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Solstice d'hiver





Symbolisme :


René Guénon, « Les Portes solsticiales », publié dans les Études Traditionnelles, mai 1938, regroupé dans Symboles de la science sacrée, recueil posthume, p. 166 :


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Selon Pierre Mabire et Jean Vial, auteur de "Les solstices: histoire et actualité". (Grece, 1975) :


LES SOLSTICES. HISTOIRE ET ACTUALITE


Le soleil revient toujours, et avec lui la vie sur la terre.

Au cœur de l’hiver, c’est le feu qui remplace le soleil. Il chauffe et éclaire. Il est la vie.

Aujourd’hui encore, le feu garde son éternel symbole. Au plus profond de l’hiver, il reste une image du soleil, une image du rythme des saisons et du rythme de la vie.

Christianisée sous le nom de Noël, la fête nordique de JUL n’est pas limitée à une seule journée. Le solstice d’hiver n’en représente que le point culminant, la nuit sacrée entre toutes. Noël n’est pas la fête de la vieillesse et du désespoir, mais celle de l’enfance et du devenir.


« Fête du combat contre les ténèbres et fête des graines invisibles, Noël appartient à ceux qui luttent dans le silence, l’ombre et la solitude. Noël est la fête de l’invincible espérance.

Les hommes d’aujourd’hui, s’ils ignorent le véritable sens de ces jours de fête, n’en devinent pas moins qu’il s’agit d’une tradition plongeant ses racines dans le plus sacré de nos peuples.

Noël, c’est la vieille fête du solstice d’hiver. Dans la nuit la plus longue de l’année, alors que l’hiver, le froid, la neige, le gel, ne semble jamais devoir finir, dans cette nuit unique et terrifiante, nos ancêtres ont refusé de croire à la mort du soleil. Ils portaient au cœur la certitude du printemps. Ils savaient que la vie continuait, que les fleurs allaient crever la neige, que les graines germaient sous la glace, que les enfants allaient prendre leur part d’héritage et que leurs clans et leurs tribus allaient conquérir toutes les terres dont ils avaient besoin pour vivre, toutes les mers dont ils allaient faire leur domaine sans limites.

Au moment où les glaciers allaient peu à peu reculer devant les forêts, voici des milliers d’années, une immense veillée d’armes nous réunissait autour des feux, à travers toute l’Europe alors sans nom. Nos ancêtres surgissaient des ténèbres et des brumes. Ils allaient découvrir la mer immobile et élever des pierres verticales, au soleil de la Grèce. Ils savaient qu’ils triompheraient de l’hiver, de la peur et de cette atroce sagesse des vieillards qui veulent paralyser les jeunes gens impatients.

Notre monde est en train de naître. Invisible comme les fleurs et les blés de demain, il fait son chemin sous la terre. Nous avons déjà nos racines, solidement enfoncée dans la nuit des âges, ancrées dans le sol de nos peuples, nourries du sang de nos anciens, riches de tant de siècle de certitude et de courage que nous sommes les seuls à ne pas renier. Nous sommes entrés dans un hiver intégral où l’on oblige les fils à avoir honte des hauts faits de leur père, où l’on préfère l’étranger au frère, le vagabond au paysan, le renégat au guerrier. Nous sommes entrés dans un hiver où l’on construit des maisons sans cheminée, des villages sans jardin, des nations sans passé. Nous sommes rentrés dans l’hiver.

La nature meurt et les hommes deviennent tous semblables. Il n’y a plus de paysages et plus de portraits. Nous vivons dans des cubes. Avec un peu de chimie, nous nous éclairons, nous nous nourrissons, nous n’avons pas trop d’enfants, nous oublions la lutte, l’effort et la joie. Oui, malgré les lumières du néon, les vitrines et les images du cinéma, malgré les fêtes de noël, les guirlandes, les messes et les sapins, nous sommes entrés dans un très long hiver. Nous sommes quelques-uns qui travaillons au retour du printemps. » J. M.


Les grands principes :


La couronne d’Avent : on façonne avec des branches de sapin une couronne qui peut être suspendue au centre de la pièce principale de la maison. On peut aussi la poser sur une table. On fixe quatre bougies rouges sur la couronne. La couronne est préparée quatre semaines avant le solstice d’hiver. Une bougie est allumée quelques instants pendant la première semaine, deux la semaine suivante, puis trois la troisième semaine. Quand arrive enfin la nuit la plus longue de l’année, on allume les quatre bougies ensemble. Ainsi, au fur et à mesure que le soleil décline, les bougies s’allument de plus en plus nombreuses, prenant en quelque sorte la relève. Elles symbolisent, durant la veillée du solstice, la fin de l’hiver et annoncent le retour du soleil. Passé le temps des fêtes, la couronne d’avent sera brulée dans la cheminé de la demeure.


Décoration de la maison : la fête du solstice d’hiver restant avant tout une fête familiale, la décoration de la maison revêt une importance toute particulière (le houx, le gui et le sapin : végétaux qui ne meurent pas l’hiver et symbolisent la permanence de la vie). La bûche : la pièce maîtresse de la décoration du foyer. Elle est décorée avec du feuillage de houx, de gui et de sapin, entourée de rubans de couleurs. On peut graver sur cette bûche des devises, des signes ou des runes. Le plus jeune met la bûche dans le feu et dit : « Que cette flamme venue du jour le plus long de l’année éclaire pendant la nuit la plus longue. Qu’avec elle le soleil revienne dans notre demeure. ».


Les trois bougies symboliques de la veillée : le père allume d’abord une bougie rouge en disant : « J’allume cette flamme en souvenir de tous les morts de la famille qui nous ont précédés sur cette terre et sans qui nous ne serions pas ce que nous sommes. Notamment… » La mère allume ensuite une bougie bleue, en disant : « J’allume cette flamme en témoignage de fidélité à tous les parents et amis absents qui ne peuvent se trouver avec nous ce soir mais qui partagent notre foi dans le retour de la lumière. Notamment… » Le plus ancien de l’assemblée allume enfin une bougie verte, en disant : « J’allume cette flamme en espérance de tous les enfants qui naitront dans notre communauté et perpétueront à leur tour le feu du soleil. ».


Les cadeaux : une fois les trois bougies allumées, chacun peut ouvrir le « paquet-cadeau » qui se trouve dans son assiette. Il ne faut offrir que des objets symboliques : objet en fer pour les garçons (couteau, boucle de ceinture, …) et un objet en fil pour les filles (foulards, rubans ornés de motifs folkloriques, …).


La tour de JUL : comporte quatre faces, décorées chacune d’un cœur surmontant une rune Hagal (rune de Vie et rune de Mort liées ensemble, image d’un soleil à six rayons, symbole de l’année qui commence comme de celle qui finit). Ces motifs décoratifs ajourés permettent d’apercevoir une bougie qui se trouve placée à l’intérieur de la tour de JUL et symbolise l’année à naître du cœur même de l’année qui s’achève. Cette bougie doit rester éteinte jusqu’à minuit. Au sommet du chandelier, se trouve une cavité qui contient une bougie. Le maître de la maison l’allume avant le début du repas, en disant : « J’allume cette dernière flamme de l’année qui s’achève. Qu’elle éclaire de sa lumière et sa joie la veillée du solstice d’hiver de l’an… parmi tous les membres de la famille… ».


Le repas : Au cours de ce repas, il faut que toute la famille prononce, selon l’usage antique, les trois « toasts » des dieux scandinaves à Thor, à Freya et à Odin. Notre repas de JUL ne se conçoit pas sans consommer des produits venus de la mer, véritable « berceau » de la civilisation des Atlantes, des Vikings, et des Conquistadores.

Premier toast : « Buvons à la santé du dieu Thor ! Qu’il nous apporte la force dans nos combats. ».

Peut commencer ensuite la fête du cochon. Au solstice d’hiver, il faut manger du porc !

Second toast : « Buvons à la santé de la déesse Freya ! Qu’elle nous apporte la fécondité dans nos travaux. ». Le repas se poursuit avec une salade d’hiver.

Troisième toast : « Buvons à la santé du dieu Odin ! Qu’il nous apporte la sagesse dans nos audaces. ».

Pour finir, le gâteau de JUL, à base de fruits les plus divers.

La veillée : chacun peut lancer dans le feu des écorces gravées, généralement avec des runes. Ce geste a la signification d’un vœu et peut ainsi se comparer au saut du feu lors du solstice d’été. Pendant la veillée chacun peut raconter des histoires. Il existe de nombreux contes et légendes, généralement regroupés par province.


Les Rois et la clôture du cycle de JUL : au douzième jour du cycle du solstice d’hiver se place la fête des Rois. En dépit de sa couronne, cette fête reste plus solaire que monarchique, et demeure plus païenne que chrétienne, malgré la légende des Mages orientaux. Entre le 25 décembre et le 6 janvier, les familles se rendent visite. On admire le décor de la maison, on compare le gui, le houx et le sapin, on se retrouve sous la couronne de l’avent qui brûle désormais de ses quatre bougies à chaque soirée.

Le peuple désire un chef qui vienne assumer la fonction souveraine. Ses sujets exigent seulement, selon une ancestrale coutume, et puisque son pouvoir ne sera qu’éphémère, que ce chef soit désigné par le hasard. C’est le roi. Le roi d’un soir, le « roi des haricots » puisqu’il tient sa souveraineté de la fève dissimulée dans la galette. La fête des Rois réunit souvent une vaste tablée.

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Nadine Cretin, autrice d'un article intitulé "Le solstice d’hiver et les traditions de Noël." (Questes. Revue pluridisciplinaire d’études médiévales, 2016, no 34, pp. 139-166) nous rappelle comment était fêté le solstice dans la Rome antique :


Nos fêtes hivernales trouvent en grande partie leur origine dans des célébrations ancestrales ; de l’Antiquité à nos jours, elles ont été modifiées, détournées, abandonnées ou amplifiées. Déjà, dans l’ancienne Rome, le solstice d’hiver était célébré et donnait lieu aux Saturnales où l’on revivait l’Âge d’Or, temps mythique où tous les hommes étaient égaux. Ces fêtes, plus sages que ce que l’usage du mot laisse entendre, étaient marquées par de grands banquets domestiques où les esclaves, profitant des « libertés de décembre » comme l’écrivait le poète Horace1, mangeaient à la table de leur maître. Les Saturnales (qui duraient de un à plusieurs jours selon les époques, allant du 17 décembre au 23 dans sa plus grande extension), étaient connues à Rome depuis un temps immémorial. Dans une ambiance de paix, de partage et de fraternité, c’était une période de trêve marquée par un temps d’arrêt dans les affaires tant publiques que privées où devaient cesser tout procès et même toute dispute individuelle. À l’époque impériale, elles étaient suivies, une dizaine de jours plus tard, par les Calendes de Janvier qui donnaient lieu à un grand repas la veille, à des échanges de vœux et d’étrennes, petits cadeaux et confiseries4, tout comme l’est devenu le Nouvel An. Elles engendraient de bruyantes mascarades extérieures où l’inversion était de mise : l’homme était déguisé en petite vieille ou en animal. Dans ces défilés, nous reconnaissons nos modernes carnavals, autres débuts d’année connus au Moyen Âge, qui allaient se caler à la veille du Carême et se multiplier dans les villes au XVe–XVIe siècles. Très tôt, les Pères de l’Église condamnèrent ces usages, tels, au IVe siècle, saint Augustin pour qui l’usage du masque était une atteinte grave au créateur puisque l’homme avait été fait à la ressemblance de Dieu, Jean Chrysostome ou, plus tard, Césaire d’Arles au VIe siècle. Mais ces traditions apparues vers 350 n’allaient pas disparaître pour autant, comme nous allons le voir, et le Moyen Âge sera une période décisive dans l’histoire de cette transmission et de ces transformations. Le solstice était également marqué dans l’ancienne Rome par le culte au dieu Mithra venu de Perse, Sol Invictus (« Soleil invaincu »). Ce dieu né de la pierre était justement fêté le 25 décembre : le culte fut reconnu religion officielle à Rome en 274 par l’empereur Aurélien. Quand, au IVsiècle, l’Église choisit de célébrer la Nativité de l’Enfant‑Jésus, elle a placé l’Incarnation à cette même date du 25 décembre, entre autres à la faveur d’un rapprochement métaphorique du Christ, « lumière du monde » selon saint Jean l’Évangéliste (VIII, 12), qui reprenait la symbolique du soleil renaissant. Précédemment, l’Église ne s’était attachée qu’à la Résurrection. Saint Luc, qui rapporte dans son évangile la mangeoire de Bethléem et l’annonce aux bergers (II, 1–20), ne donne pas de date, pas plus que saint Matthieu qui, lui, parle de la visite des Mages (II, 1–12).

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Symbolisme celte :


Guy Le Nair, propose un vademecum qui fait le point sur les différents significations des fêtes celtes intitulé Les Fêtes celtes au XXIe siècle :


Solstices et équinoxes : Il n’existe pas d’éléments concrets qui permettraient d’affirmer que les Celtes étaient des adorateurs du soleil. Les constructions mégalithiques du Néolithique étaient édifiés pour honorer les défunts. Ces constructions étaient orientées dans l’axe des solstices. Si ce n’est l’hypothèse d’un éventuel culte solaire, il n’existe pas de données indiscutables permettant d’affirmer que les équinoxes donnaient lieu à des célébrations populaires chez les Celtes. Cependant, les solstices et équinoxes, en rapport avec le temps des dieux, marquent les moments forts des aventures des héros de la tradition des Celtes et leurs rapports avec les dieux, dans un cycle symbolique de conquête de l’année. Cet aspect de la tradition est bien décrit par Philippe Jouët, dans son livre « L’aurore celtique » paru en 1994 aux éditions du Porte-Glaive.

Les nombreuses coutumes populaires qui se trouvent encore dans le folklore de nombreux pays héritiers de l’idéologie tripartie indoeuropéenne laissent à penser que le soleil avait dans leurs traditions populaires une place importante, en rapport avec le cycle de la nature.

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Solstice d’hiver (Br. Noz Kerzu, Goursav-goañv)


Panthéon celtique : Ogmios (Br. Ankou) – La Boan


Dans les textes de la mythologie d’Irlande, le solstice d’hiver se situe au milieu du gué, entre les deux berges de l’année séparées par l’eau de la ténèbre hivernale. Le combat du Héros contre les forces hostiles se déroule sur le gué.

L’avantage du ciel nocturne, dans sa lutte avec le ciel diurne, cesse enfin d’augmenter. Au terme de ce combat solsticial, dont l’enjeu est la possession du soleil, le ciel diurne a cessé de perdre du terrain. Le jour du solstice, le lever et le coucher du soleil se font dans leurs directions les plus méridionales. Le solstice d’hiver marque la limite basse de la trajectoire du soleil sur l’horizon.

Le solstice, image du conflit céleste, donnait lieu à un rite de régénération. Dans ce cadre, le verbal contesté et disputé par les druides, était une mise en œuvre de la « parole action » susceptible de désigner celui qui se serait montré le plus brillant dans l’éloquence et le contenu du discours. Jules César évoque peut-être le verbal conteste quand il écrit dans « Bellum Gallicum » :


« - Les druides se livrent en outre à de nombreuses spéculations sur les astres et leurs mouvements, sur la grandeur du monde et de la terre, sur la nature des choses, sur l’essence et la puissance des dieux immortels ».

Ce dernier point indique que les druides confrontaient leurs pensées sur les dieux et leur essence, dans un esprit ouvert plus philosophique que dogmatique. Cela semble renforcer l’idée que les druides n’étaient pas des prêtres de la religion des Celtes.

En Bretagne, Noz Kerzu, la nuit du solstice d’hiver, marque la fin de la période de Samain.

Le solstice était également un moment très important pour les populations du Néolithique. Le matin du premier jour qui suit le solstice d’hiver, l’entrée et le couloir du site mégalithique de la Roche-aux-fées à Hédé, se situent dans l’alignement exact du lever du soleil. Il en est de même pour de nombreux sites mégalithiques en Europe.

Dans les mythologies celtes et védiques, le sacrifice de la vache de l’année symbolisait la rénovation cosmique. La période comportait 12 jours ; 6 jours avant et 6 jours après le solstice.

Les 12 jours (nuits) représentaient la différence entre une année solaire de 12 mois et 12 lunaisons. Cette période intermédiaire se situait à la jonction de deux jours consécutifs des dieux. Chez les Celtes, comme dans l’Inde védique, une année des hommes correspondait à un jour des dieux. Le jour des dieux commençait au solstice d’hiver.

La période de 12 nuits revêtait une importance particulière pour les descendants européens des Indo-européens. Quand le monde semblait pétrifié par le froid, il semblait nécessaire de réaffirmer le pacte entre les dieux et les hommes, dans un cérémonial destiné au renouveau de la lumière et à la réactivation du feu céleste, qui conditionnaient la vie sur Terre.

Le feu et la lumière symbolisaient le soleil et la vie.

L’aspect fécondant du solstice était donné par la nature au repos, qui se préparait à renaître. Les 12 jours représentaient le repos créateur du soleil. Le folklore en a gardé l’idée d’une représentation des 12 mois à venir. En basse Bretagne, les 12 jours sont les gourdeizioù, (les grands jours). Décalés par rapport au solstice dans le calendrier chrétien, les gourdezioù comprennent les 6 derniers jours de décembre et les 6 premiers jours de janvier.

Les 12 jours de la période solsticiale semblaient conditionner l’avenir des hommes sur terre mais aussi déterminer le sort du cosmos. L’acmé de la saison sombre donnait lieu à des rites initiatiques liés aux 12 jours critiques de l’année.

Les langues germaniques nomment le solstice, Jul, dont l’une des anciennes significations était « roue ».

Une nuit des mères célébrait la maternité en rapport avec l’aspect fécondant de la période.

En 567, le Concile de Tours a décidé que la période des 12 jours qui suivait Noël serait considérée comme sacrée.

Chez les Celtes, c’était probablement le sixième jour de la nouvelle lune, en période solsticiale, que se déroulait la cérémonie de la coupe du gui (plante qui porte les couleurs sacrées des Celtes, le vert et le blanc).

Le gui, végétal gorgé de lumière solaire n’entre pas en contact avec la terre. Propagé à travers les airs par les oiseaux, il semblait n’appartenir qu’au ciel diurne. Sa graine met neuf mois pour se développer dans sa poche de glu.

Toujours verte, la plante évoquait l’Autre Monde et la Vie éternelle. La coupe du gui marquait la régénération du temps et de l’année, à travers l’émasculation symbolique du roi de l’année écoulée par son jeune successeur. Le gui était un symbole de jeunesse de vigueur et d’amour.

Le rite païen semble être à l’origine de l’expression ancienne « Au gui l’an neuf ». Une confusion a été faite au sujet de la traduction de cette tradition solsticiale. La formule prononcée à cette occasion, O ghel an heu – (egi en ed, en breton moderne) Egi an ed, signifiait : le blé lève. Cette formule illustre la potentialité des fruits de l’été, contenue dans la « ténèbre hivernale ».

Aux XVIème-XVIIème siècles, la coutume de la quête de « l’Éguinane », pratiquée par les nécessiteux, semble en être un prolongement. Cette pratique se déroulait durant les mois noirs, jusqu’au Mardi Gras. Les indigents recevaient les dons en échange de chants traditionnels et de souhaits.

Dans certaines régions, les quêteurs parcouraient la campagne à la recherche d’un abri pour la nuit. Le soir, à l’approche d’une habitation, ils annonçaient leur arrivée par le tintement d’une cloche. L’aspect parfois peu rassurant du personnage en haillons, le son de la cloche à la tombée de la nuit, ajoutés aux histoires, contes et chants qui racontaient le sort des âmes errantes, avaient de quoi marquer les esprits.

Dom Le Pelletier a recueilli le texte d’une chanson du pays de Morlaix, encore chantée vers la fin du XVIIe siècle. Le chant faisait référence à la vieille formule clamée au solstice d’hiver, « le blé germe ». Le religieux n’en avait peut-être pas décrypté l’allusion coquine, qui n’avait rien à voir avec la vêture de la dame.

« Eghin an eit « Le blé germe

Toul e ma bros a va sahe Ma jupe est percée et ma robe

Ur battel kig sal estanke Un morceau de lard la boucherait

Eghin an eit » Le blé germe. »


Le clergé s’est employé à combattre l’usage de l’éginane qui était la continuation d’une pratique ancienne qui rappelait le chaudron d’abondance de la période de Samain.

Le soleil invaincu était symbolisé par une grosse bûche de chêne mise au feu dans l’âtre du logis.

Outre le gui, le sapin, le houx et le lierre affirmaient la continuité de la vie au cœur de l’hiver, par la persistance de leur feuillage vert. Le vert végétal et le blanc des fruits du gui représentaient les couleurs sacrées des Celtes, dans un symbolisme végétal, en rapport avec l’éternité. A Belteine, l’aubépine en fleur marquait également, par les couleurs verte et blanche, la sacralité de la période.

Dans la même ligne symbolique, le sapin, au feuillage persistant et toujours vert, reste associé aux plus anciennes croyances. Au moment du solstice, il peut représenter l’arbre axe du monde, comme l’Ygdrasil des Germains et des Nordiques. L’arbre « axe du monde » est un thème présent dans toutes les mythologies des peuples indo-européens.

Le cheval est associé au solstice. Dans de nombreuses traditions, le cheval tire le char du soleil pour la traversée de l’hiver. Le cheval est indissociable du guerrier celte. Il est également la monture des cavaliers de la « chasse sauvage ». C’est le cheval qui transporte les âmes tourmentées, précédé par les chiens infernaux.

Le porc était l’animal privilégié pour les sacrifices et constituait le plat principal des fêtes du solstice d’hiver. Il représentait l’abondance et la fertilité.

Le bouc, parfois représenté au pied de l’arbre, symbolise la fécondité. Le bouc avait la réputation de porter chance et d’écarter les esprits maléfiques. L’Église chrétienne en a inversé la signification, pour en faire le symbole du diable et du péché sexuel.

Sur un principe d’égalité entre homme et femme, les Celtes disposaient de leurs corps et n’avaient pas la culture du péché. Le précepte judéo-chrétien du « péché de chair », introduit sous forme d’interdit religieux dans la tradition des Celtes, est sans doute à mettre au crédit des moines chrétiens qui en assurèrent la transcription.

L’homosexualité n’était ni exceptionnelle, ni condamnée tant chez les Grecs que chez les Celtes. Les Celtes étaient très attachés à leur liberté et la sexualité en faisait partie. Dans la tradition d’Irlande, comme dans la tradition védique, l’adultère divin est la règle et non l’exception.

Chez les Celtes, les défunts étaient honorés et associés aux rites qui célébraient la vie. Ils étaient associés à toutes les fêtes du calendrier celtique, mais leur souvenir se faisait plus présent pendant la période qui allait de Samain au solstice d’hiver.

Le calendrier, réformé par Jules César en 46 avant notre ère, fixait le solstice d’hiver au 25 décembre. Ce jour nommé Natalis (dies), le (jour) natal, était le jour de la célébration du soleil invaincu, Sol invictus. L’année commençait avec la croissance du soleil.

En 353, l’Église décide de fixer la naissance de Jésus au 25 décembre, pour coïncider avec Sol invictus et d’autres célébrations païennes qui associaient le solstice à un symbolisme de fertilité, de maternité et de procréation.

La naissance du dieu des Perses, Mithra, jaillissant d’un rocher, avait également eu lieu un 25 décembre, jour du solstice d’hiver dans le calendrier julien. Une très ancienne tradition mithriaque présentait Anahid, la mère de Mithra, comme vierge. Le culte mithriaque était parvenu en Gaule, bien avant l’arrivée du christianisme.

L’annonce faite à Marie, par le lumineux Archange Gabriel, à l’équinoxe de printemps, déterminait la naissance de Jésus au solstice d’hiver.

L’Épiphanie était fêtée 12 jours après Noël. Cet intervalle correspondait aux 12 jours de différence entre l’année solaire et l’année lunaire, ou encore à la période de pause créatrice des 12 jours solsticiaux. L’Épiphanie représente pour la chrétienté, l’hommage rendu par les rois mages, mais aussi la circoncision de Jésus et son baptême dans l’eau du Jourdain. L’Epiphanie semble être la continuation d’une fête païenne qui célébrait la succession du roi de l’année. Cette fête était liée au soleil, au terme des 12 nuits de la période du solstice. Des feux de joie étaient allumés pour aider au prochain retour du printemps et hâter la fin de la grande nuit hivernale. La coutume a vraisemblablement son origine chez les peuples proches du cercle polaire.

Au XVème siècle, le pape Grégoire XIII réforme le calendrier julien. Le solstice d’hiver intervient alors le 21 décembre. Grégoire XIII conserve la date du 25 décembre pour la naissance de Jésus qui, de ce fait, ne correspond plus au solstice.

Les fêtes chrétiennes se trouveront ainsi décalées par rapport aux moments importants de la course du soleil qui ponctuent le calendrier des fêtes celtiques.

New grange, dans le Comté de Meath au nord de Dublin, est l’un des sites archéologiques les plus célèbres d'Irlande. Le site consiste en un gros tumulus circulaire au centre duquel se trouve une chambre mortuaire à laquelle on accède par un très long couloir couvert.

Le site funéraire mégalithique de New grange est orienté exactement dans la direction du soleil, le matin du solstice d’hiver. A ce moment, le soleil pénètre directement dans la chambre centrale pendant environ 15 minutes. Au Néolithique, les rayons du soleil devaient « réveiller » les ancêtres défunts dont les dépouilles avaient été disposées dans la sépulture, afin qu’ils encouragent le soleil pour que les jours augmentent.

Le mur extérieur du tumulus est flanqué de pierres monumentales sur lesquelles il est possible d'observer des dessins en spirale et quelques triscèles. Comme à Gavrinis, ces volutes rappellent la puissance de l’eau des origines. La triscèle sculptée daterait de 2500 ans avant l’arrivée des Celtes en Irlande.

Les Celtes en auraient fait l’un de leurs symboles importants en y associant la force des éléments, terre, eau et feu, en mouvement.

Saint Patrick aurait fondé son premier monastère non loin de New grange, à Navan au confluent des vallées de la Boyne et de la Blackwater. Il expliquait aux rois et aux filid que la Bible apportait une richesse supplémentaire à leur savoir. Saint Patrick s’est employé à convertir les clans d’Irlande sans détruire leur patrimoine culturel ni vider de leurs sens les mythes de la tradition des Celtes.

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Venceslas Kruta, et al. dans "Deux représentations en images de l’année celtique: la cruche de Brno-Maloměřice et le vase des taureaux de Numance". (In : Archeologické rozhledy, 2019, vol. 71, no 3, pp. 418-434) fait le lien entre le solstice et l'astrologie :


Les astres, les „yeux de la nuit“ selon la formule poétique du Rig Véda, ont intrigué l’Hom­me depuis les temps immémoriaux (Kruta – Kruta Poppi – Magni éds. .2008 ; Kruta et al. éds. .2009). Les enregistrements les plus anciens, témoins de l’établissement des premiers calendriers, remontent au Paléolithique mais ils étaient indiscutablement déjà le fruit de millénaires d’observations et de mémorisation des données.

Des dizaines de milliers d’années plus tard, les Celtes disposaient d’un système très évolué d’identification des astres et de connaissance de leurs mouvements, mis en relation avec les principaux événements astronomiques de l’année. Ce savoir a été transposé en images de différentes manières, plus ou moins faciles à identifier. L’ensemble le plus élo­quent à ce jour, du début du IIIe siècle avant J.­-C., est la cruche cérémonielle de Brno, une des œuvres les plus représentatives de l’art celtique (Kruta 2007 ; 2008 ; 2015b, 120–123 ; 2015c, 174–184). Sa conception indique clairement qu’elle a été construite à partir de don­nées scientifiques cohérentes et très élaborées dont l’acquisition doit être recherchée dans les périodes antérieures.

L’identification des constellations à des animaux ou à des êtres mythiques – fonde­ment du zodiaque – est certainement très ancienne dans le milieu européen. Elle remon­terait selon les spécialistes de la paléo­astronomie au Paléolithique, notamment avec le cas de la Grande Ourse (Gurshtein 1995 ; Antonello 2008), mais se développa probablement surtout avec le Néolithique (Gurshtein 1993 ; 2005 ; Kruta – Kruta Poppi – Magni éds. 2008, 18–24, 33, 44–49, 53). Sa mise en place aurait débuté vers 6000 avant J.­C. par le quatuor Gémeaux (équinoxe de printemps), Vierge (solstice d’été), Sagittaire (équinoxe d’automne) et Poissons (solstice d’hiver). Imposées par la précession des équinoxes, deux autres séries de quatre symboles stellaires vinrent s’y ajouter : vers 4300 avant J.­C. le Taureau, le Lion, le Scorpion (ou Aigle) et le Verseau, suivis vers 1800 avant J.­C. par le Bélier, le Cancer, la Balance et le Capricorne. Désormais complète, la séquence zodiacale n’a plus subi de modifications, même si l’équinoxe de printemps est passé dans les pre­miers siècles de l’ère chrétienne dans le signe des Poissons, associés à l’origine au solstice d’hiver.

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Rituels :


Sharlyn Hidalgo, autrice de Rites de magie celtique, Les Cérémonies des treize lunes et de Samhain (Éditions Danaé, 2020) décrit le déroulement d'une cérémonie néo-druidique liée au Solstice d'hiver :


Cérémonie du Solstice d'hiver

21/22 décembre


Dans l'hémisphère nord, nous célébrons le solstice d'hiver et le début de la période hivernale à la fin du mois de décembre. Le solstice marque le jour le plus court et la nuit la plus longue de l'année. Cette fête célèbre a renaissance de la Déesse/ du Dieu et le retour du soleil (de la lumière) ainsi que la promesse de l'arrivée prochaine du printemps. Ce sabbat mineur est également désigné sous le nom de Yule.


Objectif : Célébrer le solstice d'hiver. Projeter davantage notre lumière sur le monde.


Préparatifs : Préparez l'affirmation que vous trouverez ci-dessous et faites-en suffisamment de copies pour le groupe. Préparez également de simples affirmations sur de longues et fines bandes de papier. Idées : vous êtes aimé. Vous êtes estimé. Vos rêves prennent vie. Vous connaissez déjà la réussite.

Vous aurez besoin d'un chaudron ou d'un récipient rempli de terre pour votre autel, ainsi que d'une grosse bougie centrale et suffisamment de petites bougies pour tous les participants.


Accueil et remerciements : Bienvenue à la cérémonie du solstice d'hiver. Présentez-vous et faites le tour du cercle en demandant à chaque participant d'indiquer son nom et la raison pour laquelle il s'est joint à vous. Demandez à vos invités de fermer les yeux et observez un moment de silence pour vous préparer à la cérémonie.


Invocation des points cardinaux :

Nous remercions notre Terre-Mère , la nuit et l'hiver.

Nous honorons l'obscurité car elle est la source de toute vie.

Nous demandons à la sagesse du sorbier de nous accompagner au quotidien.

Nous adorons la Terre, le Soleil, la Lune et les étoiles.

Nous remercions le Grand Esprit qui nous guide.

Nous accueillons le silence et apprécions le caractère sacré de notre vie.

Ainsi soit-il.


Enseignements : La cérémonie a pour thème la renaissance. La Déesse sous ses traits de vieille femme est la mère divine. Elle incarne la prêtresse accoucheuse. Nous sommes aussi telles des sages-femmes qui accueillons le retour du soleil. Nous honorons également la naissance et le retour des maîtres et des fils enfantés par les saintes. Cette nuit est la plus longue de l'année ; nous honorons donc l'obscurité. Nous laissons brûler la bûche de Yule, cherchant le feu de l'espoir dans l'hiver de la vie. Nous célébrons la promesse d'une vie nouvelle Les thèmes de cette époque de l'année sont les suivants :

  • hommage aux aspects de notre personnalité qui se meurent ;

  • transformation : la nourriture des dieux et des déesses, s'imprégner de leur force ;

  • fins : changement et transition, transformation ;

  • nouveaux départs ;

  • renaissance, renouvellement, résurrection ;

  • faire tourner la Roue de l'année.

Chants : Choisissez des chants qui appellent la lumière. Cette période maque la naissance dieu soleil et nous rendons hommage aux fils nés à cette époque de l'année. Nous sommes reconnaissants que le soleil illumine nos vies et nous apporte le renouveau chaque année.


Incantation :

Que nous enseigne le solstice d'hiver ?

La vie commence dans l'obscurité.

Nous mourrons et renaissons en ces heures sombres.

Regardez ! Sous ses traits de vieille femme, la Déesse invoque

le retour de la lumière.

Il n'y a pas de transformation sans fin ni renaissance.

Que nous enseigne le solstice d'hiver ?

La promesse d'une vie nouvelle.


Méditation guidée : Prenez un moment pour vous recueillir et fermez les yeux. Écoutez votre respiration et concentrez-vous sur votre cœur. détendez-vous, imprégnez-vous de l'obscurité. Entrez dans la chambre de votre cœur. Trouvez un endroit au sol où vous asseoir. Vous êtes en sécurité dans ce lieu sombre. Vous êtes étreint. Vous êtes aimé. Imprégnez-vous de ce lieu sûr et paisible. C'est votre sanctuaire. Vous y êtes materné par Gaïa elle-même. Elle vous connaît car vous êtes un enfant de la Terre. Vous êtes l'un de ses enfants chéris. Ici, oubliez vos soucis et vos fardeaux. Acceptez-les, laissez-les s'envoler. Blottissez-vous dans la sécurité. Laissez-vous enlacer.

Vous êtes ici comme dans le ventre de votre mère. Vous êtes une graine qui doit pousser pour exprimer toute sa splendeur. Vous êtes né dans l'obscurité mais vous êtes un être de lumière avec un objectif : celui de diffuser votre lumière. Prenez votre temps. Laissez l'obscurité vous étreindre et vous emplir d'un amour inconditionnel.

Vous remarquez un rayon de lumière sous une porte fermée. Vous vous levez et vous dirigez vers elle. Vous remerciez l'obscurité, source de toutes choses. vous êtes heureux d'avoir passé un moment sacré dans la pénombre fertile de votre cœur. Vous vous sentez ressourcé.

Vous ouvrez la porte et marchez dans la lumière du jour. Le soleil se lève. Vous sentez la promesse du retour de la lumière en cette journée qui commence et sachez que chaque jour qui suit vous apportera plus de soleil encore. Bien que vous ayez traversé la nuit la plus sombre de l'année, l'obscurité vous a réconforté. Vous savez qu'un nouveau cycle de la vie commence ici, dans l'ombre.

Vous pouvez éprouver un sentiment de renouveau. De nouveaux projets et de nouvelles idées peuvent vous venir à l'esprit. Il est possible que vous souhaitiez manifester un désir profond. Vous pouvez ramener de cette méditation des idées, des envies et des souhaits naissants qui stimuleront votre créativité pour de nouveaux projets. Ayez confiance. C'est le début de la nouveauté. Prenez un moment pour repenser au temps passé dans l'obscurité sacrée. Ensuite, quand vous regarderez le soleil se lever, pensez à vos nouveaux projets. N'oubliez pas que vous aussi êtes fait de lumière, que vous ne faites qu'un avec le soleil. Vous êtes ici pour projeter votre lumière sur le monde.

Le moment est venu de reprendre notre cérémonie. Faites part de votre gratitude et revenez lentement à la réalité. Prenez votre temps. Vous pouvez retourner dans ce lieu sûr au plus profond de votre cœur quand vous le souhaitez. Lorsque vous serez prêt, ouvrez les yeux.


Affirmation : Préparez cette affirmation à l'avance et faites-en suffisamment de copies pour le groupe. Les participants lisent ensemble.

Ce soir, l'occasion s'offre à nous de projeter notre lumière sur le monde. Et pourtant, nous nous trouvons dans la pénombre de l'hiver.

Paradoxalement, c'est dans l'obscurité que la vie et la lumière trouvent leur source. L'obscurité nous étreint et nous nourrit.

Invitons la lumière naissante à élargir l'horizon des possibles. Laissons ces possibilités grandir en nous et sur la Terre. Exprimons et partageons nos vœux pour éclairer le monde. Ainsi soit-il.


Activité : illuminer le monde

Prononcez les mots suivants : « Réfléchissez quelques instants à la façon dont vous souhaiteriez illuminer le monde. Qu'espérez-vous ? Que voulez-vous accomplir ? Qu'aimeriez-vous améliorer ? Que pouvez-vous faire ? »

Demandez aux membres du groupe de se rendre au milieu du cercle, d'allumer leur bougie et de la planter dans le récipient rempli de terre au moment où ils formulent leurs vœux. Demandez-leur d'exprimer ce qu'ils aimeraient accomplir. Comment aimeraient-ils éclairer le monde ?


Lecture : La lumière nous appelle. Nous attendons son retour, ici réunis dans l'obscurité e le silence de l'hiver. Le solstice est l'occasion de remercier l'ombre et la lumière. Nous sommes reconnaissants que la roue des saisons tourne. Cette fête est l'occasion de s'asseoir en silence, de réfléchir et d'écouter. Entendez-vous les chants du cosmos ? Entendez-vous la musique de la Terre, du Soleil et des étoiles ? Entendez-vous la mélodie de la faune et de la flore ? Ententdez-vous les battements de votre cœur ? Réjouissons-nous du retour de la vie et de la lumière. Tel est le miracle de l'hiver. Honorons également l'obscurité où est né le mystère de la vie. Alors que la Terre tourne, passant de l'ombre la lumière, célébrons la musique de nos cœurs et dansons dans l'allégresse. Soyons reconnaissants de faire partie du grand mystère.


Chants : Choisissez un chant qui appelle la lumière.


Activité : affirmations

Demandez à chaque participant de choisir une affirmation dans le récipient qui se trouve au centre du cercle et de la lire à voix haute.


Chants : Choisissez un chant de clôture en rapport avec la préservation de la lumière. Vous pouvez également choisir parmi les chant suivants : « May the Circle Be Open », « Merry Meet » ou « We are a Circle ».


Clôture : Faites part de votre gratitude pour les enseignements du solstice et libérez les points cardinaux. Prononcez les mots suivants : « C'est ici que le mystère du solstice se termine. » Ouvrez le cercle.

*

*




Cérémonies :


22 décembre 2015 : La célébration du solstice d'hiver, qui, selon les calculs de l'Institut de mécanique céleste et de calcul éphémérides et (IMCCE), se produira le 22 décembre, à 04h 47mn 57 (UTC) très exactement, nous permet de nous connecter à cette flamme intérieure indestructible qui se régénère dans la nuit noire de l'hiver.


***


21 décembre 2016 : une belle cérémonie dans la grotte des Vouillands...


***


21 décembre 2020 : Le solstice d'hiver nous rappelle chaque année que même dans l'obscurité, à nos yeux la plus totale, la lumière de notre âme répond toujours en écho à celle de la Source et nous invite ainsi à ne jamais désespérer, quelque insupportables nous semblent les événements que nous vivons.


Le début de la fin... ou du début ?

Le miracle de cette année 2020


Je fais partie de cette génération, déjà ancienne maintenant, qui a du faire le deuil d'une transformation du monde et qui se voit offrir en cette année 2020 ce cadeau de pouvoir y croire encore.


Je fais partie de cette génération, qui, au collège tout en Haby de réforme unique, est élevée dès la classe de sixième avec cette peur du chômage qui pourtant, n'existe pas encore partout, et en tous cas, très peu dans ma campagne savoyarde où les parents sont majoritairement ouvriers-paysans aux aciéries d'Ugine-Kuhlmann. Mais les professeurs brandissent comme une menace pour les élèves qui ne travaillent pas cet avenir de chômage qui nous fait d'autant plus peur que, précisément, nous ne savons pas ce que c'est.

Au fond de la Combe de Savoie, quand j'entre en sixième, personne dans ma classe, n'a un père ou une mère au chômage. D'ailleurs, c'est encore très traditionnel : beaucoup de mères ne travaillent pas. La plupart de mes camarades a des parents qui ne sont pas même encore divorcés. La totalité même, je pense. J'ai l'impression de parler d'un monde tellement ancien !

En quatrième, je découvre la langue allemande et on nous attribue un correspondant de l'autre côté du mur de Berlin, pour moi, une prisonnière mythique enfermée dans son pays comme dans un donjon, dont la douane ouvre les paquets qui ressemblent à ceux d'avant-guerre, en tous cas dans mon imaginaire.

Les années lycée, ce sont pour moi les années à la fois "Touche pas à mon pote" mais aussi, évidemment, celles des ratonnades où on jette les Arabes par les trains... Ce sont les années golden boy et sida. Les années plus fric que chic.

Et en même temps, je crois, comme tous les gens de 20 ans, que je peux changer le monde.

A 20 ans, c'est la réforme Devaquet et le premier mort politique qui me concerne de près, Malik Oussekine. Je me souviens encore de la sidération qui nous saisit à l'annonce de sa mort, alors que nous reprenions un des trois trains affrétés à Grenoble pour la grande manif parisienne.

C'est la découverte dans mon tout petit monde grenoblois de l'action politique - d'ailleurs un de mes copains manifestants - deviendra un ponte de SOS Racisme. C'est là que je découvre que ceux que les médias mettent en avant ne sont pas du tout ceux qui ont agi pendant le mouvement, ceux qui ont pris des risques, mais ceux qui sont, d'une part, photogéniques, et d'autre part, malins. Et autant dire que ce que je découvre me détournera pour longtemps de l'action politique.

Les années 80 ce sont donc des années pendant lesquelles je me sens vraiment à contre-courant, les années où le matérialisme explose - et nous pensions pourtant qu'il s'agissait d'un summum !

Et puis, la chute du mur de Berlin nous laisse croire que l'autre bloc va suivre sous peu, en tous cas nous l'espérons. (Même si émotionnellement, ce fut difficile à gérer car la représentation du monde sur lequel j'avais construit ma vision personnelle s'écroule, libérant la princesse que je croyais mienne pour toujours). Evidemment l'échelle humaine n'est pas la même que celle des civilisations...

Et je vais donc passer les vingt années suivantes à apprendre à faire le deuil de cet effondrement du capitalisme que j'espère et attends depuis, naïvement, l'arrivée de la gauche au pouvoir.

Je vais passer ces vingt années en continuant à espérer mais en comprenant que cela se fera après moi et que si, à mon modeste niveau, j'œuvre dans ce sens, ce ne sera pas pour en voir les fruits. Je me convaincs que je fais partie de cette génération, qui prépare, peut-être, le changement, mais qui n'y assistera pas.


Et voilà le miracle !

Comme tout miracle, inattendu, inespéré, aussi incroyable que, en ce dernier jour de l'année, je n'en reviens toujours pas.

Ce sera long, chaotique, comme tout changement, mais on m'offre la possibilité d'y assister, de mon vivant, ce en quoi je ne croyais plus.

Quelle chance ! Quelle chance !


Même si, bien sûr tout le monde le dit (sic), la crise économique sera terrible - mais je sais maintenant ce qu'est le chômage - même si les commerces ferment, bien sûr, ne faut-il pas en passer par là pour réinventer le modèle socio-économique ? Et reconsidérer notre rapport aux vivants, "notre frère Soleil, nos sœurs la Lune et les étoiles, pour frère Vent, et pour l’air et pour les nuages, pour l’azur calme et tous les temps, pour sœur Eau, pour sœur notre mère la Terre (Cantique de frère Soleil ou des créatures de Saint François d'Assise) ?

La culture réprimée depuis mars est dans les starting-block, frustrée, malmenée, incomprise, inconsidérée, n'est-ce pas le meilleur terreau possible pour réinventer et réenchanter notre monde aigri et rétréci ?


Tous les dysfonctionnements de ce système sont mis à nu, sont éclairés. Bien sûr il nous restera, il nous reste, à choisir quelle option de changement nous voulons incarner. Mais je crois que, comme en 89, l'effondrement de l'autre bloc est sur les rails. Et, dans cette période troublée, où la peur semble masquer tout le monde, je suis heureuse ! Je suis heureuse ! Je suis heureuse d'être vivante en ces jours précieux !


C'est pourquoi le 21 décembre, lors de ce solstice incroyable (voir à ce sujet la vidéo de Fanchon Pradalier-Roy) qui correspond de plus à l'entrée dans le nouveau cycle de 20 ans entre Jupiter et Saturne à 1 degré du Verseau, - et donc aussi dans un cycle de 200 ans dans l'élément Air et donc dans un autre cycle de 800 ans avant qu'ils ne reviennent dans le même signe en ayant fait le tour des quatre éléments -, j'ai décidé,

parce que je crois aussi fondamentalement à la force créatrice de la pensée, la puissance de l'auto-suggestion, qu'on l'appelle placebo, méthode Coué ou ce que l'on veut,

j'ai décidé - mais en même temps je sais que cette décision m'a été soufflée par les Esprits pendant la cérémonie en forêt -

J'ai décidé - car depuis 30 ans que j'en entends parler, de cette ère du Verseau, un rien affadie par le new âge, dont je ne vois toujours pas la date arriver avec certitude, cette ère du Verseau que je n'en finissais pas d'appeler de mes vœux

j'ai décidé, avec Jupiter et Saturne à 1 degré du Verseau, que j'entrais moi aussi, volontairement, délibérément et de plain-pied, dans cette ère.


Enfin ! Sans plus attendre.


Et que tout en moi allait être tourné consciemment vers les valeurs inscrites au fronton de nos mairies : Liberté - Egalité - Fraternité. Cette devise Verseau que nous pouvons servir bien mieux que nous ne l'avons fait jusqu'à maintenant.


Et ainsi, j'ai décidé de planter symboliquement, chaque jour jusqu'au solstice d'hiver prochain, une graine de lumière, représentée le jour de la cérémonie par une bogue de châtaigne, afin de m'inciter à polir toujours plus les aspérités de ma personnalité et ce-faisant, laisser transparaître du mieux que je le peux, la lumière et la beauté de mon âme.

A partir de ce jour, j'ai pris l'engagement, grâce au chant des Esprits qui m'a traversée, de planter chaque jour en voyage chamanique, une graine pour fertiliser ce nouveau monde qui commence, afin d'être en conscience chaque jour pour participer au niveau subtil à cette insémination spirituelle.


Entrons donc avec confiance dans l'année 2021 !



 

Solstice 2022 : Cérémonie avec l'association l'Arc-en-ChanT


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