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  • Anne

Le Fuchsia


Étymologie :

  • FUCHSIA, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1693 bot. (Ch. Plumier, Description des plantes de l'Amérique). Terme du lat. sc. mod. fuchsia, créé par Ch. Plumier d'apr. le nom du botaniste all. L. Fuchs (1501-1566), v. Roll. Flore t. 6, p. 6.


Lire aussi la définition du nom pour amorcer la réflexion symbolique.

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Botanique :

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Symbolisme :


Selon Des Mots et des fleurs, Secrets du langage des fleurs de Zeineb Bauer (Éditions Flammarion, 2000) :


"Mot-clef : La Gentillesse.


Savez-vous ? : C'est Leonhart Fuchs, botaniste allemand u XVIe siècle qui donna son nom à cette fleur. Le fuchsia a été introduit en France au XVIIe siècle par le botaniste hollandais Plummer. Alfons Mucha contribua à le rendre célèbre à la Belle Époque en le peignant sur ses affiches., sans doute très inspiré par sa couleur si rare dans le monde végétal. Le fuchsia est toujours vendu en pot.


Message : J'ai pour vous un amour ardent"

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D'après Nicole Parrot, auteure de Le Langage des fleurs (Éditions Flammarion, 2000) :


"Vous êtes aimable et doux, complimente le fuchsia, attendez-vous à un grand bonheur imprévu qui vous laissera stupéfait(e). Vous serez récompensé(e) de vos bienfaits car je vous apporte la chance".

Quelle que soit sa teinte, la petite clochette s'affirme comme marque de bon goût et favorise les "sentiments ardents". Il lui arrive d'être blanche et rouge, elle avoue alors simplement : "Je vous aime de tout mon cœur". Toute rouge, elle va plus loin : "Mon amour est inébranlable".

Mais toutes les élégantes (et bien des élégants) connaissent surtout le rose fuchsia. Cette couleur rare, avec quelque chose de magique, a presque fait oublier la fleur. Dans la mode, elle se marie, selon les années, avec le bleu, le violet, le vert acide ou l'orange, sans cessé découverte et redécouverte, jamais tout à fait délaissée. Son nom curieux qui contribue à son charme, elle le doit au Docteur Fuchs, botaniste allemand. Le fuchsia aurait d'ailleurs pu se nommer "plumier", en l'honneur du naturaliste marseillais qui le découvrit sur les plateaux péruviens et l'introduisit en France à la fin du XVIIe siècle. Mais il est à parier que le "plumier" aurait moins séduit que le fuchsia.

Sauvage, il pousse en abondance sur les îles anglo-normandes et ses fleurs devaient se plaire dans le jardin de Victor Hugo à Guernesey : l'écrivain en exil, sensible au langage des fleurs, interdisait qu'on les coupe.

Si sa teinte unique ne quitte pas les projecteurs de la haute couture, en revanche, la fleur qui fut très en vogue à la Belle Époque et trône sur les belles affiches de Mucha a, depuis, connu un certain oubli. Mais commence peu à peu à réapparaître.


Mot-clef : "Grand bonheur imprévu".

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Doreen Virtue et Robert Reeves proposent dans leur ouvrage intitulé Thérapie par les fleurs (Hay / House / Inc., 2013 ; Éditions Exergue, 2014) une approche résolument spirituelle du Fuchsia :

Nom botanique : Fuchsia spp.


Propriétés énergétiques : Aide à se sortir des problèmes et à laisser le stress derrière soi, et incite à aller de l'avant.

Archanges correspondants : Métatron et Michael.


Chakras correspondants : chakra racine ; chakra sacré ; chakra du plexus solaire ; chakra du cœur.


Propriétés curatives : Ces adorables fleurs font penser à de minuscules fées et anges vêtus de belles robes. L'énergie du fuchsia vous élève et vous réconforte telle une étreinte chaleureuse - à l'image de celle des anges. Cette fleur vous permet de vous sortir de vos problèmes actuels pour mener une existence heureuse et sereine. Elle vous incite à persévérer, car vous êtes sur le point de vous libérer et de laisser tous les obstacles derrière vous.


Message du Fuchsia : « Permettez-moi de vous prendre par la main. je vous élèverai au-dessus de votre situation actuelle pour vous mener vers un lieu de paix et de joie, où vous serez en mesure de comprendre la cause de ce que vous vivez. Bannissez la tension et le stress auxquels vous vous étiez habitués, car ce n'est pas ainsi que vous devez mener votre vie. Acceptez que je vous aide à vous libérer de ces poids. Pensez à la joie que vous pourrez ressentir. Prenons le temps nécessaire pour que vos ailes puissent se déployer et vous entraîner loin de vos problèmes ! »

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Littérature :


Régine Detambel consacre un ouvrage à Colette. Comme une flore, comme un zoo (Éditions Stock, 1997) dans lequel elle s'intéresse aux métaphores botaniques et zoologiques :


Dans les F...uchsias

« La toute petite Bastienne s'endort et s'éveille sur de jeunes bras parfumés, et des visages de péris, roses comme le fuchsia, murmurent pour elle selon le rythme d'un orchestre lointain. » L'Envers du Music-Hall


Pour le teint vif, d'un rose soutenu, des femmes très maquillées, Colette ouvre la serre des fleurs les plus apoplectiques. Les visages roses comme le fuchsia sont d'artistes de music-hall, déjà fardées pour le spectacle. Quand le maquillage est plus agressif encore, « les femmes [...] se colorent de mauve fuchsia... »

Sitôt le fuchsia défraîchi, Colette exploite le rouge des phlox. En grec, phlox veut dire flamme : « Elle a des pommettes vives, de la même couleur que les phlox des jardins, des lèvres d'un rouge noir, brillantes et comme vernies... » A cause du « rouge pétunia » des joues de Mitsou, ses bras et le sillon de son dos paraissent verts, aux lumières du théâtre. Les fonds de teint empruntent également leur lumière aux hortensias : « Les femmes, bien vivantes, n'enlaidiront pas avant le jour : un bon “fond de teint” assure à presque toutes, pour la nuit entière, ce rose lumineux, un peu fiévreux, de certains hortensias. » Quant aux feuilles des hortensias, elles ont « le cuir épais et mouillé. »

Ainsi roses et rouges vifs vont s’échelonner, des plus fins au plus triviaux : « Le plus proche music-hall vendait ses derniers strapontins à des postulants jaunes comme l'or, gris de cendre, à des femmes géantes d'un rose de tomate mi-mûre... » et le père de Claudine chante à pleine voix : « Si tu voyais mon chose / Tu rirais trop, tu rirais trop : / Il est couleur de rose / Comme un fond d’artichaut ! »

Quand, dans une lettre adressée à un metteur en scène, le mime Colette mentionne le fuchsia, ce n’est plus une allusion cosmétique mais l'humour d'une autocensure : « Cinquante représentations, que je crois... Mais à cela je ne connais rien, tu sais. Une chose qui va urger, c'est que tu reviennes. Je suis trop incertaine de ce que j fais. Ça m'ennuie pour toi, mais ne tarde plus. Nous arrivons à un moment trop critique de notre travail, je t'assure. Et j'ai besoin de la banderille dans les f... uchsias. »

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Dans le roman policier intitulé L'Armée furieuse (Éditions Viviane Hamy, 2011) Fred Vargas imagine une victime à la main verte :


- C'était le genre de femme à vivre cent dix ans en s'occupant toujours de la boutique. Elle était maniaque mais elle n'avait pas tort. Depuis sa mort, on dit que la qualité des plants a baissé. Il vend des fuchsias qui meurent au premier hiver. Alors que pour faire crever un fuchsia, il faut se lever de bonne heure. Il bâcle ses bouturages, voilà ce qu'on dit.

- Ah bon, dit Adamsberg, qui n'avait jamais bouturé.

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