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  • Anne

L'Amanite des Césars



Étymologie :

  • AMANITE, subst. fém.

Étymol. ET HIST. − 1611 bot. (Cotgr. : Amanite. The name of a wholesome toadstoole). Empr. au gr. α ̓ μ α ν ι ́ τ η ς « sorte de champignon », Galien, 6, 370 ds Bailly. − Amanitine, 1838 chim. (Ac. Compl. 1842).

  • CÉSAR, subst. masc.

Étymol. et Hist. Ca 1245 cézar [à propos de Clovis] (Ph. Mousket, Chron., éd. Reiffenberg, 477, t. 1, p. 20) ; 1488 titre donné à un empereur romain (La Mer des Histoires, II, 100 b, édit. 1491 ds Rom. Forsch., t. 32, p. 28) ; xve s. p. allus. à Jules César, désigne un homme énergique (O. Basselin, Vaux de Vire, éd. P.-L. Jacob, p. 20) ; av. 1544 « empereur » (Marot, Colloq. d'Erasme, 1 ds DG : les princes, roys, césars) ; 1680 rendez à César ce qui est à César (Rich.) ; av. 1850 « conquérant, despote » (Balzac ds Lar. 19e). De Caesar, surnom de la Gens Julia, en usage dep. le préteur Sextus Iulius Caesar en 208 av. J.-C., porté par Caius Iulius Caesar, général et homme d'État romain (101-44 av. J.-C.) ; nom pris par la suite par les empereurs romains en mémoire de Jules César et passé aux empereurs germ. (v. TLL onom. et Mittellat. W. s.v.).

  • ORONGE, subst. fém.

Étymol. et Hist. 1753 (Encyclop. t. 3, p. 84a : de celle [espece de champignon] qu'on nomme oronge en Guienne) ; 1768 (Valm.). Empr. au rouergat ourounjo «id.» (cf. Vayssier, Dict. patois-fr. de l'Aveyron ; v. aussi dans le domaine fr.-prov. Mistral : ourounjo, Dhér. : oroungeo, Palay : ourounge), proprement «orange», ainsi nommé à cause de sa couleur, de même orig. que le fr. orange*.


Lire également les définitions de amanite ; césar et oronge afin d'amorcer la réflexion symbolique.

Autres noms : Amanita Caesarea ; Amanite des Empereurs ; Arandjat ; Aulonjat ; Cadran ; Campairol (qui désigne parfois également le cèpe ou le rosé) ; Champignon des princes ; Cocon ; Coucou ; Coucoumé ; Dorade ; Endroguez ; Jazeran ou Jasseran (dans les Vosges) ; Jaune-d’œuf ; Mujolo ; Oronge ; Oronge vraie.

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Mycologie :


Selon Frédéric Duhart, auteur d'une « Contribution à l’anthropologie de la consommation de champignons à partir du cas du sud-ouest de la France (XVIe -XXIe siècles) », (Revue d’ethnoécologie [En ligne], 2 | 2012) :

[...] Dès l’Époque Moderne, tandis que les cèpes remplissaient très honorablement la fonction de champignon de référence, quelques autres espèces furent valorisées comme des délices particuliers. Toute auréolée de sa renommée antique, Amanita caesarea s’imposa rapidement comme un plaisir saisonnier particulièrement distingué dans l’ensemble du Sud-Ouest.

En 1670, une marquise périgourdine fit ainsi présenter aux hôtes d’un dîner automnal une assiette de dongaus entiers et farcis avec des hachis de blanc de chapon, de lard, des os et œufs (Dujarric-Descombes 1908 : 153). Un bon siècle plus tard, l’évêque de Comminges commanda à plusieurs reprises des oronges au tournant de l’été (Arch. Haute-Garonne, 46 J 1, 1782). Par son prestige, ce champignon se suffisait à lui-même. Sur les tables des consuls bayonnais comme sur celles des autres élites urbaines du XVIIIe siècle, une simple fricassée d’oronges apparaissait tout aussi à sa place qu’un plat d’oronges farcies relevant d’une cuisine bien plus élaborée (Arch. Bayonne, CC 322, 1733 & CC 330, 1754). L’éclat de l’amanite des césars demeura intact par la suite. Au milieu du XIXe siècle, elle passait encore en Agenais pour « l’un des meilleurs champignons dont on puisse faire usage » (Lespiault 1845 : 38). Tout au long du XXe siècle, il y eut en Périgord comme ailleurs des amateurs pour trouver l’oronge plus fine que le cèpe (La Mazille 1929 : 275). Aujourd’hui encore, alors qu’elle se fait rare sur le marché, des restaurants tel Le Castel du pont d’Oly de Jurançon se font un honneur de la faire figurer sur leurs cartes automnales… quand cela est possible.

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D'après Jean-Baptiste de Panafieu, auteur de Champignons (collection Terra curiosa, Éditions Plume de carottes, 2013), l'amanite des Césars (Amanita Caesarea) est aussi appelée l’œuf des Empereurs.


"A la table des princes : Tous les mycologues sont d'accord : l'oronge est le fameux boletus célébré par de nombreux auteurs romains et décrit par Pline : "La terre produit d'abord l'enveloppe, puis le bolet dans l'enveloppe, comme le jaune dans l’œuf ; et cette enveloppe n'est pas moins utile à la nutrition du jeune bolet." Facile à identifier, délicieux, inoffensif (il peut même être consommé cru), ce champignon était servi à la table des princes. Sa réputation n'est pas usurpée : l'amanite des Césars est effectivement un champignon inoubliable, par sa beauté comme par sa saveur.


L’œuf de terre : La variété de ses noms témoigne de sa popularité, surtout dans le sud de la France, où il est plus abondant. AU XIXe siècle, on nommait coucoumé un champignon en forme de boule, du mot coucou, l’œuf ou le cocon. Ce nom était attribué à l'oronge, du fait de l'aspect du champignon lorsqu'il commence à pousser et n'est pas encore dégagé de l'enveloppe blanche qui le recouvre, la volve. Les termes voisins coucoumela ou coquemelle étaient aussi utilisés pour désigner l'oronge blanche qui émerge également d'une volve ovoïde. Aujourd'hui, on nome coucoumelle une autre espèce, l'amanite engainée (ainsi qu'une fleur, le nombril de Vénus). Quand à son nom oumegal, il a un sens équivalent, puisqu'il dérive de ovum gallinae, "œuf de poule" en latin.


La franche et la fausse : L'oronge a parfois été confondue avec la fausse oronge, c'est-à-dire l'amanite tue-mouche. En effet, il arrive que le chapeau de celle-ci soit parfois plus orangé que rouge et qu'il perde sous la pluie ses petits flocons blancs si caractéristiques. C'est ainsi que la fausse oronge "a souvent incommodé et même conduit dans la tombe des familles entières, séduites et trompées par sa couleur. Combien d'exemples n'avons-nous pas de personnes réunies dans la campagne pour se divertir et se délasser, qu ont trouvé la mort dans le lieu même où elles s'étaient promis du plaisir, pour avoir considérablement mangé de ce champignon !" L'auteur exagère sans doute les méfaits de la fausse oronge, et les amateurs avaient peut-être poussé la gloutonnerie jusqu'à cueillir aussi des amanites phalloïdes. En cas de doute, la couleur jaune du pied et des lamelles permet d'identifier l'oronge "franche".


La cuisine d'Agrippine : Depuis l'Antiquité, tous les auteurs de traités de mycologie rappellent le sort de l'empereur Claudius, dont la femme Agrippine aurait provoqué la mort en ajoutant quelques amanites phalloïdes à son plat d'oronges favori (selon certains historiens, il s'agissait en fait d'un poison banal, ajouté aux champignons). C'est ce repas fatal qui aurait permis à Néron de monter sur le trône.

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Fiche extraite de la thèse de Nicolas FELGEIROLLES soutenue le 2 Juillet 2018 à Montpellier et intitulée La Mycologie dans le bassin alésien ; enquête auprès des pharmaciens d'officine et solutions apportées pour consolider leurs compétences sur les champignons :


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Lyra Ceoltoir autrice d'un magnifique Grimoire de Magie forestière (Alliance magique Éditions, 2021) décrit l'Amanite des Césars de la manière suivante :


Aussi appelée « oronge », ce superbe champignon, de plus en plus rare, hélas, doit son nom courant à sa réputation historique : il aurait été l'un des mets les plus prisés à la table des empereurs romains de la dynastie des Césars. On sait en effet, qu'il existait un champignon populaire dans la gastronomie romaine de l'Antiquité, nommé « boletus » dans les textes, notamment dans l'Histoire naturelle de Pline l'Ancien. Si, aujourd'hui, ce nom s'applique à une famille bien différente de celle de notre oronge, à l'époque, il s'agissait d'un terme générique pour désigner les champignons, et il pouvait donc tout à fait s'appliquer à elle. Archétype même du champignon, une position prestigieuse due à sa saveur proverbiale, l'Amanite des Césars est toujours aussi appréciée que recherchée, et certains n'hésitent pas à la qualifier de meilleur comestible au monde ! Rendons donc à César ce qui lui appartient...


Vie de champignon : L'Amanite des Césars est un champignon automnal (1) qui émerge de préférence sous les feuillus, avec un penchant marqué pour les chênes verts, les chênes lièges et les châtaigniers, dans les zones méditerranéennes essentiellement, car elle aime la chaleur et l'ensoleillement. Le réchauffement climatique a d'ailleurs tendance à la faire migrer vers le nord, ces dernières années. Comme toutes les amanites, elle commence son existence automnale (de mi-septembre à mi-novembre environ) à la surface sous une forme d'œuf enfermé dans une volve membraneuse épaisse, d'un blanc pur, dont elle s'extirpe en la déchirant avant d'étaler son beau chapeau orange vif caractéristique, de 8 à 20 centimètres de diamètre, au-dessus de lamelles jaune d'or (2). Son pied, fauve lui aussi, est de taille moyenne, oscillant entre 8 et 15 centimètres, assez robuste et plutôt droit, même si les aléas du terrain le courbent parfois légèrement. Ovoïde au niveau du sol, il est pourvu d'un anneau dans sa partie haute. Son odeur douce et sa saveur évoquant la noix complètent ce tableau particulièrement flatteur. Elle est si goûteuse qu'elle se déguste aussi bien crue que cuite.

Il faut prendre garde à ne pas la confondre avec l'une de ses cousines. Si l'amalgame avec l'Amanite safran (Amanita crocea, qui ne possède pas d'anneau) n'est pas très grave puisqu'elle est elle aussi comestible (quoique bien moins savoureuse et indigeste, voire toxique crue), les choses se gâtent si l'on s'emmêle les pinceaux avec l'Amanite tue-mouches (Amanita muscaria) souvent surnommée « fausse oronge » à cause de sa fâcheuse tendance à se faire passer pour ce qu'elle n'est pas. Une petite pluie, et voilà ses « pois » blancs (en réalité, des vestiges de sa volve juvénile) arrachés à son chapeau, dont la couleur peut tirer sur l'orangé. L'ennui, c'est que celle-ci est un toxique violent, pouvant causer des empoisonnements graves. Heureusement, il suffit de regarder pied et lames pour les distinguer : ceux de l'Amanite des Césars sont jaune vif, ceux de la tue-mouches sont blanc pur.

Hélas, cela n'a pas toujours suffi à sauver des vies : l'empereur Claude, qui raffolait des Amanites des Césars (il en était un, après tout), mourut probablement des suites d'un empoisonnement par un champignon glissé dans son plat de champignons favoris. On ne sait pas encore avec certitude si Agrippine, son épouse assassine incorpore sournoisement quelques Amanites phalloïdes (Amanita phalloides) dans la casserole de son royal époux ou si elle versa un autre poison dans la nourriture, ni même si Claude fut réellement empoisonné, mais une chose est sûre : le 13 octobre 54, c'est après un opulent banquet, riche en champignons, que le malheureux rendit l'âme (3)...


Notes : 1) Les régions les plus ensoleillées peuvent jouir de sa présence dès la fin du mois d'août, si les conditions s'y prêtent.

2) Ce sont d'ailleurs ces lames colorées, les seules aussi soutenues dans la famille des Amanites, qui permettent de la distinguer sans se tromper de l'Amanite tue-mouches, avec laquelle elle est parfois funestement confondue, cette dernière pouvant perdre l'intensité de sa couleur et ses « taches » blanches après une pluie soutenue.

3) Martin (Régis), Les Douze Césars, du mythe à la réalité, Perrin, Paris, 2007, 478 p.

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Proverbes :

  • "Quand paraît l'oronge, le cèpe s'enfuit"

  • "S'il y a des têtes de nègre, il y a aussi des oronges"

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Symbolisme :


Carole Chauvin-Payan, dans son article intitulé "Le champignon : désignations dialectales et traditions populaires sur le territoire français" précise l'origine dialectale d'une des dénominations de l'oronge vraie :


[...] La forme latine CUCUMA qui désignait une petite baignoire a donné en français coquemar "bouilloire à large ventre, casserole en fonte ou pot en terre". La dénomination coucoumelle désigne en français moderne l'oronge blanche, amanita ovoidea. La forme dialectale attestée dans l'Hérault est présentée comme générique par le FEW, alors qu'elle est répertoriée comme un spécifique par J. Bourlier-Berkowicz. Dans le sud de la France, en Gascogne, Languedoc et dans le Massif central [kukumelo] désigne essentiellement la coulemelle, Lepiota procera. Il arrive parfois que cette forme dialectale désigne l'oronge vraie (amanite des césars), Amanita caesarea ou la rose des prés. [...] Dans le cas de l'amanite des césars, Amanita caesarea ou Oronge vraie qui lorqu'elle est jeune ressemble à un œuf, il existe encore un lien métaphorique entre la morphologie générale du jeune champignon et l'aspect ventru d'une marmite, cf la dénomination coquelle désignant une "marmite à trois pieds, arrondie par le bas comme un œuf. Désigner le champignon de façon générique ou spécifique en utilisant le vocable coucoumelle peut aussi s'expliquer par un lien métonymique sur le fait que le champignon est comestible et peut être cuisiné. [...] Dans le même sens pour la région du bas-limousin, N. Béronie [1824 : 42] atteste que la forme « coucorel désigne l'oronge "champignon rouge qui n'a pas encore crevé" », ce qui semble correspondre à l'amanite des césars, Amanita caesarea.

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Dans son Grimoire de Magie forestière (Alliance magique Éditions, 2021) Lyra Ceoltoir rend compte de son expérience magique avec les champignons :


Dans le chaudron : Son lien avec les célèbres empereurs romains et son immense popularité, ainsi que la quête dont elle fait l'objet de la part des mycologues et des gourmets, donne à l'Amanite des Césars une aura très particulière dans le monde des champignons. De fil en aiguille, cela la lie au pouvoir, à la souveraineté, à la puissance et à la connaissance.

Il est intéressant de l'incorporer à des pratiques de kitchen witchery (1) pour la consommer rituellement (il serait tellement dommage de s'en priver !). Elle permet d'absorber l'énergie tout en permettant un retour à la « normale » après une pratique spirituelle, énergétique ou magique, et peut ainsi participer activement aux techniques (indispensables) d'ancrage. Naturellement, ses vertus ne s'arrêtent pas là, car elle aide aussi à absorber l'énergie magique au cours d'un rituel.

Son lien avec le prestige la lie également aux mondes du dessus : pour cette raison, elle représente une offrande de choix, particulièrement appréciable pour les divinités. Elle est ainsi souvent offerte en sacrifice en leur honneur et constitue un mets remarquable qui satisfera n'importe quelle déité. Après tout, on ne peut qu'être flatté de recevoir en cadeau le meilleur champignon du monde !


Le Message de l'Autre Monde : « Regarde-moi. Or brillant sue le sol de la forêt, dans l'ombre bienfaisante d'un chêne millénaire. Ne suis-je pas majestueuse, ne suis-je pas lumineuse ? Je suis la souveraineté. Je suis le pouvoir. Je suis la puissance entre les mains de ceux qui savent la manier et en apprécier les subtilités. Pour eux, je suis la clef vers l'étape supérieure, le sceptre brandi au nom d'une cause juste, le savoir qui accorde l'éloquence et la vérité. Pour les autres, en revanche, je ne suis que cendres sous la pluie. Il faut me mériter, si tu souhaites me dompter. Je ne me plie pas par la force. Seuls l'honneur et l'humilité peuvent m'incliner. T'en sens-tu capable ? »


Sortilège : La Flamme d'Oronge : Sortilège de Souveraineté

Si vous ressentez le besoin de vous affirmer davantage dans une situation om vous êtes (ou devriez être) en position de force (par votre expertise, vos responsabilités, votre mérite...), mais où le manque de confiance en vous vient vous mettre des bâtons dans les roues, munissez-vous d'une bougie orange, d'un ruban jaune et d'une image d'Amanite des Césars.

Opérez de préférence en lune croissante (pour accroître), voire pleine, idéalement un jeudi, placé sous l'égide de Jupiter, image souveraine par excellence. Allumez la bougie et placez l'image de l'Amanite devant elle, bien visible. Concentrez-vous sur le champignon, ses couleurs, son histoire, tandis que la flamme brûle face à vous. A l'aide du ruban jaune, nouez légèrement l'image à la base de la bougie, en récitant une petite incantation de demande d'assistance, par exemple :

« Oronge jolie, Amanite des Césars,

Champignon souverain, image de pouvoir,

Fas grandir en mon cœur comme cette flamme dansante,

Confiance et foi en moi, force et puissance ardente. ».


Prenez quelques instants pour vous imprégner de ce moment, puis dénouez le ruban et nouez-le cette fois autour du poignet de votre main de pouvoir (2) en faisant trois nœuds : un pour la confiance, un pour la force et un pour le courage.

Gardez l'image et la bougie en lieu sûr. Quand vous sentirez une petite baisse de confiance, rallumez la bougie et contemplez l'Amanite en répétant l'incantation pour réactiver le sortilège. Gardez le ruban au poignet jusqu'à ce qu'il tombe de lui-même (3).


Le Festin des Puissances : Sacrifice divin

Par essence, un sacrifice est un renoncement. Si vous avez la chance de trouver quelques Amanites des Césars, résistez à la tentation de les dévorer et gardez-en une belle part, si ce n'est la totalité pour l'offrir en sacrifice à la divinité avec laquelle vous travaillez actuellement.

Nettoyez soigneusement les champignons et coupez-les en très fines lamelles, que vous disposerez en spitarale dans une assiette, avant de les arroser d'un léger filet de jus de citron. Laissez mariner ne vingtaine de minutes au frais.

Pendant ce temps, dressez un autel la divinité que vous souhaitez honorer, si vous n'en avez pas déjà un. Placez des bougies de la couleur appropriée, des images, des statuettes, des pierres, des fleurs.... Prenez un bain ou une douche de purification, en vous rinçant avec une infusion refroidie de citron et de romarin, par exemple, et habillez-vous d'un vêtement blanc en fibres naturelles, ample et confortable. Restez pieds nus et les cheveux dénoués, ôtez vos accessoires et vos bijoux, à l'exception de ceux que vous ne quittez jamais. Invoquez la divinité à qui vous souhaitez adresser le sacrifice par une prière de votre cru. Mettez-y tout votre cœur et une dévotion sincère. S'il y a lieu, allumez les bougies, l'encens, le charbon...

Déposez le plat de champignons au centre de l'autel, avec des gestes qui montrent votre respect et votre foi, tels qu'un signe religieux, le fait de s'agenouiller, de lever les bras vers le ciel... en somme, ce qui vous semblera approprié et susceptible d'être apprécié par la divinité en question. Marquez votre sacrifice d'une incantation particulière :

« (Nom de la divinité), reçois ce modeste présent.

Qu'il te nourrisse, t'honore et te salue.

Sois sur cet autel bienvenu-e,

En cet endroit, en ce moment. »


Prenez quelques instants pour vous recueillir, prier, exercer la divination, d'éventuelles libations et oblations, adresser vos demandes...

Quand vous avez terminé, renvoyez la divinité par une incantation de votre cru, en pensant à la remercier chaleureusement de sa présence.

Lavez-vous les mains et le visage, habillez-vous comme à votre habitude, puis ancrez-vous en mangeant et en buvant quelque chose, tout en accomplissant une tâche tout à fait profane (un peu de ménage, une charge administrative, un appel téléphonique...). Laissez le sacrifice sur l'autel quelques heures, puis nettoyez-le. vous pouvez également le laisser à disposition de la décomposition en l'enterrant dans un espace naturel qui n'en souffriras pas, ou le jeter dans un compost, par exemple.


Notes : 1) Ou « magie des fourneaux ».

2) Contrairement à ce que l'on pense habituellement, ce n'est pas forcément celle que vous utilisez pour écrire, mais celle que vous utilisez le plus au quotidien. Demandez-vous, si vous deviez ouvrir une bouteille scellée, quelle main vous utiliseriez ?

3) Oui, cela peut être long. Mais une telle énergie gagne à être gardée longtemps !

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Antoinette Charbonnel et Lyra Ceoltoir, autrices de L'Oracle de la Magie forestière (Éditions Arcana sacra, 2021) nous en apprennent davantage sur la dimension magique de l'Amanite des Césars (Amanita caesara) :


Mots-clés : Pouvoir - Puissance - Connaissance - Rareté - Energie - Prestige - Responsabilité - Honneur - Despotisme - Tyrannie - Protection des puissants - Mentor - Bienfaiteur - Enseignant - Science.


Promenons-nous dans le bois : Aussi appelé Oronge, ce superbe champignon doit son nom à sa réputation historique : il aurait été l'un des mets les plus prisés à la table des empereurs romains de la dynastie des Césars. En automne, en particulier dans les zones méditerranéennes, l'Amanite des Césars apparaît sous les feuillus (1). D'abord ovoïde, dans une volve blanche ,elle s'en extirpe comme d'un coquille et étale un chapeau d'un orange vif sur des lames jaune d'or. (2)

Son association avec la dynastie des Césars et son aura dans le monde des champignons (où elle est estimée être le meilleur comestible au monde) la lient au pouvoir, à la puissance et à la connaissance. Consommée, elle permet d'absorber l'énergie tout en revenant à la « normale » après un acte de magie. Sa saveur pousse à la consommer pour en absorber la magie ou à la faire entrer dans une cérémonie du sacrifice en l'honneur d'une déité : elle est si délicieuse et recherchée que s'en priver pour l'offrir à une entité ne peut que la flatter !


L'Oracle du champignon : Dans un tirage, elle indique que de grands pouvoirs sont à l'œuvre, que vous le vouliez ou non. Subis, ils peuvent être des signes de despotisme, de tyrannie, d'oppression dont il faudra se défaire ou, à l'inverse, révéler la protection d'un être plus puissant. Seule la lecture des cartes associées permettra de le déterminer : n'hésitez donc pas à la recouvrir si le doute subsiste.

Elle indique que vous détenez un grand pouvoir, physique ou spirituel selon le contexte, et vous encourage à l'employer avec prudence et sagesse : ne vous laissez pas aveugler par le prestige et la puissance, ne vous endormez pas sur vos lauriers, ne prenez pas ce que vous avez pour acquis. Pensez au plus célèbre des Césars, l'ambitieux Jules : imperator acclamé, seul maître à Rome après des victoires fulgurantes, réformateur au cœur d'un imposant culte de la personnalité, il n'en sera pas moins assassiné à la suite d'un complot qu'il avait négligé par orgueil. Faites vôtre la leçon de César : le pouvoir entre vos mains est un don, traitez-le comme tel. Avec lucidité et humilité, il vous emmènera loin, sur un chemin brillant et profitable;


Notes : 1) Avec une préférence pour les chênes verts, les chênes lièges et les châtaigniers.

2) Ce sont d'ailleurs ces lames colorées, les seules aussi soutenues dans la famille des amanites, qui permettent de la distinguer, sans se tromper, de l'amanite tue-mouches, avec laquelle elle est parfois funestement confondue (la tue-mouches pouvant perdre l'intensité de sa couleur et ses « tâches » blanches après une pluie soutenue).

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