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  • Anne

L'Utriculaire


Étymologie :

  • UTRICULAIRE 1, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1823 utriculaires « ceux qui traversaient les fleuves, etc., sur les outres » (Boiste). Empr. au lat.utricularius « fabricant ou marchand d'outres », de utriculus (v. utricule).

  • UTRICULAIRE 2, subst. fém.

Étymol. et Hist. 1808 (Boiste). Empr. au lat. bot. utricularia « même sens », du lat. utriculus (v. utricule).


Lire également la définition du nom utriculaire afin d'amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Utricularia vulgaris ; Utriculaire commune ; Utriculaire vulgaire ;

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Botanique :


Dans Les Langages secrets de la nature (Éditions Fayard, 1996), Jean-Marie Pelt évoque les différents modes de communication chez les animaux et chez les plantes, et en particulier chez les plantes carnivores :


Mais voici qu'apparaît, sous l'eau cette fois, un troisième larron : l'utriculaire, minuscule plante aquatique aux feuilles filamenteuses, portant de petites outres vertes et transparentes, les utricules. On avait mis ces organes étranges pour des flotteurs analogues à ceux des algues qui couvrent les plages ou les rochers bretons, et accompagnent les huîtres dans les restaurants. Mais il n'en est rien.

La nasse des utriculaires

L'outre des utriculaires est en réalité une nasse dans laquelle viendront se prendre d'innocentes victimes aquatiques. Fermée par un clapet en forme de valve, l'utricule pleine d'eau présente à l'extérieur des faces gonflées, convexes ; vide, elle ressemble à un sac en papier dégonflé uni d'un réseau de minuscules soies sensibles. Qu'un animal aquatique vienne à les effleurer et il déclenche aussitôt, comme s'il avait appuyé sur une gâchette, l'ouverture du clapet. Les parois de l'outre se déforment alors à la manière d'un cornet qui se gonfle ; l'augmentation de volume s'accompagne d'un brutal appel d'eau vers l'intérieur de la nasse où l'animal se trouve entraîné comme par un tourbillon. L'ouverture du clapet s'opère en une trentième de seconde.

Voici l'animal captif de la nasse qui s'est refermée sur lui et om des sucs digestifs, sécrétés par les faces internes de l'utricule, le digéreront. Pour cela, en moins de trente minutes, des cellules spécialisées vident l'eau contenue dans l'outre, puis le système entreprend de digérer sa proie. L'efficacité du piège est encore accrue par un cercle de poils situés à l'intérieur et orientés vers le fond de l'outre, empêchant l'éventuelle fuite de l'animal captif selon le principe même de la nasse.

L'utricule est donc une redoutable prison, où s'agitent désespérément les condamnés à mort de cette plante aquatique. On connaît 275 espèces d'utriculaires ; certaines sont minuscules et ne vivent que dans des habitats très particuliers, par exemple le cœur toujours gorgé d'eau des rosettes de feuilles de diverses broméliacées, la famille de l'ananas. Chacun connaît, pour les avoir aperçues chez les fleuristes, ces plantes aux longues feuilles rigides, d'un vert parfois grisâtre mais souvent rouges à leur base, disposées en cercles concentriques et s'emboîtant les unes dans les autres autour d'un godet central souvent rempli d'eau et où l'on aurait presque envie de mettre le doigt ! Tout se passe comme si l'utriculaire voulait enseigner l'art de la « carnivorie » à des plantes dont la structure et les mœurs laissent penser qu'elles ne sont plus très loin de l'atteindre. D'ailleurs une broméliacée des forêts du Vénézuela (Bocchinia reducta) - l'une des toutes dernières plantes carnivores à avoir été identifiée - a déjà franchi le pas : les insectes nageant dans le godet sont coincés par des ferments digestifs qui, bientôt, les dévorent. Ainsi se profilent à l'horizon de l'évolution botanique de nouvelles espèces carnivores dans cette famille de plantes exclusivement américaines qui n'avaient fourni jusqu'ici que des ananas... et des pots de fleurs !

Le fonctionnement perfectionné des utriculaires a toujours intrigué les botanistes. N'est-il pas curieux de voir rassemblées dans ce petit appareil immémorial, la nasse, quelques-unes des plus fécondes inventions humaines : le jeu des valves et des soupapes, la pression des liquides et de l'air, la mise en œuvre du principe d'Archimède, etc. ? Et Maeterlinck d'ajouter à ce propos, dans L'Intelligence des fleurs, cette réflexion pertinente et moderne : « A examiner les choses de plus près, il paraît probable qu'il nous est impossible de créer quoi que ce soit. Derniers venus sur cette Terre, nous retrouvons simplement ce qui a toujours existé, nous refaisons comme des enfants émerveillés la route que la vie avait faite avant nous. Il est du reste fort naturel qu'il en soit ainsi. » De fait.

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Symbolisme :


Emma Faucon, dans Le Langage des fleurs (Théodore Lefèvre Éditeur, 1860) s'inspire de ses prédécesseurs pour proposer le symbolisme des plantes qu'elle étudie :


Utriculaire ; J'attends l'instant propice.

Cette plante aquatique aux fleurs jaunes se trouve dans les mares et les étangs. Elle doit son nom à des petites outres ou vésicules munies d'une espèce de couvercle mobile. Pendant la jeunesse de la plante, ces utricules sont remplis d’un mucus plus pesant que l'eau qui la font rester au fond. Vers l'époque de la fécondation, les feuilles secrètent un gaz léger qui chassent le mucus par le couvercle qui s'entr'ouvre ; alors l'utriculaire , soutenu par une foule de petites vessies aériennes, vient Notter à la surface ; la floraison et la fécondation s'opèrent à l'air libre et les étangs sont couverts de ses fleurs jaunes. Puis les fleurs sécrètent de nouveau du mucus qui chasse l'air ; les utricules deviennent plus lourds, s'enfoncent dans la se où les graines doivent mûrir et germer.

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Voir aussi : Plantes carnivores ;

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