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  • Anne

Le Dragonnier



Étymologie :

  • DRAGONNIER, subst. masc.

Étymol. et Hist. xve s. bot. dragonnyer (J. de Bethencourt, Le Canarien, 122, Gravier ds R. Hist. litt. Fr., t. 10, p. 336). Dér. avec suff. -ier* de dragon tiré de sanc dragon* ; l'a. fr. connaît dragonier au sens de « porte-enseigne » (xiiie s. ds Gdf. et T.-L.) ; répertorié par Guérin 1892, dér. de l'a. fr. dragon « étendard » (v. dragon) d'apr. le b. lat. draconarius.

  • SANG-(DE)-DRAGON, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1. xiiie s. sanc de dragon « résine d'un rouge foncé, utilisée autrefois en médecine » (Aldebrandin de Sienne, Régime du corps, 55, 13 ds T.-L.) ; 2. 1611 bot. (Cotgr.). Comp. de sang* et de dragon, du lat. calamus drago, nom d'un arbre (d'apr. FEW t. 11, p. 179a, note 10), parce que la résine rouge de l'arbre rappelle la couleur du sang (cf. l'a. prov. sanc de drago, ca 1220, Deudes de Prades ds Rayn.), v. dragonnier.


Lire également la définition du dragonnier et du sang-de-dragon pour amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Dracaena cinnabari ; Dragonnier de Socotra ;

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Botanique :


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Symbolisme :


Roland Portères, auteur d'un article intitulé "Le caractère magique originel des haies vives et de leurs constituants (Europe et Afrique occidentale)." (In : Journal d'agriculture tropicale et de botanique appliquée, vol. 12, n°4-5, Avril-mai 1965. pp. 133-152) rappelle le caractère magique des arbres qui composent les haies :


Dans le Monde entier, les espèces de Dracoena sont généralement considérées comme représentant (ou étant) une animation, d'où leurs services en magie.

Le « Sang-Dragon » des Grecs provenait de D. shizantha Baker et D. cinnabari Balfour f. de l'Est africain et de l'Arabie du Sud. D. Draco L. des Canaries fut aussi commercialisé.

Pline pensait que le Sang-Dragon était du sang animal. Au XVIe siècle, on le donnait encore comme étant le sang que perdaient les dragons en combattant les éléphants (John Locke, in Hacluyt's Voyages, éd. 1870, p. 475).

Les Arabes qui en commerçaient beaucoup croyaient que le Sang-Dragon d'Arabie provenait de D. shizantha et D. cinnabari. Ils en transportaient en Inde, mais non en Malaisie où abondait le Kino obtenu de Pterocarpus (légumineuses) et autres plantes, ainsi que d'un Sang-Dragon tiré de Daemonorhops divers, qui sont des Palmiers-Rotins.

Dans l'Ouest-Africain, on utilise pour les clôtures vives principalement D. arborea Lamk., D. Mannii Baker, D. fragrans Gaud, D. cylindrica Hook, f., D. ovata Gaud, D. Smithii Baker. S'il est fait état en beaucoup de noms vernaculaires de la couleur du sang, si on trouve la plante cultivée et entretenue comme fétiche dans les villages, si l'emploi pour enclore est très commun même pour une occupation de passage, on relève peu de données concernant les relations d'ordre magique entre les hommes et ces plantes. Le bouturage facile des tiges employées comme pieux de palissade, leur permanence de végétation, sont des qualités qui ne suffisent pas pour qu'elles soient considérées comme étant surnaturelles.

A propos de Dragonniers, il faut rappeler que le fameux Dracoena Draco L. de Orotava aux Canaries, visité par Alex, de Humboldt, mesurait (1799) 45 pieds de circonférence de tronc, soit comme un très gros Baobab ; il fut détruit en 1867 par un ouragan.

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Guy Tarade mentionne les usages symboliques du Dragonnier dans Les Portes de l'Atlantide (Éditions , 1976) :

Avant l'arrivée des Phéniciens, les Guanches utilisaient la sève du dragonnier pour embaumer leurs morts. L'analogie existant entre ce précieux liquide et le sang humain est évidente. Les prêtres canariens accordaient un symbolisme...

[...] Les cadavres n'étaient pas enterrés, mais conservés au fond de grottes d'accès très difficile, après avoir été séché au soleil ou traités avec des herbes, de la résine ou, le plus souvent, avec la sève du dragonnier.

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Pour Scott Cunningham, auteur de L'Encyclopédie des herbes magiques (1ère édition, 1985 ; adaptation de l'américain par Michel Echelberger, Éditions Sand, 1987), le Dragonnier (Dracaena draco) a les caractéristiques suivantes :


Genre : Masculin

Planète : Mars

Élément : Feu

Pouvoirs : Amour ; Protection ; Exorcisme ; Puissance sexuelle.


Utilisation magique : Les Dragonniers sont des arbres, proches des palmiers, qui peuvent atteindre des dimensions colossales. On en connaît une vingtaine d'espèces, habitant de préférence les zones arides et sèches de Savane. Mais d'autres Dragonniers prospèrent en bordure de l'océan, sur les côtes équatoriales. L'écorce de certains Dragonniers laisse écouler une sorte de gomme, le sang-dragon, qui, en séchant, devient friable et rouge sang. C'est cette résine seule qui nous concerne ici.

On brûle le sang-dragon pour obliger les amants volages à se fixer et à fonder une famille. La cérémonie est généralement conduite par des femmes. Plusieurs femmes, appartenant aux familles des jeunes gens que l'on souhaite assagir, se réunissent au tomber du jour. Elles s'installent devant une fenêtre ouverte, confortablement assises, et regardent intensément la nuit pendant que le sang-dragon grésille et fume dans des coupelles. Bientôt leur buste se balance mollement, un chant monotone monte de leurs lèvres fermées. Elles concentrent leur pensée sur la personne concernée, puis sur celle qu'elles souhaiteraient lui faire épouser. Si les fumées de résine s'échappent par la fenêtre ouverte, la cérémonie est réussie : la noce est pour bientôt. Si au contraire les fumées aromatiques sont refoulées à l'intérieur de la pièce, il faut s'attendre à des pleurs et des grincements de dents. Le garçon sera un bambocheur, probablement un mauvais sujet. Quant à la fille que Dieu lui vienne en aide ! -, elle pourrait fort bien finir dans quelque bouge à matelots...

De la résine séchée et concassée, répandue sous le matelas, guérit de l'impuissance. Qu'on le porte sur soi, qu'on en répande autour de la maison ou qu'on le brûle comme un encens, le sang-dragon est un protecteur invincible : les vibrations négatives sont refoulées; les esprits malfaisants s'enfuient, terrifiés. Un soupçon de sang-dragon ajouté aux autres résines aromatiques accroît leur puissance et leur pouvoir.

Pour rendre silencieuse une maison bruyante, réduisez en poudre fine gros comme deux noix de résine, mélangez avec du sucre et du sel à parts égales. Mettez cette mixture au fond d'une bouteille. Bouchez hermétiquement. Si un bouchon de liège est utilisé, renforcez l'étanchéité par de la cire à cacheter. Cherchez dans votre maison une cachette sûre, là où vous cacheriez, par exemple, des bijoux ou de l'argent. Placez-y la bouteille fermée, sans en parler à personne dans votre entourage. Les membres de votre famille ne doivent pas découvrir la cachette. Vous obtiendrez très vite paix et silence.

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Claude Gaignebet, dans “Le Sang-Dragon Au ‘Jardin Des Délices.’” (In : Ethnologie Française, vol. 20, no. 4, 1990, pp. 378–450.) s'interroge sur la présence d'un Dragonnier dans le célèbre triptyque de Jérôme Bosch :


Résumé : Jérôme Bosch fait figurer au Paradis du triptyque du Jardin des Délices du musée du Prado, en lieu et place de l'arbre du péché originel, un sang-dragonnier. Le suc de cet arbre fournissait un pigment qui rendait en peinture la couleur du sang. Un exemplaire célèbre découvert aux Canaries, îles Fortunées témoins du paradis terrestre, semblait dater des premiers temps. On démontre que l'usage de fruits du sang-dragonnier en nombre discret (six) à travers le tableau, est une allusion au sang menstruel, à la période de purification, et au sang rédempteur.

[...]

Pendant longtemps, ce tableau de Bosch nous conduisit aux bornes du silence. L'abondante littérature de ceux qui avaient une fois pour toutes renoncé à trouver un sens, n'invitait guère à franchir ces bornes. C'est à Emanuel Felix, poète insigne et restaurateur de tableaux de l'île de Terceira aux Açores, que je dois une « clavicule » généreusement offerte : « Vous connaissez l'arbre qui ombrage Adam dans le paradis du Jardin des Délices, il en existe n exemplaire dans le parc de l'hôtel, c'est un sang-dragon dont on extrayait alors le pigment rouge des peintres. » Le sang-dragon en paradis ! C'était assez pour donner envie de s'y introduire.

La notice que, dans son Dictionnaire de botanique (1876-1892), Ballon consacre à cet arbre et la gravure qui l'accompagne ne laissent aucun doute. Donc, Dracaena a « un tronc qui porte à sa surface les cicatrices des feuilles tombées ». (Plus petites chez Bosch que dans la gravure). « Chaque branche se termine par une touffe de feuilles Quand elle est incisée, l'écorce de cet arbre laisse découler une substance particulière appelée sang-dragon des îles Canaries » (id. t. II, p. 471).

Refaire l'histoire du sang-dragon, c'est démêler un écheveau où tous les règnes s'échangent. Car l'espèce même d'où provient cette substance est problématique. Littré, sans hésitation, identifie une sorte de palmier, le rotang, et les dictionnaires des plantes médicinales du siècle dernier consacrent de longues notices à ce médicament, sa préparation dans l'île de Bornéo, ses formes, ses usages pour les hémorragies, blennorragies... Si une telle confusion pourrait être retracée jusqu'à Bosch, n'expliquerait-elle pas le palmier que signe le serpent (draco) tentateur ?

Littré (1888, p. 1819) touche mieux au but en citant la traduction française du célèbre Traité des simples médecines de Monardes (1565) : « Du sang que le dragon a sucé des veines de l'éléphant, pour éteindre par sa froideur l'ardeur qui le brûle dans ses entrailles, et lequel sang il revomit lorsque l'éléphant tombe sur lui et qu'il l'écrase, comme le récite Pline (VIII, 12), naît et se produit es îles Canaries, dites Fortunées, selon Thévet et le médecin Monardes (C. 38), l'arbre qui porte la gomme appelée sanguis draconis : en témoignage de quoi le fruit porte la figure d'un dragon si expressément empreinte qu'on dirait y avoir été apposé par un peintre, (Laurens Catelan. rares et curieux discours de la plante appelée mandragore, Paris, 1634, p. 7) »

Le texte, dans son ambiguïté - une même substance est sang mêlé de dragon et d'éléphant, et suc d'un arbre - renvoie à des quasi-contemporains de Bosch qui savent que les îles Fortunées, localisation terrestre du paradis, ont assuré dès les premières années du XVème siècle l'approvisionnement européen en sang-dragon.

Mais Bosch aura plus simplement demandé à son beau-père, riche « chymiste » (droguiste) d'ouvrir son Pline et ce qu'il aura appris alors ne l'aura pas laissé indifférent.

Au début du Livre VIII consacré aux éléphants : « animaux pieux, adorateurs des astres, pudiques », le naturaliste raconte le combat du pachyderme et du draco : « L'éléphant a, dit-on, le sang très froid : aussi est-ce précisément au plus fort des chaleurs que les dragons les convoitent. En conséquence, plongés dans les rivières, ils guettent l'éléphant en train de boire et s'enroulant autour de sa trompe qu'ils immobilisent, ils le mordent à l'oreille car c'est le seul endroit qu'il ne puisse défendre avec sa trompe. Ces dragons sont si grands qu'ils peuvent absorber tout le sang de l'éléphant : ainsi vidé et mis à sec par eux, celui-ci tombe en écrasant le dragon enivré de sang, qui meurt avec sa victime. »

Pline, dans sa notice sur le minium, revient sur ce récit ([1950] XXX, 3) : « Je ne m'étonne pas du prestige qu'a eu cette couleur. Dès l'époque de la guerre de Troie, la rubrique était en honneur, au témoignage d'Homère qui note la beauté des navires qui en sont peints, alors que par ailleurs il ne parle que rarement de couleurs et de peintures. Les Grecs appellent l'ocre rouge milhos et le minium cinabre. L'emploi de ce mot a provoqué une confusion. En effet, les Indiens appellent ainsi la sanie d'un serpent (draco) écrasé sous le poids d'éléphants mourants, mélangés au sang de l'un et de l'autre animal, comme nous l'avons dit, et il n'y a pas de couleur qui, dans la peinture, rende le sang de façon plus appropriée. Cet autre cinabre est de la plus grande utilité dans les antidotes et les médicaments mais, par Hercule, du fait qu'ils l'appellent cinabre, les médecins emploient notre minium et nous montrerons sous peu que c'est un poison. » Une note un peu sobre de l'édition des Belles lettres de Pline identifie ce sang de dragon avec « la gomme résine provenant de la partie externe des fruits d'un palmier (Calamus drago) ». C'est aller vite en besogne ! Enfin Pline associe régulièrement cette substance à la peinture : « mais maintenant que les pourpres font leur apparition sur les parois et que l'Inde nous apporte le limon des fleuves, la sanie de ses dragons et de ses éléphants, il n'y a plus de renommée dans le domaine pictural (nulla nobilis pictura est !) »


Jardin des Hespérides : Or il y a plus. Un dictionnaire pittoresque d'histoire naturelle permet d'identifier avec une quasi-certitude l'exemplaire représenté par Bosch. Un dragonnier géant proche du pic de Ténériffe défraie les chroniques des explorateurs et des botanistes des îles Fortunées et il est si célèbre qu'à son propos les hypothèses vont bon train.

« Celui de la base du pic de Ténériffe était déjà réputé très vieux en 1402. Ceux qui veulent que les populations du monde soient toues parties de l'Orient, prétendent justifier leur assertion par l'existence du dragonnier gigantesque des Canaries, apporté par des hommes sortis de l'Inde, patrie première, selon eux, de ce végétal. » (Guérin, 1834-1837, s. v. Dragonnier). Pour un voyageur du XIXème siècle, « ce fait contredit l'assertion de ceux qui représentent les Gwanches comme une race d'Atlantes entièrement isolée des autres peuples de l'Asie et de l'Afrique. » Une interprétation de mythologie naturelle n'a pas manqué : « On a prétendu que cet arbre croissant au pied de l'antique Atlas, dans les îles Hespérides, et dont le suc rouge porte le nom de sang de dragon, avait quelque analogie avec ce monstre qui gardait les pommes d'or, et qui en put empêcher Hercule de dérober de telles richesses. » (Ibid.)

Lire la suite : https://www.jstor.org/stable/40989377

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Eric Pier Sperandio, auteur du Grimoire des herbes et potions magiques, Rituels, incantations et invocations (Editions Québec-Livres, 2013), présente ainsi le Sang-de-Dragon (Daemonorops draco) : "le sang-de-dragon est la résine rouge du dragonnier, un arbre à tige ramifiée.


Propriétés médicinales : On ne connaît aucune propriété médicinale rattachée à cette pante.


Genre : Masculin.


Déités : Mars ; Apollon ; Zeus; Hécate.


Propriétés magiques : Protection ; Psychisme.


Applications :

SORTILÈGES ET SUPERSTITIONS

  • Traditionnellement, on brûlait cet encens pour assurer le retour des hommes de la guerre.

  • Brûlé en combinaison avec n'importe quel autre encens, il augment de façon significative le pouvoir de ce dernier.

POUR ACCROÎTRE SES POUVOIRS MAGIQUES : Issu de la tradition grecque, ce nœud est très utile pour accroître son pouvoir magique lorsque le besoin se fait sentir. Ce rituel doit se faire une nuit de pleine lune.

Ce dont vous avez besoin :

  • une chandelle rouge ;

  • de l'encens de sang-de-dragon ;

  • de l'huile essentielle de sang-de-dragon ;

  • une corde rouge.

Rituel : Allumez la chandelle,, faites brûler l'encens, puis prenez une corde rouge et faites un nœud à l'une de ses extrémités en disant :

Je noue cette corde pour y conserver ma puissance.


Faites un nœud au milieu de la corde en disant :

Afin que la force et le pouvoir y résident


Nouez les deux bouts ensemble en disant :

Au moment où je termine ce nœud.


Versez ensuite, sur chacun des nœuds, un peu d'huile de sang-de-dragon et conservez cette corde auprès de vous. pour bénéficier du pouvoir emmagasiné, vous n'avez qu'à dénouer un des nœuds."

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Dans le petit livre intitulé Grand sage comme un arbre (Michael O'Wara Books Ltd, 2019 ; First Éditions, 2021 pour la traduction française) Liz Marvin propose un petit texte sur le Dragonnier de Socotra :


Accepte ta différence - Pourquoi se fondre dans la masse quand on peut se démarquer ? Un dinosaure muni d'un parapluie, voilà à quoi ressemble le dragonnier. Son tronc épais et haut est surmonté par une masse de branches qui portent toutes leurs feuilles en haut, massées pour rassembler l'eau contenue dans la brume. Quand on entaille son écorce, une épaisse résine rouge en sort. Au XVIIème siècle, ce « sang du dragon » était séché et importé vers l'Europe, où on lui prêtait des propriétés magiques.

Le message du dragonnier est clair : être bizarre, c'est cool.

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Mythologie :


Selon Collette Jourdain-Annequin autrice d'un article intitulé "Héraclès en Occident. Mythe et histoire." (In : Dialogues d'histoire ancienne, vol. 8, 1982. pp. 227- 282) :


Ces régions occidentales jouissent, de surcroît, d'une réputation remarquable : les témoignages littéraires concordent en effet « pour faire de ces régions atlantiques des terres merveilleusement riches. » Strabon et Pline, s'ils doutent des inventions mensongères des Grecs, se rejoignent dans leur étonnement devant une nature exceptionnelle : le premier rapporte, sans doute après Poseidonios, que ce sont les excellents pâturages d'Erythie, l'île rouge, qui auraient suscité la légende de Géryon. L'herbe y est « sèche, mais très engraissante » (85) et il faut ajouter une grande quantité d'eau au lait du bétail qu'on y met à paître, tant il est gras. La flore apparaît aussi particulièrement luxuriante ; elle comprend même des espèces inconnues ailleurs, tel cet arbre, signalé par Poseidonios et auquel Strabon cherche vainement des équivalents : ses rameaux, dit-il, « se recourbent vers le sol, avec des feuilles en forme de glaive, dont la longueur atteint souvent une coudée et la largeur quatre doigts ... si quelqu'un rompt une branche, il s'en écoule du lait, et si l'on coupe une racine, il en sort un liquide vermeil » (86). Cet arbre, qu'A. Garcia Y Bellido identifie au dragonnier (87) est sans doute celui dont parle aussi Philostrate et qui, selon lui, « distille du sang » (88). Or cet auteur, au Ille siècle de notre ère rapporte que les habitants l'appellent « arbre de Géryon » « et que deux d'entre eux poussent sur le tertre élevé au-dessus de son corps »

Cette herbe, dont les propriétés « engraissantes » sont d'autant plus mystérieuses qu'elle est dite « sèche », ces arbres aux feuilles immenses (46 cm de long) et aux particularités saisissantes font du pays de Géryon (alors même que les aventures de ce dernier sont tenues pour des fables) un pays propice à la légende, un pays de rêve pour des agriculteurs qui ne connaissent que les terres ingrates de la Grèce.

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Littérature :


Georges Sadoul, Le Sang du dragonnier, Paris : Belfond, 1995.


Michel Cosem, « Le petit dragonnier », 1997.

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