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  • Anne

Les Elfes



Étymologie :

  • ELFE, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1. 1561 (Hist. des pays septentrionaux, écrite par Olaus le Grand, fol. 52 ro [traduc. de l'Historia de gentibus septentrionalibus, Rome, 1555, chap. XI], Arveiller ds Fr. mod., t. 18, p. 234 : Les habitants de la [la Scandinavie] appellent ce jeu la de ces farfadets ou lutins la dance des Elves [choream Elvarum]) ; 1595 (même syntagme en référence à ce même texte de 1561, cité par Barbier ds Rom. Philol., t. 1, 1947-48, p. 291), ex. isolés ; 2. 1605 (P. Le Loyer, Hist. des Spectres, p. 201, ibid., p. 290 : Les Escossois Albins ... ont esté diffamez ... d'avoir eu des nymphes ... appelees elfes ou fairs, foles qui aiment les hommes) ; à nouv. 1822 elf (Nodier, Trilby, p. 115). 1 empr. à l'a. suéd. älf (par l'intermédiaire de sa forme latinisée en 1555 par Olaus le Grand), de l'a. nord. alfr auquel correspond l'ags. aelf (Falk-Torp, s.v. Alv), d'où l'angl. elf (dep. Beowulf ds NED), empr. par 2.


Lire aussi la définition pour amorcer la réflexion symbolique.

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Symbolisme :


D'après le Dictionnaire des symboles (1ère édition, 1969 ; édition revue et augmentée Robert Laffont, 1982) de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant,


Les elfes sont "des divinités aériennes, d'origine nordique, éprises de danses nocturnes sur les prés, qui semblent inviter les humains à se joindre à elles, mais en réalité, leur apportent la mort.

Ce sont les esprits de l'air, mais sortis de la terre et des eaux, ravissants, capricieux, petits, flottants, vaporeux, redoutables. Ils symbolisent les forces chtoniennes et nocturnes, qui suscitent des terreurs mortelles, surtout chez les adolescents. Ceux-ci les discernent dans la brume, où les adultes, moins perspicaces, moins sensibles à l'imaginaire, à l'imperceptible, n'aperçoivent rien. Ils sont comme les vapeurs troubles des passions naissantes et des premiers rêves d'amour. Ils fascinent et ensorcellent les jeunes cœurs et les imaginations candides.

C'est la nuit que les elfes sortent

Avec leur robe humide au bord,

Et sur les nénuphars emportent

Leur valseur de fatigue mort

La Dame blanche est la reine des elfes.

Théophile Gautier.


Certains interprètes considèrent les rondes des elfes comme des condensés énergétiques, émergeant de l'univers : de là, leur pouvoir de fascination et leur capacité de faire passer les portes, qui séparent les trois niveaux de l'univers et, notamment, le monde des vivants de celui des morts. Ils agissent sur l'imagination, qu'ils exaltent par des rêves et des apparitions, et ils entraînent dans leur danse l'être séduit par leur beauté. Ils symbolisent les forces inconscientes du désir, métamorphosées en images captivantes, dont le puissant attrait tend à inhiber le contrôle de soi et le discernement."

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Littérature :


Si Asa Larsson imagine bien une intrigue policière tout à fait contemporaine dans son roman intitulé Le Sang versé (Édition originale, 2004 ; Éditions Albin Michel, 2014 pour la traduction française), l'atmosphère n'en reste pas moins empreinte de féerie nordique :


On est la veille du solstice d'été, c'est pour ça. C'est un moment de l'année qui rend féroce. On n'a pas envie de dormir. On n'en a pas besoin, d'ailleurs. La nuit est pleine de murmures qui appellent, subjuguent et vous donnent l'envie impérieuse de sortir de chez vous.

Les elfes ont mis des bottes neuves. Ils les ont confectionnés dans l'écorce de bouleau la plus douce. Un véritable songe d'une nuit d'été. Ils s'amusent, insouciants, dansent et font les beaux dans les prés, se moquant comme d'une guigne des voitures qui pourraient passer sur la route. Ils usent leurs jolis souliers tandis que les trolls cachés derrière les arbres les regardent avec des yeux ronds.

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Voir aussi l'article sur l'Islande.

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