La Plume

Dernière mise à jour : 13 sept.
Étymologie :
PLUME, subst. fém.
Étymol. et Hist. 1. a) Ca 1140 « duvet préparé pour rembourrer les coussins » (Pèlerinage Charlemagne, éd. G. Favati, 290) ; 1176 lit de plume (Chrétien de Troyes, Cligès, éd. A. Micha, 6028) ; b) ca 1165 « ensemble des plumes d'un oiseau » (Benoît de Ste-Maure, Troie, 14839 ds T.-L.) ; 1176 fig. (Chrétien de Troyes, op. cit., 4854) ; ca 1180 « tuyau corné garni de barbes et de duvet, de l'oiseau (différent de penne*) » (Marie de France, Fables, éd. K. Warnke, 67, 3) ; c) ca 1625 être de plume « très léger » (A. d'Aubigné, Lettre ds Œuvres, éd. E. Réaume et F. de Caussade, t. 1, p. 497) ; 1640 léger comme une plume (Oudin, Ital.-Fr. d'apr. FEW t. 9, p. 84a) ; 1900 poids de plume (Petiot), 1914 poids plume (Almanach, Hachette, p. 120) ; d) expr. 1176 oster la plume a aucun « flatter, tromper » (Chrétien de Troyes, op. cit., 4488) ; fin xive s. oster une plume à qqn « priver de ce qu'il possède de plus avantageux » (Eustache Deschamps, Œuvres, éd. Queux de Saint-Hilaire, t. 3, p. 95, 48) ; 1718 arracher une plume (Ac.) ; 1228 trere la plume par l'oel a aucun « flatter » (Jean Renart, G. de Dole, éd. F. Lecoy, 3473) ; 1548 passer à qqn la plume devant la bouche (La Boétie, Servitude, p. 36 ds Hug.) ; 1608 passer la plume par le bec (M. Régnier, Satyre, VI, éd. G. Raibaud, p. 63, 91-92) ; 1610 passer à qqn la plume devant le nez (Boyvin de Villars, Instructions sur les affaires d'état, p. 447) ; début xve s. laisser plume ou aisle « ne pas s'en tirer sans y perdre quelque chose » (Le Livre des faicts du bon messire Jean Le Maingre dit Boucicaut, seconde partie, chap. 17 ds Nouv. Collection des mém. pour servir à l'hist. de Fr., éd. J.-F. Michaud et J.-J.-F. Poujoulat, t. 2, p. 272) ; 1640 laisser des plumes (Oudin Curiositez) ; 1946 voler dans les plumes (Prévert, Paroles, p. 269) ; 1558 les belles plumes font le bel oiseau « la parure fait valoir » (B. Des Périers, Nouvelles récréations et joyeux devis, Nouvelle 8, éd. K. Kasprzyk, p. 51) ; 1668 se parer des plumes du paon (La Fontaine, Le Geai paré des plumes du paon, IV, 9 ds Fables, éd. H. Régnier, t. 1, p. 298) ; 2. a) 1461 fondre des mots de sa plume « écrire » (Chastellain, Chronique, éd. Kervyn de Lettenhove, t. 4, p. 5, 2-3) ; 1613 prendre la plume « commencer à écrire » (M. Régnier, op. cit., XV, p. 198, 3) ; 1616 mettre la main à la plume (A. d'Aubigné, Hist. univ., II, 116) ; 1690 tenir la plume (Fur.) ; b) 1549 « écrivain » (Du Bellay, Deffence et illustration de la lang. fr., livre I, chap. 4) ; 1690 gens de plume (Fur.) ; 1798 homme de plume (Ac.) ; c) 1608 « composition des ouvrages d'esprit, style et manière d'écrire d'un auteur » (M. Régnier, op. cit., X, p. 113, 127) ; 1771 guerre de plume (Voltaire, Lettre à Mme Du Deffand du 6 janv. ds Rob., s.v. guerre, citat. 48) ; 3. 1855 zool. plume de calmar (Ann. chim. et phys., t. 43, p. 97). Du lat. plūma propr. « duvet » puis «plume» qui a éliminé penna (penne*) dans presque tous les parlers gallo-rom. Le sens 2 vient de ce qu'on écrivait dep. l'Antiq. avec de grandes plumes taillées de certains oiseaux (oie, corbeau, cygne, etc.). L'expr. voler dans les plumes est peut-être due à une anal. avec les combats de coqs.
Lire aussi la définition du nom pour amorcer la réflexion symbolique.
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Expression populaire :
Dans La Puce à l'oreille (Editions Balland, 2001) Claude Duneton revient sur l'expression "tailler une plume" :
"Cette expression qui exprime la fellation a vu le jour chez les libertins lettrés, avant de se propager assez largement, mais modérément tout de même, dans des couches plus populaires au cours de la première partie du XXe siècle. Jacques Cellard, qui a parfaitement analysé cette tournure, l'explique ainsi : "La métaphore porte sur la plume d'oie dont on humectait le bec de la langue pour pouvoir le tailler au canif, opération souvent confiée à une femme. Un roman de 1868 a pour titre : Cécile Coquerel, tailleuse de plumes."
La première attestation écrite que j'ai pu récolter de la locution se situe dans les années 1890, par un certain Paul Paillette, Tablettes d'un lézard (sans date) :
Je coulais des jours parfaits
Si j'avais écrit un volume
Aux mendésiaques effets
Sur l'art de tailler une plume.
Jacques Cellard cite pour sa part Apollinaire "Si tu enseignes aussi bien l'orthographe que tu tailles les plumes, tu dois être une institutrice épatante." (Les Onze Mille Verges, 1906).
Cette façon de dire est encore d'un usage assez fréquent ; elle semble même jouir d'un regain de faveur grâce à l'extrême popularité de "tailler des pipes", expression qu'elle a engendrée, et dont elle paraît aujourd'hui une simple alternative farfelue pour l'auditeur non averti. "Je connais des gens qui, grâce à M. Hachette, ne mourront pas idiots en apprenant ces vieillottes expressions comme "bouton de rose" et sauront dire "tailler une plume" en latin. C'est ça qu'est chic !" (Le Canard enchaîné, 5 mai 1982)."
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Paléontologie :
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Dans son ouvrage intitulé Histoires des dinosaures (Perrin, 2012), Ronan Allain explique l'origine et les fonctions de la plume :
"On a longtemps pensé que les plumes des oiseaux dérivaient des écailles des reptiles. Comme les écailles et les ongles des reptiles, les plumes sont composées de β-kératine et non pas d'α-kératine comme les poils des mammifères. Elles forment un édifice kératinisé, ramifié, fabriqué par l'épiderme et croissent à partir de projections de peau produites par des invaginations de l'épiderme qu'on appelle follicules, mais elles ne sont an aucun cas des écailles transformées. Les plumes des oiseaux modernes se composent d'un axe central, creux à sa base, le calamus, et plein dans sa partie principale, le rachis. Ce dernier porte des barbes insérées de part et d'autre et enchevêtrées à des barbules dotées de petits crochets. La diversité des formes de plumes observée chez les dinosaures permet de retracer l'évolution de cette structure tégumentaire complexe telle qu'elle a été inférée par Richard Prum de l'université Yale. Au stade le plus primitif, la plume est un simple cylindre creux produit par le follicule. Au cours des stades suivants, les barbes non ramifiées rattachées au calamus vont peu à peu fusionner au rachis pour donner des plumes planes. Les barbules vont ensuite structurer la plume avant que celle-ci ne devienne asymétrique.
On s'arrête souvent à la fonction des plumes qui nous apparaît la plus évidente et la plus importante pour les oiseaux, celle du vol, mais c'est oublier un peu vite que la plume joue aussi un rôle d'isolant thermique, de camouflage et de caractère sexuel secondaire chez les oiseaux. Les dinosaures étant des animaux exclusivement terrestres, c'est bien évidemment du côté d'une de ces fonctions qu'il fut chercher pour comprendre le succès évolutif de la plume.
L'exemple de l'autruche, qui pour le coup est bel et bien un oiseau, est assez intéressant à cet égard. Comme chacun sait, les autruches possèdent des plumes mais ne volent plus. Elles partagent cette particularité avec tous les autres membres du groupe des paléognathes comme le kiwi, le nandou, l'émeu ou le casoar. Si les plumes n'ont pas disparu chez ces animaux au cours de l'évolution du groupe des paléognathes, c'est sûrement parce qu'elles ont une quelconque utilité. Chez l'autruche, la femelle et le mâle ont un plumage différent : gris à brun pour la première, noir bordé de blanc pour le second - on parle alors de dimorphisme sexuel. Lors de la parade nuptiale, le mâle écarte les ailes et déploie ses plumes en éventail. Dans ce cas, les plumes jouent clairement un rôle de caractère sexuel secondaire. Mais la fonction des plumes de l'autruche ne s'arrête pas là puisqu'elles servent aussi d’isolant thermique aussi bien en cas de baisse que de hausse de la température. Les autruches adultes peuvent aussi se servir de leurs plumes pour faire de l'ombre à leur progéniture.
Qu'en est-il chez les dinosaures à plumes ? Il est pratiquement impossible de répondre à cette question de manière péremptoire, car une étude éthologique est impossible, et jusqu'ici aucune explication ne semble pouvoir primer sur l'autre. La seule certitude scientifique qui demeure est que la plume n'est plus l'apanage des oiseaux et que sa fonction primordiale n'avait rien à voir avec le vol."
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Symbolisme :
Si l'on en croit Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, auteurs du Dictionnaire des symboles (1969 ; édition revue et corrigée Robert Laffont, 1982), "la fonction symbolique de la plume est liée, dans le chamanisme, aux rituels d'ascension céleste et donc de clairvoyance et de divination.
"D'autre part, dans de nombreuses civilisations, la plume est associée à un symbolisme lunaire et représente la croissance de la végétation. Ainsi, apparaît-elle chez les Mézo-Américains (Aztèques et Maya), en tant qu'homologue des cheveux, de l'herbe et de la pluie. De même chez les Iroquois où, lors de la Grande Danse des Plumes, des actions de grâce se répètent à l'infini pour remercier le Bon Jumeau de tout ce qui a poussé au bénéfice des hommes : les fruits et l'eau, les animaux et les arbres, le soleil et les ceps de vigne, l'obscurité et la lune, les étoiles et les dispensateurs de vie (maïs, haricots et courges appelées les trois sœurs divines).
Cette double symbolique de la plume, force ascensionnelle et croissance végétale, se retrouve dans l'utilisation par les Indiens Zuni (Pueblo), lors des fêtes des Solstices, de bâtons à prières se terminant, à leur extrémité supérieure, par de grands bouquets de plumes. Ces bâtons sont plantés dans les champs de maïs, ou dans la vase des fleuves, et dans tous les lieux sacrés avoisinant le sommet des montagnes ou les sources, en offrande aux ancêtres, au Soleil et à la Lune. Le mouvement de palmes des bouquets de plumes de ces bâtonnets, précise Muller, fait monter les prières vers les dieux, c'est-à-dire vers le ciel. Le chef Hopi (Pueblo) Don C. Talayeswa, dans son autobiographie décrit ainsi la première offrande plumes votives à laquelle il assiste, enfant, à l'occasion de l'importante fête du solstice d'hiver : au lever du soleil ma mère m'a mené au bord de la mesa (plateau) avec tous les autres, déposer des plumes votives sur les autels ; ces sacrifices portaient des messages aux dieux pour obtenir leur protection. Les gens mettaient des plumes au plafond de leur maison et dans toues les Kivas (temples) ; ils attachaient des plumes aux échelles pour empêcher les accidents, aux queues des ânes pour les rendre forts, aux chèvres, moutons, chiens et chats pour les rendre fertiles, aux poulaillers pour avoir des œufs. Ce même jour, ajoute-t-il, était celui où les mères pouvaient occuper les cheveux de leurs enfants en s'exposant le moins au pouvoir des esprits maléfiques. Cet exemple confirme clairement l'association plumes-cheveux-fertilité, liée au symbolisme ascensionnel, car c'est du ciel où montent les plumes et les prières que descendra la pluie fertilisante.
Commentant des mythes d'Australie et de Nouvelle-Guinée, L. Lévy-Bruhl précise, les plumes sont une appartenance de l'oiseau, sa peau, son corps ; elles sont ainsi l'oiseau lui-même. S'en revêtir, en sucer ou en avaler une, c'est donc participer à l'oiseau et, si l'on possède le pouvoir magique nécessaire, un moyen assuré de se transformer en lui... Pour les mêmes raisons les plumes ont une vertu magique particulière. On en garnit les flèches. Elles servent souvent d'ornement. Les premiers qui en ont paré leur chevelure se flattaient sans doute de faire passer en eux quelque chose de cette vertu.
La plume est en effet symbole d'une puissance aérienne, libérée des pesanteurs de ce monde. La couronne de plumes dont se parent rois et princes rappelle la couronne des rayons du soleil, l'auréole réservée aux êtres prédestinés. Le rite du couronnement s'apparente aux rites d'identification du dieu-soleil ou à celui d'une délégation d'un pouvoir céleste. Les plumes qui surmontent les dais des Souverains et du Pape, aux quatre coins et un prolongement des piliers, signifient cette suprême autorité, d'origine céleste, répandue aux quatre coins du royaume ou de la terre ; cette autorité impliquait un devoir de justice. Si la plume est un symbole de justice, notamment chez les Égyptiens, c'est peut-être aussi que, dans les plateaux de la balance, le poids le plus léger suffit à rompre le juste équilibre (voir autruche).
Certains interprètes voient aussi dans la plume un symbole du sacrifice. Car, sous toutes les latitudes, poules et poulets étaient sacrifiés aux dieux et les plumes, seules, restaient étalées autour de l'autel. Elles attestaient que le rite avait bien été accompli."
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Selon Ted Andrews, auteur de Le Langage secret des animaux, Pouvoirs magiques et spirituels des créatures des plus petites aux plus grandes (Édition originale, 1993 ; traduction française, Éditions Dervy, 2017), les plumes ont les caractéristiques suivantes :
"LE MYSTÈRE DES PLUMES ET DU VOL
Les plumes fascinent les humains. Nous adorons en tenir, les agiter dans l’air, caresser nos joues avec elles et même en garnir nos literies. Donnez une plume à un enfant et il se mettra à jouer à être un oiseau en vol. Nous sommes tous fascinés par la capacité de l’oiseau à voler grâce à quelque chose de si fragile et pourtant si puissant. Les hommes envient aux oiseaux cette aptitude à voler. Et nous savons que ce don est lié aux plumes.
Les plumes sont des symboles de l’élévation au-dessus du monde terrestre ou de l’affranchissement de la gravitation de ce même monde. Ce sont aussi des symboles d’équilibre et des symboles du vent. Elles ont traditionnellement servi à représenter les dieux et déesses créateurs – ceux qui insufflent la vie dans l’humanité.
On peut voir la plume comme une couche de peau spécialisée. Elle a une tige – ou hampe – centrale avec des centaines de filaments assemblés par un agencement complexe de barbes et de minuscules écailles. Une simple plume d’ailes peut être constituée de plus d’un million de composants. On dénombre quatre sortes de plumes : les pennes ou plumes d’ailes ou de vol (rémiges) ou de queue (rectrices) ; les plumes tectrices ou de contour ; le duvet ; les filoplumes ou plumes sensitives.
Les pennes sont plus solides et, comme leur nom l’indique, empennées. Elles sont plus rigides et plus longues. Généralement, elles se répartissent elles-mêmes en plusieurs catégories : les rémiges primaires, secondaires ou tertiaires, les plumes de couverture et les plumes de queue (rectrices). Pour plus de détails, vous pouvez vous référer à l’illustration de la page suivante. Les rémiges (primaires, secondaires et tertiaires) permettent d’élever et de propulser. Elles peuvent aussi contribuer à réduire les freins ou les résistances. Elles nous relient à ces forces archétypales qui peuvent nous aider à atteindre de nouvelles hauteurs de méditation et à nous libérer de tous les éléments qui sont des entraves dans notre vie.
Les rémiges primaires tombent normalement par paires, une de chaque côté. Ce n’est que lorsqu’une paire est remplacée qu’une autre commence à tomber. Cela empêche l’oiseau d’être cloué au sol et donc en péril. De cette manière, l’envol est toujours possible. Les plumes de vol reflètent donc un rythme binaire, double, un rythme qui vous aide à vous connecter aux énergies féminines de l’imagination créatrice, de la naissance et de l’intuition. Il n’est pas inhabituel de constater que les plumes apparaissent dans votre vie par paires. Par exemple, vous en trouvez une, et un ou deux jours plus tard vous tombez sur une autre.
Les plumes de couverture sont plus petites et elles poussent le long du bord avant de l’aile, à la base des rémiges, épaississant de fait l’aile dans sa partie frontale. Ainsi l’air passe-t-il plus vite sur le sommet de l’aile qui, en réduisant la pression de l’air, précisément, permet à l’oiseau de s’élever. En ce qui nous concerne, elles nous aident à nous aligner sur ces forces qui facilitent les voyages astraux ou sorties hors du corps (reportez-vous à l’encadré « Expérimentons le principe du vol », page suivante). Les plumes de queue ou rémiges rectrices servent à diriger et à freiner. Elles peuvent nous aider à nous aligner sur les forces qui contribuent à diriger notre vie et à mettre des freins là où ils s’avèrent nécessaires.
Les plumes de contour sont larges et en forme de fougère. Ce sont souvent celles que l’on rencontre le plus communément. Ce sont mêmes celles auxquelles on pense le plus immédiatement quand on entend le mot « plume ». Elles entourent l’extérieur du corps et lui donnent cette apparence arrondie, permettant à l’air de couler librement le long du corps et, par conséquent, de rendre le vol plus aisé. C’est pour cette raison que l’on peut utiliser n’importe quelle plume pour accéder à ces énergies qui autorisent nos propres vols, qu’il s’agisse d’un pur envol libre de l’imagination ou de l’inspiration, ou encore d’un vol de réalisation ou d’accomplissement.
Le duvet se trouve sous les plumes de contour. Elles sont comme de petites peluches délicieusement douces. Ce sont elles qui fournissent une isolation thermique contre les changements climatiques. Il arrive que du duvet soit attaché à certaines plumes de contour. Les plumes de duvet poussent de manière continue et sont donc des symboles de protection ininterrompue. Même quand les extrémités des duvets s’usent, elles se transforment en poudre qui contribue à la protection de la peau de l’oiseau. Les plumes de duvet peuvent être de merveilleux outils pour soigner les problèmes de peau, développer la psychométrie, et pour stimuler le sens du toucher en général.
Elles sont aussi excellentes pour contrôler ou développer l’empathie, un vieux don de guérison connaissant de nombreuses variantes. Grâce à elle, votre corps peut devenir un véritable baromètre des autres humains. Les douleurs, les peines, les émotions et les attitudes des tiers sont ressenties dans le corps même de la personne empathique comme si c’était elle-même qui les éprouvait réellement. Si cet effet n’est pas équilibré, il peut conduire à des manifestations d’hypocondrie, mais peut aussi aller jusqu’à récupérer en vous le mal d’un autre. Et lorsqu’il est en vous, vous pouvez alors le guérir. Les individus empathiques doivent apprendre à identifier si ce qu’ils éprouvent quotidiennement vient d’eux-mêmes ou de personnes qu’ils ont pu croiser. Les plumes de duvet sont d’une grande aide dans ce processus de différenciation.
Les plumes de duvet étouffent aussi le bruit du vol. Vous pouvez ainsi vous en servir pour accomplir et réaliser des choses sans alerter qui que ce soit et donc en évitant d’éventuelles résistances imprévues. Elles renforcent la discrétion et le secret. Par ailleurs, elles peuvent apaiser et soulager les émotions, les pensées et même les peines et douleurs.
La quatrième et dernière sorte de plumes sont les filoplumes. Elles sont généralement concentrées à la base des plumes de contour. À dire vrai, elles ressemblent souvent au duvet et les spécialistes ne sont pas certains de leur fonction exacte. Ce mystère révèle la signification qu’elles ont pour nous. Apprendre à méditer avec ces plumes et à s’aligner sur les énergies archétypales qui les sous-tendent va vous aider à découvrir votre propre but dans la vie. En somme, elles peuvent être utilisées pour se connecter à ces énergies afin d’identifier et d’explorer les mystères de votre existence.
Ces quatre sortes de plumes servent donc ces trois objectifs primordiaux :
elles fournissent une grande surface portante sans quasiment peser sur quoi que ce soit ;
elles peuvent être gonflées par l’oiseau afin de capturer l’air et de l’isoler contre le froid ;
elles constituent un manteau protecteur.
Les oiseaux peuvent s’élever de deux manières :
en réduisant la pression d’air au-dessus des ailes, l’oiseau est tiré vers le haut ;
en accroissant la pression sous les ailes, il est poussé vers le haut.
Pousser et tirer participent autant de l’aérodynamique que du vol pour les oiseaux. Le mouvement est nécessaire. Soit l’oiseau se meut dans l’air avec ses battements, soit c’est l’air se meut autour de l’oiseau.
[...]
Quand vous entrez en possession d’une plume, celle-ci peut vous aider à vous élever vers un secteur particulier de votre vie. Vous pouvez vous en servir pour vous isoler et vous protéger contre les éléments que vous rencontrez dans votre existence. Le type de plume et l’oiseau auquel elle appartenait peuvent vous permettre de déterminer les éléments spécifiques de votre vie vers lesquels elle va vous aider à vous élever ou contre lesquels elle va vous protéger. Par exemple, une colombe est un oiseau fréquemment associé à la paix. Pour les Indiens hopis, elle devait les guider vers des sources d’eau. Une plume de colombe peut donc servir à protéger votre sens de la paix et à trouver ce qui étanchera votre plus grande soif à l’instant où vous tomberez dessus.
Les plumes sont, naturellement, nécessaires pour voler, mais chaque sorte de vol requiert une configuration d’ailes spécifique. La structure osseuse de l’aile d’un oiseau est similaire à la structure du bras d’un humain, à l’exception de la partie « main ». Chez l’oiseau, ce qui correspondrait aux doigts de l’homme est soudé et plus long. Cela confère plus de force aux ailes de l’oiseau, mais cela traduit aussi l’idée selon laquelle les oiseaux seraient de lointains parents de l’être humain.
Les différents oiseaux ont différents styles de vol et, de ce fait, chaque oiseau a une forme spécifique. Il y a cinquante ans, les scientifiques ne comprenaient pas comment une abeille pouvait voler. D’un point de vue aérodynamique, ses ailes étaient trop petites pour la taille de son corps. Ils savent maintenant que les abeilles bougent leurs ailes plus rapidement, ce qui leur permet de s’élever et de voler. Le pingouin quant à lui ne peut pas voler mais, dans l’eau, il utilise ses petites ailes comme des nageoires ou des palmes. Il donne quasiment l’impression de « voler » dans l’eau, comme les autres oiseaux le font dans l’air. L’autruche utilise ses ailes comme gouvernail pour se diriger quand elle court à une vitesse de 70 km/h environ. Tout cela doit nous rappeler constamment qu’indépendamment de l’apparence, nous n’avons pas seulement la capacité de voler vers de nouvelles hauteurs, mais que nous avons tous besoin de le faire de la manière qui fonctionne le mieux pour nous.
[Voir Aile]
Dans le prochain chapitre, vous allez apprendre des techniques simples mais puissantes pour utiliser les plumes en tant que fétiches sacrés. Elles vous aideront à ouvrir votre intuition et à accéder aux forces archétypales qui se trouvent derrière l’oiseau et ses plumes. Cela vous permettra aussi d’atteindre de nouvelles hauteurs créatrices dans tous les domaines que vous voudrez.
CONFIRMER LA FORCE DES PLUMES
Avant que les exercices du prochain chapitre puissent fonctionner pour vous, vous devez prendre conscience sans équivoque que les plumes sont des liens, non seulement avec les oiseaux, mais aussi avec toutes les forces et énergies de l’air. De très nombreuses traditions ont évoqué les multiples expressions de la Nature. Elles ont souvent décrit des secteurs entiers de la vie associés aux entités qui sont généralement invisibles à l’œil humain. Ces entités, nous les connaissons communément sous la forme du « petit peuple », les créatures du monde des fées – les fées elles-mêmes, mais aussi les elfes, les dévas et les esprits divers qui œuvrent avec les humains et autour d’eux par l’intermédiaire d’éléments spécifiques.
[Sylphide]
MAGIE DES PLUMES
Toute plume est un fétiche. Elle peut devenir un objet sacré. Les fétiches et d’objets sacrés ont été utilisés par de très nombreux peuples de toutes les parties du monde. Et cet usage se rencontre dans toutes les religions, du rosaire et du crucifix des catholiques aux éventails à plumes des Amérindiens. Les Tibétains se servaient de bracelets et les Égyptiens arboraient des scarabées.
Le mot « fétiche » lui-même vient du portugais feitico qui signifiait « charme ». Ce terme désignait les reliques, rosaires et autres images dont on pensait qu’ils possédaient des vertus magiques. Les explorateurs portugais l’appliquèrent aux objets vénérés par les populations indigènes d’Afrique occidentale. Ce concept a endossé de nombreuses expressions ou utilisations tout au long de l’histoire – en servant notamment à la vénération d’espaces sacrés, d’arbres, de reliques ou d’autres choses du même ordre. L’idée essentielle sous-tendant le fétichisme est que des pouvoirs spirituels résident dans les objets matériels.
Un fétiche est un objet dont on croyait souvent qu’il avait des pouvoirs mystiques et/ou magiques. En réalité, c’est simplement un rappel de l’énergie avec laquelle vous vous ajustez. Ce peut être une gravure, une sculpture, une figurine, un élément animal (os, peau, plume, corne…), une pierre ou une simple image. Cela peut même être une inscription sur un morceau de papier. Les cristaux, les scarabées, les coquilles, la fourrure, les plumes, les figurines d’argile, entre autres, font partie des formes les plus communes.
Les fétiches et les objets sacrés servent fréquemment de talismans ou d’amulettes. Pour la fraternité hermétique de l’Aube dorée (Golden Dawn), un talisman est « une figure magique chargée de la Force qu’elle est censée représenter ». Mais en général, il y a une différence entre un talisman et une amulette. Un talisman peut être vu comme tout objet créé pour servir à une fin spécifique – généralement, apporter la chance ou le bonheur dans un domaine quelconque de la vie, ou aider à atteindre un but. Il a un effet suggestif sur l’esprit. Quant à une amulette, ce n’est pas très différent, si ce n’est qu’elle est habituellement portée dans un objectif de protection ou de santé. Les deux sont normalement consacrés ou « chargés » au cours d’un acte rituel ou méditatif qui peut s’accomplir de manière très simple : par exemple, en se concentrant sur l’objectif alors que l’on « crée » l’objet
Les plumes, les fétiches et autres objets sacrés sont fréquemment utilisés comme outils. On peut s’en servir pour faciliter la connexion avec les énergies les plus éthériques de la vie. Ils peuvent être des liens avec les archétypes du monde naturel ou des antennes permettant d’entrer en contact avec le monde des esprits. Et ils peuvent aussi être une expression concrète de vénération et de prière, ou un outil de protection et de guérison."
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Diana Cooper, auteure du Guide des archanges dans le monde animal (édition originale 2007 ; traduction française : Éditions Contre-dires, 2018) précise quel lien existe entre les oiseaux et le monde angélique :
"Les plumes : Les anges utilisent les plumes de différentes oiseaux pour rassurer les gens ou leur faire savoir qu'ils sont près d'eux. En général, ils soufflent ces plumes au bon endroit, souvent quelque part où elles ne devraient pas être. Parfois, les anges feront apparaître une plume, mais cela prend de l'énergie qui peut souvent être mieux utilisée pour faire autre chose. Si vous trouvez une plume rare, comme une plume de paon ou d'aigle, demandez-vous quel message l'oiseau vient vous apporter.
Les plumes peuvent être de différentes couleurs et elles ont toutes une signification. Vous ne trouvez jamais une plume par hasard.
Le blanc est un message des anges pour vous dire qu'ils sont avec vous.
Le noir suggère qu'il est temps d'écouter votre sagesse intérieure. Cela peut aussi vous guider à faire attention à ce que vous faites ou à ce que vous dites.
Le noir et le blanc sont les couleurs du yin-yang, qui vous rappellent d'équilibrer votre énergie masculine et féminine ou d'équilibrer votre vie. Travaillez-vous trop ? Suivez-vous un régime trop strict ? Êtes-vous trop gentil ?
Le gris suggère qu'il serait utile d'enraciner votre énergie pour capter la lumière angélique.
Le bleu dit que les anges vous apportent la guérison. Si c'est un bleu clair, ils peuvent vous guider pour communiquer avec tact et intégrité.
Une plume rouge vif vient à vous quand vous avez besoin de réaliser quelque chose avec plus d'enthousiasme et d'énergie. Les anges vous aideront à le faire.
Une plume orange vous rappelle d'ouvrir votre coeur et d'être chaleureux et accueillant.
Une plume rose vous demande de donner et recevoir de l'amour.
Une plume jaune suggère que vous devriez penser les choses avec une certaine logique.
[...]
Les particularités du plumage : Comme pour tous les animaux, les couleurs ou les marques sur le plumage des oiseaux ont toutes leur raison d'être.
Le merle d'Amérique a une poitrine orange parce que c'est la couleur de la chaleur et de l'accueil. Il ne vient pas simplement se poser près de vous pendant que vous creusez pour chercher des vers. Il vous rappelle également de tendre la main aux autres, d'être amical et compatissant.
Comme les animaux blancs, les oiseaux blancs portent la pureté dans leur essence et sont très évolués."
Anne Jankéliowitch et Roland Garrigue, dans Toutes les idées géniales qu'on a piquées à la nature (Éditions Delachaux et Niestlé, 2013) nous amusent :
"La fermeture éclair : façon barbules d'oiseaux
La fermeture à glissière, ou fermeture Éclair, est un ingénieux système inventé par les hommes pour attacher entre elles deux pièces de tissu. Mais les oiseaux nous ont tout de même précédés avec un procédé d'accrochage étonnamment ressemblant. Chaque plume présente, de part et d'autre de son axe central (le rachis), des barbes et des barbules qui s'agrafent entre elles grâce à de petits crochets. A l'aide de son bec, l'oiseau lise son plumage en ressoudant les barbes de ses plumes ébouriffées. Aussi efficace qu'une fermeture à glissière, en mieux : les plumes, elles, ne se coincent jamais !"
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Un dicton bambara (lu dans Sagesses d'Afrique de Sophie Ékoué (Hachette, 2016) propose cette réflexion :
"La parole est considérée comme une plume d'oiseau, dès que tu la lâches, tu ne peux la rattraper."
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