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  • Anne

Le Prunier




Étymologie :

  • PRUNIER, subst. masc.

Étymol. et Hist. a) Ca 1200 pruner (Otinel, éd. F. Guessard et H. Michelant, 1054) ; ca 1256 pronnier (Aldebrandin de Sienne, Le Régime du Corps, éd. L. Landouzy et R. Pépin, 54, 19) ; ca 1393 prunier (Ménagier, II, 51 ds T.-L.) ; b) 1874 secouer (qqn) comme un prunier (Gobineau, Pléiades, p. 96). Dér. de prune*; suff. -ier*. Le choix de prunier, plutôt que de tout arbre fruitier dont on peut faire tomber des fruits en le secouant, s'explique sans doute par le sens de « coup, blessure » qu'a pris prune* au xive s. (Rey-Chantr. Expr. 1979).

  • PRUNE, subst. fém.

Étymol. et Hist. 1. a) Fin xiie s. « fruit du prunier » (Audigier, éd. O. Jodogne, 51) ; 1846 prune à l'eau-de-vie (Balzac, Cous. Bette, p. 337) ; 1877 une prune « un verre d'eau-de-vie faite avec des prunes » (Zola, loc. cit.) ; 1904 eau de vie de prunes (Nouv. Lar. ill.) ; b) 1733 couleur prune (Inventaire après décès du Chevalier Roze, éd. Arnaud d'Agnel, p. 9) ; c) loc. 2e moit. xiie s. ne preisier une prune « n'avoir aucune estime pour » (Sermons Oyez, 1295 ds Möhren Négation, p. 207) ; ca 1202 ne pas doner une prune « n'attribuer aucune valeur » (Renart, éd. M. Roques, 16318) ; 1er quart xiiie s. ne valoir une prune « ne rien valoir » (Reclus de Molliens, Miserere ds Möhren, loc. cit.) ; 1507-08 pour des prunes « pour peu de choses ; pour un maigre bénéfice » (Eloy d'Amerval, Le Livre de la Deablerie, éd. Ch. Fr. Ward, 123a) ; 1730-65 viennent les prunes « l'été prochain » (Caylus, Œuvres badines, t. 10, p. 529) ; 1848 aux prunes (Th. Gautier, Hist. art dram., V, p. 270 ds Quem. DDL t. 2) ; 2. a) 1er tiers xive s. [date du ms.] « coup » (Renart Contrefait, éd. G. Raynaud et H. Lemaître, II, p. 243, var. ms. A) ; 1364 « coup de poing » (Miracles N.D., XXII, 1635, éd. G. Paris et U. Robert, t. 3, p. 366) ; b) 1650 « balle de fusil, d'arme à feu » (d'apr. Esn.). Du lat. pruna, plur. neutre de prunum « prune, prunelle », empl. comme subst. fém. en lat. pop. ; cf. a. fr. beloce « prune sauvage » (xiiie s. ds T.-L. et Gdf. Compl.), issu du lat. de basse époque bulluca, d'orig. celt., qui survit dans certains parlers du Nord et de l'Est de la France (v. FEW t. 1, p. 624a et t. 9, p. 496b).


Lire aussi les définitions de la prune et du prunier pour amorcer la réflexion symbolique.




Botanique :


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Croyances populaires :


Selon Micheline Lebarbier, auteure d'un article intitulé "Des plantes adjuvants du Destin, entre amour et rivalité, dans deux villages du Nord de la Roumanie" (Huitième séminaire annuel d'ethnobotanique du domaine européen du Musée départemental ethnologique de Haute-Provence, Jeudi 22 et vendredi 23 octobre 2009) :


Les arbres fruitiers médiateurs

En dehors des veillées, les jeunes filles pouvaient aussi, pour amener à elles les garçons, secouer un arbuste ou un arbre comme elles souhaitaient secouer le garçon désiré en lui intimant l’ordre de venir. Elles lui adressaient le même type de menaces que ci-dessus.

À Breb, le prunier À Breb, l’arbre choisi était le prunier, et l’incantation est tout aussi impérative. Le jeune homme est assimilé au prunier et secoué de même. De plus, il est qualifié de fou et les souffrances qu’il encourt sont les mêmes que dans l’incantation précédente :


Nu scutur prunu Je ne secoue pas le prunier

ci scutur nebunu mais je secoue le fou

Sæ vie Ion, Petru, Væsælie, Que viennent Jean, Pierre, Basile,

sæ n-aivæ stare într’un loc qu’il n’ait de place nulle part [...]

Cæ de n-ar veni S’il ne vient pas

sæ-l mænince pæduchi que les poux le mangent [...]


Le rêve et le prunier

L’arbre fruitier (ou l’arbuste), ne servait pas qu’à amener le bien-aimé. Il permettait aussi de rêver de lui si l’on ne connaissait pas encore son identité. Comme nous l’avons vu avec le basilic et le gaillet, les jeunes filles avaient recours aux plantes afin de deviner qui serait leur futur époux. Ce fut ainsi que Marika de Breb le découvrit en rêve à l’issue d’un rituel où le prunier, était secoué comme décrit plus haut. Un mardi soir, elle avait secoué le prunier en récitant l’incantation suivante, légèrement différente de la précédente, mais où l’on retrouve encore le diable, cette fois en rime avec l’arc :


Eu nu scutur prunu Je ne secoue pas le prunier

scutur arcu mais le secoue l’arc

arcu scuturæ pe dracu l’arc secoue le diable

dracu scuturæ pe drægu†u meu, le diable secoue mon joli

care ar fi de unde o fi qui que ce soit et où qu’il soit

sæ vinæ la mine acuma, qu’il vienne à moi maintenant

iute ca gîndu vif comme la pensée

repede ca vîntu rapide comme le vent

dacæ n-ar veni astæ saræ s’il ne vient pas ce soir

sæ-l mænîncæ pæduchi de la închisoare que les poux de la prison te mangent

(cæ sînt pæduchi la închisoare) (car il y a des poux en prison)

sæ-l mænînce porci din 99 de porcærii que les porcs de 99 porcheries le mangent

Si furnici pin opinci din 99 et dans ses sandales les fourmis de 99

de furnicarii fourmilières

(cæ furnici te mænîncæ) (car les fourmis te mangent)

[suivent d’autres menaces]


Marika avait ramassé les prunes tombées du prunier, et les avait placées sous son oreiller. Et la nuit, elle rêva que celle qui devint sa belle-mère lui offrait des bonbons. Elle ne pensait pas à ce garçon-là, mais bon, puisque le rêve l’avait désigné... Ce qui est savoureux dans le témoignage de Marika, c’est que le garçon en question était mineur et travaillait au loin. Il a subitement demandé au responsable de la mine une permission exceptionnelle pour, a-t-il dit, aller se marier ; mais lui non plus ne pensait pas à Marika. C’est en la voyant à la danse du dimanche qu’il a su que c’était elle qu’il épouserait. Et plus tard, lorsqu’ils se querellaient, il lui reprochait d’avoir secoué le prunier, véritable instigateur à ses yeux de leur mariage.

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Fleurs du Dr Bach :


D'après Les Douze "Guérisseurs" et autres remèdes (1ère édition 1941, traduction française Centre Bach 2011) du Dr Edward Bach :


"Peur d'avoir l'esprit trop tendu, de perdre la raison, de faire des choses épouvantables et redoutées, que l'on ne souhaite pas et dont on sait qu'elles sont mauvaises, mais on a malgré tout l'idée et l'impulsion de les faire."

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Selon Mechthild Scheffer, auteure du coffret de cartes Les Fleurs du Dr Bach, le chemin de l'harmonie psychique (1997, traduction française : Médicis-Entrelacs, 2001), la fleur de prunier est "la fleur du calme intérieur" qui nous guide dans le processus de transformation "de la tension extrême... vers la détente".


Message de la carte :

Quelle est la vérité que je dois mieux comprendre ?

Nous sommes une partie du Grand Tout, un petit système énergétique dans un grand système énergétique, un microcosme dans le macrocosme. Ce n'est qu'en nous ouvrant à travers notre guide intérieur à une plus haute hiérarchie spirituelle que nous pouvons vibrer à l'unisson et évoluer conjointement avec elle.. Dans ce cas, nous sommes protégés, nous sommes entre les mains de Dieu.


Quelle est la décision qui pourra me reconnecter avec mon Guide intérieur ?

Dès qu'une situation semble échapper à mon contrôle psychique, je décide consciemment de m'ouvrir, de devenir perméable, afin de percevoir les instructions de mon Moi supérieur et ensuite d'agir en toute confiance en suivant ce guide intérieur.

Ces signes me permettent de voir que mon potentiel positif d s'accroît :

Je sais reconnaître plus rapidement mes impulsions émotionnelles, je parviens à mieux les accepter et à les extérioriser avant que trop de tension ne se soit accumulée. C'est pourquoi je réagis dans beaucoup de situations, de manière plus détendue qu'auparavant.


État d'âme négatif : Peurs : On a des difficultés à la^cher prise et la peur de commettre un acte irréparable ; on a des crises de violence incontrôlables.

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Selon le site http://lesouffledessimples.com/, le prunier pourrait s'exprimer ainsi :


Même si le soleil venait à mourir je brillerai encore. Je triomphe pur et transparent et par moi l'hiver s'évanouit.

Je connais la peur, la mort, mais elles ne m'arrêtent pas. De mes graines qui ne savent se reproduire, j'ai appris à dépasser l'angoisse d'être. Je libère tout sentiment de la raison, je suis qui je suis.

Chaque année, j'offre à l'univers mon énergie pure : par mon tronc noir, chétif et malingre mes fleurs tels des diamants irradient vers toute vie. J'ai fait de mon abîme une source pour ceux qui combattent, une source de courage. Rien ne m'effraie, je suis parfaitement centré.

Je suis la victoire de la nature, j'incarne la possibilité que chaque échec soit un nouveau départ.

Par sa floraison brillante et exubérante, son parfum capiteux, le Prunier Sauvage nourrit les premières abeilles du printemps. Il rayonne d'une splendeur immaculée. Son tronc maigre et noir disparaît, comme élevé vers le ciel par ses fleurs blanches transparentes


Par son élixir :

Les recoins les plus sombres de l'esprit sont mis en clarté et en ordre, lorsque une confusion mentale se signale. Une respiration profonde se met à l'oeuvre, relâchant petit à petit toute pression et toute peur interne contenue.

Cet élixir ramène les crises dites " caprices " à une position ouverte.

Cet élixir entre dans la composition du Rescue.


Mots-clefs : Spontanéité – Lumière – Lâcher prise."

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Symbolisme :


Dans le Dictionnaire des symboles (1ère édition, 1969 ; édition revue et corrigée Robert Laffont, 1982) de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, on peut lire que :


"Le prunier, dont le thème est fréquemment utilisé dans la peinture d'Extrême-Orient, est d'abord un symbole du printemps. Il l'est parfois de l'hiver car, fleurissant à la fin de l'hiver, il indique le renouvellement, la jeunesse qui sont sur le point de se manifester. Symbole aussi de la pureté, les fleurs apparaissant sans feuilles. Un moine de l'époque Song, Tchong-jen, a composé tout un ouvrage sur le prunier en fleurs, dont il fait un symbole de l'univers.

Il est vrai que la fleur du prunier est aussi en rapport avec l'immortalité, que les Immortels s'en nourrissent et qu'elle constitue en somme le blason de Lao-tseu, car celui-ci, né sous un prunier, déclara aussitôt en faire son nom d'origine.

Le prunier figure, au Japon, parmi les plantes de bon augure.

Il est parfois considéré chez nous comme un emblème de la sottise, ce qu'on ne s'explique pas aisément.

Pour les Indiens Pawnee (Amérique du Nord, le prunier sauvage, particulièrement prolifique, est un symbole de fécondité.

Son fruit est parfois, dans les rêves, de signification érotique et trahit un désir de jouissance sexuelle."

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Dans Le Livre des Fleurs (Librairie philosophique J. Vrin, 1989), Georges Ohsawa (Nyoiti Sakurazawa) tente d'initier les Occidentaux à la subtilité de l'art des fleurs :


Au Japon, "Chaque fête populaire est en même temps une fête de fleur. Au nouvel an c'est le pin et le prunier qui sont à l'honneur. [...]

Dans toutes les écoles de fleurs il est d'usage de commencer les études par le prunier. Pourtant pour un profane, ses arrangements présentent de grandes difficultés. Surtout un étranger ignore les affinités et les habitudes du prunier, il ne sait pas les sentiments qu'évoque cet arbre pour tout Nippon.

Près de Kioto la rivière Tukigase "Rivière du clair de lune" est célèbre par ses pruniers. Leurs fleurs s'en vont au fil de l'eau, tellement nombreuses que dans la brume bleuâtre du matin on dirait un chemin qui marche. Une quantité de rossignols nichent dans les branches, et les Nippons vont se griser des nuits entières de cette musique et de ce spectacle.

Le rossignol d'ailleurs est l'oiseau qui se plaît le plus dans les pruniers. Un arrangement classique très ancien a pour titre " Le prunier aux rossignols". C'est un des plus difficiles avec "Le prunier sous les eaux".

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Ogham :


Voir la fiche dédiée à l'Ogham Straif.

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