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  • Anne

L'Améthyste


Étymologie :

  • AMÉTHYSTE, subst. fém.

Étymol. ET HIST. − Ca 1100 « pierre précieuse de couleur violette » (Rol., éd. Bédier, 1500 : Pierres i ad, ametistes e topazes) ; 1125 (Marbode, Lapidaire, trad., éd. Beckmann, 113 ds T.-L. : Ametiste a culur purprin O tel[e] cume gute de vin). Empr. au lat. amethystos (-us) -i, fém., attesté dep. Ovide, Ars, 3, 181 ds TLL s.v., 1887, 77. − Améthysté, améthystin, 1838 (Ac. Compl. 1842).


Lire aussi la définition du nom pour amorcer la réflexion symbolique.




Symbolisme :


Selon le Dictionnaire des symboles (1ère édition, 1969 ; édition revue et corrigée Robert Laffont, 1982) de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant,


Le nom de l'améthyste vient "du grec ametusios - qui n'est pas ivre. L'améthyste est une pierre de tempérance qui garde de tout ivresse. Ce serait pour cette raison, selon les croyances chrétiennes orthodoxes, qu'elle serait portée par les évêques. L'évêque en tant que pasteur des âmes, chargé d'une responsabilité spirituelle et temporelle, doit, à la différence du reclus contemplatif, ayant abandonné le siècle, se garder de toute ivresse, fût-elle spirituelle. Une tradition chrétienne moralisante en fait le symbole de l'humilité, parce qu'elle est de la couleur de la violette.

Selon Pline, elle protège contre la sorcellerie, si elle est gravée de figures de la lune et du soleil et attachée au cou avec des duvets de paon et les plumes d'une hirondelle. Elle guérit de la goutte et, placée sous l'oreiller, donne des rêves bénéfiques, renforce la mémoire et immunise contre les poisons."

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Roger Tanguy-Derrien, auteur de Rudolph Steiner et Edward Bach sur les traces du savoir druidique... (L'Alpha L'Oméga Éditions, 1998) s'inspire du savoir ancestral pour "récapituler de la manière la plus musclée les informations sur les élixirs" :


Cet élixir calme la pensée, développe l'intuition et nos centres de perception, nous instruit sur les réalités du non visible ; purifie et transmute nos énergies ; recentre l'esprit vers l'essentiel (l'essence-ciel). Il favorise la clarté mentale ; fortifie la volonté ; contrôle le tempérament ; transforme le sentiment de celui qui se fait une piètre idée de lui-même ; rend plus social et moins athée.

Cette pierre neptunienne aide à fondre nos anciens concepts, nos anciennes habitudes ; dissipe nos ressentiments, nos colères profondes, nos vieux chagrins, nos anciennes douleurs morales. Elle est l'anti-Saturne et l'anti-Lune. Elle empêche de se retourner sur soi-même et d'être transformé en statue de sel. Elle doit cette faculté à son rayon violet qui comme nous l'avons vu avant, facilite la dilution de certaines expériences en y installant une voilette (voilé et violet signifierait ici la même chose dans le langage des Anciens).

Adopter cette pierre, c'est signer un contrat avec l'intelligence planétaire de Neptune qui vous ouvre la voie sur une plus grande dimension du cosmos. Mais pour arriver à un tel résultat, il faut cesser de se prendre au sérieux dans son petit microcosme. Cette intelligence a horreur du nombrilisme, des états passionnels, des joies excessives, de l'ivresse. Par contre, elle ouvre grande la porte vers l'amour universel.

Cette transition de l'amour filial ou conjugal vers l'amour universel n'est pas facile. Certaines personnes éprouvent de grandes difficultés devant ce lâcher prise terrestre (qualifions le ainsi pour plus de compréhension). Ils utilisent mal cette intelligence neptunienne et nous le voyons succomber, selon chaque génération, à l'alcoolisme, au tabac, à la drogue. Ce bilan est le côté négatif de l'Ère des Poissons. Et la main de qui trouvons-nous derrière cette peinture évoquant l'Ère des Poissons que nous vivons présentement ? Celle du génie de Neptune !

Certains prétendent qu'améthyste, mot qui vient du grec, ne signifie pas ivrognerie, mais qu'il est celui dune nymphe du nom d'Ametho, qu'aimait Bacchus, le dieu du vin. Ce dernier finit par la rejeter pour suivre Diane, la déesse de la chasteté. Pline mentionne que son nom a une relation avec celui du vin et il admet que les deux couleurs se ressemblent beaucoup. Les alchimistes du Moyen Âge constate que la couleur de l'améthyste stimule le pancréas, cet organe chargé d'assimiler les substances cachées derrière le vin. Ici, nous comprenons facilement comment la substance crée l'organe, voire encore l'orgasme. Car l'élixir d'Améthyste stimule les glandes pinéale et pituitaire, et le diencéphale et l'hémisphère droit du cerveau. Nous comprenons ici pourquoi certains artistes avaient besoin d'alcool pour mieux s'inspirer. De plus, il atténue le déséquilibre du cerveau gauche, corrige l'autisme, la dyslexie, le daltonisme, l'épilepsie, les problèmes de coordination physiques, les problèmes de vision. On le conseille aux diabétiques, aux hypoglycémiques, contre les excès d'alcool, les comas éthyliques, les cirrhoses du foie, pour ceux qui ont besoin dune refonte du tissu adipeux.

Pour expliquer ce dernier résultat, il faut étudier sa composition : elle est constituée de dioxyde de silicium et de fer. Ce dioxyde de silicium amène un meilleur fonctionnement rénal n peu comparable à l'action du potassium : le dioxyde riche en oxygène stimule l'organisme des liquides et le système rénal ; alors que le potassium rafraîchit et nettoie les cellules encrassées. On retrouve cette correspondance dans un tableau rosicrucien qui place l'améthyste et le phosphate de potassium dans les potions idéales pour les natifs du signe du Bélier.

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Selon Valérie Gontero, autrice de « Un syncrétisme pagano-chrétien : la glose du Pectoral d’Aaron dans le Lapidaire chrétien », (in : Revue de l’histoire des religions [En ligne], 4 | 2006) :


Le lapidaire mixte est consacré aux douze gemmes les plus célèbres de La Bible : celles du Pectoral d’Aaron, reprises en partie par la Jérusalem Céleste. L’Exode décrit deux fois le gigantesque pendentif qui orne la poitrine du Grand Prêtre, élaboré selon les directives divines : « Ils le garnirent de quatre rangs de pierres précieuses : première rangée : une sardoine, une topaze, une émeraude ; deuxième rangée : un rubis, un saphir, un jaspe ; troisième rangée : une pierre d’ambre, une agate et une améthyste ; quatrième rangée : une chrysolite, un onyx et un béryl ; elles étaient serties d'or dans leurs montures (1). »

À la fin de la Bible, L’Apocalypse de saint Jean dépeint la Jérusalem céleste, dont les piliers sont taillés dans les mêmes gemmes, à quelques exceptions près : « Les soubassements du mur de la ville sont ornés de toutes sortes de pierres précieuses ; le premier est de jaspe ; le deuxième de saphir ; le troisième de calcédoine ; le quatrième d'émeraude ; le cinquième de sardonyx ; le sixième de sardoine ; le septième de chrysolithe ; le huitième de béryl, le neuvième de topaze ; le dixième de chrysoprase ; le onzième d’hyacinthe ; le douzième d'améthyste (XXI, 19-20). »

[...] Dans le lapidaire, l’exégèse s’effectue à plusieurs niveaux, de la partie au tout, du microcosme au macrocosme. Ainsi une senefiance est dévolue à chaque gemme, à chaque rangée (parfois même au rang de la gemme sur la rangée) et enfin à l’ensemble des douze pierres du Pectoral. Le texte considère les qualités physiques et la disposition des gemmes pour établir des correspondances avec les qualités morales et les expériences spirituelles des chrétiens, comme l’illustre le tableau suivant, récapitulant les données de la seconde partie du lapidaire.

​Gemme

​Rang sur le Pectoral d'Aaron et dans la Jérusalem céleste

Symbolique des nombres

Couleur

Symbolique religieuse et mystique

2e rangée

La force

Améthyste

9e/absent

Pourpre

Couleur de la robe royale : les Juifs en revêtirent Jésus par dérision ; Couleur de l'habit de Marie, de la seigneurie des anges, de la mort des martyrs ; Humilité et souvenir de Dieu


[...] Le raisonnement analogique, qui sous-tend l’ensemble du texte, s’appuie systématiquement sur le nombre et sur la couleur, mais reprend aussi des propriétés décrites dans la partie païenne du lapidaire. L’analogie principale, aux ramifications variées, s’enrichit parfois d’analogies secondaires, qui étoffent et complexifient la glose.

L’analogie par le nombre, véritable mode de pensée au Moyen Âge, est la plus marquante dans le lapidaire. Les clercs accréditent l’exégèse biblique des nombres en se fondant notamment sur le verset suivant : « Mais vous réglez toutes choses avec mesure, avec nombre et avec poids » (Sagesse, XI, 21).

Dans son versant numérique, la glose s’attache au rang de la gemme, sur le pectoral d’Aaron (rang parmi les douze gemmes, rangée, place sur la rangée) et dans la Jérusalem céleste (rang parmi les piliers de gemmes). Pourquoi douze gemmes ? Le douze représente le syncrétisme du nombre matériel 4 et du nombre spirituel 3, et fait écho au 7, qui incarne la perfection. Les gemmes matérialisent les douze tribus d’Israël – comme il est dit dans L’Exode et rappelé dans le lapidaire (v. 601-608) – mais aussi les douze apôtres (v. 662-667).

Rang

Pectoral d'Aaron

​Apôtre

Tribu d'Israël

9

Améthyste

Jean

Gad

[...] Pour les autres pierres absentes de la Jérusalem céleste (l’ambre, l’agate, l’améthyste et l’onyx), le clerc n’apporte aucune justification. Pour l’améthyste, il va jusqu’à omettre toute notation numérique – et c’est là une exception notable – pour se concentrer sur la couleur pourpre de la gemme [...]

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Maïa Toll, auteure de Les Cristaux du chaman, 36 cartes divinatoires, A la découverte du pouvoir des pierres et des cristaux (Édition originale 2020 ; Édition française : Larousse, 2021) nous révèle les pouvoirs de l'Améthyste :


Mot-clef : Émerveillez-vous


Échelle de Mohs : 7


Imaginez-vous, allongé sur le dos, les yeux perdus dans l'indigo infini du ciel vespéral quand brillent les premières étoiles. Sentez la liberté d'être une infime partie de cette vaste et profonde danse crépusculaire entre jour et nuit. Cet émerveillement paisible et joyeux est un don de l’améthyste. Il naît dans votre cœur et s'élance jusqu'à votre tête, encourageant vos brillants rêves d'avenir et vous rendant plus sage. « La magie existe dans les interstices de la vie », vous dit l'améthyste. « Trouvez votre magie, votre expression, dans le moment entre votre inspiration et votre expiration ; dans l'espace entre le jour et la nuit ; ou dans le doux et tendre abandon qui existe, toujours, quand la tête rencontre le cœur. »


Rituel : Voir l'amour

L'adorable améthyste vous propose d'essayer ce rituel sans vous poser de questions - observez simplement ce que vous ressentez.

  • Trouvez un endroit tranquille où vous pourrez fermer les yeux sans être dérangé.

  • Déposez quelques gouttes de miel sur votre langue (si le miel est trop fort, faites du thé, ajoutez du miel et gardez-en une gorgée en bouche).

  • Fermez les yeux et visualisez votre nuance préférée de violet.

  • Observez vos ressentis. C'est tout - ne pensez à rien, faites juste ça !

« J'ai nettoyé mon troisième œil et je n'ai vu que Toi »

(Amanda Mosher, Better to Be Able to Love Than to Be Loveable)

Réflexion : Le pays des rêves

Il n'y a pas si longtemps, dans de nombreux pays du Moyen-Orient, on glissait une améthyste sous l'oreiller pour éviter les cauchemars. Les taoïstes, quant à eux, considéraient que l'améthyste était une pierre pour le foie. Dans la pensée taoïste, l'esprit du foie a un nom : il s'appelle le hun. Le hun réside dans le corps, mais se déplace aussi dans les royaumes spirituels. L'améthyste nourrit le hun, ce qui vous permet de cheminer sans encombre dans le monde des esprits et des rêves, puis de revenir en vous.

Ce qu'il y a de merveilleux avec les songes et les voyages psychiques, c'est qu'en réintégrant le monde réel, vous vous sentez vivifié, revigoré et prêt à concrétiser vos rêves.

Quels sont vos rêves qui dépérissent ?

Quels rêves sont sue le point de devenir réalité ?

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Joëlle Ricordel, dans un article intitulé "Des vertus et couleurs de quelques minéraux dans les écrits des médecins de langue arabe (IXe-XIIIe siècle). (In :Pallas. Revue d'études antiques, 2021, no 117, pp. 219-233) explique la place de l'améthyste dans la pharmacologie arabe :


Les gemmes d’un rouge azuré : Dans cette catégorie, l’améthyste n’est pas d’un rouge franc mais est plutôt de couleur violacée. Ibn al-Bayṭār rapporte qu’al-Kindī la définissait comme « composée de rouge, de rose et d’azuré ». Sa teinte rappelle celle du vin et en conséquence sans doute, sa première vertu particulière est de protéger de l’ivresse, la seconde étant de préserver de la goutte. Il y a vraisemblablement dans cette deuxième indication de l’améthyste un effet d’analogie avec la couleur inflammatoire que présente le gros orteil d’un goutteux. Ibn al-Bayṭār complète l’article qu’il consacre à cette gemme en écrivant  : « Celui qui boit dans un verre fait de cette pierre ne s’enivre pas, pourvu que le verre soit grand. Celui qui la porte dans ses vêtements est préservé de la goutte et celui qui la met sous son oreiller est garanti contre les mauvais rêves. »

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