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  • Anne

L'Amadouvier



Étymologie :

  • AMADOUVIER, subst. masc.

Étymol. ET HIST. − 1775 bot. « nom donné à l'agaric de chêne qui fournit l'amadou » (Valmont de Bomare, Dict. raisonné univ. d'hist. et de comm., cité par Tolmer ds Fr. mod., t. 14, p. 299 : amadouvier). Dér. de amadou*; suff. -ier*, élargi par v épenthétique.

  • AMADOU, subst. masc.

Étymol. ET HIST. − 1546 indirectement attesté par son dér. amadouer* « frotter avec de l'amadou » (Rabelais, Prol., III ds Hug.) ; 1628 amadoue « onguent dont se frottaient les gueux pour paraître jaunes et malades » (Jargon de l'argot, 10 ds Sain. Sources t. 1 1925, p. 346 : De l'amadoue, c'est de quoy les argotiers − c'est à dire les gueux − se frottent pour faire devenir jaunes et paroistre malades) ; 1723 amadou « substance spongieuse et très inflammable, extraite de l'amadouvier » (Savary des Bruslons, Dict. universel de comm. : Amadou. Espèce de mèche noire qui vient d'Allemagne. Elle se fait avec cette sorte de grands champignons, ou d'excroissances fongueuses, qui viennent ordinairement sur les vieux arbres, particulièrement sur les chesnes, les fresnes et les sapins). Gén. considéré comme une transposition du prov. amadou (Mistral t. 1 1879), de l'a. prov. amador « celui qui aime », lat. amator. Outre la difficulté de forme (amadoue est antérieur à la forme sans e), la relation sém. indiquée par les dict. (l'amadou est inflammable comme le cœur d'un amoureux) est peu convaincante, l'anal. de sens s'opérant d'ordinaire en sens inverse. − Amadouerie, 1838 (Ac. Compl. 1842).


Lire les définitions des noms amadouvier et amadou pour amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Fomes fomentarius ; Agaric ; Agaric astringent ; Agaric Combustible ; Agaric de chêne ; Agaric des chirurgiens ; Amadou ; Esco ; Fungus chirurgorum ; Sinso ; Unguline.

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Mycologie :


En savoir davantage sur ce champignon grâce à la fiche tirée du site http://www.mycodb.fr/ ainsi que celles de deux faux-amadouvier : le Phellinus ignarius et l'Ochroporus igniarius.

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D'après Jean-Baptiste de Panafieu, auteur de Champignons (collection Terra curiosa, Éditions Plume de carottes, 2013), l'amadouvier est un véritable allume-feu.


"Sec comme de l'amadou : L'amadouvier est un gros champignon qui pousse sur le tronc de certains arbres. Il paraît dur comme du bois, mais entre "l'écorce" extérieure du champignon et les tubes situés sur sa face inférieure, il contient une substance plus tendre appelée amadou. Depuis la préhistoire, ce matériau est utilisé pour allumer le feu ou pour le transporter d'une endroit à l'autre. Pour produire l'étincelle nécessaire et l('embraser, les hommes préhistoriques frottaient l'un contre l'autre un silex et un morceau de pyrite ou de marcassite, du sulfure de fer (avec deux silex, on n'obtient que des étincelles "froides", incapables de faire naître la moindre flamme).

L'amadou se consume alors lentement, sans s'éteindre. Attisée par un souffle délicat, cette braise servait à enflammer des herbes sèches ou des aiguilles de pin. Plus tard, la pyrite a été remplacée par de l'acier, mais on a continué à "battre le briquet" jusqu'au début du XXe siècle.

Pour être facilement inflammable, la chair du champignon devait subir plusieurs traitements. D'abord mise à sécher, on la battait ensuite à l'aide d'un maillet, puis on la faisait bouillir dans une solution de salpêtre. Il fallait recommencer plusieurs fois ces opérations jusqu'à ce que l'amadou se transforme en une matière ouatée, légère et aérée. Les pratiques différaient selon les régions, les époques ou la destination de l'amadou.

Ainsi, certains préconisaient de le tremper cinq fois de suite afin d'éliminer tous les sucs du champignon, mais sans le faire sécher. Les bains étaient parfois enrichis de cendre de bois ou de suint de mouton. De la même façon, on pouvait imprégner l'amadou de poudre à canon. Il était vendu aux artificiers qui en faisaient des mèches, dites mèches d'Allemagne. Celles-ci s'enflammaient alors à la première étincelle et brûlaient sans fumée.


Le champignon était exploité dans plusieurs régions d'Europe. De grosses entreprises produisaient plusieurs dizaines de tonnes d'amadou par an, notamment en Allemagne, en Forêt-Noire, et en Suède. En France, il existait des amadoueries en Gironde et dans l'Ariège, à Niaux. Mais pour leur usage domestique, les paysans le fabriquaient eux-mêmes à partir des champignons qu'ils trouvaient dans les bois.


L'amadouvier des chirurgiens : L'amadouvier n'était pas seulement un allume-feu. On le nommait aussi "agaric des chirurgiens" car on faisait des compresses médicales. Dans l'Antiquité, il tenait lieu de coton ! Au XIXe siècle, il sert surtout à épancher les petites hémorragies provoquées par les sangsues appliquées sur la peau des patients par les médecins. Les barbiers l'utilisent aussi pour les coupures qu'ils infligent à leurs clients. Selon un Cours complet d'agriculture, c'est un produit indispensable dans la vie quotidienne : "On ne peut trop recommander aux cultivateurs d'en avoir toujours une provision chez eux. Comme il se vend à bon marché, et se conserve toujours également bon, pour peu qu'il soit à l'abri de la poussière et de l'humidité, ils n'ont point d'excuses pour être dispensés de s'en précautionner."

En Allemagne, on a utilisé des pansements d'amadou jusqu'aux années 1950. En France, l'amadou hémostatique ne disparaît du codex pharmaceutique qu'en 1937.

Ces compresses avaient aussi été préconisées pour des blessures plus graves. En 1752, le chirurgien Brossard affirme que l'amadou est un "styptique", c'est-à-dire un astringent. En cas d'hémorragie, il utilise la chair du champignon comme une éponge afin d'arrêter l'écoulement du sang, ce qui favorise la coagulation naturelle sans avoir à faire de ligature. Sa technique est approuvée par l'Académie de médecine et Brossard reçoit une pension de Louis XV.

Gabriel François Venel, professeur de médecine à Montpellier, affirme que cette "découverte" ne mérite "ni le bruit que les chirurgiens français ont fait en faveur de leur confrère, ni les récompenses que le gouvernement a accordées à ce chirurgien." L'auteur rappelle en effet que ce remède était connu depuis fort longtemps. De plus, "c'est en absorbant le sang et comprimant l'ouverture des vaisseaux capillaires à la manière d'un tampon que l'amadou opère leur occlusion et fait cesser les hémorragies, et non par une vertu astringente particulière, comme semblent le croire quelques personnes." Bref, l'amadou est juste une compresse et non un anticoagulant ! Venel reconnaît cependant que Brossard a bien agi pour en généraliser l'usage, même si le champignon n'est certainement pas suffisant en cas de castration ou d'amputation de la jambe !

Les médecins ont également tiré profit des propriétés inflammables de l'amadou. Hippocrate, au Ve siècle avant J. C. préconise de placer des petits morceaux d'amadou brûlants sur la peau du patient, près de l'organe à soigner. Cette "cautérisation" était proche de la protique appelée moxa en acupuncture. Elle a été employée jusqu'au XIXe siècle, par exemple pour soigner les rhumatismes. Même sans l'embraser, on l'appliquait aussi sous forme de compresses pour maintenir la chaleur de certaines parties du corps. Imprégné d'une solution médicamenteuse, il servait de cataplasme. Les chirurgiens dentistes l'utilisaient pour assécher la bouche de leurs patients. L'amadouvier contient aussi des substances actives que les médecins chinois exploitaient pour soigner les indigestions et traiter certains cancers. Aujourd'hui, c'est en laboratoire qu'on étudie ses propriétés antivirales ou anticancéreuses.


Colporteurs d'amadou : L'amadoueur était l'ouvrier qui produisait l'amadou ou bien le colporteur chargé de le vendre. Ces marchands ambulants proposaient également à leurs clients les "pierres à fusil", c'est-à-dire des silex et des allumettes soufrées. allumer une bougie demandait en effet plusieurs opérations successives. il fallait frotter brusquement un morceau de métal sur l'arête du silex afin de produire une étincelle. quand l'une d'elles tombait sur l'amadou, il s'embrasait et cette petite braise permettait d'enflammer l'allumette avec laquelle on pouvait enfin allumer la bougie !


Un vrai parasite : Il pousse sur de nombreuses espèces : bouleau, hêtre, chêne, charme, frêne, noyer, aulne, pommier, peuplier... Parasite, il attaque d'abord des arbres vivants, souvent déjà affaiblis. une fois son hôte mort, il continue à prospérer en se nourrissant de son bois.


Bon pour tout : En principe, si les opérations de préparation ont été convenablement menées, le champignon acquiert "la propriété de s'aplatir et de former, pour ainsi dire, une sorte d'étoffe très souple et fort moelleuse au toucher."

En Franconie (une région d'Allemagne), on aboutissait à un feutre résistant, comme une "peau de chamois" qui permettait de "confectionner des vêtements très chauds et très doux", tels que des culottes ou des gants. En Hongrie, l'aspect médicinal n'était pas oublié puisque des chapeaux d'amadou étaient réputés pour soigner le mal de tête et la transpiration excessive. De même , les bottiers en plaçaient au fond des chaussures pour soulager leurs clients affligés de cors.

L'odeur de l'amadou brûlé était utilisée par certains comme clamant, voire comme anti-asthmatique, tandis que d'autres s'entouraient de fumée d'amadouvier afin d'éloigner les moustiques.


Amadouer, c'est tromper : A l'origine, amadouer appartenait à l'argot des mendiants. "Aquiger l'amadou", c'était se frotter le visage avec la pulpe du champignon afin de se jaunir la peau et paraître malade. Au Moyen Âge, les mendiants s'amadouaient ainsi afin d'inspirer la pitié. Par la suite, l'idée de mystification prend le pas sur les détails de la technique. Amadouer signifie alors "flatter, caresser afin d'attirer à soi", parfois avec une nuance apaisante ou désarmante. Au XIXe siècle, le sens du verbe avait également changé chez les argotiers, puisque s'amadouer signifie alors "se marier".

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Dans les bagages en écorce d’Otzi, dont on a découvert la momie conservée dans un glacier alpin à la frontière italo-autrichienne pendant 5300 ans, on a retrouvé les traces de trois espèces de champignons médicinaux différents : un polypore du bouleau (Piptoporus betulinus), un amadouvier (Fomes fomentarius) et un chaga (Inonotus obliquus). L'amadouvier servait vraisemblablement d'allume-feu.


Particularité : le géoptropisme de l'Amadouvier.

Sur le site de l'ONF, http://www.onf.fr/ on apprend que "sur certains arbres à terre, on peut distinguer la partie qui a poussé lorsque l'arbre était debout, de celle qui croît depuis qu'il est au sol. L'orientation des couches successives du champignon est différente car il présente son hyménium fertile toujours vers la bas afin de le protéger des intempéries et de permettre une meilleure diffusion des spores. Parfois même, la croissance de ce champignon est moindre depuis la chute de la grume et on a l'impression qu'un deuxième champignon plus petit a pris le relais.

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Utilisation :


Le site http://www.futura-sciences.com/ propose un dossier qui fait le point sur les différents usages de l'amadouvier, que ce soit pour la fabrication du feu, la médecine ou l'habillement...

De même, Bertrand Roussel, Sylvie Rapior, Christian-Louis Masson, et al. dans leur article intitulé "Fomes fomentarius (L.: Fr.) Fr .: un champignon aux multiples usages" (Cryptogamie, Mycologie, 2002, vol. 23, n°4, p. 349-366.) recensent l'utilisation variée de ce champignon.

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Vertus thérapeutiques :


Bertrand Roussel, Sylvie Rapior, Colette Charlot, et al. focalisent leur attention dans leur article intitulé "Histoire des utilisations thérapeutiques de l'amadouvier [Fomes fomentarius (L.: Fr.) Fr.]." (Revue d'Histoire de la Pharmacie, 2002, vol. 90, n°336, p. 599-614.) sur l'usage médical de ce champignon :


[...] Cautérisation et moxibustion

L'amadouvier est évoqué pour la première fois dans un texte d' Hippocrate au Ve siècle av. J.-C. Il s'agit de placer des morceaux d'amadou incandescents sur la peau du patient près de l'organe ou de la partie du corps à soigner. Le texte indique par exemple que « quand le foie a le plus de volume, on cautérise avec des champignons ». Au VIIe siècle, le médecin byzantin Paul d'Égine mentionne l'utilisation « de corps spongieux qui naissent sur les chênes et les noyers », qu'il nomme « iskas », pour « cautériser la région de l'estomac ». D'après Paulet, le terme « iska » pourrait venir du latin esca qui désigne l'amadou permettant de produire le feu. Cette matière correspondrait donc à la trame de l'amadouvier ou à celle d'un champignon proche.

Dans le cadre de la moxibustion, l'amadou traité dans une solution de salpêtre était utilisé comme moxa. Cette pratique, d'origine chinoise et japonaise, s'apparente à l'acupuncture : elle consiste à brûler le patient sur des points précis à l'aide d'un « petit cylindre de matière combustible que l'on fait brûler lentement sur la peau, de manière à y déterminer une escarre ». De nombreuses matières ont été proposées pour servir de moxa : duvet de feuilles d'armoise, mèche de chanvre ou de coton, moelle du grand tournesol, papier, mais aussi amadou trempé dans une solution de chlorate de potasse. La moxibustion était utilisée dans le traitement d'un grand nombre de maladies, en particulier les sciatiques invétérées, les paralysies, les tumeurs blanches ou le mal de Pott. La moxibustion survécut jusqu'au XIXe siècle, principalement en Laponie ou au Népal.


Pansements et usage hémostatique

En 1750, Silvain Brossard, chirurgien à La Châtre-en-Berry, proposa à l'Académie royale de chirurgie un nouveau moyen permettant d'arrêter les hémorragies des artères sans utiliser de ligature. Ce topique était réalisé à partir d'une « excroissance fongueuse » désignée sous les noms « Agaricus pedis equini facie », « Fungus in caudicibus nascens, unguis equini figura » ou « Fungi igniarii » . Il s'agissait en fait de la trame de F. fomentarius : l'amadou. Brossard avait déjà utilisé avec succès ce topique pour traiter deux cas : un cavalier du régiment de La Rochefoucault qui avait eu l'artère radiale sectionnée par un coup de sabre et un laboureur du Berry qu'il avait amputé d'une jambe. Selon Noël et Carpentier, Brossard aurait réalisé cette découverte grâce à un bûcheron qui, s'étant blessé avec sa cognée, avait arrêté le sang au moyen d'un morceau d'amadouvier se trouvant à portée de sa main.

C'est Sauveur-François Morand (1697-1773), chirurgien en chef des Invalides, qui fut le rapporteur de la commission chargée de vérifier l'efficacité de cette découverte. Il décrit dans un mémoire consacré aux « moyens d'arrêter le sang des artères sans le secours de la ligature » comment l'utilisation de l'amadou permit de réussir plusieurs amputations et « opérations de l'anévrisme ». Brossard fut même récompensé en mai 1751 par Louis XV pour sa découverte. L'Encyclopédie évoque ce nouveau procédé à plusieurs reprises, indiquant qu'il a été utilisé pour stopper l'écoulement du sang lors d'opérations du filet de la langue, de fistule, d'artériotomie et même de nymphotomie.

Si on en croit Boissier de Sauvages, l'amadou était depuis longtemps utilisé pour arrêter les hémorragies ; il écrit en effet dans l'article « esco » de son Dictionnaire languedocien-français, publié en 1756 : « On connaissait depuis longtemps la vertu styptique de cette espèce d'agaric, mais ce n'est que depuis peu qu'un chirurgien de province en a fait d'heureuses applications pour arrêter les hémorragies qui arrivent dans les amputations. » Garidel signale également dès 1715 cet usage populaire de l'agaric en Provence. L'utilisation de ce topique par des chirurgiens antérieurement à Brossard semble confirmée par une note dans les Mémoires de l'Académie royale de chirurgie. Cet article indique que ce procédé est évoqué avant le milieu du XVIIIe siècle par Dillenius, dans Les Ephémérides des curieux de la nature. D'autre part, Pierre Du Verney (dit le Jeune), dans un article de 1702 paru dans l'Histoire de l'Académie royale des sciences, propose « de porter à l'orifice du vaisseau une mèche d'Allemagne » ; or les « mèches d'Allemagne » étaient des morceaux d'amadou utilisés comme mèches par les artificiers. Suite à la lecture du mémoire de Morand à l'occasion d'une séance de l'Académie royale de chirurgie, un chirurgien de Toul nommé Magron signala qu'il avait déjà utilisé ce topique en diverses occasions. Il semble donc que Brossard n'ait fait que remettre au goût du jour un procédé connu depuis longtemps dans la pharmacopée populaire et utilisé sporadiquement avant lui par quelques chirurgiens.

Les médecins et les pharmaciens de la deuxième moitié du XVIIIe siècle sont partagés quant à la réelle efficacité du topique. Pour Baume, « ce remède est sans contredit un des meilleurs qu'on puisse employer pour arrêter le sang des plaies externes ». D'après Rozier, il « possède au suprême degré la vertu astringente ». En revanche, Goulin note que l'amadou ne semble pas avoir de vertu intrinsèque, mais qu'il fait « seulement office de bouchon en s'appliquant exactement à l'orifice des vaisseaux ». Plenck précise qu'il n'y a « aucune qualité astringente dans ce champignon » et que l'amadou peut « arrêter l'hémorragie d'une artère, pourvu qu'elle ne soit pas considérablement offensée ». Selon Valmont de Bomare, « sa principale vertu consiste dans la compression, [...] il résiste en effet à de petites hémorragies, mais [...] plus d'un malade a succombé à l'hémorragie, lorsqu'on s'est reposé sur la vertu de l'agaric, après de grandes amputations ».

À partir du début du XIXe siècle, les détracteurs de l'amadou l'emportent. Son emploi se limite alors au traitement des hémorragies légères. Il permet par exemple de stopper l'écoulement sanguin entraîné par les piqûres des sangsues. Héraud signale aussi que des morceaux d'amadou découpés en lanière et roulés en spirale étaient introduits dans la narine afin de stopper les épistaxis. Mantoy indique qu'il a connu une vieille femme qui se souvenait avoir « battu l'amadou » dans sa jeunesse pour l'envoyer aux soldats lors de la guerre de 1870.

L'usage de l'amadou comme hémostatique est également signalé dans la tradition populaire provençale, ainsi que dans la pharmacopée traditionnelle hongroise. D'après Zeitlmayr, dans les années 1950, des pansements en amadou étaient encore utilisés dans certaines parties de l'Allemagne pour les petites coupures.

Dans le cadre de cette utilisation, F. fomentarius est désigné sous différentes appellations : « Fungus chirurgorum », « agaric astringent », « agaric des chirurgiens », ou tout simplement « agaric ».

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Quoiqu' assez simple, la méthode de préparation de l'agaric des chirurgiens était sujette à une certaine variabilité. Plusieurs auteurs indiquent qu'il est préférable de cueillir l'amadouvier au mois d'août ou de septembre. D'après Gautier, l'agaric des chirurgiens était préparé de la façon suivante : « On choisit les jeunes sujets, on les sépare de leurs tubes et de leur écorce, après les avoir ramollis en les tenant plus ou moins longtemps dans une cave ou dans un autre lieu frais ; on les coupe par tranches minces que l'on bat fortement avec un maillet, afin de les aplatir et de les distendre ; on les mouille de nouveau, puis on les frotte entre les mains jusqu'à ce qu'elles aient acquis un certain degré de mollesse et de douceur [...].» Dans le Nouveau dictionnaire d'histoire naturelle, on retrouve une préparation identique, mais il est précisé qu'il faut étirer l'amadou coupé en tranches. Il existe des variantes à cette préparation. Ainsi Héraud indique qu'il faut faire macérer les tranches dans une eau de lessive de cendres avant de les battre. Planchon a ainsi que Soubeiran et Regnauld précisent qu'on les fait parfois également fermenter en les plaçant au centre de plantes vertes récemment coupées.

Il existait différentes façons d'appliquer l'agaric des chirurgiens. Pour Mérat et Lens, « on applique l'amadou, après l'avoir frotté entre les doigts pour débarrasser sa surface des corps étrangers et le rendre plus spongieux. On en met une ou deux couches, soutenues de compresse et d'une bande qui la maintient en place ». Henry et Guibourt jugent cette méthode peu efficace et en propose une autre : « afin qu'il [l'amadou] agisse efficacement, il convient, non d'en appliquer un morceau entier sur la place couverte de piqûres, mais bien d'en choisir une partie épaisse que l'on déchire avec les doigts, de manière à la réduire en morceaux qui offrent, chacun, sur leur épaisseur, une nouvelle surface veloutée. On applique cette surface sur chaque piqûre bien essuyée ; on appuie un instant le doigt sur le morceau d'agaric, et on le retire après. On continue ainsi jusqu'à ce que toutes les plaies encore saignantes soient fermées : alors on recouvre le tout, si l'on veut, avec un large morceau d'agaric, ou une compresse maintenue par un bandage. » Une autre technique d'application est évoquée par Beaude : « Après avoir essuyé la piqûre on applique sur elle un petit morceau d'amadou, puis un plus grand, et enfin un troisième assez large ; on presse ensuite modérément sur l'amadou avec la partie convexe d'une cuillère d'argent que l'on fait assez chauffer pour qu'il soit impossible d'y appliquer la main sans un très vif sentiment de brûlure, la chaleur de la cuillère coagule le sang qui sort de la piqûre, y fait adhérer l'amadou et bouche ainsi la petite plaie ; il est important d'appliquer la cuillère à plusieurs fois et de ne pas la laisser trop longtemps pour ne pas brûler le malade. »

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Calorifuge et compresse en amadou

Au XIXe siècle, l'amadou fut employé sous forme de bande ou de compresse pour « conserver le calorique sur les parties du corps qui ont besoin d'une chaleur permanente », en particulier pour les personnes atteintes de douleurs rhumatismales.

L'amadou était également utilisé pour appliquer des lotions ou des fomentations. Ainsi, Soubeiran et Regnauld indiquent dans leur Traité de pharmacie qu'une « large plaque imbibée d'eau ou d'une solution médicamenteuse fonctionne, en manière de cataplasme, sur les organes qui doivent être exposés à une longue irrigation ».

Il entrait également dans la réalisation de pansements compressifs sous forme de bandes ou de plaques épaisses. Ainsi, le Dictionnaire des sciences médicales signale que « dans le traitement des hydarthroses, de certaines tumeurs blanches, de quelques tumeurs du sein, dont on espère voir survenir la disparition sous l'influence d'une compression méthodique, on emploie l'amadou sous forme de plaques superposées et de diamètre décroissant, de manière à faire une pyramide renversée dont le sommet répond à la partie qu'on veut comprimer. Une ou plusieurs bandes sont appliquées par dessus pour maintenir en place ces morceaux d'amadou [...] ».

D'après Cordier, on utilisait des plaques d'amadou pour prévenir les « ulcérations des parties déclives du corps » dans le cas d'immobilisations de longue durée, dues par exemple, à des fractures. D'autre part, Foy signale que Favier a proposé l'application sur les brûlures de larges morceaux d'amadou.

Autres usages médicaux traditionnels

On peut signaler un certain nombre d'autres usages médicaux de F. fomentarius. Ainsi, il a été employé en Europe pour traiter la dysménorrhée et les problèmes urinaires. Il est signalé dans la pharmacopée traditionnelle hongroise pour lutter contre le mal de tête et la transpiration excessive, en portant un couvre-chef réalisé avec la trame de ce champignon. L'amadouvier était également employé contre les hémorroïdes par fumigation. Dans la médecine traditionnelle indienne, il était connu pour ses propriétés diurétiques, laxatives et toniques. En Chine, on l'utilisait pour le traitement des crises de foie et de certains cancers.

Au XIXe siècle en Europe, il entre même dans le traitement des maladies nerveuses. D'après Cordier, « l'odeur de l'amadou brûlé, préparé avec de l'azote de potasse, est un excellent calmant pour les personnes atteintes de maux de nerfs ». L'odeur d'amadou qui se consume a également été proposée par M. Favro comme antiasthmatique.

En Europe, les dentistes employaient de l'amadou comme absorbant pour assécher les dents. On l'utilisait également dans le traitement des cors au pied selon deux modalités différentes. D'une part, des rondelles percées au centre permettaient de préserver les cors enflammés de la pression des chaussures. Cet usage est notamment signalé en Catalogne. D'autre part, sous forme de tampon humidifié avec de l'eau, il était mis en contact avec le cor pour le faire tomber. Les pédicures ont parfois employé de l'amadou dans le traitement des ongles incarnés. Après excision de l'ongle, un morceau d'amadou est placé entre la chair et l'ongle afin d'éviter qu'il ne blesse à nouveau la chair en repoussant.

[...]

À l'heure actuelle, F. fomentarius a depuis longtemps disparu des officines et des hôpitaux. Des chercheurs en hématologie l'ont cependant utilisé il y a quelques dizaines d'années pour la mise au point d'un réactif, utilisé en analyse médicale lors de la détermination des groupes sanguins. En effet, des extraits d' amadouvier agglutinent les globules rouges du groupe sanguin B, permettant ainsi sa reconnaissance. Depuis une cinquantaine d'années, des recherches ont été entreprises sur les activités biologiques des macromycètes et des principes actifs ont ainsi été découverts dans de nombreux champignons. Il est donc possible qu'à la faveur de nouvelles recherches, l'amadouvier reprenne un jour le chemin des officines.

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Selon Christelle Francia, Françoise Fons, Patrick Poucheret et Sylvie Rapior, auteurs de l'article intitulé "Activités biologiques des champignons : Utilisations en médecine traditionnelle." (Annales de la Société d’Horticulture et d’Histoire Naturelle de l’Hérault, Société d’Horticulture et d’Histoire Naturelle de l’Hérault, 2007, 147 (4), pp. 77-88.), les qualités thérapeutiques de l'amadou sont les suivantes :


anti-infectieux et cicatrisant : En Europe, encore utilisé pour cautériser les plaies à la fin du XIXème siècle.

Référence : Buller (1915) Ainsworth (1976).


hémostatique : En Europe et Amérique du Nord, utilisé dans les hémorragies sous forme de

fines lamelles battues avec un maillet pour les ramollir et appliquées sur la

blessure. Référence : Thoen (1982) Tyler (1977).


pédicurie : En Europe, employé sous forme de fines lamelles placées entre la chair et

l'ongle après excision d'un ongle incarné. Empêche l'ongle, en repoussant, de

blesser à nouveau la chair. Référence : Becker (1983).

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Symbolisme :


Selon Jean Chevalier et Alain Gheerbrant dans le Dictionnaire des symboles (1ère édition, 1969 ; édition revue et corrigée Robert Laffont, 1982),


"Le champignon, et plus particulièrement en Chine l'agaric (ou amadouvier), est un symbole de longévité. La raison en est peut-être que, après séchage, il se conserve très longtemps. Il figure dans les attributs du dieu de longévité. Les Immortels le consomment, associé à la cannelle, à l'or ou au jade. Ils en obtiennent, écrit Wang Tch'ong, la légèreté du corps.

Par ailleurs l'agaric (ling-tche) est censé ne prospérer que dans la paix et le bon ordre de l'Empire. Sa végétation est donc le signe d'un bon usage du mandat céleste.

Certains textes anciens le considèrent en outre comme un philtre d'amour."

Grâce à sa caractéristique principale liée à l'allumage du feu, ce champignon est lié au symbolisme de cet élément, extrêmement fécond. (fiche à venir).

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Selon Guy Durrieu, Mahesh Kumar Adhikari et Jean-Pierre Girolami auteurs de l'article intitulé "Ethnomycologie Nepalase Masques en Polypores." (Bulletin de la Société Mycologique de France, 2014, vol. 130, n° 1-2, p. 57-71) :


[...] Au Népal, nombreux sont les masques (makundo en népali, khwapa en newari) qui apparaissent dans les célébrations et festivités des cultes hindouistes, en particulier avec les Newars de la vallée de Kathmandou, ou bouddhistes tibétains dans les danses cham des monastères. Très travaillés, souvent très finement décorés, leur signification symbolique dans la cérémonie est très précise. À côté de ceux-là, on en trouve d’autres beaucoup plus frustes, en particulier chez certaines ethnies du pays qui à l’origine ne sont ni hindouistes ni bouddhistes mais animistes chamanistes (Magar, Gurung, Raï, Limbu, Tamang, Tharu…). Ils sont accrochés aux murs des logis, le plus souvent à côté ou au-dessus des portes et fenêtres. Ils seraient considérés comme des incarnations de dieux et déesses bienveillants ou bien ils peuvent représenter un ancêtre et avoir la valeur de portraits funéraires. On invoque leur aide bénéfique ou leur protection contre les puissances magiques malveillantes. D’autres sont de véritables masques parfois attribués à l’usage des chamanes, lors de cérémonies d’invocations. Mais on en trouve aussi réalisés dans un but simplement récréatif, destinés à des spectacles de pantomime. L’exposition « Dans le blanc des yeux » du musée du Quai Branly, en 2010 (donation Marc Petit, 2003) en a montré un échantillonnage et quelques ouvrages en donnent une vue assez complète (Petit, 1995 ; Helffer et coll., 2007). S’agit-il de très anciennes traditions locales ou transposées des grands cultes ? Il est difficile de trancher : il est probable qu’il y ait eu des imprégnations réciproques, le syncrétisme étant très répandu au Népal.

Leur facture est généralement très simple. Les matériaux utilisés sont le bois et le cuir auxquels s’ajoutent quelquefois quelques touffes de poils d’animaux domestiques. De l’art brut, minimaliste, bien éloigné des représentations codifiées des œuvres hindouistes ou bouddhistes.

Parmi ces masques, certains sont exceptionnels et nous intéressent particulièrement car ils ont été creusés dans des fructifications de « polypores ». Terme qui n’est pas ici employé dans son sens purement taxinomique mais dans celui de champignons produisant des basidiocarpes en console sur les troncs et grosses branches d’arbres. À notre connaissance, l’utilisation d’un tel matériau dans ce but ne semble pas connue en dehors du Népal.

Quelques masques en polypores

Les masques ont été réalisés en évidant l’hyménium et plus ou moins la chair, ne laissant que la partie supérieure dans laquelle on a percé les yeux et la bouche. Si le champignon entier est souvent la proie de nombreux insectes, ce qui est conservé est par contre beaucoup plus résistant et perdure assez facilement, d’autant que bien souvent ces objets se trouvent à l’intérieur d’habitations très enfumées, fort peu attirantes pour les insectes.

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On ne possède pas d’informations ethnomycologiques précises sur ces masques en polypore. Leur première mention daterait du début des années 1970 (Toffin, 2014). D’ailleurs, jusque-là, les effigies, dites tribales, quelle que soit leur matière, avaient très peu attiré l’attention des voyageurs. La revue des objets précédents permet de se rendre compte que le terme de masques n’est pas tout à fait approprié, beaucoup n’ayant pu être utilisés en tant que tels parce que non évidés ou de trop petite taille, 6 cm pour certains. On pourrait voir là l’image d’une divinité sylvestre ou celle d’un ancêtre qui apporterait la protection sur le foyer.

Pourquoi utiliser des champignons pour la fabrication de masques ? Est-ce seulement le côté pratique, puisque bien souvent l’aspect de ces fructifications peut donner l’idée d’y voir les traits d’un visage sans nécessiter beaucoup d’efforts ? Et en fin de compte, le résultat final est bien plus évocateur que ceux obtenus en sculptant une pièce de bois ; dans ce dernier cas les visages sont lisses, le sculpteur se donnant rarement la peine de creuser quelques rides pour souligner les traits de la face, tandis qu’ils sont présents naturellement avec le champignon.

Petit (1995) nous dit : « Quiconque se promène dans la campagne ne manque pas de remarquer, disséminés un peu partout, d’étranges signes tracés avec de la poudre rouge sur des pierres, des arbres… Le moindre renflement, la moindre anfractuosité dans un rocher, une écorce, la racine d’un arbre devient un signe… où affleure la secrète présence des dieux… Quoi d’étonnant à ce que les populations archaïques de l’Himalaya, vivant dans un univers ambigu et magique où ce que nous appelons surnaturel, dieux et esprits, ne fait en réalité qu’un avec la nature, aient développé […] un genre d’art brut fondé sur l’interprétation de formes… Le paysan des vallées, des collines et des montagnes népalaises n’a pas son pareil pour faire sortir un visage de toute chose : tronc, racine, excroissance ligneuse, champignon, carapace de tortue. » Si on le suit, on peut donc penser, en toute vraisemblance, que l’aspect de ces étranges choses, qui surgissent du bois au long des troncs, ait inspiré crainte et respect pour des mentalités très proches de la nature. Leur ténacité, leur persistance après leur apparition soudaine ne sont-elles pas les signes d’une présence sacrée ? Objets bien réels mais quand même mystérieux, ne possèdent-ils pas quelques pouvoirs magiques ? Pourquoi ne pas y voir les manifestations de quelques génies forestiers ou de l’âme des ancêtres ? Malheureusement, nous n’avons aucun témoignage direct pour répondre à ces questions alors que leur signification est peut-être en train de tomber dans l’oubli.

Même s’il n’y a pas de relation directe, une tradition des Ouigours rapportée par Marco Polo (1272, in Daltabuit et Pannier, 2005) raconte que le premier roi de ce peuple était né d’un champignon nourri de la sève des arbres. Chez les Orotch Toungouse (Sibérie), les âmes des morts sont réincarnées sous forme de champignons et renvoyées ainsi sur la terre par la foudre. On retrouve donc ici l’idée de représentation d’ancêtres, mais qui n’est pas allée jusqu’à la production de masques. Car c’est bien là l’originalité de l’Himalaya du Népal : il semble que ce soit la seule région du globe où existe cette production. Cela est d’autant plus curieux que la confection de masques et de statuettes en bois existe chez bien d’autres peuples, et qu’il y a certainement des polypores sur les arbres d’où est tiré le bois utilisé. D’autant que l’existence des polypores n’est pas passée inaperçue. Ils ont été utilisés à divers usages, médicinal, amadou, bijoux ou amulettes un peu partout, et depuis la préhistoire comme attesté par certains des objets que portait Ötzi, l’homme des glaces (découvert à la frontière italo-autrichienne). Mais de masques, nulle part ailleurs que dans les collines himalayennes.

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Daniel Thoen, dans un article intitulé "Légendes, Magie et Croyances liées aux polypores" (paru le 3 novembre 2017 sur le blog http://enfantdesarbres.canalblog.com/) fait le point sur les croyances relatives à l'amadou :


Plusieurs croyances et pratiques magico-religieuses sont liées aux polypores chez les Aïnou de Hokkaïdô (Japon). Elles ont été répertoriées dans un excellent article de YOKOHAMA (1975) dont nous résumons ici l'essentiel. Lorsqu'il sévit une épidémie, ou que des démons apparaissent, les Aïnou mettent le feu à des carpophores de Fomes fomentarius qu'ils laissent brûler toute la nuit autour de l'habitation. Cette pratique est liée à la croyance que toutes les créatures du monde ont un esprit éternel appelé Ramachi. Lorsqu'il y a une épidémie ou toute autre cause d'infortune, les Aïnou font appel à certaines plantes dont l'esprit peut exorciser la maladie ou les démons. [LÉVI-STRAUSS (1970, p. 15) signale une pratique analogue chez les Apaches Jicarilla du sud-ouest des États-Unis, qui faisaient brûler des champignons pour que leur fumée éloigne les mauvais esprits.]

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Littérature :


Le briquet frappe la pierre,

L'amadou aussitôt prend ;

Le feu pétille à l'instant.

C'est à peu près la manière

Dont l'amour pour un tendron

Enflamme un joli garçon.


Michel-Jean Sedaine (1719-1797)

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Bertrand Roussel, Sylvie Rapior, Colette Charlot, et al. dans leur article de 2002 précédemment cité recensent quelques mentions de l'amadou en littérature :


L'utilisation hémostatique de l'amadou est suggérée dans les vers du poète Jacques Delille (1738-1813) [dans L'Homme des champs, 1800] :


« Là, sont en cent tableaux, avec art mariés,

du varec, fils des mers, les teintes variées ;

le lichen parasite, aux chênes attachés ;

le puissant agaric, qui du sang épanché

arrête les ruisseaux, et dont le sein fidèle

du caillou pétillant recueille l'étincelle [...]»


De même, Chateaubriand décrit dans Mémoires d'outre-tombe un soldat privé de ses deux jambes, abandonné sur le champ de bataille, «[...] il y vécut en rongeant sa loge de chair ; les viandes putréfiées des morts à la portée de sa main lui tenaient lieu de charpie pour panser ses plaies et d'amadou pour emmailloter ses os ». Jules Verne, dans Les Enfants du capitaine Grant 60, fait également soigner un de ses personnages avec de l'amadou : « Le major plaça sur l'orifice de la blessure, qu'il lava préalablement à l'eau fraîche, un épais tampon d'amadou, puis des gâteaux de charpie maintenus avec un bandage. Il parvint à suspendre l'hémorragie. »

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