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  • Anne

Le Centaure





Étymologie :

  • CENTAURE, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1. Fin xiie-début xiiie s. Centaurus « animal fabuleux, moitié homme moitié cheval » (Gervaise, Bestiaire, 329, éd. P. Meyer ds Romania, t. 1, p. 340) ; xiie-xiiie s. centaure (Hector de Troie, Doc. hist. inéd., 3, 362 d'apr. Delboulle ds Quem.) ; 2. 1732 astron. nom d'une constellation (Trév.). Empr. au lat. centaurus qui désignait des héros mythologiques ayant la forme d'un animal fabuleux et est attesté également comme nom d'une constellation (TLL s.v. 320, 52 et 321, 62). Le lat. est empr. au gr. κ ε ́ ν τ α υ ρ ο ς qui désignait d'abord une race grossière et barbare de la région du Pélion et de l'Ossa en Thessalie (Iliade ds Liddell-Scott) puis des monstres mi-hommes mi-chevaux (Pindare, ibid.) et est attesté comme nom de constellation dep. le ive s. av. J.-C. (Eudoxus d'apr. Hipparque de Nicée, ibid.).


Lire également la définition du nom centaure afin d'amorcer la réflexion symbolique.




Symbolisme :


Selon Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, auteurs du Dictionnaire des symboles (1ère édition 1969 ; Édition revue et corrigée Laffont, 1982),


Les centaures sont des "êtres monstrueux de la myhtologie grecque, dont la tête, les bras et le buste sont d'un homme,; le reste du corps et les jambes d'un cheval. Les Centaures habitent avec leurs femelles, les Centauresses ; dans les forêts et les montagnes, ils se nourrissent de chair crue ; ils ne peuvent boire du vin sans s'enivrer ; ils sont très portés à enlever et à violer les femmes. Ils apparaissent généralement en troupeau : c'est la bête en l'homme, innombrable.

Ils se répartissent, selon les légendes, en deux grandes familles. Les fils d'Ixion et d'une nuée symbolisent la force brutale, insensée et aveugle ; les fils de Philyra et de Cronos, dont Chiron est le plus célèbre, représentent au contraire la force débonnaire, au service des bons combats. Très habile médecin, ami d'Héraclès, Chiron lutte aux côtés de celui-ci dans le combat qui l'oppose aux autres Centaures. Blessé par erreur d'une flèche d'Héraclès et désirant la mort, il offrira son privilège d'immortalité à Prométhée, pour pouvoir connaître enfin le repos. Il est sans doute peu de mythes aussi instructifs sur les conflits profonds de l'instinct et de la raison.

Dans les œuvres d'art, le visage du Centaures est généralement empreint de tristesse. Ils symbolisent la concupiscence charnelle, avec toutes ses violences brutales, qui rend l'homme semblable aux bêtes, quand elle n'est pas équilibrée par la puissance spirituelle. Ils sont l'image frappante de la double nature de l'homme, l'une bestiale, l'autre divine. Ils sont l'antithèse du chevalier, qui dompte et maîtrise les forces élémentaires, alors que les centaures, un Chiron et ses frères exceptés, sont dominés par les instincts sauvages incontrôlés. On en a fait aussi l'image de l'inconscient, d'un inconscient qui devient maître de la personne, la livre à ses impulsions et abolit la lutte intérieure."

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Littérature :


Dans Un lieu incertain (Éditions Viviane Hamy, 2008), Fred Vargas met le commissaire Adamsberg dans une posture particulièrement dangereuse et le sauve in extremis de la mort.


"Veyrenc accorda deux heures de sommeil au commissaire puis entra dans sa chambre, écarta les rideaux, approcha deux chaises de la cheminée où Danica avait fait un grand feu. La chaleur de la pièce était étouffante, propre à faire suer un mort, ce qui était l'objectif de Danica.

- Comment va ton sabot de cheval ? Deviendras-tu centaure ou vas-tu rester homme ?

Adamsberg agita son pied, testa le mouvement des doigts.

- Homme, dit-il.

[...] Ça a tourné autrement. J'ai débarqué avec toi dans ce sacré cimetière. Le gars avait une arme et moi rien. J'ai attendu, surveillé. Je te l'ai dit, il revenait sans cesse vérifier son boulot. Je n'ai pu intervenir que tard ce matin. Presque trop tard. Deux heures de plus et tu devenais centaure."

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