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  • Anne

La Monarde




Étymologie :

  • MONARDE, subst. fém.

Étymol. et Hist. 1775 (Valm. t.5). Du nom de Nicolas Monardes, botaniste esp. (1493-1588) qui en fit la découverte. Déjà en angl. en 1712 : Monardus (v. NED).


Lire également la définition du nom monarde afin d'amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Monarda ; Baume des abeilles ; Bergamote ; Chevelure du diable ; Mélisse d'or ; Thé des Indiens ; Thé d’Oswego ; Thé de Pennsylvanie ; Thé rouge ;




Botanique :


Fabien Girard auteur de Secrets de plantes 2, (Éditions JCL, Chicoutimi, Canada, 2014) dévoile les secrets de la monarde :


La Monarade bergamote (Monarda didyma) est une plante indigène de l'Amérique du Nord. Si elle existe depuis la nuit des temps sur ce continent à l'état sauvage, elle se prête très bien à la culture. En plus de rendre une foule de service en cuisine comme en pharmacie, elle décore agréablement le jardin de sa couleur vive et joyeuse. Elle aime les sols frais et bien drainés, mais ce n'est pas une plante particulièrement capricieuse. Elle sait s'adapter à de nombreux environnements.

La famille des labiées est une très grande famille qui regroupe environ 6 000 espèces de plantes et dont la plupart des membres ont la formidable capacité de projeter des tiges horizontales pour coloniser les sols, c'est-à-dire des stolons, de même que l'étrange particularité d'avoir une tige carrée, qu'on dit aussi quadrangulaire. D'autre part, environ 80% des labiées sont aromatiques et peuvent servir à préparer des tisanes. Assez extrême ! Il faudrait plus de 12 ans, en en goûtant une chaque jour, pour les expérimenter toutes.

Quant à la monarde elle-même, c'est la petite cousine des menthes, du patchouli, de la mélisse, de la sauge, du thym et du romarin. Ne vous étonnez pas de constater que le colibri aime fréquenter assidûment sa fleur. Non seulement la couleur écarlate l'attire-t-il irrésistiblement, l'abondant nectar sucré et goûteux qu'il y trouve est pour lui un régal. Sa houppette confère à la plante un petit côté punk bien à elle. [...]

« La saveur particulière de la monarde beregamote est le résultat d’un heureux mélange de linalol, présent dans le basilic et la lavande, de thymol, qui donne son goût au thym, et de carvacrol, qui donne son fumet à l’origan. Avec une telle richesse de saveurs, la monarde peut facilement remplacer le basilic dans un pesto ; elle se substitue aussi très bien à l’origan et au thym dans les recettes où ces plantes sont requises. »

L'eau distillé de fleurs de monarde donne une eau de Cologne très intéressante qui parfume de belle façon tout ce qu'elle touche. Sur le plan médicinal, ses feuilles peuvent intervenir dans les soins de la peau ; en infusion, elles soulagent les troubles digestifs et l'insomnie ; on peut encore l'inhaler pour soigner son rhume.

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Usages traditionnels :


Selon le site Ooreka :


Le nom « monarde » a été donné à cette plante en l’honneur du médecin botaniste espagnol Nicolas Monardes, né en 1493 (cette date n’est pas totalement sûre) et mort en 1588, qui découvrit les vertus de cette plante. Et en fit la description dans un ouvrage : Historia Medicinal de las cosas que se traen de nuestras Indias Occidentales. Une première édition – en langue castillane – parut à Séville en 1565.

Le terme « Thé d’Oswego » s’applique surtout à la monarde écarlate, Monarda didyma, mais aussi à la monarde pourpre, Monarda fistulosa ou monarde fistulée. Oswego ? Vous avez dit Oswego ? Ce nom bizarre fait référence à une tribu d’Amérindiens qui vivaient le long d’une rivière d’Amérique du Nord se jetant dans le lac Ontario. Les Indiens d’Oswego utilisaient traditionnellement la monarde en infusion et diverses boissons. Et ils se servaient des feuilles macérées dans l’huile pour soigner leurs cheveux.

Les colons de Boston ont copié leurs recettes. En 1773, une manifestation de colons, que l’on a appelé « la Boston tea party », dirigée contre l’autorité de la couronne anglaise, dégénéra et les colons jetèrent de très nombreuses caisses de thé à l’eau. Et la monarde en profita pour prendre la place du précieux breuvage. D’où une partie de ses surnoms : thé rouge, thé d’Oswego ou encore thé de Pennsylvanie.

C’est John Tradescant Le Jeune, naturaliste et jardinier, qui achemina quelques spécimens de Monarda fistulosa en Angleterre, en 1637. Un siècle plus tard, un Américain, le botaniste John Bartram (1699-1777), récolte des graines de Monarda didyma, sur les rives du lac Ontario, dans l’État de New York, et les expédie à Londres en 1744.

En France, entre 1880 et 1930, la limonade de thé d’Oswego devient une boisson estivale très prisée par les artistes et les petits bourgeois qui s’offrent des escapades à la campagne chaque week-end. La recette, pour vous croire à la Belle Époque ? Préparez une infusion de monarde, laissez-la refroidir, ajoutez du jus de citron et du sucre de canne liquide. Avec de la glace pilée, c’est un délice.

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Sur le blog de Marie-Claude Sagala on peut lire que :


Les Amérindiens Cheroke faisaient un onguent hydratant et anti-poux avec des têtes de monarde mijotées dans de la graisse d’ours. De nos jours on remplace la graisse d’ours par l’huile d’olive et un peu de cire d’abeille, c’est plus accessible et tout aussi efficace. Sous cette forme elle soignera l’eczéma, la gale, le pied d’athlète ou les rhumatismes. Inhaler la vapeur des sommités fleuries aide à dégager les sinus.

Pour bénéficier tout l’hiver de ses propriétés, on en fait une teinture mère ou un vinaigre médicinal. La monarde est bénéfique comme apéritif, contre l’aérophagie, les indigestions, les flatulences et même les vers intestinaux. Elle combat les affections bronchiques (rhume, toux, maux de gorge). Utile aussi contre l’insomnie et la fragilité nerveuse car elle est calmante.


On cueille les sommités fleuries juste avant leur éclosion complète et on les mange telles quelles, entre une et cinq par jour, à jeun, en les mastiquant lentement. [...]

En cuisine, la monarde fistuleuse accompagne les viandes et les marinades, alors que la monarde écarlate, plus sucrée, sera privilégiée pour les desserts et pour parfumer les sucres et les sirops (par ex. les compotes et les confitures).

Pensez à intégrer des fleurs de monarde à votre prochain couscous avec du jus de citron, huile d’olive, persil, tomates cerises et olives hachées. Laisser macérer une heure au réfrigérateur avant de déguster. Au moment de servir, si vous le désirez, ajouter des noix de pin ou autres graines.

Je vous partage la recette de beurre à la monarde de Mélinda Wilson : incorporer doucement ½ tasse de pétales frais de fleurs de monarde à 450 grammes de beurre ramolli. Mettre dans de petits ramequins, réfrigérer quelques heures avant de servir. Servir avec du pain grillé, du poisson, des légumes.

Les jeunes feuilles et les fleurs fraîches sont excellentes pour parfumer les jus de fruits et les limonades.

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Symbolisme :


Dans Les Fleurs naturelles : traité sur l'art de composer les couronnes, les parures, les bouquets, etc., de tous genres pour bals et soirées suivi du langage des fleurs (Auto-édition, Paris, 1847) Jules Lachaume établit les correspondances entre les fleurs et les sentiments humains :


Monarde - Je brûle.

A cause de sa fleur d’un rouge couleur de feu.

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