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  • Anne

L'Ananas





Étymologie :

  • ANANAS, subst. masc.

Étymol. ET HIST. − 1. 1544 amanat « fruit d'une plante de la famille des broméliacées » (Fonteneau, Cosmographie, éd. G. Musset, Paris, 1904, p. 413 ds Arv. 1963, p. 51 : Aussi y a eu icelle coste [du Brésil] ... une maniere d'aultres fruictz qui semblent a artichaulx, ung peu plus grandz, et s'appellent amanatz, et sentent si bon quant ilz sont murs, que la maison en sent toute) ; 2. 1555 nana (N. Barré, Copie de quelques lettres sur la navigation du chevalier de Villegagnon es terres de l'Amérique..., éd. Ternaux-Compans, Paris, 1840-41, pp. 109-110 ibid. : Oultre il y a deux sortes de fruicts merveilleusement bons : l'un qu'ils appellent Nana [au Brésil]...) ; 3. 1578 ananas (J. de Lery, Hist. d'un Voy. fait en la terre du Brésil ..., p. 120 ibid.. Semblablement la figure du fruict qu'ils nomment Ananas) ; 4. 1586 ananas (R. de Laudonnière, L'Hist. notable de la Floride, éd. P. Jannet, Paris, 1853, p. 63 ibid., p. 52 : ... quelques autres plus indiscrets s'estoient amusez a cueillir des ananas, par les iardinages des Indiens [à l'Ile Dominique]...). 1, 2 et 3 sont empr. au tupi-guarani naná, ananá, mais 1 a dû l'être par l'intermédiaire du port., Fonteneau ayant empr. d'autres mots au port. (voir almadie) et n'étant pas lui-même un colon. En raison de la localisation géogr., 4 est empr. au caraïbe anana. Voir Fried. 1960 p. 51 ; FEW t. 20, p. 56, s.v. anânâ ; König 1939, pp. 14-15 ; Arv. 1963, pp. 50-54.


Lire également la définition du nom ananas pour amorcer la réflexion symbolique.




Botanique :








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Croyances populaires :


D'après Véronique Barrau, auteure de Plantes porte-bonheur (Éditions Plume de carotte, 2012),


"Si vous vous lancez dans une entreprise périlleuse et que vous n'êtes pas sûr de son dénouement, nous vous recommandons de verser du jus d'ananas frais dans l'eau de votre bain. Mais n'abusez pas sur la quantité car votre libido sexuelle pourrait en souffrir durant quelque temps

Dans Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont, 1995 et 2019), Éloïse Mozzani nous propose la notice suivante :


Dans de nombreuses îles du Pacifique, l'ananas est consacré à des dieux pour lesquels il constitue l'offrande par excellence : le dieu Oro à Tahiti, Ta'aroa aux îles Wallis, Tararamanu aux Salomon, Tangaroa et Upao Vahu à Hawaïï et Tein Kanaké et Bwae Bealo en Nouvelle-Calédonie.

Selon une légende des îles Loyauté, le prince Sakora voulut prendre un jour pour épouse une des "Tuarere, femmes ailées qui allaient d'archipel en archipel pour pêcher, se baigner ou se peigner les cheveux sur la plage. [...] Il lui ôta délicatement les ailes, qu'il planta au pied d'un volcan. cette paire d'ailes s'enracina, devint deux belles feuilles bien vertes. Et ce fut l'ananas."

L'ananas, qui signifie dans le langage des fleurs "Vous êtes parfaite", peut dissiper le désir sexuel : dans l'archipel Gilbert (Pacifique), pour conserver leur chasteté, les jeunes filles "se frottent le corps avec la pulpe d'ananas". En petite quantité, il protège ceux qui se lancent dans une aventure ou des affaires à risques. Pour cela, il faut soit verser du jus d'ananas frais dans un bain chaud soit porter un sachet contenant des morceaux du fruit séché.

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