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  • Anne

Le Renne



Étymologie :

  • RENNE, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1552 zool. reen, cité comme mot d'empr. (Münster, La Cosmographie universelle [trad. de l'all.], VI, 1051 ds DG) ; 1678 renne (Journal des savants, t. 12, 27 juin, p. 252). Empr. au norv. ou suédois ren « id. ». L'a. et m. fr. connaît aussi un subst. rengier/rangier « id. » (1269-78, Jean de Meun, Rose, éd. F. Lecoy, 15684), encore en usage comme terme d'hérald. et qui est empr. au dan. rendyr « id. » qui remonte à l'a. nord. hreindȳri (d'où l'all. Rentier). Voir FEW t. 16, p. 695a et Kluge20.

Étymol. et Hist. 1609 (Lescarbot [au Canada en 1606-1607], Musée [lire Muses] de la Nouvelle-France, 35, Tross cité par Delboulle ds R. Hist. litt. Fr., t. 4, p. 295). Mot de l'algonquin du Nord, dont l'orig. est le micmac kálibu, xalibú (Fried., p. 14 5 ; König, p. 59 ; FEW t. 20, p. 60b).


Lire aussi la définition des noms renne et caribou pour amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Rangifer tarandus ; Caribou.

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Zoologie :


Le symbolisme s'appuyant toujours sur la réalité visible, il est intéressant de prendre connaissance avec l'animal physique avant de s'intéresser à son symbolisme. Ainsi selon Raven Dreamer, traduit par Xella Sieidi en 2013 sur son site Temple Yoni Matre,


Au premier regard, le renne semble bien peu intéressant. Qu’est-ce que le différencie des autres cerfs ? Bien qu’il soit bel et bien un cervidé, le renne est un peu spécial.

Tandis que le cerf présente une différence marquée entre les sexes (le mâle possède des bois, la femelle n’en a pas). Le renne lui a toujours des bois, mâle ou femelle, et les utilise pour se protéger et pour dominer. Les bois du renne diffèrent aussi en apparence de ceux du cerf : chaque bois possède deux troncs, le premier se dirige vers l’avant de la tête du renne, le second vers l’arrière. L’extrémité de chaque tronc éclate en plusieurs petites pointes. Cette particularité est unique au renne, qui possède les bois les plus larges de tous les cervidés.

Durant la saison des amours, les mâles utilisent leurs bois pour obtenir ou maintenir un harem (qui peut atteindre jusqu’à 40 femelles). Même si la rut est souvent violente, il est rare que les mâles soient sérieusement blessés. Après la saison de rut (en automne), les mâles perdent leurs bois, tandis que les femelles les gardent jusqu’au prochain printemps, quand elles donnent naissance à leur petit. Cela leur permet de se protéger et de se battre contre les mâles maintenant dépourvus de bois pour obtenir de la nourriture pour elles et leur petiot. 

Les femmes accouchent généralement d’un seul petit, qui atteindra l’âge adulte à trois ans et ne vivra jusqu’à huit ou dix ans. Contrairement au cerf, le petit caribou ne présente pas de taches sur son pelage. Lorsqu’ils naissent, les mères quittent la horde et en forment une nouvelle au sein de laquelle les petits sont allaités. Les mères et les petits réintègrent la horde en été.

Les mâles peuvent atteindre huit pieds de long (2,4 mètres) et cinq pieds de haut (1,52 mètre) et peser jusqu’à 600 livres (272 kilogrammes). Les femelles sont légèrement plus petites et légères.

Les caribous vivent généralement dans les régions arctiques ou subarctique du Canada, de l’Alaska, de la Sibérie et du Groenland. Ils ont déjà vagabondé plus au sud dans le passé mais furent chassés si férocement que de nos jours, il est très rare d’en apercevoir un aux États-Unis.

Le caribou est l’animal nomade par excellence, voyageant plus de 3 000 miles (4 800 km) par année. C’est là une distance beaucoup plus grande qu’aucun autre mammifère ne pourrait parcourir (sauf s’ils possèdent une voiture). Ils se déplacent l’automne et l’été, de leur pâturage hivernal à celui d’été. Leurs sabots sont larges, concaves et flexibles, agissant comme une sorte de raquette lorsqu’ils marchent sur un sol enneigé, un terrain mou et pâteux comme ceux que l’on trouve dans la toundra ou encore sur la tourbière. Ces mêmes sabots leur servent de pagaie lorsqu’ils doivent traverser rivières et lacs. Leur fourrure creuse garde la chaleur en hiver et leur permet de flotter dans l’eau. Les caribous peuvent courir à une vitesse de 80 km par heure.

Leurs prédateurs naturels sont le loup, l’ours, l’humain, le carcajou et le lynx. Les caribous s’en préoccupent plus moins étant donné que la horde offre une grande protection contre la plupart des prédateurs. Ce que les caribous craignent vraiment le plus, ce sont les insectes, particulièrement le moustique qui peut vider un caribou d’une demi pinte (236 ml) de son sang par jour. Pour se soulager des piqûres, les caribous s’enfoncent dans l’eau d’un lac ou d’une rivière ou peuvent même partir en cavalcade pour fuir les moustiques. Qu’il s’agisse de prédateurs féroces ou moustiques, le caribou avertit la horde en ruant et en relâchant d’une glande située près de ses sabots une odeur caractéristique.

Le caribou lui est herbivore et préfère le lichen (la mousse de renne), l’herbe, les feuilles, les saules et les bouleaux nains. Son nez est en lui-même extraordinaire : le caribou peut sentir de la nourriture même à travers d’épaisses couches de neige. Leurs sabots concaves leur servent de pelle, leur permettant ainsi de creuser la neige pour atteindre la nourriture.

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Symbolisme :


Selon le Dictionnaire des symboles (1ère édition, 1969 ; édition revue et corrigée Robert Laffont, 1982) de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant,


"Pour les peuples du grand nord asiatique, qui se nourrissent principalement du renne et qui l'emploient comme monture, celui-ci devient un équivalent symbolique de ce qu'est le cheval pour les peuples de cavaliers. La culture de ces peuples nordiques relève d'une symbolique lunaire, et le renne, comme l'ensemble des cervidés, entre dans le symbolisme général de la lune. Il joue un rôle funéraire, nocturne et psychopompe. Partout où le renne a été domestiqué et utilisé comme bête de selle, comme chez les différentes tribus toungouzes, il a accompagné le défunt dans l'autre monde. Son rôle symbolique s'apparente à cet égard à celui du daim dans la prairie nord-américaine et à celui du chevreuil dans la steppe asiatique."

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Dans un article intitulé "Vivre au rythme du renne : règles coutumières et règles étatiques " paru en 2005 dans la revue Droits et culture, n°50/2 : Anthropologie juridique en Russie, Natalia Novikova rappelle que :


Pour la majorité des peuples autochtones numériquement peu importants du Nord de la Russie, les questions concernant le droit et les possibilités de poursuivre leur activité d’élevage de rennes ont joué récemment un rôle essentiel. L’élevage de rennes constitue la base matérielle de leur existence tant pour le transport, l’alimentation ou l’habillement que pour l’habitat. Le renne est le principal symbole de la culture aborigène dans la conception du monde des peuples du Nord, dans leur folklore, leurs rites et célébrations et la façon d’éduquer les jeunes. Le renne est le principal animal sacrificiel. Les autochtones soulignent constamment le lien indéfectible existant entre les hommes et les rennes. Ils n’envisagent leur existence comme peuple qu’à travers la préservation et le développement de l’élevage de rennes en tant que mode de vie. Ils ne peuvent imaginer leur avenir sans le renne qui constitue le fondement de leur bien-être et assure leur survie. C’est le renne lui-même qui choisit où il va, il se nourrit pendant de longs voyages et les peuples du Nord le suivent.

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Selon Raven Dreamer, traduit par Xella Sieidi en 2013 sur son site Temple Yoni Matre, le Renne ou Caribou a les caractéristiques totémiques suivantes :


Cercle annuel de pouvoir : hiver


Temps de pouvoir :  le jour


Ses attributs : endurance ; douceur ; bonté ; estime de soi ; errance ; nomadisme ; sens de l’orientation ; protection durant les déplacements ; sociabilité ; transition à travers la noirceur ; adaptation au froid ; habileté à voir ce qui est dissimulé, secret.


Le caribou est un amalgame des médecines de l’élan, du cerf et de l’orignal.


La sagesse de Caribou/Renne inclut :

  • Se connecter à son chez-soi lorsqu’on éloigné de la maison

  • Pouvoir du nomadisme

  • Protection durant les déplacements et voyages

  • Habiletés sociales

  • Maintien de son pouvoir personnel lors de situations de groupe

  • Capacité à vivre de longues périodes dans la noirceur

Totem : Une personne dont le totem est le caribou est une personne qui a la bougeotte et qui aime voyager. Elle aimera particulièrement voyager en automne et au printemps. Il leur sera important toutefois de garder un attachement à leur maison ou à leur terre. Ils ont un bon sens de l’orientation, prenant souvent les devants lors d’expédition, mais sont aussi très sociables et aiment se retrouver en groupe. Ils peuvent endosser une attitude un peu contradictoire : ils croient en l’égalité des sexes et des individus, mais aiment aussi prouver leur domination et préfèrent pourvoyer eux-même à leurs besoins. Il est commun qu’une personne avec Caribou comme totem indique à son ou sa partenaire qu’ils sont uniques, égaux et indépendants, tout en se montrant possessifs.

Parce qu’ils voyagent le plus souvent l’hiver et sous la neige, ces personnes sont capables de traverser de grandes périodes de noirceur et en ressortir indemnes. Ils sont entêtés, d’une bonne manière. Leur excellent sens de l’odorat leur permet souvent de trouver ce qui est dissimulé. Ils dévoilent au grand jour des secrets, permettant ainsi à leurs amis (leur horde) d’en être informés, alors qu’ils ignoraient tout dès le départ. Les gens au totem du Caribou se sentent bien lorsqu’il fait froid et ne comprennent pas pourquoi les autres se plaignent.

Le renne est un totem orienté vers la famille; il possède de nombreuses habiletés de communication et aime prendre part à des activités sociales. Il est un leader né et accueille toute opportunité qui lui permettront de guider ses comparses vers de nouveaux horizons. Il est sans malice et aime aider ses amis et les membres de sa famille. À l’écoute des besoins des autres, ce totem nous enseigne à nous adapter à une communauté et à ses besoins. Son adage est très certainement « Un pour tous, tous pour un ».

Si Renne se manifeste dans votre vie, il est fort à parier qu’il est temps pour vous de vous occuper activement de votre horde. Si vous vous êtes isolé pour une raison ou une autre, ce totem vous demande probablement d’endosser le rôle de leader afin de rassembler les gens autour de vous pour travailler en équipe. Si, au contraire, vous êtes déjà en position de leadership, il serait bon que vous évaluiez si vous faites ombrage aux autres en leur imposant vos idéaux ; si c’est le cas, prenez du recul.

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Vladimir Randa, dans un article intitulé "Cornus versus dentus et autres modalités d’association des animaux dans l’imaginaire inuit." paru dans Études Inuit Studies, (volume 41, number 1-2, 2017, p. 51–71), nous éclaire sur le bestiaire inuit :


Animaux-équivalents :

C’est par un effet miroir, en grande partie à partir de l’opposition conceptuelle entre la terre et la mer, que certains animaux sont représentés comme des équivalents d’autres animaux et, de ce fait, constituent avec eux des paires . Le rapport d’équivalence implique le principe d’analogie, mais non d’identité. Être équivalents n’exclut pas des relations antagonistes, bien au contraire.


Le caribou et le morse : Cornus versus dentus

À première vue, la paire que forment le caribou (tuktu) et le morse (aiviq) peut étonner. Tous deux gibiers de grande importance, l’un est un représentant exemplaire des quadrupèdes « marcheurs » pisuktiit, l’autre fait partie des mammifères marins, « ceux qui émergent pour respirer» puijiit. Pourtant, ils forment l’une des associations les plus emblématiques et les plus constantes du bestiaire inuit.

La pierre angulaire de leur association est leur création commune et simultanée par une femme-esprit, à partir de ses vêtements, pantalon pour le premier, parka pour le second (Boas 1964, 179-80; 1907, 167-68). Chacun a reçu une apparence et un caractère particuliers, avec cependant un point de convergence : leurs attributs anatomiques respectifs par lesquels ils se différencient des autres animaux, bois pour le caribou et défenses pour le morse.

Les textes mythiques présentent deux variantes du dispositif initial : soit il est le contraire de la réalité présente, c’est-à-dire que le caribou est pourvu de défenses et le morse de bois, soit les deux protagonistes sont d’emblée dans la configuration actuelle mais, dans un désir d’expérimentation, procèdent à leur échange dont le résultat ne convient ni à eux-mêmes, ni aux humains au bénéfice desquels ils ont été créés et contre qui ils s’en servent comme armes : les morses utilisent leurs bois pour faire chavirer des embarcations, les caribous tuent des gens à coups de défenses. Le caribou et le morse finissent par prendre la forme qu’on leur connaît aujourd’hui, après quelques retouches opérées par leur créatrice, qui leur enjoint de s’éviter et de se tenir dorénavant à distance l’un de l’autre (Boas 1907, 168). C’est de cet échange avorté que serait née leur aversion réciproque (278). Depuis, les humains doivent veiller scrupuleusement à tenir séparés tous les produits qu’ils en tirent: « You must not take walrus-hide when you go caribou-hunting. If you do, you will starve. » (Ibid.), et à ne pas les chasser simultanément. L’hostilité entre ces animaux est si forte, pensaient certains Inuit, que, lorsqu’ils sont pourchassés, les morses sont susceptibles d’attaquer, à coups de défenses s’entend, les embarcations si celles-ci transportent de la viande ou des bois de caribous (Boas 1907, 124).

Un autre exemple des liens antagonistes entre le morse et le caribou, une figurine sculptée dans l’os pénien de morse, portée par un garçon sous ses vêtements, avait pour fonction de tenir à distance les ijiqqat, êtres invisibles notoirement liés aux caribous, lorsqu’il chassait, seul, ces animaux (Rasmussen 1929, 155).

En parallèle avec leur antagonisme d’ordre rituel, des points d’analogie sont systématiquement mis en avant tant dans les mythes que dans le discours naturaliste actuel : analogie de forme (bois/défenses) et analogie de comportement (alimentation, vie sociale, caractère…). Une configuration particulière –  lorsque les extrémités des bois ou des défenses sont très rapprochées – porte le même nom de kanngaaliik (idée de jonction ?) (Randa 1994, 96). Le même terme aimarnaq est employé pour nommer un animal, caribou ou morse, dépourvu de bois ou de défenses, ce qui est une anomalie (Ibid., 110; voir aussi Spalding 1998, 3 ; Uuttuvak et Quassa 2000, 182 qui ne mentionnent que le caribou). Selon d’aucuns, la pulpe (maaq) qui remplit à leur racine les défenses de morse présente une ressemblance d’aspect avec la moelle (patiq) de caribou.

Ces analogies se doublent d’une dimension homologique lorsque deux comportements atypiques du caribou et du morse sont comparés. Ainsi, il est dit que, en complète contradiction avec sa nature d’herbivore, il arrive au caribou d’avaler à l’occasion un lemming qu’il croise dans la toundra. De même, lorsque la trop grande profondeur de la mer empêche les morses de cueillir des coquillages sur le fond marin, comme c’est le cas à certains endroits dans le nord de la Terre de Baffin, ils peuvent se transformer en prédateurs de phoques annelés (Randa 1994, 192).

Il n’est pas anodin que, dans l’entretien cité par Laugrand et Oosten (2015, 37), Nua Piugaattuk, un aîné d’Igloolik fort respecté pour son expérience et l’étendue de ses connaissances, choisit de prendre comme exemple, pour décrire la réaction des animaux face au vent qui change de direction et d’intensité, le morse et le caribou.

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Jean Rouaud, dans La Splendeur escamotée de frère Cheval ou Le Secret des grottes ornées (Éditions Grasset, 2018), essaie de ressusciter la façon de penser des hommes du paléolithique :


"Les crues de printemps de la Seine ménageaient sur ses rives des replats dégagés qui facilitaient l'implantation de leurs villages amovibles et la circulation des troupeaux. Peu profond à cet endroit, le fleuve autorisait même qu'on le traverse, d'autant plus aisément qu'une île offrait une halte en son milieu. C'était une sorte de villégiature de chasse sur la route empruntée par les hardes de rennes à la recherche de pâtis meilleurs selon la saison. Les femelles les plus âgées placées en tête du troupeau semblaient avoir bien en mémoire le chemin reliant le nord au sud et d'une année sur l'autre n'en déviaient pas. Comme les oies dans le ciel, c'était des métronomes fiables et fidèles. Visiblement, elles en savaient aussi long sur la mesure du temps que les astres qui là-haut ponctuent nos jours et nos nuits. A croire que ces deux-là, les animaux et les lumières du ciel, échangeaient entre eux, ne faisaient qu'un peut-être, représentaient deux manifestations différenciées d'un même organisme. [...]

Les rennes sont des proies faciles, ils ont pour eux d'être de formidables marqueurs de temps. Impossible de les rater. Pendant leur migration, ils se regroupent à plusieurs dizaines de milliers, leur longue file s'étirant parfois sur deux ou trois cents kilomètres. Cette prolifération extraordinaire des animaux aura duré jusqu'au règne de la carabine à répétition. [...] Mais commode, cette abondance, pour la chasse paléolithique. Commode aussi pour connaître les moments de l'année. On pouvait traîner sur l'oreiller à l'aube, on ne risquait pas de manquer le défilé des rennes : tellement long qu'il fallait compter plus d'une semaine avant d'en voir la fin.

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Symbolisme celte :


Romain auteur d'un article intitulé "Pourquoi un renne ?" paru en 2012, dans le blog Champ d'étoiles propose une explication pour le choix du renne dans l'attelage du Père Noël [bien que rattacher cette symbolique à la tradition celtique me paraisse discutable] :

On sait que le renne est, comme le cheval ou le cerf du reste, un animal psychopompe dans la plupart des traditions celtiques. Cette vertu lui vient de sa force et de son endurance, lui permettant de parcourir de très longues distances - et il y a loin de la Terre aux Cieux des Dieux. Un autre privilège du renne semble se situer dans les bois qui ornent son chef. Ceux-ci évoquent un arbre, dont les racines seraient dans le crâne de l’animal, faisant de ce dernier un « Arbre de Vie » mobile (je privilégie des deux symboliques habituelles de l’arbre celle de la Vie plutôt que de la Connaissance, eu égard au contexte psychologique en question, de mort/renaissance-résurrection). L’animal, portant en chef le moyen de rejoindre les trois mondes (les morts en bas / racines, les vivants sur terre / tronc, les Dieux dans le plan supérieur / branches), devient capable de communiquer et de voyager dans les mondes en question. Il est à noter que la plupart des représentations celtiques de rennes (gravures sur pierres principalement) les représentent avec des becs d’oiseaux en lieu et place du mufle, soulignant leur capacité au vol, et leur empruntant ainsi la symbolique de lien entre les dieux et les hommes.

Ainsi doté de la capacité de voler, de porter les âmes des morts sur d’aussi longues distances sans faiblir, et de passer dans les trois plans du monde, le renne est un intercesseur idéal auprès des Dieux et de tout représentant divin ou magique, comme le sympathique Papa Noël.

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Mythologie :


Dans "Animaux symboliques: la part de l'expérience naturaliste dans l'imaginaire Inuit= Symbolic animals and naturalist experience among the Inuit." in Dounias Edmond (ed.), Motte Florac E. (ed.), Dunham M. (ed.) Le symbolisme des animaux : l'animal, clef de voûte de la relation entre l'homme et la nature ? (Paris, 2007), Vladimir Randa raconte la naissance insolite des rennes dans l'imaginaire Inuit :

L’une des origines possibles est la naissance dans un œuf qu’on appelle “œuf de la terre” nunaup manninga. La terre en quelque sorte “pond” ces œufs : il est bien précisé que les animaux ainsi nés n’ont pas de mère au sens commun du terme anaanaqanngittut (“ils n’ont pas de mère”), leur mère étant la terre. Seuls les chamanes sont censés connaître la raison de ce phénomène. De toute évidence, il y a là un double rapprochement entre la terre et les oiseaux :

– en tant que contenants : la terre “expulse” les œufs vers la surface, tandis que la mère oiselle “pond” vers le bas

– dans le cycle biologique : en principe, c’est pendant la saison de ponte chez les oiseaux qu’on trouve également des “œufs de la terre”.

Le passage par l’étape de l’œuf a de quoi surprendre en ce qui concerne les mammifères : on pourrait imaginer qu’ils naissent à même le sol, à la manière des animaux ordinaires, ou qu’ils jaillissent de la terre comme cela se produisait jadis aux temps lointains de la création de la terre (cf. Boas 1907 : 306, 536). Or, ils naissent dans un œuf comme un oisillon. Cette représentation s’explique-t-elle par le fait que