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  • Marie-Claire

La Fougère



Étymologie :

  • FOUGÈRE, subst. fém.

Étymol. et Hist. Ca 1140 fulgiere (Gaimar, Est. des Engleis, éd. A. Bell, 6382). Du lat. vulg. *filicaria, proprement « fougeraie » (la fougère poussant en général par grandes étendues ; cf. lat. médiév. filicaria « fougeraie » 892 ds Nierm. ), dér. du lat. imp. filix-icis « fougère ». La forme en [y] est prob. d'orig. dial., peut-être de l'Ouest (v. Pope § 502).


Lire aussi la définition du nom pour amorcer la réflexion symbolique.



Botanique :


Les fougères forment le groupe des Filicophytes (plus de 12 000 espèces) au sein de celui des Ptéridophytes, plantes vasculaires primitives, dont elles rassemblent plus de 80% des espèces. Les fougères sont essentiellement des plantes terrestres mais certaines sont aquatiques et, d'autres sont épiphytes.


Pour connaître les particularités de la famille des Filicophytes, consulter le document extrait du site : cosmovisions.com.

Selon Antoine Furetière, Henri Basnage de Beauval, Jean-Baptiste Brutel de la Rivière dans leur Dictionnaire universel (Éditions Husson, 1727, volume 2),


La fougère est un genre de plante qu'on peut nommer capillaire, parce qu'elle a beaucoup de rapport avec le capillaire ordinaire. Ce genre est très nombreux. L'Amérique en possède une très grande quantité d'espèces.

La fougère commune qu'on appelle aussi fougère femelle a une tige haute de 3 ou 4 coudées, raide et branchue. Ses feuilles sont composées de plusieurs autres petites feuilles rangées de chaque côté, étroites, oblongues, un peu aiguës, égales, quelques fois dentées, vertes en dessus, blanchâtres en dessous. Les semences sont renfermées sous les plis qui sont sur les bords des feuilles. Sa racine est oblongue, grosse environ comme le doigt, noire par dehors, blanche par dedans, serpentant dans la terre, empreinte d'un suc gluant et amer ; étant coupée obliquement, ou de travers, elle représente un aigle à deux têtes. Cette plante croît au bord des chemins, dans les forêts ombrageuses, dans les bois, aux lieux stériles et déserts, elle est adoucissante et apéritive. En quelques provinces de France, on fait du pain de la racine de fougères dans les méchantes années : il est fort mauvais et semblable aux mortes qu'on brûle. Ray l'appelle "filix faemina" C. Bauhin et Pit. Tournef l'appellent "filix ramosa major pinullus obtusis non dentatis".

Il y a aussi la fougère mâle. Il pousse de sa racine des feuilles, grandes, amples, rudes, dures, faciles à rompre, vertes, d'une odeur forte et agréable, longues d'environ 1 pied et demi, d'un vert clair, composées de plusieurs autres petites feuilles, rangées alternativement de chaque côté, découpées jusque vers la côte et dentées. Elle a les mêmes qualités que la précédente. Elle ne porte point de fleurs apparentes non plus que les autres espèces de fougères, mais elle a le dos couvert comme d'une poussière rougeâtre, brune que Cesalpin et plusieurs autres botanistes ont cru, avec raison, être des semences puisqu'ils avaient observé que les terres sur lesquelles on avait jeté des feuilles de fougère produisaient de petites plantes de même espèce. Les observations que M. Tournefort a fait avec un microscope sur ce sujet décident la question. Cette plante, dit-il en parlant de la fougère mâle, porte les fruits sur le dos des feuilles où ils sont le plus souvent rangés à double rang le long de leurs découpures. Ils ont la figure d'un fer-à-cheval appliqué immédiatement sur ces feuilles et comme rivé par derrière : chaque fruit est couvert d'une peau relevée en bosse et qui paraît comme écailleuse. Cette peau se flétrit ensuite, se ride et se réduit en petit volume au milieu du fruit : elle laisse voir alors un tas de coques ou vessies presque ovales, entourées presque partout d'un cordon à grains de chapelet, par le raccourcissement duquel chaque coque s'ouvre en travers comme par une espèce de ressort et jette quelques semences neuves. La racine de la fougère mâle est grosse et comme un assemblage de grosses fibres charnues jointes les unes aux autres, de couleur noire. Cette plante n'a point de tige. Elle aime les lieux découverts, montagneux, pierreux.

L'une et l'autre fougères sont amères et un peu astringentes au goût. Elles contiennent beaucoup de sel et d'huile, peu de phlegme ; on les brûle et l'on en tire le sel dont on fait du verre, qu'on appelle verre de fougère : on répand aussi de la cendre de fougère sur des terres afin de les fumer, car son sel y pénétrant les rend meilleures et plus capables de produire. Les racines des fougères sont employées en médecine mais principalement, celles de la fougère mâle. Celles de la fougère femelle, est, selon Mr Andri, une des choses les plus propres contre les vers plats ; elle a cela d'avantageux qu'elle convient à toutes sortes de personnes, à ceux qui ont de la fièvre, comme à ceux qui ne l'ont pas, aux femmes grosses et à celles qui ne le sont pas ; aux enfants, aux jeunes enfants et aux vieillards. Galien a indiqué ce remède et M. Andri s'en est servi fort heureusement. Voyez son excellent "Traité de la Génération des vers dans le corps de l'homme".

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On dit : "Danser sur la fougère, sur la verte fougère" pour dire : "Danser sur l'herbe".


Ici la tendre fougère est prise pour désigner toute sorte de petite herbe.


"Cent fidèles bergers aux pieds de leurs bergères

Rendaient les lis jaloux du bonheur des fougères".

La Suze


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Paléontologie :


"Chaque fois que je récolte des plantes fossiles, c'est la même fascination, le même émerveillement devant cette fenêtre entrouverte sur une biodiversité que nous connaissons encore si mal. Il y a souvent aussi un peu de tristesse et même un étrange sentiment de culpabilité. Ces fossiles, qui nous sont parvenus, parfois presque intacts, au terme de millions d'années d'un improbable voyage géologique, sont condamnés à très brève échéance. Attaqués par la lumière et par l'oxygène, ils vont rapidement s'affadir et quasiment disparaître. Pourtant, la démarche des paléobotanistes est porteuse d'espoir : celui de pouvoir raconter un jour une des plus fabuleuses histoires, l'histoire de ces centaines de milliers d'espèces de plantes qui peuplent la terre aujourd'hui." [...]


Les flores du Dévonien moyen

Le Dévonien moyen représente une époque extrêmement importante dans l'histoire des plantes vasculaires. [...] A cette époque apparaissent deux groupes d'Euphyllophytes, les Monilophytes et les Lignophytes. Les Monilophytes (de monilis "collier" en rapport avec leur anatomie) ou fougères au sens large (Pryer et al., 2004) comprennent les Psilotales, les Sphénophytes et les fougères au sens strict ; Ophioglossales, Marattiales, Polypodiales, etc... [...]

[...] Au début du Dévonien, l'augmentation du nombre d'espèces s'accélère rapidement, accompagnée d'un accroissement en taille de ces plantes primitives.

[...]

Les flores du Dévonien supérieur

Plusieurs révolutions botaniques se sont déroulées au Dévonien supérieur avec l'apparition des premiers arbres comparables à ceux de notre époque, des premières feuilles avec un limbe et des premières graines. [...]

[...] Au Dévonien supérieur, de nombreux Lycophytes deviennent arborescentes. Ces arbres, avec un tronc bien individualisé, une couronne de branches et de puissantes racines superficielles, colonisent alors les endroits les plus humides, marécages ou bords de lacs - une végétation qui préfigure celle des marécages houillers.

[...]

Les flores du Carbonifère

- Les Lycophytes arborescentes. Les Lycophytes arborescentes sont rangées dans l'ordre des Isoétales (DiMichele et Bateman, 1996), autrefois appelées Lepidodendrales. Les Isoétales existent encore, mais c'est au Carbonifère qu'elles ont eu leur heure de gloire, lorsqu'elles étaient arborescentes et constituaient l'élément majeur des paysages marécageux des régions équatoriales. Dans ces marécages côtiers, couverts d'une végétation luxuriante, se sont formés les couches de charbon exploitées au XXème siècle.

Les Lycophytes arborescentes du Dévonien et du Carbonifère s'accroissent en même temps vers le haut et vers le bas au départ d'un organe central, le rhizomorphe, qui ressemble à la fois à une tige et à une racine. Cet organe souterrain porte des radicelles en spirale, interprétées comme des microphylles transformées. Divisées une fois tout au plus, elles ont un pôle de protoxylème et une grande poche d'air appelée lacune aérifère. Elles se détachent aisément du rhizomorphe et on les retrouve au sein des coal balls qui se sont formés dans la tourbe où vivaient ces arbres.[...]

[...]

Le coal ball, littéralement boule de charbon, est un nodule de carbonate de calcium plus ou moins sphérique, trouvé dans les veines du charbon, contenant des restes de plantes où l'on observe couramment des tissus aussi fragiles que la parenchyme, formé de cellules vivantes et indifférenciées. Un coal ball est constitué de tourbe dans laquelle s'est infiltré du carbonate de calcium avant que les restes de plantes aient été détruits ou compactés. On ne sait pas avec certitude comment se forment les coal balls ; il reste que, une fois débités en tranches ou préparés selon la technique de dépelliculation, ils nous procurent de fascinantes informations sur la biologie des plantes qui vivaient dans ces marais.


- Les "fougères à graines". Dans les schistes carbonifères, l'abondance des restes de feuilles de type "fougère" a conduit les anciens paléontologues à appeler cette époque l'"âge des fougères". Appellation trompeuse, puisqu'une grande partie de ces feuillages appartiennent à un autre groupe, aujourd'hui disparu les "fougères à graines" ou Ptéridospermopsides. Ces plantes possédaient des tissus secondaires, très rares chez les fougères, et produisaient des graines, ce que ne font pas ces dernières. Les "fougères à graines" sont un groupe artificiel, ou paraphylétique (Hilton et Bateman, 2006) : en leur sein se trouvent les ancêtres des Gymnospermes actuelles et peut-être ceux des plantes à fleurs.

Au Dévonien supérieur, les premières Spermatophytes étaient déjà des Ptéridospermopsides. Elles ne sont pas classées avec précision, car on ignore la forme de la plante entière ; ce n'est pas le cas pour les Ptéridospermopsides du Carbonifère, dont beaucoup sont identifiées.

[...]

- Les Filicophytes ou fougères au sens strict. La classification des Filicophytes est loin d'être consensuelle : certains y voient un groupe para- ou même polyphylétique. Nous avons choisi d'adopter la position la plus traditionnelle qui fait des fougères un taxon naturel ou monophylétique.

Il reste que la caractérisation du groupe est difficile. Les acquis évolutifs généralisés sont peu nombreux :

- La feuille, ou fronde, est caractéristique. Souvent divisée, elle est composée de pennes disposées de part et d'autre d'un rachis et de pinnules provenant de la division des pennes. Les frondes des fougères du Carbonifère ressemblent beaucoup à celles des Ptéridospermopsides.

- Les jeunes feuilles, enroulées en crosse, se déroulent pendant leur croissance.

- Les sporanges se trouvent à la face inférieure de leurs feuilles. Les fougères sont homosporées, à l'exception des fougères aquatiques (Azolla, Marsilea, Salvinia) ainsi que de Platyzoma.

- Les prothalles, ou gamétophytes, absorbent l'eau par des organes pluricellulaires ayant la fonction de racines , appelées rhizoïdes.

C'est au Carbonifère que les fougères connaissent leur première grande diversification, avec une deuxième phase d'extension au Crétacé.

Traditionnellement, on divise les fougères en deux groupes selon la structure de leurs sporanges :

- les fougères eusporangiées [...]

- les fougères leptosporangiées

[...]

- Les Marattiales, fougères eusporangiées du Carbonifère.[...] Très rares dans le marécage houiller de la base du Carbonifère supérieur, les Marattiales se font progressivement plus nombreuses, jusqu'à devenir dominantes à la fin du Carbonifère. Au cours de l'assèchement des marais, elles finissent par remplacer les Isoétales arborescentes.

A côté des Marattiales, de très nombreuses fougères leptosporangiées jouent un rôle discret dans les paysages carbonifères, avant de disparaître presque toutes. Par la suite, celles qui ont subsisté se sont diversifiées, et elles forment le groupe de fougères de loin le mieux représenté actuellement.

Les Zygoptéridales du Carbonifère au Permien, comprennent un grand nombre de genres de formes variées, y compris les plus anciennes fougères arborescentes (Philipps et Galtier, 2003). Symplocopteris, du Carbonifère inférieur d'Australie, a un faux tronc constitué d'un mélange complexe de tiges, d'organes propres à ce groupe, ou phyllophores, et de deux types de racines adventives (Hueber et Galtier, 2002). En Europe et en Amérique du Nord, les Zygoptéridales colonisent de nombreux habitats : certaines montrent des adaptations de résistance à la sécheresse et aux intensités lumineuses élevées.


Après le Carbonifère

[...] De nombreuses fougères ont vécu au Permien : les Marattiales restent abondantes ; les Zygoptéridales persistent jusqu'à la fin du Permien puis disparaissent ; les Polypodiales commencent à se diversifier. La famille des Osmundaceae, qui existe encore, est déjà très diversifiée à la fin du Permien : les Osmondes, parfois considérées comme des intermédiaires entre les fougères lepto- et eusporangiées, comptent de nombreuses formes à petit tronc dressé dont la couche externe est constituée d'un manchon de pétioles et de racines adventives. [...]

La transition du Permien au Trias est marquée par la plus grande extinction qu'ait connue la Terre : 99% de toutes les espèces vivantes auraient disparu à cette occasion. Les causes de cette extinction qui marque la fin du Paléozoïque restent mal comprises : changements climatiques, impact, supernova, dégagement massif de méthane ?

Philippe Gerrienne, chercheur à l'Université de Liège dans "Aux origines des plantes" (Editions Fayard, 2008)

sous la direction de Francis Hallé, botaniste, spécialiste des arbres et des fleurs tropicales.

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Usages et traditions :


Usage alimentaire.

Les hommes consomment les crosses de fougères depuis la nuit des temps sur tous les continents. Les jeunes crosses de fougère aigle "pteridium aquilinum" et de fougère à l'autruche "matteucia struthiopteris", appelées têtes de violon en raison de leur forme recourbée qui ressemblent à l'extrémité d'un manche de violon, peuvent être consommées à condition d'être cueillies au printemps. Veiller à les récolter avant qu'elles ne commencent à se dérouler car, en vieillissant, les fougères concentrent des substances dérivées du cyanure d'où leur forte odeur d'amandes amères à la cuisson. Par ailleurs, les fougères contiennent une thiaminase détruisant la vitamine B et des substances cancérigènes.

Très prisées en Asie, en Russie, et en Amérique du Nord, leur popularité grandit auprès des consommateurs européens. C'est un légume d'une grande valeur nutritive dont le goût se rapproche de celui de l'asperge, de l'épinard ou de l'artichaut. Il ne se consomme qu'après nettoyage et cuisson car il ne doit jamais être mangé crû pour éviter tout risque d'intoxication alimentaire. Selon François Couplan et Eva Styner dans le "Guide des plantes sauvages comestibles et toxiques", en Asie, on les fait macérer vingt quatre heures dans de l'eau additionnée de cendre de bois pour en éliminer leur toxicité (voir ci-dessus) puis elles sont cuites à la vapeur.

La fougère pousse souvent sur des terres riches en iode et contient donc une grande quantité de cet élément en une forme facile à ingérer. C'est pourquoi, en Russie, les nutritionnistes recommandent sa consommation en cas d'exposition à un rayonnement radioactif.

Jusqu'au XIXème siècle, le rhizome de la fougère aigle a été utilisé pour en tirer de la farine en cas de disette. Dans le volume 2 de ses "Mémoires" (Éditions P. Jannet, 1857 et 1858), le Marquis d'Argenson, ministre des affaires étrangères sous Louis XV, cite le duc d'Orléans qui porta au conseil un morceau de pain de fougère. A l'ouverture de la séance du 19 mai 1739, il le posa sur la table du roi disant : "Sire, voilà de quoi vos sujets se nourrissent !". Le pain de fougère comptait au nombre des "nourritures immondes" au même titre que les cadavres d'animaux déterrés et le marc de raisin.

Pour connaître la valeur nutritive et les bienfaits de la crosse de fougère ainsi que les précautions à prendre avant leur consommation, cliquez sur le lien.

Usage domestique

Fabrication de lessive et de savon avec la cendre très riche en potasse, confection de paillasses, matelas et oreillers en feuilles de fougères séchées qui étaient couramment utilisées à cette fin, réalisation de couvertures de toits en guise de chaume, emballage et conservation des aliments, combustible, litière dans les étables et les écuries car la fougère serait plus isolante, plus absorbante, plus facile à manipuler que la paille..


Usage industriel

Les rhizomes et les crosses de la fougère aigle peuvent être utilisés pour teindre la laine ou la soie dans les teintes jaune, jaune verdâtre ou gris selon l'alliage réalisé.

Autrefois, le rhizome était utilisé pour tanner le cuir et la cendre riche en potasse permettait de fabriquer du savon et servait d'agent blanchissant.

De plus, la cendre de fougère a été utilisée jusqu'au XIXème siècle dans la fabrication d'un verre vert comme l'atteste le passage suivant dans "Bohême" de Gérard de Nerval (1853) : "Un verre à côtes, coloré Par les teintes de la fougère".

Ces usages domestiques et industriels abandonnés participaient sans doute à la maîtrise de son extension. Par ailleurs, l'impact sur la biodiversité dû à sa toxicité vis à vis d'autres végétaux, des herbivores et enfin de l'homme devrait conduire à de nouvelles recherches ainsi qu'à des études épidémiologiques plus étayées.


Culture biologique

  • Paillage anti-fongique et en protection contre le gel pour toutes les plantes sensibles, couverture du sol au printemps sur sol réchauffé en guise d'assurance contre la sécheresse et les mauvaises herbes.

  • Purin insecticide. La fougère est l'un des rares insecticides naturels à usage "curatif" contre les limaces et autres ....

  • Engrais vert. La fougère aigle pousse dans les sols acides mais elle n'acidifie pas le sol. C'est une plante améliorante qui contient de grandes quantités de chaux. De plus sa cendre très riche en potasse peut être utilisée en engrais, comme répulsif, pour améliorer un compost et/ou fertiliser un sol.

Cosmétologie

  • Action hydratante. De nombreux produits cosmétiques aux extraits naturels de fougère sont commercialisés pour leur action réhydratante des couches superficielles de la peau.

  • Action liftante et lissante. La fougère arborescente s'impose par sa capacité à lifter grâce à sa composition spécifique en polysaccharides. Elle agit avec un effet tenseur et lissant immédiat sur la peau et les contours des yeux.

Parfumerie

L'appellation "Accord fougère" désigne la famille olfactive qui doit son nom au parfumeur Houbigant qui a lancé en 1882 un parfum pour hommes appelé "Fougère Royale". Le parfumeur, voulant assurer la réussite de la commercialisation de ce parfum révolutionnaire pour l'époque, choisit de le baptiser d'un nom viril pour éviter tout risque d'échec. Quoi de plus masculin, en effet, qu'un nom évoquant les chasses à courre que les rois de France avaient pratiquées pendant des siècles au milieu des bois détrempés de rosée !

Ce nom désigne les parfums composés sur la base d'une tête lavandée, d'un cœur floral géranium et d'un fond boisé constitué de mousse de chêne et de coumarine mais sans aucune trace de fougère. La fragrance "Accord fougère" est toujours largement utilisée dans la confection des parfums masculins mais aussi des produits d'hygiène comme les savons et les mousses à raser.


Artisanat et tradition

Au XIXème siècle, les casse-têtes kanak présentaient fréquemment sur leur manche des enveloppements végétaux divers avec, parfois l'adjonction de bouquets de plantes ligaturées sur ceux-ci dont le pouvoir renforçait l'efficacité de l'arme. "Il est habituel également de revêtir la hampe de feuilles de fougères ou de lycopodes"


Christian Coiffier dans le Journal de la société des océanistes n° 136-137 (2013/1)

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La fougère est l'emblème de la Nouvelle-Zélande qu'on retrouve sur son drapeau, le côté face de la pièce d'un dollar et... le maillot de l'équipe de rugby "All blacks" qu'ils portent depuis 1882. La fougère argentée "Ponga ou Kaponga" en Maori est une variété unique et endémique de ce pays qui présente la particularité de posséder des feuilles dont le dessous est blanc-argenté. "Depuis l'Antiquité, cette plante (les diverses variétés de fougères) passe pour avoir non seulement de nombreuses propriétés médicinales mais aussi des vertus prophylactiques ; elle éloigne les forces du mal, protège contre les démons et les mauvais esprits, voire plus simplement, contre les ennemis" explique Michel Pastoureau, spécialiste de l'histoire des couleurs, des emblèmes et de l'héraldique.

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