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  • Anne

Le Riz




Étymologie :

  • RIZ, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1. Ca 1270 ris « grain de la plante oryza sativa » (doc. ds Rec. anc. cout. de la Belgique, Cout. des pays et comté de Flandre, éd. L. Gilliodts-Van Severen, t. 5, p. 105) ; fin xive s. riz (Consultation de Jean Le Fèvre, médecin [messin] établi à Montpellier, sur le traitement de la goutte, éd. P. Meyer ds Romania t. 15, p. 183, 25 : vous poeiz bien maingieir [...] dou riz fais a foison d'amandres) ; 2. 1298 désigne la plante (Marco Polo, éd. L. F. Benedetto, p. 108 : Il ont forment et ris et autres bles a grant plantee). Empr. à l'ital. riso « riz », att. dep. le xive s. (d'apr. DEI) mais prob. plus anc. (cf. Marco Polo, supra, et lat. médiév. risus av. 1241, charte de Grégoire IX ds Du Cange, s.v. rota 7), empr. au gr. byz. ρ ̔ υ ́ ζ ι « id. », forme apocopée de ο ̓ ρ υ ́ ζ ι ο ν, gr. class. ο ́ ρ υ ζ α. Le z final de riz a été rétabli d'apr. le lat. oryza. Voir FEW t. 7, pp. 425b-426a, et Kahane, Byzanz, 399.


Lire aussi la définition du nom riz pour amorcer la réflexion symbolique.




Botanique :


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Symbolisme :


Selon le Dictionnaire des symboles (1ère édition, 1969 ; édition revue et corrigée Robert Laffont 1982) de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant,


"Comme le pain ou le blé en Europe, le riz constitue, en Asie, la nourriture essentielle : il comporte donc la même signification symbolique et rituelle.

Le riz est d'origine divine. Non seulement on le trouve dans la courge primordiale, au même titre que les espèces humaines, mais, comme la manne dans le désert, il pousse et emplit les greniers spontanément. Toutes les légendes de l'Asie orientale en font foi. La laborieuse culture du riz est consécutive à la rupture des rapports entre le ciel et la terre. Apporté au Japon par le prince Ninigi, petit-fils d'Amaterasu, le riz fait l'objet d'un rite communiel au cours duquel l'empereur goûte la céréale en compagnie de la Déesse solaire. Il est pour les Japonais le symbole de l'abondance, due au pouvoir céleste. Nourriture de vie, et aussi d'immortalité, le riz rouge est contenu comme tel dans le boisseau des sociétés secrètes chinoises. Il provient exclusivement, disent les rituels, de la puissance du seigneur Ming, c'est-à-dire de la lumière, ou de la connaissance. Il est donc encore, comme le pain, symbole de nourriture spirituelle. Le riz se transforme alchimiquement en cinabre, sulfure rouge de mercure. Ce qu'on peut rapprocher du soufre rouge de l'ésotérisme islamique et de l'œuvre au rouge de l'hermétisme occidental.

Le riz est la richesse, l'abondance, la pureté première. On notera que, En Occident même, il est symbole de bonheur et de fécondité : on jette des poignées de riz lors des cérémonies de mariage."

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Croyances populaires :


D'après Véronique Barrau, auteure de Plantes porte-bonheur (Éditions Plume de carotte, 2012) : le riz (Oryza sativa) n'est "pas seulement pour les mariés".


La souris et le riz : Le riz est un aliment de base essentiel pour de nombreux peuples. Nourricier, il fut symboliquement assimilé à la prospérité et à l'abondance. Pour les Musulmans, les grains de riz seraient nés d'une goutte de sueur du prophète Mahomet tombée à terre. Le caractère sacré de la céréale se retrouve également dans une légende du Japon que voici. Aux temps anciens où les habitants du pays peinaient à se nourrir convenablement, les bonzes de Nikko subsistaient à peine mieux grâce à leurs connaissances des herbes et racines comestibles. Un jour, un moine avisa une souris en train de dissimuler quelques petits grains d'une céréale inconnue. Intrigué par cette plante étrangère, il attacha un très long fil à la patte de l'animal. Grâce à son ingéniosité, il suivit les déplacements de la souris jusqu'à atteindre un lointain pays où le riz poussait en abondance. Le bonze recueillit quelques plants et les introduisit dans son pays, repoussant ainsi la disette.

Depuis cette fabuleuse découverte, les Japonais vénérèrent longtemps l'animal eau même titre qu'une déesse. Son effigie accrochée dans les maisons constituait par ailleurs un porte-bonheur prisé.


Témoin d'honneur des mariés : Joyeusement lancé sur les mariés sortant de l'église ou de la mairie, le riz passe pour favoriser la venue d'une descendance et garantir les nouveaux couples des sortilèges et de l'infidélité. Précisons que les grains jetés près des époux, et non sur leurs personnes seraient plus à même de les préserver des malheurs. Et non, il ne faut pas faire cuire le riz ! Cela peut vous sembler évident mais j'ai entendu une mère poser la question à son fils effaré qui passait devant le maire la semaine suivante... Le riz sec se prête d'ailleurs bien mieux au rituel pratiqué par certaines jeunes mariées ! ne fois les noces terminées, celles-ci ramassaient quelques poignées de grains tombés au sol afin de confectionner un porte-bonheur nuptial. Si certaines lectrices souhaitent mener l'expérience, voici les étapes à suive. Avec un tissu blanc, équivalent à celui de votre robe de mariée, élaborez une poche en forme de cœur et brodez-y deux cœurs, symboles de votre union. Une fois les céréales glissées à l'intérieur, refermez l'objet avec quelques points de couture puis enfilez un ruban rose en son centre. il ne vous reste plus qu'à enfermer ce cœur de riz dans un meuble de votre chambre.La tradition affirme qu'un bonheur sans taches s'étendra sur votre couple.

Mais toutes ces informations pourraient bientôt ne plus vous être utiles. Car de plus en plus de curés interdisent purement et simplement cette tradition à leurs yeux indécente car la famine règne en certaines parties du monde... Souvent remplacé aujourd'hui par des confettis ou des pétales de fleurs en tissu, le rite a perdu de ses belles propriétés d'antan.


Requêtes : Persuadés que le ris disposait d'une âme, les Orientaux travaillaient en silence dans les rizières pour ne pas faire fuir l'esprit de la plante. Ils s'abstenaient d'évoquer la mot ou les esprits maléfiques pour ne pas influer négativement sur les récoltes à venir. Malgré toutes ces précautions, les paysans de Birmanie et de Bornéo n'obtenaient certaines années qu'une faible production. Ils se rendaient alors en masse au bord des digues pour supplier l'esprit du riz de bien vouloir réintégrer les rizières délaissées.


Bonheur à la maison : La présence de riz dan les habitations passait en plusieurs endroits comme un charme bénéfique. En Inde, les pères déversaient ainsi du riz autour de la chambre de leur nouveau-né pour faire fuir tout esprit malveillant. Ailleurs, on recourait plus particulièrement à la céréale lors des déménagements et des installations dan un nouvel habitat. Pour ne jamais souffrir de la faim, les superstitieux de l'île Maurice plaçaient aux quatre coins de chaque pièce de leur appartement ou maisonnée quelques poignées de riz avant d'emménager meubles et bibelots.

Les Allemands pensaient pareillement se préserver du besoins en consommant cette céréale lors du premier repas pris dans le nouveau logis. En Asie, partager chez soi un plat de riz avec un moine bouddhiste au cours d'un soirée cérémonielle permet de trouver le succès dans ses entreprises personnelles et professionnelles.


Rites et riz teint : Les grains de riz cultivés en Orient sont blancs ais à certaines occasions, les brahmanes hindous les teintaient de rouge pour redoubler leurs vertus bienfaitrices. Cette couleur, symbole du feu et de l'énergie vitale, était en outre associée aux esprits. Autant de qualités qui, ajoutées aux bienfaits naturels du riz, transformaient la céréale colorée en une puissante amulette contre le mauvais œil. Ainsi, du riz rouge déversé sur la tête des nouveaux époux ou des nourrissons repoussait les sortilèges. Poursuivant le même but, les mères déposaient quelques instants leurs bébés âgés d'une dizaine de jours sur cinq tas différents de riz teint.

Au Japon, où le riz rouge constituait également un charme protecteur pour les enfant, chaque naissance était l'occasion de se prêter à un augure en faisant bouillir du riz avec des graines rouges. Plus la teinte obtenue des grains était vive, plus le présage pour la destinée de l'enfant était bon.


Pour délier les langues : Les Hindous présumés coupables devaient jadis se soumettre à l'épreuve du riz empoisonné qui était publiquement maudit au cours d'une cérémonie religieuse. Après avoir avalé es grains singuliers, les hommes apeurés se pliaient en deux en se tenant le ventre et avouaient leurs fautes pour ne pas périr sous l'effet d'une indigestion.


Attaques du ciel : En Camargue, les producteurs de riz doivent lutter contre les flamants roses qui, prenant les rizières vues du ciel pour de visites étendues lagunaires, grattent le fond pour chercher de la nourriture mais déterrent par la même occasion les jeunes plants de riz... Canons sonores et lumineux sont mis à la disposition des agriculteurs pour effaroucher les volatiles indésirables."

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