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La Clavaire corail





Étymologie :


Étymol. et Hist. 1778 (Lamarck, Flore, Paris, t. 1, no 1288). Empr. au lat. des botanistes clavaria « id. » terme créé en 1697 par P. Bocco, Museum, Venise, I, t. 307 ds Linné, Species plantarum, Vindobonae, 1764, t. 2, p. 1651) à partir du lat. clava « massue »; cf. lat. clavaria, xixes. ds DEI.


Étymol. et Hist. I. Gantelée, ca 1215 gauntelee « nom de plusieurs plantes dont les fleurs sont en doigt de gant, telles l'ancolie, la digitale, la campanule... » (Gloss. Harley, 139bds T.-L.); xiiie s. gantelee « id. » (Traité de médecine ds Romania t. 32, p. 83). II. Gantelé, -ée, 1834 « couvert d'un gantelet, qui a les mains couvertes par des gantelets » (Dumas père, loc. cit.). I dér. du rad. de gantelet*; suff. -ée* (v. Roll. Flore t. 7, p. 226). II dér. du rad. de gantelet*; suff. ; cf. antérieurement le verbe ganteler « arrêter » (1782, Séb. Mercier, Tableau de Paris, VI, 28 ds Gohin, p. 250).


  • MAINOTTE

Dérivé de main, avec le suffixe -otte, la clavaire ressemblant à une menotte, une petite main.


Étymol. et Hist. 1456-67 « petite tripe » (Cent Nouvelles nouvelles, LXXXIII, éd. F. P. Sweetser, p. 486 : il se tire a ces trippes belles et grasses et fiert dedans [...] Et avant que la bonne damoiselle eust a moitié mengé sa porée, il n'y avoit trippe ne tripette dedans le plat) ; 1743 il ne vaut pas tripette; je n'en donnerois pas tripette (Trév.). Dér. de tripe1* ; suff. -ette (-et*).


Lire également les définitions de clavaire, gantelée et tripette afin d'amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Clavaria coralloides - Clavulina coralloides - Balai - Barbe-de-bouc - Barbe-de-chèvre- Bouquin-barde - Buisson - Cheveline - Chevelures - Clavaire à crête - Clavaire corail - Clavaire crêtée - Crête de coq - Gallinalle - Gallinette - Ganteline - Mainotte - Manine jaune - Pied-de-coq - Poule - Tripette -

Clavaria cinerea - Clavaire cendrée - Mainotte - Manine grise - Menotte cendrée (Vosges) - Pattes de rat (Rroussillon) -

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Mycologie :


Dans son Histoire des champignons comestibles et vénéneux (Fortin, Masson et Cie Libraires-Éditeurs, 1841) le Dr Joseph Roques décrit deux clavaires qui se ressemblent :


CLAVAIRE CORALLOIDE. CLAVARIA CORALLOIDES.


On a donné à cette plante une foule de noms vulgaires. Ainsi on l'appelle, suivant les localités, barbe de chèvre ou de bouc, pied de coq, buisson, ganteline, tripette, mainotte ou manine jaune, etc. Son tronc, très épais, se divise en un grand nombre de rameaux glabres, cylindriques, pleins, fragiles, taillés en branches de corail, et dont la surface est comme ondulée. Sa couleur est d'un jaune pâle ; on en distingue plusieurs variétés ou sous-espèces, dont la couleur est tantôt flavescente ou blanchâtre, tantôt incarnat ou d'un rouge orangé. Ce champignon vient en automne dans les bois, où il s'élève à trois ou quatre pouces de hauteur. On le trouve dans les forêts d'Orléans, de Fontainebleau, de Saint-Germain ; dans les bois de Montmorency, de Vincennes, de Meudon, etc. Il croît également dans les bois du midi de la France ; on l'appelle manetos aux environs de Toulouse. En Italie, il est connu sous les noms de dittosa, barba caprina, manine, etc.


CLAVAIRE CENDRÉE. CLAVARIA CINEREA.


Cette espèce, appelée vulgairement mainotte ou manine grise, est d'une couleur cendrée ou fuligineuse. De son tronc épais s'élèvent un grand nombre de rameaux pleins, aplatis au sommet, sinueux sur les bords, longs de deux à six pouces, glabres et d'une texture fragile. Elle acquiert quelquefois un grand développement ; Bulliard dit avoir observé des individus qui pesaient au-delà de cinq livres. On la rencontre dans les bois en octobre et en novembre. Elle est assez rare aux environs de Paris ; mais elle croît abondamment en Normandie et en Franche-Comté, où on en fait un grand usage. Elle a les mêmes qualités que l'espèce précédente, et elle offre, par conséquent , un aliment salubre aux pauvres habitants des campagnes.

 




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Usages traditionnels :


Le  Dr Joseph Roques, auteur d'une Histoire des champignons comestibles et vénéneux (Fortin, Masson et Cie Libraires-Éditeurs, 1841) relève les usages culinaires liés à cette clavaire :


La chair de la clavaire coralloïde est blanche, cassante, d'une saveur agréable, d'une odeur légère de champignon ; elle fournit une nourriture très saine et d'une digestion facile. J'en fais tous les ans une ample récolte dans les bois des environs de Versailles. Toutes les variétés de cette plante sont également usuelles et très estimées en Allemagne, en Italie, en Suisse, dans le Brabant, etc. Leur emploi culinaire est d'autant plus sûr qu'elles n'ont aucun trait de ressemblance avec des champignons malfaisants.

Dans les pays où ces plantes croissent en abondance, on les conserve pour en faire usage pendant l'hiver. On les passe d'abord à l'eau bouillante, et après les avoir bien essuyées, on les fait macérer dans du vinaigre.


PRÉPARATION DES CLAVAIRES. - PETIT REPAS DANS LES BOIS DE MEUDON


Les clavaires étant mondées, lavées à l'eau tiède et parfaitement égouttées, on les fait cuire avec du beurre, du persil, un peu de ciboule, du gros poivre et du sel. Lorsqu'elles sont cuites, on y ajoute des jaunes d'œufs. Pour les rendre plus moelleuses, on peut les nourrir pendant la cuisson, avec quelques cuillerées de consommé ou de bouillon. Voilà comme je les prépare ordinairement à mon petit foyer.

On mêle quelquefois les clavaires avec d'autres champignons, tels que les ceps, les chanterelles, etc. On les blanchit, on les essuie, on les hache, on les réduit en purée et on les nourrit de jus de jambon.

MM. Darthenay, Charles Letellier et Adolphe de Balathier m'avaient accompagné dans les bois de Clamart et de Meudon ; ils voulaient, disaient-ils, se faire mycophiles à mon école. Nous ramassâmes une grande quantité de clavaires, d'hydnes et de ceps, qui furent préparés chez le garde de Fleury. La course avait été longue. Demandez à ces jeunes littérateurs un peu mondains, s'il leur fallut du kari de l'Inde et du piment pour réveiller leur estomac. Quel appétit ! Ce jour- là ils eussent trouvé le brouet des Spartiates excellent. Après le vin de Mâcon fourni par le garde, je m'empressai de leur offrir un flacon de vin de Malvasia qu'un de mes bons clients avait fait déposer dans mon petit caveau. C'était encore le bon temps de la médecine. Les médecins et les malades faisaient entre eux un échange de zèle et de reconnaissance qui devient plus rare de jour en jour.

Comment trouvez-vous ce vin de l'Archipel ? me disait M. le vicomte de Laroque, dans une petite réunion d'amis. Il est vraiment délicieux. Eh bien, cher docteur, vous en aurez demain une douzaine de flacons.- Vous me gâtez, c'est beaucoup trop, je n'en veux qu'un ou deux. Pas tant de façons, je vous répète que vous en aurez douze. 11 faut honorer le médecin, honora medicum, les livres sacrés nous le recommandent. » Ce brave homme tint parole. Il était pourtant de la Gascogne. Mais il y a de braves gens partout, dit un ancien adage. Et moi je soutiens qu'on trouve à Périgueux, à Bordeaux, à Toulouse, autant et peut-être plus de sincérité, de cordialité, que partout ailleurs. C'est au reste la terre classique des truffes et des oronges.

Revenons à nos clavaires, les oronges et les truffes viendront à leur tour. Ce champignon s'allie fort bien avec le veau, le mouton, la volaille, qui en deviennent plus sapides. Le fermier, le bûcheron, le curé de campagne, peuvent varier ainsi leurs petits ragoûts. Naturellement sobres, tempérants, actifs, ils les digéreront à merveille avec leur petit vin indigène. Heureux celui qui n'a pas besoin de vins étrangers pour digérer !

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François Simon Cordier, auteur de Les Champignons : Histoire - Description - Culture - Usages des espèces comestibles, vénéneuses et suspectes... (J. Rotschild Éditeur, 1876) explique également comment consommer les clavaires :


MANIÈRE D'APPRÊTER LES CLAVAIRES.

« Après les avoir lavées et épluchées , c'est-à-dire ôté la terre du bas, on les fait ramollir sur un feu doux dans une casserole, avec un morceau de beurre ; quand elles sont ramollies on jette l'eau qu'elles ont rendue, et on les saupoudre légèrement de farine ; on les mouille avec du bouillon et on fait la liaison avec les jaunes d'œufs, quand elles sont cuites ; c'est l'affaire d'une heure.

D'autres les font cuire, après les avoir épluchées et lavées, avec du lard qu'on met dessus et dessous, et du bouillon, en ajoutant sel, gros poivre, un morceau de jambon et un peu de persil. Il faut environ une heure de cuisson ; après cela, on les met dans une sauce faite avec du coulis ou du jus de viande, ou en fricassée de poulet, sans les remettre sur le feu. On a soin de couvrir la casserole avec du papier, sur lequel on met le couvercle ; c'est le moyen de retenir leur parfum, de les conserver blanches, et d'empêcher la sauce de s'épaissir trop.

On confit encore les Barbes- de- chèvre ( les Clavaires) au vinaigre, de la même manière que les cornichons et la Perce-pierre, Crithmum maritimum, etc. Pour cela , on les blanchit d'abord, c'est-à-dire on les passe à l'eau bouillante, on les essuie et on les met dans du vinaigre. L'expérience a prouvé que cette manière de les conserver est très-bonne. » (PAULET).

Les grandes espèces de Clavaires demandent à être cuites à l'étuvée pendant au moins une heure. Ce qu'il y a de mieux, c'est d'ajouter à leur cuisson un mélange de fines herbes et de jambon auquel il est indispensable de joindre des cives, des échalotes et une petite portion d'ail.

Lorsqu'on fait cuire les petites espèces de Clavaires, elles doivent être liées en bottes comme les asperges. C'est le plus souvent à la sauce blanche qu'on les prépare. Les Clavaires de couleur jaune sont moins délicates que les blanches.

Ces plantes, même celles qui sont de petite taille, sont pour la plupart d'excellents articles de nourriture.

[...]

Clavaria cinerea : Comestible, mais nuisible si l'on en mange une certaine quantité. J'en ai fait l'expérience.


 

Il est intéressant de noter à quel point cette clavaire était estimée sur le plan gustatif au XIXe siècle. Ainsi peut-on le lire dans une « Analyse de la Revue mycologique ; observations personnelles à propos des Agarics phosphorescents, de l'Ag. albellus, de l'Oronge, de la Fausse-Oronge et son habitat, etc. » (In : Publications de la Société Linnéenne de Lyon, 1883, vol. 1, no 2, pp. 9-15) de Charles Veulliot :


M. Veulliot fait l'analyse de la Revue mycologique, publiée à Toulouse par M. Roumeguère et consacrée à l'étude des Champignons et des Lichens ; [...]

M. Veulliot passe en revue les divers articles contenus dans le premier fascicule de cette intéressante publication, pour l'année 1882. [...]

La Revue renferme une « Notice populaire sur les Champignons comestibles », due au capitaine Sarrasin. L'auteur y signale aux amateurs dix espèces comestibles, les plus abondantes, dit-il, les plus savoureuses et les plus faciles à reconnaître : 1° la Morille ; 2° l'Hydne sinué ; 3° la Chanterelle ; 4° la Clavaire corail ; 5° le Cèpe ordinaire ; 6° le Cèpe bronzé ; 7° le Mousseron ; 8° l'Agaric élevé ; 9° l'Oronge ; 10° l'Agaric comestible.

Il donne la description de chacune d'elles et les compare à, quelques espèces vénéneuses ayant le plus d'affinité avec ces diverses espèces. Toutes ces espèces se retrouvent dans la région lyonnaise ; M. Veulliot fait cependant des réserves au sujet de la Clavaire corail qui pourrait être confondue avec la Clavaire jaune {Clavaria flava).

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Symbolisme :


Sur le site Art Stella, on découvre les élixirs de champignons :


Les élixirs de champignons sont nouveaux venus dans la gamme. Ils offrent une possibilité intéressante de combinaison avec les élixirs floraux. Les champignons sont des plantes sans chlorophylle [non, ils appartiennent au règne des Fungi, plus proche du règne animal que du règne végétal ! ] ce qui représente une particularité dans le monde végétal. Ils dépendent de substances organiques qu'ils puisent dans leur environnement. Les élixirs agissent sur le corps émotionnel. Ils amènent cette transformation sur le plan physique et permettent d'intégrer l'énergie au niveau cellulaire.


Clavaire cendrée (Clavulina cinerea) : L'élixir possède une action fortement stimulante au plan mental. Il stimule énergétiquement les processus du système nerveux, ainsi que ceux de la perception et de la pensée. Intellect et intuition sont harmonisés.

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