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  • Anne

Le Lys



Étymologie :

  • LIS, LYS, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1. a) Ca 1150 bot. (Thèbes, éd. G. Raynaud de Lage, 8038) ; b) ca 1223 symbole de pureté, de vertu (Gautier de Coinci, éd. V. F. Kœnig, II Mir. 32, 235 : la fleurs de lis [désignant la Vierge]) ; 2. a) ca 1225 hérald. (Durmart le Gallois, éd. J. Gildea, 8558) ; b) 2e moitié du xive s. les fleurs de lis « la famille royale française » (Chronique des règnes de Jean II et de Charles V, éd. R. Delachenal, t. 1, p. 185, cf. Gdf., s.v. lis2 [Chron. de S.-Den.]) ; c) fin du xvie s. fleur de lis « marque au fer rouge qu'on applique sur l'épaule de certains condamnés » (P. de L'Estoile, Mémoires, 2e p., p. 342 ds Gdf. Compl.) ; 3. a) 1583 lis d'étang « nénuphar » (Ch. Estienne, J. Liébault, L'Agriculture et maison rustique, p. 134a) ; b) 1680 lis des vallées « muguet » (Rich.) ; c) 1840 lis de Saint-Jacques « amaryllis » (Ac. Compl. 1842) ; d) 1896 lis d'eau « nénuphar » (Roll. Flore t. 1, p. 148). Forme du plur., qui a éliminé le sing. *lil, du lat. lilium « lis », qui ne semble attesté que chez Béroul, Tristan, éd. E. Muret 4, 2738.


Lire aussi la définition pour amorcer la réflexion symbolique.

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Botanique :

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Symbolisme :


D'après le Dictionnaire des symboles (1ère édition, 1969 ; édition revue et corrigée Robert Laffont, 1982) de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant,


"Le lis est synonyme de blancheur et, en conséquence, de pureté, d'innocence, de virginité. On le trouve chez Boehme ou chez Silesius comme symbole de la pureté céleste : Le fiancé de ton âme désire entrer ; fleuris : il ne vient pas que les lis ne fleurissent.

Toutefois, le lys se prête à une interprétation toute différente. Il serait le terme de la métamorphose d'un mignon d'Apollon, Hyacinthos, et rappellerait à ce titre des amours interdites : mais il s'agit ici du lis martagon (le lis rouge). C'est en cueillant un lis (ou un narcisse) que Perséphone fut entraînée par Hadès, épris d'elle, dans une ouverture soudaine du sol, jusqu'en son royaume souterrain ; le lis pourrait à ce titre symboliser la tentation ou la porte des Enfers. Dans sa Mythologie des plantes, Angelo de Gubernatis estime qu'on attribue le lis à Vénus et aux Satyres, sans doute à cause du pistil honteux et, par conséquent, le lis est un symbole de la génération ; ce qui, selon cet auteur, l'aurait fait choisir par les rois de France comme symbole de prospérité de la race. Outre cet aspect phallique, Huysmans dénonce dans La Cathédrale ses capiteux effluves : son parfum est absolument le contraire d'une senteur chaste ; c'est un mélange de miel et de poivre, quelque chose d'âcre et de doucereux, de pâle et de fort ; cela tient de la conserve aphrodisiaque du Levant et de la confiture érotique de l'Inde. On pourrait ici rappeler les correspondances baudelairiennes de ces parfums : qui chantent les transports de l'esprit et des sens. Ce symbolisme est plutôt lunaire et féminin, comme Mallarmé l'a si bien senti :


Et tu fis la blancheur sanglotante des lys

Qui roulant sur des mers de soupirs qu'elle effleure

A travers l'encens bleu des horizons pâlis

Monte rêveusement vers la lune qui pleure !


Ce symbolisme se précise encore en s'intériorisant, dans un autre poème, "Hérodiade" :


... j'effeuille

Comme près d'un bassin dont le jet d'eau m'accueille

Les pâles lys qui sont en moi...


La symbolique des eaux s'ajoute ici à celle de la lune et des rêves pour faire du lis la fleur de l'amour, d'un amour intense, mais qui, dans son ambiguïté, peut être irréalisé, ou refoulé ou sublimé. S'il est sublimé, le lis est la fleur de gloire.

Tu seras Marcellus. Donnez des lis à pleines mains, que je répande des fleurs éblouissantes. (Énéide, Virgile, 6, 884). Cette notion n'est pas étrangère à l'équivalence qu'on peut établir entre le lis et le lotus, élevé au-dessus des eaux boueuses et informelles. Il s'agit alors d'un symbole de la réalisation des possibilités antithétiques de l'être. Peut-être faut-il interpréter en ce sens les paroles d'Anchise à Énée, lui prédisant le merveilleux destin de sa race : Cette offrande de lis, à la mémoire du jeune Marcellus, lors de la descente d'Énée aux Enfers, illustre toute l’ambiguïté de la fleur : la voyant au bord du Léthé (6, 706), Énée est parcouru d'un frisson sacré devant le mystère de la mort ; d'autre part, ces fleurs éblouissantes, offertes au fils adoptif d'Auguste, contribuent à ranimer dans le cœur d'Énée l'amour de sa gloire future. Valeur à la fois funèbre et exaltante du symbole.

Le lis héraldique à six pétales peut encore s'identifier aux six rayons de la roue dont la circonférences n'est pas tracée, c'est-à-dire aux six rayons du soleil : fleur de gloire et source de fécondité.

Dans la tradition biblique, le lis est le symbole de l'élection, du choix de l'être aimé :


Comme le lis entre les chardons,

telle ma bien-aimée entre les jeunes femmes.

Cantique des Cantiques (1, 2)


Tel fut le privilège d'Israël parmi les nations, de la Vierge Marie parmi les femmes d'Israël. Le lis symbolise aussi l'abandon à la volonté de Dieu, c'est-à-dire à la Providence, qui pourvoit aux besoins de ses élus :

Observez les lis des champs, comme ils poussent : ils ne peinent, ni ne filent (Matthieu, 6, 28).

Ainsi abandonné entre les mains de Dieu, le lis est cependant mieux vêtu que Salomon dans toute sa gloire. Il symboliserait l'abandon mystique à la grâce de Dieu."

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Sheila Pickles écrit un ouvrage intitulé Le Langage des fleurs du temps jadis (Édition originale, 1990 ; (Éditions Solar, 1992 pour la traduction française) dans lequel elle présente ainsi le Lis :

Mot clef : Pureté

Ô Lis, combien j'aime ta fleur !

Simple et modeste avec noblesse,

Elle convient à la jeunesse,

Elle couronne la pudeur.


Quand le zéphyr vient avec l'ombre

Ranimer l'arbrisseau mourant,

Je vois ton calice odorant

Se fermer devant la nuit sombre.

Florian (1755-1794),"A un lis".


Le Lis a toujours été le symbole de la pureté. On le voit sur les murs des palais de l'ancienne Grèce, où il était consacré à Héra, déesse de la Lune : alors que celle-ci repoussait Héraclès enfant, que Zeus voulait qu'elle nourrisse, deux gouttes de son lait seraient tombées de son sein : l'une donnant la Voie lactée, et l'autre, le Lis. Cette fleur est aussi dédiée à l'image même de la pureté qu'est la Vierge Marie, et on la reconnaît dans les bouquets des mariées.

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Dans Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont S.A.S., 1995, 2019) proposé par Éloïse Mozzani, on apprend que :


"Fleur des fleurs" chez les Grecs, le lis blanc qui, en tant qu'emblème de la création universelle est à l'Occident ce que le lotus est à l'Orient, symbolise la pureté et l'innocence. Les Anciens l'avaient cependant associé, à cause probablement de son gros pistil, à Vénus et aux satyres. Selon une légende hellénique, Zeus permit à son fils Héraclès de téter le sein d'Héra, afin qu'il accédât aussi à l'immortalité : un peu de lait tomba et donna naissance à la fleur de lis. La déesse Aphrodite, jalouse, "fit pousser au milieu de la fleur candide un pistil énorme qui rappelle la verge de l'âne". En souvenir de cette légende, les Latins appelèrent le lis "rose de Junon" (déesse romaine assimilée à l'Héra grecque).

A cause de ce fameux pistil, le lis personnifie la génération, comme l'atteste d'ailleurs la tradition catholique qui dédie la fleur à saint Antoine, protecteur des mariages. Angelo de Gubernatis suggère également que c'est parce qu'il symbolise la reproduction que le lis fut choisi comme emblème par les rois de France, soucieux de leur succession et de la multiplication de leur peuple. Signalons cependant que, pour certains, la fleur de lis "est une corruption de fleur de Louis, en souvenir non pas du lis, mais de l'iris que Louis VII aurait adopté".

L'aîné de six frères consécutifs ou l'aînée de six sœurs, appelé(e) "marcou", a sur le corps l'empreinte naturelle d'une fleur de lys qui lui donne les pouvoirs de guérison attribués aux rois de France (les écrouelles notamment). Comme le note Victor Hugo (Les Travailleurs de la mer) : "Il suffit, pour guérir les malades, que le marcou souffle sur leurs plaies ou leur fasse toucher sa fleur de lys. La chose réussit surtout dans la nuit du Vendredi saint".

L' "aspect phallique" du lis, son arôme capiteux - "son parfum est absolument le contraire d'une senteur chaste, écrit Huysmans dans La Cathédrale, c'est un mélange de miel et de poivre, quelque chose d'âcre et de doucereux, de pâle et de fort" - en font une fleur de l'amour. D'où l'utilisation du lis dans les charmes amoureux : en porter la racine en pendentif attire les sentiments sincères. A contrario, "un oignon de lis, sorti de la terre lors de la conjonction de Vénus et de la Lune dans le signe du Capricorne ou des Balances rompt les envoûtements amoureux si on le suspend dans un sachet autour du cou".

Un usage grec veut qu'offrir des lis aux jeunes mariés place leur union sous les meilleurs auspices tout en leur promettant de nombreux enfants. On dit encore que mettre une fleur de lis dans un vase avant le mariage et la conserver jusqu'à ce qu'elle se fane porte chance au jeune couple.

La plante éloigne les forces maléfiques et les fantômes ; cueillir le premier lis blanc de la saison procure force et succès à un homme, sagesse et modestie à une femme. Le lis est en outre particulièrement recommandé aux jeunes femmes auxquelles il apporte "l'équilibre, l'ardeur et la sensibilité nécessaires à leur épanouissement". Cependant, les Anglais, qui associent les fleurs blanches à la mort et aux enterrements, répugnent à faire entrer un lis dans une maison où il pourrait entraîner un deuil.

Piétiner, casser ou abîmer un lis porte malheur et menace la moralité des femmes de la famille de celui qui a commis ce sacrilège.

En cas de doute sur la virginité d'une jeune fille, il suffit de lui faire manger la poudre qu'on trouve entre les fleurs de lis ; si elle urine peu de temps après, elle n'est certainement plus vierge.

Le lis dont les fumigations favorisent les manifestations astrales (à condition de s'y livrer dans "une ville peinte en blanc"), permet de découvrir l'auteur d'un crime impuni même très ancien : "Il faut enterrer un vieux morceau de cuir sous trois bulbes d'inégale grosseur ; lorsque les trois fleurs seront sur le point de se faner, le pollen tombant de leurs pistils écrira sur le sol le nom de l'assassin". Selon une croyance du nord de l'Europe, des lis ont poussé spontanément sur les tombes de personnes exécutées pour un crime qu'elles n'avaient pas commis.

La fleur peut également être utilisée en sorcellerie :


Si vous amassez cette herbe pendant que le soleil est dans le signe du Lion, et si vous la mêlez avec du suc de laurier, et qu'ensuite vous la mettiez quelque temps sous du fumier, il s'y engendrera des vers ; lesquels étant réduits en poudre, et mis autour du cou ou dans les habits de quelques-uns, les empêcheront de dormir, tant qu'ils y demeureront. Ou bien si on en frotte quelqu'un de ces vers qui naîtront dans le fumier de cette composition, il prendra aussitôt la fièvre. Si l'on met du lis comme dessus dans quelque vase où il y ait du lait de vache, et qu'ensuite on couvre le vase d'une peau de vache de même couleur, toutes celles des environs perdront leur lait.


Selon Pline, la racine du lis appliquée sur le ventre avec du miel "évacue l'eau et même le mauvais sang". Ses feuilles ont un effet bénéfique sur les seins après un accouchement (Pline, Histoire naturelle, XXi, 82).

Il existe sur les dunes de l'île de Guernesey une variété de lis rouge, émaillé de points dorés et inodore. Cette espèce spécifique au rivage marin aurait une origine féerique. On dit en effet qu'autrefois une jeune fille de l'île anglo-normande rendit visite aux fées de la caverne du Creux et décida de rester en leur compagnie. La nouvelle recrue apparut alors en rêve à sa mère, l'avertit qu'elle ne reviendrait pas et l'assura de son bonheur. Elle ajouta qu'elle avait apporté sur la dune de la baie de Vazon une fleur qui y pousserait toujours : c'est le lis de Guernesey.

Le lis bleu a lui aussi une origine superstitieuse : saint Séverin avait élu domicile dans une hutte des marais. Déçu de ne pas entendre le chant des rossignols, qui n'aiment pas les endroits où l'air est impur, il pria la Vierge d'y faire pousser une fleur qui purifierait l'air. le lendemain, le marais était recouvert de lis bleus.

On signalait naguère au milieu de l'étang des Aunais, près de Candé (Maine-et-Loire), l'apparition le jour de la Saint-Jean, au soleil levant, d'un lis d'or qui disparaissait dès que l'astre s'élevait sur l'horizon.

Dans les Alpes, on dit du lis des montagnes qu'il "sort du cœur de quelqu'un qui est mort et oublié de tous".

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Roger Tanguy-Derrien, auteur de Rudolph Steiner et Edward Bach sur les traces du savoir druidique... (L'Alpha L'Oméga Éditions, 1998) s'inspire du savoir ancestral pour "récapituler de la manière la plus musclée les informations sur les élixirs" :


Lys tigré ou Martagon : Cet élixir est conseillé aux individus autoritaires, guerriers, agressifs, qui manifestent une attitude dominatrice ou qui font preuve d'un excès d'autoritarisme. Pourquoi ? Car il développe la pondération, la coopération, l'écoute d l'autre, la solidarité. Il facilite le travail de groupe et la recherche d'une réussite collective.

Le lys serait le terme de la métamorphose de Hyacinthus, un mignon d'Apollon et rappellerait à ce titre des amours interdites. A 11 ans, Mozart a été si imprégné de ce mythe qu'il en a fait un opéra. Le lis héraldique détient six pétales que certains identifient aux six rayons de la roue du char solaire conduit par Apollon. Cette fleur a toujours inspiré gloire et fécondité : deux attributs recherchés par les rois de France en quête de prospérité pour leur race qui sortait de l'ordinaire.

Son parfum est quelque chose d'âcre et de doucereux, de pâle et de fort. Son élixir transforme l'agressivité et l'hostilité en actions positives pour le bien d'autrui. Le lis symbolise l'abandon à la volonté de Dieu, c'est-à-dire la Providence qui pourvoit aux besoins de ses élus. Dans la tradition biblique, le lis est le symbole de l'élection, du choix de l'être aimé : « Comme le lis entre les chardons, telle ma bien-aimée entre les jeunes femmes » (Cantique des Cantiques, 1, 2).

Le roi Salomon compare le Lis dans la vallée à une jeune fille. En hébreu, le mot schschan désigne à la fois le lis et la couleur blanche (le prénom de Suzanne trouve aussi son origine dans schschan). L'Église associe à la Vierge Marie, cette image de pureté et de majesté que certains pères appelaient l'Immaculée Conception. Le lis est la fleur de Marie, nom composé des mêmes lettres que le mot aimer. Le lis est la fleur de l'amour intense qui dans son ambiguïté peut être irréalisé (nombre 23), refoulé (nombre 18) ou sublimé (nombre 24). S'il est sublimé, le lis est la fleur de la gloire telle que la Vierge Marie l'a connue post mortem.

Le lis est synonyme de blancheur et en conséquence de pureté, d'innocence, de virginité. Jacob Boehme l'appelle le fiancé de ton âme : « Le fiancé de ton âme désire entrer. S'il ne vient pas, que les lis ne fleurissent ». Mallarmé lui trouve une blancheur sanglotante : « Et tu fis la blancheur sanglotante des lys . Qui roulant sur des mers de soupirs qu'elle effleure / A travers l'encens bleu des horizons pâlis / Monte rêveusement vers la lune qui pleure ». Dans le poème "Hérodiade", le même auteur éprouve encore plus le besoin de rafraîchir son âme qui se consume par ces mots : « ... J'effeuille comme près d'un bassin dont le jet d'eau m'accueille / Les pâles lys qui sont en moi... »

Son élixir est conseillé pour les mentalités trop yang, trop rigides.

On ne sait pas grand chose sur la composition réelle du Lis. Cependant on peut trouver dans certains écrits qu'il contient du fer et une quantité appréciable de bore. Ce dernier est un puissant cicatrisant. Il soude admirablement les chairs. Les ferblantiers utilisent du borax pour leurs soudures. Donc il se marie bien avec le fer. Mieux, l'industrie l'utilise pour le blanchiment du linge. Et cette dernière information est importante pour comprendre ce qui suit.

Pour expliquer par exemple : pourquoi l'élixir de Lis soigne-t-il la métrite et l'endométriose ? Concevoir un enfant est déjà une petite entreprise collective. Mais quand il faut déprogrammer cette opération, il ne faut pas se contenter d'un curetage. Procéder à l'ablation d'un fœtus ne suffit pas, surtout si l'opération a lieu 28 jours après la conception. Car passé ce délai, une âme s'est incorporée dans le fœtus. Ici, il y a mort d'âme et assassinat. L'âme (adulte) a besoin de se blanchir avec l'élixir de Lis. Sinon, l'âme, ce corps subtil, qui n'a pas reçu le contre-ordre continue à animer l'auto-greffe de la muqueuse utérine sur les organes plus ou moins voisins (trompes, ovaires, col utérin, vagin, péritoine). Et nous trouvons là, une des causes principales de la métrite et de l'endométriose. L'élixir de Lis guérit ces deux affections, ainsi que des oppressions cardiaques car n'oublions pas que le cœur est le logis de l'âme.

Nous avons déjà étudié les propriétés des Liliacées lors du chapitre sur l'Iris. Nous résumerons par quelques mots les caractéristiques de cette attachante famille : sulfurisants, accumulation éthérico-aqueuse, bulbe qui peut se passer de l'élément terre pendant plusieurs mois de l'année. Cette plante plutôt céleste que terrestre lance déjà un défi aux lois terrestres. On peut les situer dans ce domaine sur la voie de la Rose de Noël et de l'Onagre.

Ces plantes à bulbe agissent spécifiquement sur le chakra gonadique, le chakra le plus tellurique, comparativement au chakra coronal qui est le chakra (carrefour énergétique) le plus céleste. Ainsi l'élixir de Lis est conseillé dans l'inflammation des voies urinaires ou des ovaires, dans l'irrégularité des règles, les coliques utérines, les saignements ou le déplacement de la matrice, les descentes d'organes, le sang dans les urines.

L'Abbé Kenip connaissait bien les propriétés de l'huile de Lis. C'est ainsi qu'il la conseillait contre toutes les irritations de la peau, de ses cavités (les narines et les oreilles), contre les brûlures, les ulcères, les furoncles, l'eczéma, les contusions, les piqûres d'insectes, les luxations, les lumbagos, la goutte, les rhumatismes, les aphtes buccaux, l'herpès, les douleurs d'oreilles.


Mots-clés : avec le Lis, nous sommes assurés d'avoir la peau lisse aux fesses. Avec le Lis, on fait sa propre police afin d'opter pour le blanchiment et la pureté de l'âme.

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Selon Des Mots et des fleurs, Secrets du langage des fleurs de Zeineb Bauer (Éditions Flammarion, 2000) :


"Mot-clef : La Pureté.


Savez-vous ? : La famille des liliacées est une des familles de végétaux les plus anciennes. Elle serait contemporaine des dinosaures. L'ail, l'oignon et la ciboulette font également partie de la famille des liliacées. Le lys fut ramené par les croisés, du Liban et de Syrie. Au Moyen Âge, la monarchie française prit cette fleur comme emblème. Mais d'après certains historiens, Clovis ne reçut ps un lys après sa victoire sur les Wisigoths, mais plutôt un iris blanc. C'est Catherine de Médicis qui a choisi cette fleur pour figurer sur les armoiries de la monarchie italienne. Ce lys différait du lys royal français car il était représenté avec ses étamines.


Usages : Cette fleur est depuis toujours considérée comme un antirides efficace.


Légendes : Les Égyptiens cultivaient déjà le lys blanc, car il symbolisait la déesse Isis, mère nourricière du Pharaon. Pour les Grecs, il a poussé à l'endroit où le lait de la déesse Héra a coulé alors qu'elle allaitait Héraclès. Dans certaines régions d'Europe, le lys est annonciateur de la mort, à cause de sa blancheur blafarde.


Message : Vous êtes la pureté même."

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D'après Nicole Parrot, auteure de Le Langage des fleurs (Éditions Flammarion, 2000) :


"Le lis - ou lys - " cache son jeu. Ambassadeur de qui l'a choisi, tout beau, tout blanc, tout droit, et fier de l'être, il se drape de noblesse et de sentiments élevés, il chante "douceur, pureté, chasteté et renoncement". Offrir des lis, ou, plus raffiné, un seul lis - spectaculaire - c'est rendre hommage au goût et à la personnalité de la personne à qui on le destine. En gardant une certaine distance respectueuse.

Parce que les croisés qui l'ont rapporté du Moyen-Orient l'ont voué au culte de la mère du Christ, un peu de l'atmosphère mystique des églises flotte autour de lui. Il orne les autels et figure en bonne place sur les plus belles nativités comme sur les images pieuses, brandi par les vierges marchant à la rencontre des lions. Le Christ lui-même l'a chanté : "Voyez les lis des champs, ils ne tissent ni ne filent, cependant Salomon, dans toute sa gloire ne fut jamais vêtu comme l'un d'eux". Et pourtant, son parfum, l'un des plus troublants qui soit, capiteux et entêtant, grise et incite aux voluptés les plus terrestres. Il fait s'évanouir les jeunes mariées à 'heure du oui et les petites communiantes face à l'hostie. Qu'importe, faussement vertueux ou vraiment séducteur, il trône en majesté. Qu'il n'ait pas servi de modèle à la fleur de lis - ou fleur de lys -, insigne royal (de nombreux historiens d'art s'accordent sur ce point) ne l'empêche pas, depuis la nuit des temps, de régner sur le royaume des fleurs, aux côtés de la rose. Et d'inspirer les poètes, comme Verhaeren qui le célèbre ainsi : "Le lis surnaturel qui fleurit la légende".


Mot-clef : "Pureté en majesté"

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Eric Pier Sperandio, auteur du Grimoire des herbes et potions magiques, Rituels, incantations et invocations (Éditions Québec-Livres, 2013), présente ainsi le Lys (Lilium) : "Cette fleur est connue de tous ; on la retrouve sous une forme ou une autre dans toutes les parties du monde.


Propriétés médicinales : Le lys n'est pas largement utilisé pour ses propriétés médicinales ; toutefois, au Moyen Âge, on utilisait ses bulbes pour assurer la chasteté. En médecine chinoise, où l'on associe le lys au méridien du foie, on s'en sert pour régulariser la température du corps et pour aiguiser le sens de la vue. D'ailleurs, dans les cas de conjonctivite, ou lorsque les paupières sont gonflées et que les yeux larmoient, il est indiqué de baigner ses yeux dans une infusion de lys.


Genre : Féminin.


Déités : Vénus - Junon - Kwan Yun.


Propriétés magiques : Protéger - Briser les sortilèges amoureux.


Applications :

SORTILÈGES ET SUPERSTITIONS

  • On plante des lys dans son jardin pour éloigner les fantômes et les esprits malicieux et pour se protéger du mauvais œil.

  • C'est une plante qui éloigne aussi les visiteurs indésirables.

  • Le premier lys blanc de la saison apportera du courage et de la force à la personne qui l'aperçoit en premier.

RITUEL POUR SE DÉBARRASSER D'UN AMOUREUX DEVENU INDÉSIRABLE

Ce dont vous avez besoin :

  • trois chandelles blanches

  • de l'encens de lotus

  • un lys (de préférence blanc)

  • une feuille de papier blanc

  • une enveloppe assez grande pour contenir le lys

Rituel :

Allumez les trois chandelles et faites brûler l'encens. Inscrivez sur la feuille de papier blanc le nom de la personne dont vous ne voulez pas ou dont vous ne voulez plus l'amour. Si vous soupçonnez que cette personne vous a jeté un sortilège amoureux, placez du sel dans l'enveloppe. Prenez ensuite le lys et la feuille de papier, et glissez-les dans l'enveloppe. Par une nuit où la lune est dans son cycle décroissant, enterrez l'enveloppe en disant :


Je ne veux plus de ton amour

Il me pèse.

Je ne veux plus de ton amour

Rends-moi mes aises.

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Dans Vert, Histoire d'une couleur (Éditions du Seuil, 2013), Michel Pastoureau nous apprend que :


"Tout verger est construit comme un espace symbolique, et [que] chaque plante qui s'y trouve possède sa signification propre. Celle des fleurs varie beaucoup selon les époques et les régions et prend en compte plusieurs particularités : la couleur, le parfum, le nombre de pétales, l'aspect des feuilles, les dimensions des unes et des autres, l'époque de la floraison, etc. Quelques idées peuvent néanmoins être dégagées pour le Moyen Âge central : Le lis est symbole de pureté et de chasteté...

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Doreen Virtue et Robert Reeves proposent dans leur ouvrage intitulé Thérapie par les fleurs (Hay / House / Inc., 2013 ; Éditions Exergue, 2014) une approche résolument spirituelle des différents lys :


Nom botanique : Lilium spp.

Lys jaune :

Propriétés énergétiques : Assure l'abondance et la prospérité ; rétablit la situation financière ; attire l'argent.

Archanges correspondants : Métatron, Michael et Raphaël.


Chakras correspondants : chakra racine ; chakra sacré ; chakra du plexus solaire.


Propriétés curatives : Les lys jaunes sont utiles si vous éprouvez des difficultés financières. Par exemple si vous avez besoin d'argent pour couvrir les frais de vos prochaines vacances, ces lys seront vos meilleurs alliés. En outre, ils déploient des efforts importants pour vous libérer de ce qui vous empêche de recevoir. Les lys jaunes vous permettent d'attirer l'abondance que vous méritez dans tous les domaines de votre vie. Vous vivrez dans le bonheur et le confort en sachant que tous vos besoins sont comblés.


Message du Lys jaune : « Si vous faites appel à moi, je réglerai tous vos problèmes financiers. Imaginez le bien-être que vous ressentiriez si vous n'aviez plus d'inquiétude quant à votre situation financière et si vous pouviez aisément payer toutes vos dépenses. Donnez-moi accès à votre situation financière pour que je puisse guérir la relation instable que vous entretenez avec l'argent. Prenez quelques respirations profondes. J'agis comme un aimant en attirant l'abondance de toutes les directions. J'attire la prospérité dans tous les domaines de votre vie. L'argent a sur vous une emprise malsaine - libérez-vous en pour la laisser au passé et préparez-vous à l'abondance que je vous envoie ! »


Lys orangé :

Propriétés énergétiques : Soigne de la dépression ; améliore l'estime de soi ; débarrasse de ce qui pèse ; apporte le calme et la satisfaction ; aide à perdre du poids.

Archanges correspondants : Jophiel.


Chakras correspondants : chakra du plexus solaire.


Propriétés curatives : Le lys orangé vous permet de voir au-delà des petits détails pour profiter de la joie et de la beauté qui vous entourent en permanence. En état de stress, vous vous enfermez dans une énergie de peur et perdez de vue tout ce qu'il y a de bon dans votre vie. Le lys orangé est là pour vous le rappeler et pour vous alléger du poids qui pèse sur vos épaules depuis trop longtemps.

Si vous le pouvez, achetez des lys orangés en bourgeons. Installez-vous près de ces fleurs et concentrez-vous sur ce que vous souhaitez retirer de cette thérapie par les fleurs, tout en visualisant leur floraison. Prenez conscience du merveilleux bien-être qui vous envahit au cours des jours suivants, alors que les lys fleurissent doucement, réalisent vos désirs et vous libèrent des émotions négatives. Les lys apportent également leur soutien dans les situations de dépression, de manque de confiance en soi, de critiques mal vécues et même de surpoids ! C'est une excellente idée d'en envoyer à des amis qui traversent des périodes difficiles.


Message du Lys orangé : « Je vais commencer mon travail pour vous libérer de tout ce qui vous pèse sur le plan émotionnel. Révélons la personne qui est en vous Je suis ici pour vous aider. Je sais que vous avez parfois des pensées que vous n'aimez pas, et que vous avez été dur avec vous-même par le passé. J'aimerais vous aider à vous voir véritablement tel que vous êtes et à aimer chaque parcelle de votre corps magnifique. Ave moi, vous arrêterez de vous concentrer sur vos petites "imperfections" pour vous tourner vers tout ce qu'il y a de merveilleux en vous. Ce sont vos prétendues imperfections qui vous rendent unique. Vous avez été créé ainsi pour des raisons divines. Invoquez-moi dans es moments de déprime ou de contrariété et je vous transporterai dans un lieu de bonheur. »


Lys rose :

Propriétés énergétiques : Incite au respect des engagements, des promesses et des décisions.


Archanges correspondants : Jérémiel et Raziel.


Chakras correspondants : chakra sacré ; chakra du plexus solaire.


Propriétés curatives : Les lys roses vous aident à réaliser vos souhaits, quels qu'ils soient. Ils sont très utiles lorsque vous prenez un engagement, envers vous-même ou une tierce personne, car ils garantissent que vous tiendrez votre parole. Ils sont également là pour vous rassurer lorsque vous prenez des décisions importantes. Parce que leur taille et leurs couleurs éclatantes en font des fleurs remarquables, les lys roses attirent votre regard pour vous rappeler en permanence que vous vous êtes fixé des objectifs. La couleur rose intense symbolise l'amour et le soutien que vous envoient les anges et les fées.


Message du Lys rose : « Je vous soutiens dans vos engagements et je m'assure que vous persévérez Il peut s'agir notamment de respecter en plan d'alimentation saine, de commencer un programme d'exercice physique ou de vous concentrer davantage sur l'amour de vos anges. Peu importe vos difficultés actuelles, je vous soutiendrai et vous transmettrai de la force pour que vous puissiez facilement atteindre votre objectif. Que vous ayez conclu une entente écrite ou mentale avec vous-même ou avec une autre personne, je suis ici pour vous aider à la respecter. »

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Croyances populaires :


D'après Véronique Barrau, auteure de Plantes porte-bonheur (Éditions Plume de carotte, 2012), le lis blanc (Lilium candidum) est un "porte-bonheur royal".


Fleur royale : Longtemps considéré comme emblème de la royauté, le lis blanc ne serait en réalité qu'un usurpateur. Louis VII avait élu l'iris des marais, dès lors surnommé "la fleur de Louis". La plupart des historiens jugent que cette appellation déformée avec le temps, finit par devenir "la fleur de lis".


Pas si innocent que ça : Selon la mythologie grecque, le premier lis blanc provient d'une goutte de lait échappée du sein d'Héra alors qu'elle allaitait son fils Hercule. En avisant cette fleur dont la blancheur immaculée surpassait son teint de porcelaine, la belle Aphrodite prise de jalousie fit pousser au cœur de la fleur un pistil disproportionné évoquant le sexe d'un âne.

La fleur de lis blanc fut ainsi associée à l'innocence pour sa teinte mais aussi au libertinage pour son pistil. Reconnaissons à la religion chrétienne de s'être tirée à bon compte de cette contradiction ! Elle associa la pureté symbolique de la fleur blanche à la Vierge Marie et dédia l'allusion fécondatrice de la plante à Saint Antoine, protecteur des unions maritales.


Porte-bonheur machiste : En Charente-Maritime, près de Jonza, on confectionnait de grandes croix avec des fleurs de lis blanc le jour de la Saint-Jean. Après avoir été bénis par le curé, ces symboles religieux étaient passés à travers la fumée du brasier allumé pour le solstice d'été. fixés au-dessus de la porte des maison, ils permettaient que nulle maladie ni autre malheur ne vienne ternir le quotidien des habitants.

Une autre croyance plus répandue stipule que la fleur blanche protège des revenants comme des sorciers. Terminons ce chapitre avec une superstition aux relents un brin misogynes !

Le premier lis blanc poussant à l'état sauvage et rencontré au printemps procurerait chez les hommes vigueur et succès. Il couvrirait en revanche les femmes de modestie et de sagesse. En serions-nous ce point dénuées ?


Interdiction d'entrer : Si on se fie aux Anglais, pour qui le lis était une fleur mortuaire, le fait d'avoir une telle plante chez soi pourrait entraîner le décès d'un habitant de la maisonnée. En France, le lis blanc était uniquement proscrit dans les chambres. Le parfum de la fleur capiteuse était accusé de provoquer chez les dormeurs de terribles maux de tête voire des syncopes.


Garantie maritale : Par son parfum capiteux et son pistil évocateur, la fleur de lis fut liée à la sexualité et aux sentiments amoureux. Ainsi, monter une racine de lis en pendentif et garder cet accessoire sur soi promet de recevoir un amour sincère. Les couples devant se marier prochainement auront à cœur de placer une fleur de lis blanc dans un vase avant leurs noces et de la laisser en place jusqu'à sa fanaison pour attirer la chance sur leur union. Lors des mariages grecs d'antan, les jeunes époux recevaient de la part des invités des lis blancs supposés porter bonheur à leur couple et leur promettre une descendance."

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Mythologie :


Selon Annie Boule, auteure d'un article intitulé "Notes sur la civilisation guaranie." In : Mélanges de la Casa de Velázquez, tome 1, 1965. pp. 255-278 :


Il est enfin trois fleurs qui par leurs couleurs variées ou changeantes semblent avoir une double nature : celle que les Guaranis appellent le lys des bois, qui fleurit rougeâtre puis devient blanche, viendrait d'après eux de deux frères, Pîtâ (qui signifie rouge) et Moroti ( qui signifie blanc) que le créateur obligea à se réconcilier en fondant leurs corps en une seule plante. Les mêmes noms se retrouvent dans une autre légende, mais cette fois Moroti est une jeune fille et Pîtâ un jeune homme : pour prouver aux autres l'amour qu'elle inspirait à Pîtâ, Moroti lui demanda son bracelet qu'elle venait de jeter dans le Parana. Pîtâ plongea et disparut. Le devin ayant déclaré qu'il était au pouvoir de la sorcière des eaux, Moroti se jeta à l'eau pour le ramener, mais aucun ne reparut sous forme humaine. Seulement, à l'aurore, on vit flotter sur l'eau une superbe fleur nouvelle, l'irupé, formée de pétales blancs au centre, et à l'extérieur de pétales rouges...

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Contes et légendes :


Dans la collection de contes et légendes du monde entier collectés par les éditions Gründ, il y a un volume consacré exclusivement aux fleurs qui s'intitule en français Les plus belles légendes de fleurs (1992 tant pour l'édition originale que pour l'édition française). Le texte original est de Vratislav St'ovicek et l'adaptation française de Dagmar Doppia. L'ouvrage est conçu comme une réunion de fleurs qui se racontent les unes après les autres leur histoire ; le Lys raconte la sienne dans un conte venu de France et intitulé "Les deux filles du jardinier" :

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Littérature :


Le Lis, l’Amaryllis, le Volubilis, la Mélisse


Monsieur de la Palice,

Dégourdi sans malice,

Cultive avec délices Les lis, les amaryllis

Et les volubilis,

La réglisse pour Alice :

Méli, mélilot, mélisse.


Robert Desnos, "Le Lis, l’Amaryllis, le Volubilis, la Mélisse" in Chantefables et Chantefleurs, 1952.