Le Dragon

Dernière mise à jour : 21 oct.
Étymologie :
DRAGON, subst. masc.
Étymol. et Hist. A. 1. Ca 1100 dragun « animal fabuleux » (Roland, éd. J. Bédier, 2543) ; 1176-81 hérald. (Chr. de Troyes, Chevalier Charrette, 5799 ds T.-L.) ; 1663 fig. dragon de vertu (Molière, École des femmes, IV, 8) ; 1672 dragon « femme acariâtre » (Molière, Femmes savantes, II, 9) ; 2. 1130-40 dans l'iconogr. chrét. symbole du démon (Wace, Ste Marguerite, éd. E. A. Francis, 379) ; 3. 1275-80 dragons volanz « phénomène qui se produit dans l'atmosphère » (J. de Meun, Rose, éd. F. Lecoy, 1885) − 1771, Trév. d'apr. FEW t. 2, p. 150b ; 1686 « gros-tourbillons d'eau » (P. Tachard, Voiage de Siam, 1. I ds Rich. 1706) ; 4. 1690 (Fur. : Dragon, est aussi une Constellation céleste, vers le Pôle Arctique) ; 5. 1690 (Fur. : Dragon, est aussi une maladie qui vient aux yeux des chevaux) ; 1694 « tache dans l'œil de l'homme » (Ac.) ; 6. 1800 (Boiste : Dragon ; serpent) ; 1803 (Boiste : Dragon lézard volant). B. Ca 1100dragun « étendard » (Roland, éd. J. Bédier, 1480) − xvie s. (Paré ds Gdf. : faire voler le dragon) ; 1594 « soldat de cavalerie » (Satyre Menippée, éd. E. Tricotel, t. 1, p. 98). Empr. au lat. draco, onis class. « animal fabuleux ; constellation », chrét. « diable, démon » ; b. lat. « enseigne de cohorte ».
Lire également la définition du nom dragon afin d'amorcer la réflexion symbolique.
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Croyances populaires :
Dans le Dictionnaire de la France mystérieuse - Croyances populaires, superstitions, sorcellerie, rites magiques (Editions Omnibus, 2016) Marie-Charlotte Delmas consacre quelques lignes au dragon :
Le dragon des Rogations : Les premiers textes sur le déroulement des cérémonies des Rogations ne datent que du XIIe siècle. On y évoque parfois la présence d’un « dragon » de paille ou de carton en tête des processions. Par la suite, de nombreux témoignages viendront prouver l’étendue de cette coutume dans bon nombre de villes d’une certaine importance. Parmi les dragons français les plus célèbres se trouvent le Graouilli de Metz (ou Graoully, Grauli…), la Gargouille de Rouen, la Grand’Gueule (ou Grand’Goule) de Poitiers, la Chair-Salée de Troyes, le Dragon doré de Douai ou encore le Dragon et la Lézarde de Provins. Certains de ces dragons possèdent leur légende, souvent christianisée. Certains ont jadis été vaincus par un saint, comme saint Clément pour le Graouilli et saint Romain pour la Gargouille, d’autres par un brave, comme le prisonnier qui délivra Vienne de la Grand’Gueule de Poitiers.
Simple étendard ou mannequin aux mâchoires et à la queue articulés, ces monstres défileront dans les rues jusqu’au XVIIIe siècle, époque à laquelle ils commenceront à disparaître. Ils sont ornés de guirlandes de fleurs et reçoivent dans leur gueule béante de l’argent, des fruits ou des gâteaux, offrandes qui rappellent les présents que l’on faisait aux génies païens. Ils n’ont rien des monstres hostiles et ravageurs qui terrifient les populations.
La queue de ces dragons de carton revêt souvent une grande importance. Dans La Légende dorée, Jacques de Voragine précise qu’elle est longue et remplie de paille les deux premiers jours, et vide le troisième. Pour l’auteur, c’est là le symbole du diable qui a régné deux jours (au temps d’avant la loi et au temps de la loi) et a été vaincu le troisième (temps de la grâce après la passion du Christ). Une interprétation chrétienne d’un rite vraisemblablement païen qui n’a pas livré tous ses secrets.
Dans le Dictionnaire de la France mystérieuse - Surnaturel, superstitions, être fantastiques, apparitions, lieux enchantés (Editions Omnibus, 2017) Marie-Charlotte Delmas consacre un article au Dragon :
Dragon : Souvent associé à la lointaine Asie, le dragon figure pourtant en bonne place dans les traditions occidentales et la France compte nombre de légendes dont il est une figure. Il est présent dans diverses mythologies, à commencer par les Dragons-géants créés par Tiamat, la Mère-Abîme, dans le Poème de la création babylonien (deuxième millénaire avant notre ère). Dans l’Ancien Testament, le prophète Daniel triomphe du dragon de Babylone (Livre de Daniel, XIV). Incarnation du péché et de l’hérésie des cultes païens, il tient une place importante dans l’Apocalypse de Jean du Nouveau Testament : « Un second prodige parut aussi dans le ciel : c’était un dragon roux, qui avait sept têtes et dix cornes, et sept diadèmes sur ses sept têtes. Il entraînait avec sa queue la troisième partie des étoiles du ciel, et il les fit tomber sur la terre. […] Alors, il y eut un grand combat dans le ciel. Michel et ses anges combattaient contre le dragon, et le dragon avec ses anges combattait contre lui. […] Et ce grand dragon, cet ancien serpent qui est appelé diable et Satan, qui séduit tout le monde, fut précipité ; il fut précipité en terre, et ses anges avec lui. » (Apocalypse, XII.) Chez les chrétiens, la victoire de saint Michel sur le dragon, avatar du diable, deviendra l’un des motifs les plus représentés dans l’iconographie et dans l’art. Elle marquera profondément l’image du dragon et son assimilation à Satan et aux forces du Mal. En 1776, Charles-François Bicquilley ajoute à son poème La Croisade, composé à l’occasion de l’anoblissement du chapitre de Toul, une note concernant ce fameux combat entre l’archange et Satan. Il affirme que « le lieu de la scène qui a fait longtemps l’objet de la recherche des savants est incontestablement cette montagne voisine de Toul, qui en a retenu le nom de Saint-Michel. Ce fait est parmi nous de la tradition la plus ancienne ; il n’est pas un Toulois qui ne se souvienne de l’avoir ouï conter à sa nourrice. Les traces de la queue du serpent vaincu se voient encore au sommet de la Montagne : elles y forment un labyrinthe sinueux où l’herbe ne croît jamais, vulgairement le Tour-du-Diable ».
Au premier siècle de notre ère, le grand naturaliste romain Pline l’Ancien, dont l’Histoire naturelle restera longtemps une référence dans le domaine scientifique, consacre plusieurs chapitres aux dragons et autres serpents. Il ne met pas en doute leur existence en Ethiopie et en Inde, même s’il avoue n’en avoir jamais vu, et raconte leur combat avec l’éléphant, créature tout aussi curieuse à cette époque : « Le dragon prévoit le danger, et tout d’abord il lui enlace les jambes avec sa queue ; l’éléphant défait les nœuds avec sa trompe ; le dragon enfonce sa tête dans les narines de l’éléphant, et à la fois lui ferme la respiration et le blesse dans les parties les plus délicates. » (Histoire naturelle, livre VIII.) Les descriptions de Pline sont souvent puisées dans les récits de voyageurs ou d’historiens, récits qui lui sont parfois antérieurs de plusieurs siècles. A plusieurs reprises, il se contente de dire « on raconte » ou « on connaît ». C’est ainsi qu’il reprend à son compte l’histoire du serpent de Regulus : « On connaît l’histoire du serpent qui, dans les guerres puniques, auprès du fleuve Bagrada, fut assiégé comme une citadelle par Regulus, avec des balistes et des machines ; il avait 120 pieds de long… » D’ailleurs, comment ne pas croire à cette histoire alors que « sa peau et ses mâchoires ont été conservées à Rome, dans un temple, jusqu’à la guerre de Numance » (Histoire naturelle, livre VIII). Elien (première moitié du IIIe siècle) cite, dans son Histoire des animaux, un dragon des Indes long de soixante-dix aunes (l’aune équivalait à 1,18 mètre), dont les yeux étaient aussi gros qu’un bouclier macédonien. Ce monstre, vénéré au temps d’Alexandre le Grand, habitait dans une caverne dont il sortait seulement la tête.
Héritiers de l’Antiquité, les auteurs du Moyen Age vont largement participer à la promotion du dragon. A une époque où le merveilleux accompagne encore si souvent la vie du peuple, au cœur d’un espace rempli de bois, de marais et autres lieux mystérieux et impénétrables, le dragon est dans son élément. Si les romans et les légendes de chevalerie lui font la part belle, les récits hagiographiques ne sont pas en reste et les saints chrétiens vont prouver, en se frottant aux dragons, qu’ils n’ont rien à envier aux héros des temps passés.
Maréchal de la cour impériale du royaume d’Arles, Gervais de Tilbury consacre un chapitre aux « Lamies, dragons et fantômes » dans son Divertissements pour un empereur (rédigé aux alentours de 1210). Il raconte que les dragons, qui prennent parfois forme humaine, demeurent dans les grottes et les fleuves. Ceux qui vivent sous l’eau laissent flotter à la surface des « anneaux d’or ou des coupes » afin de capturer et d’entraîner vers le fond les enfants ou les femmes qui se penchent pour saisir l’objet convoité. Il s’attaque notamment aux nourrices susceptibles d’allaiter ses petits. Relâchées au bout de sept ans de bons et loyaux services, celles-ci reçoivent une récompense et réintègrent le monde terrestre, racontant qu’elles ont vécu dans un vaste palais en compagnie des dragons et de leurs épouses. Gervais affirme avoir rencontré l’une de ces femmes, enlevée alors qu’elle lavait son linge au bord du Rhône. Elle lui raconta que le dragon lui avait offert du pâté d’anguilles, et que sa vue dans l’eau était devenue plus claire après qu’elle s’était frotté l’œil avec son doigt enduit de graisse. Elle pouvait désormais voir le dragon sous sa forme humaine, ce qui fut le cas un jour, chez elle, à Beaucaire. Surpris et fort mécontent, le dragon lui creva l’œil afin que plus jamais elle ne puisse le démasquer.
Cette histoire étrange révèle des éléments et un comportement très éloigné des croyances habituelles liées au dragon. Dans le texte latin, l’auteur emploie le terme draco, mais dans tout le midi de la France, au XIXe siècle, le « drac » est une espèce de lutin très répandue, souvent polymorphe, parfois génie des eaux dans le Languedoc, et le baume de clairvoyance est un motif que l’on retrouve dans la geste de certaines fées. Il est donc possible que l’auteur, qui dit tenir son récit d’une nourrice de Beaucaire, ait confondu le drac – draco en Occitan – avec un dragon. Quoi qu’il en soit, ce récit sera repris et popularisé par Frédéric Mistral dans Le Poème du Rhône.
Les savants de la Renaissance iront puiser dans les textes antiques pour justifier l’existence des dragons. Dans le chapitre qui leur est consacré dans le Second Livre des animaux, le célèbre chirurgien Ambroise Paré (1510-1590) reprend largement un texte de Pline sur le comportement des grands ophidiens et leur technique pour tuer les éléphants. Il illustre son propos de deux bois gravés qu’il accompagne de la légende suivante : « Ici sont représentées deux figures de dragons qui tuent les éléphants. » Les naturalistes des XVIe et XVIIe siècles ont aussi à leur disposition certains éléments qui leur sont contemporains – découvertes d’ossements, témoignages oculaires, dragons momifiés – et c’est grâce à eux que nous disposons des premières « reproductions » de ces mystérieux animaux. Pierre Belon (1517-1564) affirme avoir vu en Egypte des corps embaumés de serpents ailés qui avaient des pieds. Les dragons naturalisés, parfois fabriqués par des charlatans, sont très recherchés par les amateurs de cabinets de curiosités. Les savants en possèdent souvent un exemplaire qui figure en bonne place dans leurs livres de zoologie, à côté de l’hydre ou du basilic.
Jusqu’au XXe siècle, la croyance en l’existence passée ou présente des serpents ailés n’a pas disparu. En 1819, dans son Histoire des guerres de la Vendée, Pierre-Victor-Jean Berthre de Bourniseaux écrit : « Existe-t-il des dragons ailés ? Non, nous disent nos savants. En a-t-il jamais existé ? Non, vous disent-ils encore. Je crois la première assertion téméraire, et la seconde impertinente. […] Existe-t-il actuellement des dragons ailés ? On n’en sait rien. En a-t-il existé autrefois ? Cela paraît indubitable […]. » A défaut de dragons, on croit encore dans les campagnes du XIXe siècle qu’il existe des serpents volants. Dans les Pyrénées-Atlantiques, par exemple, certaines vieilles personnes racontent qu’une couleuvre qui atteint sept ans sans avoir été vue grossit, qu’il lui pousse quatre ailes et que sa queue devient brillante « comme une comète » lorsqu’elle vole la nuit ; il en va de même en Sologne où les serpents de sept ans sont dotés d’ailes lorsqu’ils sont passés inaperçus. Plusieurs paysans ariégeois interrogés par le folkloriste Charles Joisten dans les années 1950 et 1960 assurent toujours avoir aperçu des serpents ailés voler dans les airs.
Apparence du dragon : Du Moyen Age au XIXe siècle, le terme de dragon s’applique aux serpents ailés ou non, de toutes tailles, avec ou sans pattes, qui hantent tous les éléments, la terre, l’air et l’eau, à l’exception des serpents de mer qui vivent essentiellement dans les eaux froides des pays nordiques. L’hydre et certains autres animaux fabuleux, comme le basilic ou la vouivre, lui sont apparentés (voir BASILIC, COCATRI, HYDRE, VOUIVRE). Le crocodile lui-même fut assimilé au dragon, et certains d’entre eux furent suspendus aux murs des églises (voir CROCODILE).
La forme du dragon tel qu’on le représente aujourd’hui s’est figée au fil du temps. Son corps ressemble à celui des sauriens préhistoriques (dont les Anciens retrouvèrent peut-être des ossements), sa tête est empruntée au lézard, ses ailes membraneuses à la chauve-souris, sa queue au serpent, ses pattes au lion ou à l’oiseau, ses écailles au crocodile. Mais il n’en a pas toujours été ainsi. Le terme grec drakon évoque la fixité du regard du serpent et, chez les Latins, le mot draco est employé indifféremment pour décrire les dragons et les serpents monstrueux. Il arrive d’ailleurs que, dans un même texte, l’animal soit nommé tour à tour dragon et serpent. Le grand historien grec Hérodote (Ve siècle av. J.-C.) affirme avoir vu des ossements de serpents ailés près d’une ancienne ville de la Basse-Egypte : « Il y a, dans l’Arabie, assez près de la ville de Buto, un lieu où je me rendis pour m’informer des serpents ailés. Je vis à mon arrivée une quantité prodigieuse d’os et d’épines du dos de ces serpents. Il y en avait des tas épars de tous les côtés, de grands, de moyens et de petits. » (Histoire d’Hérodote, livre II, 1786.) C’est également dans ce texte qu’apparaissent les ailes membraneuses de notre dragon : « Le serpent volant ressemble, pour la figure, aux serpents aquatiques ; ses ailes ne sont point garnies de plumes, elles sont entièrement semblables à celles de la chauve-souris. »
Les dragons disposent généralement de deux ou quatre pattes. Comme la tête, la forme des pattes du dragon varie selon les espèces, les auteurs et les imagiers : pattes de crocodile, de lézard, de lion, d’oiseau ou de palmipède. En revanche, les pieds sont le seul élément qui pourrait permettre de différencier les dragons proprement dits des serpents monstrueux, mais certains auteurs, comme saint Augustin, affirment que les dragons n’en ont pas.
La crête, qui est parfois censée coiffer la tête des dragons, est un élément qui divise les auteurs antiques. Pline affirme que les dragons n’en possèdent pas, mais Ovide leur en attribue une, et pour Philostrate, cela dépend des espèces. La tête des dragons des marais « n’est pas surmontée d’une crête », mais celle des dragons qui vivent « au pied des montagnes et sur les collines » a « une crête, qui est peu proéminente quand ils sont jeunes, puis qui croît et s’élève beaucoup à mesure qu’ils vieillissent… Ces dragons ont aussi de la barbe… ». Quant aux dragons des montagnes, « leurs crêtes sont d’un rouge plus ardent que celui d’aucune lampe » (Apollonius de Tyane, sa vie, ses voyages, ses prodiges, par Philostrate, 2e éd., 1862).
Les savants du Moyen Age insisteront sur le gigantisme du dragon. Isidore de Séville (VIIe siècle), que l’on peut considérer comme le premier des encyclopédistes, écrit dans son Etymologie que le dragon est le plus grand de tous les animaux de la terre. Il évoque celui qu’aurait combattu l’évêque saint Donat, tellement gros que huit paires de bœufs eurent du mal à le tirer jusqu’au bûcher où il fut brûlé. Les naturalistes de la Renaissance seront plus réservés ; ils prennent acte des récits des Anciens, mais aussi des portraits qui leur sont fournis par leurs contemporains, aux dimensions plus raisonnables, dont ils possèdent parfois un exemplaire dans leur cabinet de curiosités. Le dragon volant rentrera officiellement dans les espèces du règne animal, Cuvier donnant le nom de dragon à une espèce de petits sauriens des « Indes orientales ».
Méfaits et bienfaits du dragon : Il est évidemment toujours dangereux de croiser la route d’un dragon ou d’un serpent monstrueux. La grande majorité des légendes nous apprennent que cet animal est carnivore et qu’à défaut de bétail à se mettre sous la dent il ne dédaigne pas d’avaler tout crus des humains.
Comme les vouivres, les dragons sont censés garder de fabuleux trésors. Cette fonction est déjà présente dans les mythologies antiques, qu’il s’agisse du dragon qui gardait les pommes d’or du jardin des Hespérides ou de celui qui défendait la Toison d’or que Jason chercha à récupérer. Un autre exemple de dragon gardien de trésor nous est transmis par l’un des plus célèbres récits de la mythologie germano-nordique, celui du héros Sigurd (dans l’Edda) ou Siegfried (dans la Chanson des Nibelungen), dont le surnom Fáfnisbani signifie « meurtrier de Fáfnir ». C’est en effet sous la forme d’un dragon que le géant Fáfnir garde le fabuleux Or du Rhin. Pour parvenir à ses fins, Sigurd va lui tendre un piège. Il creuse un fossé sur le chemin qu’emprunte le dragon et se place à l’intérieur pour lui enfoncer son épée dans le cœur.
Le dragon gardien de trésor fera école. Au XIXe siècle, on raconte encore que l’un d’eux garde celui qui est enfoui au château de Beaufort-en-Vallée (Maine-et-Loire) ou celui de la grotte du Diable de Rémonot (Doubs). Au Pays basque, les Lamignac construisirent une tour sur la montagne vers Saint-Martin-d’Arberoue (Pyrénées-Atlantiques) : elle était censée contenir un merveilleux trésor auquel on ne pouvait accéder que par un souterrain. Voulant s’en emparer, les conseillers « d’Isturitz et de Saint-Martin », curés en tête, se rendirent sur les lieux. Ils
arrivèrent dans une pièce immense remplie du sol au plafond d’écus de cinq livres. Mais ce trésor était gardé par un terrible dragon qui reposait sur le tas de pièces. Les prières du curé n’ayant aucun effet sur le monstre, tout ce petit monde s’en retourna sans avoir osé dérober le moindre écu (J.-F. Cerquand, 1876).
Les auteurs anciens et modernes, savants ou populaires, évoquent l’haleine pestilentielle du dragon qui infecte l’air, répand des maladies et autres épidémies de peste. Par ailleurs, ce souffle est parfois accompagné de flammes. Cette propriété traversera le temps et deviendra l’une des caractéristiques du dragon. Cependant, dès le premier siècle avant notre ère, Lucrèce met en doute la faculté des dragons de cracher du feu, pour la simple raison que le feu brûle et consume toute chair, y compris celle du dragon (De rerum natura, « De la nature des choses »). Quoi qu’il en soit, une fois mort, le dragon se rattrape de tous ses effets dévastateurs en offrant son corps à la pharmacopée. Pline nous livre l’inventaire complet des propriétés thérapeutiques et magiques du dragon d’après les Anciens, dont la devise aurait pu être « Tout est bon dans le dragon ». Il trouve cependant ces recettes « révoltantes » : « Sa tête, mise sous le seuil d’une porte après qu’on s’est rendu les dieux propices par des prières convenables, appelle, dit-on, le bonheur sur la maison. Ses yeux, gardés puis broyés avec du miel et employés en onction, empêchent les personnes même timides de s’effrayer de spectres nocturnes. La graisse du cœur, attachée au bras dans de la peau de chevreuil avec des nerfs de cerf, fait gagner les procès. La première vertèbre facilite l’accès auprès des puissances. Les dents, attachées dans de la peau de chevreuil avec des nerfs de cerf, rendent les maîtres doux, et disposent les grands à accorder des grâces. Mais ce qui passe tout, c’est la composition par laquelle les mages menteurs rendent invincible : prenez la queue et la tête du dragon, les poils du front du lion, la moelle du même animal, l’écume d’un cheval victorieux, les ongles d’un chien attachés alternativement dans de la peau de cerf avec des nerfs de cerf et de chevreuil. Il n’importe pas moins de réfuter de pareilles recettes que d’indiquer les remèdes des morsures de serpent, car de pareilles fourberies empoisonnent les mœurs. La graisse de dragon met en fuite les animaux venimeux… » (Histoire naturelle, livre XXIX.)
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Symbolisme :
Dans le Dictionnaire des symboles (1969, édition revue et corrigée 1982) de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, on peut lire que :
"Le dragon nous apparaît essentiellement comme un gardien sévère ou comme un symbole du mal et des tendances démoniaques. Il est en effet le gardien des trésors cachés, et comme tel l'adversaire qui doit être vaincu pour y avoir accès. C'est en Occident, le gardien de la Toison d'Or et du Jardin des Hespérides ; en Chine, dans un conte des T'ang, celui de la Perle ; la légende de Siegfried confirme que le trésor gardé par le dragon n'est autre que l'immortalité.
Le dragon comme symbole démoniaque s’identifie en réalité au serpent : Origène confirme cette identité à propos du Psaume 74 (voir Léviathan). Les têtes de dragons brisées, les serpents détruits, c'est la victoire du Christ sur le mal. Outre l'imagerie bien connue de Saint Michel ou de Saint Georges, le Christ lui-même est parfois représenté foulant aux pieds les dragons. Le patriarche zen Houei-nêng fait également des dragons et des serpents les symboles de la haine et du mal. Le terrible Fûdo (Acala) nippon, dominant le dragon, vainc par là même l'ignorance et l'obscurité.

Mais ces aspects négatifs ne sont pas les seuls, ni les plus importants. Le symbolisme du dragon est ambivalent, ce qu'exprime d'ailleurs l'imagerie extrême-orientale des deux dragons affrontés, qu'on retrouve dans l'art médiéval, et plus particulièrement dans l'hermétisme européen et musulman, où cet affrontement prend une forme analogue à celle du caducée. C'est la neutralisation des tendances adverses, du soufre et du mercure alchimiques (alors que la nature latente, non développée, est figurée par l'ourobouros, le dragon qui se mord la queue). En Extrême-Orient même, le dragon comporte des aspects divers en ce qu'il est un animal aquatique, terrestre - voire souterrain - et céleste à la fois ; ce en quoi on a pu le rapprocher de Quetzalcoatl, le serpent à plumes des Aztèques. On a tenté, mais sans aucun succès, de distinguer entre le dragon long (aquatique) et le dragon k'ouei (terrestre) ; il existe au Japon une distinction populaire entre les quatre espèces céleste, pluviale, terrestre-aquatique et souterraine.
En réalité, il ne s’agit que d'aspects distincts d'un symbole unique, qui est celui du principe actif et démiurgique : puissance divine, élan spirituel, dit Grousset ; symbole céleste en tout cas, puissance de vie et de manifestation, il crache les eaux primordiales ou l’œuf du monde, ce qui en fait une image du Verbe créateur. Il est la nuée qui se déploie au-dessus de nos têtes et va déverser ses flots fertilisants. C'est le principe k'ien, origine du Ciel et producteur de la pluie, dont les six traits sont six dragons attelés ; son sang, dit encore le Yi-king, est noir et jaune, couleurs primordiales du Ciel et de la Terre. Les six traits de l'hexagramme k'ien figurent traditionnellement les six étapes de la manifestation, depuis le dragon caché, potentiel, non- manifesté, non-agissant, jusqu'au dragon planant, qui fait retour au principe, en passant par le dragon dans les champs, visible, bondissant et volant.

Le dragon s'identifie, selon la doctrine hindoue, au Principe, à Agni ou à Prajapâti. Le Tueur de Dragon est le sacrificateur qui apaise la puissance divine et s'identifie à elle ; le dragon produit le soma, qui est breuvage d'immortalité ; il est le soma de l'oblation sacrificielle. La puissance du dragon, enseigne Tchouang-tseu, est chose mystérieuse : elle est la résolution des contraires ; c'est pourquoi Confucius vit, selon lui, en Lao-tseu la personnification même du dragon. Par ailleurs, si le dragon-soma procure l'immortalité, le dragon chinois y conduit également : les dragons volants sont montures d'Immortels : ils les élèvent vers le Ciel ; Houang-ti, qui avait utilisé le dragon pour vaincre les tendances mauvaises, monta au Ciel sur le dos d'un dragon. Mais il était lui-même dragon, de même que Fou-hi, le souverain primordial qui reçut d'un cheval-dragon le Ho-t'ou ; c'est grâce au dragon que Yu-le-Grand put organiser le monde en drainant les eaux surabondantes : le dragon, envoyé du Ciel, lui ouvrit la voie (k'ai tao).
Puissance céleste, créatrice, ordonnatrice, le dragon est tout naturellement le symbole de l'empereur. Il est remarquable que ce symbolisme s'applique non seulement en Chine, mais chez les Celtes, et qu'un texte hébreu parle du Dragon céleste comme d'un roi sur son trône. Il est en effet associé à la foudre (il crache du feu) et à la fertilité (il amène la pluie). Il symbolise ainsi les fonctions royales et les rythmes de la vie, qui garantissent l'ordre et la prospérité. C'est pourquoi il est devenu l'emblème de l'empereur. De même qu'on expose des portraits de celui-ci, quand sévit la sécheresse, on fait une image du dragon Yin et il commence alors à pleuvoir. Le dragon est une manifestation de la toute-puissance impériale chinoise : la face du dragon signifie la face de l'empereur ; la démarche du dragon est l'allure majestueuse du chef ; la perle du dragon, qu'il est censé posséder dans la gorge, est l'éclat indiscutable de la parole du chef, la perfection de sa pensée et de ses ordres. On ne discute pas la perle du dragon, déclarait encore Mao.
Si le symbolisme aquatique demeure évidemment capital, si les dragons vivent dans l'eau, font naître des sources, si le Roi-dragon est un roi des nâga (mais il s'identifie, ici encore, au serpent), le dragon est surtout lié à la production de la pluie et du tonnerre, manifestation de l'activité céleste. Unissant la terre et l'eau, il est le symbole de la pluie céleste fécondant la terre. Les danses du dragon, l'exposition de dragons de couleur appropriée permettent d'obtenir la pluie, bénédiction du ciel. En conséquence le dragon est signe de bon augure, son apparition est la consécration des règnes heureux. Il arrive que, de sa gueule ouverte, sortent des feuillages : symbole de germination. Une coutume indonésienne veut qu'au jour de l'an une suite de jeunes gens se revêtent d'un dragon de papier qu'ils animent et font danser par les rues, tandis que les citadins massés aux fenêtres lui offrent des salades vertes qu'il engloutit pour la plus grande joie du public. La colonie indonésienne de Hollande perpétue chaque année ce rite dans les rues d'Amsterdam. Le tonnerre est inséparable de la pluie ; son lien avec le dragon se rattache à la notion de principe actif, démiurgique ; Houang-ti, qui était dragon, était aussi génie du tonnerre ; au Cambodge, le dragon aquatique possède une gemme dont l'éclat - et l'éclair - provoque la pluie.

La montée du tonnerre, qui est celle du yang, de la vie, de la végétation, du renouvellement cyclique, est figuré par l'apparition du dragon, qui correspond au printemps, à l'est, à la couleur verte : le dragon s'élève dans le ciel à l'équinoxe de printemps et s'enfonce dans l'abîme à l'équinoxe d'automne ; ce que traduisent les positions des étoiles kio et ta-kio, Épi de la Vierge et Arcturus, les cornes du dragon. L'utilisation du dragon dans l'ornementation des portes en Orient lui confère également un symbolisme cyclique, mais plutôt de nature solsticiale. Astronomiquement la tête et la queue du Dragon sont les nœuds de la lune, les points où ont lieu les éclipses : d'où le symbolisme chinois du dragon dévorant la lune, et celui, arabe, de la queue du Dragon comme région ténébreuse. Nous rejoignons ici un aspect obscur du symbolisme du dragon, mais l'ambivalence est constante : le dragon est yang comme signe du tonnerre et du printemps, de l'activité céleste ; il est yin comme souverain des régions aquatiques ; yang en ce qu'il s'identifie au cheval, au lion - animaux solaires -, aux épées ; yin en qu'il est métamorphose d'un poisson ou s’identifie au serpent ; yang comme principe géomantique ; yin comme principe alchimique (mercure).
Le dragon rouge est l'emblème du Pays de Galles. Le Mabinogi de Lludd et Llewelys raconte la lutte du dragon rouge et du dragon blanc, ce dernier symbolisant les Saxons envahisseurs. Finalement, les deux dragons, ivres d'hydromel sont enterrés au centre de l'île de Bretagne, à Oxford, dans un coffre de pierre. L'île ne devait subir aucune invasion tant qu'ils n'auraient pas été découverts. Le dragon enfermé est le symbole des forces cachées et contenues : les deux faces d'un être voilé. Le dragon blanc porte les couleurs livides de la mort, le dragon rouge celles de la colère et de la violence. Les deux dragons enterrés ensemble signifient la fusion de leur destin. La colère est tombée, mais les dragons pourraient ressurgir ensemble. Ils demeurent comme une menace, une puissance virtuelle, prompte à se lancer contre tout nouvel envahisseur.
On peut rattacher l'image de la baleine rejetant Jonas à la symbolique du dragon, monstre qui avale et recrache sa proie, après l'avoir transfigurée. Cette image d'origine mythique solaire représente le héros englouti dans le dragon. Le monstre vaincu, le héros conquiert une éternelle jeunesse. Le voyage aux enfers accompli, il remonte du pays des morts et de la prison nocturne de la mer. L'analyse de C. G. Jung a tiré parti de ce mythe, dont l'expérience clinique a retrouvé le thème dans les rêves, et de son interprétation traditionnelle : le mythe familier de Jonas et de la baleine, où le héros est avalé par un monstre marin qui l'entraîne sur la mer, la nuit, d'ouest en est, symbolise la marche supposée du soleil du crépuscule à l'aube. Le héros, explique J. L. Henderson, s'enfonce dans les ténèbres, qui représentent une sorte de mort... la lutte entre le héros et le dragon... laisse paraître le thème archétypique du triomphe du Moi sur les tendances régressives. Chez la plupart des gens, le côté ténébreux, négatif, de la personnalité reste inconscient. Le héros, au contraire, doit se rendre compte que l'ombre existe et qu'il peut en tirer de la force. Il lui faut s'accorder avec ses puissances destructrices s'il veut devenir assez redoutable pour vaincre le dragon. En d'autres termes, le Moi ne peut triompher qu'autant qu'il a d'abord maîtrisé et assimilé l'ombre. Le même auteur cite dans le même sens l’acceptation par Faust du défi de Méphistophélès, le défi de la vie, le défi de l'inconscient : à travers lui, à travers ce qu'il a cru être la poursuite du mal, il débouche sur les horizons du salut.

Tous les dragons de notre vie sont peut-être des princesses qui attendent de nous voir beaux et courageux. Toutes les choses terrifiantes ne sont peut-être que des choses sans secours qui attendent que nous les secourions. (R. M. Rilke, Lettres à un jeune poète). Le dragon est d'abord en nous.
Les dragons représentent aussi l'armée de Lucifer opposée à l'armée des anges de Dieu : se déplaçant un peu plus vite que la lumière divine, crachant d'avance tous les feux de l'enfer, puissamment armés de toutes les griffes de la haine et de tous les crocs du désir, cuirassés d'égoïsme, munis des ailes puissantes d u mensonge et de la ruse, les dragons de Lucifer étaient au mal ce que les anges de Dieu étaient au bien. Les dragons de Lucifer ! ... Sifflant, soufflant, hurlant, rugissant, ils fondent encore sur nous du fond des âges et des ténèbres... Les serpents, les rats, les vampires, les chauves-souris, tout ce qui est frappé d'horreur et de puissance maléfique dans la mémoire ancestrale et dans l'imagination populaire est, à peine camouflée, une image de dragons qui menaçaient le Tout-Puissant. Si quelque chose subsiste, au fond de l'inconscient collectif, de la terreur originelle et de la répugnance primordiale, c'est bien l'ombre de la bête fabuleuse et abjecte qui composait le gros de ce que nous appellerions aujourd'hui, pour parler notre langage et en forçant les termes avec une vulgarité un peu facile, les troupes aériennes et le corps blindé du Malin.
Saint Georges ou Saint Michel et le dragon, dont les artistes ont si souvent représenté le combat, illustrent la lutte perpétuelle du mal contre le bien. Sous les formes les plus variées, on en retrouve la hantise dans toutes les cultures et toutes les religions, et jusque dans le matérialisme dialectique de la lutte des classes.
L'axe des dragons, dans le thème astrologique, est aussi nommé axe de destinée. La tête du dragon, qui indique le lieu du thème où doit se construire le foyer de l'existence consciente, est opposée à la queue du dragon, qui brasse toutes les influences venues du passé, le karma dont il faut triompher. Ces deux parties du dragon sont également appelées nœuds lunaires, Nord et Sud ; il s'agit des points où la trajectoire de la lune croise celle du soleil.
Le dragon est le symbole du mercure philosophal. Deux dragons qui se combattent désignent les deux matières du Grand Œuvre ; l'un est ailé et l'autre pas, pour signifier la fixité de l'une, la volatilité de l'autre. Lorsque le soufre, fixe, a changé en sa propre nature le mercure, les deux dragons font place à la porte du jardin des Hespérides, où l'on peut cueillir sans crainte les pommes d'or.
La lignée Brug-pas Kagyu-pas, qui appartient au véhicule du Diamant, signifie lignée du dragon Kagyu-pas ; ses enseignements sont magnifiquement exposés dans Vie et Chants du Brug-pa Kun-Legs le Yogin qui vécut au XVème siècle et dont le nom signifie Beau dragon. Il est vénéré au Bhoutan, près du Tibet (le Bhoutan étant le Pays du Dragon)."
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Claude Gaignebet, auteur d'un article intitulé “A LA PECHE AUX ENFANTS.” (Civilisations, vol. 37, no. 2, Institut de Sociologie de l’Université de Bruxelles, 1987, pp. 35–41, http://www.jstor.org/stable/41229338.) rapporte :
La troisième voie [pour savoir d'où viennent les enfants], qu'emprunta Œdipe lorsque de l'œil du bout de son bâton d'aveugle il explora le sein de sa mère, est non moins folle que celle du Néron de la légende. Le tyran fit ouvrir par des médecins le ventre d'Agrippine, contempla ce mélange de sang et d'excréments où il avait été et, afin de connaître à son tour les joies-douleurs de l'enfantement, se fit greffer aux entrailles... un crapaud. Un dragon en naquit ; longtemps nourri dans des souterrains et devenu monstrueux, il ne disparut que lors de l'incendie-spectacle de la Ville Eternelle.
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D'après Didier Colin, auteur du Dictionnaire des symboles, des mythes et des légendes (Hachette Livre, 2000), on peut mettre sur le même plan symbolique la licorne et le dragon :
"Ces deux animaux mythiques et fabuleux sont à l'origine de bien des légendes, contes et récits merveilleux. Quand, dans l'esprit des hommes, le symboles deviennent vivants, la licorne et le dragon prennent corps, forme et substance. [..]
Sans faire aucun amalgame, et sans vouloir à tout prix trouver des correspondances, des coïncidences, des liens entre certaines croyances du passé et celles qui hantent l'imaginaire des hommes contemporains, nous ne pouvons éviter de constater qu'il y a bien des points communs entre le mythe du dragon, animal de légende, et celui du dinosaure, dont nous savons qu'il a existé mais qui ne nous semble pas moins fantastique. D'une certaine manière, le dinosaure a peut-être quelque chose d'encore plus irréel que le dragon, en cela que plus de 100 millions d'années nous séparent de sa présence sur Terre.. Or comment pourrions-nous réaliser ce que signifient 100 millions d'années, nous qui ne vivons sur Terre que 70 ou 80 ans à peine ? Le grand reptile du mésozoïque serait-il l'ancêtre du dragon ? Ou serait-il possible que l'être humain ait conservé, dans les couches profondes de sa mémoire psychique, des traces inconscientes de l'existence de ce grand reptile ? Nous ne pouvons rien affirmer à ce sujet. Tout ce que nous savons aujourd'hui, c'est que l'homme, aussi intelligent soit-il, n'emploiera jamais qu'à peine 10% des capacités de son cerveau, et qu'il ne vivra pas plus de cent ans environ, alors qu'il dispose d'une quantité de cellules grises suffisantes pour durer mille ans !
Quoi qu'il en soit, bien que nous ne sachions pas si nos ancêtres avaient déjà trouvé des squelettes de dinosaure, une chose est sûre : l'iconographie du dragon nous présente souvent cet animal fabuleux sus les traits d'un grand reptile doté d'ailes ou de nageoires, d'une longue queue, de longues patte aux doigts tantôt griffus, tantôt palmés, et crachant le feu. C'est du moins ainsi qu'il figure en Occident.
En revanche, en Chine, le dragon, animal mythique, symbole du Yang, de la fécondité et de l'activité, est plutôt représenté comme un grand serpent lové au centre de la Terre, à l'origine de la création du monde. Le ciel et les constellations furent aussi souvent représentés par un grand serpent recouvrant la terre, en Occident comme en Chine. Or, symboliquement, c'est à ce fabuleux potentiel d'énergies primordiales - à la fois créatrices et destructrices, célestes et terrestres -, que l'homme porte en lui mais qui est aussi celui de la terre, que le mythe du dragon a été assimilé et identifié. Comme si une force incroyable, dépassant tout ce que l'on peut imaginer, était retenue prisonnière dans le sein de la Terre comme en l'être humain.
Dès lors, pour l'homme, vaincre le dragon devint une quête. Celle de se rendre maître de ces forces primordiales, primitives, qui l'enchaînent dans le cycle infernal et interminable de la naissance et de la mort, suivie d'une nouvelle naissance et d'une autre mort, etc. Là encore, les mythes et les symboles du dragon furent intégrés dans la symbolique alchimique. A l'instar du cerf, le grand principe féminin et mercuriel, le dragon devait être sacrifié, afin que l'on puisse extraire de lui le soufre, le grand principe masculin.
La licorne et le dragon sont-ils des monstres ? Nous ne le pensons pas. Dans l'esprit de nos ancêtres, ces deux animaux fabuleux n'étaient pas des monstres de la nature. Mais quand bien même ils auraient été perçus comme tels, n'oublions pas que, dans l'Antiquité comme au Moyen Âge, les monstres avaient un caractère divin, précisément pare qu'ils étaient monstrueux, extraordinaires, rares. Leurs particularités en faisaient des messagers des dieux sur Terre. Il fallait donc, sinon les honorer, du moins être attentif à leur manifestation et réceptif à leur présence. C'est ainsi que la chasse à la licorne et au dragon devint une quête mystique. On ne chassait pas un rêve, une légende, un mythe. en traquant l'une ou l'autre, on chassait en soi, pour trouver la lumière, la vérité, l'amour, la pureté, le bonheur. N'est-ce pas ce que l'on cherche encore et toujours ?
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Philippe Reyt, auteur de "Les dragons de la crue." (In : Cahiers de géographie du Québec, 2000, vol. 44, no 122, pp. 127-145) propose une hypothèse intéressante concernant les dragons :
[...] Il est difficile de dater, même approximativement, l'apparition du mythe du dragon dans l'imaginaire occidental. S'agit-il d'un archétype au sens où Jung l'a lui-même défini, c'est-à-dire remontant aux origines des temps, indifférent à toute notion de frontière, de groupe ou de culture, ou s'agit-il d'un avatar du mythe du serpent, comme nous sommes tentés de le croire? Dans tous les cas, le dragon est déjà présent chez les Anciens sous la forme des « monstres gloutons » dont Plaute et Juvénal se font l'écho, et dont Rabelais s'inspire en 1548 pour dresser, dans le Quart Livre, la description d'un Manduce imaginaire que les Astrolâstres portent en procession (Rabelais, 1994 : 513). La découverte d'une effigie de monstre anthropophage attribuée aux Cavares et imprécisément datée d'entre le premier siècle avant et le sixième siècle après J.-C. atteste la présence du dragon à la veille ou dès le début de l'ère catholique (Musée Calvet d'Avignon). Le lieu même de la découverte, un gué sur la Durance, paraît conforter l'hypothèse d'une convénience, c'est-à-dire d'une assimilation par le voisinage des lieux (Foucault, 1966 :33), entre le dragon et l'eau vive dans la pensée analogique. L'iconographie générale, bien qu'illustrant principalement des scènes hagiographiques ou des processions tardives et certainement altérées, permet d'étayer la théorie de la généralisation du mythe du nord de la France jusqu'à la Méditerranée.
[...]
En l'état actuel de nos recherches, nous devons donc nous contenter de vingt-six dragons, répartis de façon assez homogène sur le territoire, dont quinze ont donné lieu, de manière avérée, à des processions, parfois à l'occasion de fêtes votives et plus généralement à l'occasion des fêtes des Rogations.
DES DRAGONS À NOS PORTES : Une Tarasque au cœur du Rhône
À Tarascon, la Tarasque, née de l'union du Léviathan et d'un animal non moins féroce qu'on nomme onachum, hante les eaux du Rhône d'où elle surgit régulièrement pour dévorer les enfants et le bétail ou submerger les bateaux. Jacques de Voragine, dans la Légende dorée, la décrit comme un dragon terrifiant, moitié animal, moitié poisson, plus épais qu'un bœuf et plus long qu'un cheval, avec des dents semblables à des épées et grosses comme des cornes. À ceux qui la poursuivent, elle jette à la distance d'un arpent sa fiente comme un dard, et tout ce qu'elle touche s'enflamme (de Voragine, 1967, t. 2 : 21). Frédéric Mistral, dans le chant IX de Mireille, s'attarde lui aussi sur cette bête à la queue de dragon et aux yeux de cinabre, dotée d'un mufle de lion et de six pieds pour mieux courir, avec sur le dos des écailles et des dards qui font peur, et qui, dans sa caverne sous un roc qui domine le Rhône, emporte ce qu'elle peut (Mistral, 1859).
Machecroûte, Graouilly et autres dragons... : À Lyon, la Machecroûte hante au Moyen-Âge les remous du pont de la Guillotière. À Metz, un Graouilly affublé de deux pattes et d'un bec de canard occupe avec une armée de serpents les ruines de l'amphithéâtre romain, empoisonnant les alentours de leur haleine fétide (Vazemmes, 1976 : 373). Au VIe siècle à Fontaine-de-Vaucluse, une couleuvre monstrueuse, le Coulobre, terrorise jusqu'aux faubourgs de Cavaillon. Couverte d'écaillés et pourvue de larges ailes, le dos bigarré d'une multitude de couleurs et les yeux rouges et étincelants, elle n'ouvre sa large gueule que pour dévorer les hommes et leur bétail (Saint Martin, 1861 : 16). À Poitiers sévit la Grand' Gueule, ou Sainte-Vermine, dragon ailé à la gueule remplie de crocs acérés. À la Chapelle-Saint-Mesmun et Meung-sur-Loire, deux dragons gâtent les terres et en chassent les habitants par leur souffle (Chenault, 1997 : 64). La Chair Salée sévit à Troyes, le Doudou de saint Georges à Mons, le Dragon et la Lézarde à Provins, le Drac à Arles, Draguignan, Beaucaire et dans le Cantal, la Lycastre à Porquerolles, le Grand Bailla à Reims, le Bœilla à Suippes, etc.
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D'après Madonna Gauding, auteure de Animaux de pouvoir, Guides, protecteurs et guérisseurs (Octopus publishing Group 2006 ; traduction française Éditions Véga, 2006) :
Guide d'interprétation
En tant que symbole onirique : Pouvoir - Chance - Changement - Transformation - Protection - Puissance sexuelle.
En tant que gardien ou protecteur : Garde la richesse ou le trésor - Éloigne les mauvais esprits.
En tant que guérisseur : Assure une bonne hydratation - Favorise la respiration yogique.
En tant qu'oracle ou augure : Attendez-vous à trouver un trésor - La chance est en route.
Mythes et contes
Le dragon est une bête magique d'une immense puissance, dotée d'un corps reptilien possédant pattes et ailes. Son souffle est ardent. En Europe, les dragons sont décrits comme étant des bêtes féroces, malfaisantes, que les hommes combattent. Les dragons asiatiques, dépourvus d'ailes, sont généralement considérés comme des créatures amicales qui assurent la chance et la richesse.
Si le dragon est votre animal de pouvoir
Vous êtes une personne extrêmement puissante, tant physiquement que mentalement. Si vous ne vous contenez pas, vous exhibez avidité, orgueil démesuré et comportement sexuel vil. Quand vous transformez votre négativité, vous êtes aimé pour votre intrépidité, chaleur et authenticité. Vous aidez les autres à surmonter les obstacles de leur vie. Toujours dynamique et puissant, vous pouvez être aussi très gentil et enjoué. Vos amis et votre famille apprécient beaucoup votre énergie sans bornes, votre générosité, votre élégance et classe, au point d'accepter votre perfectionnisme et excentricité.
Demandez au dragon de vous aider
à transformer vos habitudes négatives ;
à utiliser votre pouvoir pour le bien.
Accéder au pouvoir du dragon en :
regardant la danse du dragon au Nouvel an chinois ;
admirant des images de dragons dans l'art.
En Chine, au Nouvel an, un groupe de personnes virevolte dans les rues en partant un grand costume de dragon pour faire fuir les esprits mauvais et les empêcher de gâcher la fête. Concevez un rituel ou une prière pour écarter les mauvais esprits de votre vie."
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Pour les gourmands qui en veulent toujours davantage : une thèse entière sur le sujet
Daisy De Palmas Jauze, La figure du dragon : des origines mythiques à la Fantasy et à la Dragon Fantasy anglo-saxonnes contemporaines. (2010. Thèse de doctorat. Université de la Réunion) =>
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Pour David Carson, auteur de Communiquer avec les animaux totems, puisez dans les qualités animales une aide et une inspiration au quotidien (Watkins Publishing, 2011 ; traduction française Éditions Véga, 2011), le dragon appartient à la famille des Qualités intérieures, au même titre que le serpent, la taupe, la tortue, le faucon, le singe, le phénix, le jaguar, le chat, l'éléphant, le l'araignée, le lion, l'ours grizzly, le loup, le corbeau et la corneille, le crocodile, le gorille et le bison.
Qualités intérieures : Le rythme effréné du monde dans lequel nous vivons - exigences du travail, évolution technologique et pressions financières - nous fait aisément oublier notre parenté aux animaux. Il est encore plus facile de négliger notre esprit animal, personnel et intérieur, où nous pouvons puiser force, sagesse et conseils.
Il existe diverses façons de nous reconnecter à nos guides intérieurs. L'une d'elles est de fournir un effort conscient pour trouver l'animal qui compense les faiblesses que nous sentons en nous-mêmes - le lion peut par exemple nous aider à combattre notre timidité. Une autre approche consiste à identifier un ou plusieurs animaux avec lesquelles nous sentons une affinité particulière et à travailler en lien étroit avec eux sur une large gamme de problèmes et de peurs. Ce chapitre sonde les créatures susceptibles d'offrir un éclairage intérieur particulier sur notre caractère et notre psyché.
[...]
Créature mystérieuse au symbole mythologique chargé, le dragon peuple de nombreuses cultures du monde entier, avec des sens et des associations différents. Il semblerait qu'il soit un mélange de plusieurs animaux encore existants - tels que les alligators, les lézards et les serpents - et disparus comme le ptérodactyle, reptile préhistorique volant.
En Asie, les dragons ressemblent généralement à des serpents, tandis que le dragon européenne est ailé et crache du feu. D'autres différences culturelles sont notables - les dragons asiatiques sont vus comme des forces naturelles primitives, dotées d'une grande sagesse et de pouvoirs surnaturels. A l'inverse, le dragon européen symbolisait communément le diable, bête dangereuse à abattre, dont la plus célèbre illustration est la légende de saint Georges.
Il est fascinant de constater que des créatures-dragons sont apparues partout dans le monde dans des cultures sans lien apparent. Une théorie soutient que leurs traits - corps de serpent, griffes de chat et capacité à voler comme un oiseau de proie - incarnent les trois genres animaux les plus redoutés des humains. D'autres supposent que les dragons ont été inspirés par les restes de dinosaures, découverts un peu partout dans le monde. Enfin, certains croient toujours que des dragons existent et agissent profondément en nous sur le plan spirituel. Parfois, la puissante énergie du dragon fait surface et pose problème ; à d'autres moments, elle produit l'effet inverse et nous confère une force extraordinaire - dont nous ne pensions pas disposer. Quand le dragon s'éveille en nous, nous sommes à l'endroit juste de nous-mêmes : les vibrations du moment entrent en parfait équilibre, nourries par cette force ancienne universelle. L'être pensant s'élargit, comme si ses pensées venaient du centre du cosmos. C'est comme si le dragon nous avait transporté au plus haut niveau d'existence, ou s'il avait réuni en nous l'univers entier.
Mot-clé : Pouvoirs cachés.
Beowul et Grendel
Dans le poème épique anglo-saxon et premier récit d'aventure Beowulf, le héros se bat contre Grendel, un monstre féroce qui tue le peuple local. Beowulf dit au roi du Danemark Hrrogar : "On prétend que vous avez un monstre ici, et que vos terres sont maudites. Je suis Beowulf et suis venu pour tuer votre monstre." Bien qu'on ne connaisse pas exactement la nature de cet adversaire maléfique, le monstre Grendel illustre parfaitement l'archétype du dragon, avec écailles, excroissances calleuses et griffes au sang séché. Beowulf tua la bête malfaisante puis, du fond de la mer, s'engagea dans une lutte serrée contre la mère de Grendel, où il finit par la décapiter. De nombreuses légendes similaires nous enseignent que le pouvoir du dragon est effectivement grand, et que nous pouvons apprendre à la dompter et à le maîtriser pour nous-mêmes. Dans la légende de saint Georges et du dragon, saint Georges délivre une princesse en transperçant le dragon de sa lance, puis en le menant, pleinement dompté, par la ceinture de la princesse."
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Dans Vert, Histoire d'une couleur (Éditions du Seuil, 2013) Michel Pastoureau s'attache à retracer l'histoire de la perception visuelle, sociale, culturelle de cette couleur en Occident, de l'Antiquité au XIXe siècle. C'est aussi l'occasion d'évoquer d'autres éléments de la symbolique liées à la couleur verte. Ainsi :
"Le dragon est plus effroyable encore [que le serpent]. Pour la culture médiévale, c'est un animal réel, le plus grand des serpents, mais un serpent composite, doté de pattes et souvent d'ailes. Son corps, recouvert d'écailles bien plus dures que celles des poissons, se prolonge par une longue queue effilée et présente sur le dos une crête armée d'aiguillons. Ses pattes, semblables à celles du lion, sont terminées par des serres d'aigle ; sa tête, petite et allongée, possède des oreilles pointues et parfois une barbiche. Ses yeux sont rouges ; son regard, fixe et paralysant. Sa gueule n'est pas grande mais elle abrite des dents cruelles et une langue en forme de trident. Le dragon mord, déchire, dévore, avale, vomit, crache, bave : c'est un ogre. Certains dragons n'ont pas une tête unique mais plusieurs : deux comme l'amphisbène, une au sommet du cou, l'autre à l'extrémité de la queue ; ou bien trois comme "le dragon du pays des Amazones", une grosse entourée de deux petites ; voire sept comme l'épouvantable hydre, monstre des eaux, ennemie du crocodile, dont elle emprunte la couleur : le vert.
Cette couleur est aussi celle du dragon ordinaire. Quelques auteurs précisent cependant qu'il est vert sur le dos et jaune sous le ventre. D'autres ajoutent qu'il est tellement retors qu'il peut, comme le caméléon, changer de couleur à volonté. En outre, si le dragon est vert ou vert et jaune à l'extérieur, l'intérieur de son corps, gorgé de sang et de feu, est rouge. On recueille ce sang pour faire un pigment dont se servent les peintres et les enlumineurs : le sandragon (la sandaraque). Il faut l'utiliser, nous disent les recueils de recettes, pour peindre le visage du Diable, le châtiment des méchants et les flammes de l'enfer. Curieusement, aucun bestiaire n'associe le dragon à la couleur noire, ni même à des teintes sombres : il est vert, visqueux, pustuleux, luisant, enflammé. Il entretient des rapports étroits avec les quatre éléments (l'eau, la terre, l'air, le feu) et avec les cinq sens : il est terrifiant (la vue), bruyant (l'ouïe), gluant (le toucher), nauséabond (l'odorat) et ogresque (le goût). Son haleine empeste ; les flammes qui sortent de ses oreilles et de sa gueule brûlent et détruisent ; son venin, placé à l'extrémité de sa queue, comme chez le scorpion, tue. Mais son sperme et sa bave passent pour fertiles et fécondants, et son sang peut durcir pour se transformer en une sorte de carapace assurant l'immortalité à qui se baigne dedans. Siegfried, héros du chant des Nibelungen, l'a fait, mais une malheureuse feuille de tilleul tombée entre ses épaules l'a empêché de devenir totalement invulnérable. Ici, le vert de l'arbre préféré s'oppose au rouge de l'animal le plus craint : les deux couleurs, une fois de plus, font couple."
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Dans L'Oracle des Esprits de la Nature (Éditions Exergue, 2015), Loan Miège nous propose une carte intitulée "Dragon", à laquelle elle fait correspondre le petit texte suivant :
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« Ne crains rien, tu es protégé matériellement, physiquement, mentalement et spirituellement.
Ajuste ton bouclier et agis ! »
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Au cœur de la forêt de Fontainebleau s'élève la Tour Denecourt, autrefois appelée « Fort l'Empereur ». Une étude géobiologique montre que son centre est traversé par de nombreuses lignes telluriques positives, lui conférant un contexte énergétique très particulier. S'ajoute à cela une colonne de lumière, véritable ascenseur entre les profondeurs de la Terre et les cimes du Ciel. Ce lieu est tout désigné pour abriter un dragon, et c'est le bien le cas ! Ayant accès à tous les éléments : Terre, Eau, Feu, Air et Ether, le dragon se présente comme un alchimiste de premier ordre. Il est le grand sage, celui qui a uni son cœur et sa conscience, le protecteur et l'enseignant. Ici, il est aussi le gardien d'une vaste zone de la forêt. Il est en contact avec tous les Esprits de la Nature environnants, les informant et les guidant si besoin. Généreux, il n'hésite pas à sortir de son habitat de pierre pour venir nous rencontrer.

A propos du message : Maîtrisant avec aisance les forces de la Terre et du Ciel, le dragon nous offre son aide et sa protection. Il nous prend sous son aile et veille à notre bien-être sur tous les plans. Cela étant acquis, il nous encourage à aller de l'avant, car maintenant, rien ne peut nous arrêter. C'est donc à nous de perendre les commandes de notre destin et d'agir en toute conscience. Avec ce message, un nouvel élan nous est donné pour la réalisation de nos projets.
Pratique : Commençons par prendre un papier et un stylo. Réfugions-nous dans un endroit calme, propice à la concentration. Le moment est venu de prendre de la hauteur et de réfléchir à notre grand projet de vie, qui peut d'ailleurs se décliner en différents petits projets. Quoi qu'il en soit, notons tout ce qui vient : nos envies, nos rêves, nos objectifs... tout ! Voyons ensuite comment tout cela s'organise et tentons de poser l'ensemble selon une logique qui a du sens pour nous. Tout est maintenant clairement et proprement couché sur le papier, nous allons pouvoir passer à la suite. Sensible aux cinq éléments, le dragon apprécie une offrande les contenant : un peu de terre ou un végétal pour la Terre, une coupelle d'eau pour l'Eau, une bougie pour le Feu, de l'encens pour l'Air et un cristal pour l'Ether. Disposons l'offrande, le papier, ainsi que la carte (qui nous sert de porte vibratoire) en face de nous. Nous sommes prêts à appeler un dragon. Faisons le silence en nous et dirigeons notre attention au centre de notre poitrine, siège du cœur énergétique. Intérieurement, ouvrons une porte vers le monde des dragons et demandons à ce que l'un d'entre eux vienne se manifester devant nous, dans notre dimension. Sa présence est palpable. Prenons un instant pour la resentir avec l'ensemble de notre être. Le dragon est bien là. Exposons-lui nos projets. comme tous les Esprits de la Nature, il nous examine totalement et nous écoute aussi bien physiquement que vibratoirement. Une fois que tout est dit, demandons-lui simplement s'il souhaite nous soutenir. Une réponse positive est marquée par une augmentation de son corps éthérique et de sa bulle énergétique, mesurable par la main, le pendule, etc., ou par une sensation ou une image reçue. Le dragon s'engage alors envers nous. mais nous, à quoi nous engageons-nous ? Déterminons-un acte essentiel à la mis en œuvre du projet et engageons-nous à le réaliser. Il s'agit d'un partenariat qui ne fonctionne que si chacun assume sa part. Pour finir, décidons avec le dragon d'un code pour que nous puissions rester en contact. Remercions et conservons le papier précieusement.
Mot-clé : Agir.
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Dans son jeu de carte L'Oracle du peuple animal (Guy Trédaniel Éditeur, 2016), Arnaud Riou regroupe les animaux par famille. Le dragon appartient selon lui à la famille de l'action, avec le bélier, l'éléphant, l'ours, le colibri, le renard, le cheval, le bison, le requin et le castor.
"Au-delà de nos concepts, de nos belles théories, de nos idées et de nos valeurs, le passage à l'acte est une dimension fondamentale de notre humanité. Nous avons beau avoir le plus bel idéal, nous ne serons pas heureux tant que nous ne l'aurons pas réalisé. De la même façon, si nous passons à l'action en permanence sans prendre le temps de ressentir à quels besoins fondamentaux correspondent les actions que nous entreprenons, nous ne resterons que dans la dimension superficielle de notre être et notre vie manquera de sens. Notre santé s'appuie sur notre inspiration et notre expiration. Plus nous respirons profondément, plus nos perspectives s'élargissent.
L'inspiration correspond à l'intuition, la méditation, l'introspection, la sagesse. L'expiration correspond au passage à l'acte, à la décision, à l'action compatissante.
C'est alors tout un art de passer à l'action en s'appuyant sur une intention claire, sans pour autant y mettre trop de volonté. C'est tout un art de n'être ni dans la procrastination, l'art de remettre à demain ce qu'il serait juste d'entreprendre aujourd'hui. C'est tout un art aussi de travailler quotidiennement sans tomber dans la surchauffe, la dépression ou le découragement.
[N.B. La syntaxe fautive de cette fin de paragraphe n'est pas de mon fait (ni... ni ?) : je recopie scrupuleusement l'article afin que chacun puisse se faire sa propre opinion.]
La volonté égotique est dure et empêche la fluidité de nos actions. Lorsqu'il tire à l'arc, le samouraï est précis sur le centre de la cible qu'il vise. Toute sa concentration est posée sur la qualité de sa posture. Puis, il détend le pouce et l'index, et libère la flèche. Il ne met aucun volonté dans ce dernier mouvement. Poser une intention claire et passer à l'acte avec douceur et précision est tout un art.
C'est à cet art que nous invite cette famille d'animaux.

Peut-être que ces démons que tu redoutes d'affronter
Ne sont en fait que les gardiens de la pureté de ton cœur qui ne demande qu'à se révéler.
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La carte représente un paysage d'îles volcaniques. En arrière-plan, un volcan est en activité et sa lave rouge coule sur le flanc de la montagne. L'ensemble donne une dimension irréelle, féerique et exotique. Au centre de la carte, un Dragon est en vol. Hybride d'un lion, d'un lézard et d'une chauve-souris, il crache des flammes rouges semblables à celles du volcan.
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S'il existait une hiérarchie dans la puissance symbolique des animaux, le Dragon se hisserait certainement en tête ! Sorti des feux de l'enfer, le Dragon est un totem qui nous ouvre instantanément la frontière entre le rêve et la réalité. Animal hybride dans toute sa puissance, il réunit le rayonnement solaire du lion, la stabilité du lézard, le mystère de la chauve-souris. Il est parfois représenté comme un serpent ou comme une hydre à plusieurs têtes. Il incarne la puissance invulnérable, le défi, la transcendance. Il protège la porte du mystère et incarne le démon sous toutes ses formes, l'ennemi à abattre ou à découvrir. Dans tous les cas, il provoque le dépassement de soi, la révélation d'autres univers. Car il y a dans le combat avec le Dragon une rencontre avec nos propres limites et notre propre feu intérieur. Le dragon porte son mystère. Toutes les civilisations de l'humanité rapportent des témoignages de sa présence sur la Terre. De la Chine à l'Inde en passant par l'Europe, tous les peuples le décrivent avec des attributs semblables. Anis, peut-être le Dragon était-il un saurien qui a appris à voler ? C'est ainsi qu'il a pu survivre à l'extinction de son espèce au moment où les premiers hommes peuplèrent la Terre. Dans la tradition chrétienne empreinte de dualité, le Dragon est le symbole du mal. C'est l'incarnation de Lucifer que va combattre et terrasser l'Archange Michaël. comme lui, d'autres saints, comme saint Georges, saint Germain, sainte Marguerite, saint Julien, saint Léon, saint Victor, terrassèrent chacun leur Dragon. Mais pour vaincre le gardien légendaire, c'est notre propre Dragon que nous devrons affronter. Celui qui est capable de réchauffer ou de brûler, d'aimer ou de haïr. C'est nos propres démons qu'il s'agit de vaincre. Nos pulsions, notre violence intérieure qui barre la porte de notre cœur. Car le Dragon est un gardien du seuil. Il n'est en soi ni bon ni mauvais. Il est le gardien de la fontaine de Jouvence, de l'or et des pierres précieuses. Il préserve la Toison d'or. Dans la mythologie grecque, il garde les pommes d'or du jardin des Hespérides et la fontaine d'Arès. Le Dragon conserve précieusement les clés de la richesse, de l'abondance, de l'immortalité, de la puissance et du pouvoir. Il préserve ces trésors et teste la foi et le cœur qui veulent se les approprier. Ainsi, le Dragon est celui qui nous offre l’initiation. En Chine, il est symbole d'abondance, de longévité, de bonheur et de succès, c'est pourquoi il est bon d'avoir une représentation du Dragon dans sa maison. dans la Chine ancienne, seuls les généraux et les hauts dignitaires étaient autorisés à porter le Dragon sur leurs habits et brocarts et seul l'empereur en portait neuf, symbole du cycle achevé de la connaissance des mystères de la terre et du ciel.
Lorsque le Dragon vous apparaît dans le tirage. Le Dragon est un gardien du seuil. Lorsqu'il vous apparaît, c'est généralement pour vous signaler que vous êtes à la fin d'un cycle et que vous vous préparez à une nouvelle étape. Pour franchir l'étape suivante, d'autres initiations vont vous être dévoilées mettant au défi votre patience, votre courage, votre humilité. Le Dragon se présente aux âmes pures. A ceux qui se préparent à révéler au monde leur courage, la beauté de leur cœur, leur abnégation et leur foi. Le Dragon est l'animal qui révèle les chevaliers, les guerriers, les héros et les rois. Aussi, le Dragon vous met à l'épreuve pour vous inviter à regarder en vous ce qui mérite d'être terrassé et ce qui mérite d'être révélé.
Mots-clés : Le trésor - L'initiation - La victoire - La richesse - La dualité - L'infini potentiel - Le combat - Le nouveau cycle - Le changement - L'or - L'immortalité.
Signification renversée : Lorsque le Dragon vous apparaît dans sa position renversée, c'est pour vous inviter à regarder en vous ce qui mérite d'être apprivoisé. Le Dragon renversé peut vous signaler une violence contenue, une frustration importante qui peut vous dévorer et vous brûler de l'intérieur. Le Dragon renversé peut parfois vous signaler que vous protégez avec trop de violence ce que vous croyez vous appartenir. Pour vous protéger, peut-être crachez-vous trop de feu autour de vous.
Le message du Dragon : Je suis le gardien du seuil. Je préserve ce qui, sans moi, serait vulgarisé sans précaution. Je sais reconnaître les âmes nobles qui sont prêtes à recevoir l'or, la puissance et l'immortalité dont j'ai la garde. Les trésors que je protège peuvent te permettre toi-même de développer ta puissance, tes connaissances, tes valeurs et ta propre lumière. Mais je suis ici pour te rappeler que c'est du combat et ta propre lumière. Mais je suis ici pour te rappeler que c'est du combat contre nous-mêmes que nous tirons nos plus belles victoires. Je suis le Dragon. Je t'invite à descendre en toi. Dans la profondeur de ton être. Je t'invite à dépasser tes pulsions, tes peurs et toutes les blessures accumulées depuis ta naissance. Ce sont elles qui forment la porte du feu. celle qui protège la pureté de ton cœur. Avec moi, tu n'auras plus peur du feu et sauras transformer le brasier qui détruit en chaleur qui réconforte.
Le rituel du Dragon : Je rends hommage au Dragon, père de toute initiation. gardien des qualités humaines les plus héroïques. Je suis prêt à transformer ce qui en moi a besoin de l'être. Je me sens digne d'affronter le plus noble des combats. Celui de la lumière contre l'ombre. Celui de la peur contre l'amour. Je reconnais que la lutte même est vaine puisqu'elle renforce la dualité et le rejet d'une partie de moi et d'une partie de l'humanité. J'unis en moi ce qui a besoin de l'être. Je me pardonne du fond du cœur pour toutes les fois où j'ai lutté. Sur un cahier, je rédige toutes les fois où j'ai lutté, et toutes les fois où désormais, je me pardonne du fond du cœur."
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Pour Melissa Alvarez, auteure de A la Rencontre de votre Animal énergétique (LLewellyn Publications, 2017 ; traduction française Éditions Véga, 2017), le Dragon est défini par les caractéristiques suivantes :
Traits : Le Dragon symbolise la force, la chance et la croissance financière. C'est un être magique, très fort physiquement, et qui possède aussi une grande force de caractère qu'il montre par sa sagesse. Le Dragon est symbole de chance dans de nombreuses cultures parce qu'il trouve de l'or et des joyaux qu'il garde en dormant dessus, c'est pourquoi il peut aussi vous apporter la fortune. Le Dragon signifie que vous êtes quelqu'un de fort et de sage. Vous avez beaucoup de chance dans tout ce que vous entreprenez, surtout lorsqu'il s'agit d'argent et d'accroître vos richesses.
Talents : Acceptation - Aventure - Beauté - Dignité - Extase - Enchantement - Téméraire - Croissance financière - Feu - Gloire - Chance - Guidance - But supérieur - Impressionnant - Inspiration - Joie - Meneur - Majestueux - Esprit ouvert - Passionné - Présence - Prospérité - Protecteur - Royauté - Spiritualité - Force - Transitions - Sagesse.
Défis : Arrogant - Mortel - Destructeur - Féroce - Thésaurise - Irréaliste - Intimidant - Imprévisible.
Élément : Air - Terre - Eau.
Couleurs primaires : Noir - Bleu - Doré - Vert - Orange - Rouge - Blanc - Jaune.
Apparitions : Lorsque le Dragon apparaît, cela veut dire que vous êtes dans une période de prospérité. Cette prospérité peut être liée aux possessions matérielles et vous amener un accroissement des biens vous appartenant, ou de l'argent que vous pouvez gagner. Spirituellement, vous allez vivre une augmentation de votre intuition, une croissance sur votre chemin spirituel et une connexion à votre but supérieur. Le Dragon indique que vous avez l'esprit ouvert et que vous êtes attiré par tous les sujets métaphysiques et mystiques. Vous êtes pleinement investi dans la spiritualité qui est la vôtre, vous acceptez les autres et vous voyez la beauté en toutes choses. Le Dragon signifie que vous êtes un leader ayant une belle présence. Vous êtes noble, digne et majestueux dans votre façon d'approcher la vie. Les gens sont attirés par vous à cause de ces qualités. Vous êtes intuitivement lié à la sagesse ancienne, que vous avez le désir de partager avec les autres. Le Dragon est sans peur et passionné, et il possède un grand sens de l'aventure. Il est aussi imprévisible et intimidant, et il est associé à la mort et à la destruction. Il vous met en garde : réfléchissez avant d'agir ou de réagir pour qu'une situation qui est bonne ne devienne pas mauvaise du fait que vous avez intimidé ou effrayé les gens. Cela vous amènerait des regrets, et ce serait difficile à corriger, mais vous pouvez tout à fait l'éviter si vous gardez de la régularité dans ce que vous faites et maintenez des émotions positives et élevées.
Aide : Vous avez besoin de contacter votre Dragon intérieur et le pouvoir magique de ce qu'il peut créer pour vous. Le Dragon signifie que vous êtes enthousiaste et plein de vitalité. Tout au fond de vous, il y a le feu du dragon - ce qui veut dire que vous êtes passionné par tout ce que vous faites. Avec le feu, on forge de la beauté à partir d'un morceau de métal, mais le feu peut aussi tout détruire sur son passage. Si votre dragon intérieur a amené des destructions, ne vous désespérez pas pour ça. Même quand le feu a ravagé la forêt, une nouvelle croissance a lieu. Que pouvez-vous apprendre de la destruction provoquée par votre dragon intérieur ? Il y a des leçons de vie qu'il faut apprendre : la renaissance et le développement spirituel peuvent provenir d'événements destructeurs. Il vous faut seulement les reconnaître, vous pardonner et aller de l'avant sur votre chemin. Le dragon est un puissant protecteur. Ses ailes vont vous aider à voler pour traverser les périodes de transition, jusqu'à ce que vous puissiez à nouveau vous élever haut sur un chemin favorable.
Fréquence : L'énergie du Dragon est courageuse et puissante, et d'une chaleur brûlante. Elle vous emplit de pouvoir et bous donne une sensation de majesté, comme si vous vous teniez au sommet du monde. Elle avance sur un rythme lent et lourd, mais vole en cercle autour de vous avec rapidité, en plongeant et virevoltant.
Voir aussi : Coquatrix.
Imaginez...
Vous vous retrouvez au Moyen Âge. Un énorme dragon vole au-dessus de vous en cercles lents. Vous ne pouvez détacher votre regard de cet animal incroyable. Vous vous avancez dans l'espace découvert d'un champ, et le dragon descend de plus en plus bas. Il vous voit et se pose dans le champ. Vous ressentez une affinité envers lui et vous vous approchez. Il vous regarde avec curiosité. Vous lui parlez et tendez la main pour toucher son nez. Vous pouvez l'entendre parler à votre esprit. Il vous a cherché pour vous ramener dans le temps où vous vivez vraiment. Vous grimpez sur son dos, et vous vous envolez pour revenir dans votre réalité.
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