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  • Anne

Les Plantes grimpantes




Botanique :


Dans Les Langages secrets de la nature (Éditions Fayard, 1996), Jean-Marie Pelt évoque les différents modes de communication chez les animaux et chez les plantes :


Comme le dit justement Pierre Rossion dans un récent article, « si l'on pouvait attribuer un quotient intellectuel aux végétaux, les plantes grimpantes viendraient en tête, et ce prix d'intelligence se doublerait d'un prix de gymnastique » (Pierre Rossion, Science et Vie, 1990, n°877). De fait, leurs prouesses étonnent et évoquent à nouveau, pour les botanistes, la notion d'« intelligence végétale » chère à Maeterlinck. Et Rossion d'ajouter que « les lecteurs qui auront planché sur les nœuds marins au cours d'un stage de voile ou de leur service dans la Royale, seront surpris d'apprendre qu'une plante grimpante comme la passiflore utilise les variantes du nœud de vache, de chaise, ou du nœud simple... pour se fixer sur ses supports ! »

A vrai dire, une première distinction s'impose entre les plantes volubiles proprement parler, qui entourent leurs supports, comme le haricot, le liseron ou le houblon, et les plantes à vrilles qui s'accrochent par de fins serpentins en forme de ressorts, comme la vigne, le pois, la passiflore ou la bryone.

L'extrémité des plantes volubiles décrit dans l'espace des cercles plus accusés que ceux que décrivent les plantes ordinaires au cours de leur croissance, même si ces mouvements sont invisibles du fait de leur lenteur ; puis elle bute sur le tuteur et l'enlace. Il n'y a pas de direction privilégiée dans ce mouvement d'enroulement qui s'effectue, pour le haricot, dans le sens des aiguilles d'une montre, pour le houblon dans le sens inverse; Si les tiges en croissance des volubiles mettent en gros une heure et demie pour décrire un cercle de bon diamètre - ce qui augmente leurs chances de tomber sur le tuteur ! -, les vrilles, elles, décrivent des ellipses aplaties en seulement une heure, tantôt à droite, tantôt à gauche ; si l'on change de place le tuteur, on remarque que le mouvement de balancier se déplace lui aussi en direction du support.

Le cinéma en accéléré rend parfaitement compte de ces mouvements et achève de réduire à néant l'idée d'immobilité et d'insensibilité des plantes. Pour autant, le mécanisme intime de ces mouvements reste encore inconnu. Sans doute s'agit-il, dans les vrilles ou à l'extrémité de la tige volubile, d'une différence de pression, les cellules se vidant de leur eau et cessant d'être turgescentes du côté du support, ce qui entraîne une asymétrie de croissance, comme chez les sensitives et divers exemples précités. Il est probable que ces processus sont régulés par la calmoduline et ses homologues, enzymes qui régissent l'utilisation du calcium par la plante et dont il a déjà été question à propos des effets du frottement, du toucher et du vent.

Quant à savoir ce qui dirige le mouvement de la tige volubile ou de la vrille vers le support, c'est une toute autre affaire.

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