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  • Anne

Célébration du solstice d'hiver 2020


Le solstice d'hiver nous rappelle chaque année que même dans l'obscurité, à nos yeux la plus totale, la lumière de notre âme répond toujours en écho à celle de la Source et nous invite ainsi à ne jamais désespérer, quelque insupportables nous semblent les événements que nous vivons.




Le début de la fin... ou du début ?

Le miracle de cette année 2020


Je fais partie de cette génération, déjà ancienne maintenant, qui a du faire le deuil d'une transformation du monde et qui se voit offrir en cette année 2020 ce cadeau de pouvoir y croire encore.


Je fais partie de cette génération, qui, au collège tout en Haby de réforme unique, est élevée dès la classe de sixième avec cette peur du chômage qui pourtant, n'existe pas encore partout, et en tous cas, très peu dans ma campagne savoyarde où les parents sont majoritairement ouvriers-paysans aux aciéries d'Ugine-Kuhlmann. Mais les professeurs brandissent comme une menace pour les élèves qui ne travaillent pas cet avenir de chômage qui nous fait d'autant plus peur que, précisément, nous ne savons pas ce que c'est.

Au fond de la Combe de Savoie, quand j'entre en sixième, personne dans ma classe, n'a un père ou une mère au chômage. D'ailleurs, c'est encore très traditionnel : beaucoup de mères ne travaillent pas. La plupart de mes camarades a des parents qui ne sont pas même encore divorcés. La totalité même, je pense. J'ai l'impression de parler d'un monde tellement ancien !

En quatrième, je découvre la langue allemande et on nous attribue un correspondant de l'autre côté du mur de Berlin, pour moi, une prisonnière mythique enfermée dans son pays comme dans un donjon, dont la douane ouvre les paquets qui ressemblent à ceux d'avant-guerre, en tous cas dans mon imaginaire.

Les années lycée, ce sont pour moi les années à la fois "Touche pas à mon pote" mais aussi, évidemment, celles des ratonnades où on jette les Arabes par les trains... Ce sont les années golden boy et sida. Les années plus fric que chic.

Et en même temps, je crois, comme tous les gens de 20 ans, que je peux changer le monde.

A 20 ans, c'est la réforme Devaquet et le premier mort politique qui me concerne de près, Malik Oussekine. Je me souviens encore de la sidération qui nous saisit à l'annonce de sa mort, alors que nous reprenions un des trois trains affrétés à Grenoble pour la grande manif parisienne.

C'est la découverte dans mon tout petit monde grenoblois de l'action politique - d'ailleurs un de mes copains manifestants - deviendra un ponte de SOS Racisme. C'est là que je découvre que ceux que les médias mettent en avant ne sont pas du tout ceux qui ont agi pendant le mouvement, ceux qui ont pris des risques, mais ceux qui sont, d'une part, photogéniques, et d'autre part, malins. Et autant dire que ce que je découvre me détournera pour longtemps de l'action politique.

Les années 80 ce sont donc des années pendant lesquelles je me sens vraiment à contre-courant, les années où le matérialisme explose - et nous pensions pourtant qu'il s'agissait d'un summum !

Et puis, la chute du mur de Berlin nous laisse croire que l'autre bloc va suivre sous peu, en tous cas nous l'espérons. (Même si émotionnellement, ce fut difficile à gérer car la représentation du monde sur lequel j'avais construit ma vision personnelle s'écroule, libérant la princesse que je croyais mienne pour toujours). Evidemment l'échelle humaine n'est pas la même que celle des civilisations...

Et je vais donc passer les vingt années suivantes à apprendre à faire le deuil de cet effondrement du capitalisme que j'espère et attends depuis, naïvement, l'arrivée de la gauche au pouvoir.

Je vais passer ces vingt années en continuant à espérer mais en comprenant que cela se fera après moi et que si, à mon modeste niveau, j'œuvre dans ce sens, ce ne sera pas pour en voir les fruits. Je me convaincs que je fais partie de cette génération, qui prépare, peut-être, le changement, mais qui n'y assistera pas.


Et voilà le miracle !

Comme tout miracle, inattendu, inespéré, aussi incroyable que, en ce dernier jour de l'année, je n'en reviens toujours pas.

Ce sera long, chaotique, comme tout changement, mais on m'offre la possibilité d'y assister, de mon vivant, ce en quoi je ne croyais plus.

Quelle chance ! Quelle chance !


Même si, bien sûr tout le monde le dit (sic), la crise économique sera terrible - mais je sais maintenant ce qu'est le chômage - même si les commerces ferment, bien sûr, ne faut-il pas en passer par là pour réinventer le modèle socio-économique ? Et reconsidérer notre rapport aux vivants, "notre frère Soleil, nos sœurs la Lune et les étoiles, pour frère Vent, et pour l’air et pour les nuages, pour l’azur calme et tous les temps, pour sœur Eau, pour sœur notre mère la Terre (Cantique de frère Soleil ou des créatures de Saint François d'Assise) ?

La culture réprimée depuis mars est dans les starting-block, frustrée, malmenée, incomprise, inconsidérée, n'est-ce pas le meilleur terreau possible pour réinventer et réenchanter notre monde aigri et rétréci ?


Tous les dysfonctionnements de ce système sont mis à nu, sont éclairés. Bien sûr il nous restera, il nous reste, à choisir quelle option de changement nous voulons incarner. Mais je crois que, comme en 89, l'effondrement de l'autre bloc est sur les rails. Et, dans cette période troublée, où la peur semble masquer tout le monde, je suis heureuse ! Je suis heureuse ! Je suis heureuse d'être vivante en ces jours précieux !


C'est pourquoi le 21 décembre, lors de ce solstice incroyable (voir à ce sujet la vidéo de Fanchon Pradalier-Roy) qui correspond de plus à l'entrée dans le nouveau cycle de 20 ans entre Jupiter et Saturne à 1 degré du Verseau, - et donc aussi dans un cycle de 200 ans dans l'élément Air et donc dans un autre cycle de 800 ans avant qu'ils ne reviennent dans le même signe en ayant fait le tour des quatre éléments -, j'ai décidé,

parce que je crois aussi fondamentalement à la force créatrice de la pensée, la puissance de l'auto-suggestion, qu'on l'appelle placebo, méthode Coué ou ce que l'on veut,

j'ai décidé - mais en même temps je sais que cette décision m'a été soufflée par les Esprits pendant la cérémonie en forêt -

J'ai décidé - car depuis 30 ans que j'en entends parler, de cette ère du Verseau, un rien affadie par le new âge, dont je ne vois toujours pas la date arriver avec certitude, cette ère du Verseau que je n'en finissais pas d'appeler de mes voeux

j'ai décidé, avec Jupiter et Saturne à 1 degré du Verseau, que j'entrais moi aussi, volontairement, délibérément et de plain-pied, dans cette ère.

Enfin ! Sans plus attendre.

Et que tout en moi allait être tourné consciemment vers les valeurs inscrites au fronton de nos mairies : Liberté - Egalité - Fraternité. Cette devise Verseau que nous pouvons servir bien mieux que nous ne l'avons fait jusqu'à maintenant.

Et ainsi, j'ai décidé de planter symboliquement, chaque jour jusqu'au solstice d'hiver prochain, une graine de lumière, représentée le jour de la cérémonie par une bogue de châtaigne, afin de m'inciter à polir toujours plus les aspérités de ma personnalité et ce-faisant, laisser transparaître du mieux que je le peux, la lumière et la beauté de mon âme.

A partir de ce jour, j'ai pris l'engagement, grâce au chant des Esprits qui m'a traversée, de planter chaque jour en voyage chamanique, une graine pour fertiliser ce nouveau monde qui commence, afin d'être en conscience chaque jour pour participer au niveau subtil à cette insémination spirituelle.



Entrons donc avec confiance dans l'année 2021 !







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