L'Épine du Christ
- Anne

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Autres noms : Euphorbia milii. - Couronne d'épines - Couronne du Christ - Épine du Christ - Euphorbe de Madagascar -
A ne pas confondre avec une autre Épine du Christ : Paliurus spina-Christi.
Botanique :
Dans Faune et flore de Madagascar. (Karthala Éditions, 2007), Lucile Allorge-Boiteau et Maxime Allorge présentent rapidement les euphorbes :
"Les Euphorbes malgaches se divisent en deux grands groupes, celles qui ont des feuilles et pas d'épines et celles qui n'ont pas de feuilles ou très réduites, avec ou sans épines. Ce sont celles-ci qui ont les formes les plus étranges et que l'on nomme euphorbes coralliformes par leur ressemblance à du corail. Ce sont des arbres sécrétant du latex dangereux pour les yeux jusqu'à rendre aveugle, souvent caustique et toxique.
Quelquefois, les rameaux sont cylindriques, d'autres fois ils sont articulés et ressemblent à des chapelets de saucisses. Quand ils sont privés de feuilles, les rameaux deviennent verts et assurent alors la fonction chlorophyllienne. Ils peuvent former des peuplements importants.
Il y a, à l'inverse, de très petites espèces prostrées, en forme de boule, dont la partie souterraine est importante et assure la survie de la plante durant les longs mois sans pluie, dans le sud de Madagascar. On les appelle euphorbes succulentes.
Le genre Euphorbia comprend deux milliers d'espèces dont le plus grand nombre est en Afrique australe."
Selon Xavier Aubriot, auteur d'une thèse intitulée Radiations évolutives," innovations clés" et notions d'espèces dans le genre Euphorbia L. à Madagascar. (Muséum national d'histoire naturelle, 2012.) :
"Au sein du sous-genre Euphorbia (clade C sensu Steinmann & Porter 2002), les sections Goniostema, Denisophorbia et Deuterocalli, toutes trois endémiques de Madagascar et des îles voisines, forment un clade qui regroupe ca. 91 espèces (123 taxa en comptant les entités infra-spécifiques), ce qui représente environ 70% du nombre total d’espèces d’euphorbes malgaches (fide Haevermans et al. 2009, Dorsey et al. sous presse). Les trois sections de ce clade (clade que nous nommerons par la suite « clade GDD » suivant les initiales des noms des sections qui le composent), ont été formalisées récemment par Dorsey et al. (sous presse) sur la base d’un travail phylogénétique regroupant un échantillonnage représentatif du sous-genre Euphorbia.
La section Goniostema, la plus connue, essentiellement grâce à des espèces épineuses munies de cyathes colorés, comme Euphorbia milii, fait figure de groupe « géant » pour les euphorbes malgaches avec ses 75 taxa (107 avec les entités infra-spécifiques) tous endémiques de la Grande Île, où elle est présente dans chacun des types de végétations existants (fide Haevermans 2009)."
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Vertus médicinales :
Henintsoa Jean Baptiste Ramaminirina présente un mémoire de master II intitulé Contribution au recensement et à la valorisation chimique et biologique des plantes aromatiques de Madagascar (Université d'Antananarivo, 2022) mentionne un usage thérapeutique de la Couronne du Christ :
"Les 54 espèces utilisées en médecine traditionnelle ayant un niveau de fidélité supérieur à 50% figurent dans l’Annexe 5 avec les parties utilisées, les modes de préparation et d’emploi. [...] Brachylaena perrieri (100%), Euphorbia milii (100,00%) et Piper pachyphyllum (80,00%) sont préconisées dans le traitement des MAG. [Maladies de l'appareil génito- urinaire].
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Usages traditionnels :
R. Govaerts propose un article intitulé simplement "Euphorbia milii" (site Scientificib) dans lequel on peut lire les utilisations suivantes :
"L'Euphorbia milii a deux utilisations [1] :
Pesticide : La plante elle-même s'est révélée être un molluscicide efficace et une alternative naturelle à la lutte contre les nuisibles. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a recommandé l'utilisation de l'Euphorbia milii pour aider à lutter contre les escargots. [2] En particulier dans les pays où la schistosomiase est endémique. La schistosomiase est une maladie infectieuse causée par des parasites d'eau douce, véhiculés par les escargots. Des extraits de la plante sont utilisés pour contrôler la population d'escargots afin d'éviter toute infection par un parasite.
Médicinale : Les plantes médicinales revêtent une grande importance pour l'homme dans le développement de médicaments destinés à soigner diverses affections. La famille des Euphorbiaceae compte environ 300 genres et 7 500 espèces, chacune possédant des vertus médicinales qui lui sont propres. [3]
1) de Carvalho Augusto, Ronaldo; et al. (July 28, 2017). "Double impact : natural molluscicide for schistosomiasis vector control also impedes development of Schistosoma mansoni cercariae into adult parasites". PLOS Neglected Tropical Diseases.
2) Souza, C.A.M. (November 1997). "Study of the embryofeto-toxicity of Crown-of-Thorns (Euphorbia milii) latex, a natural molluscicide". Brazilian Journal of Medical and Biological Research. 30 (11) : 1325–32.
3) Chudasama, Krupaliba; et al. (2018). "Molecular marker study in ornamental plant Euphorbia milii". Journal of Pharmacognosy and Phytochemistry. 7 (3)."
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Symbolisme :
Dominique Soulancé, Daniel Bley, Maryse Gaimard, et al., auteurs d'un article intitulé "Du fouillis végétal à l'espace gazonné : structure et typologie des jardins réunionnais de la Ravine des Cabris." (In : Les jardins dans la ville entre nature et culture, 2014, pp. 317-339) mentionnent l'Épine du Christ :
"À la Ravine des Cabris, la petite maison comme la grande propriété vit au rythme de son jardin et de ses couleurs. Chacun l’organise en choisissant plantes et couleurs dont les combinaisons sont infinies. Ceci donne à chaque jardin sa personnalité et son originalité. Il comporte une variété infinie d’espèces conjuguées selon la saison.
Les plantes ont une valeur symbolique dont nous pouvons donner quelques exemples : les feuilles du manguier protègent la maison des visites d’esprits mal intentionnés ; les épines du christ (Euphorbia milii), fleurs avec de grosses épines, défendent la maison de l’extérieur, elles sont souvent placées à l’entrée des jardins ; quand la jeune fille se marie, si l’on met une note de couleur dans le bouquet blanc… c’est qu’elle a perdu sa virginité !"
R. Govaerts dans un article intitulé simplement "Euphorbia milii" (site Scientificib) nous révèle le symbolisme religieux de cette euphorbe pour le peuple Bodo :
"Variétés : Euphorbia milii est une espèce variable, et plusieurs variétés ont été décrites ; certaines d'entre elles sont considérées comme des espèces distinctes par certains auteurs. Euphorbia milii var. splendens (syn. Euphorbia splendens) est considérée comme l'incarnation vivante de la divinité suprême dans le bathouisme, une religion minoritaire pratiquée par le peuple Bodo de l'est de l'Inde et du Népal."
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