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  • Anne

La Trompette de la mort



Etymologie :


Du latin cratera, vase, coupe et cornucopiodes, en forme de corne d'abondance.


Autres noms : Craterellus cornucopioides (L.) ; Calice de la mort (le lien avec la mort viendrait de la période où on la trouve, à savoir proche de la fête des morts (Toussaint ou Samonios ?), et n'a aucun rapport avec la toxicité puisqu'elle est tout à fait comestible) ; Champignon noir ; Chanterelle noire ; Corne d'abondance ; Craterelle ; Craterelle en forme de corne d'abondance ; Trompe d'amour ; Trompe-la-mort ; Trompette d'amour ; Trompette-de-la-mort ; Trompette des Maures ; Trompette des morts ; Truffe du pauvre.

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Mycologie :


Lyra Ceoltoir décrit la Trompette de la Mort, dans son Grimoire de Magie forestière (Alliance magique Éditions, 2021), comme suit :


Voilà un champignon bien étrange, d'une sinistre couleur, dont le nom éveille tout de suite les soupçons. Pourtant, contrairement aux apparences, la trompette-de-la-mort n'est absolument pas toxique, c'est même l'un des champignons comestibles les plus délectables qui soient !

Son nom est dû à sa forme, qui esquisse un tube rappelant effectivement une trompette d'un gris-brun tirant sur le noir, ou une corne, d'où son nom vernaculaire de « corne d'abondance », bien plus en accord avec sa nature délicieuse. C'est ce coloris, et son habitude à pousser aux alentours du jour des Morts et de la Toussaint, début novembre, qui l'associe au trépas. Dans l'imagerie populaire, elle est ainsi le cr dans lequel les esprits des morts soufflent, produisant une musique que seuls peuvent entendre les défunts.. et ceux qui les rejoindront bientôt.

Vie de champignon : C'est un petit champignon, qui dépasse rarement une dizaine de centimètres de haut, à la peau fine et sèche, totalement creux, de la forme d'un entonnoir (ou de l'embouchure d'une trompette ou d'un cor), à la marge irrégulière et souvent froissée. La peau de son chapeau est squameuse, couverte d'écailles brun-noir, parfois fauves. Ces variations de couleurs sont dues à des différences d'hygrométrie. Le champignon est monochrome et dégage une odeur douce, fine, délicieusement boisée.

Très commune dans les forêts de l'hémisphère nord, la trompette aime la compagnie de ses congénères et pousse en vastes colonies sous les feuillus (hêtres, chênes, charmes, noisetiers, châtaigniers...), plus rarement sous les conifères. Quoi qu'il en soit, il lui faut un sol lourd et très humide pour s'installer et prospérer, ainsi qu'une atmosphère sombre, car elle craint la lumière. Emblématique de l'automne, la pousse de la trompette s'étale généralement d'août à novembre, selon les régions, mais peut aller jusqu'en décembre, si les conditions sont réunies. On voit généralement ce champignon apparaître très rapidement après une forte pluie, même si ses faibles dimensions et sa couleur terne le rendent souvent difficile à distinguer.

Mieux vaut avoir le nez au sol ! Quand on en trouve une, on peut être sûr que toute sa famille est là également. Il suffit alors de se baisser, de regarder la couche de feuilles mortes au ras du sol, de les soulever de temps à autre pour révéler les plus timides, et c'est un festin de roi qui s'offre au cueilleur chanceux.

La trompette a tout pour elle : très peu calorique elle est riche en fibres, en protéines, et présente des teneurs intéressantes en minéraux (fer, potassium, phosphore) ainsi qu'en vitamines (des groupes B, D, E et K). En revanche, elle est fragile. Il faut donc la consommer dans les vingt-quatre heures qui suivent la récolte, en évitant évidement de la laver à grande eau (doit-on rappeler qu'il vaut mieux brosser les champignons ?). Heureusement, elle sèche très facilement, étant donné sa faible teneur en eau, et peut ainsi se conserver un an dans un bocal hermétique.

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Croyances populaires :


Dans le numéro du 10 novembre 1938 de La Bourgogne républicaine, l'article "Méfiez-vous des champignons vénéneux" mentionne une croyance ancrée dans les esprits que la trompette des morts bat en brèche :


[...] D'autre part, je ne peux souscrire à cette affirmation "à chaque champignon comestible correspond une espèce plus ou moins vénéneuse qui lui correspond", etc. Il me suffira, à l'encontre de cette opinion, de citer parmi nombre d'autres le champignon comestible en forme de trompette, brun sombre ou presque noir, désigné communément sous le nom de "Trompette des morts" ; il n'existe cependant, dans notre pays, aucune espèce qui lui ressemble, même de loin.

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Symbolisme :


Si l'on extrapole (trop ?) à partir de son nom vernaculaire (lié lui-même à sa forme et à sa couleur, sa "signature"), ce champignon pourrait être un champignon psychopompe, sa forme conique évoquant autant les trompettes du jugement dernier qu'un passage souterrain des âmes vers l'Autre-Monde...


(Anne, janvier 2017)

 

Dans son Grimoire de Magie forestière (Alliance magique Éditions, 2021) Lyra Ceoltoir rend compte de son expérience magique avec les champignons :


Le Message de l'Autre-Monde : « Je suis la voix des morts. Peut-être m'entends-tu, mais il est fréquent que tu ne me voies pas. il te faudra ouvrir l'œil. Non, pas celui-ci. Pas celui-là non plus. Pas l'un des yeux dont tu te sers pour lire, pour diriger tes pas ou choisir ta nourriture. L'autre. Le troisième. Celui qui donne sur ton inconscient et te permet de discerner l'invisible L'œil de ton âme. Il peut tout voir, tu sais. Bien sûr, il faut t'autoriser à regarder par son biais, à fermer les deux autres et à laisser les images se former. C'est difficile, n'est-ce pas ? Mais n'aie pas peur, je vais t'aider. tu n'as rie à craindre de moi. Je sui un allié fidèle, un champignon d'honneur. Laisse-moi entrer dans ta magie. Je nourrirai ton âme aussi sûrement que ton corps ! »


Dans le Chaudron : La trompette est aussi bonne dans le chaudron des tambouilles forestières que dans l'assiette du promeneur gourmand. Sa forme, sa couleur et sa saison l'associent profondément à la mort et aux autres mondes (en particulier les inframondes, ou « mondes du dessous », que sont les enfers, les mondes des morts, les plans où résident les esprits, etc.), sans doute plus que n'importe quel autre membre de cette éminente famille.

Rien d'étonnant donc que la trompette entre dans la composition des rituels de spiritisme et de communication avec les défunts et les esprits. Bonus, sa grande douceur permet d'éviter les effets souvent violent des autres champignons qui partagent ses attributions (oui, amanite phalloïde, c'est bien de toi que nous parlons). Si l'on débute en spiritisme ou que l'on nourrit quelques craintes à l'égard de cette pratique, la trompette se révèle vite un allié de choix. Même pour les pratiques les plus avancées, d'ailleurs. J'ai beau pratiquer le spiritisme depuis plus de dix-neuf ans, la trompette reste mon champignon favori pour tout ce qui touche à cette sphère.

Bien entendu, la trompette fait une merveilleuse offrande pour honorer les défunts et les esprits. Lors du Souper Silencieux de Samhain, par exemple, où l'on laisse une assiette de nourriture à destination des morts en visite une fois la nuit tombée, une belle portion de trompettes-de-la-mort cuisinées avec amour et révérence fera toujours son petit effet. On peut aussi en répandre sur les tombes dans le même esprit, par exemple pour remercier un esprit de son aide ou célébrer sa mémoire (anniversaire, événement marquant...).

Comme elle est à la fois dans le monde du dessus et dans celui du dessous, la trompette-de-la-mort est également une très bonne alliée pour les pratiques d'hedgewitchery (1), de magie liminale, des seuils (2), psychopompes, pour les voyages extracorporels, l'exploration de la psyché intime et même des vies antérieures. On la lie volontiers aux déités de la mort et de la nuit capables de passer entre les mondes telles que Hel, Odinn (scandinaves), Annwn (celte), l'Ankou (bretonne), Hécate, Thanatos, Hadès ou encore Nyx (grecques), Nout, Anubis et Osiris (égyptiennes), pour n'en citer que quelques-unes.

Travailler sur (et avec) la mort n'est jamais chose facile, mais la trompette peut adoucir la chose en permettant d'accéder à la perception de ces univers, d'entrouvrir la communication avec eux, mais sans contraindre les esprits (qui sont simplement appelés, pas invoqués) ni faire tomber le praticien de l'autre côté, ce qui peut s'avérer dommageable quand les précautions d'usage n'ont pas été prises.

Son caractère vibrant et sa connexion avec les autres mondes en font également un champignon passe-partout dans le domaine magique. Le mieux est ainsi de le consommer avant n'importe quelle opération de sorcellerie ou de magie, histoire de préparer son corps de l'intérieur. Il s'agit là d'un pratique que l'on néglige fréquemment au profit du seul extérieur. On recommande ainsi la plupart du temps de prendre un bain purificateur avec un rituel, mais rarement d'imprégner le corps de l'intérieur. Un oubli regrettable, car c'est se priver d'une préparation souvent très profitable, en plus d'un repas bien sympathique.

N'hésitez pas à faire sécher une quantité appréciable de trompettes : réduites en poudre, elles sont parfaites pour tracer des cercles et des sigils destinés aux séances de spiritisme et de nécromancie, et peuvent apporter un atout non négligeable, à toutes les préparations emblématiques de ces pratiques, comme la célèbre Terre de Cimetière, la Poudre d'Esprit ou le Sel Noir.


Sortilèges : Poudre d'Esprit

La Poudre d'Esprit est un mélange de protections employé come substitut au sel (terrible stérilisateur) pour se prémunir des entités néfastes, en particulier lors des travaux de spiritisme ou de nécromancie. Elle a l'avantage de ne pas repousser celles avec lesquelles on souhaite communiquer, car son action est bien plus ciblée que celle du sel.

Pour en confectionner, récoltez :

  • 9 parts de Terre de Cimetière, provenant de la tombe d'une personne chère et bienveillante ;

  • 3 parts de trompette-de-la-mort réduites en poudre ;

  • 1 part d'absinthe (Artemisia absinthium) en poudre ;

  • 1 part de dictame de Crète (Origanum dictamnus) en poudre ;

  • 1 part de persil (Petroselinum crispum) en poudre ;

  • 1 part de sauge (Salvia officinalis) en poudre ;

  • 1 à 3 gouttes de votre sang (ou, à défaut, de votre salive).

Mélangez les ingrédients en les ajoutant un à un dans un mortier, avec un pilon, en tournant widdershins et en terminant par le sang. Consacrez le mélange en disant :


« Par les substances ainsi mêlées,

Mortier, pilon, pilon, mortier,

C'est la protection que je crée.

Trompette, Absinthe, Dictame de Crète,

Persil, Sauge et essence secrète,

Gardez-moi des pieds à la tête ! »


Utilisez la Poudre d'Esprit pour délimiter un cercle de protection de manière à vous prémunir des entités et esprits malfaisants dans le cadre de vos opérations de spiritisme ou de nécromancie ou afin de purifier vos outils.


Recette pour Souper Silencieux : Faites revenir une portion de trompettes fraîches ou réhydratés dans une poêle avec une noix de beurre salé ou un filet d'huile d'olive. Souvenez-vous que les champignons réduisent énormément à la cuisson, prévoyez donc au moins le double du volume que vous souhaitez obtenir. Quand ceux-ci ont réduit et sont bien croquants (il faudra environ trois à cinq minutes à feu vif), baisseez le feu et ajoutez une à deux cuillerée(s) à soupe de crème fraîche épaisse. cette dernière est un offrande traditionnelle pour les esprits, du petit peuple jusqu'au défunts (3). Complétez par une à deux cuillerées à café de persil (Petroselinum crispum) finement haché, car celui-ci est lié à la mort et aux autres mondes. (4) Salez, poivrez et affirmez votre intention d'offrir ce plat aux esprits que vous voulez accueillir. laissez mijoter à feu doux une à deux minutes.

Si le(s) défunt(s) à qui vous destinez cette offrande est/sont de votre famille biologique, vous pouvez, en respectant scrupuleusement les précautions sanitaires et hygiéniques de rigueur, ajouter une goutte de votre sang hors feu.

Servez dans une belle assiette le soir à Samhain, disposée sur la table du repas au même titre que celles des vivants. Signifiez clairement aux défunts, à voix haute, que cette assiette leur est réservée, avant de vous mettre à table. Mangez en silence, sans échanger un seul mot avec vos convives, en signe de respect et de bienvenue.

Après le repas, laissez l'assiette sur la table toute la nuit (à l'abri de la curiosité des animaux de compagnie ou des gourmands nocturnes). Le matin, jetez ou compostez le contenu. La matière sera certes intacte, mais l'essence de la nourriture aura été consommée, la rendant impropre à l'ingestion.


Notes : 1) Ou "sorcellerie des haies", un ensemble de pratiques héritées des traditions de sorcellerie des campagnes et de voyages entre les mondes.

2) Formes de magie qui permettent de voyager entre les mondes et de les entrevoir pour établir des communications avec les entités et accroître ses connaissances.

3) Brian Froud, Alan Lee et Pierre Allen, Les Fées, éditions Albin Michel, Paris, 1994 pour n'en citer qu'un seul.

4) Notamment Scott Cunningham, Encyclopédie des plantes magiques, éditions Ada, Varennes, 2009, 374 p.

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Antoinette Charbonnel et Lyra Ceoltoir, autrices de L'Oracle de la Magie forestière (Éditions Arcana sacra, 2021) nous en apprennent davantage sur la dimension magique de la Trompette de la Mort (Cratellus cornucopiodes) :


Mots-clés : Sorcellerie - Spiritualité - Magie - Augure - Intuition - Présage - Infra-mondes - Signes des autres mondes - Communication avec les esprits et les défunts - Spiritisme - Nécromancie - Espaces liminaires.


Promenons-nous dans les bois : Malgré son nom, la Trompette de la mort n'est pas toxique, c'est l'un des comestibles les plus délectables qui soient. Sa sombre appellation vient de son apparence : gris-brun foncé à noir, ce petit champignon en forme d'entonnoir est creux, rappelant une trompette..

En magie, elle est liée aux autres mondes (en particulier les infra-mondes, ou mondes du dessous), et entre ainsi dans les rituels de spiritisme, de communication avec les esprits, les ancêtres, les défunts, sans avoir la violence de certains de ses cousins. On l'emploie pour rendre hommage aux morts ou comme offrande aux esprits. c'est une puissante alliée dans les pratiques d'hedegewitchery, de Magie liminale, psychopompe et en voyages extra-corporels. Elle est liée aux déités de la Mort et de la Nuit (la scandinave Hel, la grecque Hécate, le breton Ankou...). Elle permet de les honorer et de toucher du doigt le voile entre les dimensions sans sombrer de l'autre côté. Consommée avant un travail magique, elle prépare le corps de l'intérieur. Séchée et réduite en poudre, on peut l'utiliser pour tracer des cercles et des symboles spirites, et l'incorporer aux préparations de spiritisme et de nécromancie.


L'Oracle du champignon : La Trompette de la mort est encourageante : elle indique que des forces sont à l'œuvre et qu'elles travaillent dans le même sens que vous. Il est temps de faire taire votre conscient, de cesser de tout analyser rationnellement et de suivre votre flair : il y a des choses que vous ne devez pas chercher à comprendre ni à expliquer, et qui gagnent à être laissées la bride sur le cou.

Écoutez votre inconscient. Peut-être vous conseille-t-il de faire le contraire que ce que votre conscient vous dicte. Peut-être vous pousse-t-il sur une voie que vous n'auriez pas osé envisager. C'est effrayant, mais faites-lui confiance. Il possède des réponses que vous n'avez pas encore, mais tout s'éclaircira en temps voulu.

La Trompette souffle un vent magique sur tous les aspects de votre vie, même les plus anodins. Elle vous rappelle que la magie est partout et qu'il ne tient qu'à vous d'influer sur le cours de votre vie. Soyez particulièrement attentif aux limites entre les choses, aux frontières, aux aspects les plus liminaux de votre quotidien : c'est là que se dissimulent les réponses et les solutions.

Notez vos rêves, vos idées surgies de nulle part, pratiquez l'écriture automatique, regardez les formes esquissées par les nuages, les fissures sur le trottoir. La réponse est là, vous la connaissez déjà.

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Contes et légendes :


Selon l'article de Wikipédia qui lui est consacré :


On l'appelle trompette de la mort pour sa couleur noire et son abondance aux environs de la Toussaint. [En effet], une légende les associe aux morts qui sortent de terre pour emboucher ces trompettes et exécuter un concert [qui n'est] audible que par eux seuls.

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Littérature :


Voici ce qu'on pouvait lire dans le numéro du 25 août 1928 de L'Homme libre : journal quotidien du matin / (rédacteur en chef, Georges Clemenceau ; directeur, Fr. Albert.) sous la signature de L. L. M. :


... ECHOS...

Chanterelles


— Tu as donc manqué ton train ?

Ma foi, non, je n'ai pas manqué mon train, mais dès la descente du wagon, dans la gare silencieuse, située en pleine forêt, de vagues effluves me parvinrent. La forêt, à la suite des ondées de ces jours derniers, commence à sentir le champignon, et, arrivé au carrefour de la place Royale, ma foi, j'ai pris le chemin des écoliers et obliqué à gauche, vers Beauvallon, pour gagner une combe que je connais bien et y chercher, sous l'ombre, encore touffue des chênes et des châtaigniers des « trompettes des morts ».

—Qu'est-ce à dire ? Quoi ! Vous ne connaissez pas ?

Figurez-vous des girolles, ces champignons d'un jaune bouton d'or, mais alors que la girolle semble avoir accumulés quelques flèches de lumière qui ont pu percer les frondaisons et vous restituer du soleil, la trompette des morts est fille de la nuit, et c'est un champignon d'un violet noir, livide, qui fait reculer d'effroi les chercheurs les plus avertis. C'est cependant une merveille gastronomique, moins classée que la morille qui dépasse en finesse toutes les espèces, mais la trompette des morts, que l'on dénomme également la truffe du pauvre, est, à mon avis, à classer parmi les cryptogames les plus savoureux.

Je me demande, d'ailleurs, quel poète, ou quel bûcheron, eut l'idée de lui donner son nom. Lors de la pousse, en effet, ce champignon a la forme d'un petit cornet et ressemble assez au pavillon d'une trompette, d'autre part, c'est sa couleur d'un noir violet qui a dû lui valoir son nom peu engageant.

— Tiens « Zette », veux-tu me cuire ces quelques chanterelles, un brin de beurre, dans deux minutes ce sera prêt à servir.

— Non, je ne les ferai pas cuire, et je te défends de te servir de mes plats !

Bien. Je passe outre, et comme je ne déteste pas faire un brin de cuisine, je prépare mon plat de champignons. C'est, d'ailleurs, chaque année, la même chose, et je connais la même réception, que ce soit des bolets, des goumelles ou des chanterelles noires.

Le dîner s'achève. Zette me jette des regards inquiets ou furibonds.

Tout de même, comme je ne me décide pas à mourir, Zette me dit :

— Alors, c'était bon tes horreurs ?

— Je crois bien. Mais il y en a encore bien peu. Pourtant, d'ici quelques jours, tu verras la récolte !

— Ça ne fait rien, tu n'es guère gentil, tu ne m'en as même pas offert.— L.L.M.

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