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La Prêle




Étymologie :

Étymol. et Hist. 1539 prelé (Est. ds DG) ; 1549 prele (Est.). Issu, par mécoupure, de l'a. fr. [l'] asprele, de même sens, (xiies. Glossaire de Tours, p. 331 ds T.-L.), du lat. vulg. *asperella, subst. fém., dér. de asper (v. âpre), en raison du toucher rugueux de la tige de cette plante ; cf., dér. du même adj., le lat. asperugo, nom de plante « râpette, grateron » (Pline, v. André Bot.).


Lire également la définition du nom prêle afin d'amorcer la réflexion symbolique.


Autres nomsEquisetum arvense ; Aisuillettes ; Asprette ; Barbe à la biche ; Bouèy’chou (bouchon à nettoyer) ; Caouchette ; Chaqueue (1) ; Chevaline ; Chevalqueue ; Clavaqueue ; Collier de remet ; Cou de prêtre ; Coupéta ; Crin de cheval ; Crinière de cheval ; Démanchée ; Escure-coupe ; Etui à aiguille (2) ; Fréloss ; Génetrole ; Herbe à râper ; Herbe à écurer ; Herbe d’essence ; Herbe du Diable ; Herne à vaisselle ; Jannetrode (1) ; Jonc à tuyaux ; Nettoie pot (2) ; Panache ; Petit Chapin ; Pin d'eau ; Pinié ; Porte-piquet ; Queue de chat ; Queue de cheval ; Queue de chèvre ; Queue de rat ; Queue de rat musqué ; Queue de renard ; Queue de soldat ; Queue-la-chatte ; Ra-couette ; Raflé ; Râpette ; Stannole ; Scurotte ; Tire-hanète ; Verrine ; Zéblin.

Equisetum telmateia ; Prêle


1) : Anne-Marie Alliot, dans Dialogue avec les végétaux : 74 méthodes d'harmonisation et de guérison par les plantes (Éditions Essénia, 2014).

2) Céline Signorini, "Élaboration d'un Atlas linguistique de la Flore des Alpes." In : Le Monde alpin et rhodanien. Revue régionale d’ethnologie, n°1-4/2003. Fondateurs et acteurs de l'ethnographie des Alpes. pp. 263-264.

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Botanique :


Présentation générale : Roger CAPITAINE, "Les prêles". Penn ar Bed, 1981, vol. 105, p. 66-73.

Anne-Marie Alliot, dans Dialogue avec les végétaux : 74 méthodes d'harmonisation et de guérison par les plantes (Éditions Essénia, 2014) présente ainsi la Prèle des champs :


La Prêle est une vivace qui peut mesure jusqu'à 50 cm de haut. Cette plante est l'une des plus anciennes qui existent actuellement sur notre planète, elle est répartie sur tous les continents. Elle possède deux sortes de tiges : les unes sont courtes, d'une couleur rougeâtre et apparaissent au début du printemps. A leur extrémité se développe un épi qui fabrique des spores. Elle ne possède aucune fleur. Sa reproduction est assurée par des spores contenues dans des sporanges présentes sous les écailles des épis. Une fois flétries, ces tiges sont remplacées par d'autres, vertes et cannelées. Ces tiges sont utilisées en phytothérapie.

La Prèle affectionne les sols siliceux, humides, les prés, les pâturages, les champs, le bord des chemins, des fossés jusqu'à environ 2300 m d'altitude. La Prèle qui pousse sur des sols purement argileux déploie une plus grande force thérapeutique.


Usages : La Prêle est constituée de sels minéraux, de tanin, de glucosides flavonoïdes, de saponine et de petites quantités d'alcaloïdes. Elle est riche en calcium, sodium, fer, magnésium, manganèse, potassium, silice. On lui reconnaît des propriétés reminéralisantes, antihémorragiques, diurétiques, cicatrisantes, dépuratives, anti-inflammatoires permettant de traiter l'artériosclérose, les ulcères cutanés, les hémorroïdes, les plaies et inflammations de la bouche, les maux de gorge, les maladies des voies urinaires, de la vessie et de la prostate, les ophtalmies. Elle est vraiment la plante de bienfait des reins.

L'abbé suisse Kuenzle, herboriste, mentionne que chacun devrait à partir d'un certain âge boire régulièrement et quotidiennement une tasse de tisane de Prèle. Les douleurs des rhumatismes et celles dues au mauvais fonctionnement du système nerveux disparaîtraient. La vieillesse serait belle.


Usages internes : Décoction, infusion (2 à 3 pincées de plantes par tasse, 3 à 4 fois par jour). Une cure de 21 jours aux changements de saison favorise une bonne reminéralisation.


Usages externes : Employer la décoction en compresse ou en enveloppement de vapeur sur les panaris, les furoncles ou les plaies, les fractures, en gargarisme dans le cas de maux de gorge, en bain d'yeux en cas d'ophtalmie. Le bain à base de Prèle soulage les reins, les douleurs diverses, les hémorroïdes.

Dans les soins capillaires, en cas de pellicules, se laver le cuir chevelu plusieurs jours de suite avec une décoction de Prèle et masser ensuite avec de l'huile d'olive vierge les fera disparaître.

Pour approfondir sur les organes reproducteurs de la Prèle :


M. J. DUVAL-JOUVE, "Sur les organes de reproduction de l'Equisetum Arvense". Bulletin de la Société Botanique de France, 1859, vol. 6, n°10, p. 765-771.

https://doi.org/10.1080/00378941.1859.10832695

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Utilisations traditionnelles :


Alfred Chabert dans De l'emploi populaire des plantes sauvages en Savoie (in Bulletin de l'Herbier Boissier, Vol. III, nʻ5-6-7, sous la direction de Eugène Autran, Genève, 1895) évoque la prêle :


Contre la polysarcie : Les personnes trop grasses se feraient facilement maigrir par un usage prolongé de la prêle des bois , equisetum sylvaticum. Je ne sais ce que vaut ce remède, mais il est certainement moins dangereux que l cuillerée de vinaigre prise le matin à jeun par les filles de la campagne qui viennent en service dans les villes, et dont un travail moins pénible et une nourriture meilleure et plus abondante développent le système adipeux.

Dans Le Folk-Lore de la France, tome troisième, la Faune et la Flore (E. Guilmoto Éditeur, 1906) Paul Sébillot recense nombre de légendes populaires :


En Haute-Bretagne on fabrique aussi des sifflets avec des tiges de » prêle.

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Selon M. À. Bonet et al. auteurs d'un article intitulé "Contribution à la connaissance ethnobotanique des ptéridophytes dans les Pyrénées." (Bocconea, 2001, vol. 13, pp. 605-612), la Prêle (Equisetum arvense L.,) a de multiples utilisations :


Utilisations :

  • Médicinales. - Normalement on emploie une décoction des tiges stériles en D. I. Améliorante de la circulation sanguine. * Antalgique (D. E.), seule ou avec Salvia lavandulifolia. * Antialopécique (D. E. et D. I.). * Antianorectique (D. V). Anticatarrhale. Antihémorroldaire (U. E.). Antilithiasique rénal, aussi bien seule qu'avec Prunus avium et Zea mays. *Contre l'obésité, en mélange avec Cynodon dactylon et Asplenium septentrionale. Anti œdémateuse. Antiseptique oro-pharyngienne. Antiseptique oculaire (D. E.). Antiseptique urinaire. Anti-ulcère stomacale en bouillie. Dépurative sanguine. Digestive. Diurétique, soit seule ou en mélange avec Petroselinum crispum ou Asperula cynanchica. Hémostatique (en cas de métrorragie, épistaxis, hémorragie de l' accouchement ... ) (D. E. et D. I.). *Hypocholestérolémiante. Hypotenseur. *Laxative (toute seule ou en mélange avec Santolina chamaecyparissus). Préventive et curative des coliques *néphrétiques (U. N. D.). Vulnéraire (U. E.). La pIante fraiche, mélangée avec de la graisse, sous forme de cataplasme améliore les ongles incamés. Aide après l'accouchement (D. V). Mélangée avec Abies alba est réputée comme *antiasthmatique et anticatarrhale. Elle intervient aussi dans des mélanges complexes donnant lieu à une liqueur traditionnelle nommée "ratafia", utilisée à titre digestif. Certains inforrnateurs ont observé une légère action irritative des voies urinaires. Aussi pour certaines personnes cette pIante agirait comme hémorragique au lieu d'hémostatique.

  • Domestique. - Abrasive pour faire la vaisselle. Ont les mèmes usages E. palustre, E. ramosissimum, E. fluviati/e, E. hyemale.

Quant à Equisetum telmateia :

  • Médicinales. - Normalement on emploie une décoction des tiges stériles en D. I. Améliorant de la circulation sanguine (D. E., seule; D. I. en mélange avec Agrimonia eupatoria). Antalgique (D. E.). Antalgique dentaire (D. E. ). *Antialopécique (D. E. et D. I. *Anticatarrhale. *Antidermatosique en mélange avec Crataegus monogyna. Antihémorroldaire. *Antigoutteuse. Antilithiasique rénal. Antiprostatite. *Antipyrétique. Antiseptique (D. E. et D. I., seule ou en mélange avec Thymus vulgaris). Antiseptique urinaire. Dépurative sanguine. Diurétique. Hémostatique (épistaxis, hémorragies intemes) (D. E. et D. I.). *Hypocholestérolémiante. Hypotenseur. Préventive de l'infarctus, en mélange avec Tilia platyphyllos et Thymus vulgaris. Vasotonique. *Verrucide (D. E.). Antiseptique intestinal, mélangée avec Thymus vulgaris et Juglans regia. Certains inforrnateurs ont observé une légère action irritative des voies urinaires. Aussi pour certaines personnes cette pIante agirait comme hémorragique au lieu d'hémostatique.

  • Fouragères. -Spécialement pour les vaches et les lapins.

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Symbolisme :


Dans Des hommes et des plantes (Éditions Opéra Mundi, 1970) Maurice Mésségué évoque le savoir ancestral de son père à travers ses souvenirs d'enfance :


[...] Naturellement les professionnels disent : « Nous, nous avons un don. » Il est incontestable qu'ils ont plus de sensibilité et qu'il y a de bons sourciers et de mauvais, et que, comme dans tout, l'expérience de l'opérateur compte. Mais il existe aussi des signes extérieurs qui indiquent la présence de l'eau : la configuration géologique du terrain, les plantes : prêles, certaines orties, certaines renonculacées... Tout ça n'est pas très sorcier ; mon père les appelait « les plantes qui devinent l'eau. »

Il avait horreur des noms savants, des noms de livres : « Ceux qui leur ont donné ces noms ils ont la science mais pas le savoir. »

Pour Scott Cunningham, auteur de L'Encyclopédie des herbes magiques (1ère édition, 1985 ; adaptation de l'américain par Michel Echelberger, Éditions Sand, 1987), la Prêle (Equisetum arvense) a les caractéristiques suivantes :


Genre : Féminin

Planète : Saturne

Élément : Terre

Pouvoirs : Fécondité.


Utilisation rituelle : Des Prêles déposées pendant la nuit sur le rebord de fenêtre d'une fille signifient qu'il est grand temps qu'elle apprenne à s'en servir, autrement dit qu'elle cesse de se prendre pour une princesse et devienne une vraie ménagère (on nettoyait la vaisselle et on récurait avec la Prêle en beaucoup d'endroits).


Utilisation magique : La Prêle séchée et pulvérisée entre dans des potions de fertilité. Les femmes qui ont des difficultés à concevoir devraient dormir sur des matelas bourrés de ces hautes herbes.

Au temps des puritains de la Nouvelle-Angleterre, quand deux femmes s'étaient battues dans la rue, on les attachait dos à dos et on les faisait asseoir à nu sur des touffes de Prêles (les feuilles sont râpeuses comme du papier de verre).

Un sifflet taillé dans une tige de Prêle a le pouvoir d'appeler les serpents du voisinage.

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Anne-Marie Alliot, dans Dialogue avec les végétaux : 74 méthodes d'harmonisation et de guérison par les plantes (Éditions Essénia, 2014) propose l'article suivant :

Astre : Saturne.

Élément : Feu.

Genre : Féminin.

Archange : Ouriel.


Message de l'âme :

« Au plus lointain de ma mémoire,

je me souviens que j'ai été la pierre.

J'ai traversé le froid, le feu, les tempêtes, les cataclysmes.

Je porte en moi la mémoire des origines, l'impulsion primordiale,

la force du commencement.

Je suis liée à la terre et aux gnomes.

Je contiens tout les principes des minéraux.

dans leur structure première,

car je suis leur substance aboutie au sommet de leur volonté

dans le monde végétal.

Quand mes frères sont brûlés par le soleil,

moi, je suis et je reste stable.

Endurante et concentrée, je puise la goutte d'eau,

contenue dans l'argile de la terre, pour m'offrir à l'animal ou à

l'homme maigre, égaré, fatigué, usé, en quête de vie.

Je coule dans son être comme une pluie de cristaux

pour enrichir et reminéraliser son squelette de pierre

de tous mes bienfaits. »


Interprétation du message de l'âme : Méditer avec la Prèle, comme méditer avec la pierre. Aux premiers âges de la Terre, elle croissait en abondance et avait la taille de nos sapins actuels. Elle a été une plante majestueuse, aujourd'hui transformée en charbon et en houille. De nos jours, c'est comme si elle n'était pas vraiment une plante, mais une pierre au sommet de son degré d'évolution. D'ailleurs, elle ne porte pas la mission d'offrir une fleur au soleil, comme la plupart des végétaux, mais d'offrir la structure des minéraux aux règnes qui lui sont « supérieurs », de manière à ce qu'ils soient assimilables. Si on regarde son aspect extérieur, on pourrait faire l'hypothèse que cette plante a « régressé » dans son évolution. A travers son message, je ne le pense pas, car elle est profondément unie à la terre et cela garantit sa survie et sa force ; quand d'autres mourront, elle sera encore vivante. Sa souche souterraine s'enfonce dans le sol jusqu'à deux mètres de profondeur, ce qui la rend pratiquement impossible à extirper. Les Amérindiens avaient compris sa sagesse et l'utilisaient pour trouver des nappes d'eau en surface et en profondeur.

En effet, la Prèle nous indique son alliance avec l'eau y compris dans des nappes extrêmement lointaines.

Si on approfondit la méditation tout en mâchant cette plante, on se trouve relié avec toutes les catégories d'animaux qui ont vécu la rigueur et la soif et se sont trouvés apaisés de rencontrer sur leur route ce végétal comme une bénédiction. C'est une sensation assez déroutante. Certains écrits scientifiques rapportent qu'elle est un pison violent pour les chevaux et les bovins, à cause de la thiaminase qu'elle contient qui détruit la vitamine B1. Il ne s'agit pas alors d'Equisetum arvense mais d'Equisetum palustre une autre variété de Prèle avec laquelle elle peut être confondue. Je suppose que c'est ingérée en grande quantité et que ce type d'étude ne fait pas référence à une situation où l'animal se déplace librement dans la sagesse de ses instincts et de ses sentiments, ce qui était le cas lorsqu'il était libre et non sous la domination ou la peur des hommes.

Dans mon ressenti, la Prèle invite l'homme à vivre au plus près de la terre, au rythme des saisons. Elle se réjouit quand un être se reminéralise par son corps en infusion sur une durée de vingt et un jours.

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Certains chercheurs assimilent le mystérieux Soma des Indiens à la prèle comme le signale Nick Allen dans un article intitulé "Le sacrifice védique et la théorie pentadique de l'idéologie indo-européenne" paru dans Religions de l'Asie du Sud 9.1 (2015) pp. 7.27 :


Enfin dans les rituels avec soma, l'offrande principale est le jus obtenu en pressant des tiges de soma. Seize prêtres au moins sont requis et le terrain sacrificiel est le plus élaboré.


Note associée : L'identité botanique du soma reste sujet à discussion (Jamison et Brereton 2014 : 31-32). Falk (1989) soutient qu'il s'agirait de certaines espèces de prèle donnant une éphédrine stimulante, mais tout le monde n'est pas d'accord (Thompson 2003). Le débat dure depuis longtemps.

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Claire Tiberghien propose des méditations guidées vers quelques plantes classées en fonction de leur analogie avec les cinq éléments de la philosophie chinoise dans un ouvrage intitulé Équilibre et méditations par les plantes (Éditions Jouvence, 2016) :