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XIX. Le Soleil / Grannos




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Selon Pierre-Yves Lambert, auteur d'un article intitulé "Le statut du théonyme gaulois." (In : Andreas HOFENEDER & Patrizia DE BERNARDO STEMPEL (Hgg.), Théonymie celtique, cultes, interpretatio / Keltische Theonymie, Kulte, interpretatio. Akten des X. Workshop F.E.R.C.AN., Paris 24.–26. Mai 2010) :


Noms multiples, pour les hommes et pour les dieux : C’est le nombre important des épithètes divines gauloises qui pose la question du statut du théonyme : certaines appellations ont le statut de théonyme, d’autres ne sont que des épithètes, des sobriquets. On a certes déjà réussi à isoler des variantes locales : par ex. Belenos/Grannos sont invoqués dans deux zones géographiques distinctes. Mais il n’y a pas que cela. Nous avons jusqu'ici cherché à isoler les épithètes et les noms de dieux proprement dits. Il faut aussi reconnaître à un certain moment que les dieux gaulois on pu avoir deux noms, ou même davantage. Après tout, c’est aussi ce qui se passe chez les hommes. La femme mariée prend le nom de son mari, le fils adoptif prend le nom de son nouveau père.

Rappelons que l’on peut recevoir plusieurs noms : dans l’Irlande ancienne, on recevait un nouveau nom au moment du passage à l'âge adulte. [...]


Mes hypothèses de travail seront les suivantes :

a. Un dieu gallo-romain nommé Apollo Anextlomaros "Apollon à la grande protection" a grande chance de représenter un ancien dieu gaulois nommé *Belenos Anextlo-maros ; il y a substitution de théonyme, et conservation de la seule épithète. [...]

b. Cependant, la coexistence des APOLLO GRANNOS et APOLLO BELENOS, par exemple, doit nous conduire à admettre que les dieux gaulois avaient, dans certains cas, plusieurs noms équivalents, entre lesquels il ne nous est pas possible de discerner une différence de statut, bien que cela soit possible en théorie. [...]

— Dans cette liste, BELENOS est bien plus fréquent que GRANNOS, ce qui m'a d'abord conduit à supposer que Belenus est le nom et Grannus une épithète. Mais il suffit de l'exemple d'un seul emploi de Grannus seul (Decamnoctiacis Granni, à Limoges). D'ailleurs la conservation de Grannus dans la toponymie (Grand), exactement au même titre que Belenus (Beaune), suggère que GRANNOS pouvait être employé de façon indépendante. La carte de répartition des deux noms BELENOS et GRANNOS confirme la complémentarité des deux théonymes : ils peuvent désigner le même dieu puisqu’ils se partagent l’espace. (1) Dernier argument en faveur de GRANNOS théonyme : en cas d’appellations vernaculaires multiples, il apparaît au premier rang, ainsi deo Apollini Granno Amarcolitan[o] (CIL XIII 2600, Branges, Saône-et-Loire) ; ou Apollini Granno Mogouno (CIL XIII 5315, Horbourg), ce qui permet de supposer que GRANNOS est un théonyme, et qu’il admet deux épithètes, Amarco-litanos "Au large regard" (parallèle à l'épithète grecque εὐρωπός), et Mogounos, ‘le puissant’.


Note : 1) 8. BELENOS : Norique, Italie du Nord, Sud de la France ; GRANNOS : Rhénanie, Alsace, Vosges, Grande-Bretagne, et bassin du Danube.

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Pour l'assimilation de Belenos et Grannos au Soleil, voir par exemple le tableau proposé par Michel Mathieu-Nicolas, dans la version initiale du Dictionnaire des noms de divinités, proposé en mars 2016 sous forme de pdf :


Noms : Variantes Genre : ​Domaine : Sous-domaine :Nature et fonctions :

et renvois :


Apollon Apollo n. m. Celtes ; Gaule ​Forme celtique du dieu romain ; comme

Romains pour d'autres divinités (Mars, Mercure...),

son nom est doté d'épithètes qui

correspondent souvent à des dieux

celtes romanisés (syncrétisme) ; il

apparaît généralement comme un dieu

guérisseur ; associé à la déesse gauloise

Sirona.


Apollon- Apollo Belenus n. m. Celtes ; Gaule Assimilation du dieu solaire gaulois

Belenus => Belenos Romains Belenos à Apollon.


Apollon- Apollon Granus n. m. Celtes ; Gaule Assimilation du dieu gaulois Grannos

Grannus Apollo Grannus Romains ("le Rayonnant") ; dieu guérisseur ; a

Apollo Granus pour parèdre Sirona.

=> Grannos


Bel => Belenos, n. m. Celtes Dieu apparenté au gaulois Belenos, au

=> Beli, Bile gallois Beli et à l'irlandais Bile ; honoré

sous ce nom en Irlande ?


Belenos Bélénos ; Belennos n. m. Celtes Gaule Dieu solaire guérisseur, identifié avec

Belenus ; Bélénus Apollon ; [de bel, "brillant"]

Belinus ; Bélinus cf Belisama.

Belen

=> Bel, Bile, Beli

Beli Béli n. m. Celtes Pays de Galles Dieu de la lumière et/ou de la mort

=> Bel, Bile, Beli (selon les sources) ; époux de la déesse

Don et père d'Amaethon, Govannon,

Gwydion, Arianrhod et Penardun, ainsi

que de Llud (Nudd) ; équivalent gallois

de l'irlandais Bile ; cf. l'ancien dieu

gaulois Belenos.


Bile Bilé n. m. Celtes Irlande Dieu de la mort, parfois considéré com-

=> Bel, Beli me l'époux de Dana ; équivalent irlan-

=> Belenos dais du gallois Beli ; cf Belenos.


Grannos Grannus n. m. Celtes Gaule Dieu guérisseur, assimilé à Apollon

Granus ('le Rayonnant").

=> Apollon Grannus

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Symbolisme :


Antoine Court de Gébelin, auteur Du Jeu des Tarots (Extrait du Monde Primitif, Tome I, Huitième édition, 1787) nous donne sa vision de la carte :


N° XIX. — LE SOLEIL

Nous avons réuni sous cette planche tous les tableaux relatifs à la lumière : ainsi après la lanterne sourde de l’Hermite, nous allons passer en revue le Soleil, la Lune et le brillant Sirius ou la Canicule étincelante, tous figurants dans ce jeu, avec divers emblèmes.

Le SOLEIL est représenté ici comme le Père physique des Humains et de la Nature entière : il éclaire les hommes en Société, il préside à leurs Villes : de ses rayons distillent des larmes d’or et de perles : alors on désignait les heureuses influences de cet astre.

Ce Jeu des Tarots est ici parfaitement conforme à la doctrine des Égyptiens, comme nous l’allons voir plus en détail à l’article suivant.

[...]

L’As de denier, le Borgne, ou Apollon.

Ce nom de BORGNE, donné à Apollon ou au Soleil comme n’ayant qu’un œil, est une épithète prise dans la Nature et qui nous fournira une preuve à ajouter à plusieurs autres, que le fameux personnage de l’Edda qui a perdu un de ses yeux à une célèbre fontaine allégorique, n’est autre que le Soleil, le Borgne ou

l’Œil unique par excellence.

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Voici la présentation du Tarot du Sepher de Moïse qui met en avant les lames du Livre de Thot :


Lame du nombre 19 - lettre Koph - le Soleil


Le Nombre Dix-Neuf, le Soleil dans le livre de Thoth, est aussi la planète Habel/Saturne. Et pour comprendre ce qui apparaît comme un paradoxe d’attribuer Saturne à la lame du Soleil, il convient de se rapporter au chapitre IV, des Tables de la Loi qui nous indique clairement qu’Habel est bel et bien le frère jumeau de Kaîn/Soleil le Nombre Quatre, et la lame Quatre, l’Empereur dans le livre de Thoth. Comme il est expliqué dans ce chapitre, Kaîn/Soleil n’a pas tué Habel/Saturne, et comment pourrait-on tuer ce qui par essence est immortel..., mais il l’a sorti de la sphère organique temporelle en passant de l’homogène à l’hétérogène, faisant devenir Habel le gardien des cycles du temps Chronos/Saturne ; Kaîn /Soleil devient le centre du cercle des manifestations hétérogènes et matérielles, pendant qu’Habel/Saturne devient le centre des manifestations homogènes et spirituelles. Cette séparation est à l’origine de la création hétérogène des substances adamiques qui depuis prolifèrent. Ce Nombre Dix-Neuf est le premier de notre septième et dernier ternaire concernant les Arcanes majeurs (19-20-21), cette première position en fait un Nombre de la Providence, ce que confirme une nouvelle fois sa réduction théosophique (1+9 = 10). L’addition théosophique des Dix-Neuf premiers Nombres nous donne 190, et sa réduction théosophique 10, une déclinaison du Un la Providence.

La Pierre Philosophale consiste à avoir découvert l’absolu, et dans l’Art de la science hermétique, pour parvenir à cette Pierre Philosophale il faut pratiquer l’analogie des contraires, cette voie du juste milieu qui est un retour à l’homogène, comme lorsque Kaîn et Habel était unis en tant que frère jumeaux. Ici encore nous devons nous reporter à cette loi d’Hermès énoncée dans les Tables d’Emeraude :


Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ; pour faire les miracles d’une seule chose.


Le Soleil de l’intelligence et de l’illumination brillera pour ceux qui auront su, par la science hermétique, faire l’analogie des contraires pour réunir en Conscience ce qui est en bas d’avec ce qui est en haut pour lui redonner sa cohérence et son harmonie originelle. Ce retour à l’homogène est nécessairement l’union de la Foi et de la Raison, de l’inconscience et de la Conscience, de la volonté et de la Providence. Si Kaîn est le Soleil qui a son apogée à Midi, Habel/Saturne est ce soleil qui a son apogée à Minuit. Dans les Métamorphoses d’Apulée, ce dernier résume sa grande veillée au temple d’Isis de la façon suivante :


J’approchai des limites du trépas ; je foulai du pied le seuil de Proserpine, et j’en revins en passant par tous les éléments ; au milieu de la nuit je vis le soleil briller de son éblouissant éclat ; je m’approchai des dieux infernaux et des dieux célestes ; je les contemplai face à face ; je les adorai de près.


Pour comprendre l’étendue des puissances de ce Nombre Dix-Neuf, la relecture chapitre IV, de Kaîn/Soleil et Habel/Saturne est incontournable. Les lames du livre de Thoth constituent la Cabbale Mère Universelle des Tables de la Loi du Sépher de Moïse, chaque arcane devient vivant lorsqu’il est correctement et spirituellement relié à sa source qui l’illumine des mille feux de sa Révélation.

Dans la représentation hiéroglyphique de ce Nombre Dix-Neuf, dans la lame du livre de Thoth, nous voyons Le Soleil à son zénith au-dessus de deux enfants, l’un mâle et l’autre femelle et qui se réunissent par les bras, symbolisant ce mariage alchimique des contraires, et la réunion d’Adam et Ève, de l’époux et l’épouse du Cantique des cantiques de Salomon, ce retour à l’androgyne qui est l’état homogène de la Conscience. À leurs pieds un parterre fleuri en forme de cercle, indique la sortie possible du cycle des réincarnations par ce retour à l’homogène (l’Universel). La maîtrise des Dix-Huit premiers Nombres, et leur synthèse par l’analogie des contraires fait de ce Nombre Dix-Neuf, celui de la Sagesse, l’intelligence en action par la maîtrise des Puissances et des Vertus.

La sentence du Tao-Tô-King pour illustrer ce Nombre Dix-neuf est la suivant :


Si une haute fonction m’était confiée, voici ce que je voudrais enseigner: Suivez la voie, et craignez de vous en écarter. La grande voie est toute simple ; Mais la multitude préfère divaguer sur des chemins de traverses. Sur des raccourcis qui sont des impasses. Un palais superbe se dresse devant vous, mais son apparence est illusoire. Regarde : Alentour les champs sont en friche. Ce n’est qu’herbe folle. Et les greniers sont vides. Se vêtir d’habits somptueux, se ceindre d’épées étincelantes, festoyer alors qu’on n’a plus faim, ne plus savoir où serrer ses richesses, c’est glorifier le vol et le mensonge. Ceci est bien loin du Tao.


Le Nombre Dix-Neuf a pour lettre hébraïque Koph, nom divin Kodesch (saint).

Vocabulaire radical de La langue hébraïque restituée :


Ce caractère appartient, en qualité de consonne, à la touche gutturale. Comme image symbolique, il représente une arme tranchante, tout ce qui sert d’instrument à l’homme, le défend, fait effort pour lui. On a déjà remarqué avant moi, que presque tous les mots qui tiennent à cette consonne, dans la plupart des idiomes, désignent la force et la contrainte. C’est, dans la langue hébraïque, le signe compressif et tranchant ; celui de la force agglomérante ou réprimante. C’est le caractère Caph entièrement matérialisé ; car voici la progression des signes: Hé, principe vocal, signe de la vie absolue : Heth, principe aspiratif, signe de l’existence élémentaire : Guimel, principe guttural, signe organique : Caph, même principe, plus renforcé, signe de l’existence assimilée, tenant aux formes seules: Koph, même principe très renforcé, signe de l’existence matérielle mécanique, donnant le moyen des formes. Son nombre arithmétique est 100.

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Marie-Claire a la gentillesse de partager avec nous son travail de condensation par extraits choisis des Méditations sur les 22 Arcanes Majeures du Tarot d'un auteur qui a préféré garder l'anonymat (Éditions Aubier, 1980, 1984) :


Arcane XVIIII : Le Soleil


« Je suis l’alpha et l’oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin. » (Apocalypse, 22, 13). Le dix-neuvième Arcane « Le Soleil » est celui de l’union réalisée de l’intelligence et de la sagesse spontanée, l’Arcane de l’intuition. Il représente deux enfants sous le Soleil dont l’un pose sa main droite sur le cou de l’autre tandis que l’autre pose sa main gauche sur le cœur du premier. Ces deux enfants représentent l’intelligence douée de confiance enfantine spontanée qui se sert du langage du cœur et qui tend à attirer l’attention de la tête càd de l’intelligence sur ce qu’elle a à dire. C’est l’image de deux enfants unis par les liens d’une confiance réciproque, dont l’un indique et l’autre comprend. Ce rapport présuppose une pureté d’intention qui ne se trouve que chez l’enfant, il postule une confiance absolue, sans l’ombre d’un doute ou d’un soupçon.

« Que ce qui est en bas soit comme ce qui est en haut et que ce qui est en haut soit comme ce qui est en bas pour faire les miracles d’une même chose ». (Table d’Emeraude d’Hermès). C’est le principe d’analogie mis en pratique à partir du principe de coopération. Nous pouvons aussi bien prendre le principe de la coopération que celui de la lutte comme principe directeur de l’évolution naturelle. En effet, les cellules des muscles, du système nerveux, des glandes, du sang ne coopérent-elles pas plutôt qu’elles ne luttent ? L’air, la lumière, les plantes coopèrent dans la photosynthèse où a lieu le miracle de la transformation de la matière...

Un des plus hauts aspects du principe de coopération est celui de la coopération entre la sagesse spontanée et l’intelligence dans l’intuition. Il s’agit de l’état de conscience dans lequel l’intelligence avance de la connaissance formelle à la connaissance matérielle càd de la connaissance des choses elles-mêmes. En d’autres termes, il faut d’abord rentrer en contact de sympathie d’essence à essence ; en deuxième lieu, il ne faut pas glisser à d’autres contacts du même ordre mais s’y arrêter afin d’aboutir à une intensité et une clarté suffisantes pour se dire qu’un acte de connaissance matérielle a bien eu lieu.

La rencontre peut prendre soit le caractère de « conversation par forces », soit celui de « conversation par parole ». La révélation aux bergers de Bethléem peut être considérée comme prototype de la rencontre de caractère « conversation par parole » et l’expérience des mages d’Orient qui avaient vu l’étoile du roi des Juifs mais qui devaient s’enquérir à Jérusalem : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? » est l’exemple de la rencontre de caractère « conversation par forces ». L’Etoile ne parle pas, elle meut ; sa révélation laisse entier le travail de la recherche dans le domaine de l’intelligence et des faits.

Or la rencontre de caractère « conversation par forces » ressemble toujours à l’expérience de l’Etoile des mages d’Orient et celle de caractère « conversation par parole » à l’expérience des bergers de Bethléem. La rencontre de caractère « conversation par parole » meut et enseigne ; elle porte aussi sur le domaine de l’intelligence et des faits mais elle guide. Quoiqu’il en soit, l’intuition, comprise comme alliance de la sagesse et de l’intelligence actives présuppose la coopération entre les deux principes et tombe dans la révélation de caractère « conversation par forces ».

La Crèche... le point où les mages et les bergers se rencontrent, ce point dont C. G. Jung dit : «... que tous les chemins que j’avais pris... ramènent à un seul point, à savoir au centre » et qu’il « me devenait de plus en plus clair que le Mandala est le centre... Il est le chemin vers le centre, vers l’individuation ». La Crèche, le centre, l’individuation de la Psyché ou le mystère de l’Incarnation du Verbe adoré par les mages et les bergers n’est-elle pas le centre du mouvement de convergence, dans le temps et l’espace, de tous les efforts et de toutes les aspirations de ceux qui s’efforcèrent, au cours des siècles, de transformer le vil en précieux, d’écouter et d’entendre le message des étoiles, d’élever leurs problèmes aux Anges, Archanges, Chérubins et Séraphins, afin de les consulter, de ne rien oublier et de garder le souvenir de tous les autels et les calices du passé ?.

Aussi n’est-ce pas sans raison que la Crèche est vénérée chaque année et qu’une lumière singulière luit à chaque Noël qui est le moment où le Christ devient de nouveau Enfant et où l’histoire de l’humanité devient la crèche. Alors ce qu’il y a en nous de la nature des bergers et des mages réagit comme autrefois ; ce qu’il y a en nous des mages d’Orient s’éprend de l’Etoile et se met en route avec le peu d’Encens, de Myrrhe et d’Or recueillis dans l’année qui s’achève et ce qu’il y a des bergers de Bethléem en nous s’agenouille devant l’Enfant dont la réalité et la présence lui sont révélées d’en haut. De même que l’homme évoque ou actualise le passé en se souvenant, de même Dieu actualise ce qui est devenu latent et évoque à la conscience ce qui vit dans l’inconscient par un acte magique analogue à celui de la mémoire humaine ; la « résurrection des morts » est donc le moment où Dieu se souvient de la plénitude de la durée passée.

La résurrection complète càd celle des corps est précédée des résurrections - ou rétablissements de la durée sur terre - spirituelles et psychiques. Elles constituent les triomphes de la mémoire sur l’oubli c'est-à-dire elles font vivre le passé dans le présent : « Ceci est mon corps livré pour vous, faites ceci en mémoire de moi ! ». On y fait des choses en mémoire de Lui, de sa Mère, des Apôtres, des Saints et des Martyrs qui vivent et agissent dans le présent. L’année liturgique nous dit : « N’oubliez pas, souvenez-vous car c’est par la Mémoire que s’accomplit la Résurrection ! ». Noël est la fête de la résurrection de l’Enfant mais elle est, en même temps, la fête de la résurrection des bergers et des mages càd le temps de l’évocation magique des forces spirituelles et psychiques.

Ceux qui suivent l’Etoile doivent intégrer la leçon : ne pas consulter Hérode ni les prêtres et les scribes à Jérusalem mais suivre l’Etoile qu’ils avaient vue en Orient et qui marchera devant eux. Noël est aussi le temps des massacres des enfants de Bethléem, le temps où l’intelligence autonome est poussée à tuer c'est-à-dire à étrangler et à repousser dans l’inconscient, toutes les tendres fleurs de la spiritualité qui menacent l’autonomie absolue que s’arroge l’intelligence. Que ceux qui suivent l’Etoile ne cherchent pas de confirmation, d’approbation ou de sanction scientifique, qu’ils n’attendent pas de la science qu’elle les dirige ! Qu’ils suivent l’Etoile au-dessus d’eux et rien d’autre !

Quant au dix-huitième Arcane, nous le retrouvons chez Jung, dans la coopération active de son intelligence et de son être transcendant révélateur, cette coopération est non seulement le fruit mûri au terme d’une longue vie mais encore la thèse principale de sa méthode de travail dans le domaine de la psychologie des profondeurs. Quiconque pense et ne croit pas n’aura jamais la certitude des choses transcendantes que l’intuition seule peut donner ; la certitude essentielle et la certitude consistantielle. La première est d’ordre moral, sa force de conviction réside dans le Beau et le Bien ; la deuxième est d’ordre cognitif, sa force de conviction provient de la consistance dans la vision du rapport des choses.

Il y a la foi fondée sur l’autorité extrinsèque d’une personne, d’une institution, d’un livre et il y a la foi fondée sur l’autorité intrinsèque, l’expérience intérieure et intime du souffle divin. Il existe encore une troisième espèce de foi - peut-être la plus héroïque - la foi intermédiaire entre la foi fondée sur l’autorité extrinsèque et celle fondée sur l’autorité intrinsèque : la foi postulative où l’on croit sans aucun appui. C’est la foi de « la voix de celui qui crie dans le désert », la voix même de l’âme qui crie dans la solitude la plus complète. C’est la réalité de la soif et de la faim seule qui rend témoignage de l’existence de l’eau et du pain.

« Elohim fit deux grandes lumières... Primitivement, les deux lumières intimement unies, répandaient une égale clarté... Les deux lumières portaient des noms absolument identiques : Maçpaç et Maçpaç. De même les deux lumières luisaient, primitivement, simultanément et occupaient un rang égal. Mais... la Lune s’humilia en diminuant sa lumière et renonça à occuper son rang supérieur, ici-bas, bien que sa lumière réelle soit supérieure à celle qu’elle répand car la femme ne peut jamais briller si ce n’est dans l’union avec le mari... » (Zohar, Bereshith, 20). La Lune, en tant que luminaire nocturne ici-bas, reflète le Soleil mais, en tant que luminaire nocturne en-haut, luit de sa propre lumière et c’est le Soleil qui la reflète. C’est bien la Lune spirituelle - ou Isis-Sophia - qu’Apulée « vit briller au milieu de la nuit de son éblouissant éclat ».

L’intelligence reflète ici-bas soit la sagesse soit le monde terrestre connu par expérience extérieure quand elle est éclipsée (Arcane La Lune). L’intelligence, attirée par la sagesse, ne s’unit pas à celle-ci sur le plan de la réflexion, mais s’élève au plan créateur où elle regagne sa partie supérieure « non déchue ». Il y a une autre intelligence en-haut, une intelligence transcendante, dont la lumière est supérieure à celle qu’elle répand ici-bas. Cette intelligence, ce Soleil de Minuit qui est la conjonction du Soleil et de la Lune spirituels ou, en d’autres termes, l’union intime de l’intelligence et de la sagesse, est l’Etoile de l’Hermétisme et le Soleil de ce dix-neuvième Arcane. Il est le principe de l’intuition « l’intime union des deux lumières » ou de l’union intime de l’intelligence « la Lune » et de la sagesse « le Soleil ».

« Un grand signe parut dans le ciel ; une femme enveloppée du Soleil, la Lune sous ses pieds et une couronne de douze étoiles sur sa tête ». (Apocalypse de Saint Jean, XII, 1). L’intelligence unie à la sagesse dans l’intuition, ne signifie pas la réintégration totale de la conscience, tant qu’elle n’est pas couronnée d’un troisième élément, qui correspond aux étoiles. Le « grand signe » dont parle l’Apocalypse signale, outre le Soleil et la Lune, une couronne de douze étoiles sur la tête de la femme. La seule union du Soleil et de la Lune dans le microcosme spirituel humain, ne signifie pas encore l’expérience du macrocosme spirituel. Il ne suffit pas de s’élever au Soi transcendant - soit l’expérience de l’œil intérieur - encore faut-il que ce Soi transcendant perçoive et devienne conscient d’autres « Soi transcendants » dont plusieurs sont supérieurs à lui.

Le Soi transcendant de l’homme, tout éternel et immuable qu’il soit, n’est pas le sommet ultime du monde en évolution. Il n’est pas Dieu, il en est l’image et la ressemblance selon la loi de l’analogie mais il n’est pas identique à Dieu. Les degrés sur l’échelle de l’analogie qui le séparent du sommet sont ses étoiles ou ses idéaux à atteindre. L’Apocalypse en précise le nombre ; il ya douze degrés supérieurs à celui de la conscience du Soi transcendant humain. Il lui faut donc, pour atteindre le Dieu Un, s’élever successivement aux degrés de conscience des neuf hiérarchies spirituelles et de la Sainte Trinité.

C’est la femme, dans la vision apocalyptique, qui unit les trois luminaires ; le Soleil, la Lune et les Etoiles, les luminaires du jour, de la nuit et de l’éternité et c’est Elle la « Vierge de Lumière », la Sagesse, la Mère, la Vierge, la Reine Celeste Marie... qui est l’Ame de la lumière des trois luminaires et qui est aussi bien la source que le but de l’Hermétisme. L’Hermétisme est, somme toute, l’aspiration à la participation aussi bien à la connaissance du Père, du Fils et du Saint-Esprit qu’à la Mère, la Fille et la Sainte-Ame. De même que nul ne vient au Père que par Jésus-Christ (Jean, XIV, 6), de même nul ne comprend la Sainte Trinité que par les yeux et la lumière de Marie-Sophia. De même que la Sainte Trinité ne se manifeste que par Jésus-Christ, de même la compréhension de cette manifestation n’est possible que par l’appréhension intuitive de ce que comprend la Vierge Marie de Jésus-Christ.

De même que la Sagesse était présente à la Création « Lorsqu’il disposa les cieux, j’étais là, lorsqu’il traça un cercle à la surface de l’abîme... j’étais à l’œuvre auprès de lui » (Proverbes, VIII, 27-31), de même Marie-Sophia était présente à la Rédemption « à l’œuvre auprès de lui », de même a-t-elle « bâti sa maison dont elle a taillé les sept colonnes » c'est-à-dire qu’elle est devenue Notre-Dame des sept douleurs. De même que le Verbe de la Sainte Trinité a été fait chair en Jésus-Christ, de même la lumière de la Sainte Trinité a été faite chair en Marie-Sophia. Les paroles de Marie : « Qu’il me soit fait selon ta parole ! » sont la clef du mystère du rapport entre l’acte pur et la réaction pure, entre le Verbe et la Compréhension, entre le Père, le Fils et le Saint-Esprit d’un côté et la Mère, la Fille et la Sainte-Ame de l’autre côté. Elles sont la clef véritable du sceau de Salomon ou hexagramme.

Le sceau de Salomon n’est pas le symbole du bien et du mal mais celui du triple Acte pur et de la triple Réaction pure signifiant ce qui agit spontanément et créativement et ce qui réagit réflectivement : le oui conscient ou Lumière de Feu du « Qu’il me soit fait selon ta parole ! ». Ces deux triangles de la Sainte Trinité Lumineuse se révèlent dans l’œuvre de Rédemption accomplie par Jésus-Christ et conçue par Marie-Sophia. Jésus-Christ en est l’agent, Marie-Sophia en est la réaction lumineuse ; ils révèlent la Sainte Trinité Lumineuse dans l’œuvre de Création accomplie par le Verbe créateur et animée par le «oui» de la Sagesse. Le Messie, le souffle du Dieu vivant, est le septième principe de l’hexagramme Père, Fils, St Esprit, Mère, Fille, Sainte Âme.

C’est au cœur qu’il appartient de dire la dernière parole décisive pour atteindre la certitude de l’intuition. Nous recevons pendant l’enfance deux précieux capitaux, le capital vital biologique qui est le trésor de notre santé et de notre énergie vitale et le capital moral qui est le trésor de la santé de l’âme et de son énergie vitale, sa capacité d’aimer, d’espérer et de croire. Le capital moral, c’est l’expérience de l’amour paternel reçu pendant l’enfance qui inclut l’expérience de l’amour maternel. Or l’amour enseigne avec une certitude qui exclut tout doute que le commandement divin : « Honores ton père et ta mère ! » est véritablement divin càd que sa portée comprend aussi bien la terre que le ciel.

Il s’agit de méditer le mystère de la Sainte Trinité Lumineuse dont le symbole est le sceau de Salomon ou encore le symbole de la Trinité (le triangle) développé en celui de la Trinité Lumineuse (l’hexagramme). C’est en même temps le sens divin le plus haut du nombre neuf qui vit également dans la pratique de la prière et du rituel de l’Eglise à l’exemple de la neuvaine dont la forme la plus usuelle consiste en un Pater et trois Ave répétés pendant neuf jours. On fait une neuvaine en faisant appel à l’amour paternel du Père et à l’amour maternel de la Mère simultanément pendant neuf jours à l’intention d’une personne ou d’une cause. La sagesse sur-humaine de l’Esprit-Saint y est manifeste !

« Le Soleil » est l’Arcane des enfants baignés dans la lumière du soleil. Il ne s’agit pas de choses occultes mais bien de voir les choses ordinaires et simples avec un regard d’enfant non troublé par le doute et par les scrupules qu’il engendre. Cet Arcane est celui de la naïveté révélatrice de la connaissance qui rend l’esprit capable de voir les choses telles qu’elles sont sous le jour éternellement nouveau du Soleil. L’objectif de l’Arcane de l’intuition « le Soleil» est de rendre l’impression numineuse pour révéler ce que les choses sont.

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Dans Le Tarot, mode d'emploi (Éditions Trajectoires, 2009), Alain Bocher explique a lame du Soleil de la manière suivante :


XVIIII — LE SOLEIL

Je te salue, Soleil !

Toi qui sèches les pleurs des moindres graminées,

Qui fais d’une fleur morte un vivant papillon !

(Edmond Rostand)

Qui dit Soleil, dit lumière et dit chaleur. Nous avons ici une lame qui ne laisse pas le doute planer. Nous y voyons deux enfants — de sexe indéterminé, vu que celui-là est caché par un pagne — aux trois quarts nus, posant leurs pieds dans l’eau pour le premier, sur une petite bande de terre pour le second. Nous sommes manifestement en pleine chaleur, de l’été, probablement, ou d’une période avoisinante sans aucun doute. C’est en tout cas la grande chaleur, preuve en est les gouttes d’évaporation que l’on peut voir. Ce sont les deux Jean principaux que l’Église catholique romaine a placés aux deux solstices.


Soleil guérisseur : On a l’impression que cette lame est celle de la guérison. À voir ces deux enfants, le doute n’est pas permis : la main gauche de l’un est placée sur le plexus solaire de l’autre et, plus précisément, sur le site appelé « les cinq pruniers ». La main droite de l’autre est placée sur le cou du premier. C’est la position exacte de la main qui veut réactiver les « portes de mutisme » et pour ce faire, l’énergie négative est rejetée par la main gauche. Ces « portes » sont deux points placés à la base du cervelet et à environ six centimètres l’un de l’autre. Ils servent à redonner du tonus en cas de chute de tension jusqu’à l’aphasie. Les « cinq pruniers » servent également à réactiver l’organisme, par exemple, à la suite d’une dépression nerveuse. Cette lame nous donne également la meilleure façon de pratiquer les soins. Je connais cette manière de faire pour l’avoir apprise en druidisme. Elle est valable pour tout traitement en magnétisation et en activation des points. Le sujet traité doit être les pieds dans de l’eau, tandis que le traitant doit au contraire s’isoler de l’eau d’une manière ou d’une autre. C’est de loin la meilleure méthode et c’est très efficace.


Que de larmes ! Six larmes bleues. Le Mercure est présent et indispensable à toute transformation, nous disent les alchimistes. Ici, nous utilisons le mercure des larmes bleues pour notre transformation intérieure. Pour nous aider à franchir la porte.

Cinq larmes rubis. Cinq larmes de sang pour nous faire comprendre que la création (5) se fait obligatoirement avec son sang. Quelle que soit la création !

Deux larmes d’or. Une pour chacun des enfants. Une pour vous, l’autre pour moi. Deux gouttes d’or pour nous donner la Lumière. Celle de Jean-Baptiste, celle de Jean de l’Apocalypse.

Treize larmes en tout pour nous permettre de renaître. Pour notre résurrection, résultat de notre transformation intérieure.

Les larmes s’évaporent. Elles convergent vers le Soleil pour se fondre dans l’unité de la Lumière. Car il faut absolument se fondre dans la Lumière, si l’on veut mériter la Renaissance. C’est ce pourquoi nous voyons ici Jean le Baptiste.


Voyez en rayon : À propos de rayons, nous avons 8 rayons d’or et flamboyants comme des épées d’apparat de Vénérable. Ce sont les rayons lumineux. Ce sont même les rayons de la Vraie Lumière. Ils montrent là que l’on connaissait déjà (du moins pour certains) la théorie de la mécanique ondulatoire de la lumière. On sait à présent que les rayons lumineux sont une vibration ondulatoire qui, lorsqu’ils sont réfléchis, deviennent des rayons droits (dans un plan) et, lorsqu’ils sont réfléchis deux fois, se transforment en rayons durs c’est-à-dire droits dans tous les plans. Ils sont polarisés.

C’est ce que nous enseignaient déjà en 1761 les lames de LA LUNE et du SOLEIL. Chose que l’on ne découvrira qu’un siècle plus tard, officiellement !

Il y a également 8 rayons droits et rouges. Ce sont là des rayons caloriques. Ce sont des rayons dont l’énergie nous procure de la chaleur. Nous savons à présent que ces rayons sont droits et directs, et non pas ondulatoires comme ceux de la lumière, et nous ne pouvons qu’être étonnés de la connaissance scientifique d’un Nicolas Conver. Nous avons beau être alors au siècle des lumières, cela ne laisse pas d’étonner !

Nous voyons dans la lame XVIII que ces rayons caloriques réfléchis perdent de leur intensité, ce qui est actuellement évident mais ne le fut pas toujours.

La lame du SOLEIL est donc d’un enseignement d’une extrême importance. Mais il n’y a pas que cela dans cette lame. Nous pouvons remarquer qu’il y a des petits rayons noirs et fins qui sont plutôt très souvent négligés par ceux qui écrivent sur le Tarot de Marseille et, pour ma part, je n’ai jamais vu personne qui ait compté ces rayons ! Et pourtant ce nombre est loin d’être innocent ! Il y en a soixante-trois. C’est un nombre très important, puisque c’est un nombre en rapport direct avec la lumière. C’est en effet le nombre exact des cases du Jeu de l’Oie (animal éminemment solaire !) y compris la case terminale. Le Jeu de l’Oie est le parcours de l’âme vers la Lumière avec toutes les embûches possibles et toutes les récompenses, lorsque l’on fait des multiples de neuf, c’est-à-dire de nombre du renouveau. Il semble normal de les trouver dans la lame du SOLEIL.

Il existe encore, dans une région du Languedoc, une tradition qui veut que l’on sacrifie une oie. Le sacrificateur (en général un curé), les yeux bandés pour ne pas être ébloui par la lumière qui doit apparaître, doit trancher le cou de l’oie au moyen d’une épée. C’est un véritable rite solaire ! Dans certaines régions, le sacrificateur est affublé d’un masque doré représentant le Soleil, en cuivre généralement, et ressemblant fort à notre SOLEIL du Tarot de Marseille. Je ne me souviens plus de la date exacte de ce rite, mais je peux vous certifier que cela a lieu un jour de fête de Saint-Jean.


Fort Knox : Cette lame du SOLEIL est une véritable caverne d’Ali-Baba ! Nous y trouvons vingt-deux lingots d’Or, une véritable fortune ! Vingt-deux lingots d’or qui nous disent toute la richesse des lames de notre Tarot, vingt-deux lingots dans le sac du MAT pour pouvoir parcourir tout le chemin initiatique des lames du Tarot de Marseille.

Huit briques rouges sous-tendent ces vingt-deux briques or. J’en avais compté neuf, dans un premier temps, mais je pense que huit est le nombre exact. Nombre de la justice, de la justesse et, surtout, lame du bon chemin, précisément celui qui nous mène à la Lumière. Le Tarot nous remet sans cesse sur ce chemin et sans cesse nous y retournons et y retournerons encore, c’est certain !

Dix tuiles rouges enfin qui recouvrent les lingots d’or, comme pour les protéger. Elles ne les protègent pas, mais elles signifient en fait que notre route est karmique, perpétuel recommencement de la vie — ce nom ne signifie-t-il pas précisément « chemin » ? Et la vie passe obligatoirement par des portes que l’on appelle « mort » ou « naissance », successivement et alternativement, (du latin via = Vie et chemin, voie). C’est le principe même du karma qui permet de continuer la tâche commencée et non pas payer les fautes passées. D’ailleurs, le prêtre ne remet-il pas tous les péchés lors de la confession ?

Cette lame est d’une richesse exceptionnelle. C’est normal : le Soleil est d’Or et est le symbole de l’or. Et, enfin, toute cette richesse repose sur la matière première : le compost (le noir). Et cela est évident ! Les alchimistes le savent depuis le début de leur quête. C’est la bas de toute recherche alchimique : le travail de la Materia Prima, cette pourriture noble d’un noir mordoré dans sa phase finale qui donnera petit à petit naissance à l’or potable, puis enfin, à l’or métal le plus pur. Il est donc évident que nous allons le trouver à la base de ce muret fait de lingots d’or. Le contraire serait d’ailleurs incongru !


Mettez-vous en code ! Il nous reste à voir le code barre de la base de la lame. Il est fait en réalité de deux codes qui sont de part et d’autre du titre. Douze barres à gauche nous renvoient tout de suite au PENDU, pour nous dire que LE SOLEIL marque le temps des jours, des mois et des années. C’est le balancier de l’horloge qui marquera le temps vulgaire. Il nous donne aussi la division du zodiaque. Six barres dans le code de droite pour nous indiquer le chemin. Pour nous indiquer également que, comme nous le dit LE SOLEIL, ceci est une affaire de cœur. Nous ne ferons bien ce chemin de Lumière qu’avec le cœur pur.

Dix-huit barres au total nous ramènent bien évidemment à la lame de LA LUNE. Nous n’avons pas besoin de nous étendre là-dessus. Il est tellement normal que LA LUNE ne vit que par la lumière solaire qu’elle transforme pour nous amener au rayon laser. Et ce n’est pas rien !

Les lames se renvoient la politesse, afin que nous fassions la relation entre celles-ci. Ces Codes-Barres nous ouvrent des portes exceptionnelles entre elles et étendent le symbolisme des lames. Elles nous permettent de faire le lien entre tous ces concepts qui pourraient sembler étrangers l’un à l’autre. Et dire que certains dessinateurs les ont supprimées !

Brève rencontre : Pourquoi brève ? Non ! C’est la lame des rencontres, tout simplement ! La lame du SOLEIL représente la rencontre, faite ou à venir. C’est ce que symbolisent les deux enfants réunis sous un même Soleil. TEMPÉRANCE placée à ses côtés signifiera que cela se fera dans quelque temps ou encore qu’il y aura échange durable entre les protagonistes. Cette lame peut également représenter les vacances (normal sous le Soleil) et, pourquoi pas ? Avec LAMOUREVX, ce pourra être des amours de vacances…

C’est la lame de la rencontre et c’est parfois également la lame de l’union. Avec LA JUSTICE, par exemple, elle deviendra la lame de l’union légale : le mariage (ou le pacs). Et si nous les voyons jouxtant LE CHARIOT, il pourra peut-être s’agir du maire dans ses fonctions, mais si, jouxtant cette dernière, nous voyons TEMPÉRANCE, cela sera certainement le voyage de noces ! Le Tarot est un authentique langage idéographique ! Nous le répétons inlassablement depuis le premier chapitre. LE SOLEIL est toujours une lame de bonheur. Nous ne pouvons dire cela d’aucune autre lame, car il y a toujours un revers possible. Tandis que pour celle-ci il n’y a aucun revers à proposer. Que ce soit la joie intérieure ou spirituelle, ou même la richesse matérielle, cette lame sera toujours positive. Il ne faut pas oublier que cela pourra indiquer quelquefois des jumeaux, cependant, c’est extrêmement rare. Il faudra que la question ait été posée avec précision, et encore faut-il être très prudent dans sa réponse ! Cela paraît une réponse un peu facile ! Enfin, si on travaille sur un éventuel voyage ou déplacement et que la question a été bien posée cela peut vouloir dire « le sud ». C’est possible mais ce ne doit pas être systématique. Il est utile de poser une contre-question.

A l'eau ! Reste à se mettre à l’eau. C’est certainement une retenue d’eau artificielle, puisque nous voyons une rive qui paraît naturelle au plus près de nous, tandis que cette surface est arrêtée par un muret fait de main d’homme de l’autre côté. Nous avions déjà vu cela dans la lame XVIII. Serait-ce la même pièce d’eau vue sous un autre angle ? C’est fort possible et cela établirait un lien supplémentaire entre ces deux lames. Cette étendue d’eau est très peu profonde et on peut apercevoir, pour preuve, deux cailloux relativement petits et émergeant de la surface. Peut-être que cela veut nous signaler que, même si tout paraît merveilleux, il se peut qu’il y ait de petits obstacles à moitié cachés. Rien n’est parfait en ce bas monde et nous devons toujours nous tenir sur nos gardes ! Peut-être est-ce la dernière leçon de cette lame XVIIII. LE SOLEIL nous éclaire !

Et la signature de tous ces messages reçus est cachée dans les rayons ! « S » pour les rayons de lumière. « I » pour les rayons de chaleur. Quatre fois le nom d’ISIS est la signature de cette lame d’or. Son temple se situe bien dans la lame XVI, la MAISON DIEV. C’est véritablement la maison de la déesse !


Jean : Jean est un personnage lumineux. Comme le Soleil. Jean est le Verbe et le Verbe est la parole et la parole est d’or. Quoi de plus normal qu’on le rencontre dans la lame du SOLEIL ?

La lame du SOLEIL nous montre deux enfants aux trois quarts nus dont l’un a les pieds dans l’eau tandis que l’autre garde les pieds au sec sur le peu de terre situé au premier plan de la lame. Ils sont juste au-dessous du Soleil qui se tient dans le haut, au milieu de la lame, montrant ainsi qu’il est son solstice. Nous sommes alors certains que ces deux enfants représentent les deux Jean principaux de la tradition chrétienne, situés respectivement en juin et en décembre, effectivement proches de la position solsticiale.

Jean de la Porte : Le nom de Jean nous vient de Janua, mot latin signifiant « la porte ». Le dieu Janus était, chez les Romains, le dieu du passage du passé vers l’avenir, le dieu à deux têtes. Il a donné naissance au premier mois de notre année grégorienne, porte de passage d’une année à l’autre. Janus est également celui qui a rapporté la toison d’or, et l’or est le métal-Soleil par excellence. Nous sommes dans la lame XVIIII, celle du SOLEIL ! On ne peut plus cohérent ! Mais revenons à ces deux Jean. Jean de Pathmos, Jean de l’Apocalypse fait passer d’une époque ancienne et révolue, l’époque de cette Apocalypse qui date du début de la nouvelle humanité, l’époque post-Noé, à l’époque future de la nouvelle Apocalypse que nous promettent tous les prêtres de toutes religions pour la fin d’un nouveau temps. Jean le Baptiste fait passer Jésus le prêcheur au Christ l’Initié par le baptême. Sur la lame de notre Tarot, les deux enfants figurent également une porte. J’en veux pour preuve que l’intervalle compris entre leurs jambes respectives ne présente pas de continuité de la bande de matière (noire) que l’on voit à l’extérieur des deux personnages. Il y a bel et bien une expression de passage vers le mur du fond ! Leurs jambes, leurs corps et leurs bras forment bien un chambranle de porte.

Nous avons affaire à une porte solaire. C’est-à-dire à la porte qui fait passer le Soleil d’un état à l’autre. C’est exactement le cas du solstice qui est le moment où le Soleil est sur le point de passer de la phase montante à la phase descendante pour le solstice de juin ou le contraire pour le solstice de décembre. Comme toute porte qui est le passage entre deux états, deux lieux distincts, celle-ci fait passer d’un état à l’autre.


Jean le baptiste ou de l’apocalypse : L’enfant de gauche a les pieds baignant dans l’eau à l’instar de Jean le Baptiste qui baptisait, les pieds dans le Jourdain. C’est Jean de l’été celui du mois de juin, mois de chaleur où se mettre les pieds dans l’eau n’est pas incongru. Cette image tient également compte du fait que le moment du « temps de chien » où on a tous, plus ou moins, les pieds dans l’eau.

L’enfant de droite a les pieds placés sur une petite excroissance de terre. Sur une île, pouvons-nous dire. Nous pouvons le rapprocher de Jean de l’île de Pathmos, l’auteur de l’Apocalypse. C’est un homme qui avait véritablement les pieds sur terre. D’ailleurs, son Apocalypse en est la preuve, qui raconte la destruction d’une partie de la Terre, événement qui a eu lieu lors du déluge, c’est-à-dire lors du bouleversement survenu au passage de l’ère du Cancer à l’ère des Gémeaux.

En réalité, ces deux Jean ne sont qu’un seul et même personnage, comme peuvent l’être des jumeaux. Ce sont les deux pôles d’une même ellipse solaire. C’est d’ailleurs ce qu’exprime cette lame : les deux enfants ne forment qu’une seule et même porte. Nous allons retrouver, dans notre Tarot de Nicolas Conver, le thème identique à celui qui est déjà sous entendu dans la lame du SOLEIL. C’est la lame XXI, LE MONDE, qui nous reparlera une fois encore de cet Apocalypse, thème effleuré par la lame XVIIII.

Tout le Tarot n’est qu’allusion à cet événement. Les quatre cavaliers qui font partie des Honneurs, par exemple. Quoi de plus logique, si l’on en croit les passionnés d’alchimie qui nous assurent que l’Apocalypse est un texte hautement alchimique ? Le Tarot de Nicolas Conver est aussi une œuvre alchimique, entre autres, il n’y a qu’à se souvenir de la rosée dans la lame XVIII, LA LUNE, ou encore de LIMPÉRATRICE qui nous parlait de Mercure (la Mère-Cure).


Jean qui rit & Jean qui pleure : Nous pourrions, histoire de faire un clin d’œil, les comparer aux deux Jean de notre tradition populaire qui sont Jean qui rit et Jean qui pleure. Ce n’est d’ailleurs pas nous éloigner beaucoup du sujet, car cette démarche s’appuie sur une observation vraie. Jean qui rit est très probablement le Jean de l’hiver, qui est traditionnellement en période sèche et froide, tandis que Jean qui pleure paraît à l’évidence celui du début de l’été, qui se trouve dans une période traditionnellement pluvieuse. Cela recouvre bien la tradition chrétienne qui fait de Jean le Baptiste celui qui fait tomber l’eau sur la tête du Christ et Jean l’évangéliste qui nous enseigne la Lumière. Nous retrouvons donc la même symbolique.


Comput liturgique : L’Église catholique, ainsi que les autres Églises des autres confessions probablement, ne calculent pas leur cycle liturgique suivant le calendrier solaire, mais suivant le seul calendrier stable et régulier qu’est le calendrier lunaire. Alors vous allez me demander ce que vient faire ce paragraphe dans l’étude du SOLEIL ? C’est tout simplement que le calendrier lunaire sert à déterminer les jours essentiels de l’année (Pâques, Pentecôte, etc.), tandis que les fêtes de tradition populaire sont greffées sur le calendrier solaire, ce qui laisse d’ailleurs à penser que Noël n’est pas une fête essentielle puisqu’elle est fixée sur le Soleil. Ce qui est d’ailleurs évident, puisque ce jour a été fixé sur une fête païenne dont la population refusait de se défaire !

Or, l’Église catholique nous a gratifiés de 19 jours où l’on doit fêter Jean ! 19, comme le nombre de la lame du SOLEIL, XVIIII ! Est-ce un hasard ? Certainement pas, si nous prenons conscience que rien n’est laissé au hasard dans le Tarot de Marseille !

Prenons tout d’abord le temps de nous attarder sur ces dix-neuf Jean. Ils ne furent pas les mêmes au cours de ces deux derniers millénaires, mais leurs jours furent toujours conservés. Et ce, jusqu’à Vatican II qui bouleversa quelque peu le calendrier et sema un peu plus encore la confusion dans la société catholique qui, je crois, n’en n’avait pas vraiment besoin ! Ces jours de Jean sont des passages importants du parcours solaire. Les noms changent effectivement ou, plus précisément, les adjectifs ou additifs qui servent à les distinguer. Mais le prénom Jean est immuable.


Dix-neuf Jean : Voici la liste des Jean telle qu’elle figurait dans le comput de 1933 publié dans le missel de Dom Gaspar Lefebvre édité en l’Abbaye de Saint André à Zev en Kerken à Lophem lez Bruges en Belgique, ainsi que dans tous ceux qui le précèdent, à l’exception des noms de famille ou des surnoms qui sont accolés au prénom Jean :

27 janvier : Saint Jean Chrysostome

31 janvier : Saint Jean Bosco

8 février : Saint Jean de Matha Trinitaire

8 mars : Saint Jean de Dieu

27 mars : Saint Jean Damascène

28 mars : Saint Jean de Capistran

6 mai : Saint Jean Porte Latine

15 mai : Saint Jean Baptiste de la Salle

12 juin : Saint Jean de Facond

24 juin : Saint Jean Baptiste

26 juin : Saint Jean et Saint Paul

12 juillet : Saint Jean Gualbert

9 août : Saint Jean Marie Vianney

19 août : Saint Jean Eudes

6 août : Saint Jean de Brébeuf

20 octobre : Saint Jean de Kenty

24 novembre : Saint Jean de la Croix

27 décembre : Saint Jean l’Évangéliste

3 janvier : Octave de Saint Jean


Ces dates sont immuables, seuls changent les qualifications des Jean. Il y avait par exemple Jean de Bosco (le 31 janvier), et après 1939, il y a eu le 9 octobre Jean-Léonard, etc. La Toussaint est peut-être la porte la plus importante. C’est la fête de tous les Saints, donc celle de Jean. Elle était déjà signalée par les Celtes et les druides sous le nom de Samain (en gaulois : Saimonhos). C’était et c’est encore la porte vers le Soleil noir, vers l’au-delà, et le premier jour de l’an nouveau. Elle est également encore la porte des défunts dans le monde chrétien, du moins dans la tradition populaire qui a toujours confondu le jour de tous les saints avec le jour des morts qui en réalité n’est que le lendemain.


Vous avez dit dix-neuf ? Pourquoi ce nombre dix-neuf que nous retrouvons de façon assez insolite ? Il n’est pas innocent et n’a pas que sa seule justification dans le nombre des Jean du calendrier en usage depuis Grégoire. Nous retrouvons ce nombre en relation avec l’or ! Lorsque l’on sait que le Soleil et l’or n’ont qu’un seul et même symbole on est en droit de se poser certaines questions. Le nombre la lame du SOLEIL n’est autre que le nombre, approximatif il est vrai, de la densité de l’or ! Celle-ci est d=19,3 nombre calculé à présent avec exactitude et qui, au siècle dernier, n’était qu’environ 19.

Il est assez troublant de retrouver ce nombre dès le quinzième siècle, époque à laquelle on commença à numéroter les lames.


Ma parole ! Et ce n’est pas la seule chose qui soit troublante, si l’on sait qu’en turc ancien, le mot jan signifie la parole. C’est évidemment à rapprocher de la première phrase écrite par Jean : « au commencement était le Verbe ». De verbe à parole, il n’y a qu’un pas et celui-là nous fait grandement avancer. Le mot jan ou Jean n’est pas seulement une porte mais encore le « mot de passe » qui permet de la franchir ! D’où l’importance de la lame du SOLEIL qui va nous permettre de franchir une porte importante pour avancer vers la Lumière. Il nous faut, bien évidemment, passer par le son (Lame XX, LE JUGEMENT) pour atteindre le bonheur le plus parfait, la félicité (Lame XXI, LE MONDE). Le cheminement est vraiment initiatique ! C’est le message le plus important la de la lame XVIIII, LE SOLEIL. C’est d’ailleurs ce que nous signifient les deux enfants de la lame. Les enfants forment la porte du chemin qui mène à l’Or, et qui, bien entendu, mène à la Parole car la Parole est d’Or ! Ainsi la boucle est bouclée !

D’ailleurs, il suffit de regarder cette lame pour comprendre que cette porte ouvre sur l’or, car n’est-ce point des lingots que nous apercevons formant un mur haut de trois rangées ? Trois rangées de 22 lingots d’or, ne serait-ce pas le début de la richesse ? C’est en tous les cas une allusion à la richesse intérieure avec laquelle nous devons nous construire, et c’est le signe que nous pouvons prendre notre bâton et partir sur le chemin de la Lumière. C’est le propos du mat. Tout est lié dans le Tarot.

Que ce soit Jean ou Jan, nous nous retrouvons en face de notre or personnel. Le Tarot de Marseille est la quête alchimique de chaque être. C’est ce dont nous parle chaque lame de ce Tarot pour nous mener au bonheur le plus intense. Nous amener à la félicité ultime. Jean est l’Homme de Lumière, non pas qu’il soit la Lumière, mais comme il le dit lui-même, il est venu apporter témoignage à la Lumière.

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Sur le site de Philippe Camoin, on peut trouver un petit fascicule intitulé Le Tarot de Marseille restauré ou "L'Art du Tarot" par Alexandro Jodorowsky qui propose une liste de mots clefs impressionnante, glanés selon les œuvres de différents auteurs :


XVIIII. LE SOLEIL


Dieu uni à l’homme et au monde - Union et unité de Dieu, de l’homme et de la nature -Temple de l’église intérieure - Stabilité - Santé parfaite - Concrétion - Rassemblement - Coagulation - Construction d’un monde nouveau après avoir détruit jusqu’aux fondements mêmes du vieux monde - Élimination totale de la négativité du passé - Ambition - Esprit créateur sur le plan cosmique - Succès certain - Le corps est devenu esprit et l’esprit devenu chair produisant ainsi l'l'illumination - Bonheur - Amour total - Lumière remplaçant les forces obscures -

Hommes-enfants dépendant d’un maître - Fraternité - Intelligence collective - Vérité sacrée - Richesse - Gloire - Arrogance - Alcoolisme - Succès après une période de difficultés - Maladie vaincue - Erreur de jugement qui devient un désastre - Nuages - Splendeur du monde matériel - Stérilité - Gnose - Victoire de l’esprit sur la chair - Âme régénérée illuminée par la lumière divine - Ouverture du troisième œil - Possibilité de réincarnation en un corps supérieur - Forces négatives et positives de l’univers s’unissent pour produire la conscience cosmique qui est la base du retour à Dieu - Création d’un nouvel univers - Cœur et plexus solaire - Le super-rationnel - Personnalité harmonique qui retourne à l’innocence - Sainteté - Mariage malheureux - Père cosmique - Grandeur de pensée - Sagesse dans les écrits - Beauté physique - Grande adversité - Rayonnement de la pensée. - Couple ayant travaillé pour parvenir à une union parfaite et qui reçoit les dons divins mérités par sa pureté - Homme ayant réalisé l’union intérieure devient androgyne spirituel - Les êtres réalisés donnent au reste de l’humanité ce qu’ils ont reçu et compris - Destruction par le feu - Fin du monde - Amour transcendant - Sexe dirigé par l’amour - L’amour et non la luxure excite les parties génitales - Un couple qui parvient à l’orgasme en même temps - Amour pour le monde qui doit venir - Qui parviendra à recouvrer son cœur d’enfant - Père qui aime ses fils - Armes tranchantes - Digestion - Nutrition et assimilation - Ciel suprême - Race humaine construisant le nouveau paradis - Élixir de longue vie - Prophylaxie - Homme qui sait vieillir et transmettre ses connaissances à la nouvelle génération - Ni Dieu ni maître - Rencontre de l’homme avec soi-même - Savoir s’accepter - Vivre sans faute - Vaincre la peur - Union brisée - Exhibitionnisme - Misère dissimulée sous de brillantes apparences - Poudre aux yeux - Nouvelle partie - Rupture avec le passé et la domination paternelle - Perte de la puissance sexuelle - Triomphe de qui sait innover - Imaginatif - Rires après les larmes - Préjugés raciaux - Vacances - Ce que tu désires se réalise - Succès dans les affaires - Ne crois pas que tu sois toujours incompris - Problèmes sentimentaux en vue - Rejet du petit frère - Confidence - Subtilités scientifiques - Tendance à la cruauté sublimée en acceptant des responsabilités humanitaires - Haine des enfants - Timidité - Manque de confiance envers le sexe opposé - Perte d’un ami. -Vengeance - Ne pas pouvoir ou ne pas vouloir pardonner - Bonnes récoltes - Études terminées - Apprendre à mourir pour aimer la vie - Plaisir dans la recherche de la vie simple - Échec dans la tentative d’un compromis - Perte d’un emploi - Rate-pancréas - Sait apprécier les valeurs de l’autre -

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Symbolisme celte :


Laura Tuan, autrice d'un livret d'accompagnement intitulé Les Tarots celtiques (Éditions De Vecchi S.A., 1998) propose un article sur Sirona, qu'elle fait néanmoins correspondre à l'Arcane XIX :


César place Apollon, qu'il considère comme un dieu guérisseur au deuxième rang des divinités celtiques. Il ne s'agit pas dans ce cas d'un héritage romain, car Apollon s'avère pratiquement étranger à l'Olympe et a dû s'introduire en Gaule par l'Asie Mineure. Le fait surprenant est que dès 300 av. J.-C., l'historien grec Hécatée de Milet parle d'une île située en face de la Gaule, où l'on vénérait Apollon dans un temple circulaire. Sur les inscriptions, son nom s'accompagne parfois d'un épithète tel que Belenos (de guel, briller), Borvo (de berbainn, cuire), Grannus (de grian, Soleil) ou Maponos (de mapos, fils, garçon, jeune chasseur à l'enfance tourmentée, devenu le protecteur des adolescents) : à l'origine, peut-être, des divinités indépendantes qui lui ont été assimilées plus tard.

Comme l'indique clairement son nom, Belenos est un dieu solaire. Ce n'est pas un hasard si la moitié claire de l'année celtique ouvrant la saison estivale commence au début du mois de mai par la fête de Beltaine (feux de Bel), durant laquelle on purifiait le bétail de tous ses germes et parasites en le faisant passer entre deux feux allumés.


La carte : Belenos resplendit sur cette carte, le visage éclatant et les cheveux semblables à des rayons de soleil. Même sa peau et ses vêtements, sans parler de ses bijoux en or et en pierres précieuses, dégagent une forte luminosité. A noter aussi les bords dorés de sa robe de prêtre qui s'orne de tournesols. On distingue dans le fond les feux purificateurs de Beltaine, ainsi que des mâts en haut desquels sont fixées des guirlandes de fleurs symbolisant la fécondité et la nature printanière.

Belenos a un faucon en guise d'auxiliaire, emblème du Soleil, mais également du voyage intérieur, à la recherche de la lumière.


Signification ésotérique : La lumière représente l'objectif ultime que l'initié s'efforce d'atteindre. Là où règne la lumière, il n'y a ni maladie, ni mort, ni douleur. Mais pour qu'elle triomphe à l'extérieur, il faut avant tout l'allumer en soi : quand l'été sera terminé, le Soleil intérieur ne s'éteindra pas avec la fin de la saison et continuera de briller, imperturbablement, en éclairant le cœur.


Mots-clefs : Vérité - Chaleur - Santé - Réussite - Certitude.


A l'endroit : Lumière, chaleur, affection, bonheur, sérénité, joie, altruisme - Chance, période productive, abondance - Certitude, progrès, réussite, conquête, récompense - Honneurs, célébrité - Harmonie avec l'entourage, optimisme, confiance - Orgueil bien placé, intelligence, idéalisme, fidélité, charisme - Victoire sur l'adversité, protection divine - Association heureuse, événements extraordinaires, rencontres - Espoirs - Enfants beaux et en bonne santé - Réconciliation - Succès littéraire ou artistique, voyages intéressants - Fortune matérielle - Guérison, bonne santé.


A l'envers : Vérité cachée, obscurité intérieure - Manque d'harmonie psychophysqiue et avec l'entourage, rupture d'accords - Aides refusées, solitude, difficultés insurmontables, faillite de projets, baisse de notoriété, malchance, retards, occasions ratées, impossibilité d'atteindre des positions élevées - Mensonges, gaspillages, présomption, arrogance, vanité - Problèmes liés aux enfants - Sentiments confus, affection rejetée, rapport en crise, divorce - Recalage, échec, gains manqués - Traumatismes, accidents, brûlures, intoxications, infarctus.


Le temps : Mercredi - Fin du printemps - Juin, juillet.


Signes du zodiaque : Lion - Gémeaux.


Le conseil : Le succès vous sourit sur tous les fronts ; continuez ainsi : absorbez la lumière ; produisez-la en vous et projetez-la joyeusement à l'extérieur.

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Le_soleil_a_rendez_vous_avec_la_lune_Gra
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Patrice Lajoye, "Le soleil a rendez-vous avec la lune... Grannos et Sirona", (In : Histoire Antique n°67, 2005, pp. 66-69) =>

 

Dans le livret accompagnant le jeu de cartes du Tarot des Druides de Philip et Stephanie Carr-Gomm (Édition originale 2004 ; traduction française : Éditions Véga, 2014), on trouve le petit texte explicatif suivant :


Le Message : Vous êtes libre d'exprimer l'essence rayonnante de votre Être. La joie et la création émanent de vous comme les rayons du Soleil.

Mots-clefs : Bonheur - Contentement - Réussite - Énergie - Émerveillement - Lucidité - Optimisme - Joie - Liberté - Réalisation - Expression créative.


Signification : Une phase créative et joyeuse

- Les projets en développement porteront leurs fruits et vous aurez la clarté et la concentration nécessaires pour les réussir ;

- Potentiel créatif plénier réalisé dans le monde ;

- Libération des inquiétudes et des contraintes quotidiennes ;

- Liberté d'être vous-même ;


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Mots-clefs : Manque de clarté - Vanité - Arrogance - Échec - Déception.


Sens inversé : - Être ébloui par notre propre charme ou nos propres capacités ;

- La lucidité et la clarté que le Soleil devrait apporter sont obscurcies ;

- Vous pouvez vous retrouver en situation d'échec - pas par manque de capacité, mais par un intérêt excessif pour vous-même ou votre apparence ;

- Votre succès sera retardé, mais le moment venu vous réussirez.

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Kristoffer Hugues, dans Les secrets du tarot celtique (Llewellyn Publications, 2017 ; Éditions De Vinci, 2021) présente ainsi l'Arcane XIX :