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  • Anne

Les Sylphes des vents




Étymologie :

Étymol. et Hist. 1605 sylfe (Palma Cayet, Chronologie Septenaire, éd. Michaut et Poujoulat, p. 281 cité par G. Colon ds Z. rom. Philol. t. 78, pp. 88-90) ; 1670 sylphe (Montfaucon de Villars, Comte de Cabalis, 16 d'apr. FEW t. 23, p. 149). Étymol. inconnue. L'hyp. de Bl.-W., d'un empr. au lat. sylphus, qui se trouve pour la 1re fois chez Paracelse dans le titre d'un ouvrage composé entre 1529-32 : Liber de nymphis, sylphis, pygmaeis et salamandris et de caeteris spiritibus doit être rejetée ; en effet, malgré son titre lat., l'ouvrage fut écrit en all., et on trouve dans le texte les formes sylphen et sylphes à côté de wintleut et luftleut (v. G. Colon, loc. cit. et FEW, loc. cit.) ; l'hyp. d'un étymon. all. ne peut pas être retenue, le terme sylphe s'étant répandu à partir d'ouvrages du XVIIe s. écrits en lat. (v. FEW, loc. cit., note 4).

Étymol. et Hist. 1670 (Montfaucon de Villars, Comte de Cabalis, 27 d'apr. FEW t. 23, p. 149). Dér. de sylphe* ; suff. -ide*.


Lire également les définitions des noms sylphe et sylphide afin d'amorcer la réflexion symbolique.

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Littérature :


Le Sylphe


L’aile ternie et de rosée humide, Sylphe inconnu, parmi les fleurs couché, Sous une feuille, invisible et timide, J’aime à rester caché.


Le vent du soir me berce dans les roses ; Mais quand la nuit abandonne les cieux, Au jour ardent mes paupières sont closes : Le jour blesse mes yeux.


Pauvre lutin, papillon éphémère, Ma vie, à moi, c’est mon obscurité ! Moi, bien souvent, je dis : « C’est le mystère « Qui fait la volupté ! »


Et je m’endors dans les palais magiques, Que ma baguette élève au fond des bois, Et dans l’azur des pâles véroniques Je laisse errer mes doigts.


Quand tout-à-coup l’éclatante fanfare A mon oreille annonce le chasseur, Dans les rameaux mon faible vol s’égare, Et je tremble de peur.


Mais, si parfois, jeune, rêveuse et belle, Vient une femme, à l’heure où le jour fuit, Avec la brise, amoureux, autour d’elle Je voltige sans bruit.


J’aime à glisser, aux rayons d’une étoile, Entre les cils qui bordent ses doux yeux ; J’aime à jouer dans les plis de son voile Et dans ses longs cheveux.


Sur son beau sein quand son bouquet s’effeuille, Quand à la tige elle arrache un bouton, J’aime surtout à voler une feuille Pour y tracer mon nom…


Oh ! respectez mes jeux et ma faiblesse, Vous qui savez le secret de mon cœur ! Oh ! laissez-moi, pour unique richesse, De l’eau dans une fleur.


L’air frais du soir ; au bois, une humble couche ; Un arbre vert pour me garder du jour… Le sylphe, après, ne voudra qu’une bouche Pour y mourir d’amour !


Charles Dovalle, "Le Sylphe" in Poésies de feu, 1830.

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Le Sylphe


Ni vu ni connu Je suis le parfum Vivant et défunt Dans le vent venu !


Ni vu ni connu Hasard ou génie ? À peine venu La tâche est finie !


Ni lu ni compris ? Aux meilleurs esprits Que d’erreurs promises !


Ni vu ni connu, Le temps d’un sein nu Entre deux chemises !


Paul Valéry, "Le Sylphe" in Charmes, 1921.

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