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Le Gnou

Photo du rédacteur: Anne
Anne
22 avr. 2018
6 min de lecture

Dernière mise à jour : 5 sept.



Étymologie :


  • GNOU, subst. masc.

Étymol. et Hist. [1775 Nou (Querhoent cité par Buffon d'apr. Rob. 1957)] ; 1778 gnoo (Sec. Voy. de Cook [208] t. 1, p. 135 ds König, p. 98) ; 1782 gnou ou niou (Buffon, Hist. nat. Suppl., t. 6, p. 89, ibid.). Mot hottentot ; cf. FEW t. 20, p. 87a ; König, p. 98.


Lire également la définition du nom gnou afin d'amorcer la réflexion symbolique.

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Zoologie :


Dans Pourquoi les méduses ne vieillissent pas... et autres secrets de longévité de la nature. (Éditions Leduc, 2022) Nicklas Brendborg s'intéresse à la longévité de différents êtres vivants :


"Inconvénients de l’immortalité

[...]

Les théories les plus en vue considèrent le vieillissement comme une incapacité à réparer correctement les dommages. Pour l’essentiel, elles avancent que les animaux tentent de combattre le vieillissement mais finissent par manquer des outils nécessaires. Certains chercheurs pensent que cette façon de voir est complètement fausse. Ils affirment que le vieillissement est plutôt quelque chose que nous nous infligeons à nous mêmes : une sorte de poursuite d’un programme de développement qui nous fait passer de l’ovule fécondé au bébé, puis à l’enfant et l’adulte. Cette idée est généralement appelée « vieillissement programmé ». Franchement, il y a là une certaine logique, non ? Si tous les animaux vivaient éternellement, il y aurait tant d’animaux qu’il ne resterait plus de nourriture et que tout le monde mourrait de faim. Ce ne serait pas une stratégie particulièrement futée !

Même si cette théorie paraît plausible à première vue, elle est contestée du fait de sérieux problèmes logiques et mathématiques. L’évolution ne fonctionne tout simplement pas de cette manière quand il s’agit d’un groupe. Un des problèmes principaux réside dans une situation classique nommée « la tragédie des biens communs ». C’est le même phénomène auquel nous sommes confrontés quand il nous faut prendre soin de l’environnement, payer les impôts ou maintenir propre une cuisine partagée. Il y en aura toujours pour tenter de profiter des avantages sans apporter eux-mêmes une quelconque contribution.

La « tragédie des biens communs » est largement répandue dans la nature et vous l’avez certainement déjà rencontrée sans le savoir. Si vous avez déjà regardé des documentaires sur la nature, vous vous êtes peut-être demandé pourquoi les proies se défendaient rarement. Quelques lions suffisent à disperser des milliers de gnous. À coup sûr, le rapport de forces pourrait être inversé. Peu importe la force et la férocité des lions, par leur grand nombre, les gnous devraient être capables de les vaincre : ils sont parfois à plusieurs milliers contre un ! Mais, sitôt que les lions approchent même un seul –, c’est la fuite panique. À la fin, l’un d’entre eux finit par être mangé.

Si les gnous parlaient français, nous pourrions les faire s’asseoir et leur expliquer la situation : « Si vous coopérez, c’est vous qui aurez le dessus. Vous pouvez tuer les lions et vous libérer des prédateurs en faisant équipe contre eux. » Les gnous seraient évidemment convaincus par notre logique et élaboreraient un plan : à la prochaine attaque d’un lion, ils se défendraient vaillamment. Plusieurs gnous seraient peut-être blessés, mais leur nombre leur assurerait la victoire finale. À partir de là, les gnous ne seraient plus victimes de leurs bourreaux.

De temps en temps, les gnous devraient affronter de nouvelles meutes de lions, mais la coopération leur permettrait d’améliorer considérablement leur vie.

Mais, comme dans tout groupe, il se trouvera un lâche parmi les gnous. Celui-là aimera cette sécurité nouvellement acquise autant que n’importe qui. Mais il n’aura pas envie de mettre sa vie en jeu – que les autres le fassent ! Ainsi, à l’attaque suivante des lions, le lâche s’assurera de se retrouver à l’arrière de la défense. De cette façon, il ne risquera rien et laissera aux autres gnous la charge de la sécurité du troupeau.

Les courageux gnous de la première ligne seront parfois blessés, et certains trouveront même la mort. Le lâche, quant à lui, se débrouillera toujours pour rester en sécurité. Il vivra bien plus longtemps que la moyenne des gnous et aura donc une descendance plus nombreuse. Parmi celle-ci, certains seront aussi des lâches et veilleront à rester en sécurité à l’arrière comme leur père. Il en résultera qu’au fil des générations, les gnous lâches auront une progéniture plus nombreuse que les courageux. Ils ne penseront qu’à eux et resteront en sécurité, ne prenant jamais aucun risque pour les autres. Mais cela signifie que le troupeau tout entier finira par être fait de lâches. Alors, l’astucieuse tactique de défense échouera et ce sera à nouveau le règne du chacun pour soi.

Dans notre société, nous avons inventé des mécanismes sociaux qui rendent plus difficile ce genre de triche. Nous sanctionnons ceux qui tentent d’échapper à l’impôt, poursuivons les entreprises polluantes ou cassons du sucre sur le dos de quiconque essaie de se soustraire aux tâches de nettoyage d’une cuisine partagée. Mais, même munis de nos conventions culturelles, prendre soin de l’environnement, collecter l’impôt et maintenir propre une pièce commune restent difficiles. La nature est loin d’être aussi chanceuse que nous : elle ne peut pas prévoir les problèmes ou y penser rationnellement. L’évolution est une marche à l’aveuglette et, dans la nature, la solution optimale à la « tragédie des biens communs » est souvent de vous comporter vous-même en lâche."

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Symbolisme :


Mireille Lobligeois, dans un article intitulé "Louis Ohier de Grandpré (1761-1846)." (In : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques, 2008, vol. 130, no 5, pp. 113-120) rapporte un symbolisme daté :


"En histoire naturelle, retenons la description du gnou dans l’ouvrage de Barrow :

« Cet animal extraordinaire est le plus vite de ceux qui habitent les plaines de l’Afrique […] Il tient du cheval, du bœuf, du cerf et de l’antilope […] Quoique petit, cet animal paraît considérable quand on le voit caracoler dans les plaines. On peut prendre le gnou pour l’emblème d’une liberté illimitée […] On n’a point encore réussi à l’apprivoiser. »

Ceci [Barrow, Voyage dans la partie méridionale de l’Afrique, trad. par Grandpré] est écrit, ou du moins publié, en 1801."

Dans une note de son mémoire intitulé Nécessité du médium internet dans la visibilité, la gestion et la publication scientifique des chantiers de fouilles archéologique (2012) Henry-Louis Guillaume rappelle que :


"Le projet GNU a été lancé par Richard Stallman en 1984, alors qu'il travaillait au laboratoire d'intelligence artificielle du MIT, afin de créer un système d'exploitation libre et complet et, d'après ses mots, « ramener l'esprit de coopération qui prévalait dans la communauté informatique dans les jours anciens ». Le symbole de GNU est un gnou, animal dont le nom se prononce de la même manière que l'acronyme « GNU » en anglais et, par un heureux hasard, en français également."

Selon, Jean-Christophe Cavallin, auteur de L’œil de tous : Variations sur Cloverfield (Matt Reeves, 2008 - Diacritik, 2018) :

"Pour comprendre pourquoi les vaches regardent passer les trains, il suffit de regarder le comportement d’un troupeau de gnous. Dans le même temps qu’il broute, chaque gnou reste attentif, mais ne fait pas attention au seul indice d’un prédateur coulé dans les herbes hautes. Il est aussi aux aguets de ce que voient tous les autres et réagit au moindre signe que l’un d’entre eux pressent un fauve. La sélection naturelle a inscrit dans son génome cette synchronisation des perceptions singulières comme stimulus-réponse. Son aesthesis est un sens commun, parce que les sens de chaque gnou sont immédiatement reliés au système perceptif des autres et qu’en matière de survie, la loi qui régit le troupeau est celle de l’un pour tous. D’où l’unisson de nos bovins qui, sans avoir jamais connu de prédateur naturel, se tournent d’un seul tenant sur la rumeur d’un train comme une odeur de lionne."

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Littérature :


Le gnou


Pan ! Pan ! Pan ! Qui frappe à ma porte ? Pan ! Pan ! Pan ! C’est un jeune faon Pan ! Pan ! Pan ! Ouvre-moi ta porte Pan ! Pan ! Pan ! Je t’apporte un paon Pan ! Pan ! Pan ! Ouvre-moi ta porte Pan ! Pan ! Pan ! J’arrive de Laon

Pan ! Pan ! Pan ! Mon père est un gnou Né on ne sait où, Un gnou à queue blanche Qui demain dimanche, Te fera les cornes Sur les bords de l’Orne.


Robert Desnos, "Le gnou", in Chantefables et Chantefleurs, 1952.

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Humour :





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