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  • Anne

Le Trèfle



Étymologie :

  • TRÈFLE, subst. masc.

Étymol. et Hist. A. 1. 1314 tresfle « (plante) » (Chirurgie Henri de Mondeville, éd. A. Bos, 2068) ; 1762 trèfle d'eau (Ac.) ; 1845 trèfle cornu (Besch.) ; 2. mil. xve s. treffle a quatre fueilles (Evangile des Quenouilles, éd. M. Jeay, p. 92) ; 3. 1552 « une des deux couleurs noires du jeu de cartes » (Rabelais, Quart livre, éd. R. Marichal, p. 64) ; 1661 « carte de cette couleur » (Molière, Fâcheux, II, 2) ; 4. 1681 treffle hérald. (Menestrier, Abrégé des principes héraldiques, p. 131) ; 5. 1694 archit. « ornement en forme de trèfle » (Corneille) ; 6. 1831 « épaulette des musiciens et des gendarmes » (Description de l'uniforme..., in P. J. Bemelmans, Recueil administratif, t. III, p. 536 ds Quem. DDLt. 16) ; 7. 1876 « partie libre d'une dent présentant trois tubercules imitant la forme d'un trèfle » (Lar. 19e) ; 8. 1964 « croisement de grandes routes » (Lar. encyclop.). B. Arg. 1. 1725 « tabac » (Grandval, Vice puni, p. 99) ; 2. 1864 « argent » (ds Esn.). Du gr. τ ρ ι ́ φ υ λ λ ο ν « trèfle », neutre subst. de l'adj. τ ρ ι ́ φ υ λ λ ο ς « à trois feuilles ».

Lire aussi la définition du nom pour amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Trifolium ; Clave ; Herbe à veaux ; Mayé ; Pégnolé ; Petit Trèfle ; Routelot ; Téoulétou (petite tuile) ; Trable ; Trannène ; Tranière ; Travesne ; Trèfle des prés ; Trèfle piqué ; Trémêne ; Trénaude ; Tribouré ; Trifiol ; Trioupe ; Troulé ;

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Botanique :

Fiche Tela Botanica du trèfle alpestre.

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Symbolisme :


Selon Pierre Zaccone, auteur de Nouveau langage des fleurs avec la nomenclature des sentiments dont chaque fleur est le symbole et leur emploi pour l'expression des pensées (Éditeur L. Hachette, 1856) :


TRÈFLE - INCERTITUDE.

Plante qui vient naturellement dans les prés, et dont les feuilles, de forme ronde, sont attachées, trois à trois, à une même queue. On en connaît cent quarante espèces.

 

On apprend dans le Dictionnaire des symboles (1ère édition, 1969 ; édition revue et corrigée Robert Laffont, 1982) de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant que :


"Dans l'art chrétien, les formes trifoliées, les arcs trilobés, qui rappellent l'élégance du feuillage du trèfle, symbolisent la Trinité. "

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Emma Faucon, autrice d'un ouvrage intitulé Le langage des fleurs. (Théodore Lefèvre Éditeur, 1860) rapporte plusieurs exemples qui créent une forme de baromètre botanique :


Trèfle. — Quand le trèfle redresse ses tiges , il faut s'attendre à une pluie assez prochaine.

Trèfle des prés. — Si vous voyez cette espèce de trèfle se fermer, hâtez-vous de chercher un abri, car la tempête va éclater.

 

Pour Scott Cunningham, auteur de L'Encyclopédie des herbes magiques (1ère édition, 1985 ; adaptation de l'américain par Michel Echelberger, Éditions Sand, 1987), le Trèfle (Trifolium) a les caractéristiques suivantes :


Trois espèces très voisines sont répandues dans le monde entier où on les trouve partout dans les prairies :

  • le Trèfle blanc (Trifolium repens), à fleurs blanc-crème ;

  • le Trèfle hybride (Trifolium elegans), à fleurs rosées ;

  • le Trèfle violet (Trifolium pratense)

Genre : Masculin

Planète : Mercure

Élément : Air

Pouvoir : Protection ; Chance ; Exorcisme.


Saint Patrick était désolé car il ne parvenait pas à faire comprendre aux Irlandais le mystère de la Trinité. Un jour qu'il prêchait à l'entrée d'un village, il se baissa pour cueillir une feuille de Trèfle et la montra. Ce fut l'illumination ! Mais le saint n'était pas au bout de ses peines. Il ne put se coucher ce soir-là, ne put même pas dire ses prières, débordé qu'il était à courir de maison en maison pour exhorter ses ouailles à la tempérance, car les Irlandais étaient si heureux de cette découverte qu'ils voulaient la fêter en se soûlant toute la nuit.


Utilisation rituelle : Les druides avaient une grande vénération pour le Trèfle qui était pour eux une herbe météorologique de bon augure (à l'approche d'un orage, les Trèfles redressent leurs feuilles).

Parmi les dessins, les fresques qui ornent les tombeaux romains, on a remarqué plusieurs fois une figure tenant ou observant un Trèfle.

Une touffe de ces herbes posée sur le rebord de la fenêtre d'une fille indique symboliquement qu'elle est d'une famille où il y a eu beaucoup d'enfants, que tous ces enfants ont bien fait leur chemin dans la vie, et qu'il ne tient qu'à elle de perpétuer la tradition : elle aussi sera mère d'une famille nombreuse qui lui procurera beaucoup de satisfactions, si elle sait bien choisir son compagnon.


Utilisation magique : Nous avons trouvé une croyance nettement maléfique : si une femme suce les fleurs du Trèfle violet, toutes ses vaches crèveront (Drôme).

Dans une maison hantée on entendait, la veille des fêtes de la Sainte Vierge, un être invisible qui pilait de la graine de Trèfle ; des médailles de saint Benoît mises partout dans le bâtiment firent cesser ces bruits insolites (Argentré, Mayenne).

Mais l'unanimité se fait sur le célèbre Trèfle à quatre feuilles ; partout dans le monde occidental, celui qui trouve ces Trèfles exceptionnels est sûr d'avoir le bonheur, la chance.

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Selon Ted Andrews, dans Le Monde enchanteur des Fées (1993, 2006),


"Les fées de cette plante ressemblent souvent à des elfes. Il n'est pas rare de voir un farfadet dans un champ de trèfles. Elles nous aident à développer nos facultés psychiques. Elles n'hésitent pas à se révéler aux personnes qui aiment la nature et la traitent bien. Très souvent, elles se manifestent dans un premier temps sous l'aspect d'étincelles voletant autour du trèfle. Les fées du trèfle blanc sont plus puissantes et plus visibles en période de pleine lune.

De l'eau ordinaire se transformera en eau enchantée si on y fait infuser du trèfle cueilli dans les champs fréquentés par les fées. S'en baigner les yeux permet d'apercevoir les fées qui se trouvent à proximité."

 

Dans Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont S.A.S., 1995, 2019) proposé par Éloïse Mozzani, on apprend que :


Si Sophocle considérait le trèfle comme une plante vénéneuse, Pline, rapportant les croyances des Anciens, a évoqué ses qualités médicinales contre les morsures de serpents et les piqûres de scorpion, ainsi que contre l'empoisonnement. "Je note encore, écrivait-il dans son Histoire naturelle (livre XXI), que la graine de l'espèce à toutes petites feuilles, en enduit sur le visage, est utile aux femmes pour préserver l'éclat de leur peau."

On soutenait que les chevaux de Zeus acquéraient leur force en mangeant du trèfle tandis qu'Homère attribuait à la plante l'immortalité et le pouvoir de donner richesse et protection.

Les druides le considéraient comme une herbe très bénéfique, notamment parce qu'elle annonce l'orage en redressant ses feuilles. Plus tard, la légende chrétienne a assis définitivement son excellente réputation : le trèfle a servi d'oreiller à l'enfant Jésus et, "en plein hiver, a épanoui ses jolies fleurs sous sa tête". On rapporte également que saint Patrick citait le trèfle et ses trois folioles "pour expliquer le mystère de la Trinité aux Irlandais". Le diable tenta bien sûr de faire disparaître l'herbe bénéfique, en filant autour d'elle la cuscute, plante nuisible et parasite (croyance du nord de la Bretagne).

Le trèfle, qui permet à celui qui en porte quelques brins de se livrer sans danger à la magie, peut servir à un envoûtement d'amour : celui qui a été trempé dans de l'eau bénite, comme dans le Cher, ou la fleur de trèfle incarnat, comme en Bretagne, rend irrésistible. En Espagne, le trèfle cueilli à la Saint-Jean et conservé dans sa maison est une amulette précieuse qui, en souvenir de sa présence dans l'étable de Bethléem, reverdit le jour de Noël. Enfin, rêver de cette plante herbacée est de bon augure.

Toutefois, on croit dans la Drôme, que les vaches qui mangent des fleurs de trèfle meurent et, dans le Maine-et-Loire, que celui qui a été semé un "jour sans R" (c'est-à-dire ni mardi, ni mercredi, ni vendredi), fait enfler les bêtes.

Plante bénéfique, le trèfle l'est assurément mais ce n'est rien au regard des pouvoirs exceptionnels du trèfle à quatre feuilles.

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Eric Pier Sperandio, auteur du Grimoire des herbes et potions magiques, Rituels, incantations et invocations (Editions Québec-Livres, 2013), présente ainsi le Trèfle (Trifolium) :


"C'est une plante herbacée, aux feuilles composées habituellement de trois folioles, aux fleurs groupées en capitules ou en épis, qui pousse dans les prairies des régions tempérées.


Propriétés médicinales : Le trèfle est reconnu comme un puissant diurétique et expectorant. Une infusion de fleurs de trèfle rouge est bonne pour activer le foie et la vésicule biliaire. C'est aussi en laxatif très doux recommandé dans le cas d'intestin paresseux.


Genre : Masculin.


Déités : Isis.


Propriétés magiques : Chance ; Protection ; Réussite ; Argent.


Applications :

SORTILÈGES ET SUPERSTITIONS :

  • Si vous trouvez un trèfle à deux feuilles, vous aurez bientôt un amoureux.

  • Le trèfle à trois feuilles sert de protection contre les attaques de magie noire.

  • Le trèfle à quatre feuilles est un symbole universel de chance.

  • Un trèfle à cinq feuilles est un talisman très puissant pour attirer la chance et l'argent.

TISANE DE CHANCE ET D'ABONDANCE (pour vivre une existence pleine de chance et d'abondance) :

Ce dont vous avez besoin :

  • 5 mL (1 c. à thé) de fleurs de trèfle

  • 5 mL (1 c. à thé) de fleurs de camomille

  • 250 mL (1 tasse) d'eau

  • 5 mL (1 c. à thé) de miel

Rituel : Ébouillantez les fleurs de trèfle et de camomille avec l'eau ; ajoutez-y le miel. Brassez le tout en disant :

Que les dieux m'accordent une vie bénie

Que la chance et la prospérité soient miennes

Que tout au long de mon chemin de vie

Tout ce qui est bon et beau m'appartienne.


Buvez cette tisane tous les jours pour entretenir ce sentiment."

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Doreen Virtue et Robert Reeves proposent dans leur ouvrage intitulé Thérapie par les fleurs (Hay / House / Inc., 2013 ; Éditions Exergue, 2014) une approche résolument spirituelle du Trèfle :


Nom botanique : Trifolium spp.


Variétés communes : Trèfle blanc (Trifolium repens) et trèfle rouge ou trèfle des prés (Trifolium pratense).


Propriétés énergétiques : Incite à la persévérance ; rappelle de demander de l'aide ; pousse vers l'avant ; attire l'argent et assure l'accomplissement des objectifs financiers.


Archanges correspondants : Jérémiel, Raziel et Uriel.


Chakras correspondants : chakra racine ; chakra du cœur ; chakra coronal.


Propriétés curatives : Les gens ont tendance à se focaliser sur les feuilles du trèfle en raison de l'idée de porte-bonheur qui leur est associée. Ici, nous parlerons plutôt de la fleur. Dans de nombreux pays, le trèfle pousse abondamment, ce qui le rend facilement accessible pour la plupart des gens. On en fait des guirlandes aux puissantes propriétés bienfaisantes puisqu'elles aident à aller de l'avant et à attirer la sécurité financière. Plus cette fleur sera physiquement proche de vous, mieux vous vous porterez. Vous pouvez en transporter une dans votre poche ou dans votre sac à main pour bénéficier de ses bienfaits tout au long de la journée.

Vous pouvez également essayer de confectionner une guirlande de trèfles toute simple. Commencez par en cueillir quelques dizaines. Sur chaque tige, faites un petit trou de la grosseur du chas d'une aiguille - il est plus facile de le faire à l'aide d'un ongle. Ensuite, insérez la tige de chaque fleur dans le trou de la précédente. Continuez ainsi jusqu'à ce que vous obteniez une longue guirlande d'abondance magique.


Message du Trèfle : « Bien que je sois une fleur sans prétention, je vous transmets une énergie de persévérance. Dans les moments difficiles, je vous aide à maintenir le cap. Vous êtes capable de vus sortir des épreuves, mais n'est pas nécessaire de le faire seul ; sachez demander de l'aide. Celle-ci peut vous être apportée par les anges si vous leur en donnez la permission en les invitant dans votre vie.

Je peux vous aider à réaliser vos rêves financiers et vous apporter dès maintenant une merveilleuse prospérité. Vous n'aurez plus l'impression que le fameux chaudron d'or magique est inaccessible, car je le mettrai à votre portée. Votre heure de gloire est arrivée. Je sais que vous avez fait des efforts considérables et je souhaite récompenser votre dévouement. »

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Contre toute attente, on s'aperçoit que le Trèfle alpin a une caractéristique obsidionale, qui rattache la plante à la conquête militaire et lui donne des vertus martiennes.

Ainsi, dans un article intitulé "Ces plantes de la guerre que l’on nomme obsidionales" (In : Études touloises, 2015, n°151, pp. 7-19) François Vernier nous raconte de manière précise les circonstances de l'implantation du Trèfle alpin dans les Vosges :


L’adjectif obsidional signifie « qui concerne le siège militaire ». Les botanistes utilisent ce terme, par extension, pour les végétaux qui ont été propagés lors des conflits armés ou des occupations militaires.

[...]

Trèfle alpin (Trifolium alpinum L.)

Le trèfle alpin fait partie des plantes montagnardes que l’on trouve naturellement dans les prairies, les pelouses, et sur les rocailles des Alpes, des Pyrénées et du Massif Central. Dans les Vosges, une seule localité est connue sur la chaume du Tanet-Gazon du Faing. Cette espèce n’était pas inventoriée du temps de GODRON, malgré les nombreuses expéditions que pouvaient faire les botanistes lorrains ou alsaciens sur les pelouses subalpines vosgiennes. Il faut rechercher son origine dans les faits de guerre et connaître les régiments qui ont traversé les terrains aujourd’hui encore occupés par cette légumineuse.

Le 6e bataillon alpin des chasseurs à pied basé à Nice est intervenu à plusieurs reprises sur le front dans les Vosges alsaciennes sur le site bien connu du Linge. Il est en manœuvres alpines depuis le mois de juin 1914, lorsqu’il est rappelé fin juillet en urgence. Ce bataillon arrive à Vézelise en Meurthe-et-Moselle le 10 août 1914. Il intervient à partir du 13 août dans le Lunévillois et en Moselle du Sud, jusque début septembre. Il sera amené plusieurs fois à participer à la défense du front sur la ligne Linge, Schratz, Barrenkopf. Partant du cantonnement situé à Ruxurieux sur la commune de Corcieux il se rend sur le front par le chemin le plus direct qui passe par Plainfaing, le Rudlin et le Tanet-Gazon-du-Faing pour redescendre sur le Reisberg puis le Linge. Les ânes sont les meilleurs animaux pour transporter le matériel et les victuailles.

Les ânes du 6e bataillon alpin des chasseurs à pied sont donc les vecteurs du trèfle alpin, soit par le fourrage qui leur est donné, soit par leurs déjections. Pourquoi ce trèfle ne se trouve qu’en un seul endroit sur le massif vosgien ? Quelques hypothèses peuvent être émises. L’endroit où il se trouve est peut-être une place de repos des ânes après une montée rude à partir du Rudlin. C’est également une place en pleine lumière, le trèfle est une plante héliophile (qui aime la pleine lumière). L’altitude est également un élément favorable à l’installation de cette espèce. Enfin le terrain acide est propice au développement de ce trèfle.

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Maïa Toll, auteure de L'Herbier du chaman, 36 cartes divinatoires, A la rencontre de la magie des plantes (Édition originale 2020 ; Édition française : Larousse, 2021) nous révèle les pouvoirs du Trèfle des prés (Trifolium pratense) :


Mot-clef : Centrage et ancrage


Cette plante fourragère de culture courante sert à nourrir les chevaux, les vaches, les moutons, les chèvres et tous les autres animaux que les humains font pâturer. Elle plane vos pieds au sol tout en vous encourageant à parcourir quelques kilomètres ou à vous plonger dans ce projet artistique que vous évitiez jusque-là. Le trèfle des prés veut vous voir bouger - dans votre corps comme dans votre tête ! Il aime les actions ancrées et, si vous êtes suffisamment centrée, il va se faire un plaisir de vous donner le courage (du latin cor qui signifie « cœur ») de vous lancer et d'avancer.

Audacieux sans être imprudent, le trèfle des prés vous stimule pour vous permettre de vous révéler pleinement.


Rituel : Énergie ancrée et en mouvement

Une énergie à la fois ancrée et en mouvement peut sembler contradictoire, mais cet exercice va vous aider à sentir ces deux forces agir main dans la main.

Debout, écartez ls pieds de la largeur des épaules, bras relâchés le long du corps, et regardez devant vous.

Imaginez qu'une ficelle vous tire vers le haut à partir du sommet du crâne et que deux autres tirent vos pieds vers le centre de la terre. C'est la posture de la Montagne en yoga : elle vous apprend l'énergie de l'immobilité.

A présent, soyez attentive à votre respiration : inspirez en gonflant le ventre, puis expirez à fond. c'est l'énergie en mouvement.

Enfin, visualisez le trèfle des prés et invitez-le dans votre cœur à mesure que votre énergie s'accroît.


« Les tempêtes incitent les arbres à s'enraciner plus profondément. » (Dolly Parton)


Réflexion : Stop à la réactivité

Souvent, nous nous épuisons à dépenser notre énergie - physique, mentale ou émotionnelle - par à-coups, au lieu d'ne assurer une distribution régulière. Le trèfle des prés nous aide à ancrer nos actions, à exploiter notre vitalité pour avancer vers un but.

BILAN DE LA SEMAINE DERNIERE : Vous rappelez-vous des moments où vous étiez survoltée, surexcitée, où vous avez dépassé la mesure ou réagi de façon disproportionnée ? Peut-être avez-vous force lors d'une randonnée ? Ou fait des promesses impossibles à tenir à votre chef ou à un(e) ami(e) ? Ou éprouvé une impatience terrible, voire un accès de colère en voyant le conducteur devant vous ralentir à l'excès avant de tourner à droite ? Ou encore fulminé derrière un sourire de façade en voyant la personne devant vous à la caisse compter toute sa petite monnaie ?

Maintenant, rappelez-vous un moment où vous avez agi de façon centrée et ancrée - où vous étiez lucide et mesurée dans votre action ou votre réaction.

Comparez ce que vous avez éprouvé dans ces situations opposées. Localisez vos ressentis. Comment vous sentez-vous à l'intérieur quand vous êtes ancrée, centrée et tourner vers un objectif ? Repérez vos schémas répétitifs et organisez-vous de manière à éviter de réagir de façon excessive.

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Symbolisme celte :


D'après Angelo de Gubernatis, auteur de La Mythologie des plantes ou les légendes du règne végétal, tome 2 (C. Reinwald Libraire-Éditeur, Paris, 1882),


Les Druides avaient une grande vénération pour le trèfle, et on raconte que saint Patrice, pour expliquer le mystère de la Trinité aux Irlandais, leur montra du trèfle, où l’on voit trois feuilles sur une seule tige. Mais l’objet de la plus grande vénération est le trèfle à quatre feuilles : en Piémont, en Suisse, en France, si on trouve ce trèfle exceptionnel, on est presque sûr d’avoir du bonheur dans la vie ; les jeunes filles, après avoir trouvé ce trèfle, bientôt après trouveront un mari. Le trèfle joue un rôle essentiel dans un conte populaire météorologique de la Grande-Bretagne, traduit par M. Brueyre : « Un soir d’été, la fille vint traire les bêtes plus tard que de coutume ; les étoiles commençaient à scintiller quand elle termina sa tâche. Daisy (une vache enchantée) était justement la dernière qui restait à traire, et le seau était si plein, que la fille pouvait à peine l’élever jusqu’à sa tête. Avant de se relever, la fille prit une poignée d’herbes et de trèfles, et les disposa en guise de coussinet, afin de porter son fardeau plus commodément. Mais le trèfle n’eut pas plutôt touché sur sa tête, qu’elle distingua des centaines et des milliers de petites gens, s’empressant de tous les côtés autour de la vache, plongeant les mains dans le lait, et la retirant, avec des fleurs de trèfle qu’ils suçaient avec délices. L’herbe et les fleurs de trèfle montaient jusqu’au ventre de la vache ; des centaines de petites créatures couraient le long des herbes, en tenant des boutons d’or, des volubilis, des fleurs de digitale, pour recueillir le lait que Daisy laissait couler comme une pluie de ses quatre pis à la fois. Juste au-dessous des pis de la vache, la fille vit un lutin plus grand que les autres et qui pour mieux se régaler, s’était couché sur le dos) et, appuyant les talons sur le ventre du bel animal, tenait à pleines mains un des pis, qu’il tétait avidement, etc. Quand celle-ci (la gardienne des vaches) lui eut raconté ce dont elle avait été témoin, la maîtresse s’écria qu’elle devait avoir sur la tête un trèfle à quatre feuilles. Elle devinait juste. »

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Selon Philip et Stephanie Carr-Gomm dans L'Oracle druidique des plantes, Travailler avec la flore de la Tradition (traduction française 2006), les mots clés associés à cette plante sont :


en "position droite : Sagesse - Santé - Chance

en position inversées : Venin - Libération - Assimilation.


Le trèfle est une plante pérenne abondante dans les prairies de l'Europe, de l'Asie et de l'Amérique du Nord. Il existe de nombreuses variétés, dont le trèfle blanc, le trèfle violet, la patte-de-lièvre, le trèfle étoilé. Le trèfle violet est le pus utilisé par la phytothérapie et l'homéopathie. Le trèfle présente d'ordinaire trois feuilles, à l'occasion quatre.

La carte montre le puits de Segais, la source mythique du fleuve Boyne d'Irlande. Le saumon de sagesse nage dans ce bassin sacré, ombragé par des noisetiers. De temps à autre, une noisette tombe, et le saumon s'en nourrit. A l'arrière-plan, on voit un trèfle des prés (Trifolium pratense) en fleur.


Sens en position droite. Depuis des temps anciens, on dit que celui qui trouve un trèfle à quatre feuilles aura de la chance. tirer cette carte dans une lecture est extrêmement propice et annonce que vous êtes sur le point de connaître la chance.

Dans le folklore du Sussex, les quatre feuilles d'un trèfle sont censées représenter la célébrité, la richesse, la santé et l'amour loyal - vous obtiendrez peut-être l'une ou plusieurs de ces choses. Rêver de trèfle est considéré comme n présage de chance et de santé, et le sage comprend que la plus grande richesse n'est pas l'argent, mais la santé. Si on trouve la sagesse ainsi que la santé, on baigne dans la chance, quelle que soit sa fortune. Le puits de Segais, montré par la carte, est pour les druides une source de sagesse où ils renouvellent leur corps et leur esprit.


Sens en position inversée. On dit que saint Patrick avait éloigné les serpents de l'Irlande en frappant l'un d'entre eux d'un bâton tréflé. Pour certains, le terme "serpents" désigne en fait les druides, car on se référait souvent à eux comme au "peuple serpent" ou "hommes vipères". Tirer cette carte inversée signale que vous tentez de vous libérer de quelque chose d'indésirable, de troublant, de nuisible même, d'une habitude ou d'une anxiété qui vous tracasse, peut-être d'une chose qui vous inhibe ou qui entrave votre croissance. Cette carte invite à réfléchir d'abord à ce que vous avez appris de ce que vous désirez bannir. En dose infime, le venin du serpent peut être curatif :; d'une manière ou d'une autre, l'expérience de la difficulté, ou même de la toxicité, peut s'avérer nécessaire à votre développement en tant qu'être humain. Avant que vous soyez capable d'avancer, vous devez intégrer cette compréhension dans votre conscience.

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Sur les pas de Dame Ceridwen

Le trèfle a servi de plante magique pendant des siècles en Irlande, en Grande-Bretagne et en Europe continentale. Selon certains experts, le "triskèle", motif populaire de l'art celte, est une représentation stylisée de la feuille trilobée du trèfle. Pour les druides, c'est l'un des symboles les plus importants - les trois rayons de lumière symbolisant les points où le soleil se lève lors des solstices et des équinoxes et les trois degrés de leurs enseignements : arde, ovate et druide.

Lors de la cérémonie druidique d'Alban Eilir, l'équinoxe de printemps, le trèfle est utilisé au moment clé du rituel pour représenter le pouvoir vivant des trois rayons de lumière du trèfle poussant dans les traces de pas de Dame Ceridwen.

La plante est aussi associée à la fête de Beltaine du 1er mai. En France et en Allemagne, les jeunes femmes se baignaient à l'aube dans la rosée des trèfles - coutume adoptée par les druides modernes. De même, le trèfle est associé à la troisième fête - Alban Hefin, le solstice d'été. En France, pour que sa famille jouisse de chance, une pucelle devait trouver un trèfle à quatre feuilles la nuit précédant le solstice. La Saint-Jean (quelques jours après le solstice) était considérée comme propice pour prédire l'amour en se servant d'un trèfle.

L'association du trèfle avec la période entourant l'équinoxe de printemps peut être vue comme une connexion avec Saint Patrick et sa fête, le 17 mars. La légende raconte qu'il s'était servi d'un trèfle pour enseigner la doctrine de la Trinité. le trèfle (Seamraig) a fini par devenir le symbole national de l'Irlande, comme la rose pour l'Angleterre, le chardon pour l’Écosse et la jonquille ou le poireau pour le Pays de Galles.

Selon Dioscoride, le trèfle soignait les fièvres et les inflammations de l'aine. Les herboristes l'utilisent pour traiter la toux. A l'époque médiévale, sa modeste feuille était devenue un symbole du vrai amour, terrestre et divin, et avait influencé l'architecture - l'arche gothique trilobée - et les cartes à jouer - la suite des trèfles. Au Tarot, cette suite équivaut à celle des bâtons - associée généralement à l'élément feu, représentant l'inspiration, l'awen."

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Croyances populaires :


D'après Véronique Barrau, auteure de Plantes porte-bonheur (Éditions Plume de carotte, 2012),


"Longue est la liste des plantes considérées jadis comme facteurs de chance et tombées dans l'oubli depuis que le paysage des superstitions, érodé par la science et la vie moderne, s'est éclairci. Plus aucun sachet renfermant des graines de blé et d'avoine n'est accroché aux portes des maisons pour contrer l'invasion nocturne des lutins. Plus aucun soldat italien de garde sur lui des feuilles cueillies sur un chêne foudroyé pour devenir invincible. Seuls quelques végétaux phare ont résisté à l'enchantement de l'oubli, le trèfle à quatre feuilles en est un témoignage vivant. Or, le même végétal pourvu de trois feuilles (le trèfle ordinaire) eut lui aussi sa part de gloire puisqu'il fut non seulement considéré comme porte-bonheur mais aussi comme réel facteur de prospérité.

L'habit ne fait pas le moine : Ce n'est pas parce que le trèfle a bonne réputation qu'il faut lui donner son entière confiance. Les paysans de Maine et Loire doivent ainsi à tout prix éviter de semer leurs graines un "jour sans R", tels le lundi ou le jeudi. Sans quoi, leur bétail mis en pâture sur ces champs souffrirait de gonflements.


Des agriculteurs bienheureux : Longtemps accusé d'appauvrir les champs et de provoquer des maladies aux ruminants, le trèfle dut sa réhabilitation à des hommes passionnés démontrant les nombreuses vertus découlant de son exploitation. Outre sa culture facile sans apports nécessaires d'engrais azotés, on vantait sa capacité à assurer l'alimentation du bétail et son rôle enrichisseur de la terre. Il n'est pas étonnant que le trèfle, considéré autrefois comme la "base la plus sûre de l'économie rurale" et "l'une des sources d'où découle le bonheur de la vie sociale", fut empreint d'une symbolique rattachée à la chance. D'autant plus qu'une autre raison, liée cette fois à la religion, confortait la réputation du trèfle porte-bonheur.


Galon de trèfle : Au XVIe siècle, J.-C. Schubart, agronome allemand, constat au cours de ses voyages combien le bétail se portait à merveille dans les contrées où abondait le trèfle. Fort de ce constat, il bouscula les pratiques agricoles de son pays, jusqu'alors basées sur la culture intensive des céréales, en promouvant le trèfle Sa propre exploitation devint un modèle de prospérité si réputé que l'empereur anoblit l'agronome en lui donnant le tire de Seigneur de Kleefeld, comprenez "Seigneur de champ de trèfle".


Le trèfle miraculeux : Selon la tradition chrétienne, la nuit où naquit l'enfant Jésus fut auréolée d'événements surnaturels. Couché sur un lit de paille, le nourrisson reposait sa tête sur un tapis de trèfles qui, au contact divin, fleurit malgré la froide saison. En souvenir de ce miracle, les Espagnols gardaient précieusement quelques trèfles cueillis au cours de la Saint-Jean car ils attribuaient à ces amulettes le pouvoir de reverdir à Noël. Le trèfle cueilli en toute saison aurait également des vertus protectrices.

Les personnes pratiquant la sorcellerie portaient toujours quelques brins afin de ne pas subir les écueils de flux magiques. Le poète grec Homère, né au IXe siècle av. J.C., rejoignait ces croyances quand il déclarait le trèfle comme une bienfait préservant du mal. Mais il conférait également à la plante la capacité de rendre son propriétaire riche et immortel."

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Mythes et légendes :


D'après Angelo de Gubernatis, auteur de La Mythologie des plantes ou les légendes du règne végétal, tome 2 (C. Reinwald Libraire-Éditeur, Paris, 1882),


TREFLE (Sainfoin, sanctum foenum, medica sativa Dodonaei). — Herbe météorologique de bon augure. A l’approche de l’orage, ses feuilles se dressent. Dans un tombeau romain, on voit une figure qui représente l’été, avec du trèfle. En France, les jeunes filles le consultent le matin de la Saint-Jean, pour apprendre si elles feront un mariage heureux. C’est souvent de bon augure aussi, quand on en rêve : « Medicarium ad opes et incrementum personae refertur. Nam ubi semel saturn fuerit, ad annos ea cultura septem sufficit. Si quis medicario visus sibi fuerit agrum suum consevisse, de suis laboribus commodam beatamque vitam inveniet. Si videre visus fuerit in eodem agro medicarium feliciter provenisse, divitias ingentes et fidem bonam inveniet. Si visus sibi fuerit in thesauro semen ejus occlusisse, minore cum labore nobiliores opes consequetur. Si triturare medicarium visus sibi fuerit ut semen ejus accipiat per monetariam, et aurum et opes insignes consequetur, pro seminis collecti copia. Si satum parum feliciter provenisse visum ei per quietem fuerit, spes eum sua frustrabitur, et in paupertate vexabitur. Si·visus sibi fuerit ipsemet vesci medicario, pro modo manducationis ei calamitas hoc viso portenditur. (Apomasaris, Apotelesmala, Francfort, 1577, p.275.) D’après la légende chrétienne, le sainfoin a servi d’oreiller à l’enfant Jésus : « Quand le petit Jésus était dans la crèche, il se trouvait du sainfoin parmi les herbes sèches, qui lui servaient d’oreiller ; et tout à coup le sainfoin s’est mis, en plein hiver, à épanouir ses jolies fleurs autour de la tête de l’enfant. » (Theuriet, Le Filleul d’un marquis.)

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Dans Le Folk-Lore de la France, tome troisième, la Faune et la Flore (E. Guilmoto Éditeur, 1906) Paul Sébillot recense nombre de légendes populaires :


Dans la Suisse romande, on ne fait pas de semailles les jours de la semaine dans le nom duquel entre un R, parce que les oiseaux mangeraient le grain en Haute-Bretagne et en Vendée, cette interdiction s'applique au trèfle rose qui ne pousserait pas.

[...] Le trèfle rosé semé en croissant ferait enfler les vaches.

[...] On a grand soin sur le littoral du pays de Tréguier de ne jamais semer le trèfle à la basse-mer les vaches qui le mangeraient seraient exposées à crever. En Haute-Bretagne, il perd sa graine avant maturité, alors que semé à mer montante, il pousse très bien si on le sème quand la mer rapporte, les vaches auxquelles on le donnera mourront certainement.

[...] Dans le Cher, la fille qui porte sur soi un trèfle préalablement trempé dans l'eau bénite attire les amoureux

[...] En Haute-Bretagne, aucune femme ne peut résister à celui qui a dans sa poche une fleur de trèfle incarnat.

[...] J'ai parlé au livre de la Mer des gens simples qui voyant un champ de lin fleuri ou un champ de blé que le vent fait onduler se baignent dedans le prenant pour la mer ; ceux de Bayonvillers se baignent dans un champ de trèfle.

 

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