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  • Anne

La Mouche



Étymologie

  • MOUCHE, subst. fém.

Étymol. et Hist. 1. 1re moitié xiie s. «insecte diptère» musche (Psautier d'Oxford, 104, 29, éd. Fr. Michel, p.156) ; 2. nom donné à de nombreux insectes qui n'appartiennent pas à la famille des muscidés a) 1213 «mouche à miel, abeille» (Li Fet des Romains, éd. L.-F. Flutre et K. Sneyders de Vogel, 401, 18) ; b) 1552 mousches guespes (Rabelais, Quart Livre, 58, éd. R. Marichal, p. 235) ; c) 1636 mousche aus beufs «taon» (Monet) ; d) mousche aus chevaus (ibid.) ; e) 1768 mouche-araignée (Valm.) ; f) 1798 mouche bleue de la viande (ibid.) ; 3. loc. diverses a) ca 1350 prendre mouskes «s'irriter» (Gilles li Muisis, Poésies, éd. Kervyn de Lettenhove, II, 196, 15) ; 1640 prendre la mouche (Oudin Curiositez) ; b) 1485 quel mouche le point? (Le Mistére du Viel Testament, éd. J. de Rothschild, 4443) ; 1611 quelle mousche l'a piqué (Cotgr.) ; c) 1616 pieds de mouche «écriture très fine et peu lisible» (La Comédie des Proverbes ds Anc. Théâtre français, IX, 32) ; d) 1798 pattes de mouches (Ac.) ; e) 1718 on prend plus de mouches avec le sucre qu'avec le vinaigre (ibid.) ; 1740 on prend plus de mouches avec le miel qu'avec le vinaigre (ibid.); f) 1836 on eût entendu voler une mouche (Stendhal, L. Leuwen, t. 3, p.223) ; g) 1844 ne pas faire de mal à une mouche (Balzac, Splend. et mis., p.135) ; 4. a) 1486 fine mouche «personne très fine et très rusée» (Jean Michel, Le Mystère de la Passion, 17344, éd. O. Jodogne) ; b) 1574 «espion» (Amyot, De la Curiosité, 27 ds Littré) ; c) 1814, 30 mai «petit navire de guerre» (Registre ds Jal, s.v. flotte, p. 704b) ; d) 1867 «petit bateau à vapeur» (Revue des deux mondes, 72, 182 ds Kemna, p. 80) ; 5. a) 1618 «petit morceau de taffetas collé sur le visage» (La Descouverte du style impudique des courtisanes ds Livet Molière t. 2, p. 124) ; b) 1690 «éclaboussure de boue sur un vêtement» (Fur.) ; c) 1759 «points de broderie dispersés sur une étoffe» (Mémoire présenté par Berry, brodeur de Mme la Duchesse de Valentinois ds Havard) ; d) 1801 pêche mouche artificielle (Crèvecoeur, Voyage, t.1, p. 186) ; e) 1824 «emplâtre vésicatoire préparé avec les cantharides» (Nysten) ; f) 1834 «point noir placé au centre d'une cible» (Musset, Fantasio, I, 2, p. 183) ; g) 1840 «petite touffe de poils qu'on laisse croître au-dessous de la lèvre inférieure» (Ac.) ; h) 1874 «petite marque qui indique sur un tapis de billard l'endroit où doit se placer la boule» (Lar. 19e). Du lat. musca «mouche (insecte)».

Lire la définition du nom pour amorcer la réflexion symbolique.

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Expressions populaires :

Claude Duneton, dans son best-seller La Puce à l'oreille (Éditions Balland, 2001) nous éclaire sur le sens d'expression populaires bien connues :


Prendre la mouche : « Volonté de folle et vache qui mouche sont trop forts à tenir », dit un ancien proverbe. Tout autant que le cheval c'est en effet la vache qui prend la mouche. P. -J. Héliaz fait une description précise de la chose dans le cas d'un bœuf : « Un taon peut se glisser sous sa queue et c'est la déroute, aveugle, éperdue, la corde entre les jambes, le pieu battant les flancs et l'échiné quand la bête secoue vainement les cornes. » (Le Cheval d'orgueil.) En effet, la notion de "mouche" était autrefois très extensible, et allait jusqu'à la mouche à miel : l'abeille. Comme on s'en doute c'est surtout la mouche à bœufs, ou mouche bovine, autrement dit le taon, énorme, au dard aigu, qui provoque ces fureurs soudaines et à première vue inexplicables.

« On dit aussi Prendre la mouche, pour dire, se piquer, se fâcher sans sujet et mal à propos. Et lorsque quelqu'un s'emporte, se met en colère sans qu'on sache pourquoi, sans qu'il paraisse en avoir eu le moindre sujet, on demande quelle mouche l'a piqué » (Furetière)

Naturellement c'est affaire d'épaisseur de cuir. On disait au XVIIe siècle « être tendre aux mouches », pour dire « avoir le cœur facile aux moindres émotions, ressentir vivement les moindres désagréments ». C'était le cas de Mme de Sévigné : « En vérité, dit-elle la vie est triste quand on est aussi tendre aux mouches que je le suis. »


Une fine mouche : La mouche, j'ai le regret de le dire, a rarement été l'objet d'une grande considération parmi les peuples. On dit que jamais aucune mouche ne pénétra dans le temple de Salomon, et selon une légende mahométane toutes les mouches sont destinées à périr, à l'exception d'une seule : la mouche à miel. Les Grecs sacrifiaient un bœuf à Zeus pour le conjurer de les préserver des mouches, et Pline raconte qu'à Rome un sacrifice était dédié aux insectes eux-mêmes, mais c'était dans le même but de préservation. Pour les Hébreux, Belzébuth, dont le nom signifie "le dieu des mouches", est devenu l'exemple même de la fausse divinité, tandis que chez les Chrétiens il apparaît, avec Lucifer et Satan, comme une des appellations du diable en personne.

On s'est moqué de la mouche ; on l'a avilie. Dans le Roman de Renart, par exemple. Dame Hersant insulte en ces termes sa rivale, la femme de Renart :

... plus estez pute que mouche

qui en esté les genz entouche.


C'est dans ce contexte de mépris généralisé que dès le XVe siècle au moins une mouche a désigné un espion au service d'un puissant : « Il n'y a rien qui rende tant odieux les tyrans que les mouches, c'est-à-dire les espions qui vont partout espiant ce qui se fait et qui se dit », juge Amyot. Plus tard la mouche, avec son dérivé péjoratif le « mouchard », s'est appliqué également aux agents de police spécialisés dans la filature. « Mouche, explique Furetière, se dit figurément d'un espion de celui qui suit un autre pas à pas. Entre les sergents il y en a un qui fait la mouche, qui suit tous les pas de celui qu'ils veulent prendre, & qui marque la piste au coin de toutes les rues où il passe ; c'est de là qu'on a dit, une fine mouche, pour dire un homme qui a de la finesse, de l'habileté pour attraper les autres. »

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Zoologie :

Dans Les Langages secrets de la nature (Éditions Fayard, 1996), Jean-Marie Pelt évoque les différents modes de communication chez les animaux et chez les plantes :


Sur le vaste terrain des odeurs inconscientes ou non perçues, la science est encore silencieuse ; et la substitution des médias floraux aux médias naturels humains reste elle aussi une énigme.

Sur cette énigme, la mouche orientale des fruits (Grapholitha molesta) pourrait bien nous fournir un début d'explication (Science et Vie, novembre 1983, p. 92). Le mâle de cette mouche, en effet, se fabrique un parfum dont il asperge sa femelle une fois qu'il l'a attirée par sa phéromone. Dès lors, ses intentions sont claires et l'affaire ira à son terme. Or, ledit parfum est d'une odeur très agréable, évoquant à la fois le jasmin et la cannelle : c'est l'odeur qui se dégage lorsqu'on jette une rondelle de citron dans du thé chaud. La substance odorante de ce parfum (Jasconate de méthyle) se révèle être une hormone végétale gazeuse de découverte récente et qui n'a sans doute pas fini de faire parler d'elle. La mouche prélèverait-elle son parfum dans les plantes, notamment dans les pommiers qu'elle parasite ? On ne le sait pas encore, mais la chose est possible. Auquel cas, son comportement serait l'exact modèle du nôtre, puisque nous puisons nous aussi nos parfums dans les plantes pour séduire nos partenaires, et aimons, comme la mouche orientale, les odeurs de cannelle et de jasmin. Étrange connivence de l'homme et de la mouche dont Françoise d'Assise se désolait de ne point savoir à quoi elle pouvait bien servir...

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Croyances populaires :


Selon Jean Baucomont, auteur d'un article intitulé "Les formulettes d'incantation enfantine", paru dans la revue Arts et traditions populaires, 13e Année, No. 3/4 (Juillet-Décembre 1965), pp. 243-255 :


La tradition orale se perpétue dans le folklore de la vie enfantine. […] Une des catégories les plus curieuses de ces formulettes est celle des formulettes d'incantation.

L'incantation, nous disent les dictionnaires, signifie étymologiquement : un enchantement produit par l'emploi de paroles magiques pour opérer un charme, un sortilège. Le recours à l'incantation postule une attitude mentale inspirée par l'antique croyance au pouvoir du verbe, proféré dans certaines circonstances.

[…]

« L'incantation, dit Bergson, participe à la fois du commandement et de la prière. » On constate effectivement, que la plupart des formulettes d'incantation comportent à la fois une invocation propitiatoire : promesse d'offrande en cas de succès et une menace de sacrifice expiatoire, d'immolation en cas d'échec. Ce qui est proprement le caractère de l'opération magique traditionnelle.

[…]

Vole vole petite mouche

Sur mon doigt ne te pose pas.

Car si par malheur je te touche

Dans mes mains tu périras.

(Languedoc, Champagne)

Se dit en secouant dans les mains jointes une mouche qu'on vient de prendre.

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Symbolisme :

Selon Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, auteurs du Dictionnaire des symboles (1ère édition, 1969 ; éd. revue et corrigée Robert Laffont, 1982),


"Chez les Bamiléké et les Bamoun (Njinji), elle est le symbole de la solidarité... Au royaume des petits insectes ailés, c'est l'union qui fait la force. Une mouche seule est sans défense.

Chez les Grecs, la mouche était un animal sacré, auquel se rapportaient certains noms de Zeus et d'Apollon. Peut-être évoquait-elle le tourbillonnement de la vie olympienne ou l'omniprésence des dieux.

Sans cesse bourdonnantes, tourbillonnantes, mordantes, les mouches sont des êtres insupportables. Elles se multiplient sur la pourriture et la décomposition, colportent les pires germes de maladies et défient toute protection : elles symbolisent une incessante poursuite. C'est en ce sens qu'une ancienne divinité syrienne, Belzébuth, dont le nom signifierait étymologiquement le seigneur des mouches, est devenue le prince des démons.

D'autre part, la mouche représente le pseudo-homme d'action, agile, fébrile, inutile et revendicateur : c'est la mouche du coche, dans la fable, qui réclame son salaire, après n'avoir fait qu'imiter les travailleurs."

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Sur Wikipédia, on peut lire que :


"Le symbole de la mouche dans l'art militaire est très ancien. Les plus anciennes attestations se rencontrent dans la civilisation mésopotamienne, vers la fin du IIe millénaire avant notre ère, où l’association de l'insecte à la mort revêt une importance toute particulière dans la littérature (1) et l’iconographie (2). Son image sur les sceaux babyloniens a été parfois interprétée comme le symbole de Nergal, le dieu des maladies et de la mort (3). On rencontre l'image de la mouche sur certaines scènes où, parfois associées à des vautours, elles survolent le champ de bataille, ainsi que sur des dagues et des pendentifs donnés aux soldats en hommage à leur bravoure (4). Des pendentifs en forme de mouche furent également découverts en Nubie, dans des tombes de militaires à Kerma et Bouhen, deux cités nubiennes d’importance (5). Les sépultures furent datées d’entre 1700 et 1500 avant notre ère. Ces pendentifs sont de grande taille et en matériaux précieux (or, ivoire, bronze et électrum). Ils furent retrouvés au cou de tous les défunts, par ailleurs inhumés avec une épée ou une dague dans la plupart des tombes mises au jour. Ces découvertes ne sont pas sans rappeler qu’à cette période – qui correspond à l’apogée de la civilisation nubienne – la population était foncièrement guerrière, un fait qui se traduit par la présence de nombreuses armes en contexte funéraire. Enfin, des pendentifs en forme de mouche, très souvent associées à des lions, furent découverts en Egypte antique. Les premières attestations remontent à la XVIIe dynastie mais c'est principalement durant la XVIIIe dynastie que les hauts gradés de l'armée reçurent cette récompense émanant du pharaon en personne. L'image de la mouche est à comprendre en tant que symbole négatif de l’ennemi mort, vaincu, misérable, tandis que l'image du lion est le symbole positif du soldat courageux, voire du pharaon, puissant et en action (6). Ces deux emblèmes diamétralement opposés se rejoignent, dans une vision dualiste, si caractéristique de la pensée égyptienne, pour célébrer la bravoure du guerrier égyptien."


1 : Anne Draffkorn-Kilmer, « The symbolism of the flies in the Mesopotamian flood myth », Language, Literature and History,‎ 1987, p. 175-180

2 : André Godard, Bronzes du Luristan, Van Oest, 1931, pl. 18, cat. 44.

3 : Jean Bottéro et Samuel Kramer, Lorsque les dieux faisaient l’homme, Gallimard, 1989, 768 p. 526 et 551-553.

4 : André Godard, Bronzes du Luristan, Van Oest, 1931, pl. 18, cat. 44.Edith Porada, « Problem of Iranian iconography », The Memorial Volume of the Vth International Congress of Iranian Art and Archaeology,‎ 1972, fig. 2

5 : Georges Reisner, Excavations at Kerma V, vol. I-III, Harvard African Studies, 1923, p. 163, 196, 348-349 et 508Georges Reisner, Excavations at Kerma VI, vol. IV-V, Harvard African Studies, 1923, p. 131, pl. 43David Randall-MacIver et Charles Leonard Wooley, Buhen VII, University Museum, 1911, p. 174-175David Randall-MacIver et Charles Leonard Wooley, Buhen VIII, University Museum, 1911, pl. 51

6 : Amandine Marshall, « Fly & Lion : Military Awards in ancient Egypt », Kmt A Modern Journal of Ancient Egypt,‎ 2015, p. 139-47

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Dans l'Encyclopédie des symboles (1989, édition française 1996) établie sous la direction de Michel Cazenave, on apprend que :


"Les différentes sortes de mouches sont perçues, du point de vue symbolique, comme des êtres négatifs que l'on devait cependant apaiser par des rites bien précis. Le Baal-zebul ou Beel-zebub évoqué dans le Deuxième Livre des Rois (I, 2), "le dieu d'Ekron", est une divinité syrienne dont le nom signifiait "le prince" (zebul), déformé en "la mouche" (zebub). Une légende ultérieure déclare qu'il commandait des escadrons de mouches, l'apparentant de la sorte à Zeus Apomyios ou encore Myiodes et Myiagyros en Grèce. On rencontre aussi l'idée d'une force démoniaque que l'on ne peut exterminer et qui s'incarne dans les mouches. Les camées antiques représentant des mouches étaient censés protéger des "mauvais regards". Son nom grec désignait de façon symbolique un parasite ; on trouve chez Lucien de Samosate (120-180) l'expression "faire d'une mouche un éléphant". Dans la mythologie de la Perse ancienne, Ahriman, le principe de l'obscurité, prend la forme d'une mouche pour s'infiltrer parmi les hommes. Les nuages de mouches annoncent chez Isaïe l'arrivée d'un malheur : "Il adviendra en ce jour-là que le Seigneur sifflera les mouches qui sont à l'extrémité des canaux d’Égypte" (Isaïe VII, 18). Les mouches sont surtout les symboles de figures diaboliques et de groupes de démons tels que ceux qui torturèrent l'ermite saint Matarios réfugié dans le désert."

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Diana Cooper, auteure du Guide des archanges dans le monde animal (édition originale 2007 ; traduction française : Éditions Contre-dires, 2018) nous délivre un :


Message des insectes de la troisième dimension :


Nous sommes ici, sur cette belle planète, pour apprendre et

parfois pour démontrer ce que nous avons déjà appris.

Nous souhaitons coexister avec vous en paix et

en harmonie. Notre désir est de faire notre travail de service,

car cela permet à la Terre de préserver la vie. Sans nous, vous

ne seriez pas ici. De grâce, reconnaissez-vous, donnez-nous de

l'espace et laissez-nous vivre. Nous vous honorons et nous

vous demandons de nous respecter.

Tous les insectes de la troisième dimension sont originaires de Neptune à l'exception des araignées, qui viennent d'un univers lointain et sont descendues sur Terre en passant par Sirius.

Les mouches

La mission d'âme de ces insectes ailés est de nous rappeler l'importance de l'hygiène et de la propreté. Durant l'âge d'or de l'Atlantide, il n'y avait pas de mouches, mais la fréquence des humains a commencé à décliner, et elles sont arrivées de partout dans le monde.

Leur travail de service quand elles ne sont encore que des asticots est d'éliminer la matière en décomposition et d'aider à créer une couche arable. Elles digèrent les arbres morts, les animaux et les déchets des animaux. Quand elles sont adultes, elles s'offrent come nourriture aux animaux insectivores.


VISUALISATION POUR REMERCIER LES INSECTES DE LA TROISIEME DIMENSION

  1. Aménagez un espace où vous pourrez vous détendre sans être dérangé.

  2. Affirmez votre intention de comprendre et de remercier le royaume des insectes.

  3. Vous êtes assis sur un rocher doux et lisse surplombant la campagne.

  4. Ouvrez votre coeur au monde des insectes.

  5. Remerciez les coléoptères d'avoir décomposé la matière indésirable, afin qu'elle puisse être recyclée pour servir un but plus élevé.

  6. Remerciez les myriapodes d'avoir démontré la beauté de la coordination et la possibilité de régénération.

  7. Remerciez les cafards d'avoir détruit les déchets nauséabonds pour conserver les nutriments dans l'écosystème.

  8. Remerciez les puces de nous rappeler l'importance de la propreté.

  9. Remerciez les mouches de nous rappeler l'importance d'une bonne hygiène.

  10. Remerciez les moustiques de nous rappeler de garder l'eau propre et en mouvement.

  11. Remerciez les limaces et les escargots d'avoir mangé les vieilles feuilles sèches.

  12. Remerciez les tiques de nous enseigner que nous vivons dans un monde interdépendant et de transmettre la sagesse des autres créatures.