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  • Anne

L'Épinard




Étymologie :

Étymol. et Hist. 1256 espinaces (Aldebrandin de Sienne, Régime du corps, éd. L. Landouzy et R. Pépin, p. 164, 4, 5) − 1528 espinache ds Hug., s.v. espinoche 2 ; 1331 espinarde (J.-M. Richard, Mahaut, comtesse d'Artois, p. 142 ds IGLF : Pour 1 1b. d'espinarde) ; ca 1393 espinars (Ménagier de Paris, t. II, p. 141 ds T.-L.) − 1660, Oudin Fr.-Esp. ; 1636 épinart (Monet, s.v. espinart.) Empr. par l'intermédiaire du lat. médiév. spinarchia (av. 1250, Latham), spinachium (1270, ibid.); et peut-être de l'a. prov. spinarch (1150, Pansier), à l'ar. d'Espagne isbināḫ, ar. oriental asfanāḫ, isfināḫ, isfināǧ, isfānâḫ (ce dernier à la fin du IXes. d'apr. Cor., s.v. espinaca), et celui-ci au persan aspanāḫ, aspanāǧ, asfināǧ (FEW t. 19, pp. 11-12).


Lire également la définition du nom épinard afin d'amorcer la réflexion symbolique.




Botanique :


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Bienfaits :


Julie Mailloux dans son mémoire de formation d'accompagnante à la naissance au Centre Pleine Lune intitulé Plantes compagnes de la maternité, en Caraïbe. (2017) donne quelques précisions sur l'épinard local :


Épinard pays (Amaranthus spp) :

L'épinard péyi est un remède doux contre la constipation et possède des vertus « rafraîchissantes » diurétiques (utile pour réduire les œdèmes et la rétention d'eau, pour drainer l'appareil urinaire).

Cette plante ressort dans chaque discussion sur l'alimentation de la femme enceinte.

Il est riche en vitamines et en minéraux, notamment en fer, phosphore et magnésium, elle permet de lutte contre l'anémie. (http://agarta972.free.fr/zepina.html)

On peut le consommer en bouillie dans un plat en sauce ou en salade.

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Symbolisme :


Nicole Belmont, auteure de Mythes et croyances dans l'ancienne France (Éditions Flammarion, 1973) rapporte une pratique religieuse et populaire qui a recours à l'épinard :


Plus curieuse est la soupe que dans les régions de l'est de la France il faut manger le jeudi Saint, qu'on appelle Jeudi-Vert (Gründonnerstag) car elle est composée de neuf herbes : épinard, oseille, persil, cerfeuil, poireau, chou, chicorée, mâche, ortie, qu'on peut remplacer par toute autre pousse nouvelle. Selon certains auteurs, ce plat (qui peut être aussi une tourte fourrée avec ces légumes) est destiné à protéger de la sorcellerie. Cette coutume s'étendait et s'étend jusqu'en Allemagne : dans la région de Düsseldorf, le nom de Jeudi-Vert apparaît dès le XIIIe siècle.

Dans Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont S.A.S., 1995, 2019) proposé par Éloïse Mozzani, on apprend que :


Si les graines d'épinard, une fois ensemencées, sortent lentement de terre, c'est qu'elles se rendent neuf fois auprès du diable, dit-on en Provence.

Manger des épinards le vendredi saint protège de la gale.

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N. Roulin & A. Bangerter, "La littérature de conseils : Source de croyances populaires sur la relation recruteur-candidat lors de l'entretien de sélection ?" In Actes des la 20ème Conférence de l'Association Francophone de Gestion des Ressources Humaines (2009) :


Il semble donc que les rumeurs ou légendes se propagent en réponse à des situations d’incertitude collective, par exemple lors de crises (Allport & Postman, 1947). Si les légendes et les rumeurs sont des récits concrets, les mythes sont par contre des croyances erronées d’ordre plus factuelles et abstraites (par exemple la croyance selon laquelle les épinards sont bons pour la santé car ils contiennent beaucoup de fer).

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Symbolisme alimentaire :


Pour Christiane Beerlandt, auteure de La Symbolique des aliments, la corne d'abondance (Éditions Beerlandt Publications, 2005, 2014), nos choix alimentaires reflètent notre état psychique :


L'envie d'Épinards demande que l'on s'implante fermement dans sa "matière" propre, que l'on se rapproche plus intimement de son propre JE jusqu'à entrer dans celui-ci. Les Épinards pointent l'index vers l'intérieur, vers le centre de soi-même, en invitant à s'orienter vers le fond, à se matérialiser de façon serrée, compacte. Ils demandent à l'être humain de renoncer à toute fuite, à toute méconnaissance o négation, à tout évitement de la structure de son propre Être individuel terrestre. En d'autres termes : ils lui réclament une plus grande conscience de la valeur du moi, une appropriation plus affirmée de son propre corps terrestre, une prise de conscience plus intime des valeurs de son propre JE éminemment individuel - indépendamment du sein maternel d'où il naquit un jour. C'est l'Être Humain qui pendra corps pleinement en tant qu'ÊTRE HUMAIN, sur tous les plans. Au lieu de simplement s'insérer dan l'Ensemble, il part maintenant à la recherche de son Grand Moi !

Les Épinards prospèrent dans un sol dur et ferme ; ils tâtent ce sol en vérifient la fermeté, pour ensuite s'y établir s'ils le trouvent à leur goût. Ils s'implantent solidement dans ce sol de manière que rien ne puisse les y ébranler. Ils se tiennent "fermement" dans leur être, dans leur corps terrestre. Ils représentent tout l'inverse de ce qui est "volatil".

La sphère des Épinards en soi colmate le moindre trou, elle rend impénétrable ; sa qualité de cimentation est 'un ordre très compact. on ferme les rangs de manière qu'aucun bien ne puisse s'échapper et qu'aucun mal - les énergies spirituelles non-vivantes, trop éthérées, purement impersonnelles - ne puisse plus passer.

Les Épinards s'établissent et ne se quittent plus ; en ce sens ils semblent immobiles, plutôt tenaces. Ils ne s'en vont pas ; ils ne fuient pas la terre sous leurs pieds. Ils se pelotonnent contre eux-mêmes et conservent en eux la matière, la densité matérielle.

« Reste ici ! », disent les Épinards, « ne t'en va pas loin de toi-même, au contraire, fixe-toi solidement dans la Matière. Arrête-toi un instant et consolide ton corps, ton être matériel. » Les Épinards obligent l'être humain à rester en lui-même, à se ressentir comme dense et compact et à maintenir cet état. tel un fortin dur et impénétrable, l'être humain demeure dans le sol très solide de son Moi ; il n'a donc pas besoin de se mettre à courir, de prendre la fuite. Dans ce sentiment de sécurité à toute épreuve, il se sent comme l'habitant d'un agréable havre terrestre où il faut bon être. Ayant ainsi élu domicile en lui-même, il érige une solide colonne d'énergie ; l'ossature se développe, robuste et fiable. il pousse pour ainsi dire en longueur, dans la densité de son être. Il devient plus fort et se sent plus fort parce qu'il ne quitte pas son je et qu'il assume la peine responsabilité de son Être dans la Matière, de son corps. il lâche prise avec facilité, toutefois il se fixe solidement dans son corps. Il va de soi que cette sphère psychologique réalise un bon développement des tissus et du squelette mais qu'elle laisse facilement glisser la nourriture.

Celui qui désire manger des Épinards a besoin de "faire de l'escalade" en lui-même. Il veut explorer sa propre grandeur ; il veut atteindre le cœur e son essence et parvenir à une totale fusion avec son corps. Il désire se rapprocher plus intimement de lui-même, se fixer plus solidement en lui-même et porter son être à son point culminant. Pressentant qu'il peut encore aller plus loin, il cherche inconsciemment la Voie qui y mène. Il se peut qu'il déborde d'énergies, qu'il refrène trop sa puissance de feu agressive ; c'est à lui qu'il incombe de trouver une solution libératrice aux énergies agressives concentrées à l'intérieur de lui.

Ce sentiment de ne pouvoir faire ce qu'il a envie de faire, de ne pouvoir être qui il est en substance, il n'en fera pas le reproche à autrui mais le résoudra en lui-même. il s'appliquera à se frayer un chemin vers la liberté intérieure et à éliminer toute colère inconsciente.

Celui qui a envie d'Épinards sait qu'il est possible de se débarrasser des fardeaux inutiles, mais souhaite en même temps œuvrer à maintenir ce qui en lui est solide et authentique, ce qui est en or. Il veut se coiffer de la couronne de l'être Humain Fort ; il aspire à sentir cette incroyable puissance de son être. il s'ouvre au développement d'un JE qui ne cesse de devenir plus fort dans un corps lui aussi plus fort. C'est pourquoi les Épinards lui conseillent de s'arrêter pour se pencher sur lui-même et de partir à la découverte des plus lointaines régions intérieures de son être.

« Regarde bien ! » disent les Épinards, « ne regarde pas trop loin… regarde tout près : à l'intérieur et autour de toi. Ne permets pas à tes yeux de se diriger trop loin Fais-toi rentrer à l'intérieur de ton corps, ici-même et au plus près. Ne t'en va pas plus loin, ne continue pas à avancer, ne t'enfuis pas, reviens… vers toi : plus solide, plus intense, plus compact, plus conscient qu'auparavant de ta responsabilité à l'égard de ton JE ! » Il est fort probable que cette personne a toujours endossé de grandes responsabilités générales mais qu'elle n'a encore jamais assumé LA responsabilité de son JE terrestre éminemment original. Elle s'est en quelque sorte cachée, éludée, échappée, enfuie loin d'elle.

Les Épinards demandent à l'être humain : « Tâche de densifier ton être : ceci englobe tant la fabrication de nouveaux matériaux dans ton corps que l'exploration de ton Contenu déjà présent, de tes possibilités Regarde à l'intérieur, n'hésite pas à racler le fond, ramène à la surface ce qu'il y a de plus profond en toi ; et prends conscience que tout réside En toi. Ne regarde pas à côté de toi mais ressens que tout est présent en toi. »

Les Épinards rattrapent l'être humain par le collet quand il veut courir ou voler trop loin, quand il refuse d'être ici et maintenant avec ses sentiments. L'être humain n'a plus aucune chance de s'échapper. Cette poussée vers l'intérieur, cette concentration dans son propre corps demande un respect constant de son propre je. Il devra toujours rester en lui-même, on ne peut pas plus longtemps fuguer hors de chez Soi. La caravane résidentielle se transforme en habitation solide à forte ossature, impossible à déplacer.

N'aie pas peur d'une confrontation totale avec toi-même. au lieu de fuir ta propre peau, rapproche-toi de toi-même dans l'amour et la confiance. Les Épinards demandent une renaissance, en ce sens qu'ils exhortent l'être humain à opter pour un fonctionnement optimal à l'intérieur de son propre foyer terrestre, de son propre corps. toutes les issues de secours sont barrées. L'être humain est forcé d'entrer intégralement dans son corps terrestre. Toute fuite est impossible puisqu'il se trouve confronté au langage de son JE : par l'intermédiaire de son corps terrestre. Il appartient à l'homme de considérer ce corps, non pas comme un obstacle ou une restriction mais plutôt comme un bien nécessaire à la prise de conscience de son JE, de son Contenu, afin de pouvoir parvenir à plus de vie et réaliser dans cette vie tout ce qui est bon pour son évolution. Il développera un sentiment de gratitude envers lui-même. Il se donnera toutes les chances de pouvoir être présent en lui-même, dans son corps, sur terre. Les Épinards résument : « Tu n'as qu'à te dire oui à toi-même ! »

Peut-être s'est-il sous-estimé, peut-être a-t-il sous-évalué le contenu de son JE et ne peut-il donc pas - ou ne veut-il pas - s'identifier entièrement à son MOI, dont le corps est un reflet. Inconsciemment, il souhaite peut-être continuer à habiter dans les vastes espaces de l'esprit. Cependant, immergé dans la sphère des Épinards, le corps lui dit : « Maintenant tu dois bien te reconnaître, t'estimer, te voir comme tu es. Tu ne peux plus t'éviter ! Tu es poussé vers et en toi-même et tu devras t'accepter, te reconnaître et t'intégrer totalement. »

A présent, l'être humain dit oui sans réserve à son individualité, à son apparence terrestre, à la vie sur terre. Il cesse de se recroqueviller sur lui-même. Il ne s'enfuit plus loin de lui-même. Il ne se dissimule plus, il ne nie plus - même inconsciemment - la richesse de ses possibilités. Il assume sa responsabilité envers lui-même en tant que JE. Il reste debout, fort dans son épine dorsale, solidement planté sur ses pieds,. Il ne refuse pas l'intense contact intime avec son JE dans son entièreté, ni d'ailleurs les "contacts" terrestres en général : la sphère psychique des Épinards est ainsi très salutaire pour la peau.

Celui qui a une forte envie d'Épinards fera bien de s'estimer et de s'identifier avec la plus grande assurance à son corps terrestre. Il se donnera solidement "corps", au propre comme au figuré et ne se sentira nullement "étranger" à l'être terrestre qu'il est. Il ne sous-estimera plus le JE terrestre, il y entrera pleinement. Il restera présent au plus près de lui-même sans craindre le contact. La symbolique des Épinards rappelle que l'être humain possède en lui bien plus de choses qu'il ne le pense, qu'il lui suffit de s'ouvrir à sa propre grandeur, de conduire sa personne et son Contenu d'une main ferme… L en arrive à se réévaluer, se ressaisit énergiquement. Comme il prend conscience de sa réelle valeur, il ne se fuira plus. Les énergies ne circulent plus dans la frustration mais se mettent au service de la "croissance" sur quelque plan que ce soit.

Les Épinards disent à l'être humain de claquer les portes de toutes les issues de secours, de ne plus fermer les yeux à l'inconnu (en lui !) mais bien d'aller la découverte de sa "nature". Il s'apercevra que cet inconnu est beau et qu'il n'y a pas lieu de le fuir, que sa personne recèle bien plus de choses qu'il ne le croyait ! Il en viendra à apprécier la somptueuse grandeur de son incarnation terrestre… De nouvelles portes s'ouvrent à présent.

Les Épinards disent : " « Reste auprès de toi-même et déploie-toi à travers ton être physique,, terrestre. Il n'existe d'ailleurs aucune autre voie de Vie véritable. Rapproche-toi intimement de toi-même, de tes sentiments, et être dans ton corps. C'est seulement par ce lien d'union puissant et vivant que tu pourras véritablement prendre racine : ^planté dans la terre comme un immortel. »

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