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La Quête à la Licorne


Documentaire de Emmanuel Laurent.

Étymologie :

  • LICORNE, subst. fém.

Étymol. et Hist. 1349-50 (Dame à la lycorne, éd. F. Gennrich, 193). Empr., avec agglutination et mauvaise coupure de l'article élidé, à l'ital. alicorno « licorne » (dep. xive s., Leggenda di S. Margherita ds Batt. ; cf. fr. alicorne en 1674, Boccone ds Gay, béarn. alicorn, xvies . ds Lespy-Raym., s.v. licorn, et prov. alicorne, 1506 d'apr. Pansier), altération, prob. par dissimilation, de unicorno (début xive s. d'apr. DEI), du lat. chrét. unicornis « licorne », proprement « qui n'a qu'une corne » en lat. class., calque du gr. μ ο ν ο ́ κ ε ρ ο ς. L'a. fr. locorne, forme isolée attestée au xiiie s. (Gloss. lat.-fr., B.N. 8246, fo114 vods Gdf. Compl.) est prob. une altération de l'ital. liocorno (dep. xive s., Corona de' Monacids Batt.), lui-même altération de lunicorno (xiiie s. Chiaro Davanzati, ibid.), issu, avec agglutination de l'art., de unicorno. V. FEW t. 14, p. 42 ; Hope, p. 42 ; A. Planche ds Marche Romane, t. 30, 3-4, pp. 242-243.

Lire également la définition pour amorcer les pistes d'interprétation symbolique.



Symbolisme :

Dans le Dictionnaire des symboles (1969, version revue et corrigée Robert Laffont, 1982) de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, on peut lire que :


"la licorne médiévale est un symbole de puissance qu'exprime essentiellement la corne, mais aussi de faste et de pureté.

Nous retrouvons ces vertus dans la Chine ancienne, où la licorne est l'emblème royal et symbolise les vertus royales. Lorsque celles-ci se manifestent, la licorne apparaît : ainsi sous le règne de Chouen. C'est par excellence, l'animal de bon augure. Toutefois la licorne concourt à la justice royale, en frappant les coupables de sa corne. La licorne combat aussi conter le soleil et l'éclipse ; elle les dévore.

La danse de la licorne est une réjouissance fort prisée en Extrême-Orient, à la fête de la mi-automne. Mais la licorne paraît n'être alors qu'une variante du dragon, autre symbole royal, mais surtout maître de la pluie. La lutte contre le soleil, qui est responsable des sécheresses calamiteuses, pourrait expliquer ce rapprochement. Comme le dragon, la licorne a pu prendre naissance dans la contemplation des nuages, aux formes innombrables, mais toujours annonciateurs de la pluie fertilisante.

La licorne symbolise aussi, avec sa corne unique au milieu du front, flèche spirituelle, rayon solaire, épée de Dieu, la révélation divine, la pénétration du divin dans la créature. Elle représente dans l'iconographie chrétienne la Vierge fécondée par l'Esprit Saint. Cette corne unique peut symboliser une étape sur la voie de la différenciation : de la création biologique (sexualité) au développement psychique (unité a-sexuelle) et à la sublimation sexuelle. Cette corne unique a été comparée à une verge frontale, à un phallus psychique : le symbole de la fécondité spirituelle. Aussi est-elle, en même temps, le symbole de la virginité physique. Des alchimistes voyaient dans la licorne une image de l'hermaphrodite ; il semble que ce soit un contresens : au lieu de réunir la double sexualité, la licorne transcende la sexualité. Elle était devenue au Moyen Âge le symbole de l'incarnation du Verbe de Dieu dans le sein de la Vierge Marie.

Bertrand d'Astorg dans Le Mythe de la dame à la licorne (Paris, 1963) a renouvelé l'interprétation du symbole, en le rattachant aux conceptions médiévales de l'amour courtois. Il décrit d'abord sa vision de poète : C'était une licorne blanche, de la même taille que mon cheval, mais d'une foulée plus longue et plus légère. Sa crinière soyeuse volait sur son front ; le mouvement faisait courir sur son pelage des frissons et flotter sa queue épaisse. Tout son corps exhalait une lumière cendrée ; des étincelles jaillissaient parfois de ses sabots. Elle galopait comme pour porter haut la corne terrible où des nervures nacrées s'enroulaient en torsades régulières. Puis il voit dans la licorne le type des grandes amoureuses, décidées à refuser l'accomplissement de l'amour qu'elles inspirent et qu'elles partagent. La licorne est douée du mystérieux pouvoir de déceler l'impur, voire même la moindre menace d'altération dans l'éclat du diamant : lui est connaturelle toute matière en son intégrité. De tels êtres renoncent à l'amour par fidélité à l'amour et pour les sauver d'un dépérissement inéluctable (Yves Berger). Meure l'amour, pour que vive l'amour. Ici s’opposent la lyrique du renoncement à la lyrique de la possession, la survivance de la jeune fille à la révélation de la femme. Le mythe de la licorne est celui de la fascination que la pureté continue à exercer sur les cœurs les plus corrompus.

P. H. Simon a parfaitement synthétisé la valeur du symbole : Qu'elle soit, par le symbole de sa corne qui sépare les eaux polluées, détecte les poisons et ne peut être touchée impunément que par une vierge, l'emblème d'une pureté agissante, ou que, chassée et invincible, elle ne puisse être capturée que par la ruse d'une jeune fille qui l'endort du parfum d'un lait virginal, toujours la licorne évoque l'idée d'une sublimation miraculeuse de la vie charnelle et d'une force surnaturelle qui émane de ce qui est pur.

Sur de nombreuses œuvres d'art, sculptées ou peintes, figurent deux licornes affrontées, qui semblent se livrer un farouche combat. On y verrait l'image d'un violent conflit intérieur entre les deux valeurs que symbolise la licorne : sauvegarde de la virginité (la corne unique levée vers le ciel), fécondité (sens phallique de la corne). L'enfantement sans la défloration, tel pourrait être le désir, contradictoire sur le plan charnel, qui s'exprime par l'image des licornes affrontées. Le conflit n'est surmonté, la licorne n'est féconde et apaisée, qu'au niveau des relations spirituelles.

Dans la sixième et dernière tapisserie de la célèbre série du musée de Cluny, intitulée La Dame à la Licorne, la jeune femme, qui se dépouille de ses bijoux, est sur le point d'être absorbée par la tente, symbole de la présence divine et de la Vacuité. L'inscription qui surmonte la tente, A mon seul désir, signifie que le désir de la créature se confond avec celui de la volonté qui la dirige. Dans la mesure où notre existence est un jeu divin, notre part devient libre et active, lorsque nous nous identifions au marionnettiste qui nous crée et nous dirige. Alors, le soi se dissout pour faire place au Grand Soi, sous la tente cosmique reliée à l'étoile polaire. La Dame, par sa grâce et sa sagesse (Sophia-Shakti- Shekinah, c'est-à-dire : celle qui est sous la tente) autant que par sa pureté, pacifie les animaux antagonistes du Grand Oeuvre le lion qui symbolise le soufre, et la licorne, le mercure. Souvent, la Dame est assimilée au Sel philosophal. Elle est très proche de la parèdre d'Hevajra dont le nom signifie celle est qui est sans ego. La corne dressée de la licorne, qui symbolise la fécondation spirituelle et qui capte le flux de l'énergie universelle, est en accord avec le symbolisme axial de la tente, prolongé par une pointe avec le symbolisme des deux lances, de la coiffure de la Dame et de sa suivante, surmontées d'une aigrette, et des arbres qui célèbrent les noces mystiques de l'Orient et de l'Occident (le chêne et le houx répondant à l'oranger et à l'arbre à pain). Les armoiries, de gueules à la bande d'azur chargée de trois croissants montant d'argent suggèrent que ces tapisseries ont pu être commandées par le prince Djern, fils infortuné de Mahomet II, le conquérant de Constantinople. L'idéal de ce Prince, longtemps captif dans la Creuse où furent retrouvées ces œuvres, ne consistait-il pas à réunir la Croix et le Croissant ? L'île ovale qui supporte la scène est découpée comme un lotus, symbole de l'épanouissement spirituel. Quant au petit singe assis devant la Dame, il désigne l’alchimiste en personne, le "singe de nature" veillant sur sa maîtresse, qui peut être assimilée à la Materia Prima.

La licorne figure dans maintes planches de traités alchimiques (Lombardi, Lambsprinck, Mylius, etc.). Cette bête fabuleuse d'origine orientale, liée au troisième œil et à l'accès au Nirvana, au retour au centre et à l'Unité, était toute destinée à désigner aux hermétiques occidentaux le chemin vers l'or philosophal - vers la transmutation intérieure qui s'effectue lorsque l'androgyne primordial est reconstitué. en Chine, le nom de la licorne, Ki lin, signifie yin-yang."

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D'après Didier Colin, auteur du Dictionnaire des symboles, des mythes et des légendes (Hachette Livre, 2000), on peut mettre sur le même plan symbolique la licorne et le dragon :

"Ces deux animaux mythiques et fabuleux sont à l'origine de bien des légendes, contes et récits merveilleux. Quand, dans l'esprit des hommes, le symboles deviennent vivants, la licorne et le dragon prennent corps, forme et substance.

Généralement, la représentation que nous nous faisons de la licorne est très proche de celle qui figure sur le cycle des six pièces de la célèbre tapisserie de la fin du XVe siècle, La Dame à la licorne, exposées au musée nationale du Moyen Âge, à Paris, le musée de Cluny. La licorne nous apparaît alors sous les traits d'un animal fantastique et irréel, avec un corps de cheval aux pieds fourchus et une tête de bouc, dont le front serait pourvu d'une longue corne, d'où son nom latin unicornus, d'où dérive l'ancien français unicorne, finalement supplanté par l'italien licorno, qui a donné "licorne".

Le mythe de la licorne apparaît pour la première fois sous la plume de l'historien grec Ctésias, médecin de Cyrus le Jeune (423-401 avant Jésus-Christ), puis d'Artaxersès II Mnémon (404-358 avant Jésus-Christ), les deux rois et frères ennemis qui plongèrent l'Empire perse dans le chaos. De ce fait, on attribue souvent l'origine du mythe de la licorne aux Perses. Toutefois, dans son récit, Ctésias, qui avait suivi Artaxersès en Égypte et en Inde, mentionne les vertus médicinales attribuées à la corne de cet animal fabuleux qui, en réalité, n'était autre que le rhinocéros blanc indien. Ainsi, comme la licorne des légendes, le rhinocéros est un animal plutôt solitaire, très craintif, totalement herbivore, vivant dans des zones marécageuses. Il est aussi pourvu d'un odorat d'une grande finesse, qui rend son approche quasi impossible. Et, bien sûr, il porte une ou deux cornes sur le museau. Par ailleurs, il est vrai que l'on attribue des pouvoirs aphrodisiaques à la poudre de corne de rhinocéros, et que la licorne, malgré a grâce, sa fragilité apparentes et le caractère féminin qu'on lui prête parfois, est un symbole masculin ithyphallique.

Quelle que soit l'origine historique de la licorne, elle devint en tout cas un animal mythique très apprécie au Moyen Âge. Symbole de pureté et de chasteté, elle était une représentation de la Vierge Marie,. Toutefois, son caractère farouche, indomptable, et la légende selon laquelle seule une vierge pouvait l'approcher et l'apprivoiser en firent aussi une figure de l'enfant Jésus. Une autre légende, présente dès le XIè siècle, affirmait que boire dans une corne de licorne protégeait de tous les poisons. Plus tard, les alchimistes l'associèrent au cerf et ils finirent par former un couple parfait. Dans leur esprit, il se produisit alors une curieuse inversion - fidèle toutefois à la légende mythique de la licorne -, qui n'est pas sans rappeler le fait que, pour les hommes de l'Antiquité, en Égypte notamment, le ciel était féminin, figuré par la déesse Nout, et la Terre un principe masculin, incarné par le dieu Geb. En effet, pour les alchimiste, donc, la licorne représentait l'esprit, le soufre, principe masculin, et le cerf symbolisait l'âme, le mercure, principe féminin. Ainsi, de leur union, pouvait naître l'être divin. [...]

La licorne et le dragon sont-ils des monstres ? Nous ne le pensons pas. Dans l'esprit de nos ancêtres, ces deux animaux fabuleux n'étaient as des monstres de la nature. Mais quand bien même ils auraient été perçus comme tels, n'oublions pas que, dans l'Antiquité comme au Moyen Âge, les monstres avaient un caractère divin, précisément pare qu'ils étaient monstrueux, extraordinaires, rares. Leurs particularités en faisaient des messagers des dieux sur Terre. Il fallait donc, sinon les honorer, du moins être attentif à leur manifestation et réceptif à leur présence. C'est ainsi que la chasse à la licorne et au dragon devint une quête mystique. On ne chassait pas un rêve, une légende, un mythe. En traquant l'une ou l'autre, on chassait en soi, pour trouver la lumière, la vérité, l'amour, la pureté, le bonheur. N'est-ce pas ce que l'on cherche encore et toujours ?"

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Dans L'Encyclopédie du fantastique et de l'étrange, tome 1 : Fées et Dragons (2005) de Béatrice Bottet, illustré par C. Adam, V. Dutrait, J. M. Michaud, on peut lire l'article suivant :


"Voici le plus charmant des animaux fantastiques. C'est comme un doux petit cheval entièrement blanc, dont la tête s'apparente parfois à celle d'une biche, et dont le front s'orne d'une belle corne fine, droite et torsadée, d'une longueur de 50 centimètres à 1 mètre. La licorne est pure, délicate et courageuse. On en voit plusieurs représentations dans la célèbre tapisserie de La Dame à la licorne, qui date du XVe siècle. Il n'existe pas trente-six moyens d'approcher une licorne. Il faut être une jeune fille vierge et sage et s'installer dans un jardin, un pré ou une forêt, bien tranquillement. Si la jeune fille est parfaitement pure, la licorne posera la tête sur son sein ou ses genoux et s'endormira en toute confiance. Mais attention ! Si la jeune fille dissimule quelque chose, alors la licorne, sans pitié, l'encornera et la tuera, car elle a horreur de la fausseté et de l'hypocrisie.

La licorne a toujours été un animal insaisissable, tant elle est vive, rapide et farouche malgré sa douceur. Néanmoins, des chasseurs sans scrupules, avides de voler la fameuse corne, se servirent de jeunes filles comme appât en attendant qu'une licorne s'approche et s'endorme. Qui sait combien d'animaux furent ainsi capturés ? Sachez cependant qu'on ne retient pas une licorne en captivité : elle meurt rapidement de désespoir. On n'apprivoise pas non plus cet animal solitaire, mystérieux et sauvage.


Licorne ou narval ?

Bien que nombreuses aient été les personnes persuadées de l'existence de la licorne - y compris le grand médecin du XVIe siècle Ambroise Paré - il faut savoir que la célèbre corne de licorne était la "corne", ou plus exactement la dent du narval, gros mammifère marin doté d'une longue défenses torsadée de presque trois mètres de long. La pêche au narval fut frénétique au XVIe et XVIIe siècle. C'est du reste parce que l'animal a beaucoup été chassé qu'il est actuellement en voie de disparition : il en reste, estime-t-on, moins de cinquante mille.


A quoi sert la corne de licorne ?

Voilà une denrée aussi rare que chère. Elle n'est vendue que par des apothicaires en qui on peut avoir toute conscience. Méfiez-vous des contrefaçons... il est si simple de se voir fournir de la simple poudre de bovin en lieu et place de vraie corne de licorne ! La corne de licorne possède mille vertus. Elle préserve de la peste et des sortilèges ou envoûtements de sorcières. Elle permet de déceler un plat empoisonné : un morceau posé sur un mets devient brûlant ou fumant au contact du poison ; plongé dans une boisson, il la trouble si, là encore, on a versé un produit louche dans le breuvage. Mieux encore, en cas d'empoisonnement, la corne fait office d'antidote ! Enfin, mélangée à de la bave de dragon, elle rend fidèles les dames dont le mari part au loin. Des rois de France, des papes, des ducs de Bourgogne ont possédé un fragment précieux de corne de licorne. La famille royale d'Angleterre arbore une licorne sur son blason et son étendard."

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Dans les Leçons d'elficologie, Géographie, Histoire, Leçons de choses (2006), écrites par Pierre Dubois et illustrées par Claudine et Roland Sabatier, on peut lire que :


"la Licorne : c'est l'animal le plus doux, le plus merveilleux, mais aussi le plus redoutable de l'Autre-Monde, son sabot est si dur et si tranchant qu'il peut éventrer un éléphant. Mais la licorne n'est que pureté et amour ; cheval immaculé, sa corne unique plantée sur son front, aussi redoutable qu'une épée, est un rayon de lumière qui lui descend du ciel pour inonder son âme d'une sagesse mystique."

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D'après Madonna Gauding, auteure de Animaux de pouvoir, Guides, protecteurs et guérisseurs (Octopus Publishing Group 2006 ; traduction française : Éditions Véga, 2006) :


Guide d'interprétation

En tant que symbole onirique

Renommé ; Pouvoir ; Bonté ; Prospérité ; Pureté ; Sagesse.

En tant que gardien ou protecteur

Protège les jeunes filles ; Garde la virginité.

En tant que guérisseur

Guérit les problèmes gastriques ; Soigne l'épilepsie.

En tant qu'oracle ou augure

La réussite est à votre portée ; Les bons moments sont en route.


Mythes et contes

La licorne est une créature blanche magique, aux yeux bleus, au corps de cheval, aux sabots fendus et au front orné d'une corne torsadée, populaire depuis longtemps en Occident et en Orient. Dans les premières légendes chrétiennes, la licorne était aussi petite qu'une chèvre et très difficile à capturer ou observer. Beaucoup de tapisseries et de tableaux médiévaux montrent son image.


Si la licorne est votre animal de pouvoir

Vous avez une belle présence mystérieuse. Vous êtes gentil et solitaire, mais deviendrez un guerrier féroce si des jeunes filles ont besoin de protection. Bien que vous ne soyez pas médecin, vous connaissez les plantes préservant des toxines et des poisons. Vous êtes chaste en amour et fidèle dans le mariage. Votre nature candide conduit les autres à tenter de profiter de vous. Votre pureté et votre vertu sont un souffle d'air frais dans le monde moderne corrompu et blasé.

Demandez à la licorne de vous aider

  • à maintenir constamment votre intégrité ;

  • à être ouvert à la magie et au mystère.

Accéder au pouvoir de la licorne en :

  • faisant du bénévolat auprès des enfants et des jeunes en difficulté ;

  • étudiant les célèbres tapisseries du début du XVe siècle, La Dame à la licorne (Musée Cluny, Paris).

La légende affirme que le seul moyen d'attraper une licorne est d'envoyer une pucelle seule dans la forêt. Lorsque la licorne trouve la jeune fille, elle pose sa tête dans son giron et s'endort. Comment pouvez-vous attirer dans votre vie ce que vous désirez ?"

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Selon Ted Andrews, dans Le Monde enchanteur des Fées (1993, 2006) :


"la licorne est au rang de symbole dynamique de toutes les formes de magie, d'enchantement et de pouvoir propres au monde féerique. Son symbolisme et son attrait sont de nature universelle. On a écrit sur elle en Inde, en Afrique, en Chine, en Mésopotamie, à Babylone et au début du christianisme, et elle apparaît même dans des récits et des traditions modernes. Dans De l'Autre côté du miroir de Lewis Carroll, Alice fait la rencontre d'une licorne ; et James Thurber relate avec humour plusieurs incidents du genre dans la fable "La Licorne au jardin".

Les descriptions de la licorne varient. Pour les auteurs classiques, la licorne avait la tête d'un cerf, les pattes d'un éléphant, la queue d'un ours et le torse d'un cheval. Elle était également pourvue d'une unique corne noire. Dans son ouvrage Indica, l'historien grec Ctésias décrit une licorne ayant le corps immaculé, la tête pourpre et des yeux d'un bleu sombre. Sa corne est blanche à la base, noire au centre et rouge sombre à la pointe. La plupart des descriptions lui donnent cependant l'apparence d'un cheval, au front pourvu d'une corne unique en forme de spirale.

La raison pour laquelle la licorne est si attirante tient peut-être au fait qu'elle pourrait exister. Plusieurs animaux de la planète n'ont-ils pas des cornes... pourquoi pas un cheval ?

La licorne excite l'imagination. Elle appartient à l'univers du rêve. Elle symbolise le soleil et la longévité. Elle représente le mystère, le pouvoir, la beauté, la chasteté et la férocité. Elle exprime la soif de mystère et d'inaccessible qu'à l'humanité. Le meurtre d'une licorne symbolise la perte de l'innocence.

Le pommier étant son foyer, on peut l'utiliser, en méditant, le parfum des fleurs de pommier pour faire apparaître la licorne. Le cèdre donne aussi de bons résultats, car on dit que la licorne conserve ses trésors dans un coffre de cèdre.

La soumission, la pureté du cœur, l'innocence empreinte de douceur et d'affection attirent la licorne et l'incitent à se manifester. La quête de la licorne n'est pas sans lien avec la quête du Graal - seuls les plus forts et les plus purs y parviendront.

Faire la rencontre d'une licorne apporte une compréhension nouvelle de ce que sont la pureté, la chasteté, la sexualité et son pouvoir réel. La licorne connaît les secrets et les pouvoirs de l'alchimie. Elle apporte la guérison et parvient par sa seule présence à purifier l'eau. Mais, surtout, faire la rencontre d'une licorne libère l'imagination. Et lorsque l'imagination est libérée, le monde féerique dans son ensemble s'ouvre tout grand.

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