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  • Anne

L'Agave





Étymologie :

  • AGAVE, subst. masc.

Étymol. ET HIST. − 1827 bot. (Baudr. Pêches : Agave. Nom que Linné a donné à l'aloès qui fournit le fil de pitte pour les pêcheurs). Autre forme de agavé*.

  • ALOÈS, subst. masc.

Étymol. ET HIST. − 1. 1160 bot. « plante grasse, dont les feuilles contiennent un suc amer » (Roman de Troie, éd. L. Constans, 16771 ds T.-L. : Dous vaisseaus ... Toz pleins de basme e d'aloès) ; la forme aloé est attestée du xiiie au xviiie s. ; 2. xvie s bot. « bois odoriférant provenant d'un arbre d'Asie » (O. de Serres, 903 ds Littré : Mascher noix muscate, du bois d'aloës, d'iris de Florence), souvent confondu avec 1. Empr. au gr. α ̓ λ ο ́ η, -ηs, au sens 1 (Dioscoride, 3, 25 ds Bailly), passé en lat. sous la forme aloe, es (Celse, 1, 3, p. 20 ds TLL s.v., 1713, 70 : aloen sumat), puis, à partir du vie s., aloes, -is (Oribase, Syn., 1, 17, ibid., 1714, 5 : aloes acutus) prob. sous l'influence de l'expr. lignum aloes ; voir André Bot. 1956, p. 24 ; sert à désigner l'arbre Aquilaria L., sens 2, déjà au vies. (Grégoire Le Grand, Epist., 8, 33, p. 36, 6 ds TLL s.v. aloe, 1714, 7 : alois lignum ... quod per incensum bene redoleat), fréquemment en lat. médiév. (Mittellat. W. s.v., 498, 25-37).


Lire aussi la définition des noms agave et aloès pour amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Agave americana ; Aloès américain ; Pita du Mexique.

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Botanique :

D'après Lionel Hignard et Alain Pontoppidan, auteurs de Les Plantes qui puent, qui pètent, qui piquent (Gulf Stream Éditeur, 2008) :


"Avec ses longues feuilles bleu-vert, bordées de dents de scie et se terminant en pointe acérée, l'agave est doté de redoutables moyens de défense. Quiconque tenterait l'assaut de ce colosse végétal se blesserait immanquablement. C'est une plante frileuse qui ne supporte pas le gel et préfère les jardins exotiques de la Côte d'Azur.


Pourquoi fait-il ça ? Les feuilles épaisses et charnues de l'agave sont remplies de sève rafraîchissante, ce qui attire de nombreux animaux et même les hommes qui en tirent une boisson fermentée. C'est donc pour se protéger de leur convoitise que l'agave "sort ses armes".


Plante à tout faire : La fibre des feuilles d'agave, appelée tampico ou sisal, sert à toutes sortes d'usages : brosses, cordes, tissus ou tapis.


La déesse aux quatre cents mamelles : Au Mexique, la déesse de l'agave s'appelait Mayahuel ; c'était une mère attentionnée de quatre cents enfants dotée d'autant de mamelle pour les nourrir ! "

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Symbolisme :


D'après le Dictionnaire des symboles (1ère édition, 1969 ; nouvelle édition revue et corrigée Robert Laffont, 1982) de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant,


"L'épine d'agave est symboliquement liée au silex des couteaux sacrificiels chez les Mexicains. Le sud, pays du feu, du soleil de midi (Uitzilopichtli) et des sacrifices humains - offrande de sang au soleil - est appelé en langue Nahuatl le côté des épines, sans doute parce que l'épine d'agave était utilisée par les prêtres comme instrument de mortification. Ils s'en perçaient les jambes pour offrir leur sang aux dieux."

Selon Le Livre des superstitions, Mythes, légendes et croyances (Éditions Robert Laffont, 1995, 2019) proposé par Éloïse Mozzani,


Au Mexique,les grandes feuilles charnues de cette plante très décorative, dont on couvre les maisons, ont un grand pouvoir de fertilité : "le couple qui se désole d'être sans enfants s'empresse de refaire sa toiture à neuf ; avant un an, les vagissements d'un nouveau-né égayeront le logis et combleront les parents de bonheur".

En Amérique latine, le jus d'agave, mélangé à des plantes aromatiques, a des vertus aphrodisiaques. Son suc donne une boisson fermentée appelée "pulque", qui aide les chamans indiens à entrer en transe.

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