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L'Épine du Christ

  • Photo du rédacteur: Anne
    Anne
  • il y a 6 heures
  • 12 min de lecture


Autres noms : Paliurus australis - Paliurus spina-Christi - Épine du Christ -Jujubier de Palestine - Jujubier épine du Christ - Paliure austral - Paliure épineux - Paliure épine-du-Christ -


A ne pas confondre avec une autre Épine du Christ : Euphorbia milii.




Toponymie :


Frank R. Hamlin, auteur d'un Dictionnaire Topographique et Etymologique intitulé Toponymie de l'Hérault (Éditions du Beffroi, 2000) rassemble plusieurs noms de localités sous l'égide du paliure :


"(1) L'ARNAS, l'ARNÈDE, l'ARNEL, l'ARNET : dérivés d'occitan. arn ou arnègre (> arn nègre) « paliure austral (paliurus spina-christi ou australis », plante estimée surtout pour ses propriétés diurétiques et que l'on utilisait autrefois pour former des haies. Le mol arn est probablement d'origine pré-indo-européenne. On a pu observer une correspondance presque parfaite entre la présence de cet arbuste, fortement localisé et relativement rare dans la plaine, et les noms de lieux de cette série (enquêtes de l'abbé André Cabrol). C'est certainement par le paliure et non autrement qu'il faut expliquer : les ARCS (Abeilhan) : pron. luzar. Le Champ des ARS (Vendargues) Pioch aux HARS (Brissac). Campus de ARNO. 1200 (c.c. Agde, pp. 161, 162), 1202 ibid., pp. 160, 161), Ioc. non ident. à Agde. Mallolium de ARNO, 1229 (c.c. Agde , p. 424), loc. non ident. à Pinet ou à Castelnau-deGuers. Les dérivés suivants désignent des « lieux où croît le paliure » :

(II) L'ARNAS (Valmascle). Arn + sutf. - às à valeur collective.

(III) L'ARNÈDE (Fontès ; Montagnac ; Octon). Vignes de l'ARNÈDE (Vailhauquès), l'A. , rau (Argelliers - Murles - Vailhauquès). Le Cros des ANÈDES (Lunel-Viel). Les ARMÈDES (St-Hilaire-de-Beauvoir) : Cros des Anèdes (carte d'IGN). Arn + suffixe collectif -eda ; forme altérée à Lunel-Viel et à St-Hilaire-de-B. sous l'influence de l'occitan aneda « poule d 'eau » etc.

(IV) Etang de l'ARNEL (Villeneuve-lès-Maguelonne - Palavas-les-Flots) : mari de Arnials. 1289 (c. Magal. III, p. 459). Cet étang tire son nom. d'un ancien tènement à Lattes : de Arnerio, vers 1140 (c. Guil. , p. 96) ; terminio de Arverio [lire : Arnerio], 1155 (c. Magal. I, p. 181) ; meum laborivum de Arneir. 1157 (c. Guil., p . 264 : HGL, V, C. 1202) ; terminio de Arnerio ; de Harnerio. 1198 (c. Guil. , pp. 311, 312) ; lieu dit les Arniers, 1436 (AVM , VII, p. 343). Plus récemment, ce nom est passé aux Cabanes de l'Arnel (Palavas-les-Flots) et au lieu dit l'Arnel (Villeneuve-lès-Maguelonne) : tènement de Larnel, 1774 (compoix , ap. FD. IV. 45) ; cf. Champ en Arnel [= « champ de M. Arnel » ?], 1668-9 (BNDM, ap. FD. III. 177) à Vic-la-Gardiole. Il s'agit à peu près certainement d'un dérivé ancien occitan avec sufifx. collectif -ièr « ariumï, devenu Arnel par commutation de suff. Dans ce cas, nous avons vraisemblablement affaire à 1'« arn blanc (lycium europaeum) » et non de l'arn nègre (paliurus spina-christi) caractéristique surtout des garrigues.

(V) L'ARNET (Arboras) : Mansio de Arnet, 1106-1120 (c. Gell., p. 168), 1122 (ibid., p. 136) ; mansi de Arneto, 1107 ibid., p. 165) ; mansum de Amet, 1134 ibid., p. 400). 0 Plateau de l'ARNET (ou d'ARNET) (Lézignan-la-Cèbe - Nizas - Pézenas), Bois de l'A. (Nizas), Rau de l'A. (Lézignan-Ia-C. - Pézenas). L'ARNET (Clermont-l'Hérault). Versus ARNETUM, 1236 (c. Magal. II, p. 513), locution non identifiée aux environs de Saint-Geniès-des-Mourgues. Arn + suffixe -et à valeur collective."

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Botanique :


A. Lavagne, auteur d'un article intitulé "La forêt vierge, mythe ou réalité." (In : Forêt Méditerranéenne, 1988, X (1), pp. 73-74) évoque les forêts armées :


Les coupes réitérées, le passage également fréquent du feu favorisent l'aspect en taillis (les futaies sont rares) avec tous les problèmes inhérents à ce type structural (faible productivité par épuisement des souches). Le pâturage donne des faciès particuliers aux forêts. La sélection du bétail favorise les buissons épineux (non broutés) et l'on a alors la « forêt armée » à strate arbustive épineuse dense (Prunus, Spinosa, Crataegus monogyna, Paliurus australis, Calycotome spinosa ...).

La forêt de Provence et de Haute-Provence garde encore très vive l'empreinte de la pression pastorale qui a duré du Haut Moyen-Age jusqu'au XIXe siècle et les « forêts armées » abondent dans les Basses-Alpes (adret de Lure) et le Haut-Var (les Huchannes, Aups).

Aussi faut-il être réservé (au moins prudent) devant le regain des projets pastoralistes. Mais cet impact humain diffus n'empêche pas la marche de la dynamique évolutive naturelle : les restanques abandonnées s'enherbent, s'embroussaillent et retournent progressivement à la forêt ; l'essence pionnière, le pin d'Alep le plus souvent, après une phase optimale, cède la place à l'essence la mieux adaptée (chêne vert ou chêne pubescent suivant le milieu) et la forêt naturelle se reconstitue ... jusqu'au prochain impact.




Vertus médicinales :


Christian Venot, auteur de "Un vieux remède de la médecine populaire qui n'a jamais sombré dans l'oubli : le Paliurus Australis." (In : Revue d'histoire de la pharmacie, 59ᵉ année, n°211, 1971. pp. 537-541) rappelle les propriétés thérapeutiques de l'Épine du Christ :


"A notre époque où l'arsenal thérapeutique est centré essentiellement sur la synthèse organique, il est intéressant de constater combien certaines plantes appartenant à la médecine populaire voient leurs propriétés curatives se maintenir de génération en génération au cours des siècles.

Le Paliurus australis (Gaertn) fait partie de celles-ci. En effet, connu depuis la plus haute Antiquité, il est toujours employé en Provence, notamment dans le Haut-Var et les Basses-Alpes, comme diurétique, azoturique et hypotenseur.

A cette plante très répandue sur tout le pourtour du bassin méditerranéen, les Provençaux ont donné le nom chantant d'Arnavéou. En d'autres lieux, mais toujours dans le pays de Frédéric Mistral, on l'appelle aussi Argolou.

Dans son Dictionnaire provençal Lou tresor doù Felibrige, Mistral, justement, lui consacre un important alinéa :

« Arnavèu, Arnavès, Arnivès (Var), Arnés, Ernés, Ars (languedocien). Roman : Arnavez, Arn, bas-latin, Ernès, latin Erinaceus, hérisson, chardon S. m. Épine de Christ, Paliure, arbrisseau ; V. bè-de-faucoun, Capelet, porte-capèu ; saule épineux, v. agranas ; argousié, catié ; buisson, hallier, v. bartas, espinas, grincheux, grognon, avare, v. renosi ».

Frédéric Mistral précise que le Paliure est désigné sous le vocable d'Arnavèu nègre, tandis que celui d'Arnavèu blanc est utilisé pour le Lyciet d'Europe, avec les rameaux duquel les premiers communiants se font,ou plutôt se tressaient, des couronnes.

Toujours en Provence, l'expression Enfiella de figo à-n-un brount d'Arnavèu signifie : accrocher des figues à un buisson pour les faire sécher.


Chez un autre poète, F. Gras, nous trouvons :

Un Arnavèu noun pourta raisin (Un Arnavéou ne peut porter de raisins).

Et : Que se guardon autant que la flour d'Arnavèu (qu'il se conserve autant que la fleur d'Arnavéou).

Mais le Paliurus australis n'appartient pas qu'aux Provençaux. Aussi bien retrouve-t-on sa trace dans les vieux ouvrages, qui citent Dioscoride, Pline ou Théophraste.

Ainsi, l'Histoire générale des plantes de Jacques Dalechamp dans la traduction de Jean des Moulins, édition de 1615, nous indique que Dioscoride ne fait mention que d'un Paliure, dont il donne une description originale et aux graines desquelles il attribue la vertu de guérir la toux. Seul point discutable cependant, il le fait croître dans les lieux secs, comme les ronces, mais aussi dans les lieux humides et près des eaux ; or, les aires de dispersion de Paliurus australis sont essentiellement les régions sèches, ensoleillées et de faible altitude.

Théophraste, pour sa part, mentionne plusieurs espèces de Paliure.

Pline en décrit un qui est, non pas le Paliurus australis, mais bien plutôt le Jujubier, le Paliure d'Agathoclès, le Paliure d'Afrique de Théophraste et le Jujubier sauvage ne faisant qu'un.

Quant à ses vertus médicinales, Dioscoride pense que « les feuilles de toutes les Rhamnées appliquées en forme de liniment portent médecine au feu de Saint-Antoine (ainsi qu'on l'appellera plus tard) et autres ulcères qui vont rampant ; les branches mises aux portes et aux fenêtres des maisons en chassent les enchantements; le Paliure provoque l'urine et sa racine pilée, mise sur les enflures et les furoncles, les guérit ».

Selon Pline, « la semence de Paliure prise en breuvage sert à la toux, rompt les pierres de la vessie et est contraire aux morsures des serpents. Les feuilles et la tige ont une vertu astringente : si on boit leur décoction, elle resserre le ventre et fait uriner ».

Voilà qui donnerait à penser que le Paliure était la panacée de cette époque.

Dans leur dictionnaire de matière médicale, Mérat et De Lens indiquent : « Pline parle sous ce nom d'un arbrisseau épineux de la Cyrenaïque, dont on mange le noyau et dont on fait plus de cas, dit-il, que du « Lotus » (I. XIII, chap. 19) - on ignore quel est cet arbre - et ailleurs « d'un autre Paliurus, dont les graines se nomment Zura, qui peut être le Rhamnus Paliurus. En 1 804, Gouan, après avoir rappelé que les auteurs des XVIe et XVIIe siècles ont beaucoup vanté l'efficacité de ses graines pour la pierre des reins et de la vessie, ajoute : « Il y a neuf ans que des médecins de Paris m'en demandèrent ; ils m'ont laissé ignorer quels avaient été leurs succès ».

Garidel, précédemment, avait vanté les mérites de la décoction de fruits de Paliure non pas pour ses propriétés lithotriptiques, mais seulement pour « chasser le sable des reins et de la vessie ».

Villars, médecin de l'hôpital militaire de Grenoble, fait du Paliure une description assez curieuse : « Le porte-chapeau est un arbrisseau aisé à reconnaître par la singularité de son fruit qui ressemble non à un chapeau vide, mais à une tête coiffée d'un chapeau ouvert de tout côté ».


Le médecin lyonnais Brion était, lui, un ardent partisan du Paliure : « Un remède très efficace contre les coliques néphrétiques, mais très peu connu, malgré ce qu'en dit le docteur Buchos dans ses ouvrages, est la décoction du fruit de la Paliure. Je l'ai employée, assure M. Brion, médecin à Lyon, avec le plus grand succès sur plusieurs personnages et surtout chez la dame Rubis, fabricante en étoffes de soie à Lyon, depuis dix ans et j'en ai toujours tiré de grands avantages. Par l'usage de cette décoction, la dame Rubis a rendu beaucoup de calculs après avoir éprouvé auparavant une diminution sensible de ses douleurs, un soulagement marqué de tous ses maux. J'en prescris la décoction de la manière suivante : fruits mûrs de la Paliure, une poignée ; concassez-les ; faites-les bouillir dans un pot d'eau commune jusqu'à réduction de moitié. Durant un mois on en prend une chopine par jour, avec un régime convenable. Si dans la suite on ressent encore quelques douleurs dans les reins, s'il s'y forme de nouveaux calculs, on se remet à l'usage de cette tisane jusqu'à un entier soulagement. Dans le cas de douleur extrême, j'ai souvent ajouté à la décoction de Paliure un petit nouet de semences de Psyllium, ce qui produit un très bon effet, rarement j'ai été obligé d'y ajouter encore le coquelicot, la tête de Pavot et quelquefois l'opium. J'invite tous les médecins mes collègues, de s'assurer de plus en plus par l'expérience, de l'efficacité de ce remède, dont la simplicité égale l'utilité ».

Le botaniste Bonnier donne des emplois de notre arbrisseau un tableau détaillé : « Utilisé comme plante ornementale et pour faire des haies impénétrables. Suivant la tradition, c'est avec des rameaux de Paliure qu'a été faite la couronne du Christ. Les branches servent de combustible ; on fabrique avec les rameaux des cannes très solides. Les oiseaux recherchent leurs graines. Plante astringente, les racines et les feuilles sont anticatarrhales et usitées contre la diarrhée ; les graines sont employées contre les affections des poumons ».

Enfin, plus près de nous, Reutter écrit : « Au droguier, feuilles et fruits non officinaux qui se prescrivent parfois en médecine populaire comme irritant des plaies et comme vesicant ; pris intérieurement, comme astringent intestinal et comme diurétique ».

Tous ces témoignages donnent l'impression d'une simple transmission, à travers les siècles, des vertus plus ou moins certaines de cette plante. En aucun cas, sans doute, il ne pourrait y avoir là matière à établissement d'un dossier clinique pour autorisation de mise sur le marché d'un médicament... Cependant, il faut reconnaître que l'infusion et la décoction de Paliure sont encore très utilisées et très appréciées en médecine populaire.

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A cet aperçu historique il est intéressant de confronter quelques travaux plus récents relatifs à notre Rhamnacée et à son utilisation.

Une « étude chimique et pharmacodynamique des fruits de Paliurus aculeatus » a mis en évidence un hétéroside flavonique, le Paliuroside, identifié plus tard par R. Paris comme étant du rutoside.

J. Giroux et ses collaborateurs ont pratiqué des essais de toxicité d'extraits fluides de fruits et de feuilles stabilisés et non stabilisés.

J. Delphaut et J. Balansard ont étudié l'action pharmacodynamique d'un extrait de Paliure injecté par voie sous-cutanée à des lapins.

Leurs conclusions furent les suivantes : « Le Paliure, sous la forme de l'extrait utilisé, est peu toxique et possède une action inconstante sur le taux de l'urée et des chlorures urinaires ; cependant, il paraît agir dans la majorité des cas en augmentant l'élimination de ces corps. Ce pouvoir ne paraît pas lié à une action cholérétique ou diurétique ».

L'étude chimique de la teinture hydro-alcoolique de Paliurus australis révèle dans celle-ci la présence de dérivés flavoniques (rutoside et quercétol), de quelques sucres comme le glucose, le rhamnose et le fructose, ainsi que de certains acides aminés en forte proportion, comme la proline, l'acide aspartique et l'acide glutamique.

Le fruit, pour sa part, renferme, outre les substances précédemment citées, une huile riche en insaponifiables, ainsi que de l'acide lévulinique.

La teinture alcoolique de Paliurus australis est commercialisée sous la forme d'une spécialité pharmaceutique utilisée per os à la dose de trente gouttes trois fois par jour dans un peu d'eau, comme diurétique azoturique végétal.

Enfin, signalons que des chercheurs américains semblent s'intéresser à la composition chimique de l'huile du Paliurus australis.

Voilà qui nous éloigne définitivement de la légende, mais ouvre peut-être au Paliure un nouvel avenir..."

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Usages traditionnels :


C. Flahault, dans un article intitulé "L’arboretum du Grenouillet, commune de Gorniès (Hérault)." (In : Forêt Méditerranéenne, 1998, XIX (2), pp. 207-210) évoque les haies de paliures :


"Le Maclura aime les terres légères et fertiles. C’est un grand arbre au bois très dur. Il est fortement épineux dans la jeunesse. Il se taille le mieux du monde et forme des haies défensives très solides aussi longtemps qu’on l’empêche de monter. Mais à ce point de vue, il demeure inférieur au Paliure (Paliurus australis), les rameaux de cet arbuste dur, chargés d’épines orientées dans tous les sens, en font le végétal le plus propre à former un barrage vivant impénétrable."



Symbolisme :


Monique de Fontanès, autrice de "I vattienti, ou un rite de sang pendant la Semaine sainte en Calabre." (In : L'autre et l'ailleurs. Hommages à Roger Bastide. Nice : Institut d'études et de recherches interethniques et interculturelles, 1976. pp. 273-283. (Publications de l'Institut d'études et de recherches interethniques et interculturelles, 7)) mentionne l'utilisation de l'Épine du Christ dans ce rituel :


"[...] La préparation à la flagellation mérite d'être décrite en détail. Depuis l'aube, le flagellant se prépare chez lui, entouré de la sollicitude familiale, aidé de son épouse, qui a fait chauffer une grande bassine d'infusion de romarin, tenue très chaude. Le pantalon relevé jusqu'aux cuisses ou vêtu d'un simple slip de bain, le flagellant complète son accoutrement d'un maillot de corps léger et de couleur sombre. Sur sa tête il ajuste une couronne de branches d'asperge sauvage, sparagona (asparagus acutifolius), semblable à celle des porteurs de la Pietà, mais plus volumineuse et posée sur un rectangle de coton noir, appelé mannile. En même temps, on habille un jeune garçon, en lui enroulant autour de la taille une pièce de coton rouge, faite avec la partie du vêtement traditionnel des femmes qui leur sert de première jupe (le panno rosso). Sur la tête de l'enfant on pose aussi une couronne d'épines, mais cette fois d'une autre espèce. Il s'agit de branches couvertes de feuilles à peine naissantes fortement épineuses, appelées à Nocera, spina sancta, qui n'est autre que le paliure (Paliurus spina christi) que l'on dit avoir servi réellement à faire la dérisoire couronne d'épines de Jésus. Comme les épines du paliure sont longues et piquantes, on retaille soigneusement les pointes tournées vers l'intérieur et qui pourraient blesser la tête de l'enfant. Celui-ci, malgré le froid assez vif et souvent la pluie, garde torse et pieds nus. Il porte, appuyée sur l'épaule, une grande croix de bois recouverte de tissu rouge et dont la traverse est oblique. Cet enfant est censé représenter le Christ, lorsque Ponce Pilate le désigna au peuple juif en disant : « Voici l'homme. Ecce homo. » Et de fait le garçon est dit être l'ecce homo del vattiente. A ce titre, il suit partout le flagellant, auquel il est rattaché par une cordelette de deux à trois mètres de long, nouée autour des reins de chacun d'eux. Le groupe se complète d'un troisième personnage, sans caractéristique notable, un simple aide, généralement un jeune homme chargé de porter la cruche pleine de vin avec lequel il aspergera, après chaque fustigation et tout au long du parcours, les blessures du pénitent."

Lucien Baillaud, dans un article intitulé "Langue parlée, langue écrite : la botanique". (In : Le Journal de botanique, n°32, 2005. pp. 43-72) nous rappelle que :


"Dans le vocabulaire botanique (vernaculaire ou scientifique), le sacré est pratiquement toujours utilisé selon un sens de déférence et jamais blasphématoire. L’angélique est "l’herbe des anges" , la cuscute, les "cheveux de la Vierge", l’Arum, le "manteau de la Sainte-Vierge", le lotier corniculé porte les "souliers du Bon Dieu". Le Paliurus spina-christi (Rhamnaceae) est la plante avec laquelle, suivant la tradition, on aurait fait la couronne d’épines du Christ ("Christian Crown of thorns", "Jerusalem thorn")."

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