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  • Anne

Le Trèfle





Étymologie :

  • TRÈFLE, subst. masc.

Étymol. et Hist. A. 1. 1314 tresfle « (plante) » (Chirurgie Henri de Mondeville, éd. A. Bos, 2068) ; 1762 trèfle d'eau (Ac.) ; 1845 trèfle cornu (Besch.) ; 2. mil. xve s. treffle a quatre fueilles (Evangile des Quenouilles, éd. M. Jeay, p. 92) ; 3. 1552 « une des deux couleurs noires du jeu de cartes » (Rabelais, Quart livre, éd. R. Marichal, p. 64) ; 1661 « carte de cette couleur » (Molière, Fâcheux, II, 2) ; 4. 1681 treffle hérald. (Menestrier, Abrégé des principes héraldiques, p. 131) ; 5. 1694 archit. « ornement en forme de trèfle » (Corneille) ; 6. 1831 « épaulette des musiciens et des gendarmes » (Description de l'uniforme..., in P. J. Bemelmans, Recueil administratif, t. III, p. 536 ds Quem. DDLt. 16) ; 7. 1876 « partie libre d'une dent présentant trois tubercules imitant la forme d'un trèfle » (Lar. 19e) ; 8. 1964 « croisement de grandes routes » (Lar. encyclop.). B. Arg. 1. 1725 « tabac » (Grandval, Vice puni, p. 99) ; 2. 1864 « argent » (ds Esn.). Du gr. τ ρ ι ́ φ υ λ λ ο ν « trèfle », neutre subst. de l'adj. τ ρ ι ́ φ υ λ λ ο ς « à trois feuilles ».

Lire aussi la définition du nom pour amorcer la réflexion symbolique.


Botanique :

Fiche Tela Botanica du trèfle alpestre.


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Symbolisme :


On apprend dans le Dictionnaire des symboles (1ère édition, 1969 ; édition revue et corrigée Robert Laffont, 1982) de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant que :


"Dans l'art chrétien, les formes trifoliées, les arcs trilobés, qui rappellent l'élégance du feuillage du trèfle, symbolisent la Trinité. "

Selon Ted Andrews, dans Le Monde enchanteur des Fées (1993, 2006),


"Les fées de cette plante ressemblent souvent à des elfes. Il n'est pas rare de voir un farfadet dans un champ de trèfles. Elles nous aident à développer nos facultés psychiques. Elles n'hésitent pas à se révéler aux personnes qui aiment la nature et la traitent bien. Très souvent, elles se manifestent dans un premier temps sous l'aspect d'étincelles voletant autour du trèfle. Les fées du trèfle blanc sont plus puissantes et plus visibles en période de pleine lune.

De l'eau ordinaire se transformera en eau enchantée si on y fait infuser du trèfle cueilli dans les champs fréquentés par les fées. S'en baigner les yeux permet d'apercevoir les fées qui se trouvent à proximité."

Dans Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont S.A.S., 1995, 2019) proposé par Éloïse Mozzani, on apprend que :


Si Sophocle considérait le trèfle comme une plante vénéneuse, Pline, rapportant les croyances des Anciens, a évoqué ses qualités médicinales contre les morsures de serpents et les piqûres de scorpion, ainsi que contre l'empoisonnement. "Je note encore, écrivait-il dans son Histoire naturelle (livre XXI), que la graine de l'espèce à toutes petites feuilles, en enduit sur le visage, est utile aux femmes pourpréserver l'éclat de leur peau."

On soutenait que les chevaux de Zeus acquéraient leur force en mangeant du trèfle tandis qu'Homère attribuait à laplante l'immortalité et le pouvoir de donner richesse et protection.

Les druides le considéraient comme une herbe très bénéfique, notamment parce qu'elle annonce l'orage en redressant ses feuilles. Plus tard, la légende chrétienne a assis définitivement son excellente réputation : le trèfle a servi d'oreiller à l'enfant Jésus et, "en plein hiver, a épanoui ses jolies fleurs sous sa tête". On rapporte également que saint Patrick citait le trèfle et ses trois folioles "pour expliquer le mystère de la Trinité aux Irlandais". Le diable tenta bien sûr de faire disparaître l'herbe bénéfique, en filant autrour d'elle la cuscute, plante nuisible et parasite (croyance du nord de la Bretagne).

Le trèfle, qui permet à celui qui en porte quelques brins de se livrer sans danger à la magie, peut servir à un envoûtement d'amour : celui qui a été trempé dans de l'eau bénite, comme dans le Cher, ou la fleur de trèfle incarnat, comme en Bretagne, rend irrésistible. En Espagne, le trèfle cueilli à la Saint-Jean et conservé dans sa maison est une amulette précieuse qui, en souvenir de sa présence dans l'étable de Bethléem, reverdit le jour de Noël. Enfin, rêver de cette plante herbacée est de bon augure.

Toutefois, on croit dans la Drôme, que les vaches qui mangent des fleurs de trèfle meurent et, dans le Maine-et-Loire, que celui qui a été semé un "jour sans R" (c'est-à-dire ni mardi, ni mercredi, ni vendredi), fait enfler les bêtes.

Plante bénéfique, le trèfle l'est assurément mais ce n'est rien au regard des pouvoirs exceptionnels du trèfle à quatre feuilles.

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Eric Pier Sperandio, auteur du Grimoire des herbes et potions magiques, Rituels, incantations et invocations (Editions Québec-Livres, 2013), présente ainsi le Trèfle (Trifolium) : "C'est une plante herbacée, aux feuilles composées habituellement de trois folioles, aux fleurs groupées en capitules ou en épis, qui pousse dans les prairies des régions tempérées.


Propriétés médicinales : Le trèfle est reconnu comme un puissant diurétique et expectorant. Une infusion de fleurs de trèfle rouge est bonne pour activer le foie et la vésicule biliaire. C'est aussi en laxatif très doux recommandé dans le cas d'intestin paresseux.


Genre : Masculin.


Déités : Isis.


Propriétés magiques : Chance ; Protection ; Réussite ; Argent.


Applications :

SORTILÈGES ET SUPERSTITIONS :

  • Si vous trouvez un trèfle à deux feuilles, vous aurez bientôt un amoureux.

  • Le trèfle à trois feuilles sert de protection contre les attaques de magie noire.

  • Le trèfle à quatre feuilles est un symbole universel de chance.

  • Un trèfle à cinq feuilles est un talisman très puissant pour attirer la chance et l'argent.

TISANE DE CHANCE ET D'ABONDANCE (pour vivre une existence pleine de chance et d'abondance) :

Ce dont vous avez besoin :

  • 5 mL (1 c. à thé) de fleurs de trèfle

  • 5 mL (1 c. à thé) de fleurs de camomille

  • 250 mL (1 tasse) d'eau

  • 5 mL (1 c. à thé) de miel

Rituel :

Ébouillantez les fleurs de trèfle et de camomille avec l'eau ; ajoutez-y le miel. Brassez le tout en disant :


Que les dieux m'accordent une vie bénie

Que la chance et la prospérité soient miennes

Que tout au long de mon chemin de vie

Tout ce qui est bon et beau m'appartienne.


Buvez cette tisane tous les jours pour entretenir ce sentiment."

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Symbolisme celte :

Selon Philip et Stephanie Carr-Gomm dans L'Oracle druidique des plantes, Travailler avec la flore de la Tradition (traduction française 2006), les mots clés associés à cette plante sont :


en "position droite : Sagesse - Santé - Chance

en position inversées : Venin - Libération - Assimilation.


Le trèfle est une plante pérenne abondante dans les prairies de l'Europe, de l'Asie et de l'Amérique du Nord. Il existe de nombreuses variétés, dont le trèfle blanc, le trèfle violet, la patte-de-lièvre, le trèfle étoilé. Le trèfle violet est le pus utilisé par la phytothérapie et l'homéopathie. Le trèfle présente d'ordinaire trois feuilles, à l'occasion quatre.

La carte montre le puits de Segais, la source mythique du fleuve Boyne d'Irlande. Le saumon de sagesse nage dans ce bassin sacré, ombragé par des noisetiers. De temps à autre, une noisette tombe, et le saumon s'en nourrit. A l'arrière-plan, on voit un trèfle des prés (Trifolium pratense) en fleur.


Sens en position droite. Depuis des temps anciens, on dit que celui qui trouve un trèfle à quatre feuilles aura de la chance. tirer cette carte dans une lecture est extrêmement propice et annonce que vous êtes sur le point de connaître la chance.

Dans le folklore du Sussex, les quatre feuilles d'un trèfle sont censées représenter la célébrité, la richesse, la santé et l'amour loyal - vous obtiendrez peut-être l'une ou plusieurs de ces choses. Rêver de trèfle est considéré comme n présage de chance et de santé, et le sage comprend que la plus grande richesse n'est pas l'argent, mais la santé. Si on trouve la sagesse ainsi que la santé, on baigne dans la chance, quelle que soit sa fortune. Le puits de Segais, montré par la carte, est pour les druides une source de sagesse où ils renouvellent leur corps et                                                                                          leur esprit.


Sens en position inversée. On dit que saint Patrick avait éloigné les serpents de l'Irlande en frappant l'un d'entre eux d'un bâton tréflé. Pour certains, le terme "serpents" désigne en fait les druides, car on se référait souvent à eux comme au "peuple serpent" ou "hommes vipères". Tirer cette carte inversée signale que vous tentez de vous libérer de quelque chose d'indésirable, de troublant, de nuisible même, d'une habitude ou d'une anxiété qui vous tracasse, peut-être d'une chose qui vous inhibe ou qui entrave votre croissance. Cette carte invite à réfléchir d'abord à ce que vous avez appris de ce que vous désirez bannir. En dose infime, le venin du serpent peut être curatif :; d'une manière ou d'une autre, l'expérience de la difficulté, ou même de la toxicité, peut s'avérer nécessaire à votre développement en tant qu'être humain. Avant que vous soyez capable d'avancer, vous devez intégrer cette compréhension dans votre conscience.

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Sur les pas de Dame Ceridwen

Le trèfle a servi de plante magique pendant des siècles en Irlande, en Grande-Bretagne et en Europe continentale. Selon certains experts, le "triskèle", motif populaire de l'art celte, est une représentation stylisée de la feuille trilobée du trèfle. Pour les druides, c'est l'un des symboles les plus importants - les trois rayons de lumière symbolisant les points où le soleil se lève lors des solstices et des équinoxes et les trois degrés de leurs enseignements : arde, ovate et druide.

Lors de la cérémonie druidique d'Alban Eilir, l'équinoxe de printemps, le trèfle est utilisé au moment clé du rituel pour représenter le pouvoir vivant des trois rayons de lumière du trèfle poussant dans les traces de pas de Dame Ceridwen.

La plante est aussi associée à la fête de Beltaine du 1er mai. En France et en Allemagne, les jeunes femmes se baignaient à l'aube dans la rosée des trèfles - coutume adoptée par les druides modernes. De même, le trèfle est associé à la troisième fête - Alban Hefin, le solstice d'été. En France, pour que sa famille jouisse de chance, une pucelle devait trouver un trèfle à quatre feuilles la nuit précédant le solstice. La Saint-Jean (quelques jours après le solstice) était considérée comme propice pour prédire l'amour en se servant d'un trèfle.

L'association du trèfle avec la période entourant l'équinoxe de printemps peut être vue comme une connexion avec Saint Patrick et sa fête, le 17 mars. La légende raconte qu'il s'était servi d'un trèfle pour enseigner la doctrine de la Trinité. le trèfle (Seamraig) a fini par devenir le symbole national de l'Irlande, comme la rose pour l'Angleterre, le chardon pour l’Écosse et la jonquille ou le poireau pour le Pays de Galles.

Selon Dioscoride, le trèfle soignait les fièvres et les inflammations de l'aine. Les herboristes l'utilisent pour traiter la toux. A l'époque médiévale, sa modeste feuille était devenue un symbole du vrai amour, terrestre et divin, et avait influencé l'architecture - l'arche gothique trilobée - et les cartes à jouer - la suite des trèfles. Au Tarot, cette suite équivaut à celle des bâtons - associée généralement à l'élément feu, représentant l'inspiration, l'awen."

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Croyances populaires :


D'après Véronique Barrau, auteure de Plantes porte-bonheur (Éditions Plume de carotte, 2012),


"Longue est la liste des plantes considérées jadis comme facteurs de chance et tombées dans l'oubli depuis que le paysage des superstitions, érodé par la science et la vie moderne, s'est éclairci. Plus aucun sachet renfermant des graines de blé et d'avoine n'est accroché aux portes des maisons pour contrer l'invasion nocturne des lutins. Plus aucun soldat italien de garde sur lui des feuilles cueillies sur un chêne foudroyé pour devenir invincible. Seuls quelques végétaux phare ont résisté à l'enchantement de l'oubli, le trèfle à quatre feuilles en est un témoignage vivant. Or, le même végétal pourvu de trois feuilles (le trèfle ordinaire) eut lui aussi sa part de gloire puisqu'il fut non seulement considéré comme porte-bonheur mais aussi comme réel facteur de prospérité.


L'habit ne fait pas le moine : Ce n'est pas parce que le trèfle a bonne réputation qu'il faut lui donner son entière confiance. Les paysans de Maine et Loire doivent ainsi à tout prix éviter de semer leurs graines un "jour sans R", tels le lundi ou le jeudi. Sans quoi, leur bétail mis en pâture sur ces champs souffrirait de gonflements.


Des agriculteurs bienheureux : Longtemps accusé d'appauvrir les champs et de provoquer des maladies aux ruminants, le trèfle dut sa réhabilitation à des hommes passionnés démontrant les nombreuses vertus découlant de son exploitation. Outre sa culture facile sans apports nécessaires d'engrais azotés, on vantait sa capacité à assurer l'alimentation du bétail et son rôle enrichisseur de la terre. Il n'est pas étonnant que le trèfle, considéré autrefois comme la "base la plus sûre de l'économie rurale" et "l'une des sources d'où découle le bonheur de la vie sociale", fut empreint d'une symbolique rattachée à la chance. D'autant plus qu'une autre raison, liée cette fois à la religion, confortait la réputation du trèfle porte-bonheur.


Galon de trèfle : Au XVIe siècle, J.-C. Schubart, agronome allemand, constat au cours de ses voyages combien le bétail se portait à merveille dans les contrées où abondait le trèfle. Fort de ce constat, il bouscula les pratiques agricoles de son pays, jusqu'alors basées sur la culture intensive des céréales, en promouvant le trèfle Sa propre exploitation devint un modèle de prospérité si réputé que l'empereur anoblit l'agronome en lui donnant le tire de Seigneur de Kleefeld, comprenez "Seigneur de champ de trèfle".


Le trèfle miraculeux : Selon la tradition chrétienne, la nuit où naquit l'enfant Jésus fut auréolée d'événements surnaturels. Couché sur un lit de paille, le nourrisson reposait sa tête sur un tapis de trèfles qui, au contact divin, fleurit malgré la froide saison. En souvenir de ce miracle, les Espagnols gardaient précieusement quelques trèfles cueillis au cours de la Saint-Jean car ils attribuaient à ces amulettes le pouvoir de reverdir à Noël. Le trèfle cueilli en toute saison aurait également des vertus protectrices.

Les personnes pratiquant la sorcellerie portaient toujours quelques brins afin de ne pas subir les écueils de flux magiques. Le poète grec Homère, né au IXe siècle av. J.C., rejoignait ces croyances quand il déclarait le trèfle comme une bienfait préservant du mal. Mais il conférait également à la plante la capacité de rendre son propriétaire riche et immortel."

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