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  • Anne

Le Mouron



Étymologie :

  • MOURON, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1. xiie s. bot. morun (Gloss. Tours, 331 ds T.-L.) ; 2. 1768 mouron des petits oiseaux « morgeline » (Valm.) ; 3. 1878 « cheveux » (Rigaud, Dict. jargon paris., p. 62 : ne plus avoir de mouron sur la cage : « être chauve ») ; 4. 1948 se faire du mouron « se faire du souci » (Lacassagne, Devaux, Arg. « milieu », p. 247). Prob. empr. au m. néerl. muer, bot., néerl. muur, all. Miere, Meier, v. FEW t. 16, p. 571b. Le sens 4 est prob. issu du sens 3, cf. se faire des cheveux « se faire du souci ».


Lire également la définition du nom mouron afin d'amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Anagallis arvensis ; Mouron rouge ; Mouron bleu.

Stellaria media ; Alsine blanche ; Bec de moineau ; Coquille de prêtre ; Grand Mouron ; Herbe à l'oiseau ; Luzé ; Mauvais Œil ; Menuchon ; Morceau de geline ; Morgeline ; Morlion ; Môron ; Mouëron ; Mouron des oiseaux ; Mouron doux ; Mourron ; Oreille de souris ; Paparude ;

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Botanique :

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Croyances populaires :


Dans Le Folk-Lore de la France, tome troisième, la Faune et la Flore (E. Guilmoto Éditeur, 1906) Paul Sébillot recense nombre de légendes populaires :


Dans la Vienne, marcher sur le mouron blanc fait perdre la santé.




Symbolisme :


Pour Scott Cunningham, auteur de L'Encyclopédie des herbes magiques (1ère édition, 1985 ; adaptation de l'américain par Michel Echelberger, Éditions Sand, 1987), le Mouron des oiseaux (Stellaria media) a les caractéristiques suivantes :


Genre : Féminin

Planète : Lune

Élément : Eau

Pouvoirs : Fidélité ; Amour.


Utilisation magique : Le grand Mouron à fleurs blanches est l'herbe des amoureux. Dans toute relation sentimentale, et aussi si la relation a débordé du domaine purement sentimental, portez sur vous, à même la peau, un sachet de graines de Mouron des oiseaux.

Mousse elle-même. Ces fées des sous-bois font quelquefois des présents somptueux, surtout en vêtements, à leurs protégés. Elles filent la Mousse avec laquelle elles confectionnent des tissus extraordinaires.

Une place à part doit être réservée, comme il se doit, à la Mousse grattée sur une pierre tombale : c'est un talisman universel de premier choix. Cimetière oblige !

Dans Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont S.A.S., 1995, 2019) proposé par Éloïse Mozzani, on apprend que :


Mouron des oiseaux (Morgeline) : Plante commune des cultures et des chemins, à fleurs rouges ou bleues, toxique pour les animaux, le mouron des oiseaux dont le « diable va mordant la racine », porte, dit-on les marques du venin que le démon, envieux « du bien que cette plante causait au genre humain », y a laissées.

Le mouron à fleurs blanches est « l'herbe des amoureux » : « Dans toute relation sentimentale, et aussi si la relation à débordé du domaine purement sentimental, portez sur vous, à même la peau, un sachet de mouron des oiseaux. » Il vaut mieux utiliser les sommités fleuries fraîches qu'acheter des graines chez les grainetiers.

Frictionner de mouron blanc les gencives des enfants favorise la poussée dentaire.

On dit parfois que marcher sur du mouron blanc fait perdre la santé (Vienne).

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Eliot Cowan, auteur de Soigner avec l'Esprit des Plantes, Une voie de guérison spirituelle (Édition originale 2014 ; traduction française Éditions Guy Trédaniel, 2019) raconte plusieurs histoires de guérison dont il a fait l'expérience à partir du moment où il est entré sur la voie de la Guérison avec l'Esprit des plantes :


"L'une de mes plantes favorites pour aider en cas de perturbation de l'élément Feu est le mouron rouge, Anagallis arvensis. C'est une plante commune du bord des chemins en Amérique, en Europe, et dans d'autres régions du monde. C'est une plante rampante, au port étalé, avec de petites fleurs en général de couleur saumon, un centre magenta, et des étamines jaune brillant. Elles s'ouvrent par temps ensoleillé et se ferment quand il fait sombre ou nuageux. Le goût de cette plante est amer et agressif et on dit qu'elle est plus ou moins toxique. Au total, c'est une plante avec laquelle il est difficile de devenir intime, mais qui en vaut bien la peine. Dans l'herboristerie anglaise, elle a la réputation de dissiper la mélancolie et, dans le Somerset, elle est encore connue aujourd'hui comme la "plante qui fait rire".

Mon voyage en rêve vers l'esprit de cette plante m'a fait traverser les longues étendues d'un espace froid et sombre jusqu'à ce que j'arrive sur une petite planète lointaine. Cette sphère semblait déserte jusqu'à ce que j'atteigne sa partie la plus éloignée, où j'ai aperçu un homme bourru, mal rasé, habillé d'un tee-shirt étroit et de pantalons noirs.

"Êtes-vous l'esprit du mouron rouge ? ai-je demandé.

- Qu'est-ce que ça peut te faire ?

- Eh bien, je...

- Écoute, mon pote, pourquoi ne décolles-tu pas plutôt pour le prochain Système solaire. Il y a de jolies fleurs par là-bas. Dégage."

Cela ne pouvait être que l'esprit du mouron rouge ! Il montrait la même amertume et la même autoprotection exagérée dans le rêve que dans la réalité éveillée. Je me souvins que la chaleur du soleil le faisait s'ouvrir et partager sa beauté.

"J'aime vos fleurs ! dis-je. Elles ont la combinaison de couleurs la plus dingue ! Cela me rend heureux de les regarder ! Vous devez être un type magnifique derrière cet abord bourru ! "

Il sourit légèrement et rougit. Je continuai, "Qu'est-ce que vous faites tout seul ici sur cette petite planète froide ?"

Une larme coula sur la joue dure du type. "Les gens sont tellement froids et sans cœur ! dit-il. Ils peuvent vous blesser si vous baissez la garde. Je prends tout à cœur - je suis juste trop vulnérable, je suppose."

Il n'avait pas besoin d'en dire plus pour me faire savoir qu'il était un remède pour le Maître du Cœur. Quand il vit que je comprenais, il renversa la tête en arrière et se mit à rire sans retenue.

"Puis-je vous utiliser ? demandai-je. Partagerez-vous votre remède avec les autres ?"

En guise de réponse, il prit mes mains, et nous dansâmes en rond, nous laissant aller à notre joie."

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Selon Claire Tiberghien, auteure de Équilibre et méditation par les plantes, 30 plantes à découvrir (Éditions Jouvence, 2016), le Mouron des oiseaux présente les caractéristiques suivantes :

Élément : Métal.


De son nom latin Stellaria media, le Mouron des oiseaux fait partie de la famille des Caryophyllacées. Il recherche la fraîcheur. Le Mouron des oiseaux est riche en vitamine C et en provitamine A. Il contient également de nombreux minéraux, comme le phosphore, le magnésium, le cuivre, le potassium, le fer, le manganèse et des saponines. Environ 150 grammes de mouron des oiseaux couvrent notre besoin quotidien en fer, en potassium et en vitamine C.

Le mouron des oiseaux nettoie le sang au printemps et renforce le corps. Il apaise les irritations ainsi que les inflammations de l'estomac et des intestins. Son action expectorante en fait un remède efficace contre la toux, la bronchite et l'enrouement. Il a également des propriétés antivirales. Drainant, dépuratif et détoxiquant, il stimule les reins et nettoie l'organisme en entier.


Usage externe : Pour toutes les utilisations externes, on applique la plante fraîche sur une compresse de gaze, en enveloppements ou en bains, selon les cas. Le mouron des oiseaux s'avère efficace contre les inflammations articulaires, les éruptions cutanées, les démangeaisons, l'eczéma, les coups de soleil ou encore la conjonctivite.


Sur le plan psychique : Le mouron des oiseaux adoucit la dureté et la sécheresse. Il renforce la flexibilité et la capacité d'adaptation. Il aime les périodes de transition de la vie. Il ouvre à l'énergie de la lune, du soleil, du cosmos et possède une énergie vitale à toute épreuve. il rend conscient de soi.

Grâce au Mouron des oiseaux, je peux affirmer :

  • Je ressens la force de l'intuition.

  • Je m'ouvre à mes sentiments.

  • Je m'adapte au présent avec conscience.

  • Je découvre mes faiblesses et leur force.

  • J'apprécie l'aspect léger et ludique de la vie.

La méditation du Mouron des oiseaux : Les premières chaleurs du soleil réchauffent la campagne. Le murmure de l'eau ruisselle sous les plaques de neige. Les premiers signes du printemps apparaissent déjà. Au pied d'un vieil arbre, de petites feuilles vertes, tendre mais qui semblent si fortes, soulèvent les feuilles sèches et craquelées de l'automne passé, transpercent le reste de neige. Le Mouron des oiseaux se réveille. Ses petites fleurs blanches brillent comme des étoiles.

L'émerveillement réveille vos émotions. Vous vous ouvrez à cette magnifique énergie, fraîcheur de l'eau et force de la terre. Vous sentez votre rigidité se fluidifier. Vous redonnez à la nature ce qui vous encombre. L'eau claire vous purifie. Son courant emporte tout ce qui est dépassé, superflu. vous retrouvez le lien à votre intuition et vous vous sentez renaître, imprégné d'une nouvelle réalité, une réalité plus libre, plus légère, rayonnante. Vous vous sentez vivant.

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Maïa Toll, auteure de L'Herbier du chaman, 36 cartes divinatoires, A la rencontre de la magie des plantes (Édition originale 2020 ; Édition française : Larousse, 2021) nous révèle les pouvoirs du Mouron des oiseaux (Stellaria media) :


Mot-clef : Nouveau départ


Le mouron des oiseaux chante les débuts prometteurs et vous souhaite la bienvenue sur le chemin qui est le vôtre. Ses petites fleurs en forme d'étoile vous murmurent : « Il est temps. » Vous n'êtes pas sûre d'être prête ? Ne vous inquiétez pas. Tout doucement, cette plante va ouvrir vos cellules, renouveler votre énergie et votre vie. Le mouron des oiseaux vous rappelle que, où que vous soyez, c'est le bon endroit pour prendre un nouveau départ (il l'exprime joyeusement en dégringolant des pots ou des jardinières laissés à l'abandon en ville ou à la campagne, et en repartant toujours). Il vous débarrasse peu à peu des croyances qui ont fait leur temps, de tout ce qui ne vous sert plus, et ouvre vos fenêtres intérieures pour laisser entrer les idées neuves. Qu'est-ce qui vous empêche de changer ce que vous mourrez d'envie de changer ? Vous trimballez peut-être des couches et des couches d'insécurité intérieure ou de vieilles colères non réglées. Le mouron des oiseaux vous dit en souriant : « Regardez qui vous êtes sans ces fardeaux. » Et vous guide pour repartir de zéro.


Rituel : Remarquez l'infiniment petit

Comme beaucoup de minuscules trésors, le mouron des oiseaux passe facilement inaperçu. Pour lui rendre hommage, prenez le temps d'observer le monde de l'infiniment petit.


Ce sont parfois les plus petites choses qui

produisent les plus grand impact.


Élargissez votre champ de perception pour remarquer les minuscules cotylédons qui sortent de terre au début du printemps, le scintillement des grains de mica à la surface d'un rocher, les nombreux ocelles sur les ailes d'un papillon, les amas de petites capsules semblables à des graines (appelés « sores ») sur la face inférieure d'une feuille de fougère, les couleurs changeantes du sable sur la plage. Écoutez les petits bruits : le bruissement des ailes d'un oiseau, le claquement de dents d'un écureuil en train d'ouvrir des glands. Vous vous exercerez ainsi à prêter attention aux courants subtils du monde qui vous entoure et à ceux de votre propre vie.


Réflexion : Cherchez les petites étoiles

Il est facile de trouver le meilleur moyen d'avancer quand la vie vous envoie des signaux évidents, mais cela peut-être plus difficile quand le parcours semble banal et balisé par des lumières à peine perceptibles. Le mouron des oiseaux vous demande d'être à l'affût de ces lumières infimes ; son nom latin stellaria, signifie « petite étoile ».

Quelles petites étoiles ignorez-vous quand vous cherchez les projecteurs et les feux d'artifice ?

Quels départs prometteurs faites-vous avorter quand vous espérez quelque chose de plus grand ?

Le chemin se déroule-t-il à vos pieds pendant que vous fixez l'horizon au loin ?


Que ma vie si compliquée, puisse si facilement être simplifiée, m'a profondément étonnée.

(Cheryl Strayed, Wild).

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Littérature :


Yves Paccalet, dans son magnifique "Journal de nature" intitulé L'Odeur du soleil dans l'herbe (Éditions Robert Laffont S. A., 1992) évoque le mouron rouge :

13 juin

(Fontaine-la-Verte)


Sur le sentier bordé de ronces, je compte les baisers mouillés des mourons rouges. Ce sont des bouches de terre moqueuses, sur les lèvres desquelles, chaque fois que je passe, j'abandonne quelques molécules de moi-même.

Lèvres en feu

Des chemins sensuels

Mourons rouges

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