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  • Anne

Le Lion (suite)


Suite de l'article publié en 2015.




Symbolisme celte :


Pour Sabine Heinz, auteure de Les Symboles des Celtes, (édition originale 1997, traduction française Guy Trédaniel Éditeur, 1998),


"Bien que l'on trouve le lion très tôt sur les pièces archéologiques, les recherches sur la mythologie celtique en tiennent aussi peu compte que du dragon. Il symbolise lui aussi les hordes guerrières, apparaît à la fois sur le blason des clans irlandais et dans la littérature, et orne souvent les casques. Probablement venu d'Asie (d'Inde par exemple) ou d'Afrique (d’Égypte par excellence), il est arrivé en Europe par le biais de la civilisation grecque ; c'est en tant que gardien que lui et d'autres félins apparaissent dans les légendes irlandaises et galloises. dans les conte, le lion était, à l'époque déjà, le roi des animaux.

Dans l'histoire de la Comtesse de la Fontaine, la signification du lion est proche de celle du chien, du gardien :


Owain prit congé de la Comtesse pour aller explorer le monde ; soudain, il entendit dans la forêt un énorme rugissement. Il s'aperçut qu'il venait d'un lion blanc qu'observait un serpent. Owain tua le serpent de son épée et continua son chemin. Mais le lion le suivit en tournant autour de lui comme un chien. Lorsqu'Owain s'arrêta le soir pour allumer du feu, le lion ramassa bien vite du bois pour trois nuits. Il apporta ensuite un chevreuil pour Owain mit sur le feu, puis il s'allongea entre le feu et son nouveau maître. Lorsque Owain découpa le chevreuil, il entendit s'élever des lamentations. Il trouva la pucelle de la Comtesse Lunet qui, pour avoir défendu Owain mac Urien, avait été enfermée dans un sarcophage. Seul Owain pouvait la sauver, et ce pendant une période bien déterminée. Owain partagea alors les morceaux de viande avec la pucelle et donna le reste au lion. Lorsque, la nuit suivante, Owain prit ses quartiers dans un château-fort, le lion s'allongea près du cheval d'Owain et personne n'osa s'approcher du cheval. Pendant le repas, le lion resta assis sous la table entre les jambes d'Owain, qui lui fit goûter de tous les mets. Owain s'aperçut de la tristesse qui régnait dans le château et en demanda la raison. Le châtelain lui raconta alors qu'un géant gardait ses deux fils prisonniers et qu'il les tuerait s'il ne lui donnait pas sa file. Le lendemain matin, Owain se décida à combattre le géant. Avec l'aide du lion, il remporta la victoire. Le géant trouva que sa défaite était injuste ; Owain enferma alors le lion dans le château et reprit le combat, seul cette fois. Lorsque le lion sentit qu'Owain était en mauvaise posture, il grimpa sur le toit du palais et sauta sur le mur pour le secourir. Il mordit le géant et le déchira de l'épaule jusqu'au pubis, de sorte que toutes ses entrailles se répandirent par terre. Le Comte remercia Owain qui s'empressa d'aider Lunet, que deux jeunes gens voulaient jeter dans un brasier ; Owain se battit vaillamment mais ne put les vaincre. De nouveau, le lion lui vint en aide. Les deux jeunes gens se plaignirent de ce combat irrégulier ; Owain enferma donc le lion dans le sarcophage où Lunet avait été auparavant retenue prisonnière. Il construisit un mur de pierres devant le sarcophage et reprit le combat. Lorsque les jeunes gens prirent le dessus, le lion rugit, brisa les parois de sa prison, détruisit le mur et déchira les deux combattants. Lunet fut sauvée.


Le lion apparaît également dans la symbolique chrétienne où il souligne chez saint Marc la puissance et la dignité royale du Christ.

En raison de ses qualités (force, majesté, force d'attaque), l'héraldique, qui se développe pleinement au fur et à mesure de l'évolution de la chevalerie, fait du lion l'un des animaux les plus importants, aux côtés du léopard, de l'aigle et du verrat."

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Pour Divi Kervella, dans Emblèmes et symboles des Bretons et des Celtes (2001),


"C'est la figure animale la plus fréquente en héraldique, et le léopard héraldique n'en est qu'une variante. Dans la symbolique le lion a souvent remplacé l'ours. Ce serait donc à l'origine un emblème royal d'essence guerrière.

Le lion est une des quatre bêtes magiques du monde celtique du Moyen Âge ; c'est l'emblème de la fête du Ier août (Lunasad).

Le lion apparaît sur l'écu royal d’Écosse et le léopard sur celui de Llewelyn ap Gruffudd, le dernier prince authentique de Galles. L'Irlande a parfois été représentée, au Moyen Âge, par un lion noir sur fond jaune. En Bretagne, le lion à queue double est l'emblème de la maison des Montfort, maison régnante de Bretagne aux XIV-XVè siècles mais française à l'origine (il s'agit en effet de Montfort-l'Amaury en Île-de-France). On le voit par exemple comme cimier (ornementation de heaume), encadré de deux cornes couvertes d'hermine (pour ces dernières, voir taureau).

Le lion est également l'animal totémique de Samson, le chef des sept saints fondateurs de Bretagne, patron de Dol, siège de l'archevêché de Bretagne. Il se fête le 28 juillet, tout prêt donc de la fête de Lugnasad.

Par le système des "armes parlantes" bien connu en héraldique, le lion (leon en breton) se retrouve bien entendu sur les armoiries du Léon (d'or au lion morné de sable = un lion noir sans langue ni griffes sur un fond jaune), cette province du nord-ouest de la Bretagne."

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Symbolisme alchimique :


D'après Patrick Rivière, auteur de L'Alchimie, science et mystique (Éditions De Vecchi, nouvelle édition augmentée 2013),


"Consacré à Vulcain en Égypte, il est d'une nature fixe et solaire évidente. Célébré pour son courage et sa puissance, on le retrouve dans les légendes médiévales du cycle de la Table Ronde, aux prises avec un serpent (s'identifiant ainsi au dragon et à la Materia prima du Grand Œuvre) dont il triomphera, mettant par là en évidence le combat des deux natures (Soufre et Mercure). Il deviendra le loyal serviteur du chevalier Yvain (cf notre article : "Le serpent et le chevalier au lion" in revue Atlantis n°288). Il s'apparente ainsi au sel de la philosophie, mais les allégories hermétiques l'utilisent sous deux aspects plus précis : celui du "lion vert" (= Léon-fêr) qui désigne parfaitement le feu secret des Adeptes : "Je suis celui qui fut le lion vert et doré, en moi est enfermé tout le secret de l'art" proclame le phylactère au-dessus du lion vert dévorant le Soleil dans le Rosarium philosophorum ; celui du lion rouge dont Basile Valentin nous entretient en ces termes : "Alors tu as dissous et nourri le vrai lion par le sang du lion vert. Car le sang fixe du lion rouge a été fait du sang non fixe du lion vert, parce qu'ils sont d'une seule nature" (Les Douze Clefs de la Philosophie). C'est au sortir des sublimations que naîtra le lion rouge."

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Symbolisme onirique :


Selon Georges Romey, auteur du Dictionnaire de la Symbolique, le vocabulaire fondamental des rêves, Tome 1 : couleurs, minéraux, métaux, végétaux, animaux (Albin Michel, 1995),


Un psychologue de bonne foi, rassemblant les clichés dispersés dans sa mémoire pour composer le portrait du lion symbolique, verrait se dessiner une silhouette glorieuse ! Figure souveraine, crinière déployée comme les rayons du feu solaire, voix sans réplique, dent péremptoire... la vocation du lion à la dignité royale et solaire paraît si naturelle que nul n'a songé à la lui disputer.

Un symbole qui peut se confondre aussi pleinement avec les images du roi et du soleil a vocation aussi de représenter l'image paternelle. Le lion superbe et généreux serait donc à ranger sans complément d'analyse parmi les symboles figurant le père. La recherche menée à partir d'un nombre significatif de séances de rêve éveillé dans lesquelles apparaît le lion confirme, en dernier examen, la pertinence d'une telle interprétation. Beaucoup de patients associent explicitement le lion à l'évocation de leur père.

Cependant, la lecture de ces rêves réserve des surprises considérables et conduit à distinguer plusieurs approches du symbolisme léonin. Au moins pour clarifier l'analyse puisque, comme toujours, les différents contenus tendent à s'amalgamer dans l'expression onirique. D'une part l'investigation amène à constater que patients et patientes n'ont pas la même attitude face au symbole, ce qui paraît logique lorsqu’on a reconnu la faculté de celui-ci à se substituer à l'image paternelle. D'autre part le lion, par-delà ce premier sens, représente aussi la puissance de transformation du rêve, l'énergie psychique qui pousse le rêveur à affronter les contenus de l'inconscient. Il est donc, aussi, significatif de l'action modificatrice de la cure et, par extension, peut même représenter le thérapeute.

Des illustrations très précises de chacune de ces voies de traduction peuvent être trouvées dans les rêves soumis à l'étude. Le lion est sans doute l'un des symboles exprimant le plus fortement l'énergie en transformation. Il partage, sur ce point, une disposition commune à tous les félins, liée à la flexibilité, à la disponibilité vis-à-vis du devenir, de la métamorphose de l'être. « S'affranchir, écrivait Nieztzsche, afin de devenir apte à créer des valeurs nouvelles, voilà ce que peut la force du lion. » La puissance transformante de l'image léonine, se retrouve, en écho, dans un poème d’Émile Verhaeren que nous éprouvons le désir de reproduire, tant il nous paraît évoquer la situation du patient qui rencontre le lion dans son rêve :

« … Oh ! L'avenir, comme on l'écoute

Crever le sol, casser les voûtes

En ces villes d'ébène et d'or où l'incendie

Rôde, comme un lion dont les cris s'irradient...

Grande heure où les aspects du monde changent

Où ce qui fut juste et sacré paraît étrange

Où l'on monte vers les sommets d'une autre foi

Où la folie en ces tempêtes

Forge la vérité nouvelle et la décrète

Et l'affranchit de la gaine des lois... »


Le lion imaginaire place le rêveur face à son devenir, c'est-à-dire à la nécessaire acceptation de l'imprévisible, seule démarche convenant à la réalisation de l'être total. Cette disposition se trouve évoquée sous des formes diverses, mais particulièrement par l'image assez fréquente d'un train qui se fraie un chemin à travers un territoire vierge, sans voie ni rail. Comment mieux dire l'irrépressible attraction qui convie à l'aventure intérieure, au-delà des références établies ?

Le lion du rêve est assez rarement gratifié de cette crinière de flamme sur laquelle insistent toutes les approches symboliques du roi des animaux. La dent, la dent broyeuse des valeurs reconnues, la dent dévoreuse des formes figées, est infiniment plus manifeste dans les séances de rêve éveillé.

L'image léonine se trouve souvent encadrée par celles du loup et du crocodile. Autant de gueules aux dents acérées, ouvertes pour proposer au héros qui aspire au renouvellement une expérience comparable à celle de Jonas. La baleine n'est d'ailleurs pas absente des associations observées.

Tout ce qui se rapporte à l'appareil digestif - instrument fondamental de transformation -, de la dent aux excréments, en passant par la gorge, le tube digestif et l'estomac, fait partie de l'environnement symbolique du lion. Cela vaut autant pour les femmes et pour les hommes. C'est parfois l'une de ces évocations, qui provoque ou annonce l'apparition du lion. C'est ce qui se produit dans le seizième rêve de Nicolas qui commence par ces mots : « Un estomac ! Je vois un estomac, tourbillonnant et... un tigre ! Ou, plutôt, un lion... oui, tantôt tigre et tantôt lion.. c'est peut-être un homme déguisé ? Il se dirige vers un château... il tape à la porte avec ses crocs, pour qu'on lui ouvre... et, là, il se transforme en crocodile ! Il a la mâchoire très ouverte, et, dedans, il y a un coucou... à la fois l'oiseau et le coucou d'une pendule... C'est un drôle de petit lutin qui ouvre la porte, genre Pinocchio... un soldat de bois... le lion, très autoritaire, pousse la porte, donne un coup de croc au lutin... c'est le vestibule de la maison de mes grands-parents... c'est lié à une évocation de mon père ! Tout à coup, j'ai l'impression que je suis le lion ! Mais c'est un peu étrange quand même d'avoir une telle carcasse, des crocs, une crinière... Je suis un lion avec quatre pattes. Impression de marcher sur une peau, une peau de bête... la peau de mon père !... »

Cette séquence, qui témoigne de la corrélation entre le lion et le mythe d'engloutissement, le fantasme de dévoration, montre aussi deux autres aspects de la symbolique léonine.

Chez les hommes, elle est indéniablement liée aux angoisses de castration et, par là même, à la relation œdipienne à la figure du père. Dans ces rêves, le père est le plus souvent l'objet d'une vision réductrice. Que pourrait-on faire de plus, dans ce sens, que Nicolas qui prend la place du lion et réduit son père à l'état... de descente de lit !

Il est vrai que, dans le cas de plusieurs des patients qui ont émis des images révélant l'angoisse de castration, c'est la mère qui, dans le couple parental, apportait la dominante virile, face à un partenaire à composante féminine marquée. Les références incertaines qu'offre à l'enfant ce type de couple parental se traduit souvent plus tard par une ambiguïté des comportement sexuels. Autour du lion, on repérera fréquemment des signes de ce type d'indécision.

Ainsi, Gaspard, dès sa deuxième séance, va multiplier des évocations interrogatrices : « … Là, je voyais une femme qui marchait devant moi... elle s'est retournée... c'est un homme, hirsute ! Il m'impose... une fellation.... c'est un homme, si j'en juge par son système capillaire... peut-être une bête ? Il a une grande queue de lion, avec cette touffe de poils roux au bout... de grosses pattes... un peu kangourou aussi ! C'est assez désagréable... Je vois un sexe d'homme, en érection... en-dessous, les bourses qui pendent, comme des clochettes, des boucles d'oreilles ! Là, je vois un vase qui est chez mes parents... ça évoque un utérus... il a la forme des clochettes du muguet... c'est comme ces opalines, vous savez, au bout d'un col de cygne en laiton... en opaline dentelée sur les bords... Ah ! Je me vois tout petit dans le vase... descente vertigineuse !... Je vois la côte bretonne, déchiquetée, en forme de gueule ouverte, comme un crocodile... et, maintenant, c'est un sexe de femme avec des dents ! Là, je vois une baleine... Je ne sais pas pourquoi, ça me rappelle un rêve que j'avais fait quand j'étais gamin : j'étais tombé à terre, ma jambe était coincée sous la voiture de mon père... je criais... il fallait qu'il avance ou recule... et il écrasait ma jambe bien sûr ! Maintenant, je vois des petites voitures téléguidées... elles vont... il n'y a ni route ni rails pour les diriger... »

De telles ambiguïtés expliquent pourquoi, au terme d'une recherche portant sur les rêves d'hommes où le lion est évoqué, on sent naître un doute quant au caractère paternel du symbole. En fait, il faut l'admettre, le lion de l'onirisme masculin est presque toujours une caricature. C'est une image de défense contre une vision écrasante du père ou plus souvent encore, contre une perception dérisoire de celui-ci. Le lion du rêve, en ce qui concerne les patients, doit d'abord être examiné à la lumière de la valorisation paternelle. L'analyste observera le plus souvent une sous-valorisation.

Des images assez semblables se retrouvent dans quelques rêves de femmes. Ces dernières marquent souvent une hésitation entre lion et lionne. La palette des attitudes paraît plus étendue chez les patientes que chez les patients. On retrouve aussi, dans plusieurs de ces séances, des indices indiscutables du sentiment de castration. Par contre, le lion de l'onirisme féminin n'est plus cette caricature réductrice que nous avons signalée. Le lion de la patiente est un animal imposant, impressionnant, qu'il s'agit le plus souvent de séduire, d'apprivoiser. Trois séquences, extraites de cures distinctes, vont placer l'image léonine sous des éclairages différents.

Madeleine exprime le besoin habituel de la femme de se concilier le félin redouté : « … Je marche très vite, dans le désert... j'ai vu des girafes... là, un lion... pacifique... il est couchée à l'orée d'une forêt... Je vois un Touareg, avec un troupeau de moutons et... une petite fille malheureuse... elle pleure... en mangeant des framboises... c'est dans le verger de mon père !... Elle va rejoindre la girafe et le lion... Elle va passer ses bras autour du cou du lion, qui est très gentil et continue sa sieste... Là, elle joue avec lui, le caresse... et il est très content... il ronronne presque... »

La présence de ce Touareg et de la girafe, porteurs, respectivement, des notions d'animus et d'anima, ouvre une voie d'interprétation qui résoudra, au terme de l'investigation, les contradictions apparentes qui voilent encore le sens de l'image léonine. Cette première séquence montre surtout le profond mouvement qui pousse Madeleine à rendre inoffensive la relation au lion.

Suzanne, dans son huitième rêve, place le lion dans une situation originale et qui aidera considérablement l'analyse. Tout au long de cette séance, Suzanne est confrontée à deux statues d'or, situées dans deux pièces distinctes, auxquelles elle accède en alternance. La première statue est celle d'un homme qui se révélera très vite être le thérapeute, la seconde est celle d'un lion à tête d'homme. Ce rêve, intervenant lors d'une phase aiguë de transfert, permet de mesurer la situation de désorientation d'une patiente, impuissante à distinguer, parmi ses projections tumultueuses, l'image du père, celle du thérapeute et la représentation de son animus : « … Cette statue était très belle... c'était celle d'un homme en or, assis... cela m'a surprise... le reflet de l'or ajoute encore une espèce de chaleur... on dirait que ce n'est pas tout à fait une statue... on a l'impression qu'il allait me parler... d'un moment à l'autre... je suis revenue un autre jour, mais j'ai dû me tromper de couloir peut-être car je suis tombée sur une autre statue... un sphinx, ou plutôt, un lion à tête d'homme, et ce lion avait la même tête que la première statue... et cela m'a fait un drôle d'effet... le lion était en or aussi... il était nonchalamment étendu et il avait une tête d'homme ! Je le trouvai plus familier, peut-être, et j'ai eu envie de m'asseoir entre ses pattes. Je l'ai approché, je l'ai caressé et je me suis assise entre ses pattes... et j'y étais bien... mais je ne pouvais pas rester longtemps... » Au fil du scénario, les images vont reproduire de plus en plus fidèlement la situation thérapeutique. Suzanne revient chaque semaine voir cette statue d'or sans réaliser que ce sphinx qui est en elle est à la fois l'animus, le thérapeute et le père !

Avec le neuvième rêve de Charlotte, l'image léonine va prendre sa pleine signification d'énergie transformante, de germe de la dynamique psychique.

Après avoir échappé à l'incendie qui a ravagé toute une région, Charlotte navigue sur un lac, au milieu des décombres fumants et des arbres calcinés. Elle se dirige vers le sud. Elle aborde et escalade une montagne. Sur l'autre versant, elle passe la nuit dans la cabane d'un ermite : « … c'est un vieil homme, qui vit là en harmonie avec la nature... enfin, qui vit bien, comme il le sent et il se lie d'amitié avec moi... Je reste quelque temps avec lui et, un jour, il y a un lion qui arrive, avec une énorme crinière... enfin ! Il ressemble un peu au soleil ce lion, parce qu'il a une crinière énorme et il y a des tas de rayons, enfin ce n'est pas le soleil mais c'est très impressionnant e le vieil homme a l'air de le connaître. Moi je suis un peu effrayée au début, mais le lion a une attitude très douce. L'ermite me dit que c'est un lion magique, qu'il connaît depuis longtemps. Le lion propose de m'emmener mais que je ne saurais pas où il va m'emmener... que c'est à moi d'accepter... c'est un pari qui peut être bien ?... et je dis d'accord ! Il me demande de m'accrocher à sa queue et il commence à faire des tas de bonds. Il part et plus je saute et plus j'ai l'impression que je disparais...je disparais dans le lion ! Et, à la fin, je suis dans lui... enfin, je ne suis pas du tout lui mais je suis devenue un élément de lui... voilà... »

La vision glorieuse du lion à la crinière de feu est ici restituée avec une remarquable puissance. Le rêve de Charlotte commence par le feu destructeur, le feu dévorant qui efface les formes existantes et se termine par le feu solaire, le mercure des alchimistes, feu régénérateur et créateur. Le lion à la crinière rayonnante conduira Charlotte, à condition qu'elle accepte de s'en remettre à lui, d'aller sans savoir où, en un mot de devenir !

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A ce stade des observations relatives au lion du rêve, il est aisé de tenter une démarche de synthèse. Puisque les patients – et surtout des patients dont la composante féminine est dominante – se protègent de l’image du lion en produisant des visions caricaturales, amoindrissantes, et que les patientes, au contraire, l'accueille comme une source d'énergie, c'est probablement comme une représentation de l'animus, du versant masculin et spirituel de l'âme, qu'il faut interpréter le lion du rêve.

La superposition de l'image paternelle et de l'animus ou la discordance de ces deux images sont presque toujours en cause lorsque paraît le lion dans l'imaginaire. L'analyste à l'écoute du rêve se rappellera judicieusement que, chez un homme, le lion se relie souvent à l'angoisse de castration. Celle-ci s'oppose au développement de l'attitude héroïque c'est-à-dire, plus simplement, au courage d'assumer la démarche évolutive. S'il s'agit d'une femme, le praticien reconnaîtra, dans la figure léonine, un indice de recherche de positionnement par rapport à l'image du père et de réalisation de l'autonomie de pensée. Dans tous les cas, l'évocation de la gueule rugissante du roi des animaux, de ses dents redoutables exprime la puissance transformatrice de la dynamique du rêve.

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Mythologie :


Pour Melissa Alvarez, auteure de A la Rencontre de votre Animal énergétique (LLewellyn Publications, 2017 ; traduction française Éditions Véga, 2017), le Lion de Némée est défini par les caractéristiques suivantes :


Traits : Dans la mythologie grecque, le Lion de Némée était un animal qui changeait de forme et enlevait des femmes qu'il prenait en otage. Tuer le Lion de Némée fut le premier travail d'Hercule, proposé par Eurysthée. A mains nues, en se servant seulement de sa propre force, il l'étrangla jusqu'à ce qu'il meure. Il amena la dépouille du lion à Eurysthée, qui fut si terrifié qu'il dit à Hercule qu'il ne pourrait plus jamais entrer dans la ville et qu'il devrait présenter les résultats de ses travaux à l'extérieur de ses murs. On dit que, par la suite, Hercule se revêtit de la peau du Lion , s'en faisant une armure invulnérable. Héra transforma le Lion de Némée en la constellation du Lion. Le Lion de Némée symbolise le déguisement, la transformation et les vérités cachées.


Talents : Affirmation de soi ; Bravoure ; Courage ; Grandes capacités de décision ; Force d'âme ; Leadership ; Organisation ; Pouvoir personnel ; Résout les difficultés ; Établit les règles ; Force ; Ténacité ; Valeur.


Défis : Agression ; Combats personnels ; Sentiments prédateurs ; Forte volonté ; Trop autoritaire.


Élément : Terre.


Couleurs primaires : Or.


Apparitions : Lorsque le Lion de Némée apparaît, c'est l'avertissement qu'un danger menace. Il peut s'agir d'une situation à votre travail ou dans votre vie personnelle. Le Lion de Némée signifie qu'il vous faut être en alerte, faire attention, et être prêt à combattre pour ce que vous voulez ou ce que vous croyez nécessaire. Cette menace peut se présenter sous la forme d'une personne qui déguise ses intentions, tout comme le Lion de Némée faisait semblant d'être quelque chose qu'il n'était pas pour arriver à ses fins prédatrices. Le Lion de Némée représente votre force intérieure et votre courage. Vous n'avez pas peur de vous affirmer pour obtenir ce que vous voulez. Vous êtes courageux et vous allez vous engager dans des situations où les autres vont trembler et se cacher. Vous êtes valeureux et vous avez de la force d'âme. Les gens vous admirent pour votre force et votre sagesse. Le Lion de Némée vous met en garde contre le fait d'être trop agressif ou de vous présenter comme quelqu'un que vous n'êtes pas. Soyez vraiment vous-même pour parvenir à ce que vous voulez. Lorsque, délibérément, vous trompez les autres pour parvenir à vos fins, c'est là que vous faites l'expérience de la défaite. Cela demande du courage d'être franc et honnête.


Aide : Vous devez régler la situation face à une figure d'autorité abusive dans votre vie, ou mener une bataille sur le plan personnel. Tout comme le Lion de Némée terrorisait les villes de sa région, il vous faut faire avec quelqu'un à votre travail qui vous rend fou ou malade en suscitant en vous des conflits intérieurs. C'est pour vous une période où vous devrez vous affirmer avec calme, en vous servant de votre pouvoir personnel et de votre force intérieure pour gérer la situation, afin que cette personne ne vienne plus vous influencer négativement. Cela veut dire que vous êtes amené à vous confronter à elle, ou à vous sortir de l'histoire en changeant de travail pour ne plus être en sa présence. Vous avez la capacité innée de savoir quel est le bon chemin à prendre. Parfois vous devez vous tenir sur vos positions et vous battre, alors que, d'autres fois, il vous faut aller ailleurs pour trouver un nouveau territoire que vous pourrez revendiquer comme le vôtre. Le Lion de Némée vous aide dans tous les combats personnels où vous êtes impliqué. Il peut aussi vous aider à être plus organisé et à vous avancer en position de leader, où vous allez utiliser vos capacités à prendre des décisions. le Lion de Némée vous met en garde contre le fait d'être trop volontaire ou dans le contrôle des autres.


Fréquence : L'énergie du Lion de Némée bouge lentement autour de vous avec le thump, plop, thump que font ses pattes. Elle est chaude, fluide comme la soie, et peut vous envelopper fermement de son emprise pour vous soulever ou vous protéger. Elle fait un bruit semblable aux craquements d'un gros arbre abattu qui tombe à terre.


Imaginez...

L'animal vous traque en effectuant des cercles autour de vous, comme s'il était sur le point de bondir. Il marche derrière vous, mais, lorsqu'il s'approche, ce n'est plus un gros lion mais une femme. Vous connaissez l'histoire du Lion de Némée, aussi vous savez qu'il se transforme en femme. Elle vous dit : "De quoi as-tu peur ?" La première chose qui vous vient à l'esprit, c'est : "De toi !" mais vous lui répondez : "Je n'ai peur de rien." La femme rit. "J'aime ton courage, alors je te donne un conseil. Ce qui est caché se transforme dès qu'on ne fait plus semblant. Va, maintenant. Va-t'en d'ici." Il ne faut pas vous le dire deux fois. Une fois que vous êtes loin, vous vous retournez pour voir le Lion qui vous observe. En pensant à ses paroles, vous décidez de chercher ce que vous vous cachez dans votre vie.

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Dans le même ouvrage, Melissa Alvarez, présente ainsi les Shisa :

Traits : Les Shisa sont des gardiens qui symbolisent la protection et qui empêchent les esprits démoniaques d'entrer. Dans la mythologie d'Okinawa, ces animaux sont des lions, mais certains disent qu'il s'agit d'un croisement entre un lion (une femelle à la toison bouclée) et un chien. Dans la culture d'Okinawa, les gens se servent des Shisa pour représenter les forces de protection. Les Shisa sont traditionnellement placés en mettant celui qui a la gueule fermée à gauche, et celui qui a la gueule ouverte à droite. On considère que cela porte malchance d'inverser les positions.


Talents : Prend soin des autres ; Connexion à la connaissance universelle ; Chance ; Bonté ; Nourricier ; Protection ; Spiritualité.


Défis : Coléreux ; Indifférent ; Querelleur.


Élément : Air.


Couleurs primaires : Noir ; Bleu ; Brun ; Or ; Gris ; Vert ; Indigo ; Orange ; Rose ; Pourpre ; Rouge ; Argent ; Turquoise ; Blanc ; Jaune et une multitude de combinaisons de couleurs.


Apparitions : Lorsque les Shisa apparaissent, cela veut dire que le moment est venu pour vous d'approfondir votre connexion à la connaissance universelle et à votre être supérieur. Les Shisa correspondent à la symbolique bouddhiste en ce que celui avec la gueule ouverte est censé former avec sa bouche le son d'un "a", alors que celui avec la gueule fermée forme celui d'un "oun". Pris séparément, ces deux sons symbolisent le début et la fin (l'alpha et l'oméga). Lorsqu'on les prononce ensemble, cela donne a-oun, ce qui, traduit de l'hindou, donne om. Dans le bouddhisme, om représente le son de la vibration universelle. On se sert souvent du om dans la méditation et le yoga parce que c'est un son hautement spirituel qui nous aide à mettre en connexion notre propre pouvoir de création avec la fréquence de l'univers, et donc la connaissance universelle. Dans la mythologie d'Okinawa, on raconte qu'un seigneur a donné en cadeau un couple de Shisa à un garçon. Le jeune garçon a ressenti que les Shisa étaient quelque chose de mystique, aussi en a-t-il pris grand soin. Un jour, un dragon est arrivé dans le village du garçon, provoquant énormément de désastres. Le couple de Shisa a pris vie et sauvé le village. Dans une autre version, le dragon tourmentait les villageois depuis longtemps, aussi le roi a-t-il demandé leur aide aux Shisa. Les Shisa se sont présentés devant le dragon pour l'affronter, et il s'est mis à rire de leur petite taille. Alors les Shisa se sont mis très en colère et ont rugi si fort qu'un gros rocher est tombé et a atterri sur la queue du dragon qui, du coup, ne pouvait plus bouger. Au bout d'un moment, le dragon est mort, et on connaît l'endroit où étaient dragon et rocher comme les bois de Ganna-mui, près du pont de Naha Ohashi. Cette légende signifie que, lorsque vous êtes confronté à un obstacle qui est bien plus grand que vous, tournez-vous vers l'intérieur, rassemblez votre courage et la force de votre voix et faites face à l'obstacle tête la première pour en triompher. Les Shisa vous mettent en garde contre le fait d'agir sous le coup de la colère, mais l'émotion de la colère peut être un aiguillon pour arriver à ce que vous voulez.


Aide : Vous voulez accroître vos richesses ou votre positivité, ou bien vous essayez de réussir d'une façon ou d'une autre. Les Shisa, qui sont sur un coussinet rond doré, sont un symbole de richesse, de récoltes abondantes, de grands bienfaits, et ils peuvent vous aider à accomplir ce que vous voulez faire. Les Shisa sont connus pour leur capacité à protéger et à éloigner les démons : aussi, si vous ne vous sentez pas en sécurité ou si vous vous sentez menacé, appelez les Shisa pour qu'ils vous aident. Ils protègent aussi du feu. Selon la mythologie, les gens du village de Tomimori, au sud d'Okinawa subissaient de nombreux incendies. Un maître de feng shui leur a dit de construire un couple de Shisa en pierre face au mont Yaese. Quand il a été construit, les incendies ont cessé, et le village a été protégé par la suite. Si vous avez peur du feu, ou si vous vous sentez en danger avec le feu, demandez aux Shisa de vous aider à le garder à distance de vous.


Fréquence : L'énergie des Shisa donne une sensation solide, robuste et concrète. Elle bouge extrêmement lentement et s'arrête souvent, en restant à la même place pendant un long moment. Sa sonorité est celle d'un rugissement très sonore comme un "bang" supersonique.


Imaginez...

Vous faites des courses lorsque vous voyez une adorable paire de Shisa aux magnifiques couleurs, et vous les mettez dans votre panier. Par la suite, vous changez d'idée et vous les remettez sur le rayon. Mais vous ne pouvez pas vous empêcher de penser à eux, et vous vous demandez si c'est le signe que vous avez besoin de plus de protection spirituelle dans votre maison. Vous retournez vers eux, mais à nouveau vous changez d'avis, et finalement vous vous dirigez vers la caisse. En sortant vos achats pour les mettre sur le comptoir, vous voyez les Shisa installés dans votre panier. "Ça alors ! Comment ont-ils pu arriver là ?" Vous n'en savez rien, mais vous savez que vous allez les acheter.

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Contes et légendes :


Sophie Ékoué, auteure de Sagesses africaines (Hachette, 2016), nous rapporte La Légende du Lion des Diarra (racontée par l'anthropologue français Joseph Brun, revue Anthropos, 1910) :


"Notre ancêtre était chasseur. Un jour, il prit son bonnet de chasse, son carquois, ses flèches, sa lance et alla dans la brousse. Il vit un lion qui s'avançait vers lui. Le lion boitait. Quand notre ancêtre vit le lion, il s'arrêta. Le lion aussi vit notre ancêtre, il s'arrêta. L'homme demanda à l'animal : "Pourquoi boites-tu ?" Le lion répondit : "J'ai une épine dans le pied." L'homme lui demanda : "Veux-tu que je t'arrache l'épine ,". "Oui", lui répondit le lion. Le chasseur lui ôta l'épine. Le lion ne mangea pas mon ancêtre, mon ancêtre ne tua pas le lion. Après cela, il y eut une grave famine dans le village de notre ancêtre et la faim décimait la population. Un matin, ils entendirent le cri du lion. On le vit à la limite des champs, il tenait à sa gueule un bœuf sauvage qu'il avait tué. Les hommes prirent le bœuf, le mangèrent et survécurent à la famine. Alors mon ancêtre comprit que le lion n'avait pas oublié son bienfait, et jura de ne jamais le tuer. Depuis ce jour le lion est devenu le totem des Diarra."

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Littérature :


Dans Debout les morts (Éditions Viviane Hamy, 1995 ; Éditions J'ai lu, 2000), roman policier atypique dans lequel Fred Vargas met en scène pour la première fois les "évangélistes", Marc n'est pas convaincu par la culpabilité de sa voisine Sophia :


"... L'histoire, il se l'était racontée, par bouts, tout à l'heure, bout par bout... puis bout après bout... l'itinéraire de la baleine, ses instincts... ses désirs... à la fontaine Saint-Michel... ses routes... ses lieux de prédation... au Lion de Denfert-Rochereau, qui descend de son socle la nuit... qui se balade la nuit, qui va faire ses trucs de lion sans que personne ne le sache, le lion de bronze... comme elle, et qui revient s'allonger sur son piédestal le matin, qui revient faire la statue, très immobile, rassurant, insoupçonnable... le matin sur son socle, le matin au tonneau, au comptoir, fidèle à elle-même... aimable... mais n'aimant personne, pas de sursaut dans le ventre, jamais, même pas pour Mathias, rien... oui mais la nuit, c'est une autre histoire, oui mais la nuit... il savait sa route, il pouvait la raconter... il se l'était racontée déjà, et maintenant il était dessus, agrippé, comme Achab sur le dos de son sale cachalot qui lui avait bouffé la jambe..."

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Dans L'Homme aux cercles bleus (Éditions Viviane Hamy, 1996), Fred Vargas change de héros et nous présente le commissaire Adamsberg. Le roman s'ouvre sur la rencontre entre Mathilde, une océanographe réputée et un aveugle en colère :


"- Oui, je suis pénible. Et en plus je suis aveugle. - Bon Dieu, dit Mathilde, je suis désolée.

L'homme se tourna vers elle avec un sourire assez mauvais.

- Pourquoi désolée ? dit-il. Tout de même, ce n'est pas votre faute.

Mathilde se dit qu'elle devrait s'arrêter de parler. Mais elle savait aussi qu'elle n'y arriverait pas.

- C'est la faute à quoi ? demanda-t-elle.

L'aveugle beau, comme Mathilde l'avait déjà nommé dans sa tête, se réinstalla de trois quarts dos.

- A une lionne que je disséquais pour comprendre le système de locomotion des félins. Qu'est-ce qu'on s'en fout du système de locomotion des félins ! Parfois je me disais, c'est formidable, et d'autres fois je pensais, bon sang, les lions, ça marche, ça recule, ça saute, et c'est tout ce qu'il y a à en savoir. Un jour, j'ai eu un coup de scalpel maladroit...

- Et tout a giclé.

- C'est vrai. Comment vous le savez ? - Il y a eu un gars, celui qui a construit la colonnade du Louvre, qui a été tué comme ça, par un chameau pourri étalé sur une table. Mais c'était il y a longtemps et c'était un chameau. Ça fait pas mal de différences en fait.

- Mais le pourri reste le pourri. Le pourri a sauté dans mes yeux. J'ai été expédié dans le noir. Fini, plus moyen de regarder. Merde. - C'était une saloperie de lionne. J'ai connu un animal comme ça. Ça fait combien de temps ? - Ça fait onze ans. Si ça se trouve elle rigole bien à l'heure qu'il est, la lionne. Enfin, moi aussi je rigole parfois maintenant. Mais sur le coup, non. Un mois plus tard, je suis retourné au laboratoire et j'ai tout saccagé, j'ai étalé du pourri partout, je voulais que le pourri aille dans les yeux de tout le monde et j'ai foutu en l'air tout le travail de l'équipe sur la locomotion des félins. Bien entendu, je n'en ai pas retiré de satisfaction. J'ai été déçu.

[...]

Dans cette voix, il lui semblait plutôt entendre une détermination de forcenée et une bizarre et grande intelligence. Bien sûr, les propos qu'elle tenait semblaient imbéciles, mais derrière eux, dans les sonorités, dans les intonations, il y avait quelque secret savoir, maintenu en cage et faisant entendre son souffle, comme un lion dans un cirque de village. On entend son feulement dans la nuit, et on se dit que ce cirque n'est peut-être pas celui qu'on avait cru, n'est peut-être pas aussi pitoyable que le programme semblait le faire croire. Et ce feulement-là, un peu inquiétant parce que dissimulé peut-être, Charles, le maître des bruits et des sons, le percevait avec une grande netteté."

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Cinéma :


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