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  • Anne

La Lentille





Étymologie :

  • LENTILLE, subst. fém.

Étymol. et Hist. 1. a) Ca 1170 « plante légumineuse [ici terme collectif] » (Livre des Rois, éd. E. R. Curtius, 2e livre, XVII, 29) ; b) xve s. lentille de eaue (Grant Herbier, n°269, J. Camus ds Gdf. Compl.) ; 2. ca 1300 lantille « tache de rousseur » (Chirurgie de l'abbé Poutrel, éd. Ö. Södergård, 452 ro) ; 3. 1690 opt. (Fur.). Du lat. pop. lentīcula, class. lentĭcula « lentille (plante et graine) ; taches de rousseur » (dimin. de lens, lentis « lentille ») ; cf. avec 3 1637 verre en forme de lentille (Descartes, Dioptrique, V ds Œuvres, éd. F. Alquié, t. 1, p. 686).


Lire aussi la définition du nom lentille pour amorcer la réflexion symbolique.




Botanique :

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Bienfaits :


Selon Hildegarde de Bingen, auteure de Physica, Le livre des subtilités des créatures divines, les plantes, les éléments, les pierres, les métaux, les arbres, les poissons, les animaux et les oiseaux (édition originale 1151-1158 ; Édition Jérôme Millon, Grenoble, 2011),


"La lentille est froide : quand on la mange, elle n'enrichit ni la moelle de l'homme, ni son sang ni sa chair, elle n'augmente pas ses forces, mais elle rassasie le ventre et le remplit de vide. Elle provoque des tempêtes dans les humeurs qui sont dans le bas de l'homme.

[Ed. Si des taches de gale et des cheveux souillés qui provoquent des plaies purulentes apparaissent sur la tête de quelqu'un, qu'il broie doucement des lentilles sur une pierre brûlante, et qu'il écrase également une écaille de tortue avec les humeurs qu'elle contient ; qu'il ajoute un poids égal de lentille en poudre, et qu'il mette cela sur les taches : l'écoulement de la plaie sera résorbé, et il en sera ainsi guéri.]"

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Contes et légendes :


Pierre Adam et Martial Debriffe, auteurs de Conte-moi les Alpes (Éditions de Borée, 2015), nous rapportent une légende dauphinoise à propos de la lentille :


"... puis encore Jacqueron, le rocher des Hirondelles, le serre de San-Pinchi (un saint provençal que vous ne trouverez pas dans le calendrier grégorien) et pour dominer le tout, la montagne de Saint-Philippe, au pied de laquelle croupit, dans la vase et les roseaux, un étang que l'on persiste à nommer le lac de Faudon, dernier vestige de la mer des Nummulites. De là, sur le versant du Drac, part un sentier jonché de coquillages marins en forme de disques, devenus fossiles, de la dimension d'une lentille, d'où le nom donné par les gens du pays à la vague piste montagnarde qui les conserve. A leur sujet déjà naît une légende. Un pèlerin, le bourdon en main, passant auprès du mont saint-Philippe, où fut autrefois, en des temps perdus au fond des siècles, bâti un village, puis au Moyen Âge un château fort, un pèlerin donc, avisa un paysan fort occupé à semer dans son champ de véritables lentilles. Un champ et des lentilles, dans ce chaos ! L'étranger, volontiers causer, lia aussitôt conversation :

"Eh bien, brave homme, que semez-vous là ?

- Je sème de petites pierres.

- Alors, brave homme, vous récolterez de petites pierres."

De fait, à la récolte, les lentilles-légumes s'étaient transformées en lentilles de pierre. Ce qui prouve qu'il ne faut jamais se gausser des gueux et des errants car nul se peut connaître leur personnalité véritable."

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