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  • Anne

La Colombe


Étymologie :

  • COLOMBE, subst. fém.

Étymol. et Hist. 1. Ca 1120 nom de l'oiseau pennes de columbe surargentedes (Psautier Oxford, éd. Fr. Michel, L XVII, 14) ; 2. 1689 au fig. en parlant de jeunes filles (Racine, Esther, Prologue, 11). Du lat. class. columba « colombe, pigeon » dont la forme masc. columbus désignant plus particulièrement le pigeon mâle est à l'orig. de l'a. fr. colomb, coulon (ixe s. Séquence de Ste Eulalie, 25 ds Henry Chrestomathie) encore attesté ds Trév. 1771 (coulomb) qui le qualifie de ,,vieux mot``.

Lire également la définition du nom pour amorcer la réflexion symbolique




Symbolisme :


"Comme la colombe se blottit dans un arbre aux fruits suaves pour se garder des attaques du dragon, ainsi l'homme doit rester fidèle à sa foi, au sein de son église, s'il veut se préserver de l'Enfer."


d'après le Physiologus, Cambrai, vers 1270-1275 Douai, Bibliothèque municipale, ms. 711, fol. 38v.




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Dans le Dictionnaire des symboles (1ère édition, 1969 ; édition revue et corrigée Robert Laffont, 1982) de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, on apprend que :


"Tout au long de la symbolique judéo-chrétienne, la colombe - qui, avec le Nouveau Testament finira par représenter le Saint-Esprit - est fondamentalement un symbole de pureté, de simplicité et même, lorsqu'elle apporte le rameau d'olivier à l'arche de Noé, un symbole de paix, d'harmonie, d'espoir, de bonheur retrouvé. Comme la plupart des représentations d'animaux ailés dans la même aire culturelle, on a pu dire qu'elle représentait la sublimation de l'instinct et, spécifiquement, de l'éros.

Dans une acception païenne, qui valorise différemment la notion de pureté, non en l'opposant à l'amour charnel mais en l'associant à lui, la colombe, oiseau d'Aphrodite, représente l'accomplissement amoureux que l'amant offre à l'objet de son désir.

Ces acceptions, qui ne diffèrent qu'en apparence, font qu'elle représente souvent ce que l'homme contient d'impérissable, c'est-à-dire le principe vital, l'âme. A ce titre, sur certains vases funéraires grecs, elle est représentée buvant à un vase qui symbolise la source de mémoire. L'image est reconduite dans l'iconographie chrétienne qui, par exemple, dans le récit du martyre de saint Polycarpe, figure une colombe sortant du corps du saint après sa mort.

Tout ce symbolisme est évidemment issu de la beauté et de la grâce de cet oiseau, de sa blancheur immaculée, de la douceur de son roucoulement. Ce qui explique que, dans la langue la plus triviale comme dans la plus élevée, de l'argot parisien au Cantique des Cantiques, le terme de colombe compte parmi les plus universelles métaphores célébrant la femme. Dans la mesure où l'âme s'approche de la lumière, dit Jean Daniélou citant Grégoire de Nysse, elle devient belle et prend dans la lumière la forme d'une colombe. Mais l'amoureux n'appelle-t-il pas son aimée mon âme ? Notons enfin que la colombe est un oiseau éminemment sociable, ce qui renforce la valorisation toujours positive de son symbolisme."

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Selon Didier Colin, auteur du Dictionnaire des symboles, des mythes et des légendes ( (Hachette Livre, 2000) :


"La colombe est une espèce de pigeon qui s'apprivoise très facilement et que l'on connaît aussi sous le nom de tourterelle. Toutefois, elle se distingue de ses congénères par la blancheur immaculée de son plumage. Ses ailes larges lui permettent de voler vite et de couvrir d'assez longues distances sans se poser. Elle se nourrit presque exclusivement de graines. Il n'est donc pas étonnant que ce fût elle qui revint vers Noé en tenant un rameau d'olivier dans son bec.

C'est en effet l'une des plus belles légendes mythiques qui mettent en scène ou font allusion à la colombe, que celle de Noé : "Il [Noé] attendit encore sept autres jours et lâcha de nouveau la colombe hors de l'arche. La colombe vint vers lui au temps du soir, et voici qu'elle avait au bec un rameau tout frais d'olivier. Noé connut que les eaux avaient diminué de dessus la terre. Il attendit encore sept autres jours et lâcha la colombe ; mais elle ne revint plus de nouveau vers lui." (Genèse, 8, 10-12).

De nos jours, la colombe tenant un rameau d'olivier dans son bec est toujours un symbole de paix. Mais pour les auteurs et rédacteurs de l'Ancien et du Nouveau Testament, au fil des siècles, elle fut aussi une représentation de l'âme et de l'amour purs et simples, du Saint-Esprit, ou de l'Esprit de Dieu. Dans la mythologie grecque, elle figurait Aphrodite-Vénus, la déesse de l'amour. Enfin, dans l'Antiquité et au Moyen Âge, elle était une représentation de l'âme immortelle et éternelle."

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D'après Madonna Gauding, auteure de Animaux de pouvoir, Guides, protecteurs et guérisseurs (Octopus Publishing Group 2006 ; traduction française : Éditions Véga, 2006) :


"Guide d'interprétation

En tant que symbole onirique

Maternage ; Paix ; Promesse ; Libération émotionnelle ; Innocence ; Naissance.


En tant que gardien ou protecteur

Maintient la chaleur du foyer ; Protège du mauvais traitement.


En tant que guérisseur

Soigne par une alimentation saine ; Guérit grâce à son roucoulement distinctif.


En tant qu'oracle ou augure

Attendez un messager ; Vous avez besoin de paix et d'harmonie


Mythes et contes

La colombe accompagnait la déesse sémite Astarté. La colombe tenant un rameau d'olivier était un symbole de la déesse grecque Athéna.


Si la colombe est votre animal de pouvoir

La maison, la sécurité et le maternage sont très importants pour vous. Vous avez probablement eu une enfance difficile et vous efforcez encore de créer la chaleur, la sécurité et la protection qui vous ont manqué. Selon la médecine chinoise, l'absence d'amour maternel se manifeste par des problèmes de digestion et de métabolisme. A cause de votre enfance, vous êtes devenu nutritionniste ou la nutrition vous intéresse beaucoup. Vous êtes doué pour aider les autres à laisser aller les traumatismes émotionnels passés ou présents, car vous connaissez intimement cette expérience. Vous savez que la vie peut s'ouvrir à de nouvelles possibilités uniquement lorsque le tourment intérieur est exprimé et éliminé. Votre voix douce apaise votre entourage.

Demandez à la colombe de vous aider :

- à guérir les traumatismes émotionnels du passé

- à créer une maison confortable et sûre

- à développer des relations affectueuses.

Accéder au pouvoir de la colombe en :

- consommant un régime riche en fruits et grains

- étant le conciliateur dans une dispute familiale.


La colombe pond seulement deux œufs par couvée. En numérologie, le nombre deux signifie dualité, polarité, choix, équilibrage des opposés, patience, positif et négatif. De quelles façons le nombre deux se manifeste-t-il dans votre vie, votre travail et vos relations ?


Élément Air."

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Pour David Carson, auteur de Communiquer avec les animaux totems, puisez dans les qualités animales une aide et une inspiration au quotidien (Watkins Publishing, 2011 ; traduction française Éditions Véga, 2011), la colombe appartient à la famille de la Beauté intérieure, au même titre que la gazelle, l'abeille, la baleine, le renard, le cygne, le cerf, le panda géant, la vache, l'oiseau-tonnerre, la cigogne, le colibri, la panthère, la licorne et le dauphin.

"Beauté intérieure

Certains animaux ont un lien évident à l'élégance - c'est le cas de la colombe et de la gazelle par exemple, qui ouvrent ce chapitre. La ruche d'abeilles est une image harmonieuse de coopération humaine, et le miel symbolise la substance spirituelle. Le chant des baleines, le vol majestueux du cygne, la nature insaisissable de la panthère des neiges, l'éclat du colibri, l'esprit joueur du dauphin - tous ces animaux se rangent harmonieusement aux côtés de la colombe et de la gazelle. D'autres créatures compensent leur manque de grâce par leur caractère et leur symbolisme. Le renard vous est présenté pour son esprit vif et astucieux ; la vache, pour sa pureté ordinaire et sa douceur, tandis que la panda est une incarnation graphique du yin et du yang. en nous aidant à développer notre potentiel, tous les animaux, même le plus roublard, le plus nonchalant, ou le plus comique d'apparence, peuvent contribuer à notre beauté intérieure. [...]

Dans l'épisode du Déluge de l'Ancien Testament, Noé, serré avec les animaux sur son radeau, envoie une colombe découvrir s'il existe une terre habitable. Après plusieurs tentatives, la colombe revient avec un rameau d'olivier et Noé comprend que le déluge touche à sa fin.

Pour des missions similaires, les voyageurs astraux emploient souvent la colombe dans leur quête d'information révélatrice. Les chamans ont divers systèmes de croyance concernant la nature du monde extérieur. Dans le mythe huischol, la Jeune Fille-Colombe fut la mère du jeune garçon qui devint le soleil. Cet oiseau transporte la Grande Lumière, et on le décrit fréquemment entouré des glorieux rayons du soleil. Pour le chaman, la colombe est une fenêtre à travers laquelle il ou elle peut se dédoubler.. Le processus ou phénomène qui conduit à cela est connu sous le nom de voyage astral. Dans l'iconographie chrétienne, la colombe représente de Saint-Esprit.

Cela signifie que nous avons deux corps, un corps hôte et un corps spirituel. Avec de la pratique, le corps spirituel (colombe) peut quitter l'enveloppe par le chakra du cœur et voyager en dehors de notre être physique. La clé de cet art est de présenter au corps spirituel un ensemble de données ou même une carte mentale - il est impératif de visualiser un chemin clair indiquant la destination de votre corps spirituel. Pureté de cœur et d'intentions sont également indispensables. Les chamans peuvent, lors leurs voyages spirituels, atteindre le fond de l'océan le plus profond et voler jusqu'à la lune. Ils peuvent espionner un village ennemi ou demander conseil aux sœurs du vent pour connaître les changements climatiques.

La colombe vous permettra de savoir intuitivement ce qui se produit à distance. L'esprit de l'oiseau vous donne le pouvoir de rêver avec lucidité, ou dans un état de veille, de manière à voir les événements se produire dans le "monde réel". De nombreuses personnes, dont la colombe est l'animal spirituel, ont la capacité de changer de forme et de traverser les plans astraux.

Mot-clé : Secrets du vol astral

Exercice astral de la colombe


Les animaux spirituels peuvent faciliter le voyage astral, qui n'est rien d'autre que l'acte d'élargir intentionnellement vos yeux spirituels. Ce voyage implique d'entraîner l'âme à considérer son corps astral, afin de pouvoir exister spirituellement dans un autre lieu et de l'investir. Dans les sociétés tribales, les chamanes étaient maîtres de ces voyages, mais nous pouvons tous développer ces facultés. L'exercice suivant vous aidera dans votre propre vol astral.

  1. Mettez-vous à l'aise et détendez-vous dans une pièce peu éclairée. Choisissez un lieu ou un être que vous souhaitez visiter, puis gardez-le bien en tête.

  2. Fermez les yeux et insufflez de l'énergie à votre chakra cardiaque. Lorsque l'énergie est concentrée, visualisez-la comme une boule de lumière blanche incandescente. De cette lumière, laissez émerger une belle colombe blanche, qui s'échappe de votre corps et vole juste au-dessus de vous. Restez sous la forme de la colombe et volez vers la destination souhaitée.

  3. N'ayez pas peur de ce que vous voyez, entendez ou vivez. Explorez pendant quelque temps. Lorsque vous êtes satisfait, dites à l'oiseau de vous ramener dans votre corps. Laissez l'énergie de la colombe astrale se dissoudre dans la boule de lumière de votre chakra cardiaque. Respirez profondément, totalement détendu. Saluez la lumière. Remerciez la colombe pour son aide et promettez de lui rendre à nouveau visite.

Talisman colombe

Du fait de sa beauté, la colombe est associée au féminin. Portez un talisman colombe pour la paix et la tranquillité. Ce type d'amulette est généralement voulu comme protection contre le mauvais œil et d'autres formes d'attaques psychiques. Cet oiseau est utilisé comme symbole de pureté et de spiritualité suprême ; il peut aussi représenter le vœu d'amour formé pour quelqu'un. Emblème de renaissance spirituelle, on le rencontre souvent dans l'iconographie chrétienne, à l'endroit où l'âme d'un saint s'élève de son corps après sa mort. Pour certaines cultures amérindiennes, la colombe symbolisait aussi le cycle d'une vie - mort et renaissance."

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Pour Melissa Alvarez, auteure de A la Rencontre de votre Animal énergétique (LLewellyn Publications, 2017 ; traduction française Éditions Véga, 2017), la Colombe est définie par les caractéristiques suivantes :

Traits : La colombe symbolise la paix, l'amour et la dévotion. La blanche colombe symbolise la pureté, le plein abandon de soi et l'espoir. Les colombes ont un partenaire pour la vie et les deux parents travaillent ensemble pour construire le nid et élever les petits. Les deux donnent aussi à leurs petits du lait venant de leur jabot. Contrairement aux oiseaux de proie, la colombe n'attaque pas les autres oiseaux. Son régime alimentaire consiste en graines et noix. On trouve des colombes partout dans le monde.


Talents : Calme ; Dévotion ; Famille ; Amical ; Doux ; Harmonie ; Innocence ; Joyeux ; Longévité ; Aimant ; Optimiste ; Paisible ; Prophétique ; Pureté ; Apprend rapidement ; Sacralité ; Connexion de l'âme ; Spiritualité.


Défis : Déséquilibre émotionnel ; Crédule ; Martyr ; Naïveté ; Trop confiant ; Déconcentration.


Élément : Air ; Terre.


Couleurs primaires : Gris ; Blanc ; et un large éventail d'autres couleurs.

Apparitions : La colombe vient rappeler d'être paisible et calme. Si vous n'êtes pas dans votre assiette, ou si vous êtes en train de batailler contre quelqu'un, ou énervé, la colombe peut vous aider à trouver l'équilibre et à vous calmer. C'est un signe qui signifie d'accueillir pleinement ceux que vous aimez. Veillez à ce qu'ils sachent bien ce que vous ressentez pour eux. S'il y a des relations que vous avez prises pour acquises, montrez-leur amplement votre amour et combien vous les appréciez. Faites-leur connaître vos sentiments. La colombe signifie également de réparer les relations qui se sont détériorées avec ceux avec qui vous vous êtes disputé ou à qui vous n'avez pas parlé depuis longtemps à cause de malentendus ou d'incompréhension. Soyez quelqu'un de grand, un artisan de paix, et lâchez les blessures passées pour dégager de vos épaules le poids de la situation. La colombe vous incite à manger des choses saines et à vous purifier, à la fois physiquement et spirituellement. Elle signifie d'avoir espoir dans la meilleure solution positive possible aux problèmes que vous pouvez rencontrer. Vous êtes un modèle d'amour et de positivité. Tout ce qui arrivera dans votre monde sera juste si vous accueillez pleinement les messages de la colombe.

Aide : La colombe se présente souvent lorsque vous avez l'impression que tout est perdu, si un être cher a disparu, ou si vous venez de terminer une relation. Cela veut dire que vous devez prendre une minute pour considérer vraiment la situation avec respect et laisser votre émotion circuler en profondeur en vous. Donnez votre amour à ceux que vous avez perdus et sachez qu'une part d'eux sera toujours avec vous. Abordez votre futur avec optimisme et joie. Il est difficile de laissez partir les gens, mais vient un temps où il faut que cela se fasse. Lorsque de tels moments arrivent dans votre vie, même s'il ne s'agit pas d'une mort mais d'une rupture (qui peut être vécue comme une mort), laissez la tranquillité dans votre âme guider vos actions pour pouvoir évoluer et aller de l'avant dans l'harmonie et avec une intention joyeuse. La colombe est le signe de nouveaux commencements et elle peut vous aider en cela. La colombe signifie aussi que vous pouvez avoir l'impression de ne pas recevoir la même quantité d'amour et de dévouement que ce que vous donnez. Sachez que tout est comme cela doit être : vous êtes simplement meilleur pour montrer vos sentiments aux autres. regardez les petites choses qu'ils font pour vous et vous comprendrez combien vous êtes important pour eux.


Fréquence : L'énergie de la colombe ressemble à la sensation d'une brise fraîche au beau milieu d'une journée de chaleur torride. Vous vous sentez immédiatement rafraîchi. C'est un chant triste dans la brume du matin d'un début d'automne. Cela vibre avec une forte intensité comme le mélange de nombreux cliquetis en un seul son. C'est calme, paisible et rempli d'énergie d'amour.


Imaginez...

Vous visitez une volière abritant différents types d'oiseaux. Vous êtes assis sur un banc et appréciez les sons de ces différents cris, chants, et le bruit des battements d'ailes. Une colombe blanche, depuis le haut d'un arbre, vient se poser sur le banc à côté de vous. Elle chante quelques notes et se rapproche de vous. Vous tendez la main simplement pour voir ce qu'il va se passer. L'oiseau tourne autour de votre main mais saute sur un de vos genoux et vous observe tout autant que vous l'observez. Vous êtes rempli d'intenses sentiments d'amour et de paix. L'oiseau s'assoit avec vous un moment et vous essayez timidement de toucher ses ailes. Il saute sur votre genou mais ne s'envole toujours pas. Alors que vous pensez ce qu'est pour vous le message de la colombe, un vent léger se lève et un grand sentiment de calme s'installe en vous. Peu après, la colombe s'envole, mais vous êtes touché pour toujours pas son message d'espoir.

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Symbolisme celte :

Pour Sabine Heinz, auteure de Les Symboles des Celtes, (édition originale 1997, traduction française Guy Trédaniel Éditeur, 1998),


"La colombe était l'animal qui accompagnait Vénus, la déesse romaine de l'amour ; elle symbolisait paix, harmonie et affection. Les Celtes semblent y ajouter des facultés curatives. On en parle rarement dans la littérature traditionnelle. Le développement du christianisme et de l'héraldique lui donne de l'importance ; on la retrouve aussi dans les contes, comme par exemple dans Cendrillon.

L'un des trois patrons de l'Irlande, saint Colomban, est également appelé Colum Cille (Colombe de l'église). La tradition établit un lien entre une autorité religieuse ou une personne de l'Autre Monde et les oiseaux, sauf dans le cas de la colombe. Elle semble donc être de nature purement chrétienne. Il est possible qu'il s'agisse ici d'une autre fonction de la colombe, plus ancienne, celle de l'oracle, mais aussi celle de la paix et du souci de bien-être de toutes les créatures vivantes. La colombe devient le symbole de l'Esprit Saint.

Etant donné sa célébrité, ses facultés divinatoires, ses hymnes, ses connaissances, son origine noble, etc. Colum Cille était poète ou avait le même rang qu'un poète. Ses relations avec les autres poètes étaient houleuses. Sa mission chrétienne se recoupait cependant avec les tâches traditionnelles qu'il devait assumer (aider le Roi, par exemple).

Dans un passage, la colombe est citée dans le contexte d'un grand carnage, à savoir au cours des préparatifs précédant la bataille pendant laquelle Cùchulainn sera tué.

Dans le poème gallois qui suit, la colombe est une amante :


Glomen = La Colombe

Fel roeddwn i ryw fore hawddgar = Lorsqu'un beau matin,

Yng nghwr y coed ac wrth fy mhlesar = plein d'entrain, à la lisière de la forêt

Ar frig y pren, mi glywn ryw glomen = j'entendis sur la pointe d'une branche

Yn cwyno'n glâf "Aw ! Beth a wnaf = une colombe se plaindre : "Hélas, que faire

Am f'annwyl gymar ?" = avec mon si cher ami ?"

A nesu wnes yn nes i wrando Je m'approchai encore plus pour écouter

Beth oed y gangen ferch yn cwyno ; les peines de cette petite assise sur une branche

A Mentro wnes a gofyn iddi Et j'osai lui demander - je le fis :

"Y lana o liw, a'r fwyna'n fyw Apparition la plus merveilleuse, toi la plus douce des créatures de la vie

Beth yw dy g'ledi ?" Quelle est ta douleur ?"


"Rhyw g'ledi mawr sydd yn fy mynwes "Une grande douleur habite ma poitrine

Wrth gofio'r cur a'r poen a gefais ; Quand j'y pense, elle me transperce ;

Wrth gofio'r mab a'r gerriau mwynion Quand je pense à l'homme et aux douces paroles

I'm calon rhoes drwm glefyd loes - Il a ouvert dans mon cœur une plaie qui saigne tant.

Fe dyr fy nghalon." Hélas - mon cœur se brise."

Y Glomen fwyn, O paid a chwyno Tendre colombe, arrête donc de te lamenter,

Fe gyfyd haul ar fronnydd eto le soleil va oser regarder par-dessus les collines,

A phan y dêl, daw'r coed i ddeilio - et lorsqu'il viendra, la forêt verdira -

Ti gofio'n dda, pan ddelo'r ha' Pense toujours que lorsque l'été commence

Daw'r gweilch i rodio Les héros viennent chasser.

Auteur inconnu

A la fin du Déluge, la colombe annonce la paix divine avec une branche d'olivier et, dans le Nouveau Testament, elle représente le Saint-Esprit. Mais pour l'essentiel, elle a gardé jusqu'à aujourd'hui sa force symbolique première. Dans le monde entier, elle est le plus célèbre symbole de paix, qui est encore accentué par une branche de rameau. Aujourd'hui encore, elle est un animal porteur de message.

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Symbolisme alchimique :

D'après Patrick Rivière, auteur de L'Alchimie, science et mystique (Éditions De Vecchi, nouvelle édition augmentée 2013),


" Le symbolisme de la colombe, plus précisément des "colombes de Diane", est en relation directe avec le Second Œuvre dans les voyages allégoriques de la fin du Déluge, où la colombe, lâchée par Noé, revient au soir portant dans son bec un rameau d'olivier aux feuilles verdoyantes."

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Mythologie :


Dans ses Métamorphoses (Traduction (légèrement adaptée) de G.T. Villenave, Paris, 1806, disponible sur le site de référence https://remacle.org), Ovide raconte celle des filles d'Anius :


Énée chez Anius (XIII, 623-642)

Cependant les destins ne permettent pas que tout l'espoir de Troie périsse avec ses remparts. Le fils de Vénus emporte sur ses épaules les dieux de sa patrie, et son père aussi sacré pour lui que les dieux. Parmi tant de richesses, le pieux Énée n'a choisi que cette religieuse proie et son fils Ascagne. Il part des rives d'Antandros; sa flotte fugitive est emportée sur les mers. Il fuit les affreux rivages de la Thrace, où fume encore le sang de Polydore ; ses voiles sont livrées à des vents propices, et il entre avec ses compagnons dans le port de Délos.

Anius, prêtre d'Apollon et roi de cette île, le reçoit dans le temple et dans son palais. Il lui montre la ville, les autels du dieu dont il est le pontife, et les deux arbres que Latone embrassait quand elle devint mère. Après avoir offert l'encens, fait des libations de vin dans la flamme sacrée, et brûlé, suivant l'usage, les entrailles des bœufs égorgés, ils entrent dans le palais, et, assis à table sur des tapis de pourpre, ils joignent aux présents de Cérès les dons de Bacchus. Alors le pieux Anchise, adressant la parole à Anius : "Ô pontife, choisi par Apollon, me trompé-je ? Lorsque pour la première fois je vis ces lieux, vous aviez, autant qu'il m'en souvient, un fils et quatre filles".


Les filles d'Anius (XIII, 643-674)

Anius, laissant tomber tristement sa tête ornée de bandelettes de lin, répond : "Vous ne vous trompez pas, magnanime héros ! Vous m'avez vu père de cinq enfants ; et aujourd'hui, telle est l'inconstance des choses humaines ! je puis presque dire qu'il ne m'en reste aucun : car de quel appui pour ma vieillesse peut être un fils absent ? Il règne pour moi dans l'île d'Andros, qui a pris son nom. Apollon lui a donné la science de l'avenir. Mes filles avaient reçu de Bacchus des dons au-dessus de leurs vœux et de toute croyance. Sous leurs mains, à leur gré, tout se changeait en épis, en grappes, en olives : elles étaient une source féconde de biens

[655] "Dès qu'Agamemnon, le destructeur de Troie, est instruit de ce prodige (et croyez que les malheurs d'Ilion ont aussi rejailli sur moi), il vient, à main armée, arracher mes filles de mes bras. Il leur ordonne de nourrir la flotte des Grecs avec le don qu'elles reçurent des dieux : elles prennent la fuite; deux se retirent vers l'Eubée, deux cherchent un asile dans Andros, auprès de leur frère. Des soldats paraissent, et mon fils est menacé d'une guerre cruelle s'il ne les remet entre leurs mains. La tendresse fraternelle cède à la crainte, Andros livre ses sœurs; mais sa faiblesse est excusable : il n'avait, pour défendre ses états, ni Énée, ni Hector, qui, pendant dix ans, ont retardé votre ruine.

"Déjà les Grecs préparaient des liens pour les bras de leurs captives : elles lèvent leurs bras libres encore vers les dieux : "Puissant Bacchus, s'écrient-elles, prête-nous ton appui !" Et le dieu qui fut leur bienfaiteur leur accorda son secours, si cependant c'était les secourir que de me les enlever par un prodige ! Je n'ai pu savoir alors, et maintenant je ne puis dire, comment elles changèrent de forme : leur changement et mon malheur me sont seulement connus. Elles prirent des ailes, et volèrent dans les airs, pareilles aux blanches colombes consacrées à Vénus, dont vous fûtes l'époux."

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Contes et légendes :

Paul Berret, dans Sous le signe des Dauphins, Contes et légendes du Dauphiné (Éditions des Régionalismes, 2008/2010) conclue ainsi l'histoire des ruines de Beauvoir-en-Royans :

"Et déçu, désillusionné devant l'éternel silence des ruines, j'allai redescendre par le chemin creux noyé d'ombre qui s'enfonce comme un lit étroit de torrent entre les murailles crénelées, quand tout là-haut sur la dernière pierre effritée de la Tour-forte deux colombes battirent des ailes et se posèrent côte à côte, détachant sur le ciel assombri leurs petites silhouettes blanches.

Était-ce l'âme du Delphinet et celle de Marie des Baux ?

Je crois peu aux esprits et j'ai pensé que ces deux colombes, à travers les siècles et de générations en générations, étaient nées de celles qui jadis jouaient apprivoisées dans la chambre de la dauphine, et qu'un instinct héréditaire ramenait là parfois, le soir, ces témoins mystérieux et inconscients du passé.

Car sans doute la mémoire des oiseaux est plus fidèle que celle des hommes."

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Littérature :


Les colombes

Sur le coteau, là-bas où sont les tombes, Un beau palmier, comme un panache vert, Dresse sa tête, où le soir les colombes Viennent nicher et se mettre à couvert.

Mais le matin elles quittent les branches ; Comme un collier qui s'égrène, on les voit S'éparpiller dans l'air bleu, toutes blanches, Et se poser plus loin sur quelque toit.

Mon âme est l'arbre où tous les soirs, comme elles, De blancs essaims de folles visions Tombent des cieux en palpitant des ailes, Pour s'envoler dès les premiers rayons.


Théophile Gautier, "Les Colombes" in Poésies diverses, 1833 - 1838.

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La Colombe poignardée


Il existe un oiseau, dont le pâle plumage, Des forêts du tropique étonne la gaieté ; Seul sur son arbre en deuil, les pleurs de son ramage Font gémir de la nuit le silence attristé.

Le chœur ailé des airs, loin de lui rendre hommage, Insulte, en le fuyant, à sa fatalité ; Lui-même se fuirait, en voyant son image Poignardé de naissance, il naît ensanglanté.

Et le poète aussi, merveilleuse victime, Qui mêle de son sang dans tout ce qu’il anime, Arrive dans ce monde, un glaive dans le cœur ;

Et l’on n’a point encore inventé de baptême, Qui puisse en effacer le stigmate vainqueur : Cette tache de mort, c’est son âme elle-même.


Jules Lefèvre-Deumier, "La Colombe poignardée" in Œuvres d'un désœuvré, 1842.


Guillaume Apollinaire, "La Colombe poignardée et le jet d'eau"

in Calligrammes, 1918.

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Le Paon, la Colombe et le Rossignol


Les avantages extérieurs ne sont rien, en

comparaison de ceux du cœur et de l’esprit.

L’oiseau cher à Junon, roi d’une basse-cour, S’y pavanait tout à son aise, Se contemplant, plein d’orgueil et d’amour. Pigeons, poulets, dindons, peuple, par parenthèse, Non moins stupide que ce roi, Il voyait tout dans l’esclavage Recevoir humblement sa loi ; Tous, les regards fixés sur son brillant plumage, Lui payaient un constant hommage. Quand tout à coup le chantre ailé des bois, Égaré loin de son bocage, Vint près de là chercher un peu d’ombrage. Notre Paon dédaigneux lui cria d’une voix Qui faillit effrayer l’aimable solitaire : — Pauvre petit, dans mes états, Je veux bien t’accorder un abri tutélaire. Ah ! que je te plains ! tu n’as pas De quoi bénir la nature ta mère. Pourquoi te mettre sur la terre Si faible, si pauvre, si laid ? Un bout de mon aigrette, un brin de mon plumage, Le plus menu de mon duvet Eût de magnificence orné tout ton corsage ; T’eût chargé d’un manteau pompeux. Le Rossignol lui dit : — J’admire l’opulence Dont vous ont fait présent les Cieux. Si vous en êtes digne, eh bien ! régnez, tant mieux ! Je ne cherche point la puissance ; Moins on est, plus on est heureux. — Une Colombe, sous l’ombrage, Avait tout écouté, dans son simple ramage, Elle voulut de ce Paon orgueilleux Corriger le sot verbiage.


— Paon, dit-elle, c’est vrai, votre habit est fort beau Mais l’habit fait-il le mérite ? Quand vous chantez, on vous évite, Et l’on dit tout bas : Le fourreau Est pompeux ; mais il cache un pauvre personnage. Lorsque mon jeune ami chante au fond du bocage, Tous les habitants du hameau Prêtent l’oreille à son ramage. Durant la nuit, pour en jouir, Tout se plonge dans le silence : Le lion cesse de rugir, L’autan retient sa violence, La lune même qui s’avance Sur son char parsemé de feux, Semble s’arrêter dans les cieux Et goûter la vive cadence De ses transports harmonieux. Jouissez de votre plumage, Beau sire, il n’en est point jaloux ; Mais la nature, en apanage, En lui donnant un chant si doux, L’a partagé plus noblement que vous.

Force et beauté sont pour la créature Des présents qui viennent des Cieux ; Mais le talent, une âme sage et pure, Un bon cœur, nous parent bien mieux.


Abbé Louis-Maximilien Duru, « Le Paon, la Colombe et le Rossignol », Fables nouvelles, ou Leçons d’un maître à ses élèves, 1855.

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Dans "Prélude de Pan", nouvelle tirée de Solitude de la pitié (1932) Jean Giono évoque le martyr d'une colombe :

Le Boniface avait apporté dans la poche de sa veste de velours cette petite colombe des bois. Il s'était mis dans la tête, là-haut, de l'apprivoiser, et comme chaque fois qu'il la lâchait elle jaillissait dans la cabane, renversait la chandelle et volait comme une folle contre le mouchoir de la fenêtre, il lui avait cassé une épaule.

Oui.

Vous voyez ça ?

C'était déjà pas mal ; et il avait fait ça à jeun, de son libre propos, avec ses grosses mains qui sont comme des feuilles de bardane. Oui, il avait serré l'oiseau gris dans sa grosse main et il avait tordu l'aile jusqu'à entendre craquer les os. Que voulez-vous ?...

Donc, elle était là, la pauvre bestiole, tout estropiée, à traîner son aile comme un poids mort ; elle était là, avec cette chose morte qui lui pesait. Comme ça, il lui avait enlevé d'un seul coup tout le ciel, tout le bon d'aller dans le vent à la vitesse de l'air... Elle était là, à se traîner sur la table dans de la dégueulure de vin.

Lui, étalé sur sa chaise avec son ventre plein qui débordait du pantalon. Il riait. Il riait et regardait cette pauvre petite chose. Il avait appesanti sa force sur ça, et d'une bulle de plume il en avait fait cette petite pelote toute gauche, qui boitillait contre les verres, qui était là à se traîner en gémissant. Quand elle s'éloignait de lui, il la giflait d'un revers de main, et il la renvoyait comme une balle au milieu du vin répandu. Et alors l'oiseau essayait d'ouvrir ses ailes, et la plaie de son épaule se déchirait, et il avait alors un long cri pour se plaindre, et il restait longtemps le bec ouvert, tout tremblant et la tête éperdue.

Comme ça faisait trois fois, l'homme du fond dit :

"Laisse cette bête."

De saisissement d'entendre parler dans un coin où il croyait qu'il n'y avait personne, ou bien d'autre chose, le Boniface se tourna. Et la colombe avait été touchée par cette voix, aussi. Et cette voix, ça avait dû être un peu d'espoir pour elle. Et, elle devait la connaître d'instinct, parce qu'aussitôt, il paraît, la voilà qui se ramasse, la voilà qui supprime son mal d'un coup de volonté, la voilà qui tend brusquement la voilure de ses plumes, et dans un roucoulis elle s'élance vers la voix. Elle était toute sale de vin. On l'entendait, là-bas, contre l'homme, elle râlait de joie et on entendait aussi l'homme. Il parlait à la colombe. Il lui parlait le langage des colombes et la colombe lui répondait de sa voix triste.

"Qui c'est, celui-là ?" demanda Boniface. [...]

"Fiche-nous la paix, toi, garçon, et rends-moi ma bête", dit Boniface en tendant sa main.

L'homme avait la colombe sur son épaule. Il se tourna vers elle et lui parla dans le langage des oiseaux. il soupira. La large main de Boniface était toujours tendue de son côté.

"Allons...

- Je la garde, dit l'homme.

- Ça !... eut seulement le temps de dire Boniface tant il était comme écrasé par le sang-plan de l'homme, ça alors !..." et il se dressa en faisant craquer la chaise. Il était dans notre salle à boire, debout comme un tronc de chêne.

Et il resta comme ça, parce que l'autre continuait, de sa petite voix tranquille. Cette voix, dès entendue, on ne pouvait plus bouger ni bras ni jambes. on se disait : "Mais, j'ai déjà entendu ça ?" et on avait la tête pleine d'arbres et d'oiseaux, et de pluie, et de vent, et du tressautement de la terre.

"Je la garde, disait l'homme. Elle est à moi. De quel droit, toi, tu l'as prise, et tu l'as tordue ? De quel droit, toi, le fort, le solide, tu as écrasé la bête grise ? Dis-moi ! Ça a du sang, ça, comme toi : ça a le sang de la même couleur et ça a le droit au soleil et au vent, comme toi. Tu n'as pas plus de droit que la bête. On t'a donné la même chose à elle et à toi. T'en prends assez avec ton nez, t'en prends assez avec tes yeux. T'as dû en écraser des choses pour être si gros que ça... au milieu de la vie. T'as pas compris que, jusqu'à présent, c'était miracle que tu aies pu tuer et meurtrir et puis vivre, toi, quand même, avec la bouche pleine de sang, avec ce ventre plain de sang ? T'as pas compris que c’était miracle que tu aies pu digérer tout ce sang et toute cette douleur que tu as bus ? Et alors, pourquoi ?

On était tous comme des bûches mortes alignées au bord du chemin.

"Il est fou, celui-là, dit Boniface.

- Non, il n'est pas fou, redit l'homme, c'est toi qui es fou. N'est-ce pas folie que de meurtrir ça, vois !"

Il prit délicatement la colombe sur son épaule. Il avait des gestes doux avec elle. Elle était là, dans ses mains à roucouler tout gentiment. Et il déploya la pauvre aile morte, et il la faisait voir à tous, ballante, sans vie, comme une chose retranchée du monde. Et nous, nous avons fait alors : Oh ! Oh ! tous ensemble. Et ça n'était pas à la gloire de Boniface.

"Encore une fois, qu'il fait le gros, tu me la rends, ma bête ?

- Je t'ai dit : non. Je la garde. Tu t'en sers trop mal."

*

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