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  • Anne

La Bryone





Étymologie :

Étymol. et Hist. 1256 brioine (A. de Sienne, Régime du corps, 99 dans Quem.), forme attestée jusqu'en 1798, Ac. ; repris en 1869, Hugo, L'Homme qui rit, t. 2, p. 115 ; fin xive s. brione (Evr. de Conty, Probl. d'Arist. dans Gdf. Compl.) − 1845, Besch. ; bryonne (Trév. 1732 à 1771) ; 1751 bryone (Encyclop. t. 2). Empr. au lat. bryonia (Columelle dans TLL s.v., 2219, 9) lui-même empr. au gr. β ρ υ ω ν ι ́ α (Dioscoride dans Liddell-Scott), v. André Bot., p. 59.


Lire également la définition du nom bryone afin d'amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Bryona dioïca ; Bitaoubère ; Bricane ; Briode ; Carotte des haies ; Couleuvrée ; Courle sauvage ; Crache-venin ; Croulante ; Fausse coloquinte ; Faux navet ; Feu ardent ; Herbe au violet ; Hebre au tan ; Herbe de feu ; Mandragore grimpante ; Mauvais navet ; Nape sauvage ; Naveau bourge ; Navet du diable ; Navet galant ; Navet godar ; Naviô des haies ; Pétar ; Poucère ; Racine vierge ; Radis galant ; Raisin du diable ; Rave de brevis ; Rave de serpent ; Roupie de serpent ; Vanais sauvage ; Verjus du diable ; Vigne bâtarde ; Vigne-blanche ; Vigne de crapaud ; Vigne de serpent ; Vigne du loup ; Vigne folle ; Vigne sauvage , Vignette.

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Botanique :


Description proposée par la Clairière des Carnutes (affiliée à l'OBOD) :


Une précaution est toutefois à prendre lorsque la Bryone est consommée par voie buccale. Son rhizome charnu, très gros et double, renferme un principe amer qui est un violent purgatif. Lors de la composition d'une recette, vous éliminerez ce principe en lavant plusieurs fois la pulpe à l'eau froide ; la chair est alors parfaitement inoffensive, elle prend même un léger goût de manioc. Plantes grimpante par ses vrilles, Les fleurs ont une corolle soudée à cinq lobes, blanc jaunâtre (verdâtre), veinés. Plante toxique, le suc de la racine occasionne des brûlures sur l'épiderme



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Phytothérapie :


Selon Guy Ducourthial, auteur de l'Atlas de la flore magique et astrologique de l'Antiquité, en ligne depuis 2005 :


Le mot désigne différentes plantes. Les Anciens distinguaient une bryone blanche (leukê ) généralement identifiée à la bryone de Crète (Bryonia cretica L.) et une bryone noire (bruônia melaina) qui est probablement le tamier (Tamus communis L.). Dioscoride prête à la première espèce (M.M. IV, 182) (Matthioli, p. 673, "Colevrée") de nombreuses propriétés: elle relâche le ventre, elle est diurétique et bonne pour soigner les plaies ulcérées (helkos) gangrenées ou putréfiées sur les jambes, elle nettoie la peau et la rend lisse, la débarasse de différentes espèces de taches (ephelis, phakos) et des boutons (ionthos) ; elle est efficace pour traiter les cicatrices noires, les enflures, les excroissances charnues (pterugion) sur les ongles, les gonflements enflammés (phlegmonê), les abcès (apostêma), l'épilepsie, ceux qui sont atteints de congestion, ont des vertiges ou ont été mordus par une vipère; elle détruit l'embryon, trouble l'entendement, fait sortir l'embryon et l'arrière-faix; elle convient pour ceux qui suffoquent, ont des difficultés à respirer (duspnoia), toussent, souffrent du côté ; elle est également bonne pour soigner les fractures, les spasmes, purifier les parties sexuelles de la femme, évacuer les phlegmes, traiter les gales (psora ) et les peaux squameuses (lepra) ; elle consume la rate, est abortive et galactogène. Dioscoride (M.M. IV, 183) (Matthioli, p. 674, "Coulevrée noire") accorde à la bryone noire nettement moins de vertus. Il se limite à signaler qu'elle est diurétique et emménagogue et qu'elle convient pour traiter l'épilepsie, les paralysies et ceux qui ont des vertiges.

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Symbolisme :


On trouve dans le Grand Albert (vers 1245), une méthode pour fabriquer une mandragore magique à partir de la racine de bryone :


Il faut prendre une racine de bryone qui rappelle la figure humaine. On la sortira de terre un lundi dans le printemps, lorsque la lune est dans une heureuse constellation, soit en conjonction avec Jupiter ou en aspect aimable avec vénus. L'on coupe les extrémités de cette racine, comme font les jardiniers, lorsqu'ils veulent transplanter une plante. Puis on doit l'enterrer dans un cimetière, au milieu de la fosse d'un homme mort et l'arroser, avant le soleil levé, durant un mois, avec du petit-lait de vache dans lequel on aura noyé trois chauves-souris. Au bout de ce temps on la retire de terre et on la trouve davantage ressemblante à la figure humaine. On la fait sécher dans un four chauffé avec de la verveine, et on la garde enveloppée dans un morceau de linceul qui ait servi à envelopper un mort. Tant que l'on est en possession de cette mystérieuse racine, on est heureux, soit à trouver quelque chose en chemin, soit à gagner dans le jeu de hasard, si bien que l'on voit tous les jours augmenter sa chance."

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Selon A. Judas. (1858). DE LA FORMULE FUNÉRAIRE SUB ASCIA. in Revue Archéologique,15 (1), 369-377. Retrieved April 17, 2020, from www.jstor.org/stable/41746482 :


[…] Mais en fait, ce n'est point l'inflorescence de l'ache qui est retracée sur les monuments [funéraires] mentionnés ; ce n'est pas une ombelle : on doit donc y voir la fleur de l'une de ces plantes grimpantes qui portaient aussi le nom générique scias, parce qu'elles donnaient de l'ombre en s'entrelaçant et en formant des berceaux. Or, il est une famille de plantes grimpantes, les cucurbitacées, et, dans cette famille, une espèce particulièrement, la bryone, dont la fleur ressemble assez sensiblement à celle de nos dessins : ce doit être cette fleur. Les plantes dont je parle portaient en grec un nom qui avait peut-être quelque rapport à ascia, savoir : sicya, sicys, sicyos ; mais je crois que leur rôle était expressément fondé sur le titre générique scias, plante grimpante .

[et de ce fait cela valide leur] emploi comme allusion phonétique et à la fois figurative à la cérémonie sub asciâ.

[… Mais quelle est cette ] cérémonie de la dédicace sub asciâ ?


Ce rite, ďaprès l'étymologie de sélinon , émanait des Phéniciens ou avait été transmis par eux : le nom même skia, skias, d'où ascia, remonte à eux [...] en sorte que la formule contenait une pensée ou une prière de protection du tombeau. L'iconographie archéologique de Möns nous prouve que Saturne, la grande divinité de presque toute l'Afrique à cette époque, comme auparavant, des Carthaginois, était honoré d'un culte particulier dans cette ville ; il est représenté la tête voilée : n'y a-t-il pas un rapport entre cette circonstance et la cérémonie sub asciâ, rapport corroboré par l'attribution de Saturne comme dieu infernal, notamment comme dernier juge à l'entrée des champs Élysées au seuil du séjour des bienheureux, ainsi que Pindare l'a chanté ?

La nuit, dans la cosmogonie antique, avait précédé la naissance du monde, le règne de la lumière. Nous restons cachés dans le sein maternel pendant neuf mois avant d'apparaître au jour. La chrysalide s'enferme dans une enveloppe obscure et immobile avant de s'élancer, vif et brillant papillon, image de l'âme, dans les plaines de la lumière. On comprend alors pourquoi l'on invoquait, au moment d'un décès, les ténèbres, puisqu'elles étaient, en quelque sorte, l'œuf dans lequel le germe impérissable devait puiser les éléments d'une nouvelle vie, c'était l'inévitable condition d'une renaissance. Cette allusion à la résurrection n'explique-t-elle pas mieux encore l'adoption des formes matérielles du symbole par les chrétien ? Dans le culte catholique, les ténèbres ne précèdent-elles pas la résurrection Paschale ?


Note : 2) Le rite , avec son idée fondamentale de ténèbres en vue du passage à une lumière nouvelle, de la mort à la résurrection , indépendamment de son application aux morts particulières, était, comme fête annuelle, répandu parmi presque toutes les nations civilisées et partout il avait un caractère plus ou moins prononcé de saturnales. L'époque variait suivant celle où l'on plaçait le renouvellement de l'année. C'était, chez les Hébreux, la fêle des Tabernacles, heg ascot ou asciot ; le caractère essentiel, selon la prescription biblique, consistait dans la nature des sacrifices et dans l'habitation sous des tentes . Mais on y ajouta plus tard des rites non ordonnés et, entre autres, l'effusion de Veau ; le prêtre allait emplir d'eau de la fontaine de Silos un vase de la capacité de trois logs et, revenu à l'autel des holocaustes, il se tournait promptement à gauche, puis versait l'eau dans une ouverture ou dans un autre vase placé à l'occident. On attacha à cette cérémonie une telle importance, qu'une fois, le prêtre, à qui elle déplaisait parce qu'elle n'était pas ordonnée par la loi, ayant répandu l'eau, non dans le vase, mais à ses pieds, il fut assailli de citrons, que l'on avait l'habitude de porter à cette fêle, la corne même de l'autel fut brisée et dans la suite le peuple avait coutume de crier : « Lève la main, afin que nous voyions si tu verses l'eau dans le vase. » (Hadr. Reland, Antiq. sacr p. 232-233.) Cette effusion d'eau d'un vase dans un autre, n'est-ce pas ce que représentent les n° 2, 3 et 4 de notre planche ? Ainsi se rattacherait au rite général, comme je le suppose, la cérémonie particulière des funérailles. Un acte de la célébration des grands mystères à Éleusis s'y rapporte peut- être plus directement encore. Le neuvième ou dernier jour de la fête, on portait « en pompe deux vases remplis d'eau, qu'on déposait ensuite à terre en observant « d'en placer un à l'orient et l'autre à l'occident ; alors on élevait les yeux vers le ciel, puis on les ramenait vers la terre, d'abord en prononçant quelques mots barbares et mystiques et ensuite quelques paroles d'heureux présage après lesquels on renversait les deux vases dont l'eau s'écoulait par une ouverture ; c'était le dernier acte de la célébration de ces mystères. » (Boulanger, Antiq. dév. i, 106, d'après Alhénée, xi, 13.) A ce rite doit être, ce me semble, assimilée aussi la scène de la fête d'Anna, à Rome, décrite par Ovide, Fastes , l, m, scène qui se passe près de l'eau, sur les bords du Tibre, et où l'on voit la masse du peuple se mettre à couvert sous des berceaux de diverses formes. Saturne, dans l'astrologie ancienne, était domicilié dans le Capricorne et le Verseau, aux confins des ténèbres et de la lumière, au point où l'on plaçait la porte des dieux, c'est-à-dire celle du retour des âmes purifiées dans la région élhérée : aux ténèbres correspondaient, dans le cercle céleste, le Capricorne, dans le culte terrestre, le symbole idéographique et quelquefois en même temps phonétique de la tente ou un symbole simplement phonétique ; à la purification et à l'entrée dans la lumière, sur la terre comme au ciel, l'épanchement et le cours de l'eau

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Selon Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont S.A.S., 1995, 2019) proposé par Éloïse Mozzani :


Cette plante des haies à baies rouges ou noires se divise en une bryone mâle et une bryone femelle, identifiables par la racine ou "navet du diable" qui présente, dit-on, quelques ressemblance avec "des bras, des jambes, des seins, le sexe mâle ou femelle". Ceux qui se servaient de la plante correspondant à leur sexe bénéficiaient de ses pouvoirs contre l'hydropisie, l'épilepsie et les crampes.

La racine de bryone, dont la conformation rappelle celle de la mandragore, fut parfois vendue par des charlatans à la place de cette dernière, beaucoup plus difficile à trouver. Les Tziganes lui attribuent d'ailleurs une partie des pouvoirs de la mandragore, comme l'indique cette recette : "Il faut prendre une racine de bryone qui approche de la figure humaine. On la sortira de terre un lundi de printemps, lorsque la lune est dans une heureuse constellation, soit en conjonction avec Jupiter ou en aspect aimable avec Vénus. L'on coupe les extrémités de cette racine, comme font les jardiniers, lorsqu'ils veulent transplanter une plante. Puis on doit l'enterrer dans un cimetière au milieu de la fosse d'un homme mort, et l'arroser avant le soleil levé, durant un mois, avec du petit-lait de vache, dans lequel on aura noyé trois chauves-souris. Au bout de ces temps, on la retire de terre et on la trouve plus ressemblante à la figure humaine. On la fait sécher dans un four chauffé avec de la verveine et on la garde enveloppée dans un morceau de linceul qui ait servi à envelopper un mort. Tant que l'on est en possession de cette mystérieuse racine, on est heureux, soit à trouver quelque chose dans le chemin, soit à gagner dans le jeu de hasard, soit en trafiquant si bien que l'on voit tous les jours augmenter le bien qu'on en a".

Plus simplement, et selon une croyance américaine, l'argent laissé près de la racine magique fructifiera aussi longtemps qu'on l'y laissera.

La plante, puissant aphrodisiaque, rend fertile humains et chevaux (les femmes et les juments utiliseront la racine mâle ; les hommes et les étalons, la racine femelle). L'huile obtenue en pilant les graines de la plante favorise es rêves érotiques ; prise le matin, à jeun, elle peut provoquer des phénomènes de voyance.

Selon une croyance de l'Angoumois, une racine de bryone soulage les douleurs dentaires à condition de la porter dans sa poche et du côté de la dent malade.

Les Russes croyaient que si tout le monde portait à sa ceinture un peu de cette plante grimpante, cela ferait ressusciter tous les morts cosaques. La bryone blanche a quant à elle le pouvoir de détourner la foudre.

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Selon Pascal Pradoux, dans un document fourni sur le site Cabinet de médecine traditionnelle chinoise, Narbonne, la bryone est associée de manière traditionnelle au signe du Bélier dans l'astrologie occidentale.

Selon des sources occultes, la bryone permettrait d'avoir des visions claires de l'au-delà.

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La Clairière des Carnutes, affiliée à l'OBOD propose un document synthétique sur l'utilisation magique des plantes dans lequel on trouve quelques renseignements sur la bryone :


- c'est une plante masculine dédiée à Mars : 

- les herbes masculines possèdent généralement des vibrations fortes. Ce sont celles que l'on utilise pour la protection, la purification, l'exorcisme, ou comme aphrodisiaque, ainsi que pour maintenir le potentiel sexuel, la santé, la force, le courage, etc. Certaines servent également à fortifier l'esprit.

- en tant que plante martienne , elle fait partie des plantes piquantes, amères, épineuses et agit sur :

  • Le courage, la force, le désir sexuel, la puissance sexuelle, l'exorcisme.

  • Vésicule biliaire, oreille gauche, organes génitaux de l’homme, reins.

- c'est une plante qui a une utilisation magique en lien avec la fructification de l'argent

- elle favorise également les états médiumniques

- elle a de grandes vertus protectrices, aussi bien pour les lieux que pour les individus


Argent : L'argent placé près d'une racine de Bryone fructifiera lentement mais sûrement. Etats médiumniques : Les graines de Bryone fournissent par pression à froid une huile légèrement ambrée. Une cuillerée de cette huile, prise le matin à jeun, rend le sujet réceptif et favorise l'état médiumnique. Prise au coucher, attendez-vous à des rêves érotiques. Protection : La racine de Bryone peut remplacer, dans la plupart des opérations magiques, la fameuse racine de mandragore.

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