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Le Trèfle bitumineux

  • Photo du rédacteur: Anne
    Anne
  • 6 févr. 2018
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : 16 mai



Autres noms : Psoralea bituminosa - Cabridoula - Dartrier - Herbe au bitume - Herbe aux escargots - Herbe au goudron - Psoralée bitumeuse -

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Botanique :


Selon Igor Mouravieff, auteur de "Tension de succion et déficit de saturation hydrique du système radiculaire des plantes peuplant les pelouses sèches de la région de Grasse (Alpes-Maritimes)" (In : Bulletin de la Société Botanique de France, 108 : 3-4, pp. 93-97, 1961) :


"L'importance du volume radiculaire en tant que « réservoir hydrique » semble apparaître clairement lorsqu'on examine les valeurs osmotiques des différentes racines d'une même plante.


Ainsi chez Psoralea bituminosa on rencontre des racines bien développées, épaisses, s'enfonçant profondément dans le sol et qui sont peu déshydratées : le D.S.H. est de 11,8 %. Ces racines sont abondamment ramifiées, mais les racines secondaires, plus grêles, qui en sont issues, ont un D.S.H. très élevé : 58 %. De toute évidence elles se sont déshydratées dans le sol. D'ailleurs chez toutes les plantes que nous avons examinées on constate celte différence entre les racines minces et les racines épaisses, œ qui empêche de donner des chiffres caractéristiques des diverses espèces, les chiffres varient trop avec l'épaisseur des racines. Cet état de choses est à l'origine d'un fait très curieux, qui paraît à première vue paradoxal : en étudiant l'état d'hydratation de tronçons d'une même racine, prélevés à des profondeurs de plus en plus grandes (bien entendu dans un sol sec), on constate qu'ils sont d'autant plus desséchés que leur origine est plus profonde. Souvent nous avons trouvé qu'au-dessous d'une épaisseur de 0,2 mm les cellules ne sont plus en vie. C'est donc la partie supérieure de la racine avec la base de la tige qui constitue la partie la moins déshydratée de la plante vivace en période sèche."

D'après Lionel Hignard et Alain Pontoppidan, auteurs de Les Plantes qui puent, qui pètent, qui piquent (Gulf Stream Éditeur, 2008) :


"Par une chaude après-midi d'été, sur les chemins pierreux de garrigue, une terrible odeur de goudron jaillit soudain. Nous venons de piétiner l'herbe à goudron ! L'intrus ressemble à un grand trèfle à fleurs violacées. Son odeur tenace provient de ses feuilles gris-vert qui renferment de minuscules poches à parfum. Au moindre frottement, les poches éclatent et libèrent leur odeur de goudron.


Pourquoi fait-elle ça ? Une plante qui se parfume au goudron, voilà un très bon moyen pour dégoûter ses ennemis. C'est qu'elle ne veut pas se faire manger, ni cueillir non plus, d'ailleurs ! Ses fleurs feraient pourtant de beaux bouquets !


Bonne pour les chèvres : Même si elles n'en raffolent pas particulièrement, les chèvres grignotent de temps en temps quelques feuilles d'herbes à goudron. Lorsque la plante est sèche, elle perd un peu son odeur, si bien que les animaux acceptent de la consommer.


Nectar de goudron ? L'herbe à goudron est ne plante à nectar. Oui, les abeilles viennent butiner ses fleurs violacées, sans se montrer gênées le moins du monde par son odeur désagréable."

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