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  • Anne

Le signe du Sagittaire


Étymologie :

  • SAGITTAIRE, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1. 1119 nom d'un signe du zodiaque (Philippe de Thaon, Comput, 1403 ds T.-L.) ; 2. apr. 1461 « archer » ici, au fig. (P. Michault, Le Procès d'honneur féminin, XV, 22, éd. B. Folkart, p. 84 : le divin sagittaire [Dieu]). Empr. au lat. sagittarius, att. aux sens 1 et 2 dès l'époque class., dér. de sagitta « flèche » (sagette*). Cf. a. fr. saietaire « archer » et « centaure » ds T.-L.

Lire également la définition pour amorcer la réflexion symbolique.


Symbolisme :

Dans Le Rythme du Zodiaque (édition originale Astrological Signs - The Pulse of Life, 1943 ; traduction française, Éditions du Rocher, 1981), Dane Rudhyar consacre un chapitre au signe du Sagittaire :

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D'après le Dictionnaire des symboles (1ère édition, 1969 ; édition revue et corrigée Robert Laffont, 1982) de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant,


"Sagittaire (22 novembre - 20 décembre). Dans la tradition des Upanishad, le Sagittaire, qui est l'homme tendant à s'identifier à la flèche, se voue à l'exaltation du brahman, dont la connaissance assure la libération du cycle des renaissances. Il est curieux de noter que cette libération du cycle coïncide effectivement avec la fin des moissons et des vendanges, à l'entrée de l'hiver, où toute vie semble s'anéantir. Ce qui est brillant et plus subtil que le subtil, ce sur quoi reposent les mondes et les habitants des mondes : voilà le brahman impérissable. Il est le souffle, il est la parole, l'esprit ; il est le réel l'immortel. Sache, mon cher, que c'est là la cible à atteindre.La syllabe Om est l'(arc, l'atman est la flèche, le brahman est la cible, enseigne-t-on. Il faut l'atteindre sans se laisser distraire. Il faut se laisser semblable à la flèche (Mundaka Upanishad 11, 2, 2-3-4).

La flèche, à laquelle s'assimile le sagittaire, fait la synthèse dynamique de l'homme volant vers sa transformation, par la connaissance, d'être animal en être spiritualisé.

Neuvième signe du Zodiaque : il se situe avant le solstice d'hiver quand, les travaux des champs terminés, les hommes se consacrent davantage à la chasse. Symbole du mouvement, des instincts nomades, de l'indépendance et des réflexes vifs. Cette partie du ciel est placée généralement sous la domination de Jupiter ; nous la placerions plus volontiers sous celle de Pluton.

Nous sommes au terme de la trinité du Feu. Si, au Bélier, la puissance ignée était viscérale et si, au Lion volontaire, elle était consacrée à la magnificence du Moi, ici, cette force devient celle des décantations spirituelles, des illuminations de l'esprit, des montées intérieures, par lesquelles l'instinct et l'ego se dépassent dans une transcendance, vers un surhumain. C'est une figure de sublimation qui représente ce signe : un centaure aux quatre sabots plantés au sol et qui se dresse devant le ciel, un arc bandé en main et orientant sa flèche en direction des étoiles. Tableau d'une créature pleine et qui campe sa vie dans la plus large ouverture à l'univers. On le dit toutefois correspondre au signe Jupiter, principe de cohésion et d'unification, fondant dans l'unité globale d'une large synthèse le terrestre et le céleste, l'humain et le divin, la matière et l'esprit, l'inconscient et le supra-conscient.... La séquence qui est propre au Sagittaire s'apparente donc à une épopée, à une symphonie, à une cathédrale, à l'itinéraire d'un élan panthéiste d'intégration à la vie universelle. Et à la souche du type sagittarien, on discerne un Moi en expansion ou en intensité, qui cherche ses propres limites et aspire à les dépasser, et cela sous la poussée d'une sorte d'instinct, de l'envergure ou de la grandeur. D'où une aspiration à une certaine élévation ou dimension qu'il recherche dans un transport, lequel peut être élan de participation, d'assimilation idéale à la vie collective, ou au contraire révolte stimulante contre une puissance à dominer, sinon simple inflation du moi qui se perd en ivresse de grandeur..."

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Selon Jacques A. BERTRAND auteur de Tristesse de la Balance et autres signes (1983), les caractéristiques (humoristiques) du signe de la Balance sont :


"Sagitation du Sagittaire"


"Par Jupiter ! s'écria-t-il. (By Jove ! dans la version originale). C'était un sagittaire.

Le sagittaire fait souvent référence à Jupiter, soit par conviction religieuse, soit par snobisme. Soit par vanité : le sagittaire se croit volontiers sorti de la cuisse de Jupiter. La plus grosse planète du système solaire est sa maîtresse et, dans l'homme zodiacal, le sagittaire figure la cuisse. (Tout se tient).

La cuisse est le point faible du sagittaire. Pour le reste, il a une santé de cheval. D'ailleurs, on le représente avec un buste d'homme sur un corps de cheval. Avec un arc et une flèche. Tous ces attributs lui donnent une espèce d'ampleur dans le mouvement. Le sagittaire prend de la place.

Son assise solide – sur quatre sabots - et sa hauteur de vue lui permettent de tirer ses flèches assez haut et loin (n'importe quel expert en balistique le confirmera). Mais le sagittaire n'a pas forcément l'ambition de viser les étoiles. Il se contente souvent de la chasse, des jeux Olympiques, du commerce en gros, voire de l'arrivée du tiercé à la télévision. Quoi qu'il en soit, il a tout pour réussir, dans la quête spirituelle ou dans la conquête matérielle. Cependant il lui arrive d'échouer dans les deux.

Le sagittaire est souvent sage, mais il éprouve souvent aussi le besoin de s'agiter. Il se met alors à galoper dans tous les sens, à lancer des ruades et à tirer en l'air. Ce sont des défauts de jeunesse qui lui sont d'autant plus facilement pardonnés qu'on s'accorde généralement à lui trouver la figure joviale. (Tout se tient).

On aura reconnu dans ces quelques traits un authentique descendant du centaure. Le centaure remonte à la plus haute antiquité. A l'époque, les dieux faisaient plein d'enfants à des mortelles bien moulées dans des tuniques très simples. Cela donnait parfois des centaures (les dieux savent pourquoi). Saturne, déguisé en étalon, en avait fait un à Philyre, une ravissante océanide. Philtre en fut désespérée. Elle avait tort : le petit centaure Chiron devint un sage. (Pas comme d'autres centaures qui ne pensaient qu'à la bagatelle, qu'à la politique ou qu'à l'arrivée du tiercé à la télévision). Ces épisodes essentiels de l'histoire de France sont scandaleusement passés sou silence dans les manuels récents.

Dans « Fantasia » de Walt Disney, on voit une colonie de centaures évoluer gracieusement dans la nature au son de la « Pastorale » de Ludwig von Beethoven. Vers la fin, un orage éclate et l'on voit Jupiter en personne sortir des nuages pour décocher quelques éclairs. Or, Ludwig von Beethoven et Walt Disney étaient tous les deux sagittaires. (Tout se tient).

Le sagittaire est un signe de feu. C'est le dernier feu de l'automne. Il voit loin. Il joue les guides, les prophètes, les gardiens de phare. Il a l'esprit de synthèse. Il fait un excellent professeur, un remarquable organisateur. Il adore parler et organiser des réunions. Il organise des réunions pour pouvoir parler. Comme il parle longuement, il est réputé de bon jugement. La magistrature lui tend les bras. Il les repousse poliment. Il préfère voyager. L'aventure le tente. Mais en tout bien tout honneur : il sera explorateur plutôt qu'aventurier. L'honorabilité est le dada du sagittaire.

Quand chez lui l'animal l'emporte, sa croupe épanouie lui donne un côté percheron. C'est un sensuel tranquille. Un bon vivant. Il se tape volontiers sur les cuisses. Mais il demeure raisonnable, économe, conformiste. C'est un notable, un habile maquignon qui songe parfois à) la députation. On le désigne facilement comme juré.

Il a ses emportements mais il sait se tenir : il pose sa foudre et rentre tranquillement dîner avec Junon et les enfants.

Quand le haut l'emporte, c'est un cheval de tête. Il est moins en chair. Quelque peu ombrageux. Il court aussi l'aventure mais intérieure. Il est en quête d'une initiation, soucieux de connaissance, de perfection, de sagesse – toutes choses qui rendent l'homme très malheureux mais forcent le respect de ses biographes.

A part ça, le sagittaire peut faire ce qu'il veut. De la musique comme Berlioz, de la poésie comme Éluard, du cinéma comme Fritz Lang, de l'aviation comme Mermoz, de la politique comme Churchill. Ou l'arrivée du tiercé à la télévision comme Zitrone.

C'était la fin de l'automne. By Jove ! s'écria le sagittaire et il décocha sa flèche en direction d'un printemps mythique. Le capricorne qui, au seuil de l'hiver, affichait déjà cet air détaché qui sied si bien à sa physionomie, fit semblant de ne pas s'en apercevoir."

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Selon Didier Colin, auteur du Dictionnaire des symboles, des mythes et des légendes (Larousse Livre, 2000) :


Le Sagittaire, dont le nom signifie flèche, est figuré par un centaure, un être mythique et fantastique dans toute sa splendeur. Avec lui, on peut dire : dis-moi où tu veux lancer ta flèche, je te dirai qui tu es. Qu'est-ce qu'un centaure ? Le centaure est comme le dragon, la gorgone, l'hydre à sept ou neuf têtes, la licorne ou l'ange même. Tous sont des animaux fantastiques, directement sortis de l'univers des mythes inventés par les hommes, issus de leur imagination, de leur psyché, on dirait aujourd'hui de leur inconscient. Ils exercent sur nous la même fascination que les dinosaures - ces animaux d'une taille gigantesque venus du fond des âges -, car ils incarnent nos instincts à l'état pur et brut et parce que, d'une certaine manière - puisqu'ils ont peut-être, comme on le suppose, couru à leur propre perte en se montrant trop avides -, inconsciemment toujours, nous nous identifions à eux.


Le cheval, l'homme, l'arc et la flèche. Mais au bout du compte, lorsqu'on observe cet animal fantastique et irréel qui symbolise le neuvième signe due notre Zodiaque, qu'est-ce qu doit retenir notre attention : le cheval, l'homme, l'arc ou la flèche ? Le centaure a le corps entier d'un cheval. Mais en lieu et place de sa tête, se trouve le buste d'un homme, avec sa tête et ses bras, bien sûr. C'est donc un être mi-homme, mi-animal. Toutefois, si c'est la tête qui régit cet être, alors il est clair que l'homme surpasse l'animal. En revanche, si c'est le corps qui exerce sa suprématie, celui du cheval, en dehors de sa tête, étant figuré et présent en son entier, c'est la partie animale de cet être hybride qui s prépondérante. En finalité, ce qui fait la différence, c'est la flèche. Car en fonction de la direction dans laquelle le centaure dirige son arc - droit devant, derrière lui ou vers le ciel -, on comprend quelle partie de son corps il privilégie. De cette créature mythologique qu'est le centaure, chez qui e corps et la tête ont une grande importance, on peut tirer la morale suivante : selon que nous dirigeons et fixons notre esprit o notre attention sur telle ou telle préoccupation, nous l'élevons ou l'avilissons. Quant à sa représentation, il ne faut peut-être pas rechercher son origine plus loin que dans les pictogrammes dont nous savons qu'ils ont précédé l'écriture. Leur principe était fondé sur la figuration picturale de l'animal ou de l'objet que l'on voulait nommer, et de leur énumération s'il y en avait plusieurs, ou s'ils étaient différents. Ainsi, en rassemblant les pictogrammes homme/cheval, on a pu vouloir désigner des cavaliers, mais peut-être aussi des hommes nus chevauchant, qui faisaient corps avec leur monture, à ce point que l'on finit par les confondre, par imaginer qu'ils ne faisaient qu'ne seul et même être fantastique. Mais ce qui nous paraît merveilleux, c'est que de telles images, sorties tout droit de l'imagination des hommes, aient en nous de réelles résonances psychiques et que, ainsi, venues de notre lointain passé, elles suscitent et révèlent des réflexions on ne peut plus actuelles.


Le Sagittaire du 1er décan, du 22 novembre au 1er décembre environ : le premier centaure auquel nous avons affaire a son corps de cheval dirigé vers la gauche, mais le buste de l'homme est tourné en arrière, vers la droite, tenant son arc bandé, avec la flèche dirigée derrière lui, la pointe dans l'axe précis de ses reins et de sa queue en panache. Il est immobile, prêt à décocher sa flèche. Et s'il est vrai que, chez le centaure, le cheval et l'homme font corps, ne formant qu'un seul et même être, en regardant l'image du 1er décan de ce signe, on a beaucoup plus le sentiment que c'est avec son arc, voire avec sa flèche - et sa cible que l'on ne voit pas, mais que lui voit -, qu'il fait corps. Sa cible se trouvant derrière lui, c'est donc vers le passé qu'il se tourne. Mais il s'agit d'un passé ambitieux, si l'on peut dire, qu'il désigne et réactualise, symboliquement toujours, de la pointe de sa flèche. Nous sommes bien là dans l'univers de la Sagesse, dont le 1er décan du signe du Sagittaire, qui a pour maître Mercure, porte le nom. Baignant dans le monde de Jupiter et secondairement de Neptune qui, ensemble, gouvernent ce signe, nous sommes plongés dans un monde de simplicité et d'inspiration, toutes deux inclinant en effet à la sagesse.


Le Sagittaire du 2e décan, du 2 au 11 décembre environ : ici, notre centaure va résolument de l'avant. Il court au grand galop, son arc bandé et tendu devant lui. De ce fait, on imagine que, à moins de faire preuve d'une adresse tut à fait exceptionnelle, il aura du mal à atteindre sa cible. Mais on suppose ici qu'il ne décoche pas qu'une seule flèche, d'autant qu'il porte un carquois dans son dos, tenu par une lanière en cuir qui entoure son torse nu, rempli de pointes effilées et empennées. L'ardeur, la fougue, la puissance se dégagent du mouvement de son corps de cheval, tandis que tous les muscles de son torse sont bandés, eux aussi, comme son arc. Si dans le décan précédent, notre centaure était résolument tourné vers le passé, dans celui-ci, il est fixé dans le présent. Mais il s'agit d'un présent dynamique, en mouvement, en action, pas d'un instant figé ou fixé à tout jamais. Ici, le temps ne s'arrête pas. Il court. Il va de l'avant. C'est le décan, non pas de l'aventure, mais des aventures, symbolisées par les nombreuses flèches que contient le carquois de notre centaure et qu'il lance ici ou là, partout où il passe, élargissant ainsi son champ d'action, au fur et à mesure qu'il avance.


Le Sagittaire du 3e décan, du 12 au 21 décembre environ : à l'instar du centaure figurant le 1er décan de ce signe, celui-ci est immobile. Ses sabots sont solidement plantés dans le sol. Ses jambes fixes, bien droites, ne présentent pas ce critère de fragilité fréquent chez le cheval. Quant au buste de l'homme, il est légèrement penché en arrière, son bras gauche tendu vers le ciel, ses yeux fixés ans l'axe de sa flèche, pointée elle aussi vers le ciel. Si cette dernière symbolise l'esprit les idées, les aspirations, le destin de l'home, alors gageons que l'esprit, les idées, les aspirations et le destin de notre centaure sont ambitieux et élevés. A ce point, même, que l'on dit souvent du natif de ce décan qu'il est enclin à lancer sa flèche plus loin qu'il ne pourra jamais l'atteindre. Ce qui veut dire que, dans le cadre de ce décan, la cible est un idéal. Et en effet, nous sommes plongés dans l'univers des solides convictions, représentation ici par les sabots du corps chevalin de notre centaure qui fait ainsi corps avec la terre, sur lesquelles le natif du signe du Sagittaire peut se reposer, pour approfondir sa connaissance du monde et de la vie et diriger sa flèche vers un but idéaliste ou humanitaire, une cause noble et généreuse, l'un et l'autre poussant naturellement le Sagittaire du 3e décan vers le futur."


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Dans Les Druides et l’astrologie Origine et fondements de l’astrologie celto-druidique De la préhistoire au Moyen Âge (Aparis, 2014 ), Michel-Gérald Boutet fait le point sur l'association du loup et du signe du Sagittaire :


Les Scandinaves appellent les étoiles du Sagittaire Fenrir, le Loup. La constellation du Loup (Lupus) se situe sous la Balance à l’ouest du Scorpion et à l’est du Centaure. Pour les Grecs, il s’agissait de l’animal transpercé par la lance du centaure archer. Le Loup marque symboliquement la période du renouveau solaire de l’hiver allant jusqu’au printemps en mars. Chez les Grecs, le mois de Lukios, selon le calendrier, couvrait la période de février en mars ou d’avril en mai. Selon Aristote : « On prétend que les louves mettent toujours bas dans une limite de douze jours déterminés de l’année. On donne la raison de cette singularité sous une forme mythique : quand, dit-on, en ce même nombre de jours on conduisait Lètó du pays de Hyperboréens à Délos, elle revêtit l’apparence d’une louve par crainte d’Hèra. » (Sergent p. 213) À Rome, ces douze jours sont sous l’égide des douze Luperques. Leur création passe pour antérieure à Romulus et ils se recrutent parmi les grandes familles patriciennes des Quinctilli et des Fabii. Tous les ans en février, ils exécutent des rites pour protéger magiquement les bergeries contre les loups. Les lupercales (Lupercalia) étaient des fêtes de la fécondité à la gloire du dieu Lupercus, l’Apollon Lúkeios des Grecs, le loup-cervier appelé aussi Faunus. Faunus sera plus tard assimilé au Pan grec. Du côté celtique, le mois de janvier portait en gaélique le nom de Faoilteach « aux loups » et les lupercales de février le nom d’Imbolc en gaélique. La louve, donc, est synonyme d’augmentation lustrale, de chaleurs. Sur le chaudron de Gundestrup, loups et chiens sont indissociables. Les Celtes n’avaient-ils pas tendance à les confondre ?

Les Romains sacrifiaient des chiens pour Robigus, le dieu de la rouille du blé, lors de la fête des Robigalia en avril à l’apparition de l’étoile Sirius qu’ils appelaient Canicula, « la petite chienne ». Des chiens étaient aussi sacrifiés lors de la canicule de septembre en l’honneur de la fraternité des jeunes. Les Scandinaves associaient aussi les chiens à la chaleur avec ces deux noms pour Sirius : Lokabrenna et Hudastjarna, « l’étoile du chien ».

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