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  • Anne

Le signe du Lion


Étymologie :

  • LION, LIONNE, subst.

Étymol. et Hist. I. A. 1. 1100 zool. (Roland, éd. J. Bédier, 2432) ; id. en la fosse des leons (ibid., 3105) ; 1121-34 fém. lëune (Philippe de Thaon, Bestiaire, éd. E. Walberg, 363) ; 2. 1100 p. compar. « le lion, symbole de la force » fiers cume lëuns (Roland, éd. J. Bédier, 1888) ; d'où 1609 « personne hardie, forte comme un lion » (Malherbe, Poésies, éd. L. Lalanne, I, 101, IV, 6) ; 3. ca 1135 « représentation du lion » escu a lïon (Couronnement de Louis, éd. Y. G. Lepage, réd. AB, 971) ; 1346 « sorte de monnaie » (Ord. II, 250 ds Gdf.) ; 1693 hérald. lion Belgique (Boileau, Ode sur la prise de Namur ds Littré) ; 1721 le lion de S. Marc (Trév.) ; 1718 le partage du lion (Le Roux, p. 299) ; 1832 se faire la part du lion (Hugo, N.-D. Paris, p. 213) ; 4. 1836 « marque du génie » la griffe du lion (Stendhal, L. Leuwen, t. 2, p. 300). B. P. anal. 1. 1119 « signe du zodiaque » (Philippe de Thaon, Comput, éd. E. Mall, 1318) ; 1130 « constellation » (Paraphrase Cantique des Cantiques, 1 ds T.-L.) ; 2. zool. 1611 lion de mer (Cotgr.) ; 1690 lion marin (Fur.) ; 3. 1596 bot. dent de lion (Hulsius, Dict. françois-alemand d'apr. FEW t. 5, p. 256a) ; 1600 pied de lion (O. de Serres, Théâtre d'Agriculture, VI, 15 ds Hug.) ; 4. 1732 alchim. lion vert, lion rouge (Trév.) ; 5. 1831 mar. (Will.). II. 1. 1830 « jeune femme à la mode » (Musset, L'Andalouse cité par Bonn., p. 86) ; 2. 1823 « jeune homme à la mode » (Gautier, Jeunes-Fr., p. 129 cité par Matoré et Greimas ds Fr. mod. t. 15, p. 136). I empr. au lat. leo « lion, constellation, plante ». II empr. à l'angl. lion (lui-même venu du fr.) attesté dep. le xviiie s. au sens de « personne remarquable ou célèbre, personnalité à la mode » qui s'explique ainsi : l'usage de faire visiter la Tour de Londres où étaient exposés des lions dans une ménagerie fit prendre au mot lion le sens de « ce qui mérite d'être vu » dans des expr. comme to have seen the lions « avoir vu les lions » prenant au fig. le sens de « avoir vu ce qu'il est essentiel de voir, connaître la vie » (fin xvie s. ds NED ; cf. Brink-Wehrli, pp. 45-46, FEW t. 18, p. 80a).


Lire également la définition du lion pour amorcer la réflexion symbolique.


Symbolisme :

Dans Le Rythme du Zodiaque (édition originale Astrological Signs - The Pulse of Life, 1943 ; traduction française, Éditions du Rocher, 1981), Dane Rudhyar consacre un chapitre au signe du Lion :

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D'après le Dictionnaire des symboles (1ère édition, 1969 ; édition revue et corrigée Robert Laffont, 1982) de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant,


"Lion zodiacal (23 juillet - 22 août). Cinquième signe du Zodiaque, il occupe le milieu de l'été. Ce signe est donc caractérisé par l'épanouissement de la nature sous les chauds rayons du Soleil, qui est son maître planétaire. Cœur du Zodiaque, il exprime la joie de vivre, l'ambition, l'orgueil et l'élévation.

Avec le lion, nous revenons au Feu-élément ; mais du Bélier au Lion s'élabore la métamorphose du principe qui, de puissance animale brute, instantanée et absolue comme l'étincelle ou l'éclair, se fait puissance dévoyée, pour devenir force maîtrisée et disponible, comme la flamme irradiante dans le plein de la chaleur et de la lumière. Nous passons d'ailleurs des aurores du printemps à la magnificence des pleins midis d'été. Le signe est représenté par la majestueuse créature du roi des animaux, emblème de la puissance souveraine, de la force noble, et il est accouplé au Soleil, le signe et l'astre étant symboliques de la vie sous les aspects de la chaleur, de la lumière, de l'éclat, de la puissance et de l'aristocratie rayonnante. Aussi, la partition léonine est-elle semblable à une ode triomphale en ors cuivrés, flamboiement des ardeurs vitales. A ce type zodiacal correspond le caractère à la plus haute puissance : le Passionné, être de volonté par la pression du besoin et du goût d'agir, cette force d'émotif-actif étant disciplinée et orientée vers un but et servant des ambitions à portée lointaine. C'est une forte nature, née pour faire chanter la vie à pleine voix et pour trouver sa suprême raison de vivre, en faisant éclater une notre retentissante au firmament de son destin. Cette puissance peut s'exercer en étalement horizontal et donne un type herculéen tout en réalisme, en efficacité, en vigueur concrète, en présence physique. Mais elle peut aussi se déployer en tension verticale et donne un type apollinien, idéaliste, en qui les puissances lumineuses tendent à régner sans partage."

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Selon Jacques A. BERTRAND auteur de Tristesse de la Balance et autres signes (1983), les caractéristiques (humoristiques) du signe du Lion sont :

"Éloignement du Lion"


Le lion est beau, grand et généreux. Le lion est plein de vitalité. Le lion est plein de superbe. Le lion en jette. Le lion a du chien.

Le lion soulève son manteau d'hermine d'une main et l'écarte de l'autre, en s'appuyant sur sa canne, comme Louis XIV. Pour montrer ses bas de soie. On voit tous ces détails très nettement sur la célèbre photo de Lartigue.

Le lion a tout pour devenir empereur des Français même s'il commence comme simple lieutenant. Il s'empâte un peu en vieillissant. Il finit à Sainte-Hélène. Ou à l'asile. (Beaucoup de lions se proclament empereur des Français, tous ne sont pas crus sur parole). Après sa mort, son cours monte. Il y a une flambée du Napoléon. Le lingot est hors de prix. Toutes les autres valeurs françaises s'effondrent. C'est le retour de la démocratie.

Le lion a une grande passion pour la démocratie, sauf qu'il ne comprend pas pourquoi les autres ont encore quelque chose à dire quand il a fini de parler. C'est sans malignité. Le lion est persuadé qu'il est les autres. Dès lors, comment s'étonner qu'il parle au nom de tous ? Il a le moi expansionniste, le narcissisme impérialiste. L'État, c'est lui. Mais il est rarement « bureaucratique » : le goulag, avec son côté sombre et dissimulé, ne convient guère à son tempérament de feu. Il préfère les champs de bataille ensoleillés, du type Austerlitz. (A Waterloo, il pleuvait c'est sûr – Grouchy, qui avait les imperméables, était en retard, ce qui n'arrangea rien.).

Le Soleil est le maître du lion. Il réchauffe, éclaire, illumine, éblouit, brûle.

Le lion est visible. Le lion est ostentatoire. On ne voit plus que le lion. Lui ne voit personne, en tout cas. L'univers du lion est un théâtre où l'humanité se répartit entre l'orchestre, le balcon et le poulailler. Le lion est sous les feux de la rampe.

Le lion est chef. Au grand concours de chefs d'État du zodiaque, il devance le capricorne et le scorpion. Le lion est directeur. Jamais sous-directeur. Plutôt rien du tout que sous-directeur, telle est la devise du lion. Diplomate, à la rigueur, comme Paul Claudel. Il parcourt alors le théâtre du monde en souliers de satin – qui sont des chaussures luxueuses.

Le luxe est la seconde nature du lion. Il l'étale soigneusement autour de lui. Quand il en manque, il étale quand même. Il complète avec n'importe quoi. Le n'importe quoi en grande quantité a quelque chose de luxueux. Un bracelet de quincaillerie, c'est toc ; quinze, c'est lion. (Dans ce cas précis, le lion est généralement une lionne).

Lorsqu'il n'a vraiment rien à étaler, le lion s'étale lui-même. Il fait de « l'inflation psychique », comme dit Carl Gustav Jung.

La lionne se distingue du lion par un système pileux moins fourni. Or c'est ce système pileux fourni – cet ensemble barbe-chevelure tellement royal – qui permet de remarquer un lion de loin.'un lion est toujours loin. Il est intéressant de noter, à l'intention des nombreux philologues qui nous lisent, qu'il suffit d'intervertir le i et le o de lion pour obtenir loin. Une telle coïncidence ne saurait être fortuite). La lionne, n'étant jamais sûre qu'on la prend bien pour un lion, a tendance à en rajouter. C'est elle, surtout, qu'on voit à la chasse et dans les cocktails. Un rien d'ample et coloré l'habille mais elle a peu de goût pour les petits tailleurs sobres et les parfums discrets.

Le lion travaille dans l'ampleur. Il n'aime pas être gêné sous les bras. Il anime, il oriente, il crée. De grandes fresques ou de grosses entreprises – parfois les deux, comme Cecil B. De Mille. Il préfère ne pas s'arrêter sur les détails dont il confie le soin à d'autres. L'intendance suit le lion.

Le lion offre des tournées générales – des tournées électorales – d'un geste large. Il faut éviter de boire trop souvent sur le compte du lion. Ce n'est pas qu'il finirait par vous le reprocher, non, le lion est généreux. Mais enfin, il est porté à penser que tout le monde lui est redevable, avant même d'avoir réglé la moindre addition.

Le lion a indiscutablement un côté Hercule revêtu de la défroque du lion de Némée : l'air invincible et tout. Mais la flatterie la plus grossière le mettra à vos pieds.

Le lion est énergétique. Il produit de l'énergie et en consomme, sans économie. Aussi est-il sujet aux congestions, aux accidents cardiaques, aux hémorragies, à toutes sortes d'explosions. Et aux insolations.

Le lion est mûr. C'est l'apogée de l'été. Tout, dans la nature, n'est plus que foisonnement, bouquet, gerbe et volupté. L'apothéose. Mais on sent bien qu'en même temps c'est la fin de quelque chose. Les blés commencent à ployer sous le poids des épis.

Il y a de l'orage dans l'air. On moissonne les blés. L'orage éclate. Le lion est foudroyé. (On rendra hommage à ses cendres, un peu plus tard). Il ne reste rien. A peine quelques grains à glaner par-ci, par-là. Ça ne devrait pas déplaire à la vierge."

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Selon Didier Colin, auteur du Dictionnaire des symboles, des mythes et des légendes (Larousse Livre, 2000) :


Trois lions superbes et généreux, majestueux et dominateurs, sauvages ou apprivoisés règnent dans le cinquième signe du Zodiaque. "Heureux est le lion que l'homme mangera, et le lion deviendra l'homme, et souillé est l'homme que le lion mangera, et le lion deviendra l'homme", dit l’Évangile selon Thomas. Le lion auquel fait ici allusion cet évangile n'est pas la figure généreuse et royale de notre Lion du Zodiaque, mais une représentation du Diable qui, par la tentation, cherche à dévorer, à absorber l'homme.

En effet, la force physique et la puissance dominatrice, qui caractérisent le natif du Lion et coïncident avec une exaltation et une certaine suprématie des instincts maîtrisés, peuvent tout aussi bien se révéler des instruments de possession et de fixation des énergies emprisonnes dans le cycle sans fin des renaissances.

Les natifs du Lion sont souvent des êtres qui, d'emblée, exercent l'emprise de leur volonté rayonnante sur leur environnement. Par ailleurs, le Lion est un signe fixe qui, comme son nom l'indique, fixe les qualités qu'il révèle chez les personnes nées sous ce signe. En l'occurrence, c'est ici le Feu, l'élément en analogie avec ce signe, qui est fixé. Or sa fonction n'est pas de se fixer, mais de brûler pour produire de l'énergie et de la chaleur, transformer, purifier.

Ainsi, tel Prométhée, le natif du Lion est enclin à dérober le feu de Dieu qui brûle en lui, à de détourner des instincts divins à son avantage, à le fixer en lui pour dominer et régner sur le monde. Mais le message transmis par le septième logion de l’Évangile de Thomas révèle que, au bout du compte, ce feu divin ne peut être soustrait à sa fonction première et ultime qui est de libérer l'homme de la mort.

N'oublions pas que le signe du Lion coïncide avec la saison des moissons, symbolisées par la faucille ou la faux de la mort. En exploitant e feu divin à son seul profit pour dominer le monde, à l'instar du Diable, le Lion, symboliquement bien sûr, récolte la mort. Ce faisant, ses énergies se dégradent.

Toutefois, Râ, le dieu Soleil égyptien, et le Christ plus tard ont souvent été représentées par le lion mythique. Celui-ci, par la puissance de sa volonté et du souffle divin qui est en lui, parvient à l'immortalité en ne détournant plus les énergies primordiales de leur but, ou plus exactement en les laissant circuler librement pour que, se régénérant sans cesse, elles régénèrent l'homme, le rendant immortel et victorieux.


Le Lion du 1er décan, du 23 juillet au 2 août environ : notre première figure est celle d'un lion qui dégage une force tranquille, mais aussi, comme nous allons le voir, une certaine pesanteur et de la tristesse. Il est beau mais pas brillant. Tel qu'il se présente à nous, nous le voyons marcher, solitaire, dans la savane, la patte droite légèrement soulevée de la terre ferme, tandis que ses trois autres pattes sont solidement posées à même le sol, ce qui indique qu'il avance d'un pas lourd. Pourtant, son corps n'a rien de massif. Il a même une certaine noblesse, avec sa belle crinière qui fait quatre vagues distinctives sur sa nuque, débordant largement sur son dos, et qui semble dégouliner en longues boucles sur son corps et sous sa tête, balayant presque le sol. Mais une impression de masse, de lourdeur, se dégage de toute son allure. Sa tête est penchée en avant. On discerne comme une moue triste, une sorte de grimace ou de crispation, mais curieusement une paix aussi, comme s'il portait le poids des dures réalités de la vie sur ses épaules, mais qu'il en avait pris son parti. Nous sommes là en présence du Lion saturnien, dominateur et égocentrique, le plus introverti des natifs de ce signe qui, sous un calme apparent, peut aller jusqu'aux extrêmes.


Le Lion du 2e décan, du 3 au 12 août environ : après le lion triste et concentré, voici le lion joyeux, jouisseur, joueur, jupitérien pour tout dire. Il respire la joie de vivre. Son besoin de paraître, d'attirer l'attention, de susciter l'admiration se dégage de toute son attitude. En effet, il donne une impression de légèreté qu fait penser à un chien qui ferait le beau pour obtenir la friandise qu'il convoite. Il se trient donc à demi dressé sur ses pattes arrière, les deux pattes avant levées et repliées, tout le corps tendu en avant, mais avec souplesse et dynamisme. Sa queue levée en un S parfait est pourvue d'un beau panache de poils à son extrémité. Sa crinière est superbe, formant de nombreuses vagues tout autour de sa tête, s'enroulant les unes aux autres et recouvrant tout son poitrail. Il a les yeux grands ouverts - même si sa position de profil ne nous permet d'en voir qu'un -, dirigés droit devant lui, comme s'il fixait quelqu'un. Enfin, un autre signe distinctif nous fait penser une fois encore au chien qui fait le beau : il s'agit de sa langue qui sort de sa gueule. On le voit, cette créature plutôt sympathique, et enjouée a toute de l'animal apprivoisé.


Le Lion du 3e décan, du 13 au 23 août environ : c'est le plus mystérieux et le plus intense des trois. D'abord, il se tient debout, immobile, sa tête et son regard fixés vers nous, mais il est placé dans la direction inverse des deux premiers lions que nous avons décrits. En effet, avant de s'être figé pour nous regarder dans les yeux, il semblait se diriger vers la droite. Il se tient donc debout, ses deux pattes avant écartées, sa patte arrière gauche presque centrée sous son corps, sa patte arrière droite lin derrière son arrière-train, toutes les quatre solidement posées sur la terre ferme qui semble être son seul décor, comme pour souligner que ce lion a des racines. Son corps est svelte et musclé, félin, sa queue est passée entre ses deux pattes arrière, sous son ventre, formant une boucle dont l'extrémité empanachée s'élève fièrement vers le ciel. Quant à sa crinière, elle donne une impression de surnaturel par le fait qu'elle semble former un bloc compact tout autour de sa tête. Cette dernière ressemble à un masque, qui n'est pas sans rappeler celui qu'avait réalisé Jean Cocteau pour Jean Marais dans son film La Belle et la Bête. En effet, dans ses yeux, son nez, sa bouche, cette tête de lion a quelque chose d'humain, de fascinant et d'inquiétant. Le bas de sa crinière pourrait même faire allusion à une barbe bouclée. Nous sommes bien là dans l'univers plutonien de la bête humaine, si l'on ose dire, du pouvoir et de la domination des instincts à l'état brut. Car chez lui, la limite qui sépare l'homme de l'animal est mince, très mince."


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Dans Les Druides et l’astrologie Origine et fondements de l’astrologie celto-druidique De la préhistoire au Moyen Âge (Aparis, 2014 ), Michel-Gérald Boutet fait le point sur les convergences entre les différents zodiaques antiques :


Le lion des Hittites est placé en Sagittaire alors qu’en Lion sont placés les serpents barbus, les Illuyankas ou dragons, liés par un héros mortel. Sur le chaudron de Gundestrup, on retrouve aussi la figure d’un dieu empoignant deux dragons alors que le calendrier de Coligny donne Elembos pour « le faon ».

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