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  • Anne

Le signe du Scorpion


Étymologie :

  • SCORPION, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1. 1121-34 scorpïun signe du zodiaque et terme de zool. (Philippe de Thaon, Comput, éd. E. Mall, 1388, 1720) ; 2. a) fin xiie s. « sorte de fouet de guerre » (Clemence de Barking, Vie de Ste Catherine, éd. W. Macbain, 1431) ; b) 1546 « sorte d'arbalète » (Rabelais, Tiers Livre, Prologue, 75, éd. M. A. Screech, p. 10) ; 3. 1611 scorpion de mer (Cotgr.). Empr. au lat. scorpio, scorpionis « insecte venimeux », « la constellation du scorpion » et « sorte de poisson de mer », gr. σ κ ο ρ π ι ́ ο ς « id. ».

Lire également la définition pour amorcer la réflexion symbolique.

Symbolisme :

Dans Le Rythme du Zodiaque (édition originale Astrological Signs - The Pulse of Life, 1943 ; traduction française, Éditions du Rocher, 1981), Dane Rudhyar consacre un chapitre au signe du Scorpion :


D'après le Dictionnaire des symboles (1969, édition revue et corrigée 1982) de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, "en astrologie, le Scorpion (23 octobre - 21 novembre) est le huitième signe du Zodiaque, occupant le milieu du trimestre d'automne, quand le vent arrache les feuilles jaunies et que les animaux et les arbres se préparent à une existence nouvelle. Symbole à la fois de résistance, de fermentation et de mort, de dynamisme, de dureté et de luttes, cette partie du ciel a pour maître planétaire Mars.

Le Scorpion évoque la nature au temps de la Toussaint, de la chute des feuilles, du glas de la végétation, du retour au chaos de la matière brute, en attendant que l'humus prépare la renaissance de la vie ; le quaternaire aquatique entre l'eau première de la source (Cancer) et les eaux rendues de l'Océan (Poissons),c'est-à-dire les eaux profondes et silencieuses de la stagnation et de la macération. L'animal noir, qui fuit la lumière, vit caché et est pourvu d'un dard empoisonné. Cette réunion compose un monde valeurs sombres, propres à évoquer les tourments et drames de la vie jusqu'au gouffre de l'absurde, du néant, de la mort... D'où le fait que le signe soit placé sous la maîtrise planétaire de Mars, ainsi que de celle de Pluton, puissance mystérieuse et inexorable des ombres, de l'enfer, des ténèbres intérieures. Nous sommes au cœur du complexe sudo-anal du freudisme ; mais aux valeurs psychique de l'anus se joignent celles du sexe ; et l'on voit se camper une dialectique de la destruction et de la création, de la mort et de la renaissance, de la damnation et de la rédemption, le Scorpion étant chant d'amour sur champ de bataille ou cri de guerre en champ d'amour...

Dans un tel pays en rouge et noir, l'individu prend racine dans les convulsions de ses entraves, et il n'est vraiment lui-même que secoué de la transe sauvage d'un démon intérieur qui a soif non de bien-être mais de plus-être, jusqu'au goût âpre de l'angoisse de vivre, entre l'appel de Dieu et la tentation du diable. Cette nature volcanique fait du type scorpion un oiseau dont les ailes ne se déploient à l'aise qu'au milieu des tempêtes, son climat étant celui des orages, son pays celui de la tragédie."

Selon Jacques A. BERTRAND auteur de Tristesse de la Balance et autres signes (1983), les caractéristiques (humoristiques) du signe du Scorpion sont :

"Vertige du scorpion"

"Les feuilles mortes se décomposent lentement dans les flaques d'eau croupissante de l'automne. Le scorpion danse à petits pas.

Le scorpion a tout pour plaire. La démarche de l'araignée et du serpent à la fois. Cette lenteur lourde de menace – une hésitation enceinte d'une vivacité...

Le scorpion danse à petits pas avec Éros et Thanatos. Il est prêt à se laisser mourir de plaisir mais, à la moindre douleur, il se sent revivre. Il ne cesse de se détruire et de renaître à longueur de journée; le Phénix - l'oiseau qui renaît de ses cendres -, c'est lui. C'est symbolique. Le scorpion est très symbolique. (« Il est dans l'essence des symboles d'être symboliques », assurait Jacques Vaché).

L'aigle est le symbole supérieur du signe. Le scorpion est la chenille de l'aigle.

Le scorpion attend des métamorphoses. En attendant, il fermente. Dans l'eau stagnante des marais ou dans l'eau-de-vie. Le scorpion est un alambic noir - où mijotent des pulsions, des appétits, des refoulements – doté d'un sexe et d'un anus. La vierge et la balance ont tout digéré ; le scorpion rend à la terre ce qui appartient à la terre.

Le scorpion n'a pas l'air tranquille. Qu'est-ce qui inquiète le scorpion ? Rien. Tout.

Le scorpion s'interroge. Il doute. De tout et même parfois de ses doutes. C'est un interrogatif entêté. Un inquiet obstiné. Son doute a quelque chose de sérieux, de réfléchi, de rassurant finalement. Les gens sont tellement plongés dans le doute, submergés par le doute, qu'on ne peut même plus dire qu'ils doutent. Le scorpion, lui, doute vraiment. A force de ténacité, il finit par imposer son doute à tout le monde.

Cent fois on l'a cru mort, ou retraité. Il a dû traverser plusieurs déserts. On ne parlait déjà plus de lui qu'au passé et puis le revoilà. Il s'appelle de Gaulle. Ou Mitterrand. Il croit dur comme fer en la France, c'est-à-dire en lui-même. Il est tenace. Résistant. Quand les choses ne lui plaisent pas, il fait de la résistance. Il prépare la libération. Si la libération ne lui plaît pas, il refait de la résistance.

Tous les scorpions n'ont pas autant d'ampleur dans le doute. Il y a ceux qui grignotent, ceux qui se ratatinent. Ceux qui se laissent aller. A l'alcool, à la drogue, au sexe. Le scorpion est beaucoup plus que sexué ou sexuel. Le sexe est pour lui une espèce de drogue alcoolisée mais dont il use ordinairement – comme d'un vin de table. Le scorpion est – comment dire ? - sexique.

Le scorpion fréquente les perversions, mais sans en faire toute une histoire. S'il va jusqu'à la frénésie, c'est qu'il a horreur de la médiocrité. Ne parvenant pas à s'imposer comme un criminologue de premier plan, il devient un grand criminel. C'est un exemple. Un problème sexuel le fait verser dans une spiritualité débridée. Il fait indifféremment des excès de table ou de jeûne.

Le scorpion pique. Il a le ton vif, l'ironie facile, le sarcasme rapide. En même temps, il est facilement vexé. Le scorpion est susceptible. Le scorpion est méchant.

Notons que le scorpion n'est pas méchant méchamment. Il est méchant par inquiétude. Ses grands désirs et ses doutes profonds le font s'agiter dans tous les sens. A force de faire des gestes inconsidérés, on finit par commettre des maladresses. Le scorpion pique.

Le scorpion se met dans des états nerveux pas possibles. Quand les circonstances s'y prêtent – lorsqu'il est cerné par le feu, ou persuadé qu'il vient d'attraper la syphilis – le scorpion se pique lui-même. Il s'agit moins d'un suicide que d'un accident. Le scorpion porte toujours sur lui son épée de Damoclès. Il serait bien avisé de se munir de sérum contre son propre venin.

Le scorpion est critique. Autocritique. Curieux. Sexologue. Psychanalyste. Sado-maso. Caca boudin. Agent secret, double de préférence. Héros dostoïevskien, peint par Jérôme Bosch et ironiquement commenté par Villiers de l'Isle-Adam.

Le scorpion est mal vu. C'est le mal aimé du zodiaque. On convoite ses richesses enfouies et ses pouvoirs secrets. On redoute son côté faustien. Tout cela étonne le scorpion. Il se croit très simple. Le pire, c'est qu'il l'est, d'une certaine façon. Étrangeté du scorpion. Étrangeté de l'homme. Vertige de la chronique zodiacale."

Il faut s'y faire, le scorpion est l'un des plus anciens habitants de la terre. Aux dernières nouvelles, il résisterait à la radioactivité.



Selon Didier Colin, auteur du Dictionnaire des symboles, des mythes et des légendes (Larousse Livre, 2000) :


Le natif du 1er décan de ce signe est pulsionnel, celui du 2e décan est indomptable et celui du 3e est sentimental, comme nous le démontrent ces 3 symboles vivants. Ce signe du Zodiaque est réputé à cause, précisément, de sa mauvaise réputation. Sait-on pour quoi ? Ceux qui véhiculent des idées reçues et des lieux communs à propos de l'astrologie vous diront que ces natifs présentent souvent un caractère asocial et destructeur.

Ce qui nous amène tout naturellement à nous interroger à propos des bons et des mauvais signes. Peut-on ou doit-on seulement faire intervenir de tels jugements de valeur, en plongeant à l'intérieur de l'univers du Zodiaque ? Nous ne le pensons pas. Il n'y a rien de fondamentalement et définitivement positif ou négatif dans la structure du Zodiaque, mais un jeu de qualités - ici, il faut entendre qualités au sens de ce qui qualifie ou fait que l'on est ce que l'on est - contradictoires et complémentaires, qui est l'exact reflet de ce que nous sommes. De ce fait, si les qualités que nous attribuons au signe du Scorpion et, en l'occurrence, surtout ses faiblesses ou ses aspects négatifs, nous dérangent plus que ceux, par exemple, du Taureau, son signe opposé, c'est que tels que nous sommes, nous intégrons plus facilement les valeurs propres au signe du Taureau que celles du Scorpion.

Néanmoins, selon les principes universels des forces opposées et complémentaires qui président au jeu de la vie, les unes ne pourraient exister sans les autres. Dès lors, fixer son attention et son intérêt sur les unes au détriment des autres engendre manifestement un déséquilibre collectif - que l'on dirait aujourd'hui d'ordre psychologique, mais que l'on aurait défini jadis comme un malaise spirituel -, auquel certains êtres plus fragiles que d'autres sont sensibles. Celui-ci peut donc être à l'origine de certains mouvements inconscients exacerbés, violents, compensatoires. En effet, nous savons bien que chaque fois que nous penchons trop dans un sens, nous créons un désordre dont, tôt ou tard, nous subissons les conséquences.

Ainsi et par exemple, pour ce qui est de l'axe des signes fixes du Taureau et du Scorpion, qui n'est pas sans dégager une certaine intensité, si nous nous fixons justement sur certaines qualités existentielles inhérentes au premier d'entre eux (possession, attachement, conformisme, sécurité), en tentant d'évincer, d'ignorer ou de rejeter celles qui concernent le second (dépossession, détachement, anticonformisme, destruction) au lieu de vivre ces dernières en conscience, nous les subissons. Telle est la vraie raison de la mauvaise réputation accordée au signe du Scorpion : le plus souvent, surtout dans la période que nous traversons actuellement, nous refusons de nous plier à sacrifier, à semer pour récolter dans le futur. Nous nous accrochons à une interprétation très conformiste et sécurisante de la réalité qui, plus elle exclut les forces de régénération révélées par le huitième signe du Zodiaque, plus elle nous fragilise.

Le Scorpion du 1er décan, du 23 octobre au 2 novembre environ : le premier des trois arachnides qui s'offre à nous est parfaitement représentatifs du maître de ce décan, qui est aussi le maître de ce décan, qui est aussi le maître du signe : Mars ! Il s'agit d'un scorpion vu d'avion, pourrait-on dire. Son corps, pourvu de huit pattes, est très allongé. Quant à ses pinces, elles sont tendues en avant, légèrement surélevées par rapport à son corps, en signe d'agressivité. Enfin, sa queue forme un demi-cercle, le dard dirigé vers l'avant, prêt à l'attaque, prêt à piquer.. Rien n'indique, dans ce dessin, que le scorpion en question est sur l point d'agresser, mas plutôt qu'il vaut mieux ne pas s'y frotter. Nous sommes dans l'univers des pulsions et des répulsions irrépressibles, instinctives, essentielles, que ne peut commander le raison, impliquant une certaine primarité animale qui, le plus souvent, nous fait peur, que nous repoussons ou rejetons, en même temps qu'elle nous fascine et nous attire. Car telles sont les grandes contradictions passionnantes, et qu'il vit toujours d'une manière passionnée, du natif du Scorpion de ce premier décan.

Le Scorpion du 2e décan, du 3 au 11 novembre environ : ici, nous sommes en présence d'un dessin stylisé, qui a quelque chose d'enfantin dans le trait. Ce n'est plus l'agressivité qui s'en dégage, mais un aspect fuyant, insaisissable. Ce n'est plus le scorpion qui se fige, prêt à l'attaque, mais l'animal indomptable, qui court plus vite que son ombre. Observons-le, vu d'en haut lui aussi : pour souligner sa rapidité, son agilité, on voit que ses deux pinces, fermées cette fois, ne sont pas tendues devant lui, mais parallèles à ses huit pattes, et de la même taille qu'elles, comme s'il avait dix pattes, donc. Par ailleurs, son corps fruste est mince et léger, surtout si on le compare à l'animal figuré dans le décan précédent. Enfin, sa queue est beaucoup plus courte, et son dard n'est pas levé au-dessus de sa carapace, prêt à piquer, mais replié sur le côté, formant une boucle dirigée vers la droite. Ce scorpion symbolise l'anticonformisme, l'esprit de révolte provocateur, déroutant, dérangeant, des natifs de ce 2e décan, qui ont souvent un caractère impulsif et indépendant, toutes qualités qui ressortissent d'Uranus, le maître de ce décan.

Le Scorpion du 3e décan, du 12 au 21 novembre environ : le symbole du dernier décan de ce signe, fixe et intense, c'est l'image d'un scorpion ne révélant plus aucune agressivité, mais qui, par bien des aspects, n'est pas sans rappeler l'écrevisse du 1er décan du signe du Cancer. Notre attention est d'abord retenue par son corps ovoïde, proéminent, et par le fait qu'il est, à l'inverse des deux premiers, dirigé vers la droite lorsqu'on le regarde - comme si, là encore, nous étions placés au-dessus de lui. Ses pattes, qui sont toutes repliées vers l'arrière, sont petites et même de plus en plus courtes le long de son corps. Sa queue, repliée sur le côté, est longue et mince. Quant à son dard, il paraît totalement inoffensif. enfin, un autre signe distinctif apparaît das ce dessin : ses yeux ronds et ouverts, qui se trouvent dans l'axe de ses deux pinces, lesquelles font penser à des bras ouverts, eux aussi, plus qu'à des instruments de guerre sur la défensive ou prêts à l'offensive. Ce scorpion, dont tout indique qu'l est immobile et réceptif, est tout à fait représentatif du natif de ce décan, pourvu d’une intense force psychique, et dont le maître (Vénus) implique qu'il accorde une place importante à ses sentiments et ses émotions."