands resquilleurs - pour « ne pas venir à un rendez-vous » (1890 la première attestation). Il dut y avoir une attraction formelle avec la locution en usage laisser poser quelqu'un, lui faire faux bond. Tiens ! encore un saut de lapin !

En 1897 un personnage du Voleur de G. Darien, qui n'a pu se rendre à un rendez-vous, dit « Je t'ai laissé poser hier soir ; excuse-moi car je n'ai pas pu faire autrement... »

La même année Julien Rictus écrivait de son côté :


Pis… mal fringué… fauché… sans treffe,

J'os'rai seul'ment pas y causer

Donc un béguin, c'est comm' des nèfes,

Quant au lapin... c'est tout posé !

*

*




Zoologie :


Selon Matt Pagett, auteur de Le petit livre de merde (titre original What shat that ?, Quick Publishing, 2007 ; édition française Chiflet & Cie, 2008) : "Ils sont petits mais très nombreux et font donc le bonheur des chercheurs de crottes., qui ne rentrent jamais bredouilles. Puisque lapins, lièvres et cerfs ont le même régime, il est normal que leurs excréments se ressemblent. C'est en fonction de leur forme et de leur grosseur que nous savons à qui les attribuer.

Description : Les crottes de lapin se présentent sous forme de grappes rondes, de 5 à 12 millimètres de diamètre, qui contiennent des fibres non digérées. De couleur sombre, luisantes, elles deviennent plus claires en séchant. Elles dégagent une légère odeur d'ammoniac.


Deuxième service : Comme la plupart des lagomorphes et certains rongeurs comme le cochon d'Inde, les lapins produisent deux sortes de matière fécale : les crottes décrites ci-dessus et les caecotrophes, plus petits, plus mous, plus sombres, plus humides et agglutinés par une sécrétion verdâtre.

Riches en bactéries, ils puent horriblement. En fait on les trouve très rarement dans la nature car les lapins les mangent dès qu'ils sortent de l'anus de leur voisin. Ces caecotrophes sont indispensables à la bonne santé du lapin puisque très riches en nutriments et en vitamines. Ils contiennent deux fois moins de fibres que les crottes dures.

Les caecotrophes sont le produit d'une fermentation intestine bactérienne. La nourriture passe dans l’œsophage, l'estomac, le caecum puis le colon, avant d'être à nouveau consommée par l'animal. Ce procédé de fermentation intestine n'est pas sans rappeler celui des ruminants qui régurgitent le bol alimentaire pour le remâcher.


Comme des lapins : C'est en 1859 que Thomas Austin introduisit douze couples de lapins dans l'état de Victoria, en Australie. On connaît la suite : ils seraient maintenant plus de six millions. Merci Mr Austin !"

*

*




Symbolisme :


Dans le Dictionnaire des symboles (1ère édition, 1969 ; édition revue et corrigée Robert Laffont, 1982) de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant,

"Il faut penser à l'extrême importance du bestiaire lunaire dans cette tapisserie sous-jacente de la rêverie profonde de la rêverie profonde, où se sont inscrits les archétypes du monde symbolique, pour comprendre la signification des innombrables lièvres et lapins, mystérieux, familiers et souvent inconvenants compagnons des clairs de lune de l'imaginaire. Ils hantent toutes nos mythologies, nos croyances, nos folklores. Jusque dans leurs contradictions tous se ressemblent, comme se ressemblent les images de la lune. Avec elle, lièvres et lapins sont liés à la vieille divinité Terre-Mère, au symbolisme des eaux fécondantes et régénératrices, de la végétation, du renouvellement perpétuel de la vie sous toutes ses formes. Ce monde est celui du grand mystère où la vie se refait à travers la mort.

L'esprit, qui n'est que diurne, s'y heurte, saisi à la fois d'envie et de crainte devant des créatures, qui prennent nécessairement pour lui des significations ambiguës.

Lièvres et lapins sont lunaires, parce qu'ils dorment le jour et gambadent la nuit, parce qu'ils savent, à l'instar de la lune, apparaître et disparaître avec le silence et l'efficacité des ombres, enfin parce qu'ils sont à tel point prolifiques que c'est leur nom que M. Larousse a choisi pour illustrer le sens de ce mot.

La lune en arrive à devenir parfois elle-même un lièvre. Ou du moins le lièvre est-il souvent considéré comme une cratophanie de la lune. Pour les Aztèques, les taches de l'astre provenaient d'un lapin qu'un dieu avait jeté à sa face, image dont la signification sexuelle est aisément perceptible. En Europe, en Asie, en Afrique, ces taches sont des lièvres ou lapins, ou bien un Grand Lapin, ainsi qu'il appert encore aujourd'hui dans la comptine :


J'ai vu dans la lune

trois petits lapins

qui mangeaient des prunes

en buvant du vin

tout plein.

Quand il n'est pas la lune elle-même, le lapin ou le lièvre est son complice ou son proche parent. Il ne peut être son époux, car il faudrait pour cela qu'ils possèdent une nature contraire ; mais il est son frère ou son amant, cas dans lequel leurs rapports ont quelque chose d'incestueux, c'est-à-dire de sacré gauche. Les années lapin du calendrier aztèque sont gouvernées par Vénus, frère aîné du soleil, qui comment l'adultère avec sa belle-sœur Lune. Pour les Maya-Quiché, ainsi qu'en témoigne le Popol-Vuh, la déesse Lune se trouvant en danger fut secourue et sauvée par un héros Lapin ; le Codex Borgia illustre cette croyance en rapprochant dans un même hiéroglyphe l'effigie d'un lapin de celle d'une jarre d'eau, qui représente l'astre proprement dit. En sauvant la Lune, le Lapin sauve le principe du renouvellement cyclique de la vie, qui gouverne également sur terre la continuité des espèces végétales, animales et humaines.

Le Lapin - et plus souvent encore le Lièvre - devient ainsi un Héros Civilisateur, un Démiurge, ou un ancêtre mythique. Tel apparaît Menebuch, le Grand Lapin des Algonquins Ojibwa et des Sioux Winebago.

Possesseur du secret de la vie élémentaire, qui était déjà reconnu à cet animal dans la glyptique égyptienne (Enel, La langue sacrée, Paris, 1932), il met ses connaissances au service de l'humanité : Menebuch apparut sur terre sous les traits d'un lièvre et permit à ses oncles et tantes, c'est-à-dire à l'espèce humaine, de vivre comme ils le font aujourd'hui. c'est à lui que remontent les arts manuels. Il combattit les monstres aquatiques des profondeurs ; après un déluge, il recréa la terre et, à son départ, la laissa dans son état actuel. C'est parce qu'il participe de l'inconnaissable, de l'inaccessible, sans cesser pour autant d'être un voisin, un familier de l'homme sur cette terre, que le lapin ou lièvre mythique est un intercesseur, un intermédiaire entre ce monde et les réalités transcendantes de l'autre. Il n'existe pas d'autre lien que Menebuch entre les hommes et l'invisible Grand Manitou, divinité suprême ouranienne qui constitue, tout comme Yahvé, une représentations du Père archétypal. Menebuch est donc un Héros-Fils, ce qui le rapproche du Christ selon Gilbert Durand : Pour les nègres d'Afrique et d'Amérique comme pour certains Indiens, la lune est lièvre, animal héros et martyr, dont l'ambiance symbolique est à rapprocher de l’agneau chrétien, animal doux et inoffensif, emblème du Messie lunaire, du fils, par opposition au guerrier conquérant et solitaire. Les Algonquins, après leur évangélisation, ont effectivement reconduit Menebuch sous la forme de Jésus-Christ. Radin voit ici l'expression archétypale du deuxième stade de la conception du Héros, après le Trickster ou joueur de tours, proche parent du Bateleur des Tarots, dont les motivations sont purement instinctives ou enfantines. Menebuch, précise Radin, est un animal faible, qui lutte cependant et est prêt à sacrifier son caractère enfantin à une évolution future.

La mythologie égyptienne renforce cette induction quand elle donne les apparences du lièvre au grand initié Osiris, qui est dépecé et jeté dans les eaux du Nil pour assurer la régénération périodique. Aujourd'hui encore, les paysans chi'ites d'Anatolie expliquent l'interdit alimentaire dont est frappé le lièvre, en disant que cet animal est la réincarnation d'Ali ; or ils considèrent Ali comme le véritable intercesseur entre Allah et les Croyants, auxquels ce saint héros a sacrifié ses deux fils ; ce que souligne en termes précis le distique ésotérique des derviches Bektachi : Mohammed est la chambre, Ali est le seuil. On peut encore citer en Inde la Sheshajâtaka, où le Bodhisattva apparaît sous la forme d'un lièvre pour se jeter en sacrifice dans le feu.

Le lièvre, qui, comme la lune, meurt pour renaître, est devenu de ce fait dans le Taoïsme, le préparateur de la drogue d'immortalité. On le représente au travail à l'ombre d'un figuier, broyant des simples dans un mortier. Les forgerons chinois utilisaient son fiel pour la fonte des lames d'acier : il était censé communiquer force et éternité à l'acier, pour ces mêmes raisons qui faisaient qu'en Birmanie on le considérait comme l'ancêtre de la dynastie lunaire.

L'ambivalence symbolique du lièvre apparaît souvent en des images ou des croyances qui imbriquent si bien les deux aspects - faste et néfaste, gauche et droit - de son symbole, qu'il est difficile de les isoler. Ainsi, on dit en Chine que la hase conçoit en regardant la lune et, selon le texte d'Yan Tcho-Keng-lou : les jeunes filles se conduisent presque toujours comme des lapines qui regardent la lune ; d'où cette croyance chinoise que, si une femme enceinte reçoit les rayons lunaires, son enfant naîtra avec un bec de lièvre. Nous touchons ici à la signification sexuelle diffuse et multiple qui unit lune, lapins et lièvres. Au Cambodge, l'accouplement ou la multiplication des lièvres était censé faire tomber les pluies fertilisantes, qui proviennent également de la lune, étant yin. Pour les paysans aztèques ce n'est pas un dieu-lapin mais les quatre cents lapins, quatre cents exprimant l'idée même de surnombre, c'est-à-dire d'abondance inépuisable, qui protègent les moissons. Mais ces familières petites divinités agraires étaient aussi les maîtres de la paresse et de l'ivrognerie, toutes deux habitudes que combattait très sévèrement le rigide code civil mexicain. La même ambivalence symbolique se retrouve dans la signification augurale des années-lapin du calendrier : elles peuvent être indifféremment bonnes ou mauvaises car le lapin saute d'un côté et de l'autre.

Tout ce qui est liée aux idées d'abondance, d'exubérance, de multiplication des êtres et des biens porte aussi en soi des germes d'incontinence, de gaspillage, de luxure, de démesure. Aussi l'esprit, à un moment donné de l'histoire des civilisations, s'insurge-t-il contre les symboles de la vie élémentaire qu'il voudrait contrôler ou endiguer. Il craint en effet que ces forces, naturellement agissantes et positives dans l'enfance de l'homme et du monde, ne détruisent ensuite ce qui se fera grâce à elles. A ce que l'on pourrait nommer l'âge de raison [cette vision de l'humanité est évidemment obsolète] les peuples s'élèvent contre les religions animistes. Elles frappent alors le lièvre d'un tabou. Dans le Deutéronome et le Lévitique, il est stigmatisé et interdit comme l'impur.

Les Celtes d'Irlande et de Bretagne, sans aller si loin, l'élevaient pour leur plaisir, mais ne consommaient pas sa chair, mentionne César. [Attention, le tabou peut être au contraire signe de vénération de l'animal]. Des interdits semblables sont attestés chez les Baltes, dans toute l'Asie et jusqu'en Chine. Si l'on repense à Menebuch et à Trickster, on peut alors imaginer que le lièvre est symboliquement associé à la puberté, qui n'a plus les excuses de l'enfance, mais en produit les premiers fruits. Singes et renards, dans le bestiaire sélénique, sont les plus proches voisins des lièvres et lapins. Tous sont les compagnons d'Hécate qui nourrit la jeunesse, mais hante les carrefours, et finalement invente la sorcellerie.

*

*

Dans Les Cartes médecine, Découvrir son animal-totem (1999, traduction française 2010), de Jamie Sams et David Carson, on peut lire que :


"Il y a longtemps, bien longtemps – personne ne sait vraiment combien de temps – le Lapin était un guerrier courageux et sans peur. Il s’était lié d’amitié avec Œil qui marche, la sorcière. La sorcière et le Lapin passaient beaucoup de temps ensemble à jaser et à partager leurs expériences. Ils étaient des amis très proches.

avidement mais ne dit pas un seul mot. Puis, le Lapin dit : « J’ai faim ». Œil qui marche ramassa une pierre, souffla dessus et la changea en navet qu’elle donna à son ami. Le Lapin prit une bouchée, goûta, et mangea tout le navet avec appétit. Mais, une fois de plus, il ne dit pas un mot.

Les deux amis continuèrent leur petit bonhomme de chemin sur la piste qui menait à la montagne. Alors qu’ils étaient presque rendus au sommet, le Lapin trébucha, tomba et roula jusqu’en bas. Quand Œil qui marche le rejoignit, le Lapin avait bien piètre mine. Elle utilisa un de ses baumes magiques pour le délivrer de ses douleurs et rebouter ses os brisés. Le Lapin ne dit pas un mot.

Plusieurs jours passèrent et Œil qui marche se mit à chercher son ami. Elle chercha partout, mais il restait introuvable. À bout d’idées, Œil qui marche arrêta ses recherches. Puis, elle croisa le Lapin tout à fait par hasard. « Lapin, pourquoi te caches-tu ? Pourquoi m’évites-tu ? » demanda la sorcière.

« Parce que j’ai peur de toi. J’ai peur de la magie », répondit le Lapin tout tremblant. « Laisse-moi tranquille !

- Eh bien !, répliqua Œil qui marche, j’ai utilisé mes pouvoirs magiques pour te soulager et voilà que tu me tournes le dos et refuses mon amitié.

- Je ne veux plus rien savoir de toi ni de tes pouvoirs », rétorqua le Lapin sans même porter attention aux larmes que ses propos suscitaient chez Œil qui marche. « J’espère que je ne te retrouverai plus sur mon chemin et que je ne te reverrai jamais.

- Lapin, dit Œil qui marche, nous étions jusqu’à maintenant de bons amis et de vrais camarades, mais c’est tout à fait fini. Je pourrais bien te détruire sur-le-champ, mais en souvenir du passé et des bons moments que nous avons partagés, je n’en ferai rien. Pourtant, je te jetterai un sort, à toi et à ceux de ta race. Dorénavant, vous parlerez tant et si bien de vos peurs qu’elles se réaliseront toutes. Poursuis ton chemin car les douces médecines qui nous liaient d’amitié sont rompues. »

Et depuis ce temps, le Lapin attire les objets de ses peurs. Il se promène en criant : « Aigle, j’ai peur de toi. » Si l’Aigle ne l’entend pas, il crie plus fort : « Aigle, laisse-moi tranquille ! » L’Aigle, l’ayant enfin entendu, s’amène et n’en fait qu’une bouchée. Le Lapin appelle ainsi les lynx, les loups, les coyotes et même les serpents jusqu’à ce qu’ils viennent.

Comme l’illustre cette histoire, les adeptes de la médecine du Lapin ont si peur des tragédies, maladies, désastres de toutes sortes, ils redoutent tant de « se faire prendre » qu’ils attirent ce qu’ils craignent afin d’en tirer des leçons.

Le message est celui-ci : ce à quoi vous résistez persistera. Ce que vous craignez le plus, vous le vivrez.

Si vous avez choisi le Lapin, arrêtez de parler des choses terribles qui pourraient arriver et rayez les mots « s’il fallait » de votre vocabulaire .Cette carte indique que vous vous inquiétez de ce qui vient ou que vous tentez de contrôler ce qui n’a pas encore pris forme, l’avenir. Arrêtez-moi ça tout de suite ! Dressez une liste de vos peurs et permettez-vous de les ressentir. Respirez profondément et sentez-les s’échapper de votre corps dans la Terre-Mère, comme si vous les lui donniez.


A l’envers :

Traqué, le Lapin se fige sur place, voilà l’image du Lapin en sens contraire. Si vous avez tenté de résoudre une situation de votre vie et que vous vous en êtes senti incapable, vous vous êtes peut-être figé vous aussi. C’est peut-être un signe indiquant que vous devez attendre que les forces de l’Univers se mettent de nouveau à tourner. Ou bien encore, qu’il vaut mieux arrêter et vous reposer. Dans tous les cas, cela indique que vous devez réévaluer le processus dans lequel vous êtes engagé, pour vous libérer des attitudes négatives, des obstacles et des contraintes. En termes simples, vous ne pourrez exercer d’influence à moins que vous ne changiez vos perceptions de la situation actuelle.

On peut toujours s’en sortir puisque les forces de l’Univers poursuivent leur cours et ne s’arrêtent jamais. C’est la façon dont vous abordez les problèmes qui compte.

Inspirez-vous du Lapin. Retirez-vous dans un terrier sûr et prenez soin de vous ; abandonnez-y vos peurs et attendez le moment propice pour vous aventurer dans la prairie, à l’écart des rôdeurs qui voudraient bien s’approprier un morceau de votre précieuse énergie.


Mot-clef : Peur."

*

*

D'après Madonna Gauding, auteure de Animaux de pouvoir, Guides, protecteurs et guérisseurs (2006, traduction française : Éditions Véga, 2006) :

Guide d'interprétation

En tant que symbole onirique

Peur ; Fertilité ; Lune . Astuce ; Humilité ; Sauts ; Créativité ; Douceur.


En tant que gardien ou protecteur

Garde contre l'inquiétude excessive.


En tant que guérisseur

Guérit les phobies ; Apaise les nerfs.


En tant qu'oracle ou augure

Ne laissez pas les pensées craintives se reproduire ; Cherchez l'enseignement caché dans les expériences.

Mythes et contes

Une légende germanique affirme que le lapin, jadis oiseau, a reçu cette forme d'Eostra, la déesse du Printemps. Par gratitude, le lapin apporte depuis lors des œufs à Pâques.


Si le lapin est votre animal de pouvoir

Vous avez un problème avec la peur. Les choses même que vous craignez le plus - banqueroute, divorce, maladie grave, perte de travail, agression physique - parce que votre énergie craintive les attire. Lorsque le malheur frappe, vous êtes paralysé. en réalisant que la peur est un état mental, votre vie s'améliore et vote amour de la vie émerge, permettant d'offrir au monde votre douceur et votre mental fertile et créatif. Vous croyez à la magie et au monde féerique. Parfois, vous voyez des fées dans le jardin au crépuscule. Vous êtes très conscient des phases de la lune. Si vous n'êtes pas effrayé, votre générosité est illimitée.

Demandez au lapin de vous aider

  • à réaliser sue le vie est courte et à l'apprécier pleinement ;

  • à tomber enceinte ;

  • à être rapide et à éviter un désastre potentiel ;

  • à entamer une nouvelle carrière.

Accéder au pouvoir du lapin en :

  • notant l'effet des phases de la lune sur vous ;

  • en passant du temps dans le jardin le soir.

Dans beaucoup de cultures, le lapin est associé à la lune parce que ses petits deviennent adultes dans l'espace d'un mois. Commencez les nouveaux projets à la lune croissante. A la lune décroissante, abandonnez les choses devenues inutiles dans votre vie.


Élément Terre."

*

*

Diana Cooper, auteure du Guide des archanges dans le monde animal (édition originale 2007, traduction française, Éditions Contre-dires, 2018) nous délivre un :


Message des lapins et des lièvres :


Même si vous avez l'impression que vous

êtes insignifiant, il se peut que vous ayez une mission d'âme d'une grande importance. Travailler avec les autres peut faire apparaître la magie.

Les lapins viennent d'Orion, la constellation de la sagesse et de l'illumination. Tous les êtres originaires de cette planète présentent les qualités du féminin divin, de la lumière et de la joie ainsi que de la sagesse dans leurs champs d'énergie, et les lapins le démontrent clairement. Ils rayonnent également des qualités de délicatesse, de douceur, de compassion, d'empathie, de sympathie et d'autres attributs du féminin divin. Durant l'âge d'or de l'Atlantide, tous les foyers avaient un chat, des chiens et un lapin. Le chat veillait sur l'énergie du foyer et le protégeait. Il pouvait y avoir jusqu'à trois chiens dans une maison, car chaque enfant en avait un et apprenait à en prendre soin. Le chien protégeait l'enfant et allait à l'école avec lui. Le lapin protégeait également l'enfant, car, avec l'énergie maternelle féminine, il peut se montrer un excellent gardien pour veiller sur ses proches. Cependant, le lapin restait à la maison et y maintenait l'énergie avec le chat. Étant donné que les chats et les lapins viennent d'Orion, même s'ils se sont vu attribuer des rôles différents sur Terre, ils ont une affinité qui, par moments, peut facilement être détectée. On peut souvent les voir converser par télépathie.

Les lapins sont purs, légers, affectueux et câlins. Les enfants pouvaient les serrer dans leurs bras quand ils avaient besoin d'être réconfortés. En même temps, ils ont du bon sens et sont utiles et attentionnés. Ils savent exactement ce qui se passe dans les champs d'énergie des humains et des autres espèces animales. Si quelqu'un a besoin de soutien et de confort, ou s'il souffre ou se sent trahi, le fait de caresser un lapin peut aider à guérir son cœur. En tant que guérisseurs du cœur, ils ont beaucoup à offrir, car, venant d'Orion, ils soignent avec sagesse et amour. L'expérience consiste à connaître les faits. La sagesse consiste à posséder une bonne connaissance des choses, une perspective globale et l'amour pour savoir comment gérer une situation de la meilleure façon possible. Ces petites créatures pleines de sagesse sont reliées au chant de la Terre. Tout être sensible émet des notes de musique. Les montagnes émettent des notes claires et cristallines. Les océans et les rivières propres jouent de belles harmonies. Tous les arbres, les rochers et les animaux ajoutent leurs notes à la mélodie de l'ensemble. Et une planète paisible ressemble à un orchestre qui navigue dans l'espace.

Lorsque vous vous sentez en harmonie, vous apportez, vous aussi, votre contribution à la beauté et à la vibration de l'orchestre planétaire.

Cependant, à l'heure actuelle, la Terre dans son ensemble n'est pas dans le bon registre et joue une note discordante lorsqu'elle flotte dans l'univers. A mesure que la fréquence de la planète et de l'univers augmente, tout change très vite, et la Terre sera en paix et en harmonie peu de temps après la création du nouvel âge d'or en Les lapins s'accordent à la vraie mélodie de la Terre chantée par la Terre-Mère. Le lapin est une créature petite mais spéciale, qui transmet le chant de la Terre par son champ aurique. Une partie de la mission de son âme est d'aider les autres à s'harmoniser avec ce chant. Une goutte d'huile apaise les eaux troublées ; les hautes fréquences éliminent les plus basses ; les notes pures et claires éveillent l'harmonie du chœur tout entier, et les lapins sont reliés au chant de la Terre pour nous apprendre à nous ascensionner de belle manière.

Cela forme, avec la sagesse que les lapins répandent dans leurs champs d'énergie vers les autres, un immense service qu'ils offrent au cours de leur incarnation. Ils essaient d'amener les gens, les autres animaux, la terre, les éléments, l'herbe, les fleurs, les arbres, les rivières et les mers dans une harmonie parfaite. Étant donné que les lapins sont accordés au chant de la Terre, ils peuvent entendre quand un humain ou un prédateur s'approche, car leurs vibrations affectent la musique. Cette capacité les protège en les avertissant du danger. En même temps, les lapins essayent vaillamment d'amener les fréquences inférieures qui se propagent autour des humains et des prédateurs à un niveau plus élevé. Les lapins travaillent avec l'archange Gabriel, un puissant messager de lumière, pour répandre la pureté, la clarté, la lumière et la joie partout où ils vont. Là où il y a harmonie, géométrie sacrée et intention, les anges diffusent leur chant dans cet endroit et changent le son en vibrations sonores. Les lapins portent la sagesse de la géométrie sacrée dans leurs auras, de sorte que les anges chantent des harmonies pour eux. En conséquence, c'est à travers ces petites créatures que les résonances vibratoires des anges se répandent dans les prairies.

L'archange Sandalphon est considéré comme l'ange de la musique, car il comprend les harmoniques de la création. Par l'intermédiaire des lapins, il s'allie à l'archange Gabriel pour connecter les sons du chant de la Terre avec la musique des sphères. Ce sont les harmonies divinement parfaites créées par les mouvements de tous les corps célestes. Ceci aide à garder en place le projet de la septième dimension pour la Terre comme une vision de notre potentiel divin. Les licornes sont attirées par la pureté et l'innocence de ces animaux. Si vous caressez un lapin avec amour, une licorne peut vous apporter ses bienfaits. Si vous voyez un champ plein de bobtails qui gambadent, il y aura souvent une licorne qui déversera de la lumière sur eux. Cette lumière est prise dans leurs terriers et dan le sol lui-même. Ainsi, les lapins apportent la lumière la plus élevée dans le sol et l'y enracinent. Les lapins n'ont pas ménagé leurs efforts pour faire passer le sol lui-même dans la cinquième dimension. Ils se rassemblent dans des lieux qui ont besoin de leur énergie, où ils peuvent concentrer les harmoniques du chant de la Terre. Même si les humains les traitent mal et tirent sur eux, et si les autres animaux les chassent, les lapins poursuivent courageusement leur mission. Ce sont de vaillants petits travailleurs.


VISUALISATION POUR SE CONNECTER AUX LAPINS

  1. Trouvez un endroit où vous pouvez vous détendre sans être dérangé.

  2. L'archange Michaël dépose son manteau bleu de protection autour de vous.

  3. Imaginez que vous êtes assis dans une belle prairie vert émeraude, parsemée de fleurs sauvages colorées et odorantes.

  4. Un lapin au pelage doux s'approche de vous et vous regarde avec des yeux doux et aimants.

  5. Prenez-le dans vos bras et caressez ce petit animal à la fourrure si douce. Si vous le désirez, vous pouvez lui parler mentalement de vos problèmes.

  6. Prenez votre temps pour caressez l'animal qui émet des vibrations d'amour, de guérison et de sagesse.

  7. Appelez l'archange Gabriel. Voyez sa pure lumière blanche qui s'approche de vous et sentez-la vous illuminer.

  8. Appelez mentalement l'archange Sandalphon. Voyez sa lumière argentée qui s'approche de vous, puis qui ne fait plus qu'un avec vous.

  9. Vous pouvez prendre conscience du chant de la Terre. Même si vous ne pouvez pas l'entendre, la vibration coule à travers vous et vous apporte l'harmonie.

  10. Et maintenant, la lumière des archanges Gabriel et Sandalphon vous relie à la musique des sphères. Sentez que l’univers entier s'aligne en harmonie.

  11. Une licorne diffuse ses bienfaits sur vous et sur le lapin.

  12. Remerciez le lapin, les archanges Gabriel et Sandalphon ainsi que les licornes.

  13. Puis, ouvrez les yeux lorsque vous vous sentez en harmonie.

*

Dans Rencontre avec votre animal totem (édition originale 2010, traduction française 2015), Phillip Kansa et Elke Kirchner nous proposent la fiche suivante sur le lapin :


"Caractéristiques positives

Productivité et créativité ; Atteindre ses objectifs de manière ludique.


En quoi cet animal m'aide

L