Samonios
- Anne
- 4 nov. 2016
- 48 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 6 jours
Une approche très rationnelle et bien documentée de Samhain (vous verrez comment le prononcer dans la vidéo) mais qui se contente d'une approche historique désenchantée... fondée uniquement sur les écrits en faisant fi de la transmission orale :
Samonios, la fête du 1er novembre :
Lire l'article de Gaël Hilly, intitulé "Samain, Halloween et la Toussaint" (Klask, 2011, 10, pp. 83-94) :
Guy Le Nair, propose un vademecum qui fait le point sur les différents significations des fêtes celtes intitulé Les Fêtes celtes au XXIe siècle :
Samain (Br. Heven)
(Br.) Noz Kala-goañv (nuit du début de l’hiver) – Samonios
Panthéon celtique : Le Dagda – Sukellos – Bélénos – Lug – Morgane.
Dans le panthéon des Celtes d’Irlande, le Mac Oc, Lug et Bélénos sont des noms différents pour désigner le soleil sous ses divers aspects. Lug le représente dans son aspect lumineux et Bélénos en représente la chaleur nécessaire à la maturation. Le Mac Oc est le jeune soleil renaissant à la fin de la période la plus sombre et la plus froide de l’année. Le Dagda est le maître du jour et de la saison claire. Dieu bon, père des vivants et maître des morts, le Dagda exprime l’aspect paternel du chef dans la société patriarcale. L’avènement de Lug relègue le Dagda à la mémoire des temps révolus. En Gaule l’équivalent du Dagda est Sukellos. Morgane (Morigena = Née de la mer) est l’un des noms de l’unique déesse des Celtes, Déesse-mère d’où procède toute vie.
Samain marque la fin de l’été. L’étymologie indique que le préfixe (sam) signifie été.
La période de Samain, autour du 1er novembre, marquait le « passage » de l’année, moment d’un grand bouleversement cosmique, la mort de la vieille année, le renouvellement des royaumes et des lignées avec le retour des esprits du clan.
En Bretagne, Kala-goañv désigne les calendes de l’hiver, qui correspondent aux premiers jours de l’ancienne année celtique.
Le jour des Celtes commençait par la nuit et l’année celtique commençait par les mois les plus sombres, (Br.) ar miziou du, les mois noirs. Samain marque le commencement de la traversée de la ténèbre hivernale, vers son épisode le plus sombre, le solstice d’hiver, avec les mois de novembre (Mizdu – mois noir) et décembre (Miz Kerzu – mois très noir).
Les Samonies, période qui commençait au début du mois de novembre et se prolongeait jusqu’au solstice d’hiver, marquaient la rénovation du temps et le renouvellement de la royauté dans l’eschatologie celtique. Au solstice d’hiver, la régénération du temps est symbolisée par la coupe du gui, image de la castration du vieux roi de l’année écoulée, par son jeune successeur.
C’est durant la période de Samain, point culminant des batailles mythologiques, que meurent les dieux et héros, symboles de la tradition des Celtes d’Irlande. Lug a tué le dieu Balor, son grand-père, à Samain pendant la deuxième bataille de Mag Tured.
Balor, roi Fomoré et Dieu de la mort qui représente la puissance des ténèbres, vaincu par Lug le lumineux, atteste de la primauté de la lumière qu’apporte la connaissance pour chasser les ténèbres de l’obscurantisme dans les textes de la tradition d’Irlande.
C’est également à Samain que Cuchulain meurt, victime d’une traîtrise.
En Gaule, le commencement de l’année celtique, initiée par « les trois nuits de Samonios » (1), donnait lieu à festins et libations. L’expression « trois jours et trois nuits » est une formule de la tradition d’Irlande qui marque la suspension du temps et désigne l’éternité. D’une manière générale, la notion de triplicité est indissociable des fondements du monde celte. Ce temps de Samain n’appartenait ni à l’année qui se terminait, ni à celle qui commençait. Cette distorsion du temps celtique dans le calendrier gaulois : Trinox Samo Sindiv (les trois nuits de Samonios aujourd’hui). Pendant cette période, une porte de communication entre le monde des vivants et le monde des dieux et des héros morts était symboliquement ouverte. L’ouverture des portes entre le monde des dieux et celui des humains suspendait le temps. Dans les textes épiques de la tradition d’Irlande, c’est dans ce temps suspendu que se passent tous les grands événements mythologiques dont certains étaient liés au renouvellement de la royauté. Alors commençait la traversée de la ténèbre hivernale assimilée à une étendue d’eau.
Samain marquait l’accouplement rituel du Dagda et de Morrigan, mais aussi celui du nouveau roi avec la déesse de la souveraineté sous les traits de la vieille femme. Cet accouplement était nécessaire pour assurer la prospérité de l’année à venir, par la gestation du nouveau soleil qui accompagnait la germination des cultures et la préparation des fruits de l’été.
En Europe la fête remonterait à l’âge du Fer. La Déesse mère se marie avec le dieu des enfers, Cernunnos dieu des morts et des richesses souterraines représenté moitié homme, moitié cerf.
La Déesse Mère, sous les traits d’une vieille femme, en Bretagne la gwrac’h ou Wrac’h, est à nouveau fêtée aux prémices du printemps, dans la nuit d’Imbolc (Noz ar Wrac’h, dans l’ancien calendrier breton), avant de prendre l’apparence de la jeune Brigitt à l’aurore.
Dans le calendrier lunaire de l’année sacrée des Brahmanes, c’est au début du mois d’octobre que les Hindous fêtent la déesse Durga, la déesse mère source de vie et de toute chose. En Inde, comme pour les Celtes, l’année des humains comporte deux saisons de six mois chacune et commence par la période sombre. Kârttika Sudi est le jour du nouvel an dans la tradition védique. Ce jour se situe dans une période comprenant la dernière semaine d’octobre et la première semaine de novembre. La date de la célébration est déterminée en fonction de la lune. A cette occasion, Annakûta (un Mont de nourriture) est offert à Vishnu, le protecteur des humains.
Cette pratique brahmanique rappelle l’abondance de nourriture symbolisée par le chaudron du Dagda en Irlande.
La religion des Celtes n’était pas centrée sur le culte des morts. Seule la gloire acquise dans le parcours de vie héroïque conférait l’immortalité. Dans la mémoire collective entretenue par les bardes, les héros accédaient à la renommée et aux îles merveilleuses. Dans le cycle arthurien, la « dormition » du roi Arthur sur l’île d’Avalon se situe dans la même tradition.
Les fêtes celtiques sont des moments de partage, mais la célébration de Samain, plus que toutes les autres fêtes, associait le monde des vivants au souvenir des défunts. C’est la période de l’année la plus propice à l’exploration de soi-même, à la spiritualité.
En Bretagne, les aïeux défunts regroupés dans la communauté des âmes/souffle l’anaon, se rappellent aux vivants qui les accueillent pour un moment privilégié d’échange dans l’intimité de leurs souvenirs.
Le festin faisait partie du rituel de Samain. Le plat principal pour les agapes était le porc, mets privilégié pour le partage avec ceux de l’Autre Monde. Le sanglier, symbole de connaissance et de force guerrière était également un symbole sacerdotal. La consommation de viande de porc et de vin était réputée donner accès à l’éternité, tout au moins pour l’impression donnée par le fugace moment d’une ivresse sacrée.
Pommes, choux, andouille, lait caillé, bière et hydromel étaient également privilégiés. Symboliquement, durant la période de Samain, entre le début de novembre et le solstice d’hiver, le chaudron du Dagda, chaudron d’abondance et de résurrection, fournit une nourriture inépuisable.
La fête est placée sous le signe du pommier, l’arbre de la connaissance. Dans la tradition celtique, les pommiers de l’île d’Avalon, symbole de l’Autre Monde, donnaient des pommes éternelles qui avaient un goût de miel. En gaulois, le pommier se disait abellis qui signifiait également abeille. L’image de l’arbre de la connaissance associé au rôle pollinisateur de l’abeille symbolise l’enseignement du druide philosophe dans la société gauloise.
A Plougastel-Daoulas, dans le Finistère, se perpétue une très ancienne coutume bretonne autour d’un arbuste dont on a coupé et appointé les branches pour y planter des pommes. L’« Arbre aux pommes » symbolisait la communion entre le monde des vivants et l’anaon, la communauté des âmes dans laquelle continue de vivre l’esprit des défunts. Pratiqué l’après-midi du jour de la Toussaint, ce rite du souvenir comportait également le partage d’un pain spécialement pétri pour l’occasion, bara an anaon, (le pain des âmes).
La pomme est, dans la tradition celtique, le fruit d’immortalité, de sagesse, de science, de magie et de révélation. Le pommier est l’arbre de Bélénos, symbole de l’Autre Monde hyperboréen.
Le texte traditionnel irlandais « La Navigation de Bran » fait allusion à un rameau d’argent, une branche de pommier recouverte de lichen. Une messagère de l’Autre Monde attire Bran pour l’accompagner sur l’île merveilleuse. Elle lui chante cinquante quatrains qui commencent ainsi…
« Voici une branche du pommier d’Emain
Que je t’apporte, pareille aux autres
Des rameaux d’argent sont sur elle
Des sourcils de cristal avec des fleurs »
L’aventure de Bran et de ses compagnons illustre la distorsion du temps chez les Celtes selon que l’on se trouve dans le monde des humains ou dans le Sidh, le monde des dieux.
Le noisetier, le gui et le sureau sont également en rapport avec la fête de Samain. Le sureau est l’arbre sacré de la déesse sous son apparence de vieille femme. Le noisetier, autre symbole de l’Autre Monde, est l’arbre de Lug-Abelio.
Le cerf, roi de l’automne et animal psychopompe, symbolise le lien spirituel avec l’Autre Monde. Il est le conducteur des âmes des ancêtres disparus et du retour aux sources. L’animal est associé à l’ouest (Br. Kornog), la direction du coucher du soleil. Dans une tombe de la nécropole du Mont Gravet à Villeneuve-Renneville (Marne), au milieu de nombreuses fosses mortuaires, on a découvert les restes d’un cerf, apparemment sacrifié, qui était équipé de son harnachement. Le cerf est une allusion à Cernunnos, le dieu de la mort représenté la tête ornée de bois de cerf.
La direction du coucher du soleil, allusion à la mort, fait le rapprochement entre le cycle des jours et celui des vies successives chez les Celtes pour lesquels l’âme migrait vers un autre corps après la mort.
Le cheval, associé au soleil dans sa course entre le coucher et le lever, dans sa traversée de l’Autre Monde, est également un symbole de la fête de Samain, plus particulièrement associé au commencement de la nouvelle année.
Autrefois, dans chaque maison de Bretagne, pendant la nuit de Toussaint, une pierre était disposée dans la cheminée, près du foyer, pour permettre aux âmes des ancêtres de se reposer et de se réchauffer. Un peu de nourriture (porc, lait) était disposé près de la pierre.
Aujourd’hui, la cérémonie de Samain se déroule dans un lieu traditionnellement réputé être un lieu de passage privilégié entre les deux mondes. Une surface turbide mélangeant l’eau et la terre symbolise le mieux cette porte. Un lieu marécageux convient à la célébration de cette fête dans l’esprit de la tradition. Dans le marais, comme dans les autres lieux de culte pour les différentes religions, règne une atmosphère particulière, propice à une élévation du niveau de conscience chez les participants.
Une branche de pommier, si possible couverte de lichen, le rameau d’argent, et des pommes sont des symboles qui font référence à l’Autre Monde celtique.
L’hydromel, boisson symbole d’immortalité des dieux et des héros accueillis dans l’Autre Monde, y fait également référence. L’hydromel est l’équivalent symbolique du soma, la boisson d’immortalité de la tradition védique.
La pomme coupée rituellement dans le sens médian latéral, fait apparaître au centre de la chair blanche, une étoile à cinq branches, un symbole pouvant représenter le microcosme humain. L’étoile au centre de la chair blanche symboliserait ainsi l’union du microcosme humain et du macrocosme cosmique dans le fruit de la connaissance. Coupée dans le sens médian vertical, la pomme serait une allusion à la féminité, à la fécondité et aux origines.
Au cours d’une célébration de Samain des temps modernes, le souvenir des aïeux, parents et amis disparus est présent dans la mémoire des participants. Après un instant de recueillement intime, chacun avec le souvenir des siens, les pommes et l’hydromel peuvent constituer les éléments d’un partage symbolique entre les vivants et les proches disparus. L’esprit des proches disparus sera symboliquement invité à rejoindre l’anaon, la collectivité des âmes des défunts, avant de clore la cérémonie, chacun devant « rentrer chez soi » afin que le bon ordre soit respecté.
La fête celtique de Samain a été reprise par le Pape Boniface IV, en 607, pour en faire la fête chrétienne de la Toussaint et des défunts.
En Bretagne, le temps de Samain (Br. Heven), jours de la Toussaint et des Cendres pour la religion chrétienne, est un moment important pour le souvenir des défunts de la famille et des proches disparus. Les familles se réunissent alors dans les cimetières, autour des sépultures fleuries.
La tradition présente aussi un aspect plus angoissant. Une légende bretonne lui est associée. Près de la baie des Trépassés, à la pointe du Finistère, la légende de la Chas an Geidell, fait allusion à la course des chiens de l’équinoxe qui, depuis l’Enfer, tentent vainement d’atteindre le Ciel.
La légende, qui rappelle le passage de l’Ankou avec sa charrette transportant les âmes, est la version bretonne de la Chasse sauvage commune à une grande partie de l’Europe. La Chasse du roi Artus, la Menée Hennequin, ou encore la Chasse Saint Hubert en sont d’autres noms.
Ces différentes légendes font référence à des cavaliers partis à la chasse avec la meute, emportés par les airs à la suite d’une malédiction. Le bruit de leur passage se retrouve dans le fracas d’une tempête nocturne pendant la période sombre de l’année.
Le mythe celtique de la chasse sauvage est lié à une conception cyclique du retour des mânes et des héros morts, qui semble être un élément de l’archaïque eschatologie héritée d’une mythologie commune à de nombreux peuples européens.
A Samain, à la fin du cycle de l’année, les âmes vouées au ciel nocturne passent sur la Terre avec les éléments déchaînés et les puissances néfastes de l’hiver. Les chasses sauvages citées plus haut en sont une interprétation tardive.
Les textes irlandais qui se rapportent à Samain, font état de chevauchées nocturnes. Le thème illustre la traversée de la ténèbre hivernale et la victoire sur la mort. Dans le récit de La Mort tragique des Fils de Tureann, Lug est escorté par la Cavalcade féerique de l’Autre Monde.
Depuis le temps des Gaulois de la Protohistoire jusqu’au Moyen Âge, les inhumations se faisaient dans l’enceinte sacrée. En Bretagne, dès la construction des premières églises chrétiennes, les inhumations se faisaient à l’intérieur du bâtiment.
Plus tard, les dépouilles furent sorties des églises, contre la volonté populaire, pour être disposées à l’extérieur. Les os des défunts étaient alors rassemblés dans un ossuaire construit près de l’église pour rester au plus près du lieu sacré. Les crânes étaient conservés dans des boîtes à crânes.
Le prélèvement du crâne sur le cadavre et sa conservation, étaient une tradition qui remontait aux Celtes de l’Antiquité. La tête symbolisait la force et la valeur guerrière. Plus largement, la tête symbolise le principe actif, le dernier réduit de la totalité de l’être.
{Dans la tradition de l’Inde, après la crémation, un proche du défunt, parent ou ami, brise le crâne et le réduit en miette, pour libérer totalement l’esprit de son véhicule corporel.}
Pour conserver une proximité avec le lieu du culte, les sépultures seront ensuite disposées autour de l’église, dans un espace protégé par un mur d’enceinte qui délimite l’extension de l’aire sacrée. Les priorités du monde moderne ont repoussé les sépultures vers la périphérie des villes, loin des enceintes sacrées associées aux lieux de culte.
Note : 1) 5 Cette indication est gravée en langue gauloise, dans les fragments du calendrier découvert à Coligny, un vestige qui remonte au IIème siècle
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Symbolisme :
Adolphe de Chesnel, auteur d'un Dictionnaire des superstitions, erreurs, préjugés, et traditions populaires... (J.-P. Migne Éditeur, 1856) propose la notice suivante :
HALLOVEN. On désigne, par ce nom, en Ecosse, la nuit qui précède la Toussaint, et pendant laquelle on croit que les sorcières, les diables, les lutins, etc., parcourent librement les airs, c'est-à-dire qu'alors il s'établit une sorte de trêve entre les esprits et l'homme. C'est l'époque de l'année où, par certains charmes, l'intelligence la plus vulgaire peut connaître l'avenir. Durant l'halloven, les jeunes filles se prennent par la main et vont deux à deux, les yeux fermés, dans le potager, arracher le premier chou qu'elles rencontrent. Suivant que le chou est gros, petit, tortu ou droit, leur futur sera beau ou laid , grand de taille ou bossu. Si un peu de terre adhère à la racine, c'est signe qu'il sera riche ; si la tige du chou est douce, le mari aura un bon caractère ; si elle est aigre, il grondera souvent.
Dans Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont, 1995 et 2019), Éloïse Mozzani nous propose la notice suivante :
La Toussaint (fixée au 1er novembre vers l'an 800), qui fête tous les saints, est pratiquement confondue avec le jour des Morts (2 novembre), consacré aux défunts. de lavis de certains théologiens, le jour des Morts, qui serait apparu en Irlande puis aurait gagné l'Italie vers 835 avant de s'implanter dans l'Empire franc au IXe siècle, serait « entaché d'un paganisme atténué, vu sa ressemblance avec le culte des ancêtres païens ». Si les Grecs fêtaient leurs morts au printemps (troisième jour des Antesthéries), les Romains lors des parentales (13 ou 20 février), les anciens Germains dans le cycle de Youl (notre Noël), les anciens Slaves le samedi avant la Pentecôte, les Celtes célébraient, la nuit du 1er novembre qui correspondait au premier jour de l'année, la fête de Samain (Samonios). Cette nuit-là le monde des vivants communiquait avec celui des morts.
La nuit de la Toussaint appartient aux trépassés : les morts sortent de leur tombe et vont parfois prier dans les églises, toutes les âmes se réunissent, défilent en processions sur es routes, se dirigent vers les lieux qu'ils ont habités et réclament des prières aux vivants. En Bretagne, au sujet de la veille du jour des Morts, on dit qu'« il y a plus d'âmes dans chaque maison que de grains de sable ans la mer et sur le rivage ».
Qui sort le soir de la Toussaint risque de ne pouvoir « mettre un pied devant l'autre sans marcher sur [les morts], tant leurs rangs sont pressés ». Dans les Vosges, on signalait l'apparition d'une boule de feu roulant toute seule, considérée comme une âme demandant des prières : « Malheur au passant qui, rencontré par elle, ne comprendrait pas son muet langage, car il en pourrait rentrer chez lui sans peur et sans mal et surtout sans sentir effroyablement le roussi ». En Franche-Comté, (Scey-en-Varais, Doubs), on entendait les cris des chiens, les galops des chevaux et le cor du « chasseur maudit », condamné à errer sans fin dans les airs. En Bretagne, en Normandie et en Lauraguais, un char funèbre parcourait les rues. Au moment où il passait s'élevaient les voix de ceux qui étaient morts pendant l'année. Qui voyait cette apparition succombait. Sur le littoral normand, lorsque les prières de la Toussaint avaient été insuffisantes pour procurer la paix aux âmes des naufragés, une tempête s'élevait en mer vers le milieu de la nuit et un bateau s'avançait avec une grande rapidité vers la jetée ; ce navire, avec ses agrès brisés, ses voiles déchirées et son mât chancelant, était un de ceux qui avaient coulé. On l'amarrait puis, lorsqu'une heure sonnait, « un léger brouillard flott[ait] sur la vague, l'équipage et le navire [avaient] disparu ! »
Pour connaître ceux qui allaient mourir dans l'année, il suffisait de se rendre à l'église ou au cimetière : les morts assemblés
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Pierre Dubois et René Hausman, auteurs de L'Elféméride - Le grand légendaire des saisons - Automne-Hiver (Éditions Hoëbeke, 2013) donnent leur vision de de cette fête dans leur "Petit légendaire d'octobre" :
La nuit peut-elle tomber sur des êtres aussi rayonnants ?
Mara Freeman, Callanish.
Samhain et Halloween
« Vilaine veille de Toussaint
ne présage rien de bien. »
Ce modeste petit dicton de rimes à deux sous remémore cependant combien les anciens Celtes tenaient ce jour pour sacré et très périlleux si on ne respectait pas sa célébration, avec tous ses rites et étranges coutumes.
Samhain - prononcer Sah'win - fêté le 31 octobre, dont le nom signifie « fin de l'été », ouvre la porte de la moitié sombre de l'année celtique en introduisant le règne de Cailleach Bheur (Kad Yabeh vîr) ou Cailleach Beara, la vieille reine du froid qui va gouverner d'une main de fer sur l'hiver, cracher son dernier venin en février avant de devenir une jeune et belle femme. De cailleach « voilée », elle évoque le monde caché, de bheur « perçant » les vents durs et violents des hargnes hurleuses. Son visage est bleu-noir comme du charbon et sa longue dent comme un os couleur rouille. Dans sa tête, il y a un œil comme un puits profond, plus vif qu'une étoile en hiver. Sur sa tête, des broussailles se nouent comme le vieux bois griffu de la racine du tremble. Elle vit dans une vaste grotte creusée sous le Ben Nevis. Elle saute de montagne en montagne par-dessus les bras de mer et va laver son linge dans le Corryvreckan, le tourbillon au large de la côte ouest. Quand elle l'étend à sécher, les cimes appariassent blanches de neige. De son bâton magique, elle transforme les brins d'herbe en lames de glace. C'est de son trône au sommet de la montagne Sliabh na Callighe, dans le comté de Heath, qu'elle commande à ses armées, car elle ne vient pas seule, mais conduit des hordes de sorcières, de méchants démons et lutins, et d'Alfi sombres qui partout se dépêchent à pourrir les derniers fruits restés sur les arbres et les haies, dévaster, défeuiller, éclater le bois, fendre la terre. Afin de s'en défendre, de grands feux sont allumés, et chacun armé d'une torche prise au brasier s'en va faire en courant le tour des vergers, des champs, des habitations. Le territoire entier doit être préservé par un cercle de lumière, et la cendre épandue sur les cultures.
Si, au VIIe siècle, le christianisme a remplacé les religions druidiques, si Samhain a changé sn nom en All Hallows'Eve - la veille du jour des Saints - raccourci ensuite en Hallowe'en, puis Halloween, la Veille Reine est toujours là, flanquée de sa maudite vassalerie, farouchement décidée à ne pas perdre un pouce de terrain. La lutte n'est pas terminée et les grands feux ne sont pas prêts de s'éteindre...
Les brasiers crépitent et crépitent... d'année en année crépitent aux quatre horizons.
Au Moyen Âge, en écho des anciens sacrifices offerts aux dieux, on brûlait des mannequins à la pace de sorcières. A l'époque victorienne, c'est devant Balmoral Castle, la résidence de la reine, qu'au son des cornemuses, on libre au bûcher le pantin de la vieille Shandy Dann, une proche patente de la Cailleach Bheur... et, plus près de nous, l'effigie de Margaret Thatcher l'a rejoint dans les flammes.
La nuit espiègle
C'est par ce qualificatif qu'est désignée « Samhain-Halloween ». Cette nuit-là, tous les Esprits malins sont de sortie. Will o'the Wisp, Sorcières, Sighes, Fées, Slaughs, Brownies, Farfadets... tout le Petit Peuple de terre, air, mer est en balade. On entend de partout résonner leurs danses, rires, chants, cabrioles et grelots. Porter sur soi un fer à cheval ou tout autre objet de ce même métal qu'ils abhorrent, est la seule parade pour éviter d'être emporté dans leurs rondes ou nuées. Si, au contraire, l'envie vous vient de partager les danseries et les festins qui vont bon train à l'intérieur de leur fastueux palais, vous serez accueilli à bras ouverts. Il faut tourner neuf fois autour du tertre du Sidhe et les portes s'ouvriront. L'invité sera traité comme un roi, goûtera aux meilleurs vins, dégustera les plats les plus savoureux, connaîtra l'amour auprès d'incomparables beautés, tout cela à volonté... mais ne devra jamais oublier de s'éclipser avant le lever du soleil.
Dans les villes, les villages, la fête bat également son plein. Les jeunes gens, les gwarchod, le visage noirci ou caché par un masque grimaçant, affublés de hardes et de peaux de bêtes, quelques-uns la taille entourée d'un « cheval-jupon », envahissent les rues et les chemins, une tête de mort creusée dans une betterave, aux orbites chandellantes, brandie à la main.
Conduits par le meneur recouvert du déguisement de la Làir Bhan, la « Jument blanche », soufflant dans des trompes, menant grand tapage, les « Masques » s'abandonnent à mille facéties, hissent des charrues dans les arbres, libèrent le bétail, badigeonnent les fenêtres, les serrures et les poignées de porte de mélasse, imitent des grognements de fauves, des glapissement de sorcières.
Dès qu'on les entend s'approcher, avant même qu'ils ne se mettent à hurler qu'on leur ouvre, la maîtresse de maison se précipite au-devant d'eux avec des gâteaux, de la bière et des pièces de monnaie pour éviter les représailles.
Enfin, au bout de la longue « nuit espiègle » il est de coutume de régaler la bande d'un ragoût mélangeant traditionnellement neuf ingrédients : panais, pois, navets, carottes, poireaux, pommes de terre, lait, sel, et poivre.
Dans L'Oracle de la sagesse gauloise (Éditions Le Courrier du Livre, 2021) Caroline Duban et Lawrence Rasson propose une carte dédiée à Samonios :
Trinox Samoni
« Les trois nuits de Samain »
Le calendrier luni-solaire de Coligny a été réalisé sur une table de bronze. Il date du IIe siècle de notre ère, bien qu'il ait été retrouvé en morceaux, on a pu déterminer qu'il permettait de fixer les dates des fêtes religieuses. Ce document mentionne notamment trinox samoni. L'annotation est visible au deuxième jour de la deuxième quinzaine du mois de samon[ios]. Des quatres fêtes connues et attestées dans le calendrier irlandais, les trois nuits de Samain - symbolisées sur la carte par les trois phases de la lune - sont les seules à figurer sur le calendrier de Coligny. En comparaison avec ce que l'on connaît des fêtes d'Irlande, Samain ouvre le début de l'année. Comme le raconte César, c'est en l'honneur de Dis Pater, divinité infernale, dont les Gaulois se disent tous issus, que ces derniers « mesurent la durée, non pas d'après le nombre des jours, mais d'après celui des nuits ; les anniversaires de naissance, les débuts de mois et d'années sont comptés en faisant commencer la journée avec la nuit » (Guerre des Gaules, VI, 18). C'est ainsi que les trois nuits de Samain représentent le commencement de la saison sombre et froide, et le début de l'année.

On trouverait une origine du mot samonios dans le vieil irlandais qui renverrait à une « assemblée » ou une « réunion ». En effet, cette fête durait trois jours et trois nuits sur cette île, période qui, si l'on en croit le folklore moderne, ferait se réunir le monde des vivants avec celui des morts, et plus généralement avec l'au-delà. On peut recouper avec le sanskrit sâmanarn qui possède plusieurs significations : « égal/semblable », « rencontre », « [en] commun », « simultanément ».... Cette similitude est vérifiable avec le vieu norrois saman qui veut dire « ensemble ». Samain était un temps privilégié de retrouvailles avec les ancêtres et les proches disparus, un moment où le voile qui séparait le monde des vivants et celui des morts, était suffisamment ténu pour permettre aux uns de communiquer avec les autres, et à ces derniers de se manifester aux premiers. Cette période est à rapprocher de notre actuelle fête des morts.
En prenant en compte le mouvement de la voûte céleste depuis les temps antiques, on fait coïncider la fête de Samain avec le lever héliaque de l'étoile Antarès, de la constellation du Scorpion. La carte montre l'esprit de Samain, dénudé comme un nouveau-né, une ombre de palmette sur son ventre et flattant un serpent à tête de bélier, un anaimal fantastique qui orne régulièrement des parures et autres objets d'artisanat. Ce motif et la créature symbolisent l'Arbre de Vie. Dans cet oracle, il renvoie également aux entités invisibles se matérialisant entre les mains du mois samonios. Animal à sang froid, rampant ou maintenu par Cernunnos, il rappelle les puissances des profondeurs, humides et froides. Les triscèles qui figurent sur le fond sont un motif récurrent dans tout l'art celtique et généralement associé au svastika. L'un et l'autre caractériseraient le mouvement solaire, et dans ce cas précis, le temps qui s'écoule en écho avec les phases de la lune.
Interprétation : Si votre question nécessite une réponse temporelle, celle-ci se situe en automne, autour des mois d'octobre et novembre.
Dans un autre contexte, Trinox Samoni est la carte qui rend hommage à ce qui fut et qui poursuit son évolution sous une autreforme, en parallèle des vivants. La lien aec la nuit fait correspondre cette fête une perte de repères visuels que le mental saurait gérer en temps normal. Pour accéder à ce monde souterrain des morts, il faut pénétrer dans la noirceur de la nuit, et donner ainsi l'occasion à ceux-ci de se rapprocher de nous, de traverser les couches qui les séparent de nous. Les ancêtres et les défunts voyagent à leur aise durant ces trois nuits, tandis que les vivants commémorent plus que leur souvenir : leur présence. Être ensemble, tous et toutes devenus des égaux, savoirs et expériences peuvent être échangés, mais pas seulement. Diodore de Sicile rapporte que sur les bûchers funéraires, les Gaulois avaient parfois l'habitude de dépser des lettres qui devaient être remportées par le défunt. Les fumées s'élevant au-dessus du bucher illustrent l'échange épistolaire post mortem. Des dettes peuvent être réglés dans l'autre monde, il est autorisé de peenser qu'une réciprocité était rendue possbile pendant Samain. Dire ce qui n'a pu être exprimé du vivant de la personne, et régler les tensions en souffrance devient alors accessible. Cette carte est particulièrement connectée avec des personnes de votre entourage qui sont passées de l'autre côté du miroir, ou qui se trouvent si éloignées de vous (à cause de fâcheries, d'oublis, etc.), que le lien semble rompu la plupart du temps Si vous avez tiré cette lame, c'est qu'il est plus que temps de renouer avec ces personnes. Si elles ne sont plus physiquement là, Samain vous signale leur présence à vos côtés. Elle vous pousse également à développer des capacités qui vous sont propres et qui ciomprennent la communication avec les défunts. Attention ! Cette compétence extrasensorielle doit être utilisée avec parcimonie et à bon escient. Ne vous raccrochez pas à ces communications comme à une bouée. Il faut bien laisser les morts retrouver le lieu qui les accueille et ne pas les retenir sur notre plan de conscience. Revenir encore et encore auprès d'un médium avec la même photo pour obtenir des messages (souvent les mêmes), alors que la période de deuil est largement écoulée et qu'il faut penser à vivre, ne vient en aide ni à vous-même, ni aux êtres disparus. Vivre c'est aussi faire honneur à ceux qui sont partis, car c'est en nous rappelant d'eux que nous leur donnons la force de nous rendre visite. C'est pourquoi il faudra apprendre peu à peu à vous souvenir de vos ancêtres et de vos proches sans tomber dans une dépendance.
Samain est le commencement d'une nouvelle page. Si vous vous demandez ce qui est en train de se réaliser autour de vous, ou ce que représente la situation que vous traversez, vous allez entamer un nouveau cycle. Comme tout nouveau chapitre, vous pouvez parfois être confronté à la peur de la page blanche, à l'inconnu, peut-être à un grand flou ; mais comme toute vie naît du chaos, ce passage vous aguerrira et vous rendra fort de nouvelles expériences. Peut-être vous êtes-vous interrogé sur la tournure que pourraient prendre les événements ? Samain sort dans votre tirage pour vous dire qu'ils évolueront sur une nouvelle pente, car cette carte ne signifie pas une fin. Pour plus de précision, il est préféréable de choisir une seconde carte à placer à côté de celle-ci. Elle vous détaillera cette ouverture.
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Croyances populaires :
Dans le Dictionnaire de la France mystérieuse - Surnaturel, superstitions, être fantastiques, apparitions, lieux enchantés (Editions Omnibus, 2017) Marie-Charlotte Delmas consacre un article à la fête des morts :
La fête des morts : Certaines périodes de l’année sont particulièrement propices au retour des visiteurs de l’au-delà. C’est le cas des nuits des trois grandes fêtes annuelles les plus chargées en superstitions en tous genres. A Noël, les morts reviennent chez eux où souvent un repas les attend. Dans le Finistère, le dernier mort de l’année se présente dans le reliquaire du cimetière pendant la messe de minuit et nomme toutes les personnes de la paroisse qui doivent mourir dans l’année qui vient. Pendant la période de l’Avent qui précède cette fête, les défunts sont aussi de sortie. En Normandie, ceux qui ont commis des fautes apparaissent lors de chaque nuit de l’Avent jusqu’à ce que les prières de leurs proches ou les messes dites pour le repos de leur âme les aient délivrés. A la Saint-Jean, les morts viennent se chauffer autour du feu lorsque la fête est finie. Mais c’est surtout la nuit de la Toussaint, veille de la véritable fête des morts le 2 novembre, qu’ils sortent tous de leur tombe. Ils défilent en procession dans les cimetières et en sortent pour cheminer dans le village et se rendre dans leur ancien domicile. A Noirmoutier (Vendée), la procession des morts sur les dunes de la Guérinière est tellement longue qu’elle se déploie parfois d’un village à l’autre. En bout de procession, se trouve un retardataire que ses proches ont trop pleuré et qui porte une cruche. « D’autres fois, c’est un enfant qu’on a laissé mourir sans baptême et qui ne jouira jamais de la vue de Dieu. » (Dr Viaud-Grand-Marais, 1901.)
Dans le Puy-de-Dôme, les morts marchent lentement : « Plus on a pleuré un mort, plus son âme est chargée de larmes et plus elle marche péniblement. » (Dr Pommerol, 1898.) Dans le Cantal : « Dans la nuit du 2 novembre, au moment où minuit sonne, tous les spectres de ceux des habitants de la ville d’Aurillac qui doivent trépasser dans l’année traversent un à un le porche abbatial de Saint-Géraud. Ils marchent lentement et se dirigent vers le cimetière. Là, le squelette de la Mort les prend par la main, et, chacun à son tour, les conduit en dansant jusqu’au cercueil où ils seront ensevelis. On raconte qu’un jeune homme, ayant voulu vérifier le fait, reconnut sa propre image dans une de ces ombres et s’évanouit de frayeur. Lorsqu’on le releva le lendemain, il était fou. » (P. Sébillot, 1898.) Souvent, les défunts chantent des litanies. En Picardie, « les morts de l’année, précédés d’enfants de choeur agitant des clochettes, font trois fois le tour du cimetière en chantant la messe des morts. Le dernier décédé porte un seau renfermant les larmes versées dans l’année en mémoire des défunts. » (H. Carnoy, 1883.)
Selon un témoignage des Ardennes : « On croyait, autrefois, dans le bourg de Saint-Menges que, pendant la nuit du 1er au 2 novembre, les morts sortaient de la tombe, se promenaient processionnellement dans le cimetière, et ensuite dans les rues de ce village. Ils se suivaient l’un l’autre, à la file indienne, ou mieux en “monôme” pour nous servir de l’expression consacrée. Le dernier qui fermait la marche portait une bannière. Avant de sortir du cimetière, ils dansaient autour des fosses une ronde échevelée et, tout en “farandolant”, ils chantaient les litanies. De loin on entendait ces chants lugubres, en même temps que de sinistres bruits d’os s’entrechoquant, mais rarement on a pu voir cette sarabande : quelques anciens du pays cependant affirmaient l’avoir aperçue alors que sonnait minuit. Quand arrivaient les premières lueurs du jour, tous ces morts rentraient dans leurs tombes, pour n’en ressortir que l’année suivante à pareille époque. » (A. Meyrac, 1890.)
En Haute-Bretagne, un homme de Plerguer (Ille-et-Vilaine) raconte en 1880 qu’un soir de la Toussaint, il dormait dans une cabane de chaume en plein champ lorsqu’il entendit des bruits de sabot. Les uns semblaient se diriger vers le bourg ; d’autres vers les villages voisins. Sans sortir de son abri, il demanda l’heure aux passants, mais n’obtint aucune réponse. Tous semblaient d’ailleurs étonnamment silencieux. Il se souvint soudain que c’était la nuit des morts et se cacha sous sa couverture. Les bruits de sabots continuèrent toute la nuit, jusqu’au lever du jour. Quand cet homme racontait son histoire, il en frissonnait encore : « Ces gens que j’entendais toute la nuit étaient les défunts qu’on avait portés en terre pendant l’année ; ils étaient sortis de leurs fosses pour aller revoir leurs maisons, et, après cette visite, ils retournaient au cimetière pour n’en plus sortir qu’au jour du Jugement dernier. » (L. Decombe, 1887.)
Le père d’Anatole Le Braz lui raconta que, de son temps dans le pays de Tréguier (Côtes-d’Armor), le soir de la Toussaint, « les bouches sans lèvres des trépassés recouvraient la parole, et qu’on entendait deviser entre elles les têtes de mort des ossuaires. […] La conversation s’engageait et peu à peu devenait générale. Un vivant à qui il eût été donné d’y assister aurait été renseigné en une seule nuit sur tout ce qui se passe de l’autre côté de la mort. En outre il aurait entendu nommer tous ceux qui devaient mourir dans l’année ». Une nuit, un mendiant en fit la triste expérience. Il voulait connaître la liste des morts, mais étant le premier à être nommé, il rendit l’âme sur le champ (A. Le Braz, 1902).
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Cérémonies :
De 2011 à 2017, j'ai commémoré Samonios dans la clairière druidique Rigantona, affilée au Collège druidique des Gaules, conduite par le Druide Pwill tout en animant parallèlement des cérémonies le jour même à Grenoble.
René et Claudine Bouchet ont rendu public dans un livre intitulé Rituels secrets des Druides d'aujourd'hui (Éditions TrajectoirE, 2008) le cérémonial qu'ils utilisaient au sein du Collège International d'Études Celto-Druidiques (plutôt daté à mon goût) :
Les Semailles (Samonios)
De par son nom initiatique originel, Samonios, nom gaulois du mois du Scorpion, qui se traduit par « le Semeur » , est une fête de contact entre le monde des morts et celui des vivants.
Du temps de la Gaule indépendante, les druides fêtaient Samonios durant trois nuits consécutives qui éraient considérées comme « hors du temps » et marquaient ainsi la séparation entre la saison chaude et claire (de Beldan à Samain) et la saison froide et sombre (de Samain à Beldan).
Il s'agit d'une fête à la fois religieuse et populaire dans laquelle on honorait tous les « dieux » locaux et héros contemporains qui ont voué toute leur vie au druidisme et à la défense de notre idéal occidental.
C'est à ce titre qu'en cette ère du Verseau, nous rendons hommage à la mémoire de nos deux précédents Grands Druides, Philéas Lebesgue et Paul Bouchet.
On y réalise l'union des « esprits de la Nature » et des âmes des morts et des vivants, par une vénération du père de la race (Teutatès), géniteur des Celtes, maître de la vie et de la mort, ce que l'on a représenté symboliquement par Sukellos (le dieu au maillet) don le nom signifie « le bon frappeur » et qui a été identifié avec le « Dispater », ancêtre des gaulois, dont parle Jules César dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules.
[...] Ses attributs sont le maillet, arme du « bon frappeur », et la coupe ou le vase, symbole d'abondance.
Ici le parallélisme est frappant, avec les deux attributs de Dagda, la massue qui écrase l'ennemi et le chaudron inépuisable qui assure l'abondance aux gens de la tribu.
Ainsi se trouvent associés chez ces divinités les deux caractères qui définissent la fonction de l'entité, chef et père, à la fois guerrier, donc protecteur et nourricier.
Tout cela correspond bien à l'esprit qui doit imprégner la cérémonie de Samonios.
La première nuit, les druides ouvraient les portes du Side ou « monde de l'au-delà », en creusant un trou dans la terre, près du dolmen, du menhir ou de l'endroit choisi sur lequel était construite une croix celtique en pierre de pays.
La deuxième nuit, les chevaliers et guerriers gaulois veillaient. La troisième nuit, les druides refermaient les portes du Side, en rebouchant le trou rituel, après y avoir symboliquement déposé un sachet de cendres magnétisées du précédent feu du solstice d'été et trois glands de chêne provenant du précédent rituel du couronnement du chêne à l'équinoxe d'automne.
Dans cette cérémonie, on honorait également le « serpent à tête de bélier se mordant la queue », dont je rappelle ici brièvement le symbolisme [...].
Par l'entrée dans le cercle inférieur de Saturne, l'ultraviolet sur la gamme chromatique des couleurs de notre croix celtique - d'évolution en évolution, en passant par la période de désintégration ou de liberté hors de la matière - l'être revenant en Annuim franchit les huit épreuves obligatoires au minimum en chaque état, pour parvenir enfin à la lumière blanche du cercle de Gwenwed.
C'est pourquoi le Grand Druide fait atteler le « cheval noir » au Sud, face au cercle noir de Saturne.
D'une part, celui qui, par paresse, n'a pas accompli son évolution en ces huit épreuves doit recommencer la ronde, alourdi de plus de matière par incorporations successives, sous peine pour lui de retomber dans le néant de Cytraul.
Triade 67. Trois erreurs font tomber inévitablement dans la ronde des cercles d'Abred, et cela malgré qu'on soit, par ailleurs, attiré vers le bien. Ce sont :
l'orgueil égoïste qui fait retomber en Annouin,
le mensonge égoïste,
la cruauté égoïste.
Triade 23. D'autre part, la fatalité inhérente au cercle d'Abred découle de trois choses. Ce sont :
la paresse d'effort vers la connaissance,
la paresse d'effort vers le bien,
la préférence pour tout ce qui est mal, par inertie.
Et de chaque principe de fatalité et de nécessité, inclus par définition dans le cercle d'Abred, découlent les trois calamités de ce cercle ;
le destin fatal
l'oubli des existences successives,
la mort, nécessaire à ces renouvellements.
Et les trois raisons d'être à la fatalité et au destin qui règnent en Abred sont :
la nécessité de recueillir le fruit de chaque existence et de chaque état de vie,
la nécessité d'apprendre pour connaître toutes choses,
la nécessité de se créer la force morale indispensable pour triompher de toute haine et de se dépouiller du mal en éliminant les tendances mauvaises.
C'est ainsi qu'au cours de ses incarnations, l'homme doit s'efforcer de s'élever dans l'évolution par l'amour, la science et le sacrifice.
par l'amour, en créant et en aidant son prochain à supporter et à vaincre la souffrance,
par la connaissance, en développant sa personnalité et en acquérant plus de science qui le rapproche des esprits supérieurs déjà évolués,
par le sacrifice, en acceptant les épreuves ou en s'offrant volontairement à elles dans le but d'expier ses fautes ou d'aider ses frères plus faibles dans leur lutte contre la nécessité.
Il est à noter qu'au cours de ses désincarnations, ces mêmes devoirs subsistent pour l'âme qui a charge d'aider les vivants, d'apprendre davantage pour s'élever vers le cercle de Gwenwed, de se sacrifier volontairement en acceptant un réincarnation dans une situation inférieure à son savoir pour enseigner aux êtres moins évolués que lui et les aider dans leur progression.
Ces neuf étapes successives - ou stades - ne sont pas nécessairement franchies chacune en une seule incarnation, plusieurs mêmes sont généralement nécessaires.
Et le fait d'avoir gravement contrevenu aux lois divines fait rétrograder en Annouin.
Le symbolisme de Samonios : Il s'agit là principalement d'une fête de contact entre le monde des morts et celui des vivants, célébrée sur une seule journée en notre époque moderne pour qu'elle soit accessible à tous, mais qui respecte l'intégralité du rituel.
Après que le héraut ait demandé à tous si la paix règne en gaule, tourné successivement vers chacun des points cardinaux, sonnant du cor et tirant l'épée à moitié de son fourreau, l'officiant déclare la cérémonie ouverte.
La prière Esprits bienfaisants et âmes des Celtes est récitée par tous et l'officiant ordonne la libation rituelle pour les défunts et héros, suivant les trois éléments liquides :
le lait pour les druides et eubages,
l'hydromel pour les guerriers, représentés ici par les bardes qui les accompagnent au combat, ou bien par les Chevaliers gaulois, s'il en est de présent à cette cérémonie,
le vin pour les agriculteurs, représentés ici par les ovates dont l'une des tâches essentielles est de tirer de la nature les plantes dont les vertus thérapeutiques soignent tant les guerriers que les Gaulois.
Pour symboliser l'ouverture du Side, le druide creusera au centre de Gwenwed une fosse de 27 cm de profondeur (diamètre d'Abred, cercle des migrations).
Le sens profond de cette cérémonie est la purification - la Terre est apparemment « morte » à l'entrée de l'hiver et, comme l'été, cette saison s'ouvre par une période de recueillement.
L'hiver commence donc par l'austérité religieuse qui accompagne toujours le passage d'une saison à l'autre.
Samonios, dans l'esprit des Celtes, représente également la commémoration de la bataille de Mag Tured et de la mort de Cuchulainn, archétype de tous les héros.
Cuchulainn en effet, n'a pas été vaincu par la bravoure, mais par la haine et par la traîtrise des « Fomoire », représentés par les enfants de « C ».
Et, en mémoire du « Gris de Macha », le fier et noble cheval qui protégeait l'agonie de son maître, tuant un grand nombre d'ennemis, on célèbre à Samonios, en même temps que la fête du héros, celle du cheval brillant, vainqueur des forces de l'ombre ; non pas le cheval de labour mais la monture du guerrier qui accompagne son maître dans la tombe, pour chasser et combattre avec lui dans l'au-delà afin de veiller sur les vivants de sa race.
On célèbre donc, à Samonios, le cheval blanc, bénéfique, symbole du Soleil et de la divinité protectrice des vivants et des morts et on se gardera par la magie des maléfices du cheval noir.
A ce titre, les deux chevaux seront menés devant l'officiant qui demandera au cheval blanc la protection de tous les Celtes en traçant sur sa tête le signe sacré de notre croix celtique, cependant qu'il exorcisera le cheval noir des maléfices pouvant menacer la vie des Celtes.
Mais comme le bien et le mal sont en parfait équilibre au sein de l'Incréé éternel, le druide le caressera pour exprimer, en outre, son amour pour le règne animal, prélude à l'humanité.
Ensuite, tenu par la bride par le héraut qui aura remis son épée au fourreau, le cheval blanc fera le tour du cercle dans le sens positif, cependant qu'un eubage conduira le cheval noir en sens inverse, donc négatif.
Ensuite, le cheval blanc sera attaché à l'extérieur du cercle, au Nord, en face du cercle de Mercure, cependant que le cheval noir sera attaché au Sud, faisant face au cercle de Saturne.
Après la communion druidique donnée à tous, le Grand Druide procédera à l'imprécation aux puissances infernales en enfonçant, de sa main gauche, l'épée nue que lui tend le héraut dans le sol devant lui, tandis que l'élévation de sa main droite est réservée à l'imploration de Lug et du serpent à tête de bélier, symbole de la connaissance une et indifférenciée.
Puis, un ovate se tournera vers l'Est et récitera la prière d'origine celtique au « Taureau du Couchant » cependant que l'officiant, en méditation, captera rituellement les radiations du Soleil, en élevant vers lui, ses paumes ouvertes :
« Nous te prions et te supplions
Puissant taureau du Couchant,
De protéger, ici, en Gaule,
Tes enfants durant ce nouveau cycle,
Et de répandre sur eux,
Les neuf bénédictions primordiales.
Donne leur santé te abondance,
beauté et vaillance,
Pureté corporelle et spirituelle.
Que ta main géante
S'étende sur nos moissons,
Nos prairies et nos forêts, Nos bêtes, nos ateliers
et nos maisons.
Eloigne du berceau de l'enfant
Comme de la couche de l'agonisant,
Les rondes maléfiques
des esprits noirs,
Et les mauvais desseins
des ennemis des Celtes !
Combats avec nos combattants,
Que ton glaive soit dans leur main
Et ton bouclier devant leurs poitrines.
Garde nos druides, nos eubages,
nos bardes, nos ovates
et nos disciples de toute jalousie,
de tout maléfice et de toute erreur. »
L'officiant referme alors le Side en enfouissant dans la fosse un sachet de cendres du précédent solstice d'été et trois glands de chêne de la précédente équinoxe d'automne.
Se tournant cers le Soleil, les paumes ouvertes élevées vers lui, il récite la Grande Prière :
« Ô Dieu, donne-nous Ton appui,
Et, avec Ton appui, la force,
Et, avec la force, la compréhension,
Et, avec la compréhension, la science,
Et, avec la science, la science de ce qui est juste,
Et, avec la science de ce qui est juste, le pouvoir de l'aimer,
et, en l'aimant, l'amour de Dieu et de toute bonté. »
Chaque phrase est reprise par tous les participants.
Le druide bénit l'assistance, puis le cortège quitte la clairière sous la direction du héraut qui, en gage de paix, a remis son épée au fourreau.
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Viviane Le Moullec, druidesse également, donne à son tour sa vision de la cérémonie traditionnelle de Samonios dans un ouvrage intitulé Fêtes et Rituels du Druidisme (Éditions du Dauphin, 2009) :
Sous le signe du « Six »
SAMAIN
Fête des trépassés - Fête des ancêtres
La fête est célébrée dès la nuit tombée, dans la soirée du 30 octobre, mais la veille peut durer toute la nuit du 30 octobre jusqu'à l'aube du 1er novembre. Rituellement, le Ciel descend vers la Terre.
Cette cérémonie marque un des deux moments magiques de l'année où les habituelles barrières entre le Monde des Vivants et le Monde des Morts s'entrouvrent, l'autre moment étant situé exactement six mois plus tard, au moment de la fête de Beltaine, dans la nuit du 0 avril au 1er mai. Cette fête a laissé une empreinte durable dans la mémoire des peuples puisque la Toussaint est très fêtée ainsi qu'Halloween dan les pays anglo-saxons.
Enfin, son complément Beltaine - le 1er mai où on offre du Muguet - est devenue une fête mondiale.
Les cercles de Vie en face-à-face sur la roue du Calendrier :
Les deux moments où le Passage (entre le Ciel et la Terre), entre les incarnés et les trépassés) s'entrouvre : Beltaine & Samain :
Sur la roue du calendrier, Beltaine et Samain se trouvent en exacte opposition, et le Six (le Kroui, la matière créée) en face du Deux, l'union des sexes. L'union sexuelle est la force remontante de la matière. mais i on voue un culte trop grand à la matière, comme de nos jours en Occident, les forces vives du sexe s'éteignent, on a toutes sortes de perversion et la fertilité décroît. C'est là une des conséquences dramatiques d'avoir perverti le Six en répandant des toxiques partout sous forme de pollution.
En blessant la Terre, c'est aussi le Divin que l'on atteint et que l'on détruit en soi. En répandant des poisons (Six malveillants) sur notre Terre (le Quatre), c'est aussi le Huit qu'on atteint, donc l'état divin. Ainsi, on peut en tirer une leçon : qui ne respecte pas son corps et le fait qu'il soit incarné, ne sera pas plus respectable dans l'Au-delà.
Et qui aura traité comme une poubelle ce côté du monde, se retrouvera dans la poubelle de sa malveillance dans l'Au-delà.
Les Américains ont transformé le bel Halloween (notre Samain) en un carnaval malveillant. Soyez sûr que ces sottes personnes auront ce qu'elles méritent de l'autre côté et que les démons qu'ils ont créés de ce côté-ci du monde, sauront les retrouver pour une longue durée de l'autre côté. Leurs cauchemars seront une affaire qui durera.
1. Signification de Samain
Les origines du mot Samain : SAMAIN - SAM-HAIN- est composé de deux éléments.
Sam vient de SAMM qui signifie charge (qu'on assume) et même fardeau.
HAIN (transcription actuelle) peut venir de trois termes :
hael : noble, généreux
hadeg : semence
hande : persécution
Samain peut donc vouloir dire :
noble charge, noble travail (qui est de maintenir une porte ouverte entre les Trépassés et nous),
ensemencement (assumer de semer). C'est un très bon point de vue que de considérer que nos deux mondes sont un enseignement l'un pour l'autre, et une source d'enrichissement réciproque.
fardeau de la persécution... pour ceux qui ont mauvaise conscience, ou qui se servent d'un état de plus fort pour persécuter les autres.
Une connotation de peur : dans les légendes celtes, Samain a toujours eu une connotation de peur, quand ce n'est pas de terreur. Ce n'est pas le Trépas, le « triple passage » qui effrayait tant, que le fait de n'avoir pas réglé toutes ses affaires avant de mourir et donc de laisser des actions inachevées, ce qui obligerait à revenir pour les terminer. Samain fait peur parce qu'en passant par le tunnel, on abouti à un endroit où l'on revoit toute sa vie et où on n'est pas très fier des fautes qu'on a commises et surtout des erreurs qu'on n'a pas pris le temps de réparer.
Culpabilité chrétienne et responsabilité druidique : Il est vraisemblable que la signification de Samain se soit alourdie avec les siècles. Tant que les Druides ont été fermement présents, la terreur ne régnait pas ainsi car il était enseigné que les bonnes actions comme les mauvaises devaient être mises en balance, et que, de toute manière, l'homme était fondamentalement bon. Alors, même le plus bête ou le plus coupable, savait qu'il pouvait entreprendre de réparer le mal qu'il avait commis. Les choses ont changé avec le christianisme qui a enseigné que l'homme est fondamentalement mauvais : il est pécheur et il doit être lavé du « péché originel ». Et pour cela, il est dépendant de l'acte d'une divinité (Jésus, fils de Dieu). A Dieu donc la responsabilité, à l'homme la culpabilité.
C'est un déséquilibre profondément injuste aux yeux des Druides qui ont toujours enseigné la bonté fondamentale de l'homme, la bonté des dieux et aussi la possibilité de commettre des erreurs sur le chemin de l'évolution.. Ils enseignaient aussi que rien n'était irréparable et qu'il n'était donc pas nécessaire de sombrer dans la terreur.
2. Les étapes du rituel du soir de Samain
1 | Cortège et constitution du Cercle | OUI |
2 | Déclaration de Paix | OUI |
3 | Admission des nouveaux dans le Cercle | NON |
4 | La Prière à Belen (le soleil est couché). La Prière à Belen est omise car Samain est un rituel nocturne. La Prière aux Celtes. Il est d'usage de ne pas dire la Prière des Celtes puisque toute la partie spécifique du rituel de Samain est consacrée aux Trépassés, c'est-à-dire ceux qui n'ont pas de corps physique en ce moment, et qu'y figurent les invocation spécifiques. | NON |
5 | RITUEL SPECIFIQUE A SAMAIN | OUI |
6 | Distribution du Pain et du Vin par les trois Dames. En même temps, distribution d'une branchette de gui. | NON |
7 | Grande Prière Druidique | OUI |
8 | Chaîne d'union | NON |
9 | Clôture de la cérémonie | OUI |
10 | Agapes | OUI |
Note concernant la distribution des offrandes : Une fois la cérémonie terminée et tout le monde sorti, Dame Ana et le Maître du Feu ramassent les offrandes. La grande branche d'If est divisée en petits rameaux et distribuée aux participants de manière informelle. Dans les temps anciens, les offrandes passaient la nuit dehors et la branche d'If était divisée au matin et partagée entre les participants. Un autre usage fait se partager de l'alcool durant les Agapes (en petite quantité tout de même !)
Note concernant le rôle de l'alcool : L'alcool est parfois mis à l'honneur durant la nuit de Samain. J'ai souvenir du tmps où j'étais petite fille à la ferme, de la bouteille de "raide" bien mise en évidence durant cette nuit très spéciale. On savait que l'Ankou errait dans la nuit, et que le moindre grincement de bois était le bruit quie faisant la charrette de la Mort progresant dans la tempête qui ne manquait jamais de sévir en cete nuit spéciale.
Même les enfants avaient droit à un "canard" un morceau de sucre imbibé du "raide" familial. on estimait que cette "eau-de-vie" était ce qui permettait de ne pas succomber à l'appel de l'Ankou.
Pour la petite histoire, whisky vient de "uisque beatha", littéralement eau-de-vie.

3. Rituel spécifique à Samain :
Cette fête se célèbre à l'extérieur ou à l'intérieur, suivant la température du moment et le désir des participants. Le principe de cette célébration est que le Druide le plus ancien enseigne au Disciple le plus jeune.
On commence le rituel dès le coucher di soleil. Si on le fait à l'extérieur, on plante des torches au Nord, à l'Est et au Sud, pour éclairer l'endroit ; mais surtout pas à l'Ouest qui reste dans l'ombre. Ceci est fait avant que le cortège ne pénètre dans la clairière. C'est seulement une fois les quatre étapes réalisées, précédent la partie spécifique du rituel, que le Maître de Cérémonie annonce le changement de position des participants par rapport au Cercle.
Si on a décidé d'offrir de l'alcool aux Trépassés (tout le monde ne le fait pas) on dispose dès avant la cérémonie, un petit flacon d'alcool ou un verre, dans l'espace réservé aux offrandes. On le placera sur une toute petite table basse pour ne pas risquer de la renverser.
- Partie 1 : préliminaires -
Maître de Cérémonie : Cette nuit est la première des trois nuits privilégiées au cours desquelles s'amenuise la barrière qui sépare ce Monde terrestre de l'Autre Monde le Monde céleste. Dans le Cercle, la Porte d'Entrée des Trépassés se situe symboliquement à l'Ouest. Nous allons resserrer nos rangs pour faire place à nos Trépassés, de manière à ce qu'ils sentent qu'ils ont leur place parmi nous.
Les Disciples ne bougent pas du Nord. Les Druides - eux- se déplacent dans le sens inverse des aiguilles d'une montre sur le Cercle et arrivent donc au Sud, laissant l'Ouest libre pour l'entrée des défunts. Les Ovates suivent le mouvement et quittent le Sud pour se trouver avec les Bardes à l'Est. Les rangs se resserrent donc et on se met sur deux rangs si nécessaire.
Maître de Cérémonie : Cette nuit est celle où le plus ancien enseigne au plus jeune. Héraut, va donc chercher notre Maître du feu afin qu'il se place devant moi, non loin du centre de la Clairière.
Le Héraut va chercher le Maître du Feu en se déplaçant dans le sens des aiguilles d'une montre et le conduit un peu devant le Maître de Cérémonie.
Maître de Cérémonie : Cher Héraut, fais avancer le plus jeune des Disciples afin que le plus jeune pose ses questions au plus ancien.
Toujours se déplaçant dans le sens des aiguilles d'une montre, le Héraut fait avancer le lus jeune des disciples, afin que le jeune et l'ancien se trouvent face à face et bien en vue de tout le monde.
Maître de Cérémonie : Nous voici à l'époque où la vieille année celtique s'achève et où la nouvelle commence, avec les Trois Mois Noirs du cœur de l'hiver. Le temps de Samain est comme suspendu. Il est aboli pendant trois jours et trois nuits. C'est seulement ensuite que commence l'année nouvelle.
Commentaire concernant l'année nouvelle : Dans la réplique qui termine la première partie du rituel de Samain, il est dit : « Le temps de Samain est comme suspendu. Il est aboli pendant trois jours et trois nuits. C'est seulement ensuite que commence l'année nouvelle. » Ceci tendrait à penser que le calendrier faisait débuter l'année nouvelle à Samain. Cr fut en effet le cas à certaines périodes. Mais la date du début de l'année est fluctuante, car les Celtes avaient une vision circulaire (ou plutôt spiralée) du temps.
L'année nouvelle dont il est question ici peut ainsi être interprétée comme le fait de revenir tout neuf d'une incursion dans le Monde de l'Au-delà, et donc de se montrer capable d'entreprendre une nouvelle vie, avec un corps régénéré, et une si nouvelle vision des choses que c'est comme si la personne avait à la fois changé de corps et de festin.
C'est aussi cela, l'année nouvelle, une autre manière de conduire sa vie.
- Partie 2 : enseignements -
Disciple : Est-il vrai qu'à Samain on peut, presque sans risque, passer d'un monde à l'autre, les Vivants au Monde des Morts et les Morts au Monde des Vivants ?
Maître du Feu : C'est vrai, pour qui a le cœur pur.
Disciple : Et que faire pour avoir le cœur pur ?
Maître du Feu : Tu es un Awen, alors aime. Tu es un être de vérité, alors étudie. Tu est un être libre, alors montre par ton exemple, aux autres à être libre. Être un Awen veut dire être un être spirituel, être une âme (et pas un corps).
Disciple : Peux-tu me révéler un des secrets de l'Autre Monde ?
Maître du Feu : Écoute bien, mon enfant :
Sache que les peurs que l'on rencontre au Royaume des Morts n'existent que dans notre propre esprit. Elles résultent de souffrances passées e des mauvaises actions que nous avons commises et que nous hésitons à exposer à la grande Lumière du Gwenwed.
Tels nous avons vécu dans ce monde, tels nous vivrons dans l'autre. L'éternité commence sur notre Terre.
Sache que les Désincarnés sont aimables et favorables à ceux qui leur témoignent respect, vénération et amour.
Sache enfin mon enfant que le bien prévaut sur tout mal et que l'amour vrai est éternel.
Disciple : Que pouvons-nous faire pour les Morts que nous aimons ?
Maître du Feu : Dame Ana et moi-même, nous allons tous deux ouvrir solennellement les Portes entre le Monde des Vivants et le Monde des Morts et tu pourras enfin faire tes offrandes à ceux de l'Autre Monde.
Maître de Cérémonie : Héraut, reconduis notre jeune Disciple à sa place, afin qu'il se retrouve au milieu de ses Frères et de ses Sœurs.
Tournant dans le sens des aiguilles d'une montre et épée au clair, le Héraut ramène le Disciple à sa place et termine son cercle pour revenir à sa place.
Maître de Cérémonie : Héraut, reconduis notre Maître du Feu à sa place.
Tournant toujours dans le sens des aiguilles d'une montre et épée au clair, le Héraut ramène le Maître du Feu à sa place et termine son cercle pour revenir à sa place.
Notes concernant les offrandes aux Trépassés : C'est une très ancienne coutume, qui a résisté à 2000 ans de christianisme, en tout cas si j'en juge au travers des coutumes que j'ai connues dans mon enfance. La coutume était de disposer des branchettes de bois au feuillage persistant devant le foyer, puis d'aller se coucher. Les branchettes toujours vertes signifiaient que nous disions aux Trépassés que nous savions qu'ils étaient vivants, que nous les aimions et que nous leur offrions ce symbole de la vie éternelle. En retour, nous espérions que nos Trépassés viendraient nous voir voir en rêve, avec un conseil qui rendrait cette vie encore plus "vivante". Ce qu'ils ne manquaient pas de faire !
- Partie 3 : ouverture de la "Porte de l'Ouest" -
Rappel : la "Porte de l'Ouest" est l'espace laissé libre à l'Ouest lorsque les Druides se sont déplacés de l'Ouest vers le sud et les Ovates du Sud vers l'Est, au début de la cérémonie.
Maître de Cérémonie : A présent, nous allons ouvrir solennellement la Porte de l'Ouest, qui marque une limite entre le Monde des Morts et le Monde des Vivants. Héraut, va chercher Dame Ana et conduis-la vers la table d'offrandes afin qu'elle prépare sa Torche.
Le Héraut dégaine son épée, tourne dans le sens des aiguilles d'une montre et va chercher Dame Ana. Il la conduit jusqu'à la Desserte à l'entrée Nord-Est, où se trouve une torche et des allumettes. Il vaut mieux prévoir des grandes allumettes si on allume une torche. Si on se trouve à l'intérieur, on pourra se contenter d'une bougie. Dame Ana allume donc sa torche. Puis le Héraut emmène Dame Ana presque jusqu'au Centre de la Clairière (le Cytraul) et se place à sa gauche.
Rappel concernant l'alcool. SI la clairière a décidé d'inclure dans son rituel l'offrande d'alcool aux Trépassés, juste avant le début de la cérémonie, un petit flacon d'alcool ou alors un petit verre rempli, placé sur une coupelle, a été disposé à l'ouest du centre de la Clairière.
Maître de Cérémonie : Héraut et Dame Ana, avancez jusqu'à la limite Ouest de notre Clairière et ouvrez solennellement la Porte qui sépare le Monde des Vivants du Monde des Morts. Toi, Héraut, tu vas ouvrir la barrière entre nos deux mondes à l'aide de l'Épée. toi, Dame Ana, tu vas guider nos morts jusqu'à nous grâce à la Lumière de ta Torche.
Le Héraut s'exécute, l'épée au clair, en compagnie de Dame Ana, portant haut la Torche. Le Héraut et Dame Ana s'avancent jusqu'à l'Ouest et saluent cette direction de l'Autre Monde. Après quelques secondes d'immobilité, ils se retournent pour faire face à l'Est, donc à tout le monde. Quand ceci est accompli, on considère que la Porte entre ce Monde et l'Autre est ouverte. Une fois ce travail fait, Dame Ana plante sa torche en terre, au centre du Cercle. Le Héraut la reconduit jusqu'à sa place, dans le sens des aiguilles d'une montre.
Maître de Cérémonie : Frères et Sœurs, la Torche n'est rien sans l'Épée, de même que l'Épée n'est rien sans la Torche. Un homme ans une femme détient le Pouvoir mais ne sait pas ce qu'il doit faire. Une femme sans homme détient la Connaissance mais pas le pouvoir qui lui permet de la rendre effective dans ce monde. Il faut donc un homme et une femme pour ouvrir le passage entre le Monde des Vivants et celui des Morts. De même que de leur œuvre commune résulte un corps physique pour une nouvelle incarnation.
- Partie 4 : offrandes -
Maître de Cérémonie : A présent, disposons les offrandes traditionnelle afin que nos visiteurs se sentent chaleureusement accueillis. Héraut, conduis notre Disciple de manière à ce qu'il puisse faire son offrande aux Trépassés.
Le Héraut va chercher le Disciple et le conduit (sens des aiguilles d'une montre) vers la desserte afin qu'il y prenne le pain. ensuite, il le conduit au centre du Cercle où il dépose le pain à côté de la torche, du côté du Nord par rapport à la torche.
Disciple : Cette offrande de pain est faite pour que les Trépassés puissent se réconforter.
Maître de Cérémonie : Merci, Frère (ou Sœur) de cette offrande. Héraut, ramène notre Disciple à sa place et va chercher le Barde qui doit offrir le Vin à nos Trépassés.
Le Héraut ramène le Disciple, toujours dans le sens des aiguilles d'une montre. Puis il va chercher le Barde qui doit faire cette offrande. Il emmène ledit Barde, toujours dans le sens des aiguilles d'une montre, vers la desserte. Le Barde prend un petit verre de vin sur la desserte et l'apporte au pied de la torche, du côté de l'Est.
Barde : Cette offrande est faite pour que nos Trépassés puissent goûter aux joies de la vie.
Maître de Cérémonie : Merci, Frère (ou Sœur) de cette offrande. Héraut, ramène notre Barde à sa place et va chercher l'Ovate qui doit offrir la branche d'If à nos Trépassés.
Le Héraut ramène le Barde à sa place, toujours dans le sens des aiguilles d'une montre. Puis il va chercher l'Ovate qui doit faire cette offrande. Il emmène ledit Ovate, toujours dans le sens des aiguilles d'une montre, vers la desserte. L'Ovate prend la branche d'If sur la desserte et l'apporte au pied de la torche, du côté du Sud.
Ovate : Cette offrande est faite pour que nos Trépassés puissent recevoir l'énergie tellurique qui leur est nécessaire pour communiquer avec nous.
Maître de Cérémonie : Merci, Frère (ou Sœur) de cette offrande. Héraut, ramène notre Ovate à sa place et va chercher notre Maître du Feu qui doit offrir le sel à nos Trépassés.
Le Héraut ramène l'Ovate à sa place, toujours dans le sens des aiguilles d'une montre. Puis il va chercher le Maître du feu qui doit faire cette offrande. Il emmène ledit Maître du Feu, toujours dans le sens des aiguilles d'une montre, vers la desserte. Le Maître du feu prend la petite soucoupe de Sel sur la desserte et l'apporte au pied de la torche, du côté de l'Ouest (donc du côté de la "Porte de l'Ouest" ou "Porte des Morts"). Une fois que le Maître du feu a déposé son offrande de Sel, il recule un peu par le Nord, de manière à se trouver derrière les offrandes, côté Est. Le Héraut en fait autant, mais en passant par le côté Sud. Tous deux se trouvent donc cote à côte, côté Est, le héraut à gauche du maître du Feu.
Maître du Feu : Ce sel est offert afin que toute communication entre les Trépassés et nous soit aussi pure que ce cristal.
Maître de Cérémonie : Merci, Frère de cette offrande. Après un tout petit moment de silence, Maintenant Héraut, dépose ton Epée auprès de la Torche.
Le Héraut dépose son épée nue côté Est par rapport à la Torche., tranchant de la lame tournée vers l'Ouest, donc derrière toutes les offrandes. Et comme cela lui a été demandé par le Maître de la Cérémonie, le Héraut dépose effectivement son épée, en déclarant ce qui suit :
Le Héraut : Près de toutes ces offrandes de bienvenue, nous déposons l'épée en hommage à tous ceux qui se sont battus fièrement pour leur idéal.
Maître de Cérémonie : Merci, Frère de cette offrande. Le Maitre de cérémonie s'incline en se tournant vers l'épée, en hommage aux héros de notre histoire celte. Puis, ayant marqué un petit temps d'arrêt, il se tourne vers le Maître du Feu et déclare en s'adressant à lui : Maître du feu, à toi maintenant de donner la bénédiction toute spéciale à ces offrandes afin qu'elles soient vraiment offertes aux Trépassés que nous accueillons.
Maître du Feu : Quelle qu'ait été la classe à laquelle aient appartenu les Trépassés, ils ont tous mangé le pain, bu le Vin et soutenu leur vie avec ce Sel. Puisse donc ce sel leur fournir l'énergie nécessaire pour se manifester auprès de nous afin qu'ils puissent apprécier les nourritures offertes comme au temps de leurs festivités terrestres.
Maître de Cérémonie : Héraut, reprends ton épée et reconduis notre Maître du feu à sa place dans le cercle et reprends toi-même ta place.
Le Héraut reconduit le Maître du Feu à sa place puis reprend la sienne, à gauche du Maître de Cérémonie.
- Partie 5 : invitation aux désincarnés -
Le Maître de Cérémonie s'adresse à présent aux Désincarnés qui, normalement, se sont massés à la Porte Ouest (même si les yeux de chair ne permettent pas de les voir) :
Vous pouvez approcher, Ombres Chères, alors même que vous circulerez parmi nous nous appellerons les noms des désincarnés qui nous sont chers ou qui ont appartenu à notre Clairière et auxquels nous demandons aide et coopération pour l'année qui commence.
Dame Ana, veuillez appeler solennellement nos chers morts afin qu'ils se sachent personnellement accueillis.
Dame Ana s'est munie, avant même la cérémonie, de la liste exhaustive, de tous les Trépassés qui ont appartenu à la Clairière et qui s'en sont allées depuis la dernière Samain. On peut y ajouter les très proches des membres de la Clairière, en mentionnant le lien qui les a unis. [...]
J'appelle solennellement nos amis toujours chers à s'approcher de nos offrandes et à en jouir comme il convient .J'appelle ......................., ...................... et ....................... (nom profane, suivi de son titre et de son nom initiatique, et aussi de sa fonction et d'un ou deux détails qui caractérisent sa vie, si du moins la liste n'est pas trop longue).
Chers Trépassés que nous avons appelés avec amour, venez jouir des offrandes que nous avons préparées à vote intention, et apprécier de partager avec nous ce festin rituel, de pain et de Vin !
Si vous avez décidé d'ajouter l'offrande d'alcool, vous ajoutez la déclaration suivante : Nous y avons aussi ajouté un petit verre de notre meilleur alcool afin que cette eau-de-vie fasse le lien magique entre vous et nous.
Une fois cette invitation faite, et après un petit moment de silence destiné à laisser aux trépassés le temps d'apprécier les offrandes, Dame Ana s'adresse à eux : Chers Trépassés, vous qui nous avez précédés... nous espérons que nos offrandes vous ont plu.
Nous avons maintenant quelques demandes à vous faire, si cela vous agrée :
Venez à l'aide de ceux qui s'efforcent courageusement de progresser sur le sentier que vous nous avez indiqué de votre vivant.
Guidez-nous, dans notre quête de la lumière. Soutenez-nous dans nos faiblesses.
Combattez avec nous les ennemis des Celtes et de la pensée druidique.
Demandez pour nous le soutien des Êtres de Puissance du Monde de l'Invisible et intercédez pour nous auprès de nos Dieux et de nos Déesses.
Nous vous accueillons comme des Frères et des Sœurs pendant votre court passage à travers le Monde des Vivants et nous espérons que, lors de votre retour aux demeures des Désincarnés, vous connaîtrez les joies indicibles du Monde Blanc.
Maître de Cérémonie :
Réjouissons-nous, Frères et Sœurs de ce côté-ci du Monde, Druides, Ovates, bardes et Disciples, avec nos amis et tous ceux qui habitent les Terres Celtiques.
Une année s'achève, mais une autre commence. Puisse-t-elle nous apporter tout ce qui nous est nécessaire pour nourrir nos corps, pour réjouir nos cœurs et pour nous éclairer la conscience.
Qu'elle fasse que la Pensée druidique illumine le monde et montre à tous le juste Sentier conduisant à la Lumière sous le Chêne, le Pommier l'If et le Bouleau.
La partie spécifique de la cérémonie a été menée à bien. On continue avec les dernières étapes. Puis on se réunit pour les agapes. Et c'est la fin de cette fête calendaire.
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Prières :
Caitlin Matthews, autrice d'un Bréviaire celtique - Prières et bénédictions pour chaque jour (Éditions Véga,
2005) propose quelques textes pour Samonios :
Chant de Samhain
Je suis le flot sacré de toutes les âmes qui passent,
Je suis le rayonnant libérateur de toute souffrance,
Je suis ce qui anime la graine tombée,
Je suis l'éclat de la neige, je suis les coups de la pluie,
Je suis le vide du crépuscule d'hiver,
Je suis le feu dans l'âtre et le pain désiré,
Je suis a taie tissée de l'oreiller,
Je suis le fil d'or de la sagesse infinie.
Invocation du seuil pour la fête de Samhain
(à dire à la porte d'entrée de la maison la veille de Samhain, le 31 octobre au soir)
Grand-Mère Sagesse, ouvrez la porte,
Grand-Père Conseil, entrez.
Que la vieille tradition soit bien accueillie,
Que soit bien accueilli l'Hiver de l'année.
Dans le froid et les ténèbres, vous voyagez,
Sous des cieux de cristal, vous arriverez.
Béni soit le temps de Samhain.
Que l'âme de tous les êtres soit clarifiée,
Révélant joie et sagesse.
Des abîmes aux cimes,
Des cimes aux abîmes,
Dans la caverne de toute âme.
Adieu à la saison de Samhain
(à dire à la porte d'entrée / fenêtre de derrière la maison, le dernier matin du trimestre de Samhain, le 31 janvier).
Emporte les remerciements
et les bénédictions.
Saison du souvenir profond.
Les âmes sont lourdes de joie,
Les cœurs ploient sous leur héritage.
Sous la forme des ancêtres, tu as voyagé,
Tu es venu à la demeure de l'Hiver.
Père Conseil, qui nous a réjouis,
Mère Sagesse, qui nous a souris,
Touchez la graine cachée en nous,
Puissions-nous croître comme l'enfant du printemps.
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Rituels :
Rituel 2016 : Sous les auspices du houx séculaire, nous avons accompagné au son du tambour tous les patients du bateau de guérison avant de raviver et réchauffer notre flamme intérieure à la lumière du feu de bois afin qu'elle nous illumine secrètement pendant toute l'année sombre.
Merci aux Esprits qui ont répondu à notre invitation et nous ont enseigné pendant cette soirée sous la voûte minérale de la grotte, réplique matérielle de la voûte sidérale.
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Rituel 2017 : Pas de photos de cette cérémonie...
Un trio dans la nuit
qui dit au revoir à la saison claire
dans la clairière qui domine la ville illuminée
Le trio redescend dans la forêt noire
Glisse et hésite sur le sentier feuillu
La route est longue jusqu'à la caverne
Et le chemin tortu et pentu
Dans la caverne encore endormie
Résonnent les tambours et les hochets
Pour réveiller l'Esprit du Lieu
et lui demander de nous accueillir pour les six mois
de la saison sombre.
Un feu qui explose dans la nuit
Puis s'intériorise en braises orangées
La lune qui envoie les rayons blêmes de sa rondeur
Sur les parois de la faille calcaire
Et nous éclaire autant qu'elle nous enseigne
Silence final
Bruits nocturnes
Qui est là ?
Qui nous parle et nous environne ?
Merci d'être avec nous et de nous répondre
en langue de nature.
A des kilomètres de là, synchronisées :
"Bon ben j'ai démarré la cérémonie à 19h et quand j'ai joué du tambour, des djembés m'ont répondu du pied de la montagne, avec la lune rousse c'était magique. Une grosse lueur blanche a comme explosé dans le ciel à l'ouest dès que j'ai démarré le feu et la fin les nuages étaient comme alignés en éventail. j'ai fait du mieux que j'ai pu en pensant à vous et j'ai bien refermé la porte après avoir remercié et parlé à mon arrière-grand-mère.
Je suis pleine de belle énergie, alors merci."
Niuk
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Rituel 2019 : Un magnifique rond de sourcière d'amanites tueuses qui entourent l'olivier de la paix : quel meilleur présage pour la célébration du soir ?

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