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Équinoxe d'automne

  • Photo du rédacteur: Anne
    Anne
  • 21 sept. 2015
  • 18 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 6 jours

Dans le Zodiaque de la Terre, représenté par les différentes maisons astrologiques, l'équinoxe d'automne est la maison VII de la Terre..





Symbolisme celte :


Guy Le Nair, propose un vademecum qui fait le point sur les différents significations des fêtes celtes intitulé Les Fêtes celtes au XXIe siècle :


Solstices et équinoxes : Il n’existe pas d’éléments concrets qui permettraient d’affirmer que les Celtes étaient des adorateurs du soleil. Les constructions mégalithiques du Néolithique étaient édifiés pour honorer les défunts. Ces constructions étaient orientées dans l’axe des solstices. Si ce n’est l’hypothèse d’un éventuel culte solaire, il n’existe pas de données indiscutables permettant d’affirmer que les équinoxes donnaient lieu à des célébrations populaires chez les Celtes. Cependant, les solstices et équinoxes, en rapport avec le temps des dieux, marquent les moments forts des aventures des héros de la tradition des Celtes et leurs rapports avec les dieux, dans un cycle symbolique de conquête de l’année. Cet aspect de la tradition est bien décrit par Philippe Jouët, dans son livre « L’aurore celtique » paru en 1994 aux éditions du Porte-Glaive.

Les nombreuses coutumes populaires qui se trouvent encore dans le folklore de nombreux pays héritiers de l’idéologie tripartie indoeuropéenne laissent à penser que le soleil avait dans leurs traditions populaires une place importante, en rapport avec le cycle de la nature.

[...]

Equinoxe d’automne (Br. Kedez-wengolo)


Panthéon celtique : Lug, Kronan, Gobnhiu (forgeron dieu de la transformation) - Brigitt déesse de l’art de la forge, de la guérison et de la prédiction.


L’équinoxe d’automne est la continuation de Lugnasad. Dans leur lutte pour s’approprier le soleil, le ciel nocturne et le ciel diurne font jeu égal, mais le ciel diurne s’affaiblit. L’équinoxe d’automne est le point d’articulation entre le ciel clair de l’été et le ciel sombre de l’hiver.

La déesse des moissons a deux visages, l’un d’une jeune femme et l’autre d’une vieille femme, visages de vie et de mort. L’équinoxe d’automne veut être la fête de la jeune femme, symboliquement représentée par la dernière gerbe de blé de la fin des moissons. Cette gerbe de blé représentait le refuge de l’esprit de la récolte.

Le pain est également un symbole de cette fête. La transformation du grain en pain est le triomphe de Lug le polytechnicien, associé au génie humain.

L’aurore rouge annonce la nuit cosmique. Elle préside aux « joutes oratoires » du nouvel an celtique, expression d’une pensée qui énonce une parole « bien ajustée ». La parole qualifiante amène l’action de vérité, qui favorise le bon ordre sur terre comme dans le cosmos.

La vache est un symbole associé à l’aurore et aux équinoxes. La vache blanche est l’animal de la nouvelle année qui s’annonce à Samain.

Dans la tradition védique, l’aurore est associée aux vaches et aux eaux libérées. En Inde, Rusàdvatsà rusàti, la vache blanche au veau blanc, est une divinité importante du passage dans la nouvelle année. Brigitt en Irlande et Brigantia en Gaule, rappellent l’antique Déesse Mère Créatrice, dans son aspect fécond.

La déesse triple, principalement fêtée à Imbolc, est associée à l’équinoxe d’automne.

Patronne des poètes, des forgerons et des guérisseurs, elle incarne la subtilité intellectuelle. L’art du forgeron représente la transformation de la nature, mais aussi la transformation intérieure de l’être humain.

Brigitt incarne la fécondité et préside aux accouchements. Elle veille sur le feu sacré et sur celui du foyer. Dans le cadre des joutes oratoires qui président au passage de l’année, à Samain, elle est l’Awenn, l’inspiration sacrée des poètes.

Le poète celtique, le barde, était plus proche du chaman que du poète moderne. En Irlande, les pouvoirs du file sur le feu et l’eau, faisaient de lui le médiateur entre le surnaturel et les hommes. La créativité du barde devait être un équilibre entre le feu et l’eau, pensée et sentiment, mental et âme.

L’équinoxe d’automne symbolise le mystère de la moisson, la fin de la période fertile dans l’annonce des mois stériles à venir, mais elle est aussi la promesse de son retour au printemps.

C’est la fête du feu créateur, celui qui transforme le blé en pain et la matière brute en œuvre d’art. C’est la fête de la transformation intérieure sous l’influence de l’Awenn, le souffle de l’inspiration, la spiritualité.

L’équinoxe d’automne était placé sous le signe du sorbier, réputé être un bois sacré. En Irlande, les paysans utilisaient le bois de sorbier pour se protéger des influences néfastes. Dans la mythologie, les Tuatha Dé Danann avaient apporté en Irlande, le sorbier du Tir Tairngire, le Pays de la Promesse.

Au festin de Gobhniu, les Tuatha Dé Danann acquièrent l’éternelle jeunesse et l’immortalité grâce à une boisson magique, sans doute à base de baies de sorbier. En Gaule, Gobhnios est le dieu forgeron lié à l’Autre Monde. Un mouton de l’année est la pièce principale du repas de fête.

Dans le calendrier chrétien, l’Archange Michel, qui a remplacé Lug dans son aspect lumineux, est également fêté fin septembre sur une hauteur. Comme à Lugnasad, la Saint-Michel se passait sur un lieu élevé où furent construites des chapelles à sa gloire. Comme pour Lug, le saint est représenté porteur d’une lance brillante et était associé aux chevaux. L’archange Michel par sa lutte contre le Dragon, la bête, est la représentation de la lutte victorieuse du christianisme contre les religions païennes en général. Saint Michel fut désigné saint patron de la France.

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Selon Stéphanie Lafranque et Vic Oh, autrices de Gardiennes de la lune (Éditions Solar, 2019) :


"SEPTEMBRE - FÊTE PAÏENNE : MABON

21-22 septembre


Placée entre Lughnasadh et Samhain, c’est la deuxième fête du triptyque des moissons. Elle représente le temps sacré des récoltes. Incarnation de l’équilibre de la nature, elle a lieu à l’équinoxe d’automne, lorsque le jour et la nuit sont d’égale durée. Dès le lendemain, on entre dans la période sombre mais aussi dans une forme de douceur et de détachement. Pour la communauté, c’était un moment charnière de l’année, le bilan des récoltes qui permettraient de passer l’hiver. C’est donc aussi symboliquement l’occasion de profiter des fruits de notre travail, d’honorer nos « sacrifices » et de se rassembler autour d’événements fédérateurs. Nous ne sommes plus dans une énergie d’ouverture à la nouveauté mais dans une consolidation des acquis et du renforcement des liens humains. Cette célébration honore nos récoltes et nous invite à clore des chapitres de nos vies. Prenons des décisions concrètes. Mettons un terme à une relation ou libérons-nous des schémas de vie dont nous ne

voulons plus. L’équilibre s’installe spontanément, entre récoltes et abandons.

C’est aussi le moment de prévoir la saison à venir en préparant des bocaux, des conserves, des confitures. Par ces préparatifs, contrebalançons l’allongement des nuits, les prémices de la période plus sombre et l’apaisement des hautes énergies liées aux feux de l’été. L’équinoxe est un portail qui nous invite à interroger nos vies et à rétablir l’équilibre dans tous les domaines. La nature se prépare à ralentir, nous aussi.


RITUEL DE LA COURONNE : Réunissons des branches de lierre, du fil de fer, de la ficelle en fibre naturelle.

Afin de célébrer Mabon, nous pouvons réaliser ce rituel à plusieurs.

Ouvrons le cercle.

Fabriquons des couronnes qui représentent le cercle sacré des saisons. Le lierre symbolise l’équilibre, la stabilité et la profondeur des liens. Sur la base d’un cercle en fil de fer, enroulons les branches de lierre, accrochons-les avec une ficelle en fibre naturelle.

Remercions la nature et l’esprit du lierre. Fermons le cercle.

Ces couronnes peuvent décorer notre autel ou être portées."

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Rituels :


Daisy et Julie Bodin, autrices de Rituels d'éveil de la femme sacrée (© Éditions Eyrolles, 2021) proposent un rituel spécifique pour Mabon :


"RITUEL DE CÉLÉBRATION DE MABON


C e Sabbat est la fête de la deuxième récolte et de l’équinoxe d’automne (22-23 septembre). À cette période, les dernières cueillettes estivales prennent fin. C’est le temps des vendanges. Cuves et granges se remplissent d’une multitude de fruits variés constituant les précieuses réserves pour affronter l’hiver.

Le Dieu Soleil perd davantage de sa superbe, entamant sa progression dans l’invisible, et la Déesse-Mère entre dans sa phase de repos hivernal. Selon les Celtes, le Dieu Mabon, symbole de lumière, retournait dans le ventre de la Terre Mère, nous entraînant progressivement dans la pénombre. En ce jour d’équilibre entre l’agitation et la lumière de l’été et la torpeur et l’obscurité de l’hiver, nous sommes invitées à l’introspection, à la méditation et à la purification.


Vos artefacts sacrés :

  • Des feuilles mortes

  • Des fruits et oléagineux (mûres, prunes, pommes, raisin, noix…)

  • Des trésors de la forêt (glands, pommes de pin…)

  • 4 bougies

  • Une feuille de papier et un stylo

  • Un smudge stick de sauge

  • Un tambour


Votre cercle de pouvoir : Avant tout, prenez le temps de partir en quête des trésors de la nature. Connectez-vous à ses énergies, soyez dans la contemplation et la gratitude envers notre Terre-Mère. Observez les rayons du Soleil dont les couleurs s’affadissent, plongeant la nature dans une douceur jaune orangé. Collectez feuilles et fruits qui se présentent à vous.

De retour chez vous, avant d’installer votre roue sacrée, purifiez le lieu choisi à l’aide de votre smudge stick de sauge.

Pour réaliser votre cercle de pouvoir, placez les fruits cueillis au centre en remerciement. Puis, disposez les feuilles et autres trésors de la forêt pour former le cercle de pouvoir, et allumez une bougie à chaque point cardinal.


Votre rituel apaisant : Assise en tailleur ou bien à genoux devant l’autel au centre de ce cercle, inspirez et expirez profondément trois fois pour petit à petit entrer dans votre intériorité.

Puis, laissez votre respiration reprendre son rythme normal tout en vous reliant à la Terre-Mère en imaginant de belles racines pousser de votre matrice féminine et s’enfoncer généreusement dans le sol nourricier éclairé par le soleil déclinant.

Faites résonner votre tambour quatre fois et prononcez les mots suivants :


« Aux gardiens, gardiennes de la porte de l’est

et de l’élément de l’Air,

je vous invite et je vous invoque.

À la porte des vents chauds de l’été passé,

des énergies de l’aube annonçant la fraîcheur de l’automne,

j’appelle l’air purificateur à déposer ses énergies positives,

les rires et joies estivales au cœur de mon foyer.

J’honore les souffles nuageux

qui déposeront les feuilles virevoltantes

en offrande à la Terre-Mère.


Aux gardiens, gardiennes de la porte du sud

et de l’élément du Feu,

je vous invite et je vous invoque.

Au Soleil qui s’éloigne et à sa chaleur qui faiblit,

je remercie l’âtre universel qui a fertilisé notre terre

et a veillé chaque jour à l’abondance des récoltes.

Que les flammes éclairent dorénavant nos maisons

et réchauffent la fraîcheur de l’air

tout en me guidant à travers l’obscurité

pour m’enrichir des expériences passées.


Aux gardiens, gardiennes de la porte de l’ouest

et de l’élément de l’Eau,

je vous invite et je vous invoque.

Aux ondées purificatrices et ressourçantes des nuages

qui abreuveront la terre,

au crépuscule qui engloutit les jours heureux,

j’accueille leur invitation à l’introspection et à la réflexion.

Je me laisse porter par la sérénité

et me place sous la protection de l’Ours

pour la saison froide qui se prépare.


Aux gardiens, gardiennes de la porte du nord

et de l’élément de la Terre,

je vous invite et je vous invoque.

À la terre chaude et fertile

qui s’étend sous mes pieds, je remercie l’été

qui s’achève pour ses nombreuses victuailles

gorgées de vitalité.

À l’image de la Terre-Mère,

je me prépare à l’apaisement

et j’écoute les sagesses nourricières

portées par l’équilibre ombre et lumière. »


Laissez résonner ces quelques mots en offrande, puis prenez le temps de coucher sur le papier tout ce que vous avez mis en vie pendant toute cette période estivale. Pensez aux ressources et talents que vous avez en vous et qui vous ont permis de faire mûrir vos projets de l’année. Prenez conscience de toutes les sagesses que vous avez acquises pendant les beaux jours et aux belles métamorphoses de celle que vous êtes. Vous pouvez également noter les moments merveilleux, les moments de gloire intérieure qui vous ont apporté complétude et satisfaction. Vous allez ainsi prendre conscience de la transformation bienfaitrice opérée pendant cette période lumineuse. Puis terminez vos écrits par :


« Je m’honore et m’offre une profonde gratitude. »


Enfin, profitez de la douceur de l’été indien pour plonger tout votre corps dans l’eau purificatrice d’une rivière enchanteresse, d’un océan vivifiant ou de votre baignoire délicatement parfumée par des pétales de rose.

N’hésitez pas à décorer votre maisonnée aux couleurs de l’automne en disposant dans vos vases des fleurs et herbes séchées, symboles du flamboiement d’un été passé.


Votre mantra magique : « Je prends le temps de ralentir mon rythme pour être en harmonie avec les énergies terrestres. J’ai confiance en mes talents et en mes ressources pour m’épanouir chaque jour. »


****


RITUEL DE CÉLÉBRATION D'AUTOMNE


Les récoltes s’achèvent. La nature a produit, la nature a offert. Le temps du repos s’annonce. Les couleurs changent, nous offrant un spectacle éblouissant et chatoyant. L’air se revigore, les rayons du Soleil s’estompent dans un camaïeu au cachet vieilli, à l’image d’un été consumé. La terre nous restitue ses dernières chaleurs stockées en son ventre pendant la saison passée. Le retour des pluies et du vent précipite la tombée des feuilles sur le sol, nous offrant une danse superbe et la nostalgie d’une nature abondante. L’odeur du mucus emplit l’air des forêts, prairies et jardins. On ressent la fin et cette envie de ralentir, d’accueillir et d’accepter. Cet achèvement (22 septembre) nous incite à observer, à conscientiser, à nous libérer également de ce qui n’est plus juste pour soi. On lâche le désuet, l’inutile. Les émotions nous bousculent et nous nous sentons reliées aux mondes subtils, attisant notre intuition. On se sent tel un réceptacle dans lequel le monde s’engouffre, nous submergeant d’apprentissages multiples qu’il nous faut dorénavant trier. Selon Miranda Gray, l’automne est la saison associée à l’archétype de l’Enchanteresse, la femme sauvage.


Vos artefacts sacrés :

  • Des pierres : tourmaline, cornaline, agate bleue

  • 4 feuilles de fougère et d’autres feuilles colorées, ainsi que des marrons, de la mousse…

  • Un chaudron

  • 5 bougies

  • Un bâtonnet de palo santo

  • Un carnet sacré et un crayon


Votre cercle de pouvoir : Avant de constituer votre cercle merveilleux, purifiez le lieu choisi avec le bâtonnet de palo santo et purifiez-vous également en enveloppant chaque partie de votre corps, de la tête aux pieds. Disposez ensuite votre chaudron au cœur duquel vous allumerez une grosse bougie. Puis, tracez tout autour un cercle avec vos feuilles de fougère ainsi que les bougies allumées en direction des quatre points cardinaux. Enfin, terminez votre cercle en l’agrémentant de mousses, de feuilles colorées, de marrons et de pierres.


Votre rituel inspirant : Assise en tailleur ou bien à genoux devant l’autel au centre de ce cercle automnal, inspirez et expirez profondément trois fois successivement pour pénétrer petit à petit dans votre intériorité.

Puis, laissez votre respiration reprendre son rythme normal et reliez-vous à la Terre-Mère en imaginant de belles racines pousser de votre matrice féminine et s’enfoncer généreusement dans le sol nourricier. Ressentez comme son cœur est chaud, cajoleur et aimant. À chaque inspiration, percevez son énergie bienveillante et son amour permanent envahir chaque cellule de votre corps et apaiser votre chahut intérieur, votre yang guerrier.

Placez ensuite vos mains à hauteur de votre bas ventre, lieu de votre calice récepteur des eaux de la vie, de votre chaudron transformateur. Connectez vous à cet espace précieux qui est le vôtre.

Maintenant, vous pouvez invoquer l’Enchanteresse qui est en vous :


« Je suis l’alchimiste, la femme libre de toute emprise,

celle qui manie le feu pour éclairer l’obscurité des ténèbres

et qui ensorcelle d’un érotisme brûlant et voluptueux.

Tel un dragon, je veille sur les mystères de la vie,

j’exalte d’une puissance libératrice

et je manifeste mes ressentis avec ferveur.

L’obscurité est pour moi le juste équilibre de la lumière,

un duo magique qui vit dans mon intériorité profonde.

Mes visions sont exacerbées, ma sensibilité s’enflamme,

la vie pulse en moi dans un brasier merveilleux

de créativité déchaînée.


Ô Enchanteresse, connectée à toi,

je retourne à la source originelle

brillant d’une intensité grandiose.


Assurée, triomphante, l’ardeur me pousse à l’affirmation,

telle une guerrière se dressant face au monde.

Le chaos et les résistances doivent brûler pour libérer l’espace,

pour purifier et insuffler l’énergie vitale.

Je navigue dans mon intériorité à la recherche de la vérité.

Tout est en mouvement telle une explosion énergétique libératrice.

Je sais que ce tumulte est salutaire

pour retrouver mon authenticité et ma pleine lumière.

Je ressens l’intensité de ma magie,

la folie de mes désirs et de la passion.


Je suis la femme sauvage déployant toute sa puissance ! »


Fermez à présent les yeux et laissez vibrer toutes ces paroles en vous. Laissez-les infuser dans chaque cellule de votre corps, abreuvant les rivières profondes de votre matrice féminine. Sentez comme vous êtes dotée d’un pouvoir absolu dont vous extrayez chaque jour l’énergie et la créativité utiles pour colorer votre vie d’une liberté totale.

Enfin, prenez le temps d’écrire dans votre carnet sacré ce qui s’anime en vous. Ne refoulez rien, libérez ce qui fulmine en vous. Pendant cette saison automnale, accueillez les agitations qui vous animent, mettez-vous à l’écart des perturbations extérieures aussi souvent que possible pour être présente à vous-même. Laissez les émotions s’exprimer sans culpabilité. Tout est juste. Soyez bienveillante envers vous-même !


Votre mantra magique : « Sauvage je suis, j’exprime mon authenticité à chaque instant. »"

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Cérémonies :


Equinoxe 2015 : J'ai quand même la chance d'avoir une famille suffisamment ouverte pour accepter de greffer aux 75 ans du patriarche, une célébration celtique sous les étoiles et les nuages, autour d'un feu magnifique et accompagnés par les sons magiques du tambour et du didgeridoo. Quelle belle nuit !

Comme toutes les fêtes que nous célébrons, l'équinoxe d'automne est une porte, la dernière à franchir avant celle de Samonios, la nouvelle année.

D'un côté, encore la chaleur solaire et la plénitude de l'été ; de l'autre, déjà la flamboyance orangée qui annonce la fin du cycle végétal tourné vers l'extérieur.

Sur une face, l'archétype de la Vierge et ses richesses de moisson, ses fruits mûrs et lourds dans les paniers ; sur l'autre celui de la Balance qui équilibre les forces avant de s'enfoncer dans la nuit. La Terre qui nourrit le corps ; le Ciel qui nourrit l'âme et l'esprit. Cérès ne passe-t-elle pas la moitié de l'année sous terre et l'autre à l'air libre ?

L'équinoxe d'automne nous invite donc à une sorte de bilan de notre année claire afin de repérer quelle est notre récolte personnelle. Que contient mon panier cette année ? Ma récolte est-elle chiche ou abondante ? Quelles sont les céréales que je vais pouvoir engranger ? De quels fruits vais-je me sustenter ?

Cette récolte est liée à la sagesse féminine, terrestre voire tellurique. Donc, pour moi, chamanique également. On connaît l'importance du cercle et du cycle pour qui écoute la Nature avec attention et humilité. Dans la tradition celte, l'automne figure à l'Ouest et est associée à différents symboles qui sont autant de relais pour nous guider et nous permettre de comprendre le message de cette saison :


Point cardinal : Ouest / le Couchant / l'île d'Avalon / le changement donc la mort /

Élément : Eau / émotions / origine de la vie / essentiel de notre composition et de nos besoins

Animal : Saumon / sagesse / retour à la source = inversion du mouvement intériorisation

Arbre :

Vie humaine : Vieillesse (détachement et dénuement) -

Voie de l'Enseignant :


Pour tirer parti le plus efficacement de ces énergies qui se recentrent en nous, pour éviter les déperditions et faire croître encore notre conscience intérieure, il nous faut, aidés par les vents qui se lèvent, élaguer nos branches mortes, secouer nos feuilles roussies, en un mot nous délester de tout ce qui est devenu inutile en nous.

Il est donc temps pour nous de marcher lentement, les yeux rives sur le chemin raide qui grimpe au volcan et de lui offrir, pourquoi pas en y plongeant tout entier, tous les résidus émotionnels de cette année claire et d'y faire brûler toutes les scories énergétiques qui nous encombrent encore afin qu'ils soient recyclés intelligemment par la terre et que nous puissions, avec la fumée aérienne qui s'échappe du volcan, nous recueillir en nous et nous préparer ainsi à communiquer pleinement avec l'Autre Monde lors des nuits de Samonios.



***

22 septembre 2017 : le Chaudron de Maponos


Lundi soir, lors du cercle de tambour dédié à la préparation de l'équinoxe d'automne, j'ai rencontré dans le Monde d'en Bas une étoile de mer rouge, riche d'enseignements (notamment sur les fruits à pentagramme), même si je n'ai pas encore tout intégré mais, de façon plus surprenante pour moi, je fus plongée dans le Monde d'en Haut, comme Gwyion Bach, dans le chaudron de Keridwen. Si je connaissais bien sûr le mythe gallois qui relate cet épisode, je ne voyais pas le rapport avec l'équinoxe.

Néanmoins, le "hasard" ayant fait que je me retrouve avec Sandra, celle-ci m'apprend qu'il existe, dans la boutique où elle travaille en ce moment, un joli produit de bain qui porte le nom de "Chaudron de Ceridwen". Comme par ailleurs, l'étoile de mer m'avait invitée très clairement à me baigner, je savais comment allait débuter ma journée équinoxiale...

Restait à comprendre le lien de cette plongée dans le chaudron avec l'équinoxe d'automne car je ne me souvenais pas d'avoir lu la précision temporelle dans aucune des versions que j'avais parcourues.

Merveilleuse toile... de tisseurs et tisseuses inspirés !



Cette méditation accompagnera mon bain de manière parfaite !

(A l'origine j'avais trouvé une autre vidéo, depuis indisponible...)


La précision temporelle du début "Temps de Mabon" (Maponos en gaulois) n'étant pas claire pour moi, je poursuivais mes recherches...

Et grâce au site Le sanctuaire publié par Athénos Orphée, je découvrais que :


"LA TRADITION DE MABON représente l'équinoxe d'automne et tire son appellation du Dieu celtique du même nom. On lui donne également d'autres noms, tels que, pour les anglophones, "Harvest Home", "Winter Finding" et "Alban Elved" ainsi que d'autres noms plus variés tels que "The Second Harvest Festival" (la seconde fête des récoltes), "the Festival of Dionysus" (la fête de Dionysos), "Harvest of First Fruits" (la récolte des premiers fruits), "Wine Harvest" (la récolte du vin), "Feast of Avalon" (le festin d'Avalon), "Equinozio di Autunno" (tradition Strega), "Alben Elfed" (tradition Caledonii), ou encore "Cornucopia". L'appellation germanique, "Winter Finding", s'étale sur une période partant du Sabbat et se terminant le 15 octobre, la "Nuit de l'hiver" qui est, dans la tradition nordique, le soir du nouvel an.

Les druides appellent cette célébration "Mea'n Fo'mhair", et honorent le Dieu de la Forêt ("Green man") en offrant des libations aux arbres. Bien que la majorité des paysans européens ne s'attardaient pas à calculer la date exacte de l'équinoxe, ils célébraient l'événement à une date fixe, le 25 Septembre, un jour de congé nommé "Michaelmas" (la fête de l'archange Michael) par l'Eglise médiévale christianisée. A l'époque médiévale, les taxes étaient fixées à la période de Pâques et au moment de la fête de l'Archange....





Prières et bénédictions :


Salutations à l'équinoxe d'automne


Salut ! Voyageurs des Cieux,

Reine de Lumière, Roi de Beauté !

Qui apportez les dons de joie généreux,

Gerbes d'automne et chute des feuilles rouges.

Généreux soit le cœur en nous,

Ouverte soit la main à tous,

Que la mesure soit égales, qu'il y ait Justice.

Moissonnez votre appel reconnaissant.


Caitlin Matthews, Bréviaire celtique (1995, 2004 pour l'édition originale ; Éditions Véga, 2005 pour la traduction française.




Littérature :


LA FIN DE L’AUTOMNE


Tout l’automne à la fin n’est plus qu’une tisane froide. Les feuilles mortes de toutes essences macèrent dans la pluie. Pas de fermentation, de création d’alcool  : il faut attendre jusqu’au printemps l’effet d’une application de compresses sur une jambe de bois.

Le dépouillement se fait en désordre. Toutes les portes de la salle de scrutin s’ouvrent et se ferment, claquant violemment. Au panier, au panier ! La Nature déchire ses manuscrits, démolit sa bibliothèque, gaule rageusement ses derniers fruits.

Puis elle se lève brusquement de sa table de travail. Sa stature aussitôt paraît immense. Décoiffée, elle a la tête dans la brume. Les bras ballants, elle aspire avec délices le vent glacé qui lui rafraîchit les idées. Les jours sont courts, la nuit tombe vite, le comique perd ses droits.

La terre dans les airs parmi les autres astres reprend son air sérieux. Sa partie éclairée est plus étroite, infiltrée de vallées d’ombre. Ses chaussures, comme celles d’un vagabond, s’imprègnent d’eau et font de la musique.

Dans cette grenouillerie, cette amphibiguïté salubre, tout reprend forces, saute de pierre en pierre et change de pré. Les ruisseaux se multiplient.

Voilà ce qui s’appelle un beau nettoyage, et qui ne respecte pas les conventions ! Habillé comme nu, trempé jusqu’aux os.

Et puis cela dure, ne sèche pas tout de suite. Trois mois de réflexion salutaire dans cet état ; sans réaction vasculaire, sans peignoir ni gant de crin. Mais sa forte constitution y résiste.

Aussi, lorsque les petits bourgeons recommencent à pointer, savent-ils ce qu’ils font et de quoi il retourne, – et s’ils se montrent avec précaution, gourds et rougeauds, c’est en connaissance de cause.

Mais là commence une autre histoire, qui dépend peut-être mais n’a pas l’odeur de la règle noire qui va me servir à tirer mon trait sous celle-ci.


Francis Ponge, "La Fin de l'automne" dans Le Parti pris des choses, 1942.

LES ARBRES SE DÉFONT À L’INTÉRIEUR D’UNE SPHÈRE DE BROUILLARD


Dans le brouillard qui entoure les arbres, les feuilles leur sont dérobées ; qui déjà, décontenancées par une lente oxydation, et mortifiées par le retrait de la sève au profit des fleurs et fruits, depuis les grosses chaleurs d’août tenaient moins à eux.

Dans l’écorce des rigoles verticales se creusent par où l’humidité jusqu’au sol est conduite à se désintéresser des parties vives du tronc.

Les fleurs sont dispersées, les fruits sont déposés. Depuis le plus jeune âge, la résignation de leurs qualités vives et de parties de leur corps est devenue pour les arbres un exercice familier.


Francis Ponge, "Les arbres se défont à l'intérieur d'une sphère de brouillard" dans Le Parti pris des choses, 1942.

LE CYCLE DES SAISONS


Las de s’être contractés tout l’hiver les arbres tout à coup se flattent d’être dupes. Ils ne peuvent plus y tenir : ils lâchent leurs paroles, un flot, un vomissement de vert. Ils tâchent d’aboutir à une feuillaison complète de paroles. Tant pis ! Cela s’ordonnera comme cela pourra ! Mais, en réalité, cela s’ordonne ! Aucune liberté dans la feuillaison… Ils lancent, du moins le croient-ils, n’importe quelles paroles, lancent des tiges pour y suspendre encore des paroles  : nos troncs, pensent-ils, sont là pour tout assumer. Ils s’efforcent à se cacher, à se confondre les uns dans les autres. Ils croient pouvoir dire tout, recouvrir entièrement le monde de paroles variées  : ils ne disent que « les arbres ». Incapables même de retenir les oiseaux qui repartent d’eux, alors qu’ils se réjouissaient d’avoir produit de si étranges fleurs. Toujours la même feuille, toujours le même mode de dépliement, et la même limite, toujours des feuilles symétriques à elles-mêmes, symétriquement suspendues ! Tente encore une feuille ! – La même ! Encore une autre ! La même ! Rien en somme ne saurait les arrêter que soudain cette remarque : « L’on ne sort pas des arbres par des moyens d’arbres. » Une nouvelle lassitude, et un nouveau retournement moral. « Laissons tout ça jaunir, et tomber. Vienne le taciturne état, le dépouillement, l’AUTOMNE. »


Francis Ponge, "Le cycle des saisons" dans Le Parti pris des choses, 1942.

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