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  • Anne

La Trompette de la mort



Etymologie :


Du latin cratera, vase, coupe et cornucopiodes, en forme de corne d'abondance.


Autres noms : Craterellus cornucopioides (L.) ; Calice de la mort (le lien avec la mort viendrait de la période où on la trouve, à savoir proche de la fête des morts (Toussaint ou Samonios ?), et n'a aucun rapport avec la toxicité puisqu'elle est tout à fait comestible) ; Champignon noir ; Chanterelle noire ; Corne d'abondance ; Craterelle ; Trompe d'amour ; Trompe-la-mort ; Trompette d'amour ; Trompette-de-la-mort ; Trompette des Maures ; Trompette des morts ; Truffe du pauvre.

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Mycologie :

Lire la fiche du site http://www.mycodb.fr/ afin de connaître l'essentiel des caractéristiques de ce champignon.










Croyances populaires :


Dans le numéro du 10 novembre 1938 de La Bourgogne républicaine, l'article "Méfiez-vous des champignons vénéneux" mentionne une croyance ancrée dans les esprits que la trompette des morts bat en brèche :


[...] D'autre part, je ne peux souscrire à cette affirmation "à chaque champignon comestible correspond une espèce plus ou moins vénéneuse qui lui correspond", etc. Il me suffira, à l'encontre de cette opinion, de citer parmi nombre d'autres le champignon comestible en forme de trompette, brun sombre ou presque noir, désigné communément sous le nom de "Trompette des morts" ; il n'existe cependant, dans notre pays, aucune espèce qui lui ressemble, même de loin.

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Contes et légendes :


Selon l'article de Wikipédia qui lui est consacré :


On l'appelle trompette de la mort pour sa couleur noire et son abondance aux environs de la Toussaint. [En effet], une légende les associe aux morts qui sortent de terre pour emboucher ces trompettes et exécuter un concert [qui n'est] audible que par eux seuls.

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Littérature :


Voici ce qu'on pouvait lire dans le numéro du 25 août 1928 de L'Homme libre : journal quotidien du matin / (rédacteur en chef, Georges Clemenceau ; directeur, Fr. Albert.) sous la signature de L. L. M. :


... ECHOS...

Chanterelles


— Tu as donc manqué ton train ?

Ma foi, non, je n'ai pas manqué mon train, mais dès la descente du wagon, dans la gare silencieuse, située en pleine forêt, de vagues effluves me parvinrent. La forêt, à la suite des ondées de ces jours derniers ,commence à sentir le champignon, et, arrivé au carrefour de la place Royale, ma foi, j'ai pris le chemin des écoliers et obliqué à gauche, vers Beauvallon, pour gagner une combe que je connais bien et y chercher, sous l'ombre, encore touffue des chênes et des châtaigniers des « trompettes des morts ».

—Qu'est-ce à dire? Quoi ! Vous ne connaissez pas?

Figurez-vous des girolles ,ces champignons d'un jaune bouton d'or, mais alors que la girolle semble avoir accumulés quelques flèches de lumière qui ont pu percer les frondaisons et vous restituer du soleil, la trompette des morts est fille de la nuit, et c'est un champignon d'un violet noir, livide, qui fait reculer d'effroi les chercheurs les plus avertis. C'est cependant une merveille gastronomique, moins classée que la morille qui dépasse en finesse toutes les espèces, mais la trompette des morts, que l'on dénomme également la truffe du pauvre, est, à mon avis, à classer parmi les cryptogames les plus savoureux.

Je me demande, d'ailleurs, quel poète, ou quel bûcheron, eut l'idée de lui donner son nom. Lors de la pousse, en effet, ce champignon a la forme d'un petit cornet et ressemble assez au pavillon d'une trom- pette, d'autre part, c'est sa couleur d'un noir violet qui a dû lui valoir son nom peu engageant.

— Tiens « Zette », veux-tu me cuire ces quelques chanterelles, un brin de beurre, dans deux minutes ce sera prêt à servir.

— Non, je ne les ferai pas cuire, et je te défends de te servir de mes plats !

Bien. Je passe outre, et comme je ne déteste pas faire un brin de cuisine, je prépare mon plat de champignons. C'est, d'ailleurs, chaque année, la même chose, et je connais la même réception, que ce soit des bolets, des goumelles ou des chanterelles noires.

Le dîner s'achève. Zette me jette des regards inquiets ou furibonds.

Tout de même, comme je ne me décide pas à mourir, Zette me dit :

— Alors, c'était bon tes horreurs ?

— Je crois bien. Mais il y en a encore bien peu. Pourtant, d'ici quelques jours, tu verras la récolte !

— Ça ne fait rien, tu n'es guère gentil, tu ne m'en as même pas offert.— L.L.M.

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